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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 23:52

 

 

Le  23 avril dernier, la compagnie aérienne Comores Aviation International avait annoncé la création d’une nouvelle ligne Moroni –Reunion - Ouani – Moroni (AR) à un prix intéressant. C’était avec joie que les voyageurs de cette ligne avaient accueilli et salué cette bonne nouvelle.

 

 

Mais….Revirement. Par un message électronique diffusé hier soir (le 17 juin 2009), les responsables de la compagnie Comores aviation International informe le report de leurs vols Comores La réunion. En effet, dans ledit message que nous avons réussi à nous procurer, on lit ceci « nous sommes au regret de vous informer que nous avons reporté nos vols à destination de La Réunion à une date ultérieure et qu'il n'y aura donc pas de vols jusqu'à plus ample information.

Veuillez accepter nos excuses.

Merci de votre compréhension. »


Comme quoi, il faut toujours rester prudent avec les annonces alléchantes des compagnies aériennes concernant la destination des Comores. Il ya toujours des surprises et – le plus souvent – désagréables. En l'espèce c'est peut être purement et simplement une annulation qui ne veut pas dire son vrai nom. Wait and see.

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 12:04
 
 
 

(Photo archives : Sarkhozy et Sambi)

Se dirige t-on vers la réprise des travaux du GTHN (Groupe de travail de Haut niveau) ?

 

La question mérite d'être posée compte tenu du courrier en date du 04 juin dernier que le Président français, Nicolas Sarkhozy a adressé au Président comorien, Ahmed Abdallah Sambi. En fait, dans cette lettre envoyée à l'occasion du 51ème anniversaire du Président Sambi, le Président Sarkhozy  après avoir souhaité les voeux de "bonheur et de prospérité" à son homologue comorien, lui a renouvelé son « entière disponibilité et celle du gouvernement français à reprendre rapidement et à mener à son terme la négociation entamée dans le cadre du Groupe de travail de haut niveau ». Selon lui, il s'agit là «d’une démarche qui vise à donner corps à notre ambition commune en matière d’intégration régionale ».

Mais ne soyons pas dupes. Cette démarche a certainement un lien avec l’ouverture en septembre de la session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies et le risque de voir réssurgir la question de l'île comorienne de Mayotte sur la scène internationale. Les autorités françaises souhaiteraient évidemment continuer à privilégier la négociation bilatérale au lieu de laisser ce "contentieux territorial désagréable"  opposant depuis 1975 la France aux Comores revenir dans un cadre multilatéral. En effet après les récentes condamnations de "l'occupation coloniale de l'île comorienne de Mayotte" par différentes organisations internationales (Union africaine, Ligue des Etats arabes, les pays non alignés, Conférence Islamique, Cen-Sad...)suite à l'organisation du pseudo référendum de départementalisation de Mayotte, la France risque de se trouver dans une position diplomatique très inconfortable.

Maintenant reste à savoir si le Président Sambi acceptera une nouvelle fois  cette démarche étant donné que les Comoriens sont très hostiles à ce GTHN qu'il considère être un outil créé pour légitimer la position française sur la question de Mayotte. De plus, le Président Sambi avait démandé récemment dans ses discours que cette question épineuse soit désormais traitée dans le cadre de l'ONU. Aura t-il l'audace d'aller jusqu'au bout ? That is the question.

A noter que dans la même lettre, le président français en faisant allusion à la situation politique interieure qui prévaut aux Comores a déclaré être « convaincu que seul un large consensus politique et populaire… permettra aux Comores de trouver une stabilité institutionnelle durable dans le respect des fragiles équilibres internes ». Voilà des propos qui méritent d'être décortiqués avec finesse pour comprendre le sens caché ! Car il y en a un.

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 22:44

 

Six partis politiques et des personnalités de l'île de Mwali opposés farouchement au Président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, ont signé, le 9 juin dernier, un « Pacte politique des forces vives dans l'île autonome de Mwali ».

Les signataires de ce pacte s'engagent entre autre « à œuvrer ensemble avec les autorités de l'île de Mwali pour "l'organisation  des élections des députés et des Conseillers de l'île [appellation issue de la
réforme constitutionnelle du 17 mai 2009
, condamnée par le même document, ndlr] en vue des prochaines échéances électorales».

Toutefois, parmi les non signataires, il ya des personnalités politiques importantes de lîle notammentL'ancien chef de l'exécutif de l'île,
Mohamed Said Fazul, l'ancien Président de l'Assemblée fédérale, Monsieur Salim Djabir ou encore l'ancien Ministre Chaambane Bacar
. Le parti politique de Mohamed Said Fazul, Ucp envisage, en effet, de présenter ses propres candidats dans la quasi-totalité des circonscriptions de l'île de Mohéli lors des prochaines échéances éléctorales. il s'agit certainement de l'une des conséquences du conflit qualifié de "personnel" par certains observateurs qui oppose depuis quelques années Mohamed Fazul à l'actuel chef de l'exécutif, Mohamed Ali said.

Curieusement; on ne voit pas non plus le nom de l'actuel chef de l'exécutif de Mwali, Mohamed Ali Said en sa qualité de personnalité importante de l'île. Hamada Madi Boléro, ancien prémier Ministre du pays  n'a t-il pas signé à ce titre alors que son parti le CRC est aussi signataire ?



Vous trouverez ci-dessous le texte intégral de ce pacte.

