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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 11:24

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Dialogue institutionnel :

Les négociations piétinent

 

Moroni, jeudi 27 mai 2010 (HZK-Presse) Au troisième jour des négociations entre l’Union et les exécutifs insulaires, la situation semble plus que jamais bloquée. Pourtant, la veille, les parties impliquées dans ce dossier étaient arrivées à un consensus pour une organisation des élections harmonisées au mois de novembre 2010. Ce qui avait suscité l’espoir de la population sur la possibilité d’un accord entre la classe politique. Mais, si cette date a été adoptée à l’unanimité des parties en présence, l’exigence de la délégation mohélienne de fixer une date pour l’investiture du prochain président de l’Union au mois de novembre 2010 est venu gripper toute la machine.

 

Les négociateurs ont passé plusieurs heures de discussions sans pouvoir se mettre d’accord sur ce point. En imposant la fixation de cette date pour l’investiture, la partie mohélienne dit vouloir « des garanties sur l’alternance politique en cette année 2010 », alors qu’elle semble douter de la sincérité du pouvoir en place. « Ils ont signé pour des élections harmonisées en novembre 2010, nous leur demandons de fixer une date. Ils ne veulent pas, car ils veulent nous ramener jusqu’en 2011 », accuse Ali Hassanaly, membre de la délégation mohélienne.

 

Les représentants du gouvernement de l’Union estiment que c’est plutôt à partir du mois de novembre que devrait démarrer le processus des élections notamment l’organisation des primaires pour les présidentielles de l’Union et le premier tour des élections des gouverneurs des îles. Ils évaluent cette date par rapport aux mécanismes de déblocage des fonds des partenaires au développement du pays qui sont sollicités pour un appui dans le cadre de l’organisation des scrutins.

 

« Il y en a qui mettent 6 mois avant de débloquer des fonds et d’autres 8 mois », explique le ministre Fouad Mhadji, membre de la délégation de l’Union. En tout cas, le chronogramme des élections doit être établi par une équipe technique qui sera chargée d’évaluer le coût et les différentes étapes du processus électoral. Suite au blocage des discussions la délégation du gouvernement de l’Union a quitté la salle vers 21 heures.

 

« C’est une petite suspension. On part et on reviendra », a indiqué Me Fahmi Saïd Ibrahim, nouvellement nommé ministre des relations extérieures. « On a fait une interruption car pour le moment, il n’y a pas d’entente. Ça a bloqué sur la date », a expliqué Mohamed Bacar Dossar, nouveau ministre des finances et chef de la délégation du gouvernement de l’Union dans ces discussions qui a quitté le lieu de la rencontre alors que les autres chefs des délégations étaient entrain de discuter avec la communauté internationale.

 

Rappelons qu’en 72 heures de négociations les délégations sont restées uniquement sur le point de l’établissement d’un calendrier pour l’organisation des élections harmonisées. Jusqu’à 21 heures, hier, le deuxième point, la gestion de la période intérimaire qui s’est ouverte à partir du 26 mai à 00heures, n’était pas encore abordée. A l’allure où évolue le dialogue ont peut craindre qu’on n’est pas encore sorti de l’auberge…

 

Faissoili Abdou

270510/fa/hzkpresse/09h00

 

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Mariama HALIDI HZK Presse - dans ELECTIONS
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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 09:43

Dernière minute :

 

Le Président de l'Union des Comores a formé hier (25 mai 2010) mais publié ce jour (26 mai 2010) un nouveau gouvernement. Vous pouvez cliquer ICI (fichier en PDF) pour voir les quatre decrêts présidentiels (Nomination du gouvernement, du Secrétaire Général de la Présidence, du Secrétaire Général du gouvernement et du Directeur du Cabinet du Président de l'Union chargé de la défense).

 

Noous vous ferons part de nos commentaires plus tard.

 

Bonne lecture

 

Halidi Allaoui

HALIDI-BLOG-COMORES

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 04:56

Lu pour vous : Source AFP 25 mai 2010 18h20

FOMBONI (Comores), 25 mai 2010 | Des négociations ont de nouveau tourné court mardi à Moroni entre le gouvernement fédéral comorien et les exécutifs des trois îles de l'archipel pour fixer le calendrier électoral après la fin théorique, mercredi, du mandat du président Sambi, a-t-on appris de sources officielles.

