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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 11:12

 

Dernière minute :

Nous venons d'apprendre qu'une des boites noires  de l'Airbus A310 de la Yemenia qui s'était abîmé le 30 juin dernier aux Comores a été répérée cette nuit. Et les premières opérations visant à la récupérer ont débuté. Cette information est confirmée par la commission d'enquête dans un communiqué. Il s'agit de " l'enregistreur de paramètres (Flight Data Recorder, FDR)" selon ladite commision.

Pour rappel , un navire français spécialisé pour la recherche de boîtes noires se trouve depuis la semaine dernière aux Comores pour tenter de retrouver les deux boites noires
.

Affaire à suivre.

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)


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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 22:25

Vous trouverez ci-dessous une interview intérésssante du professeur André ORAISON sur la départementalisation française de l'île comorienne de Mayotte publié par Clicanoo.com le  25 août 2009.

André Oraison, Professeur de droit public à l’Université de La Réunion (Université Française et Européenne de l’Océan Indien).

Attention : le titre est de nous.

Nous avons publié d'autres articles du Professeur ORAISON sur le contentieux de Mayotte dans notre rubrique "Justice et droit".

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)


"La départementalisation de Mayotte est contraire au droit international"


En quoi, selon vous, la France viole-t-elle le droit international à Mayotte ?

 

André Oraison : "La consultation populaire qui a eu lieu en mars dernier est contraire au droit international public. Il faut remonter aux sources et au premier scrutin d’autodétermination organisé sur l’archipel des Comores le 22 décembre 1974. Ce jour-là, la population des Comores s’est prononcée à plus de 95 % pour l’indépendance. Mais en faisant le décompte île par île, on s’est aperçu que la Grande Comore, Mohéli et Anjouan s’étaient prononcées quasiment à 100 % pour l’indépendance alors qu’à Mayotte il y a eu une majorité des deux tiers pour le statu quo et le maintien dans la République française. Les résultats ne devaient pas être appréciés île par île, mais globalement. Juridiquement, Mayotte aurait dû suivre la voie des autres îles des Comores."

 

La départementalisation ne reposerait alors sur aucune base légale ?

 

"La départementalisation de Mayotte, revendiquée par les Mahorais, est contraire au droit international public de la décolonisation. Il ne faut pas oublier que c’est un pays composé de quatre îles qui a été admis aux Nations unies en 1975. A plusieurs reprises, l’assemblée générale des Nations unies a condamné la France pour son maintien à Mayotte et elle avait précisé que tout référendum ultérieur, mis en œuvre par la France à Mayotte, serait considéré comme une ingérence dans les affaires intérieures comoriennes."

 

Pourquoi cette condamnation n’a pas plus d’écho ?

 

"La France a un statut particulier au sein des Nations unies. Elle est l’un des cinq membres permanents du conseil de sécurité et aucune sanction ne peut-être prise contre elle, car elle peut opposer son droit de veto. Les cinq "grands" se sont attribué ce privilège en 1945, celui de violer le droit international sans risquer de sanctions. Si le contentieux était porté devant une juridiction internationale, il est certain que la France serait condamnée. Mais cela a peu de chances d’arriver. En droit international public, pour qu’un différend soit porté devant un tribunal il faut l’accord des deux parties en présence."

 

Vous craignez aussi des effets négatifs pour la population mahoraise, quels sont-ils ?

 

"La départementalisation va jouer comme une sorte de rouleau compresseur administratif français qui va niveler le statut des Mahorais et porter atteinte à une société qui est dans une large mesure traditionnelle, coutumière, attachée aux valeurs de l’Islam. Tout cela devra disparaître. Notre république est laïque et reconnaît les mêmes droits et les mêmes obligations à tous ses citoyens. Les Mahorais pensent qu’ils vont bénéficier des avantages économiques et en même temps conserver leurs spécificités, c’est incompatible."

 

Pourquoi les Mahorais veulent-ils alors un département ?

 

"Ils sont convaincus que ce statut rendra leur expulsion du territoire français impossible. Ce n’est pas vrai. Le statut de département ne donne pas la garantie absolue qu’une collectivité territoriale demeurera à jamais française. Il y a déjà eu un précédent avec l’Algérie qui était divisée en quinze départements avec le Sahara. Les Mahorais croient aussi que le statut de département est définitif sur le plan administratif. C’est faux. L’archipel de Saint-Pierre et Miquelon était à l’origine un TOM (Territoire d’outre-mer) et devient un département d’outre-mer en 1976. Une dizaine d’années plus tard, les habitants de Saint-Pierre et Miquelon ont été obligés de demander un nouveau statut de collectivité territoriale car ils ne pouvaient plus supporter les conséquences fiscales et douanières résultant de l’intégration dans le marché commun européen. La départementalisation de Mayotte pourrait avoir les mêmes effets."

