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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 23:46

Selon le journal Al balad, dans son édition du 21 décembre 2009, la compagnie Yemenia Airways devrait reprendre ses vols Paris – Moroni - Paris (via Sanaa) dès le mois prochain. Celle-ci était contrainte de suspendre ses vols  à destination de Moroni Suite à la pression et au boycott de certaines associations de la diaspora comorienne en France après l’accident de son appareil A 310 du 30 juin 2009  ayant fait 152 morts. A noter que jusqu’à ce jour, nous ignorons la (ou les) cause (s) de l’accident.

Halidi Allaoui

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 23:00

A propos des Comores, de tout et de rien

et pour un 2010 de tous les possibles sous le volcan

 

Avis à ceux qui n’étaient pas au courant ! On réhabilite Humblot et Pobéguin dans nos îles avec la complicité des hommes de science. A force, la colonisation devient une affaire positive. Nos cadres se ruent à Mamoudzou, sur le lagon, en quête d’un boulot, prétextant le manque de considération, ailleurs, en France ou aux Comores indépendantes. A Moroni, on crée des associations d’indigènes, du type France-Comores Echange, pour protéger les intérêts français. On salue même la générosité de Monsieur l’Ambassadeur, sollicitée sur la Place de France, pour des projets sans réelle portée dans l’économie nationale. Sans doute pour contrer l’offensive arabe que le président Sambi est seul à prétendre contrôler. Des « arabes » qui paient avec une monnaie de singe, le sieur Bachar Kiwan n’étant en réalité qu’un rabatteur pour des investissements en eaux profondes, un rabatteur sachant cependant compter sur ses rétro-commissions pour tenir bien droit sur ses pattes. Raison pour laquelle on multiplie les promesses du lendemain. Car il va sans dire que demain nous serons mieux qu’aujourd’hui…

Cela n’a l’air de rien, mais le constat est là, bien là. Nous vivons dans une bulle, à l’intérieur de laquelle nous feignons de pouvoir gommer, par un simple jeu d’évitement, la complexité d’un monde qui se refuse à notre droit à l’existence. Nous fermons les yeux sur la réalité rampante, et à chaque mauvais coup reçu, de petits malins s’en ébaubissent comme au premier jour de leur vie, oubliant qu’ils sont complices d’une opération de déstructuration d’archipel à grande échelle. Que la France continue à déconstruire le pays en profondeur, à le miner de l’intérieur, bien qu’elle n’affiche plus son gros appétit, nous le savions. Nous le savions d’autant plus qu’ils sont encore nombreux parmi nous à lui tendre la main dans l’indignité et le déni. Une suite à l’inconvenable situation fabriquée en ces îles par la patrie de Humblot depuis plus d’un siècle. Situation due aux multiples renoncements de l’élite comorienne. Un ramassis d’hommes de mains  de seconde zone, à double discours, et pour qui mentir aux compatriotes, et agir contre leurs intérêts, est synonyme de fortune personnelle. A se demander, parfois, si ces hommes, choisis ou autoproclamés parmi les meilleurs d’entre nous, se rendent bien compte de ce qu’ils sont devenus, des fossoyeurs ambulants.

Certes, Dieu lui-même ne nous dégringole pas encore sur le paletot, mais cela ne saurait tarder. Ce qui ne nous interdit nullement de parler de ces autres fronts sur lequel l’élite comorienne brille par son absence, sauf lorsqu’il s’agit de brosser le poil d’un nouveau maître sur nos terres. En short-list, au bout de la ligne d’horizon, il y aurait ces richesses minières, récemment annoncées par le président Sambi. Il y aurait les hôtels en développement, du groupe Gulf Holding, et le contrôle des marchés portuaires, validé par l’Etat de l’Union. Il y aurait cette emprise financière, sur les médias et les esprits, qui se concrétise chaque jour, un peu plus. Il y aurait le blanchiment d’argent que l’on supputerait, dans les coulisses de la coopération entretenue avec nos cousins d’Orient. Il y aurait cette affaire de citoyenneté, revendue à plus offrant, au Koweït, à on ne sait qui. Il y aurait ensuite la revente d’une partie des télécoms nationales pour trois fois six sous, avec plus value pour un homme du sérail présidentiel, ou encore ces négociations en cours pour le contrôle des dessertes aériennes pour le compte du vice-président. Se renier n’est pas chose simple, mais nos derniers gestes en politique, contraires au destin d’un peuple aspirant à sa liberté, n’auraient pas que Mayotte française comme instrument de mesure, désormais. Il y aurait aussi le facteur dit « arabe ».