Pacte politique des forces vives dans l'île autonome de Mwali

A - Nous, forces vives dans l'île autonome de Mwali
, représentants des partis et personnalités politiques, de la mouvance présidentielle dans l'île autonome de Mwali, signataires du présent pacte,
1) prenant en compte les efforts déployés par les différents partis et personnalités politiques, regroupés dans la
Coordination mohélienne pour l'unité nationale (COMUNA) pour le respect scrupuleux des dispositions pertinentes de l'accord de Fomboni du 17 février 2001 ainsi que celles contenues dans la constitution de l'union des Comores du 23 décembre 2001, notamment la sauvegarde de l'unité nationale, la consolidation de l'autonomie des îles ainsi que la présidence tournante entre les îles tous les quatre ans ;
2) Déterminées à préserver les acquis du processus de Fomboni qui exprime éloquemment les aspirations légitimes de la population de Mwali et qui répond adéquatement à la nécessité d'un partage du pouvoir entre l'ensemble comorien et îles autonomes, afin de permettre à celles-ci d'administrer et de gérer librement leurs propres affaires et de promouvoir ainsi leur développement socio-économique ;
3) Consciente de la nécessité de créer des conditions propices au renforcement de l'unité des forces vives dans l'île autonome de Mwali, à travers le dialogue et la concertation afin de promouvoir les facteurs qui nous unissent, de travailler ensemble pour concrétiser et défendre les intérêts supérieurs de la population de l'île de Mwali dans l'ensemble Comorien ;
4) Attachées à la promotion de l'Etat de droit aux Comores, au renforcement de la justice, de l'équité, de la démocratie, de la bonne gouvernance, du respect des droits de l'homme et des libertés publiques, et d'impliquer sans exclusive tous les Mwaliens dans ce combat pour les intérêts supérieures de l'île ;
5) Déplorant l'entêtement du Président de l'Union des Comores à vouloir coûte que coûte modifier les règles du jeu définies par l'accord cadre de Fomboni du 17 février 2001 et fixer normativement dans la constitution de l'Union des Comores, de son droit constitutionnel d'organiser en avril 2010 les primaires pour la présidentielle de l'Union après le tour de Ngazidja et de Ndzouani ;
6) Condamnant le passage en force du Président de l'Union par l'organisation d'une mascarade électorale, d'un pseudo référendum constitutionnel le 17 mai 2009 ;
7) Félicitant la population de l'Ile Autonome de Mwali ainsi que tout les comoriens d'avoir répondu massivement au message de boycott du pseudo référendum du 17 mai 2009 ;
8) Exprimant notre profonde appréciation à l'endroit des Autorités légales de l'Ile autonome de Mwali pour leur soutien constant dans ce combat légitime et digne pour que Mwali retrouve la place qui est la sienne dans l'Ensemble Comorien ;

B- APPROUVONS, par le présent Pacte politique, la mise en place d'un Conseil Politique de Haut Niveau dénommé Union Pour l'Alternance Démocratique de 2010 (UPAD), représentant tous les signataires dudit pacte en vue de créer toutes les conditions nécessaires à l'organisation des élections des députés et des conseillers de l'île, libres, transparentes et démocratiques.
A cet effet,
1) Nous nous engageons à œuvrer ensemble avec les autorités de l'île de Mwali pour l'organisation matérielle et technique des élections des députés et des Conseillers de l'île ;
2) Nous convenons d'unir toutes nos forces sur le terrain pour présenter et faire élire des candidats communs dans une liste unique pour les élections des députés de l'Union et de conseillers des îles, qui seront à même de défendre à l'Assemblée de l'Union et au congrès des élus, dignement et honnêtement, les intérêts de l'Ile Autonome de Mwali notamment, l'autonomie et présidence de l'Union des Comores en avril 2010 ;
3) Nous décidons la mise en place d'un comité de suivi dont les membres sont choisis parmi les signataires et par le Conseil Politique de Haut Niveau, pour réfléchir, proposer et présenter une stratégie globale de mise en œuvre du présent Pacte.
Fomboni, le 09 juin 2009
Partis signataires :
MSADA (Mr. Abdou Djabir) - FPC/CPA (Mohamed Hassanaly) - UNDC (Mr Soidri Salim) – CRC/TRINDI (Abdallah Saïd Sarouma) - UDZIMA (Ali Hassanaly) - Mouvance (Ben Cheik Mzé Cheikh)

Personnalités Politiques :
M. Bienrifi Tarmidhi
M. Hamada Madi Boléro
M. Abdoukhaffar Mohamed Soilihi
M. Abdoulhakim Saïd Allaoui
M. Saïd Dhoifir Bounou



Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)
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Mariama HALIDI HALIDI - dans MWALI
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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 09:49

PATSON, de son vrai nom Patrice  Mian Kouassi,  est un humoriste ivorien connu en France grâce à son jeu de jambe.  Il se trouve aux Comores depuis quelques jours en tournée et pour  prendre part à une grande manifestation culturelle, « le festival Solidar’été 2009 » qui va ouvrir la saison touristique 2009.


Hier, il était à l’hôtel Itsandra Beach en compagnie d’artistes locaux dont les rappeurs comoriens  Cheikh Mc et Dadiposlim. En principe, il se produira ce soir au stade de Moroni avec les mêmes artistes avant  de se rendre dans les autres îles des Comores

 PATSON qui s’est aussi surnommé « beau goss » et « ennemis de jeunes femmes » est l’un des humoristes de Jamel Comedy Club, une émission  de télévision créée, produite et présentée  par le célébre comédien français Jamel Debbouze et diffusée pendant l’été sur Canal+.


Cet "expert automobile en moteur diesel", qui a choisi d’évoluer dans le domaine humoristique a  fait ses débuts dans une troupe de théâtre dans son pays d’origine, la Côte d'ivoire avant de participer à des ateliers et de suivre des cours en France.


L’humoriste Patson joue sur scène une succession de personnages drôles évoquant la différence et la richesse culturelle de l’Afrique. Ses modèles sont Jean Miché Kakan, Adama Dahico, Coluche, Bourvil, Eddie Murphy et Gohou.


Patso est aussi un citoyen engagé. En 1998, il a créé l’association Micro d’Or et œuvre à l’intégration de famille en France et soutient plusieurs projets au Sénégal et en Cote d’Ivoire. Il profitera d’ailleurs de son séjour aux Comores pour remettre  du matériel sportif à des clubs sportifs et  des fournitures scolaires à certaines équipes.


Halidi Allaoui

HALIDI-BLOG-COMORES

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Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 12:02
Suite à la promulgation de la loi référendaire sur la révision constitutionnelle le 23 mai 2009 et au discours du Président de l'Union des Comores  du 08 juin 2009, la prémière ordonnance portant application de certaines dispositions de ladite loi est signée hier. Elle concerne "le gouverneur" et "le Conseil de l'île"

Vous trouverez ci-dessous l'Ordonnance en question : 


UNION DES COMORES

Unité - Solidarité - Développement
---------------------------------------------
Présidence de l'Union
Moroni, le 09 JUIN 2009
ORDONNANCE N° 09 - 003/ PR Portant pplication de certaines dispositions de la loi référendaire.

