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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 00:02

Faits-Divers

Lu pour vous / Source : CLICANOO.COM | Publié le 14 novembre 2009

Alors que trois anciens militaires se sont échappés de leur prison de Moroni, en Grande-Comore, dans la nuit du 18 au 19 octobre pour rejoindre Mayotte via Anjouan, onze camarades de l’ancien président d’Anjouan Mohamed Bacar sont toujours assignés à la Réunion. Rencontre avec l’un d’eux. Mahmoud Douclin (Photo), 48 ans, est l’ex-commissaire auprès de la présidence pour l’évaluation et la protection du patrimoine d’Anjouan. Avant, il était ministre des Finances.

  

Anjouan. Ils étaient 26 au départ. Quatre sont partis au Bénin, dont le président déchu Mohamed Bacar. Onze ont obtenu l’asile politique. Et onze autres restent assignés à la Réunion. Sans papiers. Mahmoud Douclin, 48 ans, est un de ceux-là. "Ce n’est pas une vie", lâche-t-il. Pour seul papier d’identité, il sort une feuille aux pliures déchirées. C’est un arrêté de reconduite à la frontière. Mais Mahmoud comme ses dix autres camarades ne peuvent pas être expulsés vers Anjouan où ils craignent pour leur vie. C’est l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRAH) qui le dit.


Tous ces Anjouanais faisaient partie des proches de Mohamed Bacar, ce 25 mars 2008, quand l’Union africaine a débarqué sur l’île tourmentée de l’archipel des Comores. Mahmoud a pris place à bord du kwassa-kwassa qui a conduit Mohamed Bacar à Mayotte. "Ils sont partis par une mer démontée ce jour-là", raconte un observateur qui souhaite conserver l’anonymat. Ils pensaient obtenir l’asile. "Seuls les moins gradés ont eu l’asile politique", remarque Mahmoud Douclin. Lui avait le grade de commandant.

Depuis mars 2008, comme ses camarades, il est passé par la détention dans le cadre d’un véritable marathon judiciaire avant d’être assigné à résidence sur la base aérienne 181. Puis tous ont d’abord dû signer deux fois par semaine au commissariat ou à la brigade de gendarmerie la plus proche de leur domicile. Aujourd’hui, ils doivent signer une fois par mois. Moins contraignant. Sans papier, ils ne peuvent pas quitter l’île.


"Nous voulons être traités humainement"


Quant à un éventuel retour à Anjouan, Mahmoud Douclin n’y pense pas pour le moment : "Il faut toujours imaginer le pire." Et de se reprendre : "Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir." Car la famille de Mahmoud Douclin est restée à Anjouan. Il arrive parfois à avoir des nouvelles. "Mais quand le père n’est pas là, c’est la galère", poursuit-il. Les autres Anjouanais bacaristes sans asile politique arrivés à la Réunion en mars 2008 sont dans cette même situation. Pas de travail. Pas de ressources. "Et pas d’ONG qui s’occupe de nous." Mahmoud Douclin poursuit : "Ceux qui arrivent à avoir quelques ressources les envoient à leurs familles." Certains proches des bacaristes, restés à Anjouan, ont été inquiétés au début. Des maisons de membres de leurs familles ont été détruites. Des violences ont été exercées. Parmi ceux qui sont restés, certains ont été emprisonnés puis relâchés. D’autres sont toujours en détention. C’était le cas de ces trois militaires - un lieutenant, un adjudant-chef et un sergent-chef - qui se sont fait la belle de la prison de Moroni dans la nuit du 18 au 19 octobre pour rejoindre Mayotte en passant par Anjouan. Ils demandent désormais l’asile politique et ont obtenu une attestation provisoire de séjour. Mahmoud Douclin demande : "Nous ne pouvons pas être assignés éternellement. Nous voulons être traités humainement."


Nicolas Goinard


Quinze Anjouanais assignés à Mayotte


Mohamed Abdou Madi, ancien ministre du tourisme de Mohamed Bacar, est lui aussi assigné. Ils sont quinze Anjouanais dans ce cas à Mayotte. Car c’est sur l’île au lagon qu’il vit depuis mars 2008. A Pamandzi plus exactement sur Petite-Terre. Contacté par téléphone, il souhaite s’exprimer sur les conditions de vie de ceux, qui comme lui, ont fui Anjouan à bord d’un kwassa-kwassa en compagnie du président renversé. Une ironie du sort quand on sait que c’est par ce mode de transport maritime guère stable que de nombreux Anjouanais ont quitté le régime de Bacar. Les partisans de Mohamed Bacar s’estiment rejetés. Mohamed Abdou Madi appuie : "Nous sommes libres de circuler au niveau de la commune mais nous n’avons pas le droit de travailler." Et de conclure sur son envie de retour au pays : "Ce serait lâche de rester à Mayotte si on n’espérait pas rentrer à Anjouan un jour. Pour le moment, on ne sait pas comment." Cette probabilité, les autorités anjouanaises la craignent. Une rumeur persistante dit que ce retour des hommes de Bacar se prépare.