Des négociations ont de nouveau tourné court mardi à Moroni entre le gouvernement fédéral comorien et les exécutifs des trois îles de l'archipel pour fixer le calendrier électoral après la fin théorique, mercredi, du mandat du président Sambi, a-t-on appris de sources officielles.

La délégation de l'île de Mohéli a quitté la salle après avoir estimé que ses conditions n'étaient pas suffisamment prises en compte par la partie gouvernementale et la communauté internationale, selon plusieurs participants à la réunion.

"Je regrette que les négociations n'aient pas abouti. L'entière responsabilité en incombe à Mohamed Ali Said (chef de l'exécutif de Mohéli) qui feint d'ignorer les réformes institutionnelles intervenues", a déclaré à l'AFP Me Fahmi Said Ibrahim, membre de la délégation de la majorité présidentielle, joint au téléphone par l'AFP.

"Nous ne sommes pas concernés par les réformes de (Ahmed Abdallah) Sambi", a déclaré Abdourahim Ben Cheikh Achiraf, le ministre de l'Intérieur de Mohéli et membre de la délégation de l'île à ces pourparlers.

Ces discussions, menées avec le soutien de la communauté internationale et de l'Union africaine (UA), avaient repris lundi soir.

 

M. Sambi a obtenu en mars la prolongation de sa présidence jusqu'à fin 2011, au terme d'une réforme constitutionnelle contestée et d'un Congrès boycotté par l'opposition.

 

La Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays, a jugé début mai que ce mandat expirait effectivement le 26 mai, mais que le président Sambi devrait ensuite exercer le pouvoir au cours d'une "période intérimaire", dans une "démarche consensuelle" et avec des pouvoirs limités, jusqu'à l'organisation d'élections dont la date reste à fixer.

Cette prolongation suscite la colère des habitants de Mohéli à qui revient normalement le tour d'assurer la présidence de l'Union des Comores, en vertu du principe de la présidence tournante entre les îles de Grande Comore, Anjouan et Mohéli.

"La tournante mohélienne n'est pas conditionnée par l'harmonisation", des différents scrutins, a martelé M. Achiraf, avant de résumer: "Mohéli veut donc sa tournante".

Mardi, environ 200 jeunes avaient érigé des barrages sur les principaux axes routiers de Fomboni, la principale ville de Mohéli, pour faire pression sur les discussions en cours.

"Sambi ne doit pas assurer la transition", avait expliqué à l'AFP Elamine Ali Mbakara, président de la Coordination du mouvement des jeunes patriotes mohéliens et maire de Fomboni.

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 04:45
Le Président de la République s’est adressé à la Nation.




Dans le discours adressé à la Nation ce soir du 25 mai 2010, le Président de la République a comme à l'accoutumé, rappelé qu'il a toujours pris à témoin le peuple comorien, à tous les moments cruciaux de la vie de la Nation, en s'adressant à lui, depuis qu'il a été élu Chef de l'Etat il y a quatre ans.

Dans son entendement, le choix fait sur lui par les Comoriens en 2006, signifiait pour lui de sortir le pays de la misère et de la pauvreté et d'apporter des remèdes aux maux qui frappaient la société comorienne.

Avec le recul, le Chef de l'Etat estime aujourd'hui avoir rempli sa mission et avoir obtenu des résultats positifs même s'il reconnaît que sur certains points, les fruits n'ont pas été à la hauteur des attentes.

Le Président de la République a ensuite abordé les questions du moment, notamment celle relative à la fin du mandat présidentiel : le Président SAMBI reste-t-il ou non Chef de l'Etat après le 26 mai ?

Sur ce point, le Président de l'Union des Comores a tenu à lever toute ambigüité et rassurer ceux que les débats politiciens ont fait douter ces derniers temps : « Ceux-là mêmes qui ont légitimé mon pouvoir en 2006, les membres de la Cour Constitutionnelle, en me faisant prêter serment pour quatre ans et qui ont en charge, de veiller à la constitutionnalité des lois, viennent d'apporter une réponse claire dans l'article 4 de l'arrêt de la Cour qui « déclare qu'à compter du 26 mai 2010, s'ouvre une période intérimaire durant laquelle le Président de l'Union et les Vice-présidents exercent leurs pouvoirs, dans une démarche consensuelle, jusqu'à l'investiture du nouveau Président de l'Union et des Gouverneurs élus »

Longuement, le Chef de l'Etat est revenu sur le processus qui a mené à cet arrêt, depuis le constat qu'il avait fait : « notre pays était condamné à organiser des élections tous les ans, de 2006 à 2019 à l'exception de 2011 ».