LE PRESIDENT DE L'UNION,
VU la Constitution de l'Union des Comores du 23 décembre 2001, VU la loi référendaire portant révision de la Constitution de l'Union des Comores du 23 décembre 2001 promulguée par décret N° 09-066/PR du 23 mai 2009 ;

O R D O N N E :
CHAPITRE I
DISPOSITIONS PRELIMINAIRES
Article 1er : Dans le cadre de la République, conformément aux principes de solidarité, d'égalité des droits et des devoirs, et afin de reconnaître à la population de chacune des îles autonomes de l'Union des Comores la liberté de s'administrer elle-même et de gérer ses propres affaires, la présente ordonnance a pour but de définir l'organisation des îles autonomes basée sur le principe de l'autonomie insulaire.
Article 2 : Les îles autonomes sont dotées de la personnalité juridique et jouissent de l'autonomie administrative et financière dans les conditions prévues par la constitution et par la présente ordonnance.
Article 3 : Les institutions de l'île autonome comprennent conformément à l'article 7. 2 de la constitution : le Gouverneur et le Conseil de l'île.

CHAPITRE II
DU GOUVERNEUR
Article 4 : L'île autonome est placée sous l'autorité d'un Gouverneur conformément à l'article 7.2 de la constitution.
Article 5 : Tout citoyen qui a, trente ans révolus et la qualité d'électeur, peut être élu Gouverneur dans les conditions et sous les réserves énoncées aux articles 18 à 23 de la loi électorale.
Nul n'est élu Gouverneur au premier tour du scrutin s'il n'a réuni la majorité absolue des suffrages exprimés ; au deuxième tour la majorité relative suffit. En cas d'égalité de suffrage, le plus âgé des candidats est déclaré élu.
En cas de décès ou d'empêchement de l'un des deux candidats retenus pour le second tour, le candidat en troisième position prend la place.
Article 6 : La qualité de Gouverneur est incompatible avec l'exercice de tout mandat électif, de toute fonction de représentation professionnelle, de tout emploi public, de toute activité professionnelle et de membre du gouvernement.
Article 7 : Avant d'entrer en fonction, le Gouverneur prête serment sur le coran devant la Cour Suprême ou à défaut devant la Cour d'Appel compétente, « de remplir fidèlement les devoirs de sa charge, de n'agir que dans l'intérêt général dans le respect de la constitution et de la loi statutaire ainsi que des droits des citoyens ».
Article 8 : En cas d'absence ou d'empêchement temporaire, le Gouverneur est suppléé par le Commissaire qu'il a lui-même désigné. Il notifie cette désignation au représentant de l'Union dans l'île.
Article 9 : En cas de démission ou d'empêchement définitif du Gouverneur, il est procédé comme il est dit à l'article 7.2 de la constitution.
Article 10 : Outre les attributions qui lui sont conférées par la constitution, le Gouverneur nomme aux emplois civils sous réserve des conditions statutaires applicables aux magistrats et fonctionnaires de l'Etat.
Article 11 : Le Gouverneur fixe l'ordre jour des réunions du Conseil de l'île.
Article 12 : Le Gouverneur établit le projet de budget de l'île et exécute les délibérations du Conseil de l'île.
Article 13 : Le Gouverneur exerce la tutelle des collectivités locales ainsi que des établissements publics à caractère industriel et commercial d'intérêt insulaire.
Article 14 : Le Gouverneur peut, sur autorisation du Conseil de l'île et sous réserve des dispositions de l'article 35 de la constitution, conclure des accords entrant dans le cadre de la gestion des affaires de l'île avec des collectivités locales étrangères ou des organisations non gouvernementales étrangères.
Article 15 : Le Gouverneur nomme et révoque les commissaires. Cette nomination est notifiée au représentant de l'Union dans l'île qui en accuse réception.
Article 16 : Les fonctions de Commissaire sont incompatibles avec l'exercice de tout mandat électif, de toute fonction de représentation professionnelle, de tout emploi public, de toute activité professionnelle et de membre du gouvernement.
Article 17 : Les Commissaires sont individuellement chargés, par arrêté du Gouverneur, de la gestion d'un ou plusieurs services administratifs. Ils sont personnellement responsables devant le Gouverneur.
Article 18 : Le Gouverneur et les Commissaires sont poursuivis et jugés, pour le premier devant la Cour d'Appel et pour les autres devant les juridictions inférieures pour toute infraction commise dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions.
Article 19 : Si le Gouverneur estime qu'une délibération du Conseil de l'île est contraire ou viole la loi statutaire, il saisit la juridiction compétente pour demander l'annulation.
Si le Gouverneur estime qu'une délibération est prise en violation de la constitution, il saisit la Cour Constitutionnelle qui statue dans les huit jours.
Les mêmes facultés sont ouvertes au représentant de l'Union dans l'île.
Article 20 : Un décret pris en conseil des Ministres fixe les indemnités du Gouverneur et des Commissaires.

