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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 20:58
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
 
Comores / Société
Naissance de Transparency Comores :
Lutter contre la corruption c’est défendre le citoyen et promouvoir « une éthique de démocratie et de développement »
 
Moroni, jeudi 19 octobre 2006 (HZK-Presse) – A l’initiative d’un groupe de députés à l’assemblée de l’Union, animé par Assoumani Youssouf Mondoha, une association comorienne contre la corruption est en voie de création. « Transparency Comores », tel est son nom, s’est donnée pour objet de prévenir et de combattre la corruption dans les relations publiques et privées, en s’alignant sur les principes fondateurs de l’Ong « Transparency International ».
 
La deuxième réunion préparatoire a eu lieu ce mercredi au Palais du peuple, siège du parlement, pour engager une large concertation entre les différents groupements de la société civile, les représentants des institutions et organismes partenaires [Syndicats, association de droits de l’homme, partis politiques, Pnud, etc.], avant la tenue prochaine de l’assemblée générale constitutive.
 
Selon ses statuts, les membres de l’association doivent œuvrer pour une meilleure connaissance du phénomène de la corruption sous toutes ses formes, et obtenir l’implication des milieux professionnels, politiques et d’autres groupes cibles. Les militants de « TC » auront à réfléchir sur des mesures institutionnelles et juridiques susceptibles d’améliorer la transparence dans les transactions et les relations publiques, ainsi qu’une stratégie de communication destinée à sensibiliser l’opinion publique sur les méfaits de la corruption dans le processus de développement.
 
Présidée par le député Assoumani Youssouf Mondoha, membre de la commission des relations extérieures, la réunion a permis d’apporter des éclaircissements sur le rôle et la place d’une telle association dans le contexte comorien actuel, surtout à « un moment où les nouvelles autorités politiques affichent une ferme volonté d’instaurer une justice indépendante et équitable et de moraliser la vie publique », explique Chabane Mohamed, Secrétaire général du syndicat national des professeurs (Snpc).
 
Un projet de charte est soumis à l’étude des participants, pour servir de principes de base aux actions futures de « TC ». Qualifiée de « pratique intolérable », la corruption se définit comme le résultat d’un abus de pouvoir politique, judiciaire, administratif ou économique, au profit d’intérêts privés.
 
Plus connu aux Comores sous l’expression populaire de « Mkarakara », ce fléau a traversé tous les régimes depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, a rappelé M. Mondoha, même si elle est parfois insidieuse, voire même tolérée, face à l’incapacité des gouvernants à le combattre. Il prend souvent la forme d’une « rémunération illicite en échange d’un avantage », lequel avantage peut être un passe droit ou un droit légitime mais confisqué.
 
Les promoteurs du projet évoquent une situation d’urgence aux Comores, au vu de l’ampleur que prend le phénomène. L’on cite celle à laquelle est confronté chaque jour le citoyen dans ses rapports avec l’administration. Ses victimes sont ceux qui méconnaissent leurs droits et qui n’ont aucun recours, devant le laxisme de l’autorité publique et surtout l’impunité des coupables.
 
Au niveau économique, la corruption tend à gagner les transactions commerciales et financières, nationales et internationales, publiques et privées, explique-t-on, à travers le comportement déloyal de certains détenteurs du pouvoir économique, à l’abri de procédures bureaucratiques complexes et dans l’opacité.
 
Devenant un moyen illégitime d’enrichissement, la corruption entrave le développement. L’absence ou l’inapplication de réglementation, la vénalité de certains représentants de la loi, et les complicités politiques sont des facteurs favorisant la persistance de ces pratiques devenues la règle.
 
C’est ainsi que les membres fondateurs de Transparency Comores s’engagent à défendre le citoyen et à promouvoir « une éthique de démocratie et de développement », en adhérant aux principes de Transparency International, organisation qui s’est donnée comme objectif de lutter contre la  corruption à travers le monde.
 
TC envisage de lancer bientôt une campagne de sensibilisation sur les diverses manifestations de la corruption et ses conséquences, à travers notamment l’organisation de rencontres sectorielles, des réunions publiques, des débats radiotélévisées, des séminaires, des études statistiques, etc.
 