 

Quel est l’intérêt de la France ?

 

"En maintenant Mayotte dans la République, elle s’est mise une première épine qu’elle ne peut plus enlever elle-même. La France ne peut pas se débarrasser de Mayotte, car ses habitants pourraient toujours invoquer la Constitution française et son article 5 qui dit que le président de la République est le garant de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale. Le statut de Mayotte ne dépend plus ni de Paris ni de Moroni, mais des Mahorais et d’eux seuls. Le différend franco-comorien n’est pas prêt de prendre fin. Il existera toujours tant que les Mahorais ne changeront pas d’avis."

 

Propos recueillis par Pierre Leyral

Source : CLICANOO.COM | Publié le 25 août 2009

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 22:09
Lu pour vous : source : http://alldark.over-blog.com


Football Club de Ouani (FCO)

Fraîchement né d’une fusion − longtemps improbable (Eclypso et Faigaffe toute deux de la même ville)− le FCO retrouve peu à peu les marques du football ouanien, même si l’engagement pour le titre de champion pour cette saison 2009 semble un peu compromis.

Les récents résultats ne reflètent pas forcement le volume de jeu de cette équipe. "Nous avons une équipe capable de produire un jeu de qualité à l'image des talents qui la composent; cette équipe-là, n'a rien à envier aux autres de la 1ère division", concédait Soudjaï Mahandhui.

Elle n'a rien à envier aux autres équipes, tant il est vrai qu e la lisibilité technique de son jeu est fort intéressante, mais qui reste malheureusement altérée par des terrains de jeu qu'aucun joueur n'aimerait croiser. Si l'on ajoute à celà un mur défensif assez persuasif, au commande duquel on trouve son capitaine Hachim, FCO a tout pour partir grand favori la saison prochaine; reste cependant au Coatch Mouhtar à affiner l'organisation de ses joueurs ainsi qu'à trouver un vrai patron en attaque.

Cri d’alerte : Face à la tentation de molester adversaires ou corps arbitrale rendue quasi incoercible par des structures dépassées de très loin, exhortons le public d’Ouani à rester digne, envers ceux-ci ; qu’il n’allume pas l’étincelle qui mettrait le feu au poudre.



Trombinoscope FCO

 

Dirigeants(2008-2009)


Président :           

Afraitane Mouhouyouddine alias Pré                  

       

Né le 31/12/1963

       

Profession : gérant d’une station de carburant


Secrétaire général :
         
Daoud Houssam
 

Né le 14/03/1973


 Profession : Professeur d’Histoire


 

Secrétaire général adjoint :  
Mouhdhoir Anoir

                                                          

Né le : NC



Profession : Professeur de Philosophie


 

Trésorier : 
Chaehoi Ali Alias Ansénéné



Né vers 1969



Profession : Agent de l’aviation civile à l’aéroport d’Ouani


 

Résponsable du matériel :       
Bacar Chamsidine



Né le 01/12/1972



Profession : Professeur de Géographie


 

Staff Technique

 

Entraineur :                      
Kamar Mouhtar



Né le 20/06/1968



Profession : Professeur d’EPS


 

Entraineur adjoint et Entraineur section féminine :

Mahandhui Soudjaye



Né le 26/11/1971



Profession : administrateur à la Direction Gle des Affaires économiques


 

Entraineur Gardiens de but :  
Mahandhui Daniel alias Disco



Né le 10/03/1966



Professeur de Philosophie



Darkaoui
http://alldark.over-blog.com




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Mariama HALIDI HALIDI - dans SPORT
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 15:51

LU POUR VOUS : 


Source : Al-watwan N° 1387 du 26 août 2009.


Le Président comorien s’est entretenu avec le Comité Mahoré

Le Président Sambi a accordé, à leur demande, une audience aux responsables du Comité mahorais. A sa sortie, Idriss Mohamed, le principal animateur du Comité Mahore a dit ‘‘constater avec le Chef de l’Etat, les intentions fortes de la France de faire de Mayotte, une partie intégrante de son territoire’’.

