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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 20:09
Vous trouverez ci-dessous un article très intéréssant de Mohamed Chaher Said Massonde sur l'actualité institutionnelle des Comores. Il est toujours agréable de lire des articles argumentés. Nous espérons vivement que les réactions des uns et des autres se fonderont aussi sur des arguments solides. A noter que c'est nous qui avons surligné certains passages qui nous conviennent parfaitement.
Bonne lecture.

Halidi allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)


RECONCILIONS LES COMORIENS AVEC L’INTEGRITE ET L’UNITE DE LEUR PAYS

Par Mohamed Chaher Saïd Massonde, ancien Ministre.
Février 2010


Dans quelques jours, le Congrès devra fixer le calendrier des prochains scrutins du président de l’Union et des Gouverneurs des îles. En approuvant par référendum la reforme constitutionnelle qui leur a été soumise à ce sujet notamment, les électeurs ont avalisé à la fois le principe de l’harmonisation proposé par le chef de l’Etat de même que la procédure qui attribue au Congrès, instance prévue à cet effet par la Constitution, la prérogative de déterminer les modalités de cette réforme. La perspective de la convocation de ce Congrès a cependant déclenché une polémique qui mérite que l’on s’y attarde en raison des motivations qui animent les responsables de cette fronde. Qu’une partie de la classe politique comorienne suspecte le président de l’Union de vouloir profiter de la mise en place de cette réforme pour se maintenir au pouvoir à quelques mois de la fin de mandat qui s’achève en mai 2010, est de bonne guerre. Mais ces acteurs politiques ne font pas preuve de mâturié politique lorsque, pour cette unique raison, ils brandissent la menace de bloquer un processus qui s’inscrit dans le droit fil de l’esprit de la réconciliation en œuvre depuis le déclenchement de la crise séparatiste. Ce processus doit plutôt être placé au-delà des clivages partisans.

C’est pour cette noble raison que j’ai choisi de briser le silence et d’interpeller les hommes et les femmes qui ont le souci d’éviter aux Comores le spectre d’une nouvelle instabilité, à refuser l’instrumentalisation de ce débat autant par ceux dont la seule ambition est de (re)conquérir le pouvoir que par ceux qui ne pensent qu’à s’y maintenir. Faut-il démontrer qu’après la neutralisation du séparatisme, l’instauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire de l’Union, l’harmonisation des élections dont le nombre et le rythme imposés par les circonstances de l’époque participent à affaiblir le fonctionnement de l’Etat et à asphyxier son économie, constitue la troisième étape d’un processus dont la finalité demeure la reconstruction nationale qui doit être effective à la fin de la tournante mohélienne ?

Au vu de ces considérations, a-t-on le droit de manquer une telle opportunité au nom de calculs politiciens ou d’intérêts personnels ? N’est-ce pas le moment de renforcer nos institutions, d’inscrire notre Constitution sur le marbre des enseignements tirés de l’histoire et de la pratique, pour que la prochaine tournante, la dernière de la série ( à moins que Mayotte accepte de prendre le relais) , permette aux Comoriens de jeter les bases réelles de l’intégrité et de l’unité de leur pays, d’asseoir les fondements d’une vraie démocratie, celle qui ne s’arrête pas aux frontières insulaires, mais qui donne naissance à des citoyens au service de leur Nation et capables de choisir les meilleurs d’entre eux pour leur confier le destin collectif.

Si c’est vraiment cela qui anime les acteurs politiques de notre pays, et c’est ce qui anime ma prise de position, décortiquons ensemble ce que dit la Constitution sur la fin des mandats des chefs des Exécutifs de l’Union et des îles. Elle stipule en son article 21: « A titre transitoire et en vue de l’harmonisation des élections des chefs des exécutifs des îles et de l’Union, les députés et les conseillers des îles réunis en congrès déterminent à la majorité absolue, la date des élections du président de l’Union et des Gouverneurs. »
Rappelons, en passant, que
l’article 23 de la même Constitution précise que « la présente loi entre en vigueur dès sa promulgation par le président de l’Union, dans les 7 jours suivant la proclamation des résultats du référendum par la Cour Constitutionnelle. »
Que comprendre dans ces énoncés ? Rien de plus clair sinon :
● Qu’il est souhaitable, économiquement et pour laisser le temps aux élus de gouverner, d’élire aux mêmes jours et le président de l’Union et les gouverneurs des îles, comme on vota et votera les députés et les conseillers. Au regard des résultats de la réforme constitutionnelle qui a porté sur ce sujet, la majorité des Comoriens s’est dite favorable à ce principe pour les raisons avancées !
● Qu’il revient au Congrès la prérogative de fixer les dates de ces élections, vu que les échéances des mandats des chefs actuels de ces Exécutifs arrivent à terme à des dates différentes (entre 2010 et 2013). L’harmonisation de ces élections n’est possible que par cette voie, puisque la Constitution n’a pas elle-même fixé cette « disposition transitoire ».

En conséquence, seuls sont conformes à la Constitution, l’acte qui convoque le Congrès et la décision que prendra celui-ci fixant les dates des élections. Que ceux qui prétendent le contraire, démontrent comment ils comptent procéder puisqu’ils affirment être eux aussi d’accord avec la nécessaire harmonisation des élections.

Une récente contribution d’un spécialiste du droit publiée dans les blogs, a nourri le débat d’une réflexion intéressante qui démontre que le report de l’élection du président de l’Union au-delà du terme de quatre ans ne serait pas conforme au texte de la Constitution. Selon cet expert, le respect de la Constitution suppose donc qu’on ramène plutôt la fin des mandats des gouverneurs au terme de celui du président de l’Union au nom de la règle qui stipule que « ce sont toujours les autorités inférieures qui se conforment aux autorités qui leur sont supérieures » et non l’inverse.

Voilà qui tomba bien pour alimenter d’un discours juridique les entêtés qui ne juraient que par leurs menaces de tout faire sauter si l’actuel chef de l’Etat dépassait d’une seconde le terme fixé. Mais quel homme politique, quel groupe de pression a eu le courage, au nom de cette même logique constitutionnelle, de demander, haut et fort, la fin des mandats des gouverneurs en 2010 ? Aucun, à notre connaissance !
Pour les raisons que j’ai avancées plus haut, je lance cet appel à la responsabilité et au nom de l’intérêt suprême, même si cette hypothèse paraît objectivement difficile à réaliser à quatre mois du terme du mandat présidentiel. A défaut, pourquoi alors ne pas saisir le Congrès de ce débat, pour exiger un calendrier raisonnable et acceptable par toutes les parties ?

Quant à la tournante, le président de l’Union n’a pas à ma connaissance, mis en cause le principe, bien que la décision que prendra le Congrès laisse la possibilité d’une prolongation de son mandat. L’argumentaire de l’expert en droit est contestable, qui accorde la primauté à la « règle fondamentale de la tournante issue d’un consensus national ». Rien ne peut en effet primer en démocratie, l’expression du peuple qui est souverain surtout quand il s’est prononcé directement par référendum.
Ayons le courage aujourd’hui de reconnaitre que l’Accord de Fomboni porte les germes du démantèlement de la Nation comorienne, en privilégiant les parties au tout, si bien que l’architecture inspirée (mais jamais mentionnée) par cet Accord s’avère dès lors non démocratique et dangereuse.

Non démocratique parce qu’elle empêche le peuple de choisir parmi tous les citoyens, le plus apte à conduire sa destinée à un moment donné. En démocratie en effet, on n’affecte pas un poste électif : on élit, on choisit, librement.
Dangereuse, parce qu’elle risque d’envoyer au deuxième tour, voire à la magistrature suprême du pays quelqu’un qui n’est pas forcément le meilleur dans le pays, mais simplement celui qui, par défaut comme en informatique, est le moins impopulaire, au mieux, le moins mauvais des 3 mauvais.

Dans un pays où la tradition électoraliste est de choisir sur des considérations familiales, claniques ou régionales, (mwana wahatru), le système de la Tournante ne fait que favoriser ce sectarisme. L’élection de 2006 l’a bien montré à Anjouan où chaque région a élu massivement « son enfant » et l’a propulsé au 2e tour, lorsque la Région a eu l’intelligence de réduire en son sein le nombre de candidats. Ce régionalisme exacerbé n’est pas ce dont a besoin notre pays, alors même que le combat pour l’intégrité de son territoire et l’unité de son peuple est loin d’être achevé.

En 1978, nous avons doté notre jeune Etat d’une Constitution plusieurs fois révisée par Congrès ou par voie référendaire. Jusqu’en 1989, j’ai eu personnellement, le privilège et la chance de prendre part à ces différents travaux d’élaboration et de modification. A chaque fois, l’esprit qui anima les acteurs politiques fut la sauvegarde de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale, mais aussi de l’autonomie des îles et de l’équilibre dans la répartition des pouvoirs. Ce dernier point ne figura jamais expressément sur les textes fondamentaux, mais son respect fut permanent dans l’esprit des décisions. Le résultat fut que, malgré les tentations, les velléités sécessionnistes ne trouvèrent jamais de soutien auprès des « populations » de nos 3 îles « libérées ». Ce fut là, la victoire de la philosophie UDZIMA.
Rendu nécessaire par les circonstances des négociations de l’époque, le principe de la Tournante tel qu’il est en oeuvre, ne renforce pas la Nation. La Tournante n’a pas non plus amélioré le quotidien des Comoriens, ni instauré la bonne gouvernance.
Il faut cependant aller jusqu’à son terme au nom du consensus et permettre à Mohéli de jouer sa partition. Nul n’a le droit de priver cette île de cette prérogative. Mais il ne faudrait pas non plus laisser la voie libre à ceux qui, au nom de la défense de cette tournante mohélienne, n’ont que l’unique dessein de reconquérir le pouvoir par tous les moyens et quel que soit l’état du pays.

Pour l’équité et la stabilité, la présidence mohélienne doit donc succéder à celle d’Anjouan et de la Grande Comore. Mais cette expérience n’attestera sa validité que si elle permet effectivement d’éteindre les torches du séparatisme et du chauvinisme, de renforcer l’unité des Comoriens et l’intégrité du pays et d’enraciner les vraies valeurs citoyennes et démocratiques.

C’est pourquoi, j’en appelle à la responsabilité de tous pour créer les conditions de la reconstruction nationale. Cela passe par l’élimination des obstacles à l’harmonisation des élections en conformité avec la Constitution, par la capacité des élus du peuple à assumer leur mission, par le bannissement des pratiques politiciennes qui ne font que réveiller les vieux démons du séparatisme et des coups d’état et qui mettent en péril le processus de renforcement des Institutions, divisent le pays et soumettent le peuple aux pires souffrances.

Pour l’avoir déjà dit en 2001 lors de la campagne pour le référendum constitutionnel, je maintiens aujourd’hui encore que nous avons suffisamment d’expérience pour tirer le meilleur et mettre fin à une architecture institutionnelle circonstancielle qui ne garantit pas l’Intégrité et l’Unité de notre pays, sans être pour autant, un gage de démocratie.
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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 22:29

 Cliquez sur l'affiche pour l'agrandirflyer Coralie 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANNONCES
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:22

Vous trouverez, chers visiteurs du blog, un point de vue intéréssant de Maître Fahmi Said Ibrahim sur la question de l'harmonisation des mandats aux Comores. Contrairement à d'autres personnes, il a le mérite de faire recours à un raisonnement juridique dans son opinion. Chose agréable !

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)  

Source :
Al-watwan N° 1506 du 17 février 2010

 

COMORES : DE L’HARMONISATION DES MANDATS

Opinion

Fahami-Said-Ibrahim2.jpgLe débat sur l’harmonisation des mandats des gouverneurs des Îles et celui du président de l’Union fait autant couler beaucoup d’encre qu’il laisse prospérer l’imposture. A la veille de la convocation du Congrès, auquel la loi référendaire du 17 mai 2009 donne compétence pour trancher la question, une certaine opposition mène campagne tambour battant, entre cymbales et sous-fifres – autant dire beaucoup de bruit pour étouffer les casseroles qu’elle traîne - , pour exploiter la crédulité des dupes.

De quoi cette campagne est-elle le nom? De la tentative de faire accroire que la réconciliation nationale est en train de voler en éclats parce que la tournante est bafouée ! Que la démocratie elle-même est en danger parce que le président Ahmed Abdallah Sambi a l’intention de s’éterniser au pouvoir !

Après avoir transformé blogs et autres sites de désinformation en déversoir d’insultes calomnieuses d’une violence inouïe – il y a chez certains comme un bonheur à être dépouillé de la pénible tâche de penser -, ces porte-parole autoproclamés de la cause du peuple ont battu pêle-mêle le rappel des grands principes : à leurs yeux, le Congrès n’est pas habilité à voter la loi constitutionnelle d’harmonisation des élections parce que d’une part, si d’aventure celle-ci impliquait une prorogation ne serait-ce que de quelques jours du mandat du président de l’Union, il reviendrait à porter atteinte au principe de non rétroactivité des lois ; et que, d’autre part, de toutes les façons les accords de réconciliation nationale dits de Fomboni du 17 février 2001 lui interdisent d’y toucher parce que, si tel était le cas, ce serait porter atteinte à la tournante !


A propos d’atteinte au principe de non rétroactivité


Vous avez dit atteinte au principe de non rétroactivité des lois? Relevons simplement que ce principe n’est invoqué qu’en ce qui concerne le mandat du président de l’Union, mais que ces scrupules à géométrie variable, faut-il le souligner, sont noyés dans un silence de plomb lorsqu’on évoque les mandats des gouverneurs !

Mais minute papillon, voyons ça de plus près. Ecartons d’emblée insultes et calomnies, pour ma part je ne peux m’abaisser à les répondre, c’est déjà une première différence, et tentons de dissiper le brouillard de l’indistinct. Le principe de non rétroactivité constitue certes un principe fondamental de droit commun, réglant la question du conflit de lois dans le temps et assurant la sécurité juridique ; il souffre cependant d’exceptions : en matière pénale par exemple, l’exception est la règle lorsqu’une loi plus douce vient à entrer en vigueur ; c’est la rétroactivité in mitius.


Plus généralement, la doctrine s’accorde à dire que le législateur peut adopter des lois rétroactives à condition que l’intérêt général le justifie. Il en est ainsi en matière de lois de validation ou de lois interprétatives. Reste que la controverse a trait non pas à une loi ordinaire mais à une loi constitutionnelle dont l’objet se trouve être l’harmonisation des mandats des principaux organes exécutifs, de telle sorte que le pays se relève du bourbier actuel que représentent ces perpétuelles et coûteuses élections !


Mais d’où vient que ces belles âmes en arrivent jusqu’à contester la légitimité du peuple souverain dans sa volonté exprimée d’améliorer le fonctionnement régulier de nos institutions?

Nous touchons là à la question fondamentale de la souveraineté. Outre que l’article 3 de la Constitution dispose : La souveraineté appartient au peuple qui l’exerce, dans chaque île et dans l’ensemble de l’Union, par ses représentants élus ou par la voie du référendum. Aucun groupement ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.


Une question fondamentale : la souveraineté


Cette règle sans équivoque affirme de manière explicite que la souveraineté nationale appartient au peuple. Aussi dans l’exercice de cette prérogative, le peuple souverain a chargé expressément ses élus réunis en congrès de traiter le problème de la disparité des mandats lors du référendum du 17mai 2009 ! N’en déplaise à ceux qui veulent s’en attribuer abusivement et malicieusement l’exercice. Il se présente, certes, une difficulté évidente dans le choix du calendrier à arrêter : à quelle date faudra-t-il en effet regrouper ces élections générales?


La solution viendra sans doute de la mise en pratique de la théorie de l’interprétation réaliste du droit. Elle considère en effet que face à des contraintes juridiques qui se présentent concomitamment, exemple d’un principe général du droit dont la mise en pratique risque de compromettre un autre principe d’égale importance - songez que dans notre cas les mandats des gouverneurs eux-mêmes ne prennent pas fin la même année -, le choix d’une décision mette en balance plusieurs éléments, l’intérêt général ou le coût financier par exemple, de sorte que l’on puisse raisonnablement anticiper sur le bilan et en prenant garde que les conséquences ne soient pas disproportionnées à l’objectif poursuivi. En réalité, cette réflexion là n’intéresse pas messires les censeurs. Ils feignent même d’oublier que le principe de l’effet utile qui en découle a été récemment appliqué à certains actes maintenus à juste titre malgré qu’ils aient été pris sur le fondement d’une ordonnance par la suite partiellement censurée par la Cour constitutionnelle !


Apporter des clarifications dans ce qui était alors la jungle


Mais comment le serait-il autrement quand on sait qu’ils ont déserté le terrain des propositions lors du débat sur la réforme constitutionnelle, réforme qui, faut-il le rappeler, a eu au moins le mérite d’apporter des clarifications dans ce qui était alors la jungle des compétences partagées, et que ces soi-disant non démagogues, après n’avoir pas eu non plus le courage de solliciter le suffrage du peuple lors des dernières législatives, donc acquérir une légitimité certaine, labourent aujourd’hui le champ qu’ils maîtrisent le mieux, c’est-à-dire la démagogie ? On ne s’en laissera d’autant moins conter que nous autres, autre différence, sommes très à l’aise sur ces sujets : souvenez-vous en, nous avons été un certain nombre, vous les compterez sur les doigts d’une seule main, à avoir combattu le projet de Constitution soumis à référendum le 23 décembre 2001. Il nous avait semblé à l’époque que tel quel, non seulement ce projet était d’une risible ou pathétique complexité – c’est selon -, mais qu’il portait déjà en lui les germes des discordes futures ; et, plus grave, en diluant par trop l’unité nationale dans une espèce de machin à satisfaire les ambitions médiocres des uns et des autres sous couvert d’autonomie des îles, le remède proposé s’avérerait pire que le mal. Que disait à l’époque une certaine opposition? Que peu importait le texte proposé par Assoumani Azali, l’essentiel n’était pas là et que nous autres n’y entendions strictement rien ! L’essentiel était donc ailleurs. L’essentiel était de faire déguerpir au premier tocsin le colonel putschiste Azali grâce à la nouvelle et implacable mécanique que ce texte allait instituer, et qu’on verrait la suite après ! La suite, on la connaît. Les intérêts supérieurs de la nation ont été sacrifiés sur l’autel des petits calculs partisans.


A propos d’accord de Fomboni


Aujourd’hui, c’est la même personnalisation du débat et la même combinazzione qui sont à l’œuvre, sauf que dans ces nouvelles noces entre carpe et lapin, ambitions claudicantes cherchant à s’appuyer sur le bras (déjà armé?) du coup d’Etat permanent, ce sont les accords de Fomboni qu’on utilise comme d’un faux nez, leur donnant une place dans notre hiérarchie des normes - le sommet de la pyramide disent-ils - qu’ils n’ont pas, et occultant le fait que même s’ils ont eu la vertu d’initier une dynamique de réconciliation, c’est bien la détermination du président Ahmed Abdallah Sambi et l’intervention militaire qui rendirent effective la présence de l’Etat à Anjouan.

 
Mais à propos de l’accord de Fomboni, quelle place occupe t-il au juste dans la hiérarchie des normes ? Est-il inférieur ou supérieur à la constitution ? Il eut peut être fallu le qualifier de traité de Fomboni si à leurs yeux l’accord de Fomboni prime sur la constitution de l’Union adoptée par le peuple.


La tournante serait-elle donc en danger ? Soyons sérieux ! Qui peut réellement croire que le Congrès a un quelconque intérêt à toucher au cycle des primaires ouvert par les élections présidentielles de 2002 avant que l’île de Mohéli ne le ferme ? La mission assignée par le peuple au Congrès est claire : concilier cette tournante avec la nécessaire harmonisation des mandats des uns et des autres.


Le paradoxe de cette histoire est que ce soit l’île à laquelle échoient les prochaines primaires et dont la mandature bénéficiera à la fois de la dernière loi référendaire et de l’apaisement des rapports entre les différents exécutifs, qui fasse l’objet de toute cette mystification politicienne.


L’autre paradoxe est que ceux qui par le passé ont eu à faire les frais de cette même politique du pire n’ont pas tiré les leçons ; mais peut-être qu’entre carpe et lapin festoyant, l’un veut faire de son nouveau compère le lièvre ! Doit-on pour autant dire que tout est bien dans le meilleur des mondes ? Assurément non et la critique objective de l’opposition sur la gestion du pouvoir par la majorité participe du jeu démocratique. Mais là où elle est moins légitime, c’est lorsque d’aucuns privilégient la pose politicienne et la personnalisation des enjeux au détriment des intérêts supérieurs de la nation.


Le Parti de l’Entente Comorienne, alliant une éthique de conviction avec, aujourd’hui dans la majorité présidentielle, une éthique de responsabilité, entend prendre toute sa part dans la volonté de redressement national conduite par le président Ahmed Abdallah Sambi. Mais libre et fidèle à ses principes, il y participera avec d’autant plus de loyauté qu’il exigera que la gouvernance de l’Etat soit la plus exemplaire.


Fahmi SAÏD IBRAHIM,
Avocat et Député à l’Assemblée de l’Union

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 22:36


Député 071Moroni, lundi 15 février 2010 (HZK-Presse) – Selon le député Abdallah Saïd Sarouma dit Chabhane qui prenait part hier à une réunion des originaires de Mwali dans un hôtel de la capitale, « il n'y aura aucune concession de la part des Mohéliens au sujet de la tournante ». Ce sujet cristallise le débat à l'approche de la convocation du congrès censé trancher sur la question de l'harmonisation des mandats des chefs des exécutifs des îles et de l'Union.

« L'harmonisation qui va se faire par le congrès n'a aucun lien avec un mandat qui arrivera à terme dans 60 jours », a avancé le parlementaire. A entendre cet élu, les Mohéliens exigent la convocation du collège électoral pour la tenue des primaires dans l'île dès le 26 février prochain. « Vous devez vous adresser aux membres du gouvernement originaires de Mwali pour qu'ils expriment leurs positions avant le 26 février prochain », a lancé Abdallah Saïd Sarouma à l'assistance composée majoritairement de femmes.

« Nous les tiendrons responsables de tout ce qui arrivera dans ce pays à partir du 26 février », a poursuivi ce parlementaire faisant allusion aux trois membres du gouvernement originaires de Mwali. Il a appelé au « respect des Accords de Fomboni ». C'était lors d'une réunion de restitution du « comité de suivi » chargé de mener toute les démarches visant à défendre « ce droit constitutionnel des Mohéliens dont certains veulent s'accaparer », selon un participant.

« Le comité restitue les actions réalisées jusqu'ici et ainsi recueillir l'avis et les propositions des uns et des autres », explique Nassur Roubanta, un membre de la commission. Celle-ci, succède à un grand rassemblement de femmes mohéliennes tenu samedi dernier au foyer des femmes de Moroni. Comme on le constate, les opposants à toute idée de prolongation du mandat du président Sambi tentent de maintenir la pression jusqu'à la tenue du congrès.

S.A.
150210/sa/hzkpresse/9h00

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 21:31

Source : Alwatwan n° 1500 du lundi 9 février 2010

 

Les huit formations de la première division à Ndzuwani ont toutes échangé des joueurs avec les autres îles de l’archipel et entre elles-mêmes. Chirazienne, le grand

club de Domoni, a recruté Boina Me et Outete, deux joueurs de la sélection nationale arrachés à Belle Lumière, une formation djoiezienne.

 

De son côté, Comorozine, le rival de Chirazienne, va se payer chèrement les services d’un joueur de gros calibre, Ibrahim Abdallah, alias Babra. Ce vétéran de 36 ans, surnommé aussi Le Magicien, a bouclé la saison 2009 sous les couleurs de

Gombessa comme un des meilleurs butteurs anjouanais. Pêcheur de profession,

son recrutement a coûté à Comorozine une embarcation motorisée flambant neuve!

Mais Gombessa n’a pas perdu que Babra. Les méchants plaisantins ironisent qu’il a carrément été ablaté de presque tous ses joueurs ! En effet, le concurrent historique d’Ajsm a perdu six autres joueurs, dont Iliasse, son milieu de terrain favori. Et dans

le souci de combler ce grand vide, le staff dirigé par Adinane Assad a pu obtenir le retour de Nassur, plus connu sous le sobriquet de Kutsi, un attaquant de renom qui vient d’effectuer une saison à Mayotte.

 

Gombessa aurait également signé six autres recrutements de jeunes joueurs issus de la deuxième division.

 

Quant à Ajsm (Association des jeunes sportifs de Mutsamudu), la concurrente éternelle de Gombessa, elle en a, elle aussi, pris plein la face avec la perte de Fédéral. Ben Andjilika Andjilane, de son vrai nom, a préféré finalement retourner

à Etoile Filante, le club de sa ville natale Tsembehu, après cinq saisons de loyaux services. Mais un adage du milieu footballistique anjouanais dit qu’ “on ne ravit rien au Roi Fort (surnom du patron d’Ajsm, Abdoulkarim Abdérémane) sans en assumer les conséquences”. Ainsi, Etoile Filante paie le prix fort de sa démarche en perdant, au profit d’Ajsm, deux de ses bijoux offensifs : Nassur et Bahilo. L’équipe du

Roi Fort sera de même dopée par le jeu vif et engagé d’ Ibraza, un autre attaquant arraché cette fois à Ziarra, la formation simaoise.

 

Parlant de Ziarra, notons qu’il a récupéré son ancien milieu de terrain Bera, qui a joué le dernier championnat sous le maillot de Style Nouvel. Le club leader du championnat au niveau de l’île s’est déjà consolé de cette absence avec l’arrivée

de Fayal, le grand attaquant du Fc Ouani. Mais Ziarra a tout aussi laissé un pion de la sélection nationale lui filer entre les pieds : il s’agit

de Gaz, un autre milieu de terrain. Ce dernier a rejoint Etoile d’Or, sa formation initiale.

 

L’on admet que dans une mêlée d’une telle effervescence, la règle demeure que personne ne soit épargné par le “deuil”. Le club de Mirontsy mettra sans doute des

mois à en faire le sien au sujet de Mik, son attaquant, qu’il vient de céder à un club mahorais. En fait, pour bien dire les choses, Etoile d’Or n’a pas perdu un simple butteur, mais le meilleur joueur de l’actuelle sélection nationale! Cela fait mal, mais c’est la loi.

 

Sportivement et à l’année prochainepour d’autres mutations que certains prédisent tout aussi assassines.

SM

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Mariama HALIDI HALIDI - dans SPORT
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 20:35
Monsieur le directeur,

Le samedi 6 février à 13h35, TF1 a diffusé un reportage sur Mayotte, pour présenter aux téléspectateurs français cette île qui va devenir dès 2011 le 101e département de la France.
Je vous transmets ici mes vifs remerciements car j’espère que ce reportage va contribuer à lever le voile sur un des scandales les plus dramatiques de la France dans l'Océan Indien
Cela me donne également l'occasion de corriger les contrevérités colportées par votre reportage.

En effet, votre reportage a mis le doigt sur une tragédie humaine qui éclabousse directement le gouvernement de l'Union des Comores, mais également les autorités de la République Française à Mayotte et en Métropole: le bras de mer d'une centaine de kilomètres qui sépare Mayotte d'Anjouan et des autres îles des Comores, dans le canal de Mozambique se trouve être le plus grand cimetière marin du monde entier.

Des centaines de Comoriens dont de nombreux enfants et femmes à bord de frêles esquifs du nom de Kwasakwasa y font naufrage, et s'y noient chaque année.
Ils quittent leur île, ils quittent tout pour fuir la pauvreté et la misère, le manque de soin, le désespoir à la recherche d'une meilleure vie: ces boat people qui meurent chaque jour dans l'indifférence des autorités de cette région et du monde sont avant tout des migrants économiques, des migrants de la faim.
C'est donc une contre-vérité que d'affirmer comme dans votre reportage que les femmes s'embarquent pour Mayotte pour y accoucher afin de permettre à leurs enfants nés dans cette île d'y acquérir la citoyenneté française; c'est là ignorer complètement la réalité sociale qui prévaut à Mayotte.
L'acquisition de la nationalité française pour les enfants issus de parents en situation illégale est tout simplement une chose impossible à cause de l'ostracisme, l'exclusion et la haine dont ces parias font l'objet dans tous les domaines de la société et en particulier à la préfecture de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte.
Cela même du temps où le droit du sol avait encore quelque signification en France.
Combien des ressortissants des autres îles vivent à Mayotte de nombreuses années, y travaillent, y ont du bien et se trouvent toujours acculés à l'illégalité sans possibilité d'acquérir de titre de séjour: huit ans, dix ans, vingt ans, peu importe ?
Sans compter que leurs enfants sont eux aussi souvent pourchassés des écoles, avant leur seizième année au grand dam des lois de la République.
Les immigrés à Mayotte sont des êtres sans aucun droit et cela constitue une honte pour la République Française, le pays des droits de l'homme et du citoyen.

Pour les Anjouanais, l'immigration illégale à Mayotte n'est qu'un réflexe de survie: affronter la mort à la mer pour fuir une mort lente annoncée des enfants et de la famille dans un pays exsangue complètement vampirisé par des dirigeants sans foi ni loi de la trempe de Sambi.
Le scandale de la France dans cette région éloignée de l'Océan Indien n'est pas seulement d'avoir décolonisé un petit pays placé sous sa responsabilité historique, en lui infligeant comme héritage en plus de sa pauvreté ce lourd fardeau de la désunion.

Le scandale de la République française c'est aussi de maintenir ce déséquilibre économique et de provoquer indirectement une telle tragédie sans rien faire d'autre que la pure démagogie.
En effet qui peut croire que la lutte contre l'immigration clandestine passe seulement dans la répression, la reconduite hors de Mayotte à coups de millions jetés à la mer?
Sans compter que ces reconduites sont encore une fois faites hors la loi française, conduites à la hussarde par le préfet, sans aucune considération pour ces êtres humains qui sont parfois pourchassés, arrêtés à l'insu de leur famille et sans aucun bien et renvoyés parfois dans une île qui n'est pas la leur.
Des millions mis dans des moyens de surveillance et de traque pour faire des chiffres, alors que les expulsés reviennent le lendemain et le phénomène ne fait que perdurer et s'amplifier.

Le scandale de la République c'est aussi que ces fonds perdus pourraient être investis dans une coopération régionale intelligente qui contribuerait à doter l'île d'Anjouan, d'où proviennent la majorité des immigrés, des moyens sanitaires fiables pour soigner ses citoyens et qui faciliterait les échanges commerciaux et humains normaux entre les îles: cela permettrait à Mayotte de bénéficier des fruits d'une agriculture dynamique en provenance d'Anjouan et aux paysans de pouvoir vivre de leur travail en restant à Anjouan.
Sans une telle politique d'aide intelligente aux autres îles des Comores, Mayotte créera toujours un appel d'air que nulle répression, nulle démagogie ne pourra juguler.

C'est une telle politique qui ferait honneur à la République et non une politique aveugle qui voudrait faire d'un coin des Iles des Comores, un îlot de prospérité dans un océan de misère.

Les milliers de morts au large de Mayotte sont de la responsabilité du gouvernement des Comores et de la République Française, c'est une tragédie qui devrait révolter les Français et le monde entier.
C'est une tragédie qui justifierait une enquête internationale pour situer les responsabilités des uns et des autres.
La France en tant que puissance colonisatrice a une responsabilité dont elle ne peut se dédire.

ZAROUKI BOUCHRANE
Résidence le palais des doges
930, avenue Léonard de Vinci
34970 Lattes
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Mariama HALIDI HALIDI - dans LETTRES
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 21:00

Lu pour vous : Source / http://www.reunionnaisdumonde.com/spip.php?article2194

Moussa Toiybou : conférence de presse aux Comores

A l’approche de la fameuse tournante censée passer le tour à un président mohélien (le mandat de l’actuel chef de l’Etat expire le 26 mai 2010), plusieurs voix politiques se font entendre notamment celle du gouverneur d’Anjouan Moussa Toyibou, qui défend son mandat de cinq ans. Il vient de tenir un point de presse ce mercredi à Daru Nadja [siège du gouvernorat], axé sur trois points relatifs à l’économie, la crise sociale et l’harmonisation des mandats.

 

Moussa-Toiyibou.jpgPendant 1h 30mn, le gouverneur a répondu aux questions des médias nationaux présents à la conférence de presse. Il estime qu’en une année de pouvoir, il a réussi avec son gouvernement à corriger beaucoup d’injustices sociales héritées de l’époque du régime séparatisme, en citant les actions menées afin de rouvrir tous les postes de santé d’Anjouan qui avaient presque fermé leurs portes.

« J’ai avantagé la prévention dans mes projets, j’ai mis le paquet pour rouvrir ces centres de santé afin de donner accès aux soins à tous les anjouanais et pour payer les salaires des agents qui y travaillent, je me suis permis de les insérer comme s’ils faisaient partie du personnel de Daru Nadja ».

Le chef de l’exécutif de l’île, toujours dans le domaine de la santé, mettra à son actif le recrutement de médecins et infirmiers, et la rénovation des logements des médecins chinois installés à Anjouan, dont le financement était assuré par son propre gouvernement après le refus des autorités de l’union de débloquer les fonds nécessaires. Il a fait savoir que le pays subit de nombreux problèmes au quotidien, et surtout l’épineuse question des arriérés de salaires des fonctionnaires et les avancements revendiqués par le corps enseignant.

Mais en réponse, le gouverneur repose la question de savoir : « quel est ce président comorien ou décideur de l’Etat qui a pu à chaque fin du mois payer ses fonctionnaires et tous les deux ans leur accorder des avancements ? ». Une bonne raison selon lui de « sortir de cet imbroglio », d’autant plus qu’à en croire M. Toybou, « nos fonctionnaires ne travaillent pas assez et ne sont pas efficaces, en termes de rentabilité à la fonction publique », et le gouverneur de déplorer « l’absentéisme constaté dans les bureaux », avant d’annoncer que « des mesures seront prises, mais nous devons aller petit à petit car les causes devront être connues avant toute sanction ».

Le gouverneur a attiré l’attention des enseignants en les prévenant que dans les jours à venir chacun prendra ses responsabilités pour que très vite les enfants retrouvent le chemin de l’école. Il accuse même les syndicats de perturber la bonne marche de l’administration. « C’est vrai, ce sont des défenseurs des droits des travailleurs mais ils manquent de formation. Ils ne savent même pas où sont les limites de leurs droits et devoirs et c’est tout le problème. Je serai prêt à les aider pour qu’ils puissent bénéficier des formations car nous sommes tous responsables de l’avenir de notre pays », assure-t-il. Et pour conclure sur la crise de l’enseignement, M. Toybou a averti que désormais celui qui fait un abandon de poste doit connaitre son sort, la perte de son salaire et le gel de sa carrière.

Au plan économie, le gouverneur affirme que tous les secteurs se trouvent bloqués et freinent en partie le développement du pays. Pour lui c’est une question qui relève directement des autorités centrales mais ce qui est sûr, le pays doit toujours attendre les aides extérieures pour s’en sortir, ce qui signifie selon lui que le seul moyen de vaincre la misère serait d’attirer des investisseurs étrangers.

Au niveau politique, le gouverneur Toybou se dit « très heureux de constater que le pays a renoué avec la stabilité et retrouvé la confiance de ses partenaires » depuis la libération de l’île d’Anjouan. Au sujet de l’harmonisation des mandats du président de l’union des Comores et des gouverneurs, aucun politicien digne de ce nom ne peut se réserver, dit-il. « Il ne s’agit donc pas de prolonger le mandat de qui ce soit, il s’agit au contraire de se mettre d’accord sur une date pour la tenue en même temps des élections du président de l’union et celle des gouverneurs des îles », explique-t-il.

Et au passage il fait un petit rappel historique des institutions, pour dire qu’il n’a jamais été question de réduire par consensus le mandat électif des élus encore en exercice, « il serait ainsi injuste de ramener mon mandat à moins de 2 ou 3 ou encore 4 ans, en sachant que j’ai été élu pour 5 ans et prêté serment sur la base d’un programme précis », lance le gouverneur d’Anjouan.

Il dit faire confiance à son peuple car c’est grâce à lui qu’il est là aujourd’hui, idée qu’il aurait avancée à ses collègues de Mohéli et Ngazidja, en déclarant que « se rallier à l’opposition n’est pas la meilleure solution ». A en croire le numéro un d’Anjouan, son collègue de Mohéli Mohamed Ali Said aurait compris contrairement à Abdouloihabi de Ngazidja qui a rejoint l’opposition, mais toujours selon Moussa « c’est son choix à lui ».


Soilah Naouir Eddine Papamwegne

 

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ANJOUAN - NDZUWANI
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 22:36

Depuis quelques semaines aux Comores, on parle de la prochaine privatisation de Comores Télécom "un des des plus beaux fleurons des entreprises publiques comoriennes".

Quel gachis ! quelle connerie !  Encore et encore. A quand alors la "privatisation pure et simple du pays" ?  Franchement, quand est ce que nous comprendrons que nous ne devrons plus continuer à suivre à l'aveuglette ce que "ces machins internationaux" nous dictent ?

Vous trouverez ci-dessous, cher visiteur du blog, le point de vue de mon ami Chaher Chaharane sur ce projet triste et ridicule de privatisation de Comores Telecom que je partage sans reserves.

Que mon ami chaher m'autorise à m'approprier  purement et simplement son texte !

Bonne lecture.

Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES

L’ouverture du capital de Comores Télécom annonce-t-elle le parachèvement  de la privatisation de la maison Comores ?

 

 Le processus engagé depuis la fin des années 80 avec la privatisation progressive et insidieuse de l’école, de la santé, du social et le désengagement total de l’Etat de l’investissement public marquera-t-il avec cette opération un point de non retour? En effet,  je crois que céder l’un des plus beaux fleurons des entreprises publiques comoriennes, que des managers responsables et compétents pourraient aisément garantir une rentabilité  et une viabilité à long terme,   et en faire une source de financement sûre et pérenne pour le  budget de l’Etat, ne ferait qu’accréditer l’idée répandue dans l’opinion publique comorienne et  dans les institutions financières internationales que  les comoriens sont des incompétents et ouvrirait certainement le bal à la liquidation du patrimoine nationale (hydrocarbures, Aéroport, Ports ….) au profit de marchands étrangers sans scrupules.

 

Comores Télécom constitue incontestablement un outil formidable à la disposition de nos gouvernants dans leur stratégie de développement de la cohésion nationale et d’aménagement du territoire. Elle reste aujourd’hui l’une des seules entreprises publiques,  reconnue, en bien ou en mal, sur toute l’étendue du territoire national, et  pourvoyeuse de fonds pour les caisses de l’Etat, ce en dépit des contraintes politiques, des problèmes de management et  de gouvernance récurrents. En bien, parce qu’elle permet de rapprocher, sur l’ensemble du territoire national, les citoyens à travers le téléphone fixe et le téléphone mobile, et en mal, à cause de ses tarifs prohibitifs. Mais ces tarifs si prohibitifs soient-ils, les revenus qui en découlent restent aujourd’hui au pays et ne partent pas enrichir davantage  les multinationales étrangères. D’aucuns diront que le peuple comorien n’en profite  pas, mais on revient là au débat fondamental et  récurent de la gestion de la chose publique par ceux qui  en ont la charge…

 

J’ai cru comprendre que  les liaisons inter-îles et internationales, par câble sous-marin,  prévues pour être opérationnelles à partir de mi-2010, et pour lesquelles l’Etat s’est endetté à hauteur de plusieurs milliards de FC auprès de la Chine, devraient sensiblement modifier la structure de coûts et l’économie générale des télécommunications aux Comores, et autoriser une tarification proche de ce qui se pratique dans d’autres pays. Or c’est précisément ce moment là que nos dirigeants ont choisi pour  brandir le spectre de la privatisation ! Alors qu’on aurait pu plutôt  penser que la relative bonne santé de cette entreprise et son formidable développement durant ces dix dernières leur donneraient des arguments suffisamment  solides pour renvoyer  les funambules de la Banque mondiale dans leurs buildings dorés  de Washington cuver les bons plats de crustacés et le trewbo ingurgités sous nos cocotiers.  Ou peut-être que l’argument massue des recommandations de la Banque mondiale n’est-il qu’un leurre qu’ils ont trouvé pour des buts moins inavouables ?  Nous préparent-ils alors  d’autres fiascos  du type Air Comores/Ashley, EEDC/Lyonnaise des eaux, Galawa Beach/Dubai World ?

 Dans cette période charnière du développement des télécommunications dans le pays, le bon sens ne serait-il pas d’imaginer des montages innovants permettant de s’associer l’expertise technique de partenaires mondialement reconnus pour nous aider à  développer et  consolider les compétences nationales en vue de  rentabiliser les lourds investissements engagés, au lieu de brader le patrimoine national à des capitalistes étrangers, obnubilés par le seul  profit court terme. Car ne nous voilons pas la face,  ce ne seront pas eux qui  vont payer les milliards de dettes contractées pour financer ces investissements mais bel et bien le contribuable comorien

 

Mais dans un pays où les seules valeurs qui comptent se résument à l’argent-roi, aux 4x4 flambants neufs, aux exhibitions à « Disneyland Beach Itsandra », où les convictions, la solidarité, le sens de l’intérêt général et du collectif s’érodent, où des gens sans le sou sont idolâtrés du jour au lendemain, parce que par la ruse, le népotisme, la corruption, la magouille ou la tromperie, ils accèdent à des charges publiques leur permettant de puiser impunément dans les caisses de l’Etat, où tout le monde, des ainés aux  jeunes en passant les élites,  se vend au plus offrant  pour pouvoir  tout simplement survivre, où les plus faibles meurent de faim ou de maladies bénignes à l’entrée de nos hôpitaux faute de soins , rien n’est impossible. 

Car qui d’autre peut croire aux potions magiques de ces  partisans de la terre brûlée des temps modernes, de ces fanatiques de l’ultralibéralisme,  à part  ceux qui y trouvent là le moyen inespéré de continuer à  tromper et duper le peuple. Le Professeur Joseph E. Stiglitz, ancien Economiste en chef et Vice-président de la Banque mondiale, ancien Conseiller économique de Clinton et Prix Nobel d’économie, n’a-t-il pas dénoncé avec vigueur dans « La grande désillusion », Ed. Fayard 2003, le caractère inopérant et surtout néfaste de ces remèdes ultralibéraux  sur nos faibles économies. Qui d’autre que l’un des leurs pouvait-il mieux s’attaquer à la toute puissance de ces pyromanes,  qui ne connaissent de nos pays que les artères qui mènent des aéroports aux hôtels de Luxe, où ils passent la majeur partie de leurs missions, généreusement bien payées, chez nous , aux bords de la  piscine   à jouer aux copier-coller sous Microsoft office, et prétendent pourtant dans leurs rapports, recommandations et diktats mieux les connaître que nous.

 

Mais à qui la faute ? Si ce n’est à ces intellectuels  de bas étages que nous sommes, qui n’avons d’intellectuel que le nom, passés maîtres dans l’art d’aligner les faux diplômes et autres titres ronflants,  qui au lieu d’éduquer le peuple et l’aider à sortir de la misère,  nous nous fourvoyons dans la compromission, le déni de soi et l’art du caméléon – le seul qu’un certain nombre d’entre nous maîtrise d’ailleurs - laissant ainsi le champs libre aux politicards de tous bords dépecer et brader le pays. Car quel est le plus grand mal que nous avons fait  à ce pays   qu’en laissant ce tumeur qu’est  le « privé » s’installer insidieusement dans les esprits et  dans le pays,  dans des secteurs  relevant pourtant des prérogatives  de l’Etat tels que l’école, la santé, le développement des infrastructures économiques et sociales ?   Qu’en laissant ce venin du «  chacun pour soi, dieu pour tous » s’enraciner dans nos villes et villages, à travers les actions de développement communautaire engagées partout dans le pays,  qui permettent de désamorcer  l’explosion sociale et assurent une certaine tranquillité à nos politicards dans leurs plans machiavéliques de mise en coupes réglées du pays.

 

Alors  après tout le mal que nous avons fait et/laisser faire à ce pays, le temps n’est-il pas  venu de se réveiller, de dire stop aux diktats  des Pétrodollars, des multinationales, des ultralibéraux … de montrer que dans ce pays il y a  des hommes et des femmes responsables,   dignes, consciencieux et compétents,   capables de prendre en main et de gérer, en bon père de famille,  notre patrimoine national.

 

 

Chaharane Chaher,
 Contrôleur financier dans l’industrie pharmaceutique, France

Email : cchaher@gmail.com

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 09:23
Vous trouverez ci-dessous une vidéo d'une durée de 50 mn sur une émission en shikomori de la RTA (Radio Télévision d'Anjouan) concernant le centre d'excellence et la dimension Genre. Les invités sont certains  membres de l'ONG FAWECOM notamment Mesdames Sittou Raghadat, Nafouhati, Badriat, Fatima, Inaya, Nouria....Messieurs Anoir Mouhoudhoir, Miftahou Maandhui, Azali.....et une représente de l'UNICEF

Une émission  très intéréssante contribuant à la vulgarisation du concept "genre" et de la notion du "centre d'excellence" malgré la qualité du son.



Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES
 
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Mariama HALIDI HALIDI - dans VIDEOS
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 21:26
Vous trouverez ci-dessous le discours du Président Sambi prononcé il y a quelques jours à Addis Abeba à l'occasion du 14eme sommet de l'Union Africaine (UA)

Bonne lecture.

Halidi Allaoui
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Excellence Monsieur le Premier Ministre de la Republique Fédérale Démocratique d'Ethiopie ;
- Madame et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement ;
- Excellence Monsieur le Président de l'Union Africaine ;
- Excellence Monsieur le Président de la Commission de l'Union Africaine;
- Honorable Assistance ;
- Mesdames et Messieurs ;

Monsieur le Président, permettez-moi tout d'abord, de joindre ma voix à celle de mes prédécesseurs pour vous exprimer mes chaleureuses félicitations, suite à votre élection à la présidence de notre Organisation.

Permettez-moi ensuite d'adresser, au nom de ma délégation et en mon nom personnel mes condoléances les plus attristées au peuple et au gouvernememnt éthiopiens suite au crash du vol d'Ethiopian Airlines qui a causé plusieurs pertes humaines.

Je voudrais, par la même occasion, exprimer mes condoléances au peuple et au gouvernement haitiens et leur exprimer ma profonde solidarité, suite au terrible tremblement de terre qui a causé des dégâts humains et matériels sans précedant, dans ce pays frère.

Permettez-moi, enfin, d'exprimer la profonde gratitude de ma délégation, à l'endroit du Premier Ministre Melès ZENAWI, du Gouvernement et du peuple éthiopiens, pour l'accueil chaleureux et la généreuse hospitalité qu'ils nous reservent depuis notre arrivée dans ce magnifique pays.

Je ne manquerai pas de saluer mon Cher Frère, le Guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya et de lui adresser mes sincères félicitations pour l'immense contribution qu'il apporte à l'Union Africaine, ainsi que pour son courage, sa conviction et son engagement en faveur de la construction d'une Afrique qui, plus unie et mieux intégrée, saura mieux faire entendre sa voix sur la scène internationale.


Monsieur le Président ;
Honorable assistance ;

Consacrer cette session de notre Organisation aux défis et aux perspectives des Technologies de l'Information et de la Communication, en vue de parvenir à une vue commune sur le développement des TIC en Afrique, est un choix judicieux, que je tiens à saluer.

En effet, la réussite de cette session, nous aidera à trouver un consensus sur l'harmonisation de nos politiques et de nos cadres juridiques et réglementaires, au niveau régional et continental, pour que le développement structuré des TIC en Afrique, l'industrialisation et la recherche sur les sciences et la technologie liés au secteur, puissent capter les investissements nécessaires.

C'est en créant un environnement propice, que nous pourrons attirer les bailleurs de fonds extérieurs et renforcer le développement durable des marchés des TIC sur le continent.

En tout état de cause, nous devons prendre en compte le secteur de l'éducation, en vue d'accroître le taux d'accès et d'utilisation des TIC dans nos pays.

Monsieur le Président,

Permettez-moi de vous parler de mon pays, après la libération de l'Ile d'Anjouan, pour vous dire que nous avons encore et toujours, à lutter, sans relâche, pour vaincre les situations économiques difficiles qui sont les grands défis de notre continent et qui ont été le terreau du séparatisme dans mon pays.

En effet, mon Gouvernement avait hérité d'une architecture institutionnelle complexe et extrêmement coûteuse qui est, d'une part, le fruit de notre insularité et d'autre part, le résultat d'une décennie de séparatisme.

Avec ses quatre Parlements dont un pour l'Union et trois pour les îles autonomes, ses quatre Présidents qui constituaient les Exécutifs de l'Union et des îles, ses quatre Gouvernements, mais aussi ses quatre Constitutions, le pays se trouvait souvent paralysé par des conflits de compétences.

Par conséquent, mon Gouvernement devait non seulement gérer la confusion issue de ces appellations identiques mais aussi, tenir des élections tous les ans avec tous les coûts que de tels processus occasionnent.

En effet, alors que j'ai été élu en 2006, les Présidents de l'Iles de Mwali et de Ngazidja l'ont été en 2007. En 2008 s'est tenue l'élection du Président de l'Ile de Ndzouani et nous avons, en 2009, élu les députés de l'Union et les Conseillers des îles, pour faire face ensuite à une élection présidentielle en 2010 et, dès l'année 2011, recommencer le même cycle.

Ayant pesé le tort que cela causait à mon pays et après avoir pris conscience que même des pays developpés, auraient eu du mal à maintenir un tel rythme, j'ai alors proposé, étant donné que la Constitution me l'autorise, une révision de certaines dispositions de la Constitution, pour un meilleur fonctionnement de l'Etat.

Cette proposition a obtenu un soutien sans appel du peuple comorien, par la voie d'un référendum qui a été reconnu comme étant libre et transparent aussi bien par les Comoriens eux-mêmes que par la Communauté internationale.

A la suite de cette révision constitutionnelle, les Présidents et les Ministres des îles sont devenus respectivement des Gouverneurs et des Commissaires et les députés des îles sont désormais appelés les Conseillers des îles.

Plus important encore, les Comoriens ont approuvé l'harmonisation des mandats des Exécutifs de l'Union et des îles pour diminuer le nombre des scrutins et en limiter le coût difficilement supportable par le maigre budget de l'Etat.

La question qui demeurait, toutefois, à résoudre était celle de la date où cette harmonisation devait intervenir.

Le dialogue inter-comorien et les différents rencontres que j'ai eues avec les Gouverneurs n'ayant pas enregistré une convergence de vues sur cette question, puisque chaque Gouverneur souhaite aller jusqu'au terme de son mandat, il revenait au peuple souverain de trancher sur cette question de la fixation de la date des élections des exécutifs des îles et de l'Union, à travers le Congrès qu'il a élu.

Ainsi, mes chers frères et soeurs, ce Congrès doit se réunir dans les semaines à venir, et c'est ainsi que l'année 2010 se présente, sur le plan politique, comme étant une année déterminante pour l'avenir de mon pays.

Bien évidemment, mon Gouvernement qui a toujours été soucieux du respect de la Constitution et plus particulièrement de l'incontournable principe de la présidence tournante, veillera à ce que l'île de Moili, à laquelle revient la présidence du pays après la Grande Comore et Anjouan, puisse présider aux destinées des Comores, à l'issue des prochaines élections présidentielles dont la date sera fixée par le Congrès.


Excellences ;

Mesdames et Messieurs ;

Sur le plan économique et financier, le Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté a obtenu sa validation technique et politique en 2009 et l'Union des Comores vient de bénéficier de l'appui du FMI au titre de l'assistance d'urgence post conflit.

Le succès enregistré dans la mise en œuvre de ce programme a permis à notre pays de convenir avec le FMI d'un programme formel qui a été entériné par le Conseil d'administration du FMI, en novembre dernier.

Ainsi, mon pays est aujourd'hui bien placé pour accéder aux mécanismes d'allègement de sa dette dont le lourd fardeau joue un rôle néfaste sur le développement du pays, aussi bien au niveau des finances publiques qu'au niveau de la crédibilité de notre pays vis-à-vis de la Communauté financière internationale.

L'élimination de la pauvreté étant aujourd'hui admise comme indispensable, mon Gouvernement a placé la lutte contre la pauvreté, sur toutes ses formes, au cœur de son action et des priorités nationales, conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement et aux engagements internationaux auxquels les Comores ont souscrits.

Aussi, aujourd'hui, l'Union des Comores a t-elle plusieurs raisons d'être optimiste.

En effet, en début d'année, un Forum Economique sur les Comores s'est tenu à Koweït-City et douze grands projets de développement ont été retenus par les bailleurs de fonds.

A la suite de la résolution de la Ligue des Etats Arabes sur la tenue d'une Conférence des bailleurs en faveur des Comores, mon Gouvernement travaille actuellement en étroite collaboration avec les autorités du Qatar et la Ligue des Etats Arabes en vue de l'organisation de ce forum qui se tiendra les 10 et 11 mars prochains à Doha, et dont la réussite ne fera que renforcer l'espoir d'une relance économique durable dans mon pays.

Pour leur part, le Fonds Koweitien, le Fonds Abu-Dhabi, le Fonds Saoudien, et l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole qui ont manifesté leur bonne disposition à l'égard des Comores, ont pris l'engagement de reconsidérer leurs créances envers le pays, afin de l'aider à sortir des listes infamantes des pays lourdement endettés.

Enfin, de son côté, la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique a accepté un plan de rééchelonnement négocié avec notre pays.

Monsieur le Président,
Honorable assistance,

Comme vous pouvez le constater, toutes ces perspectives, et la liste n'est pas exhaustive, laissent présager un avenir meilleur pour mon pays.

Parralèllement, mon Gouvrenement travaille sans relâche pour consolider la culture de la démocratie dans un pays où il y a encore quelques années, les hommes politiques devraient recourir aux consensus pour resoudre leurs conflits et aux coups et tentatives de coup pour accéder au pouvoir.

En effet, les Comoriens doivent comprendre que ces temps sont révolus, que seul le passage par les urnes, doit permettre l'accès au pouvoir, car c'est la seule manière de preserver la paix et la stabilité, conditions indispensables à un développement socio-économique durable.

C'est pourquoi, je lance un appel pressant à notre Organisation, l'Union Africaine, qui, il y a deux ans, a déployé des efforts inlassables, que nous ne remercierons jamais assez, pour rétablir, par la force, l'ordre constitutionnel, l'intégrité territoriale et la paix en Union des Comores, mais aussi à la Communaute Internationale dans son ensemble, pour qu'elles continuent à nous apporter leur appui et leur assistance, afin que mon pays puisse saisir les innombrables opportunités qui se présentent à lui, et par conséquent, franchir sans encombre, ce cap de 2010 qui s'avere si prometteur.

Je vous remercie.


Source : beit salam

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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