El-Had Said Omar
191006/eso/hzkpresse/16h00
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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 20:49
LA GUERRE DES BANQUES AURA-T-ELLE LIEU?
De nombreuses banques explosent en s'implantant aux Comores.
Lien : http :/www.témoignages.re
 
 
 
COMORES / FINANCE

Publié dans l'édition du jeudi 19 octobre 2006 (page 9)

Caractérisé par une seule banque commerciale depuis plus de 25 ans, le paysage financier des Comores explose tout d’un coup. Le service financier de La Poste et les deux institutions de micro finance occupent une place grandissante alors que de nouvelles banques sont en cours d’installation.
 
COMORES
 
L’homme de la rue ose rarement franchir les portes de la banque car il la perçoit comme un temple réservé aux grandes sociétés, aux riches commerçants et aux cadres de l’administration. La plupart des transactions se font en espèces car malheureusement, cette “élite financière” ne se fait pas confiance. Même les grandes boîtes comme des compagnies aériennes, des sociétés d’assurances, des magasins et des entreprises publiques n’acceptent pas les chèques par peur des chèques en bois.
Si aujourd’hui une bonne partie de l’épargne thésaurisée se retrouve dans les deux réseaux de micro finance, c’est que la localisation en milieu rural, l’emploi de salarié du village et l’implication de la communauté dans l’administration des caisses ont vaincu les réticences les plus tenaces. Le succès de ce système bancaire alternatif est lié également à la définition d’une politique de crédit qui intègre la caution solidaire et les bijoux en or.
Le fait que 80% des adhérents des Mutuelles d’Épargne et de Crédit des Comores (MECK) et 95% de ceux des Sanduk n’étaient pas bancarisés, rassure la Banque Internationale des Comores (BIC). Il s’avère en effet que le passage de ses parts de marché de 80 à 74% ces dernières années ne reflète pas une baisse de son activité mais plutôt une croissance de l’activité bancaire du pays.
De même la domiciliation obligatoire des salaires des fonctionnaires auprès du service financier de la Poste depuis un mois ne semble pas inquiéter la BIC.
Des avantages qui faussent la concurrence
Un cadre comorien de la BIC n’hésite pas à dire que les fonctionnaires qui font la queue pour retirer tout leur solde le premier jour ne les intéressent pas : « Nos vrais clients, ceux qui empruntent et effectuent d’autres transactions, ne partiront pas de chez nous ».
Salim, enseignant à l’Université des Comores, le confirme : « la poste ne peut pas nous offrir les services qui nous facilitent la vie comme les gabiers et autres ».
Par contre, la récente autorisation de la Banque Centrale des Comores pour l’installation de nouvelles banques a fait sortir les dirigeants de cette filiale de la BNPI Paribas de leur réserve coutumière. Le Directeur Général de la BIC a dénoncé dans un entretien avec la presse les avantages fiscaux accordés par l’ancien gouvernement à une Banque d’Afrique de l’Est, Exim Bank et qui faussent les règles de la concurrence.
Sur ces propos, les nouvelles autorités semblent l’avoir entendu car selon le Ministre des Finances d’Anjouan les argentiers des îles et de l’Union ont convenu de ne pas reconnaître des avantages autres que ceux prévus par le Code des investissements.
Entre temps, l’association du secteur privé a publié une déclaration de soutien à la banque tanzanienne, en réfutant les accusations de la Banque française notamment sur la réglementation des changes et la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
Il est à noter que le Crédit Lyonnais a reçu l’agrément de la Banque Centrale pour étendre ses activités au Comores alors qu’un bâtiment situé entre la Banque Centrale et le siège en construction d’Exim Bank sur la place de France est attribué à la Banque Fédérale du Commerce appartenant à un groupe financier koweitien. Ce dernier est porteur de grands projets notamment une radio FM, une télévision locale par satellite, un fournisseur d’accès Internet, un village touristique dans le nord de Ngazidja et des investissements dans le transport aérien et maritime.
Salim, enseignant à l’Université des Comores, le confirme : Par contre, la récente autorisation de la Banque Centrale des Comores pour l’installation de nouvelles banques a fait sortir les dirigeants de cette filiale de la BNPI Paribas de leur réserve coutumière. Le Directeur Général de la BIC a dénoncé dans un entretien avec la presse les avantages fiscaux accordés par l’ancien gouvernement à une Banque d’Afrique de l’Est, Exim Bank et qui faussent les règles de la concurrence.Sur ces propos, les nouvelles autorités semblent l’avoir entendu car selon le Ministre des Finances d’Anjouan les argentiers des îles et de l’Union ont convenu de ne pas reconnaître des avantages autres que ceux prévus par le Code des investissements.Entre temps, l’association du secteur privé a publié une déclaration de soutien à la banque tanzanienne, en réfutant les accusations de la Banque française notamment sur la réglementation des changes et la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.Il est à noter que le Crédit Lyonnais a reçu l’agrément de la Banque Centrale pour étendre ses activités au Comores alors qu’un bâtiment situé entre la Banque Centrale et le siège en construction d’Exim Bank sur la place de France est attribué à la Banque Fédérale du Commerce appartenant à un groupe financier koweitien. Ce dernier est porteur de grands projets notamment une radio FM, une télévision locale par satellite, un fournisseur d’accès Internet, un village touristique dans le nord de Ngazidja et des investissements dans le transport aérien et maritime.
M. Aliloifa
 