Il est ensuite revenu sur le référendum, les élections législatives et le Congrès pour démontrer que tout le processus a respecté la démocratie et la légalité.

Le Président SAMBI a avoué qu'avant cet arrêt de la Cour, il s'interrogeait sur sa légitimité après les quatre années initiales.

« Or suite à la saisine de plusieurs personnes, la Cour a légitimé l'exercice de mes pouvoirs ainsi que ceux des vice-présidents, après le 26 mai et ce, jusqu'à l'investiture de mon successeur mohélien » a-t-il noté.

Le Président de la République a ainsi déclaré que c'est « la conscience tranquille envers Dieu et les Hommes » qu'il entend assumer ses responsabilités. « Si je m'étale sur ce processus, c'est parce que certains veulent faire dire à l'arrêt de la Cour Constitutionnelle ce qu'il ne dit pas » a-t-il expliqué.

Il a rappelé que dans des cas similaires, la Cour s'était nettement prononcé, constatant la fin des mandats de MM Mohamed Bacar et El-Bak, notamment. « Avez-vous vu dans l'arrêt rendu, la constat de la fin ou de l'expiration de mon mandat ? » a-t-il demandé.

Le Chef de l'Etat explique cela par le fait que la Cour a certainement pris en compte dans son arrêt, le référendum, les élections législatives et le Congrès.

« C'est en me conformant à cette disposition que je reste dans mes fonctions car, jamais, la fin ou l'expiration de mon mandat ne m'a été notifiée par la Cour Constitutionnelle » a-t-il assuré, ajoutant qu'il entend exercer ses pouvoirs en tenant compte des restrictions relatives à la dissolution de l'Assemblée de l'Union, au changement du Gouvernement et de la composition actuelle de la Cour Constitutionnelle et celles relatives au recours aux mesures exceptionnelles.

« J'entends me conformer à la légalité car nous sommes dans un état de droit qui a ses institutions qui doivent se renouveller conformément à la Constitution. » a-t-il déclaré.

Le Président de la République a ajouté qu'en dépit de la légalité et de la légitimité dont il jouit, il a accepté le dialogue pour éviter au pays des divisions, bien que cela ne fût pas pour lui une obligation.

C'est avec gravité et « tristesse » qu'il a ainsi annoncé que, comme les premiers rounds des négociations, ce dialogue a échoué et n'a pas apporté les fruits escomptés « car pour certains, dialogue était synonyme de piétinement des institutions et des lois, ce qui est inacceptable ».

Estimant avoir « aidé ce pays, en instaurant l'harmonisation des mandats et le regroupement des élections », le Chef de l'Etat a révélé avoir accepté hier, la tenue des élections « dès juillet prochain en signant même un engagement dans ce sens ». Or, a-t-il poursuivi, les discussions ont tournés aujourd'hui et la délégation mohélienne s'est retirée.

« Je suis le garant de l'unité nationale, de l'intégrité du pays et à ce titre, je ne peux pas fermer la porte du dialogue. Toutefois, je dois assurer la continuité de l'Etat et la vie de la Nation doit aller son cours. C'est pourquoi je vais mettre en place un gouvernement dès ce soir, en attendant la suite ».

Pour terminer, le Chef de l'Etat a appelé ceux qui lui ont fait confiance pour diriger le pays, ceux qui ont défendu la patrie, les notables, hommes et femmes et la jeunesse en particulier à rester vigilants et à refuser d'être utilisé pour déstabiliser l'Etat.

A ceux qui ont en charge la défense, notamment la gendarmerie et l'Armée, il leur a demandé de continuer leur mission de protection des biens et des personnes.

A la classe politique ensuite, le Président de la République a demandé de chercher le pouvoir dans les mois qui viennent, par les urnes, au cours de prochaines élections au lieu de le chercher dans le piétinement des institutions.

A tous les Comoriens enfin, il a demandé d'apporter, au lieu des couteaux et des haches auxquels certains font appel, des fleurs et des « takbir » pour défendre le pays, pour l'agrément de Dieu dans ce monde et dans l'au-delà.