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 22:18

 

Ouf ! Un premier contingent de 150 pèlerins comoriens a quitté Moroni samedi dernier avec un appareil de l’émirat de Bahrein finalement affrété par la nouvelle compagnie aérienne Comoro Islands Airline. Il était temps après plusieurs semaines d’incertitudes. Cette dernière a été saisie par l’Etat, un de ses actionnaires,  pour essayer de régler ce problème qui commencer à se compliquer avec les revirements des compagnies choisies et les annonces erronées du gouvernement de l’Union.

 

En principe, deux autres vols seraient programmés pour ce jour et demain selon la Directrice de Comoro Islans Airline, Badria Kassimou. En principe cette compagnie s’occupe seulement de 450 pèlerins. Car certaines agences on retiré leurs passeports. Apparemment, elles chercheraient  une autre solution avec d’autres compagnies notamment Yemenia Airline et Comores aviation International. Espérons que leurs candidats vont aussi pouvoir  faire le voyage. Amen. Car le temps presse.

 

Nous souhaitons un bon pèlerinage à tous les candidats de cette année et avons une pensée particulière pour une des candidates d’Anjouan décédée jeudi dernier à l’Hôpital El Maarouf de Moroni suite au paludisme, une maladie qui fait des dégâts sérieux dans le monde et surtout en Afrique. La mortalité due au plaudisme est évaluée à un million de morts par an.

 

Halidi allaoui

HALIDI-BLOG-COMORES

 

 

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans RELIGIONS
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 20:58


Encore une histoire bizarre. On finira par croire que notre pays s'est spécialisé en bizarreries. Lisez l'article de HZK-Presse du 14 novembre 2009 ci-dessous pour juger vous même, chers lecteurs de HALIDI-BLOG-COMORES. Pauvre pays adoré !
Halidi Allaoui


Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores / Politique & institutions


Fomboni
, samedi 14 novembre 2009 (HZK-Presse) – C’est sur l’affaire « colonel Mohamed Anrifi Moustoifa ». Nommé chef du commandement régional de l’armée nationale de développement (AND) à Mohéli, par le chef de l’Etat, le colonel Mohamed Anrifi Moustoifa se voit refuser, par le chef d’Etat-major le général Salimou, la délégation qui lui est nécessaire pour exercer un commandement sur les forces de l’AND stationnées à Mohéli.

 

Se contentant de ce décret présidentiel, « Obama » avait du mal à organiser, ce vendredi matin la cérémonie de prise de fonction pour cause des instructions qui seraient donné par le général Salimou à la force de l’AND à Mohéli de ne pas exécuter les ordres du colonel Anrifi Moustoifa.

 

Dans les locaux du commandement régional, l’on a assisté ce vendredi matin, à une cérémonie à configuration militaire mais sans aucun militaire. Même ceux qui, d’habitude, gardent la maison, ont préféré rester à l’intérieur, dans les bureaux. Des officiels, le ministre de la fonction publique M. Fouad Ben Mhadji était bien présent, le chef de cabinet au gouvernorat de l’ile autonome de Mwali M. Ben Cheick Mzé Cheick, le directeur régional de Comores Télécom, le préfet du centre El-Had Mnémoi, l’actuel bras droit d’ « Obama », n’ont pas manqué l’événement.

 

Quant aux notables, qui avaient pris le devant, ce sont ceux qui n’ont pas l’habitude de se présenter dans des cérémonies de grande envergure. C’est dire que ce sont des notables inhabituels. Cependant des jeunes cadres, il y en avait assez même si les sièges prévus  n’ont pas été tous occupés.

 

La cérémonie prévue pour 9h du matin à dû finalement commencer vers 11h avec un discours du notable Barwane, qui a montré l’intérêt d’avoir à Mohéli un chef du commandement. En suite « Obama » viendra, dans un discours prononcé en Français puis en comorien au cours du quel, il n’a en aucun moment évoqué une quelconque discorde entre lui et l’Etat major. Il s’est contenté uniquement de glorifier le chef de la nation, puis le chef de l’exécutif de l’ile.

 

Pourtant, le chef d’état-major le général Salimou aurait refusé, conformément à la loi organique n°97-009/ AF du 21 juillet 1997 en son article 30, que le colonel Anrifi Moustoifa  agisse au nom de l’état-major. Cette loi précise que les comandants régionaux sont les représentants du chef d’état-major. Ils agissent par délégation de cette autorité militaire.