 
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Mariama HALIDI HALIDI - dans BANQUES
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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 20:22
Comores / Société
Moroni, lundi 16 octobre 2006 (HZK-Presse) – Un atelier de restitution d’une étude sur le redéploiement de l’administration publique comorienne s’est tenu à Moroni ce samedi 14 octobre. Il s’agit d’une réflexion approfondie qui a démarré en avril 2005 à travers la première phase du projet « Appui à une administration publique performante » (APP), financé par l’Union Européenne et le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud).
 
L’objectif poursuivi était d’éclairer et d’accompagner les autorités comoriennes dans le processus de restructuration de la fonction publique, au regard de la nouvelle architecture institutionnelle du pays. Menée par Assoumani Saandi, consultant national en développement institutionnel, l’étude a consisté à présenter les outils et approches les mieux adaptées à cette exigence de transfert d’une partie des activités et des emplois de la fonction publique vers le secteur non étatique, afin d’aboutir à une réduction de la masse salariale de l’Etat, en supprimant le minimum d’emplois possible.
 
Trois secteurs ont été retenus par l’étude, l’éducation, l’agriculture et l’état-civil, considérés comme représentatifs d’un point de vue social, économique et de souveraineté, avec une implantation géographique plus large par rapport aux autres secteurs.
 
Il ressort de l’étude réalisée que l’éducation demeure de loin le secteur public qui emploie le plus de ressources humaines, avec 50% des effectifs de la fonction publique, et 43% de la masse salariale. Le budget de l’éducation nationale pèse pour près de 20% du budget général de fonctionnement de l’Etat (4,7 Milliards fc).
 
Pourtant, selon le consultant, les résultats enregistrés ne sont toujours pas à la hauteur des moyens mis en œuvre. Et de s’interroger si dans le contexte de crise économique et financière actuelle, il n’y a pas lieu « d’amener l’administration publique à faire la politique de ses moyens, à défaut d’obtenir les moyens de sa politique » ?
 
Pour Assoumani Saandi, l’explication est simple, comment résoudre l’épineuse équation du déséquilibre structurel entre les ressources financières disponibles de l’Etat et les besoins de services publics. Chiffres à l’appui, le consultant a tenté de démontrer la faillite cuisante de notre fonction publique, qui continue à employer des agents dont le « service rendu » qu’ils sont censés offrir aux contribuables est « nul ».
 
Une enquête sur les indicateurs d’opportunité aurait semble-t-il révélé le cas flagrant de plusieurs centaines « d’emplois assis » dont les titulaires ne disposent même pas de tables ni de chaises pour travailler ! Il ressort de cette même enquête que seulement 40% des usagers du service public sont satisfaits de leur administration.
 
Mais la sous-utilisation des ressources humaines serait particulièrement observée au niveau des établissements scolaires publics, où le volume horaire des enseignants ne correspond pas au travail effectivement accompli. Mais au cours des débats, les représentants du corps enseignant ont rejeté cette critique « absurde », en expliquant que le travail de l’instituteur ou du professeur ne se limite pas aux seuls horaires des cours donnés en classe. « On passe beaucoup de temps à préparer les leçons, à corriger les copies, et à faire des recherche », lance un instituteur présent.
 