CHAPITRE III
DU CONSEIL DE L'ILE
Article 21 : Les membres du Conseil de l'île sont élus conformément à l'article 7.2 de la constitution.
Article 22 : Sous les réserves énoncées aux articles 18 à 23 de la loi électorale, sont éligibles les électeurs de deux sexes âgés de vingt trois ans révolus, inscrits sur la liste électorale de l'île ou justifiant qu'ils doivent y être inscrits avant le jour de l'élection et domiciliés dans ladite île depuis au moins six mois.
Article 23 : La fonction de membre de conseil de l'île est incompatible avec les fonctions de commissaire, de membre du Gouvernement et de toute fonction élective à l'exception de celle de membre d'une collectivité territoriale.
Article 24 : Aucun membre du Conseil de l'île ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu et jugé à l'occasion des opinions ou votes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions. Aucun membre du Conseil de l'île ne peut pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu'avec l'autorisation du Conseil, sauf le cas de flagrant délit.
Article 25 : Le Conseil de l'île adopte à la majorité absolue son règlement intérieur qui détermine la composition de son bureau et les modalités de son élection.
Le Conseil de l'île élit, chaque année budgétaire, son Président et les membres de son bureau.
Article 26 : Le Conseil de l'île se réunit chaque année en trois sessions ordinaires le dernier lundi du mois de janvier, le dernier lundi du mois de mai et le dernier lundi du mois de septembre, sur convocation du Gouverneur.
La durée de chacune des trois sessions ne peut excéder trente jours.
Le Conseil de l'île peut être réuni en session extraordinaire soit à l'initiative du Gouverneur, soit à la majorité absolue de ses membres, sur un ordre du jour déterminée pour une durée qui ne peut excéder dix jours.
Article 27 : Outre les matières qui lui sont renvoyées par la constitution, le Conseil de l'île vote, par délibération, le budget de l'île.
Le budget de l'île doit être établi en équilibre réel et comporter obligatoirement les crédits nécessaires à la couverture :
des intérêts annuels et annuités des remboursements des emprunts et des dettes exigibles
des traitements, salaires, pensions et indemnités du personnel de l'île ;
des dépenses d'entretien des immeubles et d'ouvrages de l'île .
Lorsque le Gouverneur estime que le budget ne remplit pas les conditions prévues à l'alinéa précèdent, il invite le Conseil à y apporter les modifications nécessaires ; Si au premier jour de l'exercice le budget de l'île n'a pu être adopté, le Gouverneur, en réunion avec les Commissaires, l'établit d'office, par arrêté dans les quinze jours.
Article 28 : Le Conseil de l'île donne son avis toutes les fois que cet avis est requis par les lois et les règlements ou demandé par le Gouvernement.
Article 29 : Les délibérations du Conseil de l'île sont publiées au journal officiel de l'Union des Comores par le Gouverneur ou à défaut par le représentant de l'Union dans l'île.
Article 30 : Les ressources financières de l'île sont celles prévues par l'article 9 de la constitution.
Article 31 : Conformément aux dispositions de l'article 7.2 de la constitution, les indemnités de déplacement et de présence ne sauraient excéder la somme de quinze mille francs comoriens par jour.
Article 32 : Les Conseillers de l'île dont le siège devient vacant pour cause de décès, de démission, d'acceptation de fonctions gouvernementales, de Commissaire ou de membre de la Cour Constitutionnelle ou de membre de l'Assemblée de l'Union, sont remplacés jusqu'au renouvellement du Conseil de l'île par les personnes élues en même temps qu'eux à cet effet.
Lorsqu'ils sont désignés Députés à l'Assemblée de l'Union, leurs suppléants les remplacent provisoirement pendant la durée de leur mission à l'Assemblée.
En cas d'annulation des opérations électorales dans les cas de vacance autres que ceux qui sont sus mentionnés, il est procédé à des élections dans un délai de trois mois.
Toutefois, il n'est procédé à aucune élection partielle dans les douze mois qui précèdent l'expiration des pouvoirs du Conseil de l'île.
Article 33 : En attendant l'adoption par chaque île de sa loi statutaire, la présente ordonnance est enregistrée, publiée et exécutée comme loi statutaire des îles autonomes.

AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI
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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 22:52

Discours à la Nation du Président de la République du 8 juin 2009

Ci-dessous la traduction en français du discours en langue nationale à la nation du Président de l'Union desComores du 08 juin 2009 :

« - Honorables Comoriennes et Comoriens, des quatre îles et de la Diaspora, Jeunes et Adultes, Hommes et Femmes, Vous tous qui me comprenez lorsque je m'adresse à vous, Que Dieu vous protège, vous honore, et fasse de vous des bienheureux, dans ce Monde et dans l'Au-delà.

Une fois encore, j'ai jugé opportun de m'adresser à vous, comme il est de mon devoir de le faire à chaque grande occasion, dans le bonheur ou le malheur, pour vous annoncer qu'à la suite du
référendum du 17 mai 2009, je viens de signer les premiers actes et de prendre les premières mesures de la mise en œuvre de la nouvelle Constitution.

Je sais que vous avez voté pour que des changements interviennent dans le pays et, notamment, pour que les Présidents des îles et leurs ministres, soient respectivement dénommés Gouverneurs et Commissaires et pour que les anciens députés des îles soient appelés Conseillers.

Ainsi, conformément aux prérogatives que vous m'avez données en adoptant la
Loi référendaire du 17 mai et en attendant la mise en place de l'Assemblée de l'Union et des conseils des îles, et en me basant sur les articles 22 et 23 de la nouvelle Constitution, j'ai commencé à signer des actes allant dans le sens de votre volonté de doter le pays d'institutions stables et de mettre fin aux conflits.
En effet, l'article 22 dispose, je cite : « Les dispositions nécessaires à l'application de la présente loi référendaire feront l'objet soit, d'ordonnances soit, de décret pris en Conseil de Ministres ». L'article 23 : stipule pour sa part que : « La présente loi entre en vigueur dès sa promulgation par le Président de l'Union dans les sept jours suivant la proclamation des résultats du référendum par la Cour Constitutionnelle. » Je devais donc vous tenir informés que je viens ainsi de commencer la mise en ouvre de ces dispositions.

Vous avez également exprimé à l'occasion du référendum, votre volonté d'harmoniser les mandats électifs et réduire le nombre de scrutins. Comme vous le savez, aucune loi ne régit l'élection des anciens députés des îles, devenus aujourd'hui Conseillers. Je tiens ainsi à vous informer que je signerai, dans les heures qui viennent, les actes permettant de tenir ces élections pour éviter les problèmes. Voilà quelques un des premiers fruits de votre vote du 17 mai.

Je saisis cette opportunité pour vous tenir un langage auquel je ne vous ai pas habitué et vous informer de l'état de la Nation pour vous préparer aux changements à venir.
En effet, je souhaite vous parler des finances publiques. Je vous ai souvent dit que la Loi des finances qui, comme vous le savez, est adoptée chaque année par les députés, ne me satisfait pas dans son état actuel. Là aussi, des changements sont nécessaires pour prendre en compte les problèmes des comoriens. Les Comoriens ont des problèmes d'eau, d'énergie, de routes, d'écoles et de santé. De nombreux foyers et de villages entiers n'ont toujours pas d'électricité ou de routes et manquent d'hôpitaux. En effet le problème des infrastructures routières reste entier.

Certes il existe un fonds pour entretenir les routes mais il n'y en a pas pour en construire et la plupart des comoriens continuent à vivre dans des cases en paille ou en tôles, peu propice à la santé et à l'hygiène.

Or, tout cela ne se reflète dans aucun des chapitres de la Loi de finances.

Pour illustrer mon propos, je vais vous exposer l'état des recettes et des dépenses publiques pour l'année passée, en espérant ainsi, montrer aux Comoriens, comment est utilisé leur argent.