 

Le colonel Anrifi aurait, lors d’un séjour du chef de l’Etat à Mohéli, négocié directement le poste de commandant régional au mépris de la hiérarchie, de la discipline et des textes militaires, a confié à HZK-Presse une source militaire qui a requis l’anonymat. Une nomination que le général Salimou aurait qualifiée de « politique » n’ayant que des visés et objectifs politiques. (Voir la lettre du Chef d'Etat Major envoyé au Lieutenant Colonel anrifi le 10 novembre 2009 en cliquant ICI)

 

La question que beaucoup se posent ici à Mohéli, c’est de savoir la suite de ce feuilleton inédit entre l’état-major et la présidence de la république. En tout cas lors d’une cérémonie de pose de la première pierre pour la construction d’un pôle de formation et de documention intégrée (PFDI) à Mohéli, qui s’est déroulée ce même vendredi, dans l’après midi, le ministre  de l’éducation nationale, Kamaledine Afretane, avait salué Mohamed Anrifi en tant que chef du commandement régional de l’AND à Mohéli.

 

Mouayad Salim

141109/ms/hzkpresse/6h00

 

 

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans ARMEE
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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 18:10

Moroni, jeudi 12 novembre 2009 (HZK-Presse) – Le retrait de Yéménia a laissé un vide que les autres compagnies peinent à combler. A coté des difficultés liées à la cherté des billets et les problèmes de fret, les passagers sont confrontés à des multiples escales pour pouvoir rentrer ou rallier l'Europe. Depuis un mois, la solution Air Austral se précise.

Sous l'égide du gouvernement, la diaspora a engagé des négociations avec cette compagnie réunionnaise pour régler à jamais ces soucis. Une coordination des associations comoriennes a même fait le voyage jusqu'au siège de ce transporteur dans l'île de la Réunion. « La diaspora avait fait une demande auprès des autorités françaises pour qu'il y ait une compagnie européenne qui desserve les Comores. Une commission basée en France a élu Air Austral et on ne fait que faire le suivi pour des voyages de sécurité et de confort », déclare Farid Youssouf de S.O.S voyage lors d'une conférence de presse à l'Hôtel le Moroni.

Cette compagnie qui compte parmi ses actionnaires le Conseil général de la Réunion prévoit donc un vol direct entre Paris et Moroni. Elle vient de manquer son vol inaugural le mois d'octobre dernier. Mais Air Austral fixe au 26 janvier son premier avion entre Marseille et Moroni sans escale. A Saint-Denis comme à Moroni lors du passage du directeur général de la société, la diaspora a exposé un ensemble de doléances.

« On avait trois points essentiels à défendre. Il fallait tout d'abord une réduction des prix des billets. Ensuite, obtenir une collaboration avec les agences de voyage pour que ces intermédiaires profitent aussi. Enfin, on a posé le problème du fret. Après le départ de Yéménia, on se demandait ce qu'il adviendra de nos produits frais », continue d'expliquer Farid qui est rentré au pays depuis 4 mois pour tenter de trouver une solution à ce problème.

La compagnie de l'océan indien même si elle est disposée à travailler avec les Comores pour augmenter ses vols dans l'archipel, elle formule des conditions qu'il faut remplir avant de voir le premier vol Marseille-Moroni se poser à Hahaya. « Air Austral voudrait que la piste de l'aéroport atteignent le niveau 8 alors qu'elle est au 7. Cette compagnie exige plus de comptoir pour les enregistrements des bagages et des passagers. Et surtout, Air Austral négocie pour une réduction des prix du kérosène ».

C'est à ces conditions que la compagnie réunionnaise peut baisser les prix. L'aviation civile a donné son accord pour mettre à leur disposition le plus de comptoirs possible. Le reste des conditions sont parfois difficiles à remplir pour l'Etat comorien. Mais la diaspora s'engage non seulement à donner 25% de frais de réfection de la piste de l'aéroport mais à chercher le reste du financement. Il reste encore la demande de réduction des prix du kérosène qui pour l'instant est resté sans réponse.

C'est pourquoi Jacques Lavane de l'association Watwania une des composante de cette coordination des comoriens de l'hexagone lance « un appel à toutes les bonnes volontés pour que ces conditions posées par Air Austral soient satisfaites ». La diaspora veut se battre pour que les prix des billets ne dépassent pas 1000 euros en haute saison et 860 euros en basse saison.