« Notre pays a aujourd'hui une chance qu'il n'a jamais eue. Certes, nous traversons une mer agitée mais si nous refusons les divisions et les troubles, Dieu nous aidera à la traverser » a-t-il conclu.

source:beit salam
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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 14:44

Moroni le 24 mai 2010

PROJET DE PROTOCOLE DE LA TRANSITION

 

Nous force de l’opposition nouvelle, animée par le Député Maître Ibrahim Ali Mzimba, déclarons solennellement notre attachement à la constitution de l’Union des Comores de 2001 et, dans sa version nouvellement révisée et à ses règles, garanties par la même constitution.
Dans ce cadre et au vu des règles internationales qui régissent les Etats démocratiques, leurs relations et leur reconnaissance mutuelle, la transition démocratique ouverte par l’arrêt de principe de la Cour Constitutionnelle des Comores est une période d’atténuation du pouvoir exécutif en place et de partage consensuel des décisions régissant l’Etat. Cet arrêt de la cour constitutionnelle est un appel à la cessation aux rigidités et aux blocages manifestés par l’opposition traditionnelle et renforcés par le pouvoir en place.

 

A ce titre nous déclarons solennellement les priorités suivantes comme feuille de route de la période de transition.


 Respect intégral de l’arrêt de la cour constitutionnelle notamment, le respect de l’harmonisation et la tenue des élections générales du Président de l’Union et des Gouverneurs des îles à la même période ;


 Attachement à l’unité de la nation comorienne ;


 Respect absolu du principe de la tournante au profit de l’île de Mohéli ;


 Respect de l’Etat de droit, des libertés individuelles, des libertés de la presse et des médias ;


 Respect des engagements internationaux, des conventions, et des relations diplomatiques représentant la dignité du peuple comorien aux yeux du monde ;


 Respect des règles de fixation d’un calendrier électoral accepté par l’île de Mohéli, dans la mesure où la transition n’est pas une période de pouvoir d’exception, mais un exercice consensuel du pouvoir.

 

A ce titre, la tâche principale consistera pour la transition à faire respecter le dit calendrier, en le garantissant solennellement devant le peuple tout entier et devant la communauté internationale.

Ce mécanisme ne pourra être ni ralenti, ni stopper peu importe les circonstances.
Nous posons comme conditions de réussite que les conclusions communément acceptées par les participants au dialogue soient clairement établies devant le peuple par le biais d’une déclaration officielle des parties, avant la prise d’effet le 26 mai 2010 à minuit.

 

Si par malheur pour notre peuple, nous ressentions objectivement une impossibilité des Exécutifs des îles, de l’opposition traditionnelle et de l’Exécutif de l’Union à réellement et authentiquement appliquer les recommandations de la Cour Constitutionnelle, nous demanderons immédiatement à la communauté internationale et à l’Armée Nationale du Développement des Comores de déclarer inapte l’ensemble des acteurs participant à ce même dialogue.

 

En cela, nous demanderons instamment à la communauté internationale de bien vouloir débloquer les moyens nécessaires à l’organisation immédiate des élections présidentielles de l’Union des Comores, ayant pour finalité la direction de l’Etat par un ressortissant mohélien pour une durée de cinq ans.


LA NOUVELLE OPPOSITION DES COMORES

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Mariama HALIDI HALIDI - dans COMMUNIQUES
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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 08:35
 
Publié par: HZK-Presse: 25/05/2010
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Selon une information exclusive de HZK-Presse et La Gazette, l’on s’acheminerait vers un accord pour la tenue des élections du président de l’Union et des gouverneurs des îles en juillet ou octobre prochain. Les délégations présentes au Palais du peuple où se déroule le dialogue inter-comorien depuis hier lundi, sont parvenues à un début de consensus très tard, dans la nuit de lundi à mardi, selon des sources proches des négociateurs, qui ont requis l’anonymat. Mais jusqu’à 00 h 45 mn, l’on attendait encore la réponse officielle du gouverneur de Mwali, Mohamed Ali Said.
Le président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi aurait donc accepté de quitter le pouvoir en juillet prochain, à condition que les gouverneurs des îles fassent autant. Toutefois pour entourer cet accord des garanties pour toutes les parties comoriennes, la communauté internationale exhortent les délégations de « s’abstenir de toute déclaration intempestive » jusqu’à la signature d’un document final, apprend HZK-Presse.