Pour rappel, les recettes de l'Etat proviennent des douanes, des impôts, de la Société des Hydrocarbures, des régies, de la SNPSF et enfin des aides budgétaires extérieures. Voilà une réalité de notre pays, que vous devez connaître. Je ne suis pas de ceux qui considèrent la politique comme l'art du mensonge.
Au total, les recettes effectives de l'Etat pour l'année 2008 s'élèvent à 17.497.137.609 francs.
Ainsi, en 12 mois, les douanes ont versé 7.913.872.051, les sociétés d'Etat 4.202.934.007, les Hydrocarbures 342.000.000 les régies 824.124.306, et la SNPSF 1.467.000.000. Les aides extérieures s'élèvent au total à 1.973.381.291, selon les comptes qui m'ont été fournis par le Trésor Public.
Pour les dépenses, la priorité va au remboursement de la dette extérieure, soit 1.914.378.898. Certes cette somme pourrait servir à financier la construction de nos écoles, à nos besoins en eau et en énergie, à nos infrastructures routières et à l'équipement de nos hôpitaux.

Toutefois, nous avons maintenu cette priorité car notre crédibilité auprès des institutions financières internationales, nos discussions avec elles et les relations avec le FMI et Banque Mondiale dépendent de notre capacité à honorer nos engagements.

C'est ainsi que nous devons prier pour que le 25 juin prochain, notre pays obtienne ce qu'il demande depuis des années : non seulement un programme avec ces institutions mais également la possibilité de bénéficier de l'effacement de la totalité de sa dette, car il nous reste encore 86 milliards à rembourser. D'ici cette échéance, notre pays doit payer 10 millions de dollars, pour bénéficier d'un nouveau programme. A cet effet j'ai eu, encore aujourd'hui, à passer de nombreux coups de fil. Ne manquez donc pas de faire l'invocation des saints de ce pays, pour que nous puissions, avoir la chance non seulement de bénéficier de l'effacement de notre dette extérieure mais aussi de pouvoir régler, en une seule fois, notre dette intérieure.

Pour toutes ces raisons et comme vous le voyez, la priorité accordée au règlement de la dette, à hauteur de 2 milliards de francs, ne doit pas vous offusquer.

Mes chers compatriotes,

12.357.783.993 francs sur 17 milliards, ont servi à la paie des salaires des agents de l'Etat, pour 10 mois sur les 12 mois de l'année 2008. N'oubliez pas qu'en outre l'année 2008 a vu le débarquement d'Anjouan et les élections dans cette île qui ont également occasionné de grandes dépenses à l'Etat. A cela, il faut ajouter les dépenses de fonctionnement de l'Etat.

J'ai ainsi voulu vous parler de cette réalité-là : notre pays a consacré 71% de ses recettes aux paiements des salaires en 2008 et les prévisions de 2009 annoncent 79 ou 80%. C'est votre argent en tant que citoyens et contribuables. Vous devez tous par conséquent et notamment les jeunes, être les gardiens vigilants des fonds publics et veiller à sa dépense à bon escient et dans votre intérêt.

Nous devons changer de comportement, au risque de voir s'accumuler davantage encore les arriérés de salaire ou de ne pouvoir rien payer du tout.
Si demain un Gouverneur veut recruter, ce qui est normal, il doit néanmoins obtenir l'autorisation de la Haute Autorité. Cela aidera le pays. C'est pourquoi j'ai demandé le recensement des agents de l'Etat et l'assainissement des effectifs sans distinguer les fonctionnaires de l'Union et des îles.
En effet, pour moi il n'y pas de différence entre ceux qui servent le pays et l'Etat au niveau de l'Union ou à celui des îles. Il faut donc identifier les fonctionnaires car il n'est pas normal que des personnes soient payées à ne rien faire et laisser prospérer les recrutements politiques.

Je saisis cette occasion pour dire ceci aux syndicats : si quelqu'un doit veiller, être le premier gardien et aider à faire cesser l'anarchie dans la fonction publique, c'est bien les syndicats, pour que les travailleurs soient payés. Les mesures annoncées ont pour objectif l'intérêt du pays et ne visent pas des catégories. Les salaires qui sont versés à ceux qui ne font que jouer aux cartes sur les ordinateurs de bureaux, pourront ainsi servir à d'autres usages, notamment l'aide aux entreprises. Si tous les Ministres se mettent à recruter, ce serait comme le poison dans le miel. En effet les agents payés à ne rien faire, contribuent à enterrer le pays.

Nos frères de la diaspora savent eux, que les recettes de l'Etat proviennent des citoyens et que même leurs téléviseurs font l'objet de redevances.
Dieu fasse que nos débats futurs portent non pas sur nos maigres recettes mais sur nos priorités et les priorités de nos priorités car on n'en est pas encore là. Nous avons peu de recettes, nous devons donc les dépenser à bon escient. C'est pourquoi j'ai demandé qu'à partir du paiement du mois passé, des prélèvements soient effectués sur les indemnités des agents des superstructures.

Comoriennes, Comoriens,

Dieu fasse que les actes que j'ai commencés à signer bénéficient au pays et à vous tous qui avez décidé de doter le pouvoir et les prérogatives à un seul Président, un seul Gouvernement et bientôt une seule assemblée dont les députés seront les gardiens de l'Etat et les contrôleurs des fiances publiques.
J'espère que ma prochaine adresse à la Nation sera pour vous annoncer de bonnes nouvelles du FMI et des autres organisations financières.
Que la Paix et le Salut soient sur le Prophète Muhammad, sa famille et ses compagnons et que Dieu vous comble de ses bienfaits ».
Source : Beit-Salam
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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 09:22
Une embarcation avec 11 personnes à bord  dont un haut fonctionnaire de la vice présidence de l'Union des Comores chargée de la santé et de la promotion du genre a disparu en mer.  Elle est partie de Chindini, au sud de Ngazidja à destination de Mwali le vendredi dernier en fin de matinée.

Des récherches sont lancée dépuis samedi. L'inquiétude est grande. D'autant plus que le climat ne facilite pas les choses. Et l'on arrive pas à joindre par téléphone les passagers dont certains ont sur eux leur téléphone portable.

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant de la suite des récherches.