L’ennemi, et ses visages multiples, ne manquera pas, en nous écoutant, d’affirmer que nous sommes d’éternels mauvais esprits. Car nous sommes parmi ces rares comoriens qui s’oppose, au progrès, promis par des représentants de fonds d’investissement dont nous ne maîtrisons pas les courbes ascendantes. Comme nous avons toujours été retors à la générosité d’un pays ami, déconstruisant l’archipel depuis plus de 150 ans, sans la moindre concession. Dans nos délires, nous rejetons jusqu’à cette idée, nettement répandue dans l’opinion, d’une communauté d’étrangers, qui nous aimeraient plus que nous-mêmes. C’est vous dire ce qui choque dans nos attitudes au grand jour. Nous ne savons guère apprécier la valeur d’une main tendue, surtout lorsqu’elle se pique de perversité au quotidien. Ce qui n’échappe pas à notre ministre des affaires étrangères, qui aurait insisté récemment sur le mauvais esprit de ses concitoyens. Des concitoyens qui ne savent pas dire merci, y compris à Sambi, qui a tellement fait pour protéger la souveraineté menacée de son pays depuis sa prise de Beït-Salam. A en croire ce bienheureux ministre, nous passerions notre temps à lister nos petits malheurs, en rejetant la faute aux autres, à la France, à Bachar et à sa clique, en n’oubliant d’interroger la nôtre, de responsabilité. Qu’avons-nous fait qui nous autorise à dispenser telle ou telle autre leçon à ceux qui trahissent l’intérêt général dans ce pays ? Il n’a pas tort, Monsieur Djaffar. Nous n’avons absolument rien fait. Mais promis, Monsieur le ministre, une fois n’étant pas coutume, nous allons nous livrer séance tenante à un rituel d’auto-flagellation dans les règles. Encore faut-il savoir ce que cache ce « nous » à visée fantasmatique. Qui est ce « nous » possiblement affabulateur ? Une difficile question, à laquelle nous répondrons traîtreusement, en nous camouflant derrière une bannière unique. Une bannière qui, grâce à nos tours de passe-passe honnêtes, n’exposera le nom d’aucune personnalité en particulier. Une bannière qui, néanmoins, concernera tous ceux en qui le peuple espère ou espérait pour sa survie. Nous parlons là de cette fameuse élite comorienne en panne de projets depuis le temps de feu Mbae Trambwe.

Etat des lieux consternant, c’est le moins qu’on puisse dire, nos faiblesses, nos incapacités, nos manquements, remplissent plusieurs pages d’écriture dans l’histoire de la renonciation. Renonciation à la dignité, s’entend ! Rappelons-nous de la période la plus récente. Celle qui se situe avant le 6 juillet 1975. L’élite, cette élite, à laquelle nous nous devons d’appartenir pour la circonstance, ne travaillait alors que pour celui qui l’avait formé, nourri au fouet et au mépris, c’est-à-dire pour le colon. On ne pouvait rien n’attendre d’elle, ce qu’on peut aisément comprendre en notre époque néolibérale. Nous faisions alors amis-amis avec l’ennemi, et ne fabriquions pas de cachoteries. Après le 6 juillet 1975, examen de conscience aidant, nous dûmes par moments jouer aux patriotes intermittents, avant de montrer assez vite que nous pouvions œuvrer contre nous-mêmes. Si l’on excepte la période soilihiste, un accident de l’histoire avec un grand « A », le tableau reste noir de monde. La faute à nos présidents qui se sont fourvoyés, avec l’ennemi sans prendre la moindre précaution d’usage. A nos intellectuels, qui ont cessé de penser, en croyant réussir une ascension sociale au royaume des traîtres. A nos cadres, qui ont déserté l’intérêt général, en voulant se transformer en winner à cercle restreint. La faute à « nous » ! L’élite ! Car nous avons failli à tous les étages. Mais aurions-nous eu envie de lutter contre le désastre engendré dans ce paysage insulaire que l’on nous aurait déjà tous abattu. Nous ne ferons d’ailleurs la leçon à personne, pas même au ministre Djaffar des Affaires Etranges, qui, fidèle à la tradition, fléchit sans compter son opinion sur l’intégrité physique de l’archipel dans cette guerre sans nom, et à la suite de laquelle le peuple comorien se morfond dans une cage. En deux mots, notre destin privatisé, au nom d’intérêts qui échappent à l’entendement du peuple, pose clairement la question de la responsabilité, non pas collective, mais de l’élite.

A quoi auront servi en effet les années de privations de nos vieux parents, si nous, nous continuons à insulter l’avenir ? Ils nous avaient envoyé sur les bancs d’école, en espérant nourrir des lendemains meilleurs. Mais des années de rouerie politique, en faveur du plus fort, nous ont appris à nous assoir sur leur destin. La loi de la jungle, qui est la seule qui donne tort au plus faible, sans discuter, a permis d’établir une oppression sans fin, qui a aliéné jusqu’aux lignes de défense de nos cerveaux. Notre fragilité au combat est manifeste. L’élite comorienne dans son ensemble s’est désengagée de sa réalité depuis le 19ème siècle, parce qu’elle a eu peur de la complexité d’une guerre, menée d’abord à coup de ruses, ensuite avec des armes d’une rare efficacité, allant du kalash de chien de guerre au visa de Consul pour Marseille. Au passage, l’économie du plus fort nous aura brisé jusqu’à l’échine, non pas parce que nos adversaires, au visage terriblement changeant, savaient battre leurs cartes mieux que personne, mais plutôt (et surtout) parce que nous leur avons servi de petites mains. Comment appelle-t-on un homme politique qui se met au service d’intérêts contraires à son peuple ? Il est facile de parler de Bachar ou de pointer du doigt sur Humblot & Cie, qui ne sont que des vilains protagonistes d’une histoire autrement plus complexe, dans laquelle notre pays est programmé pour servir de paille à des puissances d’argent constituées dans l’ombre. Mais si nous retournions, ne serait-ce qu’une fois, le miroir dans l’autre sens, nous verrions bien que nous héritons d’une place de choix dans l’échelle des responsabilités. Nous y avons largement contribué, aux rêves de défaite finale.