ESO
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Mariama HALIDI HZK Presse - dans ELECTIONS
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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 22:45

Les négociations sur le calendrier de l’élection du Président de l’Union et des gouverneurs qui devaient avoir lieu ce jour (samedi 22 mai 2010) entre le gouvernement de l’union et les gouvernorats à Moroni sont terminées en queue de poisson. Pour cause : Les représentants de l’île de Mwali n’ont pas fait le déplacement. Du coup, ces négociations n’ont duré que quelques minutes. Juste le temps de constater l’absence des représentants de Mwali. C’est bien parti !

Il est probable que les négociations reprennent demain. C’est du moins ce que Monsieur, Abdallah Halifa, ancien Président de l’Assemblée Fédérale des Comores dans les années 80, chargé de diriger ces négociations  a déclaré et espère.

A titre de rappel, la Cour constitutionnelle, a rendu le 8 mai 2010 un arrêt curieux dans lequel il a déclaré «qu'à compter du 26 mai 2010 à 00 heure, s'ouvre une période intérimaire durant laquelle, le Président de l'Union et les Vice-présidents exercent leurs pouvoirs, dans une démarche consensuelle, jusqu'à l'investiture du nouveau Président de l'Union et des Gouverneurs élus »

Compte tenu de ce boycott – il y en aura certainement d’autres – il n’est pas inutile de s’interroger sur ce qui va se passer au cas où par exemple un gouvernorat empêcherait au « Président de l'Union et les Vice-présidents d’exercer leurs pouvoirs, dans une démarche consensuelle, jusqu'à l'investiture du nouveau Président de l'Union et des Gouverneurs élus » durant la période intérimaire. D’autant plus des négociations étaient déjà interrompues en avril dernier faute de consensus.

 

En tout cas, les questions sérieuses à débattre ne manqueront pas pour les juristes qui s’intéressent au droit constitutionnel comorien.

 

Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES

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Mariama HALIDI HALIDI - dans ELECTIONS
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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 21:43

 Lu pour vous / Source : Upanga n°23 du 10 mai 2010

La préfecture a été condamnée par le tribunal administratif pour avoir reconduit un mineur à Anjouan et a dû organiser son retour à Mayotte dans les plus brefs délais.

 

Reconduit à Anjouan le 30 mars, Youssouf' a finalement regagné Mayotte le 5 mai. Le tribunal administratif a condamné le 3 mai la préfecture à rapatrier le mineur au motif qu'il n'aurait pas dû être expulsé. C'est grâce notamment à l'acharnement de son professeur de français assistée de l'avocate Fatima Ousséni que l'affaire a pu prendre ce tournant positif
“Les enfants de la classe sont venus me voir un matin pour savoir s'il y allait avoir de nouvelles élections des délégués de classe, raconte Emilie Droit, professeur de français de Youssouf qui était délégué de sa classe. C'est la que j'ai appris qu'il avait été reconduit à Anjouan. ” L'enseignante remue alors ciel et terre pour le faire libérer, assistée de la Cimade et de l'avocate Fatima Ousséni. Ils obtiennent gain de cause le3 mai dernier quand le tribunal administratif reconnaît le caractère urgent de son rapatriement à Mayotte (le jeune homme était livré à lui même sur le territoire, dans un pays qu'il ne connaissait pas et sans famille pour l'héberger). Et oblige la préfecture à ramener l'adolescent dans un délai de 96 heures.
Sur le bateau sans passer par le CRA
« C'est intolérable qu'un mineur soit arrêté, enrage l'enseignante, par ailleurs sympathisante de la Cimade. D'autant que ça presque normal aux yeux de tout le monde. Si je n'avais rien fait, il serait encore là-bas ! Pourtant, les lois doivent être respectées. En théorie, les gendarmes sont là pour nous protéger, mais ici plus qu'ailleurs ils sèment la peur. »
Youssouf, 17 ans (dont onze passés à Mayotte) et son grand frère, majeur, sont arrêtés dans leur banga à 4 heures du matin alors qu'ils dormaient. « Nous l'avons appris le lendemain vers 11h30, mais Youssouf s'est retrouvé dans le bateau de 11h30 sans même transité par le CRA », explique Flore Adrien, militante de la Cimade. Problème : Youssouf est mineur, mais on l'a déclaré être né le 1er janvier 1992. Le jeune a bien tenté de justifier son âge, mais les agents interpellateurs ne lui en ont pas laissé le temps. « Quand il a voulu montrer ses papiers comoriens situés à proximité du lit, les gendarmes ont dit 'nous ce qu'on veut c'est des papiers français' » raconte l'enseignante. Seulement, la bonne date de naissance figurait sur le passeport comorien du collégien.
« Qui dans un état de droit vient chercher les gens à 4 heures du matin dans leur lit ? » s'indigne Flore Adrien. Youssouf n'a pas été autorisé à montrer ses papiers et il n'a même pas transité par le CRA alors que c'est justement le lieu où on peut faire valoir ses droits (prévenir la famille par téléphone, avoir accès à un médecin etc.) Ce jeune-là, entre son arrestation et sa reconduite, n'a vu personne si ce n'est des gendarmes. À ce compte-là, on peut renvoyer 50. 000 personnes. »
Bref, cet affaire résume à elle seule les pratiques qui ont cours aujourd'hui dans la folle course aux chiffres. Et encore, ce n'est pas terminé, puisque les objectifs pour l'année 2010 ont été revus à 25.000 reconduites (lire Upanga n°22). “Cette condamnation révèle des problèmes que la Cimade signale depuis des lustres: interpellations non respectueuses des droits et surtout manque de temps données au traitement des dossiers. Encore plus que les autres, les dossiers de mineurs demandent une attention particulière.”
Selon la pref, il n'a pas voulu appeler sa famille
Seulement, il y a tant de personnes à reconduire que la procédure n'est pas des plus rigoureuses. En témoigne I'APRF qui porte mention d'une autre personne que le jeune mineur, vestige d'un ancien document dont seuls les noms ont été effacés au typez (et manifestement certains oubliés). À d'autres endroits, il manque une lettre au prénom... « Les agents interpellateurs qui signent I'APRF ne prennent pas assez de temps parce qu'on leur demande de faire vite, mais pas forcement bien », poursuit l'ancienne présidente de la Cimade.
Du côté de la préfecture, on estime que l'intégralité des droits ont été respectés.
« Les gens arrêtés sont en mesure de faire appel à leurs droits. Il n'a pas souhaité faire appel à sa famille », explique placidement
De même, la préfecture s'appuie sur un document signé de l'adolescent attestant qu'il est bien majeur. « Mais dans un rapport d'autorité, on peut faire signer n'importe quoi à un gamin de 17 ans. D'autant qu'à Mayotte, les jeunes ont encore beaucoup de respect des règles et de l'autorité », argumente Flore Adrien. Quant à Youssouf; c'est “un garçon très timide, qui ne sait pas se défendre et qui perd ses moyens quand on l'interroge”, ajoute sa prof.
Quant au non-passage par le Centre de rétention, la préfecture explique que c'est un cas rarissime. Mais, habituellement les reconduits n'y passent que quelques heures au motif que les conditions d'attente y sont inhumaines. «C'est un faux prétexte, fulmine Flore Adrien. Ce qui est inhumain, c'est de ne pas pouvoir appeler la famille et de renvoyer un enfant à la va-vite dans un pays qui ne connait pas.”
Dans l'ordonnance qu'il a rendue, le tribunal administratif reconnaît l'urgence. Une grande satisfaction pour la Cimade. «Quand un gamin a passé toute sa vie dans un endroit, qu'il a un examen à passer à la fin de l'année, il y a urgence à le ramener auprès des siens. Exposer un enfant à l'inégalité, ça marque à vie. »
Si l'association ne se réjouit pas de la condamnation de la préfecture, elle estime important qu'il y ait un regard de la justice sur les pratiques préfectorales. Car à Mayotte, les personnes sont reconduites à la frontière extrêmement rapidement, sans qu'il y ait de plus, intervention du juge.
« Quand on a eu connaissance de la décision de tribunal, on a pleuré », raconte Emile Droit. Mais sur un cas défendu avec succès et qui a demandé des heures de mobilisation, combien de jeunes sont ainsi renvoyés au mépris du droit?
Si ce n'est pas la première condamnation de la préfecture par le tribunal administratif; c'est en revanche la première fois qu'il prononce une injonction à faire revenir l'enfant dans les quatre jours et qu'il retient le caractère urgent du retour. L'avocate Fatima Ousséni espère bien que ce cas pourra faire jurisprudence

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JULIETTE CAMUZARD


 

 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans MAYOTTE
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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 21:36

Lu pour vous / Source : http://www.holambecomores.com/blog/2010/05/ce-que-nous-devons-apprendre-de-la-catastrophe-de-haiti-pour-l%e2%80%99habitat/

Ce que nous devons apprendre de la catastrophe de Haiti pour l’habitat

Les Comores  ne sont pas à l’abri des menaces naturelles. Un rapport préparé par Maplecroft, pour « The Independant », qui est un des grands journaux anglais, a conclu que les Comores sont le pays le plus vulnérable au monde. Le score total des Comores est de 1,21 point sur une échelle allant de 1 à 10, avec 1 étant le pays le plus vulnérable, et 10 le pays le plus sûr.

Pour les Comores, la combinaison de tous ces facteurs est pire que pour n’importe quel autre pays au monde. Il est donc temps que l´on prenne conscience des menaces qui pèsent sur notre pays.

La catastrophe de Haïti et ses conséquences doit  nous amener à établir et appliquer un minimum de bon code de l´habitat. Il est regrettable que toute une génération ait disparu à Haïti à cause des erreurs de constructions dans une zone classée comme dangereuse au niveau sismicité. Des écoles, des hôpitaux et même des établissements administratifs se sont totalement effondrés à cause des mauvaises pratiques de construction. Ce qui est comparable à la réalité des Comores.

A Haïti, beaucoup de choses ont été signalées, notamment le manque de conception propre à résister aux tremblements de terre. Mais la principale cause de cette catastrophe, selon une analyse de différents experts,  repose principalement sur les pratiques de construction inappropriées en zones urbaines.  Il y a aussi le manque d’application des codes de conception, l’absence de supervisions de bonnes techniques, et  le manque de disposition du Code de conception parasismique.

De nos jours, les constructions en zone urbaine à Moroni sont très hasardeuses, et même extrêmement dangereuses. Les gens construisent d´une manière  anarchique  sans respecter la moindre norme.

La plupart des maisons en dur dans nos villes sont en béton. Le Comorien a la conviction que “Béton nde maji”,  l´eau c´est mieux pour les bétons, pourtant c´est tout à fait le contraire. L’eau provoque le durcissement du béton par un processus chimique d´hydratation.  Le rôle de l’eau est important parce que le rapport eau ciment est le facteur le plus critique dans la production parfaite du béton. Mais trop d’eau réduit la résistance du béton. Il peut même détruire un bâtiment sans qu´on s´en rende compte à temps. A titre d´illustration beaucoup de maisons construites dans les années 90 présentent des fissures visible au niveau des murs et des toitures. C’est à l’opposé des maisons construites à l´époque coloniale à la coulée de lave, maisons construites en respectant les codes français.

Les maisons qu´on construit au-dessus des maisons existantes, appelées maison à étage (dari),  représentent un danger national. Les murs de support des maisons sont d´une manière générale projetés de façon hasardeuse. Il y a aussi ceux qui décident après une dizaine ou même une vingtaine d´années de couvrir la maison en béton et lui ajouter un étage. Cette pratique reste le plus grand danger qui menace nos villes. Un grande nombre des professionnels du bâtiment n´ont pas de formation appropriée, et c’est aussi le cas pour les ouvriers du bâtiment qui manquent de formation de base.

Plusieurs instituts internationaux de la construction et l´habitat ont établi des bons codes de l´habitat qui sont applicables dans des pays comme le nôtre. Les codes de l´habitat servent non seulement à minimiser les dégâts en  cas d´incendie ou de catastrophe naturelle, mais aussi et avant tout à sauver des vies. Ces bonnes pratiques doivent être introduites dans notre pays.

Comme minimum on doit exiger l´application des codes le l´habitat et l´intervention des spécialistes avant de donner une autorisation de construction en zone urbaine. Et le plus important de tout et d’attirer l´attention de tout citoyen sur le rôle des bons codes qui doivent servir à leur protection et non pour les déranger.

Il est temps que les autorités prennent les choses sérieusement. Qu´on mette en place des organes techniques pour la création et l’implémentation des normes réelles et applicables de l´habitat. Nous devons établir des bonnes pratiques sur la construction des fondations, des murs et des toitures. Et plus important encore, on a besoin d´éduquer nos professionnels pour maximiser la sécurité.