Sambi rassure le comité que ‘‘la porte reste toute fois ouverte pour des discussions franches entre la France et les Comores sur cette question. Mais la France doit au préalable reconnaître que Mayotte est comorienne. Le Comité des sept de l’Union Africaine s’associe aux Comores dans cette démarche’’.

Le comité a proposé l’invitation par le gouvernement comorien du comité des sept de l’Union africaine chargé de ce dossier, mais le président a estimé que le temps écoulé est trop long, tout en s’engageant à remobiliser l’opinion et les affaires étrangères pour préparer leur plaidoirie.

Sur ce dossier épineux, le président avait exprimé à deux reprises son intention de formaliser la présence française à Mayotte par un bail, d’une durée déterminée. Il l’a dit dans son allocution solennelle du 6 juillet, fête de l’indépendance, et récidivé devant un parterre d’hommes politiques à Anjouan.

 Cette nouvelle piste, présentée aussi abruptement, n’a pas encore accroché l’opinion. Parce que, entre l’idée et sa faisabilité, il y a tout un parcours de combattant, des étapes importantes à franchir. L’idée a eu le mérite de démontrer qu’en haut lieu, les idées neuves et les pistes nouvelles sont à explorer pour faire bouger les choses sur un dossier atrophié par le manque d’imagination et surtout d’audace. L’idée, présentée par le président Sambi, a été, sous des formes différentes et dans d’autres contextes, expérimentée et réussie. Entre la Chine et la Grande-Bretagne, les Nouveaux Territoires de la Chine avaient été cédé pour 99 ans et programmé à revenir à la Chine en 1997. L’île de Hong Kong et Kowloon restées toujours anglaises, les deux pays consentants ont signé la fameuse déclaration commune sino-britannique, le 19 décembre 1984. Le Royaume-Uni s’engage à remettre à la Chine l’ensemble de la colonie en 1997, en contrepartie, la République populaire s’engage, quant à elle, à garder le régime économique et le mode de vie hongkongais pendant 50ans.

C’est la politique dite ‘‘un pays, deux systèmes’’, qui peut être transposé chez nous sous la forme ‘‘un pays, deux administrations’’, déjà proposé par des proches du comité Maore.

La déclaration conjointe des deux pays peut offrir l’avantage de devenir un traité international, avec l’échange des instruments de ratification, à condition qu’elle soit couverte par les Nations Unies.

Mais pour parvenir à tel accord sur le litige territorial entre la France et les Comores, le gouvernement comorien qui a maintes fois exprimé son souhait de reprendre l’exercice de la souveraineté sur Mayotte, doit s’assurer d’obtenir de la France l’engagement de remettre l’île un jour, en passant d’abord par la reconnaissance par l’ancienne puissance de la comorianneté de l’île.

La formule ‘‘un pays deux systèmes’’ s’exprimait ; quant à elle, par l’engagement, de la Chine de préserver le système capitaliste, pendant une période de 50 ans à compter de 1997, formalisé par la loi fondamentale de Hong Kong. Même si les traités internationaux ne sont pas habituellement priés d’être inscrit aux Nations Unies, dans le cas des Comores, l’implication serait nécessaire, puisque la résolution de la question de Mayotte relève de la compétence des Nations Unies.

Les Comores doivent veiller à internationaliser les engagements des deux pays mais aussi l’évolution du statut de l’île pour garantir sa pérennité. Les Mahorais, dans cette nouvelle démarche, doivent s’y associer pour poser leurs exigences légitimes en matière de revenu et de niveau de vie.

Concrètement, la proposition du président Sambi, aussi surprenant qu’elle puisse paraître, engage le pays à réfléchir sur la reprise des négociations sous couvert de l’Onu, qui prend en compte tous les paramètres, politiques ; économiques et sociaux des deux entités, la partie indépendante et la partie qui aspire à le devenir.


Ahmed Ali Amir

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Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 11:50

 

 Bahia Bakari (Photo - Archives juin 2009). C’est une adolescente miraculeuse. Elle est en effetl’unique rescapée du crash de l'Airbus A310 de Yemenia Airways qui a eu lieu au large des Comores le 30 juin dernier. Elle a accordé ce jour sa première interview à une radio française qui s’appelle Europe 1.


Vous trouverez ci-dessous quelques phrases de cette jeune franco comorienne :


"On nous a dit que nous allions atterrir et je me suis retrouvée dans l'eau, je ne sais pas comment, j'entendais des femmes qui appelaient à l'aide".


"Dans ma tête, j'étais la seule à être sortie de l'avion et, pour moi, les autres passagers étaient déjà arrivés aux Comores et j'ai pensé que ma mère allait s'inquiéter pour moi".