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)


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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 17:10

Suite au combat que livre l’Alliance française de Moroni à Soeuf Elbadawi, suites aux dérives évidentes d’un discours, signifiant que les artistes doivent payer « le prix du silence », en étant rétribué par cette instItution pour un travail dûment fourni, Washko Ink., principal producteur des œuvres de Soeuf Elbadawi, précise…

La présidence du comité de gestion de l’Alliance française de Moroni a publié un texte hier dans la presse comorienne, dans lequel est mentionné le cachet obtenu par le projet Moroni Blues, 3.500 euros, spectacle écrit par Soeuf Elbadawi, et dans lequel il tenait un des principaux rôles. Intéressant ! Cette idée de citer des montants paraissant énormes aux yeux de personnes ignorant comment fonctionne l’économie d’un spectacle. Un spectacle, en l’occurrence, assujetti à d’autres circuits de diffusion de la création, et à d’autres règles que celles régissant les relations entre les artistes comoriens et l’Alliance.

La guerre des chiffres est une stratégie de combat qui peut être efficace en certaines situations. D’aucuns pensent qu’en alignant des zéros sur une table, ils peuvent effectivement démolir ou remettre une conviction en question Washko Ink., principal producteur des projets de Soeuf Elbadawi, tient à préciser qu’elle n’a jamais été subventionnée par l’Alliance française de Moroni. Elle a toujours travaillé en bonne intelligence avec ce lieu, selon des critères de vente et d’achat de produits culturels, s’appliquant partout dans le monde, y compris lorsque Washko Ink. fait programmer le travail de Soeuf Elbadawi à la Réunion ou en France.

Bien souvent, et sur la demande de Soeuf Elbadawi, Washko Ink. a été obligé de faire un effort et de collaborer avec l’Alliance, sans exiger de cachet, et pour que les projets puissent exister. Washko Ink. établissait alors des partenariats, à travers lesquels son engagement financier n’était jamais celle d’une structure assistée et dépendante de l’Alliance française de Moroni. Par ailleurs, son discours s’est toujours évertué à respecter l’un de ses principes fondateurs, à savoir « travailler principalement sur la culture et la citoyenneté ». Création et réalité comorienne sont des notions qui résument bien notre structure. Ce que la direction de l’Alliance a toujours su apprécier par le passé. Ce qui amenait aussi la structure à produire des événements sans trop se prendre au sérieux financièrement, dans la mesure où vouloir rendre l’artistique accessible à un nombre important de citoyens comoriens, en leur offrant des moyens de réfléchir à leur propre réalité, ne rime pas avec la quête d’un profit financier, si important soit-il.

Moroni Blues, l’un des derniers projets défendus par la structure auprès de l’Alliance française, illustre assez bien cet état de fait. Si Soeuf Elbadawi n’avait pas insisté auprès de la production, le spectacle n’aurait pas été à l’affiche à Moroni. Au départ, il s’agissait d’une installation, sur laquelle le directeur de l’Alliance avait pris une option pour 2007, avant de décommander au dernier moment pour raison budgétaire. Puis, il y eut la création à la Réunion du spectacle l’année dernière, également décommandée à l’Alliance au dernier moment par Jérôme Gardon. Or, Soeuf Elbadawi trouvait étrange d’avoir à présenter ce travail ailleurs, à l’étranger, sans pouvoir le montrer à Moroni, d’où est parti le matériau d’inspiration. Parler des comoriens sans que les Comoriens le voient… Moroni Blues était une coproduction réalisée avec BillKiss*, structure française sise à Paris, le Théâtre Les Bambous, de la ville de Saint-Benoît à la Réunion, théâtre conventionné, dédié aux écritures contemporaines. L’ensemble du projet a coûté plus de 46.740.000 francs comoriens. Cette année, l’Alliance française a accepté de faire venir Moroni Blues, cette production à caractère international, alors en tournée régionale, grâce au soutien de la Spedidam en France et du Fonds de Coopération Régionale et du Fonds d’Echanges de la DRAC à la Réunion, à condition de ne pas avoir à assumer le déplacement des comédiens, du metteur en scène et de leur technicien. Il a fallu que la production trouve son financement ailleurs. Cinq français et un comorien, en tout, à venir à Moroni. Ce que les producteurs, Washko Ink., BillKiss* et les Bambous ont accepté par souci de rencontrer le public comorien.

A l’Alliance, Washko Ink., BillKiss* et le Théâtre les Bambous ont ensuite exigé le même cachet qu’ils demandent à tous les lieux ayant programmé le spectacle, à commencer par les salles de la Réunion, et le défraiement des jours de présence induits, le tout en accord avec la législation française du spectacle, et avec els exigences du spectacle lui-même. L’obsession de Soeuf Elbadawi était de faire voir ce travail à Moroni. Il a eu raison, puisqu’il y a eu trois cents personnes à l’intérieur de la salle, dont certaines debout, et près de la moitié à l’extérieur, demandant à rentrer, le soir de la représentation. Ce qui a failli causer une petite émeute. Ajoutons-y le stage gracieusement dispensé par le metteur en scène du spectacle Moroni Blues, Robin Frédéric, à des jeunes comédiens comoriens, au nom de Washko Ink. et de l’Alliance française de Moroni. Précisons que Moroni Blues n’est pas un spectacle de la compagnie O Mcezo*. Moroni Blues était un projet parlant des Comores, avec le texte d’un auteur comorien, monté en coproduction avec une structure comorienne, intégrant un comédien comorien, mais que Moroni Blues reste une production internationale, ne dépendant nullement du seul Soeuf Elbadawi. Sans BillKiss* à Paris et le Théâtre Les Bambous à Saint-Benoit, il n’y aurait pas eu de Moroni Blues. Ce spectacle a par ailleurs été programmé à l’Alliance comme les nombreuses tournées internationales que l’institution française à Moroni a accueillie dans ses murs. Avec l’idée, il est vrai, que le rôle d’une Alliance dans un pays tiers est aussi de cultiver la réciprocité culturelle.

Contact

 Washko Ink. || Cie O Mcezo*

B.P. 5357 Moroni - Union des Comores - Téléphone : 00 (269) 3203048 E-mail : omcezo@yahoo.fr

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Mariama HALIDI HALIDI - dans COMMUNIQUES
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 13:38

Ci-dessous le droit de réponse du Comité de l'Alliance  Franco Comorienne de Moroni sur la censure de culturelle très médiatisée du comédien soeuf Elbadaoui et O Mcezo

J
e voudrais mettre les choses au clair sur la question qui oppose l'Alliance Franco comorienne de Moroni à Soeuf Elbadawi, puisque j'ai l'impression que tout le monde tire à boulet dans l'air sans chercher à savoir ce qu'il en est dans la réalité.