A.A. Mguéni
121109/aam/hzkpresse/9h00
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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans TRANSPORTS ET TOURISME
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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 22:08

 Lu pour vous / source : http://www.malango-actualite.com/

« Le mur invisible érigé entre Anjouan et Mayotte tombera autant qu'est tombé le mur de Berlin »

Une cérémonie sobre mais significative. C’est ainsi qu’on peut qualifier la célébration de la journée maore, ce jeudi à Moroni, où les administrations étaient fermées pour cette occasion.

C’est qu’en fait, depuis trois ans, le 12 Novembre est férié dans l’archipel. Cette journée est dédiée à la revendication de Mayotte, cette île de l’archipel des Comores qui est resté sous administration française depuis 1975. « Le 12 novembre 2009 se trouve à la croisée des chemins », ont estimé les membres du comité maoré, une structure de la société civile comorienne qui milite pour la réintégration de Mayotte dans l'ensemble comorien, dans un communiqué publié à Moroni depuis le 3 novembre.

C’est presque cette même déclaration qui sera lue par Idriss Mohamed, ce jeudi, lors de son discours au palais du peuple où s’était réunis plus de 300 personnes pour cette célébration. « Au delà des apparences qui ferait croire à un blocage, voire à une intégration définitive de Mayotte dans la France, une solution de la question de l’île comorienne de Mayotte s’esquisse dans une lame de fond qui devient de plus en plus perceptible pour les plus avertis », indique le comité Maoré dans sa déclaration.

« Il est temps de mettre un terme aux drames presque quotidiens qui se déroulent, devant nos yeux, dans le bras de mer qui sépare Anjouan de sa soeur Mayotte », a déclaré Idi Nadhoim, le vice président comorien en charge de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche et de l'artisanat, assurant l'intérim du président Sambi qui se trouve à l'étranger, lors de son discours.

Faisant le parallèle entre la chute du mur de Berlin dont on commémore cette année le 20 ème anniversaire et le visa Balladur, ce « mur invisible érigé entre Anjouan et Mayotte », cette haute autorité comorienne a estimé que celui-ci « tombera autant qu’est tombé le mur de Berlin ». Il a d’ailleurs repris un passage du discours du président Sarkozy à l’occasion des cérémonies commémoratives dont voici la teneur : « La chute du mur de Berlin sonne aujourd'hui comme un appel, un appel à nous tous à combattre les oppressions, à abattre les murs qui, à travers le monde divisent encore des villes, des territoires, des peuples ». Des propos qui ont été vivement applaudi par l’assistance.

« Le peuple de l'Union des Comores espère que cet appel résonnera de tous son poids sur tous les dirigeants du monde et que son écho transpercera tous les murs de l'oppression », a mentionné le vice président Idi. « Nous osons croire que le mur invisible érigé entre Anjouan et Mayotte, sous lequel reposent les restes de dizaines de milliers d'innocents et qui forme aujourd'hui le plus grand cimetière marin au monde, tombera autant qu'est tombé le mur de Berlin », a-t-il encore lancé. La célébration de la journée Maore, cette année, intervient après l’échec des négociations engagées au sein du Gthn, le référendum sur la départementalisation de Mayotte et la proposition du président Sambi du système « Un pays, deux administrations ». Lancée lors d’un récent discours prononcé par le chef de l’Etat comorien à la tribune des Nation unies, cette offre se veut être un début de solution à cette épineuse question qui obère les relations entre les Comores et son ancienne puissance colonisatrice, la France.

Par cette annonce, le président Sambi propose à la France de reconnaître la souveraineté entière de l'Union des Comores sur l'ensemble de son territoire tout en continuant à administrer Mayotte. Cette proposition "traduit une haute perception des rapports de force, des concessions inévitables et une solution progressive qui permettra une véritable réconciliation nationale des îles comoriennes et une page nouvelle dans les relations amicales entre les Comores et la France", estime le comité Maore, dans un communiqué. Cette organisation propose, d’ailleurs, un débat national sur le sujet.La cérémonie qui s'est déroulée hier jeudi au palais du peuple de Moroni a été marquée par un hommage rendu au patriote maorais Kamar Eddine Ahamada, un militant de l'unité nationale décédé en France le 29 octobre 2009. Cet homme part "sans la reconnaissance des représentants officiels de la partie pour laquelle il s'est tant sacrifié", ont déploré ses amis du front démocratique.

Faissoili Abdou

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Mariama HALIDI Malango - dans MAYOTTE
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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 19:51

 

La Cour constitutionnelle a rendu hier (mercredi 11 novembre 2009) sa décision sur la liste définitive et officielle des candidats aux prochaines élections législatives. Sur les 144 dossiers de candidature transmis par la Commission nationale électorale (CENI), seul celui de Halidi Ibrahim Abdérémane , Homme politique comorien très controversé, ancien premier Ministre et candidat malheureux aux dernières élections présidentielles de l’Union des Comores (et logiquement celui de et son suppléant) qui était candidat à Gnoumakele 12 sur l’île d’Anjouan  est invalidé au motif qu'il  "devait produire un casier judiciaire  délivré par l'autorité compétente de son lieu de naissance ce qui n’est pas le cas.