Mais la critique la plus sévère vient du secrétaire général du Syndicat national des instituteurs (Snic), qui déplore que la loi d’orientation de l’éducation votée en 1994 ne soit pas prise en compte par le consultant. Pour M. Salim Soulaimane, « on ne peut pas dépouiller l’Etat de ses obligations et de ses missions de service public dans le secteur éducatif ».
 
Il n’est pas normal que l’on continue à demander toujours plus de sacrifice à la population, quand on sait que plus de 54% des comoriens vivent en dessous du seuil de pauvreté, dit-il. L’absence d’une véritable politique de l’emploi empêchera selon lui la réussite de toute démarche visant au transfert des charges de l’Etat vers la communauté, qui supporte déjà le poids des multiples contributions aux infrastructures financées par des projets comme le FADC.
 
Le consultant a avancé l’hypothèse envisageable d’une rationalisation de la gestion des effectifs dans le secteur de l’éducation, avec comme résultat attendu la réalisation d’une économie de 30% sur la masse salariale. Mais là encore le débat fait rage, comme l’a prouvé l’intervention d’un instituteur pour qui, « si des économies doivent êtres réalisées, elles ne doivent pas se faire sur le dos des enseignants, il faudra voir du coté de la superstructure politique », dit-il.
 
Au cours de l’atelier, la réflexion a aussi porté sur les perspectives d’adaptation des missions des différentes administrations de l’Union et des Iles autonomes. Au niveau de l’Union, la mission se limite aux fonctions de conception des politiques et programmes, alors que la mise en œuvre relèverait des Iles et des collectivités locales. Cela réduirait les risques de cafouillage dans le partage des compétences et apporterait une plus grande efficacité et une lisibilité dans la chaîne des responsabilités, affirme Assoumani Saandi.
 
El-Had Said Omar          
161006/eso/hzkpresse/12h00
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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 20:57
10 octobre 2006 (HZK-Presse) – Un atelier de travail portant sur la loi communale a eu lieu ce dimanche 8 octobre à l’hôtel le Moroni sous l’égide du parti « Kassiya La Komori » [la pagaie des Comores], récemment créé par l’ancien président de l’Assemblée fédérale, Mohamed Said Abdallah Mchangama. Les organisateurs veulent sensibiliser l’opinion publique sur les nombreuses lacunes ou imperfections que renferme ce texte adopté l’année dernière par l’assemblée de l’île.
 
La population de Ngazidja doit être informée et sensibilisée avant la tenue des élections municipales prévues en décembre prochain, soutient Jean Emile Delapayre, membre du comité central du parti Kassiya. Seulement une dizaine de communes pilotes sur une cinquantaine enregistrées sur toute l’île a pris part à cet atelier ainsi que de nombreux cadres du parti.
Interrogé par HZK-Presse sur l’opportunité d’organiser les municipales à la date prévue, Ali Soilih, maire de la ville de Nvouni considère qu’une partie du texte est applicable, en l’occurrence la mise en place des administrations, tandis que d’autres dispositions s’avèrent inadaptées en l’état. « Chaque commune devrait s’employer à se conformer progressivement aux textes », dit-il.
 
Quant à Mme Moinaecha Mroudjaé, maire de Bandamadji Itsandra, tout en saluant l’initiative du parti de Mchangama d’ouvrir le débat, elle déplore cependant le silence du gouvernement de l’île qui n’a pas pensé organiser une compagne de sensibilisation sur la teneur du texte. Pour elle, « la loi reste en soi un instrument juridique dont on ne peut se permettre de passer outre », même si l’atelier a permis des échanges entre les maires et les citoyens sur la question.
 
Parmi les citoyens présents, Kari Hamadi dit Djoungali, originaire de Mjoiezi Hambou, mais résident à Marseille et membre attitré du parti socialiste français, dit regretter fort le retard enregistré par les autorités de l’île de Ngazidja à mettre en place les communes devenues « le maillon faible de la politique aux Comores ».
 