"Je me suis accrochée au plus gros débris d'avion que j'ai trouvé, je me suis endormie et réveillée avant de voir la forme d'une île. Puis j'ai entendu les voix des hommes qui venaient à mon secours mais je n'ai pas pu saisir la bouée et quelqu'un a dû sauter dans l'eau pour m'aider".


Vous pouvez écouter l’intégralité de l’interview de Bahia Bakari en cliquant sur l’image ci-dessous. N'oubliez pas de mettre le son





Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans INTERVIEWS
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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 23:08

 

Dans notre billet du 15 juillet dernier, nous avions exprimé notre étonnement suite à la décision des équipes de secours françaises et tanzaniennes de mettre fin aux recherches après avoir retrouvé 24 corps. Car nous étions convaincus qu’on pouvait en trouver d’autres. Et voilà qu’on apprend ce jour que « les corps de six victimes ont été retrouvés et remontés à bord du navire et des éléments de l’épave ont été identifiés ». C’est du moins ce qu’on lit dans un communiqué de la commission en charge de l’enquête sur l’accident de yemenia Airways composé des français, comoriens et yemenites en date de ce jour et signé par Ali Abdou Mohamed, l’enquêteur principal.


Voilà six corps retrouvés alors qu’on recherchait autre chose dans la zone supposée de l’accident ! Oui on recherchait autre chose. Disons plutôt que six corps sont retrouvés alors qu’on travaille pour récupérer autre chose. En fait, depuis jeudi dernier le bateau français EDT ARES en provenance de Chypre est arrivé aux Comores pour récupérer les deux robots qui se cachent quelque part dans les eaux comoriennes – à peu près 1250 mètres de profondeur. Mais cette fois ci le bateau est décidé à aller jusqu’au bout de sa mission. Car il n’est pas le beautemps-Beaupré.  Pour lui, il n'est pas question de partir brédouille après vingt jours de navigation. D'ailleurs, cela ne risque pas d'être le cas étant donné qu'il a déjà trouvé six corps dans la zone de l'accident ! Ainsi, il est arrivé aux Comores  avec un robot sous marin téléguidé qui peut soulever jusqu’à une tonne de matériel et capable de plonger jusqu’à 6000 mètres. Ce n'est plus de la rigolade wa komori. Son travail durera au moins dix jours sans interruption. Espérons qu’il remontera aussi tous ces corps qui sont autour de nos vilaines boites ! Car quand on cherche on trouve.

Nous attendons impatiemment  les  résultats de cette intervention.

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 18:56

La compagnie O Mcezo était en tournée la semaine dernière  à Ouani pour présenter "la fanfare des fous", un spéctacle du comédien comorien, Soeuf Elbadaoui parlant de la déposséssion citoyenne

Vous trouverez ci-dessous le compte rendu de la compagnie O Mcezo du 16 août 2009 sur cette tournée enrichissante.

Bonne lecture.

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG - COMORES) 


O Mcezo* Cie

 

 

 tournée 09 juillet - août

 

Etape IV Ouani

compte-rendu de tournée.

 

pour La fanfare des fous de Soeuf Elbadawi

un spectacle sur la dépossession citoyenne.

 

 

 

Ouani, ville culturelle, a accueilli la compagnie O Mcezo* pour sa quatrième étape de tournée dans l’archipel avec La fanfare des fous, spectacle de Soeuf Elbadawi parlant de dépossession citoyenne.

Entre deux barzangi, un tari et un deba de mariage traditionnel, la folle équipée a posé ses bagages à l’espace Shababi, situé non loin de la grande place (Msiroju) de cette cité carrefour du nkoma à Ndzuani, pour un stage consacré à de nouvelles pratiques théâtrales dans l’archipel.

« Ce stage était intéressant. Les amateurs de théâtre, les comédiens, ont pu profiter de l’expérience de la compagnie O Mcezo*. Ils ont découvert une manière différente, professionnelle, et efficace, de faire du théâtre » estime Salim Abdel-Kader, responsable de TV Ninga, et principal partenaire de la tournée O Mcezo* à Ouani. Les treize stagiaires inscrits au stage ont pris part, aux côtés des comédiens de la compagnie, au gungu la mcezo, théâtre de rue (boneso la ndzia) alliant tradition de tribunal populaire et modernité du happening artistique pour un théâtre mis au service de valeurs citoyennes. En l’occurrence, le « gunguïsé », ce jour-là, personnage de fiction, ligoté et traîné dans Ouani town, y compris en plein milieu du Panga, la vieille ville, incarnait le principe de suspicion, qui divise et détruit la communauté de vie, un principe qu’il « nous faut combattre pour mieux revivre ensemble » explique un des stagiaires.