Par ailleurs, la Cour Constitutionnelle a,  informé aux candidats présentés par la "Convergence nationale pour mai 2010" et "l'Upad 2010", deux structures réunissant des partis et personnalités politiques de l'opposition créées sur l’île de Mwali que "leurs bulletins ne peuvent que porter les symboles de la "Boussole" et de la "Montre" sans autres mentions". En effet, ces deux groupements politiques n’ont pas été en mesure de fournir leurs statuts.

Elle a aussi, en se fondant sur  le préambule de la constitution de l’Union des Comores qui proclame "l'égalité de tous en droit et en devoir sans distinction de sexe, de race, de religion ou de croyance" interdit  au candidat Ali Abdou Soimadou et son suppléant Said ali qui se présentent à Oichili-Dimani 17 sur l’île de Ngazidja d’utiliser le sigle "Allah Akbar" écrit en arabe, qu’il avait choisi.

Nous avons aussi appris que 3 candidats aux élections des conseillers des îles à Ngazidja se sont finalement désistés. Toutes les autres candidatures ont étés validées par la Cour Constitutionnelle.

La campagne électorale débutera officiellement le 14 novembre 2009


Halidi Allaoui

HALIDI-BLOG-COMORES

 

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 13:27

Vous trouverez ci-dessous le message de Madame Sittou Raghadat Mohamed

première  femme Ministre et élue Député des Comores, destiné aux candidates aux  élections des députés de l’Union et des Conseillères des Îles des 6 et 20 décembre 2009.


Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES) 




Message de Madame  Sittou Raghadat Mohamed

Première  femme Ministre et élue Député des Comores,

destiné aux candidates aux  élections des députés de l’Union et des Conseillères des Îles des 6 et 20 décembre 2009

 

 

Mesdames et Mesdemoiselles les candidates

Chères sœurs et enfants

 

Vous êtes nombreuses avec ou sans étiquette d’un parti politique à avoir pris la noble décision d’être candidates aux prochaines élections des députés de l’Union et des Conseillers des Îles qui se tiendront dans notre pays les 6 et 20 décembre 2009.

 

Compte tenu du combat que  nous menons pour l’équité et la promotion du genre depuis plusieurs années, Je tiens  sincèrement à vous présenter mes remerciements et félicitations.

 

Oui, je vous remercie. Car la femme comorienne a besoin des femmes courageuses osant se lancer sans peur ni complexe dans les différents combats électoraux comme vous. Des femmes honorables ! Notre pays et le combat pour l’équité et  la promotion du genre  nécessitent la bravoure et la persévérance des femmes dans tous les domaines en général et dans le domaine politique en particulier.  C’est comme cela que nous arriverons à changer les mentalités d’immobilisme dans notre pays.

 

Oui, je vous félicite. Car, le fait d’avoir franchi cette première étape, à savoir décider  de se porter candidates aux prochaines échéances électorales est déjà une victoire pour la femme comorienne et tous ceux et celles qui militent pour la participation de la femme comorienne à la vie politique du pays. Non seulement vous montrez le bon chemin à suivre aux jeunes filles qui se lanceront en politique dans les années à venir mais vous prouvez à tout le monde que vous avez compris l’importance d’être active dans la sphère politique.  Participer à une élection législative tant au niveau national qu’insulaire et la gagner confère en effet une certaine légitimité du combat que nous menons.

 

Se  présenter aux prochaines élections est aussi un témoignage de votre détermination à faire prendre conscience à la population comorienne du fait qu’une femme est comme l’homme. Elle n’a pas peur d’aller aux élections et à les gagner.

 

Je voudrais maintenant, en ma qualité de première femme Ministre et élue député dans notre pays  partager avec vous, mon expérience personnelle dans le combat politique en général et dans le combat électoral en particulier laquelle  pourra peut être vous aider à aborder ces échéances électorales dans de bonnes conditions.

 

Au début des années 90 j’avais saisi l’occasion de l’avènement de la démocratie dans notre pays pour m’engager dans le combat politique. Certes, j’étais novice mais c’était la suite logique d’une de mes convictions à savoir que la prise de la parole est une arme puissante pour véhiculer ses idées. Le combat politique est rude mais passionnant. Il faut y croire. Il ne faut jamais perdre de vue que le monde politique est la jungle. On reçoit régulièrement des coups. Il faut aussi être capable d’en donner. C’est le ou la plus fort (e) qui l’emporte.