Pourtant, poursuit Djoungali ce sont les communes dans les pays développés comme la France, qui propulsent les leaders politiques, les opérateurs économiques, en enseignant « les vertus de la citoyenneté ». Elles sont surtout le cadre idéal pour développer des projets de développements social, politique et économique. Mais comme les Comores n’ont pas encore intégré cette expérience, « on comprend les raisons de la crise politique, économique et sociale qui servit dans le pays », conclue Djoungali.
 
Faire de la vie municipale une véritable école, tel semble être le credo des partisans de Mchamgama, appelant les citoyens de Ngazidja à s’investir dans les communes, pour attaquer le mal par la racine. Pour le maire de Mohoro et président du parti Kassiya la Komor, la loi sur les communes n’est pas totalement mauvaise mais l’on doit tenir compte des réalités du pays. Et de prendre l’exemple des 40.000 communes de France, dont quelques milliers qui évoluent avec plus de 25.000 habitants, alors que d’autres en comptent moins de 100 habitants. Une situation similaire aux USA avec les « country », fait-il observer.
 
Autant ne pas fixer un nombre minimum d’habitants pour la création d’une commune, le but étant de regrouper des citoyens autour d’une communauté de destin, dans une relation de confiance partagée. Selon lui, les villages se prennent déjà en charge en finançant leurs propres infrastructures de base. Ce qui prouve leur capacité à se constituer en commune sans avoir besoin d’exigence démographique contraignante en termes de nombre d’habitants.
 
Revenant sur le texte en vigueur, le maire de Mohoro considère que le chef de l’exécutif de l’île, Mzé Abdou Soulé Elbak, risque de transgresser l’article 3 de la loi, qui stipule qu’un décret du présidant de l’île doit préalablement fixer le nom de la commune, en situer le chef lieu et déterminer le périmètre communal, ce qui n’est pas encore fait.
 
Il brandit également l’article 87 relatif à la comptabilité municipale dont l’organe de tutelle n’est pas clairement indiquée. Toutefois l’on doit passer aux actes car un grand travail attend les élus, appelés à se former. Des incitations doivent aussi encourager les communes à se regrouper.
 
Abdou Nabahane
Source: Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 21:50
Moroni, lundi 9 octobre 2006 (HZK-Presse)

L’ancien porte parole de l’armée nationale de développement (And) et numéro deux du régime militaire issu du coup d’Etat du 30 avril 1999, le capitaine Rachadi Abdallah est de retour à Moroni après plus de quatre ans passés à l’extérieur. A peine arrivé, la capitaine Rachadi s’est livré aux médias ce week-end pour lever un coin du voile sur les événements qui l’ont poussé à s’exiler aux Etats-Unis d’Amérique.
 
« Si j’ai pris le risque de participer au putsch du 30 avril 1999, aux cotés de mes frères d’armes, dont le colonel Azali Assoumani, c’est parce que le pays se trouvait à ce moment au bord d’une guerre civile », déclare d’emblée le capitaine Rachadi, dont le seul regret qu’il tient à exprimer aux comoriens, est de n’avoir pas réussi à convaincre l’armée de regagner ses casernes au bout de 18 mois de pouvoir.
 
Pour lui, le coup d’Etat était une réponse logique à l’immobilisme de la classe politique, et particulièrement les autorités civiles de l’époque, qui n’ont pas su assumer leur responsabilité face aux menaces d’actes de violences séparatistes entre grand-comoriens et anjouanais.
 
Et d’expliquer qu’aucune réquisition n’avait été donnée aux forces de l’ordre pour désamorcer le drame qui se nouait dans les rues de la capitale, après l’échec de la conférence d’Antananarivo [la délégation du mouvement séparatiste anjouanais avait refusé de signer l’accord de réconciliation, ndlr].
 
« Notre devoir fut alors d’empêcher le pire de se produire, en nous interposant », ajoute-t-il. Toutefois, celui qui fut le porte-parole de l’And, n’a pas caché son « profond désaccord » avec l’état-major, ou une partie des officiers qui, ayant vite pris goût au pouvoir, « ont oublié l’engagement que nous avions pris ensemble de remettre le pouvoir aux civils dans un délai de 12 mois ».
 