Dans le rapport de force, de fait institué, ne s’en sortent que ceux, parmi nous, qui ont compris que la main qui étreint, mieux vaut la baiser, pour ne pas succomber, au front. Le président Abdallah, en se coltinant les chiens de la France sous les tropiques, s’est ramassé sous un tombeau. Avant lui, le sultan Said Ali, jouant au marathon avec l’ennemi, contre le sultan M’safumu notamment, s’est mordu les doigts sous la terre de Tamatave. Ayant pris conscience de la complexité de cette bataille, la majorité des membres de notre élite nationale a su raison garder depuis, en se mettant d’office (et toujours) au service du plus fort, et en faisant sienne les efforts de l’usurpateur Andriantsouli. Voulant paraître plus docile aux yeux de l’ennemi, ce dernier, qui s’est retrouvé à Mayotte par hasard, a cédé la quatrième île contre une rente de 1.000 piastres. Ton bonheur immédiat, même s’il est usurpé, contre celui de tout un peuple. Plus tard, nous verrons que pour construire l’alternative, Ali Soilihi choisira de miser sur le petit peuple, plutôt que sur l’élite. Il était, conscient, lui, du fait que cette élite n’était instruite que pour servir de petits intérêts, avec la bénédiction de ceux qui tirent la grosse ficelle du pouvoir dans nos îles. C’est devenu une vérité scellée dans le marbre : ceux qui devraient nous montrer le chemin vers l’espérance, sont ceux qui traficotent avec l’ennemi aux multiples visages ou qui l’ont soutenu dans son entreprise. « C’est l’habitude qu’à le peuple de la servitude qui explique que la domination du maître perdure » écrivait La Boétie. Nous, nous reprenons sa phrase, mais en mettant le mot « élite » à la place de « peuple ». Car toute notre intelligentsia est passée maitre en compromissions de toutes sortes, au contact d’intérêts extérieurs au pays. Elle manque surtout de se projeter dans une destinée commune, à l’inverse du mongozi, qui avait le culot de dire « non » à l’écrasement, en prenant l’histoire, la grande, à témoin.

Il y a comme qui dirait un malaise. L’élite corrompue, oublieuse de l’intérêt général, incapable de formuler un projet de société complexe, est prête à brader les bijoux de famille, tant qu’elle arrive à s’en sortir, au détriment du grand nombre. Il arrive que ça dégénère, bien sûr. Les plus ingénieux paniquent et quittent le pays, à la manière des rats sur le navire. Ils affirment alors, et contre toute attente, que la situation économique est insoutenable, avouant préférer un destin de migrant fragilisé aux misères faites à ce peuple, leur peuple. Les moins ingénieux, eux, restent sur place, et construisent des villas de carton pâte. Tapant le basmati du grand-mariage, sur des 4x4 rutilantes neuves, ils deviennent pour la plupart consultants, soit pour des ONG au cahier de charge improbable, soit pour des bailleurs de fond sans scrupules. Si vous en connaissez quelques-uns qui n’entrent pas dans ce schéma, nous serions ravis et honorés de les connaître. Vous n’oublierez pas, s’il vous plaît, de nous passer leurs coordonnées. Car tout le monde nous donne l’impression à présent de baisser les bras. Nous, comme les autres. Nous trouvons qu’il est plus facile de pactiser avec l’inacceptable que de vouloir imaginer un projet de société complexe, hors domination, et au travers duquel les Comoriens dans leur ensemble pourraient et voudraient se projeter. Est-ce parce que nous manquons d’adresse au combat, d’audace ou d’intelligence ? La mise sous contrôle permanent du peuple comorien est un fait qui ne se raconte plus sans détails affligeants. Nous, hommes politiques, cadres et intellectuels ne nous amusons plus qu’à détruire toute espérance en ces îles, jusqu’à la bouffonnerie. Cependant, il est une légende qui circule ! Lorsqu’un peuple abdique, il importe que l’acte de décès soit diffusé aux frontières, placardé sur les murs, et n’ayant pas encore vu le nôtre, de publié, nous nous inquiétons sérieusement. Comme si ce peuple, pour lequel nous nous interrogeons ici, se donnerait encore les moyens d’être de ce monde, d’être vivant. Une bonne nouvelle pour une décennie qui s’achève difficilement, nous direz-vous. Mais peut-être que 2010 n’est pas cette année de tous les possibles que vous essayez d’imaginer, en nous souriant. Qui sait ?

Collectif Komornet

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 22:25

 

 

 

Suite des résultats de la soirée. Il est 22 heures 15 (heure de paris) et 00 heures 15 (heure des Comores)

 

A Ngazidja :
Dans le Mbadjini
Ouest, Maître Mzimba serait élu

A Itsandra Nord, c’est Hassan 2 qui aurait battu Naoufal

Dans le Oichili, pas de surprise : le Ministre Djaé serait élu

Dans le Mitsamihouli, l’opposant Bongo Hamdi serait battu

Dans l’autre Mbadjini, l’ancien Ministre Omar Tamou serait battu.


On parle aussi d’une défaite de Mohamed Djanffar, candidat de l’opposition  dans la région de shissiwani à Ndzuwani. Si cette information se confirme, ce serait une des grandes surprises de la soirée.

 

A suivre.

 

                   

Halidi allaoui

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 21:02

ELECTIONS LEGISLATIVES  2009 : SPECIALE SOIREE ELECTORALE

 

 

Nous sommes le dimanche 20 décembre 2009. Il est 20 heures 30 (heure de paris)

 

Le second tour des législatives  s’est déroulé dans le calme..

 

Comme nous vous avons habitués, nous vous communiquerons au fur et à mesure les premiers résultats mais à prendre avec les précautions d’usage en attendant demain pour voir clair.

 

D’ores et déjà, on parle à Moroni de la victoire des deux candidats soutenus par Kiki à savoir Abdoulfatah  Said Mohamed  dans la Circonscription 14 Moroni Nord et Ahmed Moumini Soefou dit Janvier dans la Circonscription 15 Moroni Sud.

 

Maître Fahami Said Ibrahim serait aussi élu à Itsandra Sud. Idem pour le Ministre de l’Intérieur, Bourhane Hamidou dans le Hambou et l’Ancien Ministre des Finances, Mohamed Ali Soilihi alias Mamadou dans le Hamahamet.

 

A Mwali, Parmi les 4 candidats (Bianrifi Tarmidhi, Abdou Djabiri, Boléro et Baguiri) de l’opposition qui étaient en lice, seul Ahamada Madi Boléro aurait échoué.

 

A suivre

 

 

Halidi allaoui

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 02:33

 

Dans quelques heures les électeurs comoriens commenceront à élire leurs députés. Ce dimanche 20 décembre 2009. Il s’agit en fait du deuxième tour des élections législatives.

 

L’on nous parle des députés…. Oui des vrais députés comme ils en existent dans tous les pays civilisés, semble t-il.

 

Mais quand on analyse ce qui s’est passé depuis le 7 décembre dernier – au lendemain du déroulement du premier tour des élections législatives – on se demande si nos vaillants candidats – du moins quelques uns – ne sont pas devenus fous ou si la folie ne les a pas tout simplement attrapés.

 

Citons quelques exemples et vous  jugerez vous-même.

 

« Le bon Dieu a voulu que je sois en vie sinon je ne serais pas là ». Ce sont les propos du Secrétaire Général de la CENI de Mwali rapportés par HZK Presse le 10 décembre 2009. En effet, suite à une erreur de saisie les résultats annoncés par l’ORTC dans une circonscription ont été erronés. Un candidat furieux qui avait peur, à juste titre qu’on lui vole sa deuxième place ne pouvait pas maitriser sa folie. Il n’avait pas hésité à constituer un commando pour partir à la recherche de ce méchant Secrétaire Général qui était sur le point de prendre l’avion pour Moroni.  Fort heureusement, celui-ci  avait appris à courir très vite  et à faire du saut en hauteur depuis sa naissance. Cela lui a bien servi ce jour là. Allez demander à ceux qui se trouvaient à l’aéroport de l’île à l’arrivée du cortège, « une file de voitures arrivant à toute allure avec double clignotant et phares allumés » comment leur cœur battait fort et vite.  

 

« Heureusement, ils ne se sont pas dirigés à la buvette où je me trouvais, et je me suis rapidement taillé un chemin pour prendre la fuite  » a précisé le Secrétaire du CENI.

 

On nous apprend depuis tout petit qu’il faut toujours fuir quand on voit apparaitre un fou. Notre Pauvre Secrétaire  Général ne s’est il pas tout simplement rappelé de cette règle en prenant la fuite tout de suite au lieu d’attendre le candidat pour discuter dans de telles circonstances ?

 

Certains nous diront  que la folie de notre candidat furieux est compréhensive. Car personne n’accepterait qu’on lui pique sa place, dans tous les sens ! Ils ont raison. Des villageois ne deviennent-ils pas fous et ne s’entretuent-ils pas régulièrement pour des problèmes de « places foncières » ? Alors pourquoi ne pas comprendre la folie de notre candidat furieux qui défend juste sa deuxième place ?

 

Effectivement, on peut considérer que la folie de ce candidat est compréhensive ! Passons.

 

Et le cas de cet autre candidat ? Un Homme de droit de surcroit qui se bat régulièrement pour la primauté du droit sur la force et l’arbitraire ! La folie très grave et regrettable de l’agressivité l’a aussi attrapé le 14 décembre dernier au siège de la Cour Constitutionnelle. Hélas !

 

En effet, la Cour Constitutionnelle en publiant les résultats officiels a eu la malencontreuse idée d’annuler certains bureaux  qui lui étaient favorables. Cela lui a fait perdre à peu près 7 points. Du coup, même s’il est resté en tête, il a « pété les plombs ». Son attitude est incompréhensive et impardonnable. Il pourrait même être poursuivi pour « violence, voie de fait, outrage à magistrat et agressions contre les agents de la Cour Constitutionnelle » selon le Directeur de cabinet du Président de la Cour.

 

D’autres cas de folie sont à évoquer même s’ils sont moins graves.

 

C’est le cas par exemple de ces candidats soit disant du même bord qui se tiraillent ouvertement pour un arbre. Franchement, il faut être fou pour le faire. Ils veulent tous s’approprier un baobab. Si au moins, c’était un giroflier ou un bananier, nous allions comprendre. Mais un baobab ? Cela devient quand même inquiétant même si c’est moins grave que les cas précités.

 

Ou encore cet autre cas de folie. Mais juste une folie de grandeur.

 

Parce qu’il a été quelques semaines Président par intérim du pays, il refuse de battre « un bon technicien » ou d’être battu par « un bon technicien » qui n’est qu’un « bouc émissaire ». Ainsi, il  déclare ouvertement qu’au deuxième tour, pour lui son vrai adversaire, c’est le Président de l’Union lui-même et non pas le candidat qui l’a devancé au premier tour. Donc s’il perd, cela veut dire que c’est Sambi qui l’a battu et s’il gagne, c’est Sambi qui a perdu. Et quoi encore ? Quand quelqu’un a du mal à rester à sa place, on déduit chez nous qu’il est fou.

 

Nous suggérons à la Cour Constitutionnelle au cas où ce candidat gagnerait de constater immédiatement la fin du mandat de l’actuel Président de l’Union. Comme cela, il sera inutile d’organiser des élections présidentielles dans les mois à venir.

 

 Enfin, nous finirons par cet autre cas de folie même s’il y en a d'autres.

 

Il s’agit de ce candidat qui dit des choses incongrues. « Qu’il vente, qu’il pleuve, je serai élu ». Comment peut-on avoir le culot de solliciter les voix des électeurs et les sous estimer ? »

Finalement, à quoi sert d’organiser des élections dans la circonscription de ce candidat ?

 

Ah non. Nous finirons plutôt par ce cas de folie gravissime. Nous ne pouvons pas nous en passer.

 

Un candidat – notre candidat furieux – eh oui encore lui - a débarqué à l’improviste le 16 décembre dernier à la direction régionale de la sûreté du territoire de son île. Il a cassé le matériel informatique et photographique et a déchiré des papiers… Il parait qu’il a voulu mettre fin à la délivrance des cartes d’identité biométriques. La façon appropriée pour lui d’éviter la corruption électorale. Mais cette fois ci, quelle que soit la raison, la folie de ce candidat est inexcusable.

 

Les folies de nos candidats étant diversifiées, peut-on les traiter  toutes à Hamramba ? Asile politique ou psychiatrique ? C’est la vraie question. En tout cas ça promet !

Bien évidemment, si nous vous avons choqué, n’hésitez pas à nous traiter aussi de fou. Voire même de fou dangereux. Si vous le souhaitez. C’est votre droit et votre liberté aussi.

 

Halidi Allaoui

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 22:28

nouvel-an-musulman.jpgC’est hier, vendredi 18 décembre 2009, que nous avons débuté le nouvel an

musulman 1431.

A cette occasion,  je présente à toutes les musulmanes et tous les musulmans du

monde ainsi qu’à toutes les personnes respectueuses de toutes les cultures mes

vœux de prospérité, de bonheur et de bonne santé.

Que Dieu exauce tous nos vœux. Amen.

Pour ceux qui l’ignorent, l'an 1 du calendrier musulman est l'année durant laquelle  le
prophète Muhammad (
صلى الله عليه و سلم) et ses adeptes ont quitté la ville de La Mecque pour se rendre à Médine (c’est ce qu’on appelle en Français l’Hégire : « l’exil » ou « la rupture »), c’était en 622, afin d’y établir la première communauté musulmane.

Halidi Allaoui
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Mariama HALIDI HALIDI - dans RELIGIONS
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 14:26

Vous trouverez ci-dessous le discours prononcé le 16 décembre 2009 par le Président Comorien à la Conférence  de Copenhague sur les changements climatiques. Nous avons surligné en jaune quelques passages qui nous paraissent très intéréssants et concernent directement les Comores.

Halidi Allaoui
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Allocution de Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, Président de l’Union des Comores, A l’occasion de la Quinzième Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques - décembre 2009

Copenhague, Danemark, le 16 décembre 2009.


Excellence Monsieur le President,

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Honorables délégués,

Mesdames, Messieurs,


Je voudrais saisir l’heureuse opportunité qui m’est offerte de m’adresser à cette auguste assemblée, pour remercier le Gouvernement et le peuple danois, pour l’accueil très chaleureux qui nous est réservé depuis notre arrivée dans ce beau pays et pour les bonnes dispositions prises en vue de la réussite de cet important Sommet.

L’engagement du Royaume du Danemark au service de la coopération internationale pour le Développement Durable, ainsi que les qualités humaines et le dévouement personnel de ses très hautes autorités, constituent des atouts précieux qui nous réconfortent dans notre espoir de pouvoir parvenir à des conclusions satisfaisantes, au cours de la présente Conférence.


Monsieur le Président ;

Honorable assistance ;


Notre planète est en proie à une dérive climatique d’une gravité exceptionnelle. Ce constat a déjà été fait à Rio de Janeiro, il y a dix sept ans.


Nous devons donc saisir l’opportunité de cette forte mobilisation, qui témoigne d’une volonté commune d’agir en faveur d’une planète viable et plus propre, pour faire les compromis nécessaires en vue de parvenir à une position commune susceptible de sauver notre planète.

En effet, tous nos continents, riches ou pauvres, vivent sous la menace constante des effets néfastes des changements climatiques.


Nos pays souffrent de la détérioration de leurs moyens de subsistance et de la dégradation du capital naturel et d’autres, les Petits Etats Insulaires, sont tout simplement menacés d’être purement et simplement submergés, sous l’effet de l’élévation du niveau de la mer.


Dans le cas de mon pays, l’Union des Comores, la montée du niveau marin, à l’horizon 2025 pourrait entraîner le déplacement d’une grande partie de la population ainsi que la destruction de certaines de nos infrastructures économiques.


Les ras de marée qui se sont produites en 2008 dans les quatre îles, qui composent mon pays, y compris Mayotte qui est toujours sous administration française, ainsi que les pluies diluviennes qui se sont abattues cette année dans certaines localités du pays, sont un témoignage de l’ampleur du phénomène des changements climatiques.


Les prévisions effectuées en 2003 montrent que certaines localités vont pâtir de la remontée du niveau de la mer qui pourrait détruire une partie des édifices et entraîner le déplacement de 10 à 75% des habitants de certains villages et jusqu’à 100% pour certains d’entre eux.

Les mêmes prévisions indiquent que les disponibilités en eau par habitant seront réduites du fait de l’assèchement de 63 rivières sur les 75 recensées en 1960 dans l’ensemble des îles.

Par ailleurs, on a observé depuis ces trente dernières années, une augmentation de la température moyenne annuelle de 1° Celsius, qui a entraîné un accroissement de la fréquence des cyclones depuis 1987.

Les impacts de cette augmentation se ressentent déjà sur le développement socio-économique avec l’amplification et l’expansion du paludisme et d’autres maladies à transmissions vectorielles.


En outre, si les températures océaniques devaient, elles aussi, s’élever de 1.5° Celsius par rapport à la normale, comme en 1997, il y aurait des impacts potentiellement dramatiques sur la sécurité alimentaire et le tourisme qui représente un des secteurs de croissance économique du pays.


Ainsi, l’Union des Comores, pays africain et Petit Etat Insulaire en Développement compte parmi ces nations qui subissent déjà de plein fouet, les effets néfastes des changements climatiques et qui en paient le plus lourd tribut.


Or, ce qui est injuste c’est que les conclusions issues de la communication nationale initiale sur les changements climatiques laissent apparaître que les Comores font partie des pays pour lesquels les émissions de gaz à effet de serre sont insignifiantes alors que les absorptions par les puits sont très élevées.


Mon pays regorge d’immenses potentialités en ressources hydroélectrique, solaire, éolienne et géothermique. Un soutien financier et technologique pour leur mise en valeur est indispensable pour lui permettre de participer à l’effort global d’atténuation et à améliorer le bien-être économique et social de la population.


Excellences ;

Mesdames et Messieurs ;


Nous sommes réunis ici pour répondre à des questions cruciales : Comment sauver la planète ? Qui est responsable des dégâts causés ? Qui doit en payer le prix ? Comment créer un nouvel élan de solidarité entre les pays riches et les pays pauvres ?

Une chose est certaine, nous sommes tous dans le même bateau, ou bien nous nous engageons à faire prévaloir l’intérêt général et nous sauvons ainsi l’humanité toute entière, ou nous persistons à faire prévaloir les intérêts nationaux et le bateau coulera, emportant tout avec lui.


Nous devons parvenir à un Accord historique et juridiquement contraignant, juste, intégral et effectif en vertu du paragraphe 9 de l’article 3 du Protocole de Kyoto élargissant les engagements de réduction des gaz à effet de serre des pays développes à partir de 2013, conformément aux préceptes de la science.

Ces nouveaux engagements doivent permettre de maintenir l’augmentation de la température au dessous de 1,5 degré Celsius par des réductions d’au moins 45% en 2020 et d’au moins 80 à 95% en 2050 par rapport au niveau de 1990.


Dans ce contexte, le renforcement des capacités humaines et institutionnelles de l’Afrique, notamment à travers la création et le soutien de centres régionaux d’excellence, sur les changements climatiques constitue, un moye indispensable pour lui permettre de se préparer à court et à long terme, à des chocs complexes, hors de portée.


Excellences ; Mesdames et Messieurs ;


Les conclusions de Copenhague ne doivent, en aucun cas, se substituer au Protocole de Kyoto, qui doit demeurer la base juridique de réduction des émissions au-delà de 2012.

Il nous faut également un accord légalement contraignant au titre du plan d’action de Bali pour une mise en œuvre durable et efficace de la Convention à travers des actions de coopération à long terme.


Nous devrons, donc, nous assurer de l’engagement des pays industrialisés à assumer, du fait de leurs responsabilités historiques, le plus gros des efforts nécessaires, conformément au principe de la responsabilité commune, mais différenciée des Etats.

A cet égard, un engagement financier conséquent de la part des pays nantis est requis et devrait être piloté par de nouveaux arrangements institutionnels plus transparents, plus flexibles et participatifs.


D’autre part, nous ne saurons réussir notre pari commun sans un Accord sur le développement, le transfert et l’accessibilité de technologies propres et adaptées pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation.

Bien évidemment, nous sommes conscients des gros moyens financiers que les pays riches investissent en faveur des recherches technologiques, et par conséquent, de leur souci de vouloir préserver la confidentialité des résultats de leurs découvertes.

Toutefois, la gravité de la situation est telle qu’elle nécessite des sacrifices. En effet, si ces technologies ne sont pas vulgarisées, si elles ne sont pas mises à la disposition du développement durable, comme le sont les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, notre combat pour une planète propre et sans danger risque d’être inutile.

Seules ces technologies et notamment celles liées au développement des énergies nouvelles et renouvelables permettront à nos pays d’aller de l’avant et d’éviter de répéter les erreurs du passé qui sont responsables de la situation dramatique actuelle.


Je voudrais, pour terminer, Excellences, Mesdames et Messieurs, dire le plein espoir que nous nourrissons de voir cette Conférence sur les changements climatiques, aboutir à un succès historique, pour que vivent le multilatéralisme et la solidarité internationale.


Je vous remercie.

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 23:57

Suite à notre billet du 15 décembre 2009, vous trouverez ci-après la liste des personnes déclarées officiellement élues Conseillers des îles par la Cour Constitutionnelle.

 

A la lecture de cette liste, nous déduisons qu’à Mwali et à Ndzuwani, la situation est claire : Dans la première île, c’est l’opposition qui est largement majoritaire avec sept élus pour elle et deux  élus pour la mouvance présidentielle. Dans la deuxième île, c’est l’inverse qui s’est produite : l’opposition n’a qu’un seul élu.

 

Quant à Ngazidja, la situation nous parait toujours confuse en dépit de ces résultats officiels. En effet, certains observateurs de la vie politique des Comores estiment que la mouvance présidentielle et ses alliés seraient majoritaires avec douze élus sur vingt quatre. Mais pour d’autres, l’opposition aurait obtenus onze élus et il conviendra d’attendre les prochains résultats des deux circonscriptions de Bambao ya bwani 1  et 2 pour voir clair. Pour rappel, la cour Constitutionnelle a décidé d’annuler les résultats des ces circonscriptions et de Gnoumakele 4 pour « irrégularités ». En réalité la confusion est due au fait qu’on a du mal à classer « les candidats indépendants » tantôt candidats sambistes tantôt candidats de l’opposition.

 

A notre avis, faisons attention aux conclusions hâtives et restons très prudents. On commencera peut être à voir clair dans les jours à venir quand les conseillers de cette île seront amenés à élire le Président de l’institution et à désigner les trois députés de l’union comme le veut la législation en vigueur. Et encore ! Car, compte tenu des résultats très serrés à Ngazidja et du manque de conviction forte et de fidélité de beaucoup de nos politiciens et politiques, nous craignons une gestion difficile et un fonctionnement instable du Conseil de l’île. Qui vivra verra.

 

 

Elections des conseillers des îles : Résultats officiels de la Cour Constitutionnelle

 

NGAZIDJA

 

Circonscription  /  Conseiller

 

Moroni Nord            Anttoy Ibrahim (37,46%)

Moroni Sud              Hassane Massoundi (49,18%)

Bambao Yadjou       Ahmed Chekh Mohamed (34,06%)

Hambou                    Innoussa Hamidou (48,72%)

Nguwengwe             Antoisse Mohamed Ibrahim (28,21%)

Itsahidi                     Anzume Mistoihi (30,61%)

Pimba                       Youssouf Mzé Mroivili (49,12%)

Domba                      Abdourahamane Sinani (34,82%)

Dimani                      Hassani Hamadi (37,74%)

Oichili                       Idi Bacar Ali (37%)

Hamahamet I            Salim Ibrahim (32,45%)

Hamahamet II           Soudjai Yassini (31,56%)

Mboinkou                 Mohamed Said Mfoihaya (36,43%)

Mitsamiouli Yamboini       Chamsouddine Soulé ( 39,63%)

Mitsamiouli Nioumakomo     Ahamad Moindzé ( 34,55%)

Mitsamiouli Sembenoi          Mohamed Farouk Mhadjou (26,17%)

Mboudé                            Ahamada Mbaé Abdou (23,39%)

Itsandra I                          Imamou Mohamed (35,56%)

Itsandra II                         Younoussa Mohamed Boina (32,04%)

Itsandra III                        Youssouf Mohamed (24,77%)

Itsandra IV                                  Said Ali Charifou Said Abdallah (32,94%)

 

NDZUWANI

 

Circonscription / Conseiller

Mustamudu Ville   Bacar Said ( 63.45%)

Mutsamudu 1         Moustakim Ahmed Mahamoud (61.64%)

Mirontsy                 Ibrahim Allaoui (58.34%)

Bandrani                 Djounaiddine Sounhadji Malide (45.35%)

Ouani 1                   Ibrahim Malide (100%)

Col de Pasty           Abdallah Oili (55.68%)

Cuvette                   Abdou Souf ( 58.04%)

Domoni 1                Salim Anrichiddine (53.22%)

Domoni 2                 Nailane Mahamoud Attoumane ( 42.19%)

Domoni 3                  Insoimiddine Ahamad (56.09%)

Nioumakele 2            Fardou Machamba (40.55%)

Nioumakele 3            Mahamoud Salim(50.39%)

Sima                           Latuf Abdou Houmadi (52.72%)

Sima 2                        Abidhar Abdallah (49.99%)

Sima 3                         Houmadi Abdou (31.22%)

Sima 4                         Antoy Abdou (31,96%)

 

MWALI

 

Circonscription / Conseiller

Dewa 1                  Mohamed Haidar (37.72%)

Dewa 2                  Ali Said Chanfi ( 39.41%)

Fomboni                Fatima Madi ( 34.43%)

Moimbassa            Ahmed Saendi ( 42.02%)

Moimbao               Moussa Mahoma (39.67%)

Mledjele 1             Mhoudini Boura (37.39%)

Medjele 2               Azihar Bacar (57.08%)

Djando1                 Said Ibrahim Mlatamou (49.17%)

Djando 2                Ansoufi Abdou Fazul (33.10%)


Halidi Allaoui

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 21:37
Vous trouverez ci-dessous un Communiqué de la Communauté Mohélienne d'Europe pour Mohéli 2010 suite à une réunion  qui a eu lieu à Paris le 14 décembre 2009
 reçu ce jour.

Bonne lecture.

Halidi Allaoui
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COMMUNIQUÉ DE LA COMMUNAUTÉ MOHÉLIENNE D’EUROPE
POUR MOHELI 2010


Depuis leur accession à l’indépendance, en 1975, les Comores (archipel de quatre
îles: Anjouan, Mohéli, Ngazidja et « Mayotte ») sont en proie à une instabilité politique et
institutionnelle chronique.

De coups d’état et tentatives de coups d’état permanents aux modifications
constitutionnelles systématiques à chaque arrivée d’un nouveau pouvoir ou même au cours
d’un mandat, le peuple comorien a fini par se révolter.

En août 1997, consécutivement à l’adoption d’une nouvelle constitution par le
régime, déjà en place, des revendications séparatistes, sur les îles de Mohéli et d’Anjouan,
apparurent pour la première fois. Un seul mot d’ordre: indépendance pour la première et
rattachement à la France pour la deuxième.

La crise, ainsi née, ne trouvera de dénouement qu’en 2001 et ce, au prix d’un conflit qui a
coûté la vie de centaines de personnes et surtout après de très longues et difficiles
négociations entre le gouvernement, l’opposition et les représentants des îles séparatistes,
sous l’égide de l’Union Africaine (UA) et de l’Organisation Internationale de la
Francophonie (OIF) appuyées de l’Union Européenne (UE), de la Ligue des Etats Arabes
(LEA) et de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Ces négociations ont abouti à la signature, en août 2000 et en février 2001, d’Accord-cadre
de réconciliation nationale (ou Accords de Fomboni).

Toutes les parties comoriennes signataires se sont engagées à respecter les principes
fondateurs du Nouvel Etat Comorien tels que: « le principe d’une présidence tournante de
l’Union » ainsi que « le partage du pouvoir entre l’Ensemble et les Îles afin de permettre à
ces entités de concrétiser leurs aspirations légitimes pour administrer et gérer librement
leurs propres affaires ».

La communauté internationale, l’UA et l’OIF notamment, s’est engagée, par sa signature,
à garantir ces accords et leur pleine application.
La Constitution du 23 décembre 2001 a, plus ou moins, pris en compte les
recommandations faites par les Accords de Fomboni.

C’est ainsi qu’en application de l’article 13 de cette constitution que:
en avril 2002 un Président originaire de Ngazidja a été élu,
en mai 2006 est élu un Président originaire d’Anjouan et
en mai 2010 c’est de l’île de Mohéli que le Président doit être originaire.

Faisant fi des efforts des comoriens pour aboutir à ce consensus institutionnel, le
président actuel, Ahmed Sambi et ses acolytes ont entamé un processus visant à modifier
unilatéralement la mouture institutionnelle qui avait été acceptée par tous tant elle
répondait, plus ou moins, aux aspirations des comoriens, à savoir une large autonomie des
îles, un partage équitable du pouvoir et surtout une présidence tournante.

La nouvelle constitution, qui a été adoptée le 17 mai 2009, par un référendum
légitimement boycotté par une très grande majorité de comoriens, remet en cause tous les
acquis obtenus avec les Accords de Fomboni. Désormais, plus aucune autonomie pour les
îles (entités de l’Union). Les chefs des exécutifs des îles, élus en 2002 et qui ont prêté
serment devant la Cour constitutionnelle en tant président d’île deviennent maintenant des
gouverneurs dépourvus de toutes leurs prérogatives constitutionnelles. Il n’y a plus de
sécurité juridique. Plus grave encore le Président Ahmed Sambi compte, en vertu de « sa »
nouvelle constitution, rester au pouvoir au-delà du terme de son mandat, qui court
jusqu’au 26 mai 2010.

Ce processus est très dangereux car il menace la réconciliation nationale et l’unité
des Comores et risque de replonger le pays dans une nouvelle crise encore plus grave et
dont les conséquences restent imprévisibles.

Nous, mohéliens vivant en Europe, réunis en assemblée extraordinaire à Paris, le 14
décembre 2009, demandons l’application totale et sans condition, aucune, de la loi
organique N°05-009/AU du 4 juin 2005, relative aux conditions d’éligibilité du Président
de l’Union, conformément à l’article 13 de la constitution du 23 décembre 2001.
Nous exigeons du gouvernement de l’Union des Comores qu’il mette tout en oeuvre
afin d’organiser les élections primaires à Mohéli puis les présidentielles au niveau national
avant la fin du mandat du président actuel, le 26 mai 2010.

Nous en appelons à la communauté internationale, en particulier à l’Organisation
Internationale de la Francophonie, l’Union Africaine et l’Union Européenne, en leur
qualité de partie garante des Accords de Fomboni et de leur pleine application, à honorer
leur engagement (Pacta sunt servanda) et stopper net, pendant qu’il est encore temps, le
président Ahmed Sambi dans son processus de destruction des Comores.
Communauté mohélienne d’Europe

- copie à son excellence Abdou Diouf (Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie)
- copie à son excellence Nicolas Sarkozy (Président de la République française)
- copie à son excellence José Emmanuel Baroso (Président de la Commission européenne)
- copie à son excellence Ahmed Sambi (Président de l’Union des Comores)
- copie à Monsieur Mahamat Saleh Annadif (représentant de l’Union africaine auprès de l’Union européenne - Bruxelles)
- copie à tous les médias présents en Europe
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Mariama HALIDI HALIDI - dans COMMUNIQUES
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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 22:59

Lu pour vous : Al watwan n°1463 du mardi 15 décembre 2009

Conformément à l’article 5 de cet arrêt, la haute juridiction a annulé les circonscriptions de Nioumakele 01 et 04 à Anjouan, Bambao Yamboini 01 et 02 à Ngazidja “pour irrégularités”. La haute juridiction, juge du contentieux électoral, affirme que les votes de ces circonscriptions annulées seront  réorganisés
prochainement.


La haute instance juridique de l’Union a proclamé officiellement, hier lundi 14 décembre, les résultats
définitifs des élections des conseillers des îles qui se sont tenues le 6 décembre dernier, conformément

à l’article 41 de la loi électorale de 2005 révisée en janvier 2007, soit un jour après la proclamation des

députés de l’Union. Dans son arrêt d’hier, la Cour constitutionnelle déclare 47 candidats admis dès le premier tour sur les 51sièges des conseillers des îles convoités par tous les prétendants puisqu’il n’y aura pas un second tour.

Conformément à l’article 5 de cet arrêt, la haute juridiction annule les circonscriptions de Nioumakélé 01 et

04 à Anjouan pour irrégularités.

Selon l’article 7 toujours du même arrêt de la cour constitutionnelle, les circonscriptions de Bambao Yamboini 01 et 02 à Ngazidja sont aussi annulées pour les mêmes raisons.

 

La haute juridiction, juge du contentieux électoral, affirme que les votes de ces circonscriptions annulées seront réorganisés prochainement. Par conséquent, quatre candidats doivent attendre la décision et la date éventuelle à laquelle, ce scrutin sera programmé afin de compléter les 51 sièges des conseillers.

 

Il faut aussi savoir que la Cour constitutionnelle a indiqué qu’elle a reçu plusieurs recours concernant le scrutin

des conseillers des îles. Mais, pour des raisons professionnelles, nous allons revenir sur la suite des requêtes

déposées dans nos prochaines éditions d’information..

 

Ahmed Hassani

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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