 

L’expérience de ces débuts de lutte politique m’a fait comprendre que l’engagement politique suppose au préalable une détermination forte de la part de tout un chacun, surtout de la femme en ce sens que le domaine de la politique exige une volonté sans faille, une confiance permanente en soi et une disponibilité totale. C’est comme cela que j’avais pu m’imposer au sein du parti politique dont j’étais devenue membre du bureau politique. Quelques mois après j’avais eu le privilège d’être la première femme comorienne à être nommée à un poste ministériel. J’aurais pu me contenter de cet honneur. Mais quand on décide de faire de la politique et de défendre la promotion du genre, on comprend vite qu’en politique il faut savoir ce qu’on veut et qu’il n’y a de réelle légitimité que par le suffrage universel. D’où mon entêtement. Avoir aussi  la confiance de ma circonscription après celle du Président de la république était significatif et important pour moi. Car mon objectif était de démontrer aux Comoriens qu’une femme comorienne peut aussi se faire élire et être une vraie politicienne autrement dit une vraie combattante qui n’a pas peur des obstacles et qui n’attend pas qu’on lui serve le pouvoir sur un plateau.

 

 C’est pourquoi en 1992, il était naturel pour moi de me présenter aux élections législatives. J’étais candidate dans une des circonscriptions de ma région natale. Nous étions 13 candidats dont 11 appartenant à des partis politiques et 2 sans étiquette. Au premier tour j'avais battu les 12 candidats avec un pourcentage assez élevé.  Au deuxième tour, il avait fallu la coalition de tous les autres candidats derrière mon adversaire pour m’affronter. L'échec était inévitable. Mais pour moi, contrairement à ce qu'on pourrait penser, c’était ce que j’appelle « un échec victorieux ». En effet, j’avais pu démontrer  qu’une femme pouvait bien se présenter à des élections législatives, mener librement une campagne électorale, s’exprimer devant les femmes et les hommes et  battre  des hommes.

 

La leçon que j’avais aussi tirée à l’issue de cette échéance, est qu’étant une femme candidate, je n’avais pas bénéficié d’un traitement de faveur de la part de mes adversaires. J’étais candidate comme les autres. Je n’avais pas fait l’objet d’une discrimination positive. Mais franchement, j’ai apprécié cette attitude de mes adversaires et des électeurs.

 

Battue lors de  cette première tentative, je n’ai  pas baissé les bras. J’ai récidivé en 1993 après la dissolution de l’assemblée fédérale et ce en dépit de l’opposition  de ma propre mère, de certains proches et amis qui craignaient un deuxième échec. En fait, ces derniers avaient mal vécu la campagne électorale très difficile et passionnée avec ses lots d’insultes, de dénigrement et de calomnies. Effectivement, c’était très dur à tel point que mon père est décédé suite à un arrêt cardiaque quelques jours avant le jour des élections !

 

Cette fois-là, c’était la bonne. J’étais en tête au 1er tour et au 2eme tour, j’avais gagné avec brio et proprement ces élections. Enfin ! Une femme est élue député aux Comores. Le tabou est levé. Mon élection à l’issue des législatives m’a conféré cette  légitimité à laquelle je tenais tant et sans laquelle une femme qui réussit sa carrière professionnelle et/ou politique prête le flanc à la suspicion. 

 

Si j’ai pu gagner ces élections, c’est bien évidemment grâce à ma persévérance, à ma proximité avec les électeurs et à ma croyance à cette victoire. Mais, j’avais aussi tiré les leçons des erreurs  de ma première expérience électorale.

 

Je finirai par ces mots qui viennent du fond de mon cœur :

J’apporte mon soutien indéfectible à  vous toutes,  les femmes qui êtes candidates aux élections des députés de l’Union et des Conseillers des îles. Je reste confiante quant à votre capacité  d’être élue.

 

J’appelle toutes les femmes et filles ainsi que les hommes et garçons soucieux d’équité et de justice de soutenir et voter toutes les femmes qui sont candidates dans leurs circonscriptions. Car notre pays a besoin de femmes parlementaires compétentes et capables d’influer sur le mode de gouvernance dans notre pays. Et toutes celles qui sont candidates aux prochaines élections remplissent les conditions pour mener à bien cette mission.

 

Madame Sittou Raghadat Mohamed

Ancienne Ministre et élue député des Comores

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 19:55

Source : Agence comorienne de Presse (HZK-Presse) 09/11/09

 

Comores / Politique & institutions

 

Moroni, lundi 9 novembre 2009 (HZK-Presse) – Le ministre des relations extérieures, Ahmed Ben Saïd Djaffar, et le représentant résident du Système des Nations Unies (SNU) aux Comores, Opia Mensah Kumah, ont procédé vendredi dernier à la signature du document du programme d'appui aux élections législatives en cours. Il faut noter que le SNU a été désigné pour superviser ces élections en étroite collaboration avec le gouvernement comorien.