Je commencerai par la grande surprise qui m'a animé en lisant l'article de votre rédacteur en chef Monsieur Ahmed Ali Amir dont le professionnalisme m'a toujours impressionné, et qui, dans votre livraison du 2 juin 2009 dans son article intitulé « Art et culture : un enjeu de sauvegarde de l'intégrité du pays » 
a quelque part viré de bord. Je ne pensais pas que l'acharnement de Monsieur Ahmed Ali Amir allait un jour lui faire perdre les pédales au point de faire fi de 2 grandes règles les plus fondamentales du traitement de l'information qui sont : 1- l'impartialité et de 2- la recherche de l'information à la source. Quoi que l'article en question avait plutôt des allures de prise de position que d'informer, comment peut on fonder une position dans l'unilatérale sans la moindre objectivité.

Je me demande déjà si votre journaliste a cherché à jeter un œil sur la réponse que le Comité de direction a fait transmettre à Monsieur Soeuf Albadawi par le Directeur de l'Alliance. J'estime que c'est le minimum et je tiens à le faire partager à vos lecteurs. Nos propos ont été les suivants :
" Suite aux nombreuses collaborations entre l'Alliance franco-comorienne de Moroni et votre Compagnie O Mcezo, vous avez à nouveau sollicité l'Alliance et souhaitez être accueilli pour une résidence de travail du 21 juin au 3 juillet.
Vous avez par ailleurs, le 14 mars dernier, été l'instigateur d'une manifestation politique violente qui a suscité une importante polémique à Moroni. En vertu des statuts communs à toutes les Alliances françaises du monde, qui stipulent que : « les Alliances françaises sont étrangères à toute préoccupation politique, religieuse ou raciale », le comité de l'Alliance franco comorienne ne souhaite pas, dans l'immédiat, que notre établissement culturel soit associé à cette polémique, ce que ne manquerait pas de provoquer un accueil de votre compagnie en résidence.
Concernant la présentation de votre travail à la fin du mois de septembre, il conviendra de prendre à nouveau contact avec l'Alliance-franco comorienne de Moroni. "

Voilà la position du comité directeur de l'Alliance franco-comorienne de Moroni.

Loin de ce que vous avez affirmé dans vos colonnes, cette position est bien celle du comité. Il a fait l'objet de discutions très acharnées dans deux réunions successives. Et en ma qualité de président de ce comité, je l'assume sans ambages.

Sachez que l'Alliance franco-comorienne regroupe en son sein des comoriens mais aussi des expatriés de toutes origines qui n'ont pas accueilli avec autant d'enthousiasme et de sérieux le
goungou de Soeuf comme vous l'affirmez dans votre prise de position. La xénophobie qui est ressorti dans l'incarnation du personnage blanc trainé ligoté ne pouvait que choquer les diverses sensibilités. C'est en respect à tous ceux là que le comité a dû se positionner. Au-delà du symbolique vous savez pertinemment que la rhétorique fait jaillir des interprétations multiples et qu'aucun symbole ne peut recueillir l'unanimité. En fonction du bord où vous vous placez les compréhensions peuvent diverger. L'évènement a effectivement créé une polémique que l'on ne peut nier et que le comité ne voudrait pas introduire dans ces murs en respect à ses statuts. Que vous n'en soyez pas d'accord ça peut se comprendre. En tout cas il est malheureux de constater les propos extrémistes qui tendent à faire oublier tout ce que l'Alliance a produit dans la musique, dans le théâtre, dans la photographie et l'éducation, par les efforts de ses membres et sa direction.

Que l'Alliance soit le seul cadre d'expression culturel dans le pays, à qui faut-il s'en prendre ?
Que les 2200 membres et 450 étudiants boycottent l'Alliances ? Au détriment de qui ?

Là sont de vraies questions queles personnalités qui supportent Soeuf doivent approfondir avant de se lancer dans des propos extrémistes et racistes.

Enfin, je voudrais passer sur ces propos choquants qui ressortent de votre prise de position affirmant que « grâce aux subsides qu'ils leur donnent (aux membres du comité), il (le directeur) mène du bout de l'index les comoriens de son comité de gestion ». Ces propos apparaissent en moi comme une insulte. Ceux qui me connaissent se demandent certainement à combien peut s'élever le pactole qui me ferait courber l'échine pour tergiverser sur mon intégrité et mes sentiments sur l'unité de mon pays. En vous renseignant de peut, on vous aurait informé que les statuts de l'Alliance stipulent clairement en son article 8 : « Les membres du comité de direction ne peuvent recevoir aucune rétribution en raison des fonctions qui leur sont confiées »
Et en son article 6 il est même précisé que « Les salariés et les prestataires de services de l'Alliance Française ne peuvent être membre du Comité de Direction. ».

Pendant qu'on parle de sous, je me demande si Soeuf n'est pas entrain de défendre son commerce en jouant sur le patriotisme. Il est vrai que l'Alliance ne perçoit que quelques miettes de la France en guise de subvention comme le disent certains. Mais de toute façon Elbadawi, lui, n'y va pas de la petite cuillère. Figurez vous que son seul spectacle Moroni Blues a fait exploser le budget de l'Alliance tout récemment avec une prise en charge dépassant trois millions deux cent mille francs comorien (3 200 000 FC), dont le cachet qui s'est élevé à 1 722 000 FC.

Je veux bien qu'on me cite un seul artiste comorien qui a empoché autant pour un seul spectacle.

Mais que Soeuf se calme, l'Alliance Franco-comorienne de Moroni ne lui a pas fermé les portes comme il prétend (voir le communiqué de O Mcezo en cliquant ICI). Qu'il prenne le temps de méditer notre réponse, et rendez vous en septembre si vous le voulez bien.

Aboubakar CHEIKH
Président du Comité de Direction de l'Alliance Franco-comorienne de Moroni


Réponse d'Al-watwan
.


Monsieur le “président” du Comité de gestion qui travaille bénévolement à l'alliance française et, surtout, juste pour le seul intérêt de la culture devait savoir qu'un journaliste et qui plus est un rédacteur en chef peut avoir des positions sur un évènement comme tout autre citoyen. Exactement comme Monsieur le “président” peut, aujourd'hui, raconter librement que le gungu est un acte xénophobe.

En ce qui concerne les 3,2 millions qui “explosent le budget de l'alliance” “juste” pour un spectacle culturel, les artistes apprécieront ce que ce grand défenseur de la culture pense de la valeur de leur création.