Son choix d’abandonner ses douze ans de carrière pour s’investir dans un nouveau projet d’avenir à l’extérieur était dicté par cette violation du pacte conclu, dit-il, de la part des ses frères d’armes qui n’ont pas hésité à utiliser l’uniforme à des fins d’enrichissement personnel et de corruption, en l’espace de seulement 18 mois.
 
Le capitaine Rachadi Abdallah se dit choqué par cette tournure des événements, alors qu’il croyait à une transition qui n’irait pas au-delà de 12 mois, pour trouver une issue à la double crise séparatiste et institutionnelle, et procéder à des élections générales.
 
Mon retour à Moroni n’a aucune signification politique, assure l’ancien numéro deux de la junte militaire, qui entend rétablir la vérité sur certaines accusations dont il a été l’objet. A commencer par la fameuse « mallette » contenant des fonds, que le président libyen aurait offerte à l’ancien chef de l’Etat, le colonel Azali, et dont le capitaine Rachadi aurait exigé le versement au trésor public, à leur arrivée à Moroni.
 
« Durant notre séjour en Libye, je n’ai été témoin d’aucune remise de mallette », déclare-t-il, dans sa version des faits, récusant les accusations véhiculées dans l’opinion au sujet d’un supposé détournement de fonds dans l’entourage présidentiel.
 
« Ma brouille avec le colonel Azali et les autres officiers n’a d’autre explication que les dérives du pouvoir », affirme le capitaine Rachadi qui, en quittant le pays en 2001, croit avoir agi en son âme et conscience, « pour éviter toute situation conflictuelle » avec ses frères d’armes. « J’ai assez pris sur moi durant les 18 mois que j’ai participé au régime militaire que je ne pouvais me salir davantage », se défend le capitaine Rachadi.
 
Concernant ses relations personnelles avec le colonel Azali, « nous n’avons plus rien à nous dire », déclare-t-il. A une question qui lui a été posée sur le bilan qu’il fait du régime militaire, l’ancien porte parole de l’And reste catégorique : « les comoriens l’ont désavoué par les urnes ».
 
Mais le capitaine Rachadi déplore surtout « la dégradation de l’image de l’institution militaire, et le sort peu enviable fait à beaucoup de soldats », à cause dit-il du « comportement inadmissible d’une poignée d’officiers qui s’adonnent à des pratiques que nous dénoncions… à notre prise du pouvoir ».
 
L’ancien militaire refuse de s’engager dans une nouvelle aventure, et entend se consacrer à sa famille et servir son pays autrement.
 
El-Had Said Omar
091006/eso/hzkpresse/9h00


Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
BP 2216 Moroni - UNION DES COMORES
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Mariama HALIDI HALIDI - dans ARMEE
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8 octobre 2006 7 08 /10 /octobre /2006 20:39
Upwa nvumbwe uhoza
se heurter l'orteil, ça fait mal » (1ère partie)

par Halidi Allaoui
 
 
Si nous avons choisi de donner à cet article le titre d'une chanson de l'auteur compositeur et poète comorien Abou Chihabi, c'est parce que nous tenons à lancer
le même avertissement aux hommes et femmes politiques, toutes tendances confondues : « ATTENTION AUX ERREURS ! »
La remise en cause des institutions : une fausse solution de la crise
 
Déjà à la veille de la conférence inter comorienne d'Addis-Abeba, nous déplorions
l'idée de tenir celle-ci à l'étranger et en même temps nous nous interrogions sur la légitimité de la délégation de l'île d'Anjouan (Masiwa n°2, décembre 1997).
Aujourd'hui, en apprenant de nouveau qu'une réunion des Comoriens devrait se
tenir à l'île Maurice, nous ne pouvons que réitérer notre immense déception. Décidément, l'eau propre manque aux Comores pour laver notre linge sale.
 
Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Pire encore. On continue à considérer les terroristes et les preneurs d'otage d'Anjouan comme des interlocuteurs viables pour résoudre la crise. Comment peut-on s'obstiner à faire confiance à des hommes privés de conscience qui renient à tout moment leur parole et leur signature ?
 
Croire que Abdallah Ibrahim et consorts maîtrisent la situation à Anjouan serait une erreur grotesque. Ces gens-là ne sont que des marionnettes dont les ficelles sont
 tirées par des groupes d'irresponsables armés. Dès lors, ne soyons pas surpris d'assister à des échecs répétés de toute tentative de réconciliation.
 