 

La cérémonie de signature de ce document s'est tenue à l'hôtel Istandra en présence de certains membres du gouvernement notamment le ministre de l'intérieur et de l'information chargé des élections, Bourhane Hamidou, ses collègues de la fonction publique et de l'équipement, le secrétaire général du gouvernement ainsi que le premier conseiller à l'ambassade de France.

 

Cette formalité devrait permettre les différents partenaires des Comores à concrétiser, enfin, leurs appuis financiers dans le cadre de cette échéance électorale qui se présente comme une étape cruciale à la consolidation de la paix dans notre pays. La signature d'une convention de financement estimé à 300 000 dollars (105 000 000 FC) entre le gouvernement comorien et la France devrait, d'ailleurs, avoir lieu au même moment mais il a été reporté pour cette semaine.

 

Cela n'a pas empêché, le chef de la diplomatie comorienne de présenté ces « nos vives remerciements et notre gratitude » envers la France, ce premier partenaire des Comores. « Les annonces qui ont été faites commencent à se concrétiser. Nous espérons que toutes les conditions nécessaires à l'organisation des élections seront réunies d'ici peu », a déclaré le ministre des relations extérieures peu après cette signature.

 

Ahmed Ben Saïd Djaffar, estime que cette concrétisation des engagements des partenaires de l'Etat comorien, est « une garantie de la tenue des élections aux dates prévues et dans des bonnes conditions ». Quant à M. Kumah, il a tenu à rappeler la position de la communauté internationale au sujet de ces élections. « Notre gage c'est de réaliser une opération crédible et transparente qui ne va pas susciter trop de controverse. Pour arriver à ce résultat, il faut la coopération de toute les parties prenantes dans ce processus », a-t-il indiqué.

 

Le budget des élections, 422000 dollars à mobiliser

 

Le budget global des élections est estimé à 3 070 193 dollars soit 1.074.567.550 Fc. La contribution du gouvernement comorien est évaluée à 10% de ce montant. Les engagements annoncés sont de ses partenaires sont ainsi repartis :

 

France : 300.000 dollars

Union européenne : 1.405.714 dollars

Ligue des Etats arabes : 300.000 dollars

Union africaine : 200.000 dollars

422 000 dollars restent encore à mobliser.

 

S.A.

091109/sa/hzkpresse/6h00

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans ELECTIONS
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 19:31


Source : Agence comorienne de Presse (HZK-Presse) 04/11/2009

 

Comores / Politique & institutions


Moroni
, mercredi 4 novembre 2009 (HZK-Presse)
– Le parti au pouvoir est déterminé à affronter ces législatives qui ont comme enjeu principal l’harmonisation des élections et comme conséquence la prolongation du mandat du président Sambi. Pour multiplier ses chances d’avoir la majorité au congrès [Assemblée nationale et Conseils des iles], « le Baobab présente des candidats pour le prochain scrutin des députés et conseillers des îles dans toutes les circonscriptions du pays », annonce le secrétaire général du gouvernement, qui s’occupe du dossier des élections dans la majorité présidentielle.

 

Parmi les candidats du pouvoir, il se trouve des ministres et des directeurs généraux. Mais Nourdine Bourhane affirme « qu’aucun bien de l’Etat ne sera utilisé à des fins de campagne en faveur d’un candidat du pouvoir. Des pays et des amis du pouvoir vont aider la majorité présidentielle à financer sa campagne ». Tout comme les autres états-majors politiques, la mouvance présidentielle prépare et trie ses cartes pour affronter les élections législatives du mois de décembre.

 

Les partis proches du pouvoir ont déjà décidé sur la stratégie d’attaque. Le bilan du président Sambi pendant ses 3 années passées à Beit-Salam sera le principal argument de ses candidats. « Sambi et son gouvernement ont beaucoup fait. Les réalisations sont palpables pour nous donner encore confiance », indique très confiant le secrétaire général du gouvernement. Pour étayer sa thèse sur ces réalisations, Nourdine Bourhane évoque, « le programme post-conflit et les bonnes relations avec le FMI qui ont débouché sur le programme FRPC témoigne de la bonne gouvernance. Le pays n’est jamais arrivé à ce point très important. Moroni est embelli comme une vraie capitale. On a décaissé l’argent pour la route de Jimlimé pour ne citer que cela ».