Pour ses interrogations-attaques par rapport aux autorités de son propre pays depuis la présidence du comité de gestion de l'alliance française, on lui laisse la responsabilité.

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans COMMUNIQUES
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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 15:31
Vous trouverez  ci-dessous, la réaction de l'écrivain Aboubacar Ben SAID SALIM suite à l'interdiction du comédien Soeuf Elbadaoui et O Mcezo de se produire à l'Alliance Franco comorienne
.
Alliance ou aliénation ?

(Photo archives/ Aboubacar Said Salim)

Malreaux a dû se retourner dans sa tombe et Charles Degaulle éternuer dans la sienne, lorsque la nouvelle race des gardiens de la culture française ou ce qu'il en reste, confond alliance et aliénation. Heureusement que Monsieur Gardon n'était pas le Ministre de l'intérieur de De gaulle car il aurait sans doute mis Sartre, ce Voltaire du 20 e siècle en prison !

Si mon français est encore bon, (je ne fréquente plus l'Alliance depuis belle lurette) il me semble qu'une alliance naît de la volonté de deux personnes, de deux équipes, de deux nations pour aller ensemble vers un objectif commun. Dans le cas d'espèce de la prétendue, Alliance Franco Comorienne, on pouvait comprendre jusque là, le 17 mai exactement, que la France et les Comores s'alliaient pour l'objectif de rehausser la culture de l'un et l'autre pays, de leur vouer un respect mutuel, de permettre des échanges d'égal á égal entre les cultures et les civilisations de ces deux pays prétendument amies.

Lorsque j'ai lu avec consternation sur la toile universelle que Soeuf Elbadaoui était interdit d'Alliance , ce Soeuf Elbadaoui qui se surnomme avec humour Elbadano á cause de son esprit critique qui lui fait souvent dire plutôt non que oui , plus non mais, que oui mais, Elbada que Gardon le gardien des valeurs des lieux , doit appeler désormais Elbad,( son deuxième surnom) « le mauvais » dans une contraction et une contamination entre la langue arabe et l'anglaise, j'ai trouvé que l'objet de la mauvaise querelle qu'on a cherché á Soeuf Elbadaoui était vraiment très déplacée dans le cadre d'une alliance Franco-Comorienne .

Il révélait tout simplement l'ignorance puante de la culture comorienne mais aussi de la française. En effet être interdit d'Alliance pour un
Gungu, un charivari de protestation en l'honneur de ce que la France protège le plus parmi les valeurs républicaines qu'elle nous a si bien inculquées, l'intégrité territoriale et l'unité nationale, elle qui dans l'histoire , a connu de douloureuses amputations et occupation de territoires , depuis les huns , les Goths , les Visigoths , les Ostrogoths, les Arabes, les Autrichiens les Allemands , sans compter la perte de l'empire, la pire étant celle du département français d'Algérie, la France donc, notre maitre á tous en matière de politique semble jeter sa première leçon de patriotisme aux orties.

Comment ce Gardon de l'Alliance peut il croire que nous ayons chanté impunément « Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé..Contre nous de la tyrannie, l'étendard sanglant est levé.... » '.On aurait ainsi chanté la Marseillaise pendant plus d'un siècle, Sans qu'on n'ait quelque part ne serait ce qu'une parcelle, une toute parcelle de patriotisme ! Allons donc !

Malheureusement pour tous les Gardon et les inspirateurs de cette décision qui sent la médiocrité à vue de nez, on a réussi á blanchir les têtes des nègres et on n'y a pas perdu toute sa lessive, puisque apparemment la France des Gardon continue á laver encore plus blanc que OMO, la fameuse lessive de notre jeunesse.
En effet « chez ces gens là messieurs » ,un gungu c'est trop bantou , c' est forcément sauvage et violent puisqu'on y va pas en costume cravate mais déguisés ,noircis au charbon pour faire encore plus noir, plus nègre que nature.
Mais il ne faut pas s'y méprendre, le nègre du Comorien n'est pas le noir de l'homme Blanc, ou le AZZI de l'Arabe. Le nègre du Comorien est celui qui est immoral ou amoral, qui refuse les règles de la famille ou de la communauté (internationale) . C'est pour cela que Soeuf déguisé en nègre, dans ce jeu de rôles traditionnel représentait paradoxalement la France qui à l'occasion était le Mshendzi , l'homme immoral ou amoral.

Et c'est exactement l'image que la France a présenté en faisant fi de l'opinion du monde entier, et en écrasant avec une superbe inégalée plus faible qu'elle, en occupant avec une filouterie, une fourberie à peine déguisée en référendum l'île comorienne de Mayotte.
C'est exactement en Mshendzi que la France a agi vis-à-vis des Comores et le Gun gu n'a fait que le dire dans son langage de Gungu.

Le prochain gungu

Mais après tout puisque l'Alliance Franco comorienne n'a de comorien que l'adjectif, le financement étant assuré uniquement par la France, Gardon a raison de lancer des fatwa contre ceux qu'ils considèrent hérétiques vis-à-vis de la pensée officielle de la France. On ne peut pas trop lui en vouloir puisqu'il en vit et n'en meurt pas !
En revanche, je pense que le Gungu qui doit suivre doit être un gungu contre la classe politique comorienne toute entière, qui a tellement délaissé la culture, qu'en plus de 30 ans d'indépendance elle n'a réussi á construire, aucune maison des Jeunes, aucune maison des associations ou autre lieu assez vaste et assez adapté aux rencontre et activités culturelles des jeunes.

Voila une belle perspective de coopération Sino Comorienne !

En attendant, mes chers acteurs et entrepreneurs culturels, puisqu'on est entrain de bannir la citoyenneté comorienne de l'Alliance, bannissons á notre tour l'Alliance en tant que citoyens comoriens.

Réinvestissons culturellement nos bangwe, lesquels avec un peu d'imagination s'adapteraient bien aux expositions photographiques et autres jeux scéniques qui ont fait l'illusion et le prétexte d'une Alliance incontournable ! Dévêtissions nous momentanément de la langue française et habillons nous d'une langue pour nos spectateurs et spectatrices des bangwe.

Faisons de l'Alliance une vrai Alliance Franco Française, où on pourra afficher sans honte et sans gêne aucune que Mayotte est française et le restera á jamais, puisque telle est la volonté de ses dirigeants, et des dirigeants de ses dirigeants !

Aboubacar Ben SAID SALIM
Ecrivain
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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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