Pour Mohamed Loutfi, bibliothécaire au Clac de Ouani, membre de l’organisation accueillant la compagnie O Mcezo* : « La jeune génération s’est posée des tas de questions par rapport au gungu. Les anciens, eux, avaient déjà leur petite idée sur cette pratique. Mais cette action théâtrale a été globalement bien perçue par tout le monde. Car nous l’avons fait pour dénoncer ceux qui sèment la zizanie et la suspicion dans la cité. D’habitude, on fait subir le gungu à une personne ayant commis un acte remettant la communauté de vie en cause. Avec ce gungu de théâtre, nous avons personnifié une idée. Nous avons pris un comédien pour incarner cette idée contre la suspicion et la zizanie. C’était nouveau et surprenant à la fois pour le public de Ouani ». Des travestis dans les rues pour signifier à tous la nécessité de lutter contre ceux qui mettent le mieux-vivre ensemble en péril. O Mcezo*, au lendemain de cette gungu performance, a aussi présenté La fanfare des fous devant un public fort curieux, bien que habitué à d’autres formes de spectacle vivant.


Pour Salim Abdel-Kader, ce public « a parfaitement adhéré à l’idée innovatrice d’avoir des acteurs qui s’expriment plus par le geste que par le discours. Pour une fois, il a accepté de garder le silence durant tout le spectacle afin de rendre ce qui était dit sur le plateau audible. D’habitude, il ne le fait pas. C’est donc une grande première pour un public plutôt habitué à écouter des discours amplifiés et relayés par les acteurs pendant plusieurs heures. L’unique reproche effectué par ce public à la compagnie repose sur la durée du spectacle [une heure dix environ] mais c’est normal pour un public qui découvre pour la première fois ce genre de spectacle ».


Pour Mohamed Loutfi, « le public a apprécié la pièce. Mon impression est que le message est bien passé, bien que certains mots de shiganzidja [variante dialectale de la langue shikomori] aient eu une valeur poétique parfois peu accessible pour le grand nombre ici. Je dirais que ça s’est au final bien passé. Nous qui recevions la compagnie, on nous pose beaucoup de questions à présent. La majorité des ouaniens a été séduite » par la proposition d’O Mcezo*.

Salim Abdul-kader dit « Lycée » revient à son tour sur le fait que « le message transmis a été bien reçu par le public. Dans sa forme, dans le fond aussi, mais un peu moins dans les termes utilisés pour certains fragments du spectacle. Je veux dire que les idées sont bonnes, la manière de les transmettre, elle aussi, était excellente. Mais il y a des termes de shiganzidja qui ont été difficiles à comprendre pour le publicd’ici »


Mohamed Loutfi, lui, remarque qu’il s’agissait « d’un théâtre d’un type nouveau à Ouani. Les comédiens sont montés sur scène sans micros. Deuxièmement, les gens sont venus et n’ont pas vu de rideau de scène. Alors qu’ils en ont l’habitude. Troisièmement, la durée du spectacle a surpris. La pièce finie, les spectateurs ont refusé de se lever, sans doute parce qu’on n’aime pas voir se finir la bonne nourriture. A la fin du spectacle, les gens s’attendaient à ce que ça continue encore à jouer. Je pense que la compagnie devrait rallonger le temps du spectacle ».

Venus découvrir le travail de la compagnie au stade de basket, à dix mètres d el’espace Shababi, les Ouaniens n’ont pas manqué de s’interroger sur la dynamique O Mcezo*.

Pour Mohamed Loutfi : « Les gens ont bien saisi l’objet de ce projet. O Mcezo* est venue pour une action théâtrale au service de notre communauté, et au nom de certaines  valeurs citoyennes ».


Par rapport aux échanges engrangés durant ces cinq jours passés à Ouani par la compagnie, Salim Abdoul Kader de TV Ninga pense pour sa part que « les Ouaniens en général, et en particulier, les familles qui ont reçu la troupe O Mcezo* s’estiment heureuses et honorées de les avoir parmi elles. Tout le mal qu’elles souhaitent à cette compagnie, c’est qu’elle réussisse à atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée ».