Il est certain que l'éventualité d'une conférence à Maurice, même si elle n'apportera rien, réjouit toute la classe politique. Car cela va être l'occasion pour elle de s'interroger inutilement sur une probable formation de gouvernement d'union
nationale, la démission du président de la république, l'organisation des élections ou encore tergiverser sur la forme de l'État... Bref, le débat risque d'être axé sur la définition
d'un nouveau cadre institutionnel. Or contrairement à ce que certains pensent, la
crise actuelle que traverse notre pays ne se fonde pas sur la qualité des institutions. Le problème est plutôt d'ordre économique. Attention à ce piège tendu par les leaders séparatistes d'Anjouan lesquels exploitent à des fins personnelles la révolte légitime d'une population désespérée et déforment sciemment le message de celle-ci. Tous
les moyens sont apparemment bons pour atteindre un objectif absurde !
 
Nous rejoignons, de ce fait, Mme Sittou Raghadat, ancien Ministre (Emission «  Mdjumbi », réalisée par Radio Comores en novembre 1997) et M. Nidhoim Attoumane, juriste
et ancien Ministre (Al-watwan n° 488 du
31 octobre au 6 novembre 1997) quand ils affirment que le Comorien moyen ne
maîtrise pas la subtilité des concepts juridiques de confédération, État unitaire, Fédération... ce qui compte pour lui, c'est vivre mieux et libre.
 
Tant que la crise économique ne sera pas résolue, l'unité et la stabilité des Comores resteront fragiles, des réformes institutionnelles s'avèrent peut-être nécessaires.
 Mais elles sont moins urgentes que les problèmes économiques.
 
Il est temps de terminer avec cette incrimination permanente et infondée de nos institutions en général et de la constitution en particulier, et de s'attaquer aux vrais fléaux de notre pays. Le débat sur le séparatisme ne doit pas se focaliser sur les institutions. Nous défions, en effet, quiconque pourra démontrer l'hostilité des constitutions comoriennes à une autonomie politique et administrative des îles et différentes régions.
 
 En quoi la constitution en vigueur reste la cause des événements d'Anjouan et de Mohéli ? En vérité, c'est la réelle volonté de nos gouvernants de concilier la pratique
et la théorie constitutionnelle qui fait défaut.
 
A titre d'exemple, concrétiser l'autonomie des îles prévue par l'article premier de la Constitution du 20 octobre 1996, facteur de développement ne nécessite pas une réforme institutionnelle.
(mai 1998)
 
(À suivre)
Masiwa n°8 mai 1998
 
 
NI INDÉPENDANCE,
NI CONFÉDÉRATION
NI FEDERALISME
 
par Halidi Allaoui (19.05.98)
(suite et fin de l'article "Upwa mvumbwe uhoza : masiwa n° 8)
 
Néanmoins, si nos hommes politiques préféreraient quand même privilégier le débat
sur la mise en place de nouvelles institutions à l'île Maurice ou aux Comores
(peut-être après la Conférence de Maurice), ils seront amenés à prendre des
décisions importantes sur le destin de notre pays. Ainsi aucune erreur de choix ne
 leur sera pardonnée.
 
Apparemment, trois systèmes attirent l'attention des juristes et politiques. Ils
seraient particulièrement examinés semble-t-il par les séparatistes : État
 indépendant, confédération et fédération (Archipel n° 167 du 31/12/97, p. 9 et s.).
 
En ce qui concerne l'État indépendant, cette proposition ne mérite même pas de
faire l'objet d'une discussion. Si en effet, il existe un combat que tout comorien
digne de ce nom doit mener avec acharnement, c'est la préservation de l'unité des Comores dans tous les domaines : peu importe le prix, l'intégrité territoriale reste sacrée.
Quant au système confédéral, il semble avoir séduit la quasi unanimité de la classe politique. Même l'actuel soi-disant garant constitutionnel de l'intégrité territoriale
n'y voit aucun inconvénient (Jeune Afrique Économie n° 255 du 5 au 18/01/98,
p. 104). Un document qui va dans ce sens, intