Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Presentation

  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
  • Contact

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

Recherche

BIENVENUE SUR MON BLOG

NA MKARIBU HARI MWA YI BLOG YANGU 
Cet outil va me permettre de vous faire decouvrir mon pays natal  et partager quelques unes de mes passions.......à ma façon !!!!
 

Pour revenir à la page d'accueil  cliquez  ICI

Pour recevoir réguliérement les articles que nous diffusons, merci de vous inscrire à la newsletter (Attention : laissez les deux cases (newsletter et articles) cochées) .

Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

MESSAGE IMPORTANT :

 

DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

gala_final-_maquette--2-.jpg

A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 14:44

Moroni le 24 mai 2010

PROJET DE PROTOCOLE DE LA TRANSITION

 

Nous force de l’opposition nouvelle, animée par le Député Maître Ibrahim Ali Mzimba, déclarons solennellement notre attachement à la constitution de l’Union des Comores de 2001 et, dans sa version nouvellement révisée et à ses règles, garanties par la même constitution.
Dans ce cadre et au vu des règles internationales qui régissent les Etats démocratiques, leurs relations et leur reconnaissance mutuelle, la transition démocratique ouverte par l’arrêt de principe de la Cour Constitutionnelle des Comores est une période d’atténuation du pouvoir exécutif en place et de partage consensuel des décisions régissant l’Etat. Cet arrêt de la cour constitutionnelle est un appel à la cessation aux rigidités et aux blocages manifestés par l’opposition traditionnelle et renforcés par le pouvoir en place.

 

A ce titre nous déclarons solennellement les priorités suivantes comme feuille de route de la période de transition.


 Respect intégral de l’arrêt de la cour constitutionnelle notamment, le respect de l’harmonisation et la tenue des élections générales du Président de l’Union et des Gouverneurs des îles à la même période ;


 Attachement à l’unité de la nation comorienne ;


 Respect absolu du principe de la tournante au profit de l’île de Mohéli ;


 Respect de l’Etat de droit, des libertés individuelles, des libertés de la presse et des médias ;


 Respect des engagements internationaux, des conventions, et des relations diplomatiques représentant la dignité du peuple comorien aux yeux du monde ;


 Respect des règles de fixation d’un calendrier électoral accepté par l’île de Mohéli, dans la mesure où la transition n’est pas une période de pouvoir d’exception, mais un exercice consensuel du pouvoir.

 

A ce titre, la tâche principale consistera pour la transition à faire respecter le dit calendrier, en le garantissant solennellement devant le peuple tout entier et devant la communauté internationale.

Ce mécanisme ne pourra être ni ralenti, ni stopper peu importe les circonstances.
Nous posons comme conditions de réussite que les conclusions communément acceptées par les participants au dialogue soient clairement établies devant le peuple par le biais d’une déclaration officielle des parties, avant la prise d’effet le 26 mai 2010 à minuit.

 

Si par malheur pour notre peuple, nous ressentions objectivement une impossibilité des Exécutifs des îles, de l’opposition traditionnelle et de l’Exécutif de l’Union à réellement et authentiquement appliquer les recommandations de la Cour Constitutionnelle, nous demanderons immédiatement à la communauté internationale et à l’Armée Nationale du Développement des Comores de déclarer inapte l’ensemble des acteurs participant à ce même dialogue.

 

En cela, nous demanderons instamment à la communauté internationale de bien vouloir débloquer les moyens nécessaires à l’organisation immédiate des élections présidentielles de l’Union des Comores, ayant pour finalité la direction de l’Etat par un ressortissant mohélien pour une durée de cinq ans.


LA NOUVELLE OPPOSITION DES COMORES

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans COMMUNIQUES
commenter cet article
25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 08:35
 
Publié par: HZK-Presse: 25/05/2010
s
Selon une information exclusive de HZK-Presse et La Gazette, l’on s’acheminerait vers un accord pour la tenue des élections du président de l’Union et des gouverneurs des îles en juillet ou octobre prochain. Les délégations présentes au Palais du peuple où se déroule le dialogue inter-comorien depuis hier lundi, sont parvenues à un début de consensus très tard, dans la nuit de lundi à mardi, selon des sources proches des négociateurs, qui ont requis l’anonymat. Mais jusqu’à 00 h 45 mn, l’on attendait encore la réponse officielle du gouverneur de Mwali, Mohamed Ali Said.
Le président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi aurait donc accepté de quitter le pouvoir en juillet prochain, à condition que les gouverneurs des îles fassent autant. Toutefois pour entourer cet accord des garanties pour toutes les parties comoriennes, la communauté internationale exhortent les délégations de « s’abstenir de toute déclaration intempestive » jusqu’à la signature d’un document final, apprend HZK-Presse.

ESO
Repost 0
Mariama HALIDI HZK Presse - dans ELECTIONS
commenter cet article
22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 22:45

Les négociations sur le calendrier de l’élection du Président de l’Union et des gouverneurs qui devaient avoir lieu ce jour (samedi 22 mai 2010) entre le gouvernement de l’union et les gouvernorats à Moroni sont terminées en queue de poisson. Pour cause : Les représentants de l’île de Mwali n’ont pas fait le déplacement. Du coup, ces négociations n’ont duré que quelques minutes. Juste le temps de constater l’absence des représentants de Mwali. C’est bien parti !

Il est probable que les négociations reprennent demain. C’est du moins ce que Monsieur, Abdallah Halifa, ancien Président de l’Assemblée Fédérale des Comores dans les années 80, chargé de diriger ces négociations  a déclaré et espère.

A titre de rappel, la Cour constitutionnelle, a rendu le 8 mai 2010 un arrêt curieux dans lequel il a déclaré «qu'à compter du 26 mai 2010 à 00 heure, s'ouvre une période intérimaire durant laquelle, le Président de l'Union et les Vice-présidents exercent leurs pouvoirs, dans une démarche consensuelle, jusqu'à l'investiture du nouveau Président de l'Union et des Gouverneurs élus »

Compte tenu de ce boycott – il y en aura certainement d’autres – il n’est pas inutile de s’interroger sur ce qui va se passer au cas où par exemple un gouvernorat empêcherait au « Président de l'Union et les Vice-présidents d’exercer leurs pouvoirs, dans une démarche consensuelle, jusqu'à l'investiture du nouveau Président de l'Union et des Gouverneurs élus » durant la période intérimaire. D’autant plus des négociations étaient déjà interrompues en avril dernier faute de consensus.

 

En tout cas, les questions sérieuses à débattre ne manqueront pas pour les juristes qui s’intéressent au droit constitutionnel comorien.

 

Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
commenter cet article
22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 21:43

 Lu pour vous / Source : Upanga n°23 du 10 mai 2010

La préfecture a été condamnée par le tribunal administratif pour avoir reconduit un mineur à Anjouan et a dû organiser son retour à Mayotte dans les plus brefs délais.

 

Reconduit à Anjouan le 30 mars, Youssouf' a finalement regagné Mayotte le 5 mai. Le tribunal administratif a condamné le 3 mai la préfecture à rapatrier le mineur au motif qu'il n'aurait pas dû être expulsé. C'est grâce notamment à l'acharnement de son professeur de français assistée de l'avocate Fatima Ousséni que l'affaire a pu prendre ce tournant positif
“Les enfants de la classe sont venus me voir un matin pour savoir s'il y allait avoir de nouvelles élections des délégués de classe, raconte Emilie Droit, professeur de français de Youssouf qui était délégué de sa classe. C'est la que j'ai appris qu'il avait été reconduit à Anjouan. ” L'enseignante remue alors ciel et terre pour le faire libérer, assistée de la Cimade et de l'avocate Fatima Ousséni. Ils obtiennent gain de cause le3 mai dernier quand le tribunal administratif reconnaît le caractère urgent de son rapatriement à Mayotte (le jeune homme était livré à lui même sur le territoire, dans un pays qu'il ne connaissait pas et sans famille pour l'héberger). Et oblige la préfecture à ramener l'adolescent dans un délai de 96 heures.
Sur le bateau sans passer par le CRA
« C'est intolérable qu'un mineur soit arrêté, enrage l'enseignante, par ailleurs sympathisante de la Cimade. D'autant que ça presque normal aux yeux de tout le monde. Si je n'avais rien fait, il serait encore là-bas ! Pourtant, les lois doivent être respectées. En théorie, les gendarmes sont là pour nous protéger, mais ici plus qu'ailleurs ils sèment la peur. »
Youssouf, 17 ans (dont onze passés à Mayotte) et son grand frère, majeur, sont arrêtés dans leur banga à 4 heures du matin alors qu'ils dormaient. « Nous l'avons appris le lendemain vers 11h30, mais Youssouf s'est retrouvé dans le bateau de 11h30 sans même transité par le CRA », explique Flore Adrien, militante de la Cimade. Problème : Youssouf est mineur, mais on l'a déclaré être né le 1er janvier 1992. Le jeune a bien tenté de justifier son âge, mais les agents interpellateurs ne lui en ont pas laissé le temps. « Quand il a voulu montrer ses papiers comoriens situés à proximité du lit, les gendarmes ont dit 'nous ce qu'on veut c'est des papiers français' » raconte l'enseignante. Seulement, la bonne date de naissance figurait sur le passeport comorien du collégien.
« Qui dans un état de droit vient chercher les gens à 4 heures du matin dans leur lit ? » s'indigne Flore Adrien. Youssouf n'a pas été autorisé à montrer ses papiers et il n'a même pas transité par le CRA alors que c'est justement le lieu où on peut faire valoir ses droits (prévenir la famille par téléphone, avoir accès à un médecin etc.) Ce jeune-là, entre son arrestation et sa reconduite, n'a vu personne si ce n'est des gendarmes. À ce compte-là, on peut renvoyer 50. 000 personnes. »
Bref, cet affaire résume à elle seule les pratiques qui ont cours aujourd'hui dans la folle course aux chiffres. Et encore, ce n'est pas terminé, puisque les objectifs pour l'année 2010 ont été revus à 25.000 reconduites (lire Upanga n°22). “Cette condamnation révèle des problèmes que la Cimade signale depuis des lustres: interpellations non respectueuses des droits et surtout manque de temps données au traitement des dossiers. Encore plus que les autres, les dossiers de mineurs demandent une attention particulière.”
Selon la pref, il n'a pas voulu appeler sa famille
Seulement, il y a tant de personnes à reconduire que la procédure n'est pas des plus rigoureuses. En témoigne I'APRF qui porte mention d'une autre personne que le jeune mineur, vestige d'un ancien document dont seuls les noms ont été effacés au typez (et manifestement certains oubliés). À d'autres endroits, il manque une lettre au prénom... « Les agents interpellateurs qui signent I'APRF ne prennent pas assez de temps parce qu'on leur demande de faire vite, mais pas forcement bien », poursuit l'ancienne présidente de la Cimade.
Du côté de la préfecture, on estime que l'intégralité des droits ont été respectés.
« Les gens arrêtés sont en mesure de faire appel à leurs droits. Il n'a pas souhaité faire appel à sa famille », explique placidement
De même, la préfecture s'appuie sur un document signé de l'adolescent attestant qu'il est bien majeur. « Mais dans un rapport d'autorité, on peut faire signer n'importe quoi à un gamin de 17 ans. D'autant qu'à Mayotte, les jeunes ont encore beaucoup de respect des règles et de l'autorité », argumente Flore Adrien. Quant à Youssouf; c'est “un garçon très timide, qui ne sait pas se défendre et qui perd ses moyens quand on l'interroge”, ajoute sa prof.
Quant au non-passage par le Centre de rétention, la préfecture explique que c'est un cas rarissime. Mais, habituellement les reconduits n'y passent que quelques heures au motif que les conditions d'attente y sont inhumaines. «C'est un faux prétexte, fulmine Flore Adrien. Ce qui est inhumain, c'est de ne pas pouvoir appeler la famille et de renvoyer un enfant à la va-vite dans un pays qui ne connait pas.”
Dans l'ordonnance qu'il a rendue, le tribunal administratif reconnaît l'urgence. Une grande satisfaction pour la Cimade. «Quand un gamin a passé toute sa vie dans un endroit, qu'il a un examen à passer à la fin de l'année, il y a urgence à le ramener auprès des siens. Exposer un enfant à l'inégalité, ça marque à vie. »
Si l'association ne se réjouit pas de la condamnation de la préfecture, elle estime important qu'il y ait un regard de la justice sur les pratiques préfectorales. Car à Mayotte, les personnes sont reconduites à la frontière extrêmement rapidement, sans qu'il y ait de plus, intervention du juge.
« Quand on a eu connaissance de la décision de tribunal, on a pleuré », raconte Emile Droit. Mais sur un cas défendu avec succès et qui a demandé des heures de mobilisation, combien de jeunes sont ainsi renvoyés au mépris du droit?
Si ce n'est pas la première condamnation de la préfecture par le tribunal administratif; c'est en revanche la première fois qu'il prononce une injonction à faire revenir l'enfant dans les quatre jours et qu'il retient le caractère urgent du retour. L'avocate Fatima Ousséni espère bien que ce cas pourra faire jurisprudence

.

JULIETTE CAMUZARD


 

 

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
commenter cet article
21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 21:36

Lu pour vous / Source : http://www.holambecomores.com/blog/2010/05/ce-que-nous-devons-apprendre-de-la-catastrophe-de-haiti-pour-l%e2%80%99habitat/

Ce que nous devons apprendre de la catastrophe de Haiti pour l’habitat

Les Comores  ne sont pas à l’abri des menaces naturelles. Un rapport préparé par Maplecroft, pour « The Independant », qui est un des grands journaux anglais, a conclu que les Comores sont le pays le plus vulnérable au monde. Le score total des Comores est de 1,21 point sur une échelle allant de 1 à 10, avec 1 étant le pays le plus vulnérable, et 10 le pays le plus sûr.

Pour les Comores, la combinaison de tous ces facteurs est pire que pour n’importe quel autre pays au monde. Il est donc temps que l´on prenne conscience des menaces qui pèsent sur notre pays.

La catastrophe de Haïti et ses conséquences doit  nous amener à établir et appliquer un minimum de bon code de l´habitat. Il est regrettable que toute une génération ait disparu à Haïti à cause des erreurs de constructions dans une zone classée comme dangereuse au niveau sismicité. Des écoles, des hôpitaux et même des établissements administratifs se sont totalement effondrés à cause des mauvaises pratiques de construction. Ce qui est comparable à la réalité des Comores.

A Haïti, beaucoup de choses ont été signalées, notamment le manque de conception propre à résister aux tremblements de terre. Mais la principale cause de cette catastrophe, selon une analyse de différents experts,  repose principalement sur les pratiques de construction inappropriées en zones urbaines.  Il y a aussi le manque d’application des codes de conception, l’absence de supervisions de bonnes techniques, et  le manque de disposition du Code de conception parasismique.

De nos jours, les constructions en zone urbaine à Moroni sont très hasardeuses, et même extrêmement dangereuses. Les gens construisent d´une manière  anarchique  sans respecter la moindre norme.

La plupart des maisons en dur dans nos villes sont en béton. Le Comorien a la conviction que “Béton nde maji”,  l´eau c´est mieux pour les bétons, pourtant c´est tout à fait le contraire. L’eau provoque le durcissement du béton par un processus chimique d´hydratation.  Le rôle de l’eau est important parce que le rapport eau ciment est le facteur le plus critique dans la production parfaite du béton. Mais trop d’eau réduit la résistance du béton. Il peut même détruire un bâtiment sans qu´on s´en rende compte à temps. A titre d´illustration beaucoup de maisons construites dans les années 90 présentent des fissures visible au niveau des murs et des toitures. C’est à l’opposé des maisons construites à l´époque coloniale à la coulée de lave, maisons construites en respectant les codes français.

Les maisons qu´on construit au-dessus des maisons existantes, appelées maison à étage (dari),  représentent un danger national. Les murs de support des maisons sont d´une manière générale projetés de façon hasardeuse. Il y a aussi ceux qui décident après une dizaine ou même une vingtaine d´années de couvrir la maison en béton et lui ajouter un étage. Cette pratique reste le plus grand danger qui menace nos villes. Un grande nombre des professionnels du bâtiment n´ont pas de formation appropriée, et c’est aussi le cas pour les ouvriers du bâtiment qui manquent de formation de base.

Plusieurs instituts internationaux de la construction et l´habitat ont établi des bons codes de l´habitat qui sont applicables dans des pays comme le nôtre. Les codes de l´habitat servent non seulement à minimiser les dégâts en  cas d´incendie ou de catastrophe naturelle, mais aussi et avant tout à sauver des vies. Ces bonnes pratiques doivent être introduites dans notre pays.

Comme minimum on doit exiger l´application des codes le l´habitat et l´intervention des spécialistes avant de donner une autorisation de construction en zone urbaine. Et le plus important de tout et d’attirer l´attention de tout citoyen sur le rôle des bons codes qui doivent servir à leur protection et non pour les déranger.

Il est temps que les autorités prennent les choses sérieusement. Qu´on mette en place des organes techniques pour la création et l’implémentation des normes réelles et applicables de l´habitat. Nous devons établir des bonnes pratiques sur la construction des fondations, des murs et des toitures. Et plus important encore, on a besoin d´éduquer nos professionnels pour maximiser la sécurité.

Comme le dit le proverbe, «il vaut mieux prévenir que guérir» : sauvons les enfants des Comores…

Bambi

 

 

Repost 0
19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 13:49

Source: Alwatwan.net / 19 mai 2010

linguiste-Chamangua
Le colloque sur “Plurilinguisme, politique linguistique et éducation“ à Mayotte a débuté lundi matin à Mamudzu en présence du président du conseil général, Ahamed Attoumani Douchina, du vice-recteur, Jean-Claude Cirioni, du Maire de Mamudzu et d’un représentant du préfet de Mayotte. Ce colloque, organisé par l’Université de Rouen et le conseil général de Mayotte avec l’appui financier du vice-rectorat, fait suite à des travaux commencés en 2004 sur le plurilinguisme à Mayotte. Pendant trois jours (du 17 au 19 mai 2010) des chercheurs, venus de France et d’ailleurs, vont livrer leurs réflexions sur le plurilinguisme et la place du shimaore dans l’île comorienne demeurée sous administration française. Certains d’entre eux apporteront des éclairages en évoquant des actions qui ont été menées en Algérie, à Madagascar, Nouvelle-Calédonie, Surinam, Mali, Grande-Bretagne, Tunisie, Ethiopie.

“La langue comorienne : unité et diversité”

Après les interventions des officiels, c’est le linguiste comorien, Mohamed Ahmed-Chamanga qui a eu l’honneur de présenter, dans la salle du cinéma Alpajo, la première communication devant une centaine de personnes, essentiellement des mzungu et quelques cadres maorais. Mohamed Ahmed-Chamanga propose ainsi une lecture du plurilinguisme en rupture avec les discours d’introduction prononcés essentiellement par des acteurs politiques et institutionnels de l’île. Il a défini le shikomori comme la langue parlée dans les quatre îles de l’archipel des Comores. Il a ensuite fait un aperçu historique des langues parlées aux Comores, outre le shikomori : l’arabe, la langue de la religion, le swahili comme langue régionale, le français, langue du pouvoir et de l’administration. Le linguiste comorien a également fait une mise au point sur les erreurs souvent entendues : le shikomori n’est ni une langue arabe, ni un dérivé du swahili, mais une langue sœur ayant pour origine la langue sabaki. Il a affirmé que la langue comorienne réunit toutes les caractéristiques des langues bantu. Pour lui, dans le shikomori on peut distinguer des parlers du groupe occidental (comprenant shingazidja et shimwali) et du groupe oriental (comprenant shindzuwani et shimaore). Dans tous les cas, il a montré que les différences sont surtout des différences de prononciations minimales, comme il en existe dans tous les pays. Ainsi, dans le groupe oriental on dit “ngarionao“ et le groupe oriental ont dit “risiona“. Ces différences sont perceptibles, y compris à l’intérieur de chacune des îles. Il n’y a donc pas de raison de parler de vrai shingazidja, vrai shimaore, etc.

Le shimaore face au français

Après les propos du linguiste, le président du conseil général, Ahamed Attoumani Douchina, qui est de langue maternelle shibushi (malgache), mais qui maîtrise parfaitement le shimaore et le français a exprimé sa satisfaction et a demandé à Ahmed-Chamanga une assistance pour l’élaboration d’une écriture du shimaore. Mais, il a aussi émis des doutes sur l’unicité du shikomori en disant que si les Maorais comprennent facilement le shindzuwani, il existe des gens à Mayotte, notamment dans sa région de Kani-Keli ou d’Acoua, qui ne comprennent pas de prime abord le shingazidja. Deux autres chercheurs des autres îles comoriennes, les docteurs Aboubakari Boina et Saïd Soilihi ont intervenu mardi après-midi, respectivement sur “Instaurer le dialogue par l’éducation et la culture à Mayotte“ et “La langue française dans l’archipel des Comores : statut, usages et pratiques de langue“. Ce colloque international, qui réunit près de soixante dix intervenants, arrive à un moment où l’Education nationale française cherche à évacuer la langue maternelle des enfants maorais des collèges et lycées de l’île, sous prétexte de donner la prééminence au français qui devrait permettre aux élèves de s’ouvrir au monde et de trouver plus facilement du travail. L’idée a d’ailleurs été reprise par le vice-recteur et le représentant de la préfecture de Mayotte dans son intervention qui a parlé du français comme une langue seconde “pour le moment“. L’ampleur du colloque devrait permettre, si les relais d’opinion dans l’île jouent leur rôle, de redonner un peu plus d’importance au shimaore.

Mahmoud Ibrahime

Repost 0
Mariama HALIDI Al watwan - dans CULTURE
commenter cet article
17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 12:35

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Réconciliation dans l’armée :

La paix des braves

 

Moroni, lundi 17 mai 2010 (HZK-Presse) Dans une cérémonie tenue ce dimanche après-midi au palais présidentiel de Beit-Salam, le chef d’Etat-major et le chef du cabinet militaire à la présidence s’engagent à régler leur différend pacifiquement mais aussi à enlever tous les malentendus dans l’armée.

 

La communauté internationale, les notables, le gouvernement, les présidents de l’assemblée nationale et de la cour constitutionnelle et bien sûr les militaires, tous ont été invités dans cette cérémonie dont l’objectif visé était de prendre l’opinion à témoin. Le chef du cabinet militaire à la présidence était le premier à se dévoiler avant que son frère d’arme et chef d’Etat-major n’apparaisse pour prendre place sur deux chaises placées cote à cote. Derrière un parterre de militaires, de l’homme de rang à l’officier, a pris position, signe que cette cérémonie les concerne en premier chef.

 

Le commandant Ibrahim Salim est venu ensuite dévoiler les termes de cet accord qui n’est autre qu’un ensemble « d’engagements sur le règlement pacifique du différend au sein de l’institution militaire ». Ce document est le fruit d’intenses « réflexions et d’un long débat menés par les officiers supérieurs de l’armée nationale de développement ».

 

Ce pacte soulève en premier les dysfonctionnements qui seraient à l’origine de cette crise entre le Général Salimou et le Colonel Bastoi. Comme maux qui minent le fonctionnement de l’armée comorienne, les hauts gradés ont énuméré, « le non respect de la hiérarchie et des attributions », mais aussi « le non respect du devoir de réserve, ce qui porte atteinte à l’image et au renom de l’armée ».

 

Pour palier ces problèmes, l’institution militaire représentée par ces deux hommes en conflit qui ont apposé leurs signatures sur le document, s’engage à « réorganiser la chaine de commandement, responsabiliser les militaires notamment officiers sans emplois et appliquer strictement tous les textes en vigueur notamment en ce qui concerne le recrutement, l’avancement et les affectations ».

 

La Grande Muette devenue « bavarde », selon le président Sambi, s’engage aussi à lutter contre le clanisme, le régionalisme et la politisation de l’institution militaire. Dans un communiqué lu en même temps que le pacte, « l’armée nationale de développement s’inscrit donc en dehors de toute manœuvre de coup d’Etat et de toute forme d’injonction par la force dans le pouvoir d’Etat quelles qu’elles soient, en ce moment et encore moins dans l’avenir ». Un passage qui a sans doute plu au chef de l’Etat, lui qui n’a pas cessé de marteler que « celui qui veut être président de ce pays doit se soumettre à la décision de la population et des urnes ».

 

Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a expliqué les raisons qui l’ont poussé à revenir sur sa décision de limoger les têtes de l’armée. Une décision, dit-il, « qui n’était pas facile à prendre » et il espère « ne pas le regretter ». Mais le locataire de Beit-Salam promet que « s’il entend ou constate que le conflit subsiste à cet accord, il va prendre sa décision de les limoger sans consulter personne ». Après la signature sous les flashs des photographes et les regards passionnés de l’assistance, les deux chefs ont procédé à une symbolique poignée de main, chose impensable il y a encore une semaine.

 

Ce pacte qui scelle la paix des braves est censé désamorcer la crise qui a éclaté au sein de l’institution militaire, suite à l’affaire dite de « tentative d’élimination physique » du chef d’état-major de l’AND, général Salimou Mohamed Amiri, mettant en cause des membres du cabinet de la présidence de la république. Le régime en place a surtout évité le risque d’une implosion de l’armée, à quelques jours de la fin du mandat légal du chef de l’état, constatée par la cour constitutionnelle qui, dans son arrêt du 8 mai dernier a décidé d’ouvrir « une période intérimaire » à compter du 26 mai 2010, tout en maintenant au sommet de l’Etat l’actuel président de l’Union et ses deux vice-présidents, avec des pouvoirs réduits jusqu’à l’élection de son successeur.

 

Ahmed Abdallah Mguéni

170510/aam/hzkpresse/6h00

Repost 0
Mariama HALIDI HZK Presse - dans ARMEE
commenter cet article
17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 12:29

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Réaction après l’arrêt de la cour constitutionnelle :

Djae Ahamada sollicite l’établissement d’un calendrier électoral

 

Moroni, lundi 17 mai 2010 (HZK-Presse) Le vice-président de l’assemblée a tenu une conférence de presse pour afficher sa position après la décision de la cour constitutionnelle. Il a aussi fait l’interprétation du « consensus ». "Nous demandons au gouvernement de dégager très vite un calendrier électoral pour l’organisation des prochaines  élections du président de l’Union et des gouverneurs des îles".

 

Cette déclaration est de Djae Ahamada Chanfi, vice président de l’assemblée de l’Union qui a précisé qu’il parlait au nom du parlement. Cet élu de la mouvance présidentielle a convié la presse samedi dernier pour s’exprimer par rapport à l’arrêt de la cour constitutionnelle rendue le 8 mai ainsi que sur d’autres sujets de l’actualité nationale. Concernant le point spécifique de la décision de la haute juridiction, le député Djae trouve qu’ "elle a ouvert une porte de sortie à la crise qui s’installe".

 

Se situant dans le cadre du dialogue institutionnel dont certaines sources indiquent qu’il reprendra mardi ou mercredi, après l’échec du premier round, l’élu de la mouvance présidentielle souligne que "toute décision dégagée doit être validée par le parlement". M. Djae s’est ensuite lancé dans une interprétation de l’un des articles de l’arrêt de la haute juridiction recommandant une "démarche consensuelle " dans l’exercice du pouvoir du président de l’Union et ses vices présidents.

 

Selon lui, cette "démarche consensuelle, c’est entre le président et ses vices présidents et par ramification les chefs des exécutifs insulaires". Cette interprétation s’inscrit dans la droite ligne de la lecture faite par les hauts dignitaires du régime  en place, même si, elle parait pour le moins équivoque aux yeux de certains observateurs. Plusieurs d’entre eux se demandent s’il y a un conflit entre le chef de l’Etat et ses vices présidents.

 

Le député élu à Oichili s’est ensuite élevé contre l’équipe du chef de l’exécutif de l’île de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi, qui selon lui, a pris en otage l’île. "Alors que les gouverneurs d’Anjouan et Mohéli ont nommé leurs commissaires, celui de Ngazidja refuse de se plier", a déploré Djae Ahamada qui menace de "saisir la cour constitutionnelle pour empêchement de l’exécutif de Ngazidja". Il a, par ailleurs, appelé la communauté internationale à s’imposer fermement pour le respect des institutions.

 

Djae a aussi indiqué que "les mandats des présidents des îles ont expiré depuis la réforme constitutionnelle du 17 mai 2009". Dans cette même lancée, cet élu de la mouvance présidentielle a aussi coché des flèches à l’opposition qui donne l’impression d’être toujours en retard. "L’opposition ne joue pas convenablement son rôle. Des fois, elle réagit après coup", a-t-il lancé. Au cours de cette conférence de presse, ce député a critiqué le comportement de certains médias qui prônent ouvertement la violence.

 

Faissoili Abdou

170510/FA/hzkpresse/9h00

Repost 0
Mariama HALIDI HZK Presse - dans PARLEMENT
commenter cet article
13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 09:49

Enfin l'intégralité de l'Arrêt de la Cour Constitutionnelle du 08 mai 2010  rélatif à la loi n° 10­003/CAUCI du 1er mars 2010 , par laquelle le Congrès a prolongé le mandat du Président de l'Union jusqu'au 27 novembre 2011 !

 Vous pouvez le consulter en cliquant ICI (fichier en pdf). Ce document facilitera son analyse et son commentaire. Car il était compliqué (pour les juristes en particulier) de faire ce travail intéréssant en s'appuyant sur un extrait de l'arrêt ne comportant même pas les motivations de la cour Constitutionnelle et les arguments des uns et des autres comme certains se sont hasardés à le faire dès le lendemain du délibéré de l'arrêt de la Cour constitutionnelle. 

 

A noter que c'est nous qui avons jugé utile de surligner en jaune certains  passages qui ont particuliérement attiré notre attention.

 

Halidi Allaoui

HALIDI-BLOG-COMORES 

Repost 0
12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 09:14
SAMBI à l'onuLe Président de la République, Monsieur Ahmed AbdallaH Sambi (Photo archives) livré devant les notables de Ngazidja, sa première réaction, à la suite de l'Arrêt de la Cour Constitutionnelle.



C'est au Palais de Beit-Salam, dans l'après-midi de ce mardi 11 mai 2010 et devant la notabilité venue de tous les coins de l'Ile de Ngazidja, que le Chef de l'Etat a livré sa première réaction, à la suite de l'arrêt de la Cour Constitutionnelle, dans un discours en langue nationale dont voici la traduction :

Honorable assistance,

Je ne sais quoi dire et quoi ne pas dire car dès lors que j'ai aperçu les visages agréables de cette honorable assistance, venue dans ma résidence, celle du Président de la République, en de pareilles circonstances, j'ai pressenti que vous m'apporteriez de la joie, en me transmettant les bénédictions du pays qui, sans cesse, se répandent sur nous.

Il ya beaucoup à dire. Mais le plus évident aujourd'hui, pour ceux qui ont les yeux et les oreilles ouverts, c'est que ce pays semble avoir bien des ennemis : des gens qui veulent faire fuir tout bienfait de ce pays et qui veulent y semer la discorde.

Il fut un moment ou la compétition politique, inévitable, était compréhensible. Mais il reste que les tribunaux qui jugent des divergences politiques, ce sont les urnes qui, dès lors qu'elles ont livré leur verdict, appellent à la soumission.

Chez nous aujourd'hui, les urnes se sont prononcées et certains refusent leur verdict. Ceux qui ont eu le mandat de parler au nom du pays, aussi bien les députés de l'Assemblée de l'Union que les Conseillers des îles, se sont prononcés au moment voulu. Mais il ya des gens qui refusent leur décision. Il s'ensuit, que lorsqu'on cherche à comprendre, on se rend compte que ces gens-là ne souhaitent que du mal pour ce pays. Ils veulent un pouvoir non issu des urnes électorales.

C'est pourquoi je pense que, plus qu'à tout autre moment passé, les fils et les pères de ce pays, ses autorités ainsi que tous ceux qui considèrent ce pays comme le leur, doivent se mobiliser pour ordonner le bien et, en même temps, empêcher le mal.

Ce que vous avez fait aujourd'hui en venant ici, entre dans ce cadre : ordonner le bien. Votre venue a rassuré mon cœur. L'un de vous m'a même recommandé de prendre des vitamines pour fortifier le corps. Il s'est sans doute dit que j'ai quelques soucis et c'est la vérité.

C'est n'est point ce qui a été décidé avant-hier par la Cour Constitutionnelle qui me donne ces soucis même si je n'en suis pas satisfait. Cela ne m'a pas causé du souci, étant donné que je suis un homme de droit respectueux de la légalité. J'ai en effet compris que les décisions de tout organe judiciaire ressemblent à des balles qui, une fois tirées du fusil, ne peuvent revenir en arrière.

Certes, j'aurais souhaité qu'il en soit décidé autrement mais, dès lors que la Cour s'est prononcée, je me soumets à sa décision.

Vous savez que les membres de la Cour Constitutionnelle ont approuvé ce qui est issue du Congrès et ceci revêt une grande importance. Les gens craignaient qu'ils agissent autrement. Ainsi, nous les remercions d'avoir accepté la volonté et le choix des comoriens.

Vous savez également, que ce sont que les membres de la Cour Constitutionnelle qui m'ont fait prêter serment le 26 mai 2006, légalisant ainsi mon investiture en tant que Président.

Avant-hier, ils m'ont de nouveau légitimé en déclarant légale ma présidence jusqu'à la tenue des élections de mon successeur. En cela, je les remercie car ils ont compris qu'il s'agissait du choix des comoriens, fait à l'occasion du référendum et des élections législatives qui ont permis la composition et la tenue du Congrès.

Ainsi la légitimité et la légalité sont intactes. Vous aviez sans doute entendu l'opinion selon laquelle, la Cour allait constater la fin de mon mandat en 2010. Si tel avait été le cas, je me serai néanmoins soumis en tant que légaliste qui n'accepte que le pouvoir légitime et puisqu'il appartient aux seuls membres de cette Cour de légitimer ou non un pouvoir. Mais, Louanges à Allah, ils m'ont légitimé.

Pourquoi alors ne suis-je pas satisfait de leur décision ? C'est qu'en même temps qu'ils légitimaient la conduite de l'Etat par le Président et les Vice-présidents, jusqu'à l'investiture du prochain Président, ils ont restreint les attributions du Président durant la période intérimaire, du 26 mai 2010 au jour de l'investiture, notamment la dissolution de l'Assemblée. Pourquoi ? Dieu seul le sait. D'ailleurs comment allais-je dissoudre une assemblée dont la majorité nous est favorable ?

Ils ont également dit que je ne saurais changer de Gouvernement, ce qui m'a un peu contrarié et que je ne saurais enfin modifier la composition de la Cour Constitutionnelle. Tout cela m'a contrarié mais je ne peux que me soumettre et m'y conformer.

Toutefois, à entendre certains propos, il y en a d'autres qui refusent la décision de ceux qui les ont fait prêter serment et investi dans leur pouvoir. C'est pourquoi, il me semble que ceux ne souhaitent pas qu'il y ait une compréhension mutuelle, gage de paix et de stabilité et qui aimeraient au contraire des troubles pour qu'ils soient appelés à ramasser un pouvoir pour lequel, ils n'ont fourni aucun effort et ce, sans passer par les urnes.

Jadis, un adage que je comprends bien aujourd'hui, disait que celui qui est pressé d'avoir un enfant va épouser une femme déjà enceinte. Les récents événements jettent une lumière sur la véracité de cette affirmation.

En tout état de cause, ce que je souhaite vous dire, chers Notables, c'est qu'aujourd'hui vous avez ordonné le bien en venant auprès de moi mais je vous demande également d'empêcher le mal, au nom de Ngazidja et des Comores. Si vous saviez ce que certains des enfants de ce pays ont comme funestes projets, notamment en le soustrayant des pays où règne l'Etat de droit !

Or un pays sans droit n'est pas respecté. Celui dont la constitution n'est pas respectée n'est pas estimé. Mes frères, aujourd'hui toutes les institutions de ce pays sont en place. Mais dans le même temps, certains font appel aux calamités ou font comme si nous étions dans une association. Or nous sommes dans un Etat qui a sa souveraineté et son rang qui le font respecter dans le monde.

Ainsi, je souhaiterais, comme vous êtes venus m'ordonner de pratiquer le bien, autant que faire se peut, de défendre le mal de ceux qui voudraient faire fuir la prospérité, notamment ceux qui veulent apporter le malheur à ce pays ou y faire venir ce qui est mauvais. Je vous demande donc, avec votre sens de l'honneur et dans vos dignes habits de notables, d'aller leur dire que nous souhaitons voir les fruits de ce qui a été semé et recueillir les dividendes de nos efforts, et par la même occasion, les prier de ne pas faire partie de porte-malheurs de ce pays.

Mes frères, si j'ai dit et répété tout cela, ce n'est pas pour que vous me défendiez. Je suis un mortel. Nous sommes des mortels. L'Etat, lui, reste. Or notre Etat est dans l'attente de nombreuses opportunités qui seraient probablement à l'origine des tentatives de déstabilisation.

Je vous informe ainsi qu'hier, la visite d'une délégation qui devait venir du Koweït dans les jours qui viennent a été reporté. Il n'est malheureusement pas exclu, que les échos de certaines radios étrangères aient renvoyé une image effrayante du pays. Des radios de l'intérieur du pays et de l'étranger, font tout pour salir le pays.

Ainsi donc, si quelques uns parmi vous pensent que le Président devrait prendre des vitamines car il a des soucis, c'est la vérité. Mais mon souci, c'est l'image des Comores. Par Allah Tout-Puissant, mon tourment c'est l'image négative que certains veulent donner des Comores, après tous les efforts que j'ai déployés pour changer cette image et la redorer. Ceux qui sont loin de nos réalités, pourraient penser qu'il y a des troubles dans le pays. C'est ce qui me chagrine. Pour le reste, je suis un être humain.

Mes ainées, mes frères, il y a une divergence qui existe aux Comores, entre ceux qui mettent en avant les intérêts de la Nation et ceux qui recherchent leurs propres intérets. Cette confrontation est là. Je remercie Dieu de figurer parmi ceux qui privilégient les intérêts de l'Etat. Je vous remercie de figurer parmi ceux qui pensent que quand le pays gagne, nous gagnons tous, que la prospérité générale est celle de chacun de nous. Les responsabilités au sein de l'Etat ne sont que pour quelques uns.

Ainsi, je vous demanderai une fois encore, de veiller à la sauvegarde de l'image et de la réputation positive de notre pays et de faire parler de ce dernier en bien. Cela est plus important que tout le reste.

Je ne suis pas, pour ma part étonné car je suis un croyant. Or le croyant est sans cesse éprouvé. Je n'en suis pas à ma première épreuve. Mais je vous rappelle que je suis un être humain. J'ai ma famille, mon épouse et mes enfants. Je me réjouis d'entendre que les Comoriens sont satisfaits de ce que nous avons pu faire et des efforts que nous avons déployés. Je me réjouis également de vos propos aimables.

Toutefois, n'oubliez pas que je suis un être humain. Je suis un être humain. Il se peut qu'à un moment donné je me dise que trop c'est trop. Certains voudraient déjà que j'en sois à ce point mais, tant que je serai convaincu que vous êtes avec moi, je compte, avec l'aide de Dieu mener le bateau à bon port.

Le drapeau de la tournante a été utilisé comme la tunique de Othmane : lorsque ce dernier a été assassiné, les semeurs de troubles ont brandi sa tunique ensanglantée, alors qu'en réalité c'est la zizanie qu'ils voulaient répandre. Or je n'ai jamais remis en cause la tournante.

Mes frères, ces deux derniers jours, je me suis demandé : « quel mal ai-je donc fait à ce pays ? Quelle forfaiture ai-je commis dans ce pays ? Qui ai-je lésé ? De quel délit suis-je donc coupable au point que certains éprouvent un plaisir et un délice quand ils m'insultent, me raillent et me calomnient ? C'est étrange.

Pourtant je sais que meilleurs que moi ont subi pire que moi. C'est ce qui me donne de la force. Mais tout cela ne devrait pas demeurer ainsi ou avoir notre approbation. Détruire est plus facile que construire. Nous, nous construisons mais, si nous laissons les autres démolir, quand donc s'achèvera la construction ?

C'est pourquoi je vous demande aujourd'hui, avec notre prestige, votre prestance et votre éloquence, de défendre, non pas ma personne, mais le pays. Sachez que si du mal est souhaité pour AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, encore plus de mal est voulu pour le pays.

Qu'ai-je donc fait ? Je me suis rendu compte du mal qui rongeait ce pays et que vous m'avez élu pour y remédier. Parmi les maux que j'avais identifiés, il y avait la tenue d'élections, tous les ans, dans un aussi pauvre pays que le nôtre.

En effet, le calendrier avait programmé des élections tous les ans, de 2006 à 2019, hormis l'année 2011. Avais-je le droit de laisser les choses en l'état alors que le Constitution m'autorisait à initier des réformes ? Ai-je mal agi en vous demandant ces réformes ? Je ne le pense pas, d'autant que je ne l'ai pas fait de façon arbitraire mais en consultant les comoriens par référendum, suivant le voies démocratiques. Est-ce là le mal qui a été transformé en arme contre moi ? Notre souci n'a été autre que l'existence d'une constitution de l'Etat et d'institutions respectées.

Si je vous entretiens de tout cela, c'est pour vous confirmer que j'ai en effet des soucis relatifs à l'image de l'Etat. Que certains n'imaginent pas que c'est le pouvoir qui m'importe. Si tel avait été le cas, je vous aurais simplement demandé le renouvellement de mon mandat, sachant que la majorité des Comoriens m'auraient approuvé.

Mais telle n'était pas ma volonté. Je ne souhaitais que l'harmonisation des mandats et des élections. Cela a été transformé en arme pour semer des troubles et faire fuir la prospérité qui a enfin souri à notre pays.

En tout état de cause, je place ma confiance en Dieu en espérant que vos prières et vos bons cœurs nous aideront.

Toutefois, en plus des invocations, ordonnez le bien et empêcher le mal. Si d'aucuns veulent faire du mal, dites leurs de cesser. Vous m'avez remercié tout à l'heure. Je vous remercie à mon tour. Mais si d'autres sont à l'origine de troubles et de zizanies, parlez-leur d'une seule voix. Peut-être que ceux qui disent d'un côté, parler au nom des grands-comoriens ou des Mohéliens ou des anjouanais, vous écouteront-ils. Je vous demande donc de parachever la mission.

Pour ma part, je suis là, en homme respectueux de la légalité. Le droit a parlé. Mes craintes ne se sont pas justifiées, notamment la constatation de la fin du mandat du Président SAMBI, le 26 mai 2010.

Bien au contraire, il a été dit que le Président exerce ses pouvoirs jusqu'à l'investiture du fils de Mwali qui prendra la relève, même avec quelques restrictions qui me contrarient. Mais l'essentiel est que le pouvoir a été légitimé. Le reste vous appartient pour stopper ceux qui veulent détruire, pour que les comoriens, qui ont usé de leur droit de vote, ne se découragent pas demain et ne considèrent pas vain, le recours aux urnes.

Ainsi, ce qu'il faut retenir, c'est que dans la lutte qui existe entre ceux qui veulent du bien pour le pays et ceux qui recherchent leur propres, ces derniers ne sortent pas vainqueurs.

Dans cette lutte, ce sont ceux parmi nous qui privilégient les intérêts de la Nation qui doivent triompher. Dieu fasse que la guerre de la salive se transforme, non pas en guerre tout court mais en débat politique.

Pour terminer, et sans abuser de votre temps, je vous dirai que j'ai été heureux de la venue d'aussi éminentes personnalités telles que vous. Vous savez, que chaque homme, a besoin partout, de ressentir qu'il n'est pas isolé dans ce qu'il accomplit. Vous m'avez aujourd'hui conforté.

Dieu multipliera pour nous les heureuses occasions, jusqu'à ce que nous puissions voir, entendre, toucher du doigt et gouter enfin à notre tour au bien-être et à la prospérité que Dieu nous promis, avec Sa volonté.

Je vous remercie pour votre déplacement et pour vos propos élogieux. Toutefois, je vous demande, une fois encore, de réfléchir à ce que je viens de vous dire et de l'accomplir. Ne vous contentez pas d'ordonner le bien mais interdisez également le mal. Voilà les recommandations de l'Islam.

Que la Paix d'Allah et Sa bénédiction soient sur notre Seigneur Muhammad, à sa pure et noble famille et à ses fidèles compagnons. Qu'Allah vous bénisse.

Source : beit salam

Repost 0
Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
commenter cet article

Pages