Comme le dit le proverbe, «il vaut mieux prévenir que guérir» : sauvons les enfants des Comores…

Bambi

 

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 13:49

Source: Alwatwan.net / 19 mai 2010

linguiste-Chamangua
Le colloque sur “Plurilinguisme, politique linguistique et éducation“ à Mayotte a débuté lundi matin à Mamudzu en présence du président du conseil général, Ahamed Attoumani Douchina, du vice-recteur, Jean-Claude Cirioni, du Maire de Mamudzu et d’un représentant du préfet de Mayotte. Ce colloque, organisé par l’Université de Rouen et le conseil général de Mayotte avec l’appui financier du vice-rectorat, fait suite à des travaux commencés en 2004 sur le plurilinguisme à Mayotte. Pendant trois jours (du 17 au 19 mai 2010) des chercheurs, venus de France et d’ailleurs, vont livrer leurs réflexions sur le plurilinguisme et la place du shimaore dans l’île comorienne demeurée sous administration française. Certains d’entre eux apporteront des éclairages en évoquant des actions qui ont été menées en Algérie, à Madagascar, Nouvelle-Calédonie, Surinam, Mali, Grande-Bretagne, Tunisie, Ethiopie.

“La langue comorienne : unité et diversité”

Après les interventions des officiels, c’est le linguiste comorien, Mohamed Ahmed-Chamanga qui a eu l’honneur de présenter, dans la salle du cinéma Alpajo, la première communication devant une centaine de personnes, essentiellement des mzungu et quelques cadres maorais. Mohamed Ahmed-Chamanga propose ainsi une lecture du plurilinguisme en rupture avec les discours d’introduction prononcés essentiellement par des acteurs politiques et institutionnels de l’île. Il a défini le shikomori comme la langue parlée dans les quatre îles de l’archipel des Comores. Il a ensuite fait un aperçu historique des langues parlées aux Comores, outre le shikomori : l’arabe, la langue de la religion, le swahili comme langue régionale, le français, langue du pouvoir et de l’administration. Le linguiste comorien a également fait une mise au point sur les erreurs souvent entendues : le shikomori n’est ni une langue arabe, ni un dérivé du swahili, mais une langue sœur ayant pour origine la langue sabaki. Il a affirmé que la langue comorienne réunit toutes les caractéristiques des langues bantu. Pour lui, dans le shikomori on peut distinguer des parlers du groupe occidental (comprenant shingazidja et shimwali) et du groupe oriental (comprenant shindzuwani et shimaore). Dans tous les cas, il a montré que les différences sont surtout des différences de prononciations minimales, comme il en existe dans tous les pays. Ainsi, dans le groupe oriental on dit “ngarionao“ et le groupe oriental ont dit “risiona“. Ces différences sont perceptibles, y compris à l’intérieur de chacune des îles. Il n’y a donc pas de raison de parler de vrai shingazidja, vrai shimaore, etc.

Le shimaore face au français

Après les propos du linguiste, le président du conseil général, Ahamed Attoumani Douchina, qui est de langue maternelle shibushi (malgache), mais qui maîtrise parfaitement le shimaore et le français a exprimé sa satisfaction et a demandé à Ahmed-Chamanga une assistance pour l’élaboration d’une écriture du shimaore. Mais, il a aussi émis des doutes sur l’unicité du shikomori en disant que si les Maorais comprennent facilement le shindzuwani, il existe des gens à Mayotte, notamment dans sa région de Kani-Keli ou d’Acoua, qui ne comprennent pas de prime abord le shingazidja. Deux autres chercheurs des autres îles comoriennes, les docteurs Aboubakari Boina et Saïd Soilihi ont intervenu mardi après-midi, respectivement sur “Instaurer le dialogue par l’éducation et la culture à Mayotte“ et “La langue française dans l’archipel des Comores : statut, usages et pratiques de langue“. Ce colloque international, qui réunit près de soixante dix intervenants, arrive à un moment où l’Education nationale française cherche à évacuer la langue maternelle des enfants maorais des collèges et lycées de l’île, sous prétexte de donner la prééminence au français qui devrait permettre aux élèves de s’ouvrir au monde et de trouver plus facilement du travail. L’idée a d’ailleurs été reprise par le vice-recteur et le représentant de la préfecture de Mayotte dans son intervention qui a parlé du français comme une langue seconde “pour le moment“. L’ampleur du colloque devrait permettre, si les relais d’opinion dans l’île jouent leur rôle, de redonner un peu plus d’importance au shimaore.

Mahmoud Ibrahime

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Mariama HALIDI Al watwan - dans CULTURE
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