De son côté, Mohamed Loutfi trouve « géniale » cette idée « de traverser le pays, en rassemblant. Cela arrive uniquement avec nos hommes politiques. Une troupe qui se déplace dans l’archipel pour jouer, et sans rien de demander financièrement en retour aux gens qui l’accueille. Une troupe qui joue gracieusement pour les communautés chez qui elle s’invite, je trouve ce projet particulièrement intéressant, et je leur souhaite de bien poursuivre dans cette voie ».

Dimanche 16 août 09

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans CULTURE
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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 15:50

Le mois sacré du ramadan débute. Un mois important pour les musulmans

 

Le ramadan est le neuvième mois du calendrier musulman. Un mois important pour tous les musulmans du monde lequel marque le début de la révélation du coran fait  au prophète Muhammad (Mahomet). Tous les musulmans pubères ayant les capacités physiques et mentales doivent jeuner (s’abstenir de manger, de boire, de fumer, d’avoir des relations sexuelles pendant la journée…) durant tout ce mois.

 

De plus, non seulement, c’est le quatrième pilier de l’islam mais il s’agit aussi d’une pratique très importante de l’islam.


  Aux Comores, c’est aussi une bonne occasion festive de  se retrouver un soir en famille (dans un sens très large) afin de rompre le jeune (iftar).


Beaucoup de pays musulmans notamment la France et les Comores ont débuté le ramadan ce jour (le 22 août 2009). 
 

  Je tiens à souhaiter un bon ramadan  et bon courage à tous les musulmans du monde et un "tsumu djema"  aux comoriens.


Bon ramadan à  tous les musulmans du monde.
"Tsumu djema" wa komori.
 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans RELIGIONS
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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 19:15

Comores - Quatre ministres de la Grande Comore condamnés à trois et six mois de prison
Trois à six mois d'emprisonnement. Ce sont les peines prononcées le 11 août dernier par  le Tribunal de Moroni contre des politiciens et policiers de Ngazidza (Commissaires, responsables politiques et fonctionnaires de police) pour "voie de fait". Des peines tout de même moins sévères. Car le procureur avait réquis huit à douze mois

Il s'agit de quatre commissaires, Mohamed Abdou Mhadjou, sécurité intérieure, Saïd Soilih Saïd Abdillah, production, Boina Boina Ousseine, Santé, Youssouf Ahmed Boina, Fonction publique, Saïd Mze Dafiné, secrétaire général du gouvernement et Saïd Ahmed Ahmed Toihir, secrétaire général à la présidence de l'île ainsi que trois fonctionnaires de la police, Ali Msaidie Tadjiri, Mohamed Assoumani Adamou et Hakim Ali Abdou, tous poursuivis pour "violence, destruction et voie de fait".

 Six mois d'emprisonnement dont quatre fermes infiligés à Mohamed Abdou Mhadjou pour avoir ordonné d'enfoncer une porte du commissariat de police de Moroni lors d'une tentative de remplacer  des policiers pro-gouvernement de l'Union par d'autres policiers fidèles au gouvernorat de Ngazidja. C'était apparamment en réprésaille aux récentes nominations des Prefets de l'île par le gouvernement de l'Union. Boina Ousseine, Said Ahmed Said Soilih et Youssouf Mohamed Boina, sont condamnés chacun à six mois de prison, dont trois fermes.

Pour les fonctionnaires de police, ils ont écopé de  deux à cinq mois d'emprisonnement avec sursis (pour certains).

Il y a eu aussi des amendes et  « un franc symbolique pour réparation de préjudice » à la partie civile.

Selon le procureur, Azad Mze, « l'une des leçons qu'on peut tirer de ce procès, c'est que la justice est faite pour tous .  On doit assumer ses responsabilités jusqu'au bout ».

Voilà la tournure désagréable que prend le conflit de compétences qui oppose depuis plusieurs années le pouvoir fédéral aux entités fédérées.

Quand est ce que les gouvernants comoriens prendront conscience qu'ils enfoncent davantage ce pays avec ces tiraillement permanents ?  Les comoriens ont assez souffert et attendent mieux d'eux pour améliorer leur vie quotidienne.


Vous trouverez ci-dessous le communiqué du "gouvernement de Ngazidja" rendu public le 11 août 2009


Communiqué Mardi 11 Août 2009 du Gouvernement de l'île autonome de Ngazidja :

Verdict du procès du gouvernement de Ngazidja,

Le Gouvernement de l'Ile Autonome de Ngazidja a appris avec grande stupéfaction le verdict prononcé ce jour par la Présidente du Tribunal de Moroni, Mme THANAI TASMINE. Les membres de l'Executif de Ngazidja ainsi que les officiers de police arrêtés le vendredi 07 août dernier ont écopé de deux à quatre mois de prison ferme suivis d'amende et de peines de sursis.

Ouvrant la brève séance qui ne durera pas plus de cinq minutes, et à la surprise de tous, la Présidente déclara tout d'abord son tribunal habilité à juger les autorités détenues en réponse à l'exception d'incompétence soulevé par l'avocat de la défense. Ensuite, les prévenus ont été relaxés sur les deux des trois principaux chefs de prévention. Ainsi, la destruction et la violence n'ont pas été retenues. En revanche, la Présidente du tribunal retient la voie de fait pour condamner les prévenus.

L'avocat de la défense interjette appel, mais en attendant les membres du Gouvernement passent leur cinquième nuit en prison pendant qu'un des Ministres prévenus en l'occurrence celui de la Production M. SAID SOILIHI S.AHMED alias Brus est admis aux urgences depuis ce matin. Il n'obtiendra, de la part des responsables de la maison d'arrêt, son autorisation urgente de se faire hospitaliser que ce matin pendant que depuis hier son état sanitaire s'est aggravé. On apprend aujourd'hui qu'il souffrirait d'une infection intestinale et qu'il serait affaiblit par une crise de paludisme.


Le Gouvernement déplore avec indignation la grave mise en péril des Institutions et rappelle que l'arrestation d'une grande partie de son équipe ne fait qu'affaiblir l'action et le fonctionnement régulier de celui-ci.

KAMARDINE MOHAMED

medkamardine@yahoo.fr

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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Mariama HALIDI HALIDI - dans JUSTICE ET DROIT
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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 12:02
Première étape de tournée conclue pour la compagnie O Mcezo*, actuellement partie à Fumbuni dans le sud de Ngazidja. Ci-joint un communiqué d’étape, également disponible en PDF (avec image de la gungu performance organisée à Ntsudjini) ci-joint. La tournée se poursuivra dans d’autres cités de l’archipel des Comores jusqu’au 22 août 09.  Pour plus d'infos sur la compagnie, nous contacter.

 

  Préparation du gungu la mcezo contre ceux qui volent ou abusent des biens publics à Fumbuni avec un jeune comédien de l’association Masomo na Utamaduni (photo).

 

O Mcezo* Cie

 

 

  tournée 09 juillet - août

 

Etape I Ntsudjini

compte-rendu de tournée.

 

pour La fanfare des fous de Soeuf Elbadawi

un spectacle sur la dépossession citoyenne.

 

La compagnie de théâtre O Mcezo* s’est installée à Ntsudjini (Ngazidja) pour sa première date de tournée dans les villes et villages de l’archipel des Comores, avec le soutien de la Fondation Prince Claus de Hollande. Sept jours de répétitions sur une place publique (lebangwe lo pvo Singani) pour La fanfare des fous, un spectacle de Soeuf Elbadawi sur la dépossession citoyenne. L’occasion pour les comédiens de la compagnie de faire plus ample connaissance avec le public du « lieu ». Ils ont ainsi été accueillis dans les familles, en accord avec les principes qui motivent cette tournée, à l’occasion de laquelle « on défend une certaine vision du théâtre. Une vision basée sur les notions de solidarité et de partage. Notre projet questionne la cité, interroge ce qui fonde nos communautés. Les enjeux pour nous ne se situent pas au niveau du show, mais plutôt dans notre capacité à intégrer une communauté de vie donnée. Voilà pourquoi nous nous installons dans les villages pour au moins cinq jours, avec des rencontres, des performances, des répétions de spectacle en partie publiques, et où il s’agit moins de faire l’acteur que de donner une image citoyenne de ce que l’on fabrique sur notre plateau » explique Soeuf Elbadawi, directeur artistique de la compagnie.

 

A l’occasion de cette tournée, un stage d’initiation aux pratiques théâtrales s’est tenu sur la place Singani durant trois jours avec des jeunes du Scout Ngome, structure associative et principal partenaire de la compagnie O Mcezo* dans ce chef-lieu de la préfecture de l’Itsandra Hamanvu. Une gungu performance a ensuite été orchestrée dans l’après-midi du samedi 1er août 09 dans la cité des ngome. Elle portait sur la délinquance juvénile et sur l’usage des stups. Les jeunes de Ngome et leurs complices de la compagnie O Mcezo* ont imaginé un personnage nommé Ndzumari, ligoté, enfariné et traîné dans les ruelles par des hommes habillés en femmes et des femmes travesties en hommes, poursuivi par une foule de minots en culottes courtes, huant le « pestiféré », en scandant des slogans anti-drogue sous forme de chansonnettes. Samedi soir s’est aussi improvisé un débat sur le lieu des répétitions du spectacle par rapport à la poursuite ou non du projet… dans la mesure où deux personnalités de la communauté de Ntsudjini venaient de décéder. Le théâtre pouvait-il déroger à la règle imposant le deuil à toute manifestation publique à caractère festif ? Le public s’est montré partagé à cette question. Certains auraient voulu que les représentations prévues samedi et dimanche soir de La fanfare des fous aient lieu.

 

« Le théâtre ne peut être considéré de la même manière que les autres activités dans la ville. Par ailleurs, on interdit la tenue de ces représentations à cause du deuil, mais ce n’est pas pour ça que les fêtes de mariage prévues ce week-end vont être annulées. Ceux qui imposent cette loi au théâtre seront les premiers à vouloir la contourner au nom du anda, qui est une tradition festive touchant tout le monde ». D’autres personnes dans le public présent à ce débat ont trouvé l’exercice quelque peu périlleux. « Nos vieux notables ne comprendront pas. Qu’il y ait du théâtre pendant qu’ils enterrent un mort sera difficile à avaler. Il faut donc leur expliquer ce que c’est. Car il n’est pas évident qu’ils comprennent ce que signifie le travail scénique engrangé sur la place durant ces derniers jours par nos amis d’O Mcezo* ». Un délégation est partie voir les « Anciens » (ndo wazee) pour négocier. Ces derniers se sont montrés réservés, et O Mcezo*, en accord avec son partenaire, le scout Ngome, a décidé de respecter le deuil pour ne pas heurter les susceptibilités inutilement. « Nous sommes venus jouer pour servir une communauté au nom d théâtre. Ette communauté est en deuil. Il est normal que l’on respecte ce deuil. Si les notables comprennent mieux la tenue du djeleyo ou du mwaliko, tous instants liés aux fêtes de mariage traditionnel, durant ce deuil, c’est normal. Le théâtre est quelque chose de nouveau qu’il nous faut d’abord leur expliquer. Notre théâtre en l’occurrence n’invite pas à la fête mais plutôt à parler de la mort du citoyen » commente Soeuf Elbadawi.

 

Des rencontres, un stage et une performance ont quand même eu lieuà Ntsudjini durant ces dix derniers jours, en plus des répétitions publiques du spectacle La fanfare des fous. « Nous avons eu le temps de raconter notre histoire au public de Ntsudjini, qui a suivi nos répétitions en live, et qui reprends déjà les textes, les prières et la geste de la Fanfare des fous dans les rues. Les jours passés aux côté de nos frères et sœurs du Scout Ngome ont été utiles. Les gens ont eu le temps desaisir notre démarche. J’imagine que c’est pour cette raison que certaines personnes se sont indignées à l’idée que l’on ne puisse pas jouer La fanfare. Or les représentations de La fanfare ne sont qu’un aspect du projet global. Je crois sincèrement que les jours passés à Ntsudjini ont permis de montrer à beaucoup que le show n’était pas le plus important dans ce que l’on fabrique sur le plateau. Le théâtre pour nous est une manière de rassembler et de questionner le citoyen. Ce que nous avons quand même réussi à faire malgré ce deuil touchant les deux derniers jours. Donc nous partons confiants par rapport au public de Ntsudjini, et nous espérons surtout que ce public saura expliquer pourquoi nous n’avons pas joué ce week-end. Nous partons aussi avec l’idée d’avoir contribué à érire une nouvelle page (unkade) pour l’histoire du théâtre dans ce pays » conclut Soeuf Elbadawi.

 

Dimanche 2 août 09.

 

prochaines dates après Ntsudjini

 

du 03 août au 08 août 09                       Fumbuni

du 08 août au 11 août 09                       Iconi

du 11 août au 16 août09                        Ouani

du 16 août au 21 août 09                       Mirontsi

du 21 août au 22 août 09                       Mutsamudu

 

                                                                                                              **retour prévu à Ntsudjini pour la fin septembre.

 

 

 

 

Contact

Cie O Mcezo* Washko Ink. B.P. 5357 Moroni Comores Téléphone : 00 (269) 7732451 E-mail : omcezo@yahoo.fr

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans COMMUNIQUES
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