 

En parlant du programme FRPC, l’opposition le considère que « les Comores sont éligibles dans ce programme par pitié et non pas par bonne gouvernance ». Mais la majorité présidentielle répond en rappelant que « jamais les institutions de Breton Wood ne font les choses par pitié. Elles ont des critères liés à la bonne gouvernance qui les guident dans leur choix ». Le pouvoir a déjà choisi « un baobab » comme symbole de campagne. Le parti au pouvoir assure que « celui qui n’a pas comme symbole le Baobab, ne relève pas de la majorité présidentielle ». Avec le baobab, la Mouvance qui a souvent représenté la majorité présidentielle est un peu éclipsé.

 

« Le symbole du baobab regroupe toutes les formations politiques qui soutiennent le président Sambi. Il peut s’agir du MCJP, du PEC ou du FNJ entre autres », martèle Nourdine Bourhane. Le regroupement autour du baobab ne cache en rien la position de certains partis et des personnalités proches du pouvoir qui font cavalier seul dans certaines circonscriptions. C’est pourquoi les mauvaises langues parlent « d’une division et de dissidence » au sein da la majorité présidentielle.

 

Souvent, c’est la confusion dans certaines localités. Les électeurs ont du mal à savoir qui est le véritable candidat de la majorité présidentielle. Mais le parti au pouvoir est conscient et le secrétaire général du gouvernement déclare « qu’il est trop tôt pour parler de dissident. Tant que l’élection n’a pas eu lieu tout peut se faire. Il peut y avoir des surenchères ».

 

A.A. Mguéni

041109/aam/hzkpresse/21h00

 

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Mariama HALIDI HZK-Presse - dans ELECTIONS
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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 18:04
Lu pour vous : Source / Upanga n°12 du 3 novembre 2009.


Depuis son arrivée, les plus folles rumeurs courent sur le compte du consul français. Et certaines le lient à Comores Assurance, une assurance au sérieux plutôt douteux.

La délivrance des visas a toujours été un récurent à Anjouan, mais il l’est encore plus depuis l’arrivée du consul français Frédéric de Souza (photo, archives HALIDI-BLOG-COMORES). Dans Upanga n°10, en octobre, nous rapportions l’histoire d’Adjmael Halidi, un journaliste comorien qui avait vu son visa annulé suite à la parution d’un article mettant en doute l’honnêteté du consul (voir aussi notre article en cliquant ICI). L’article sous-entendait que des « amis du consul » soutiraient de l’argent aux demandeurs de visas et c’était pour eux la seule solution d’obtenir le précieux laissez-passer.

Une nouvelle « arnaque » est en train de faire grand bruit à Anjouan : celle des Comores Assistance…Pour pouvoir venir à Mayotte, les Comoriens doivent obligatoirement souscrire une assurance, qui peut notamment leur service s’ils doivent être rapatriés ou s’ils ont besoin de soins médicaux. Il en existe deux à Anjouan. Et il semblerait, selon des nombreux témoignages, qu’il soit largement préférable de choisir Comores Assistance plutôt qu’une autre pour espérer voir son dossier accepté. « A peine arrivé à Anjouan, c’est monsieur de Souza qui a créé cette assurance avec un ami comorien » affirme une française qui habite Anjouan depuis plusieurs années. Selon elle, « cette assurance n’assure rien, et l’agence de Mayotte 11 rue du commerce n’existe pas ». Sur place, difficile en effet de trouver la moindre trace d’une agence d’assurance. Et surtout, Comores Assurance n’apparaît pas dans le fichier des immatriculations des entreprises de Mayotte de la Chambre de Commerce et d’Industrie. Or, selon un agent de la CCI, « même si son siège est à Anjouan, elle doit obligatoirement être immatriculée sur place pour pouvoir travailler ».
Cette assurance si elle existe vraiment, n’aurait donc pas le droit d’exercer à Mayotte…
Toujours selon cette Française, « Les Anjouanais ont vite compris que s’ils voulaient leur visa, ils devaient s’assurer chez « l’assurance du consul », et ceci, avant le dépôt du dossier, contrairement à Moroni qui exige cette assurance seulement lorsque le visa est obtenu. Après cela, vous devez passer au « Bureau de parrainage » est déposer 75.000 fkm » soit environ 150 euros.
Difficile, dans le nuage de rumeurs qui courent sur le consul Frédéric de Souza, de distinguer la vérité du fantasme. Mais ce qui est sûr, c’est que depuis son arrivée, le mécontentement va grandissant au sein de la population et les soupçons se font de plus en plus insistants. Car ses prédécesseurs n’avaient jamais connu de tels problèmes.
Selon notre témoin, le cas de Halidi a un peu calmé les ardeurs, « les candidats au visa n’osant pas dénoncer clairement ces pratiques par crainte de ne plus avoir du visa ».

NB
Source : Upanga n°12 du 3 novembre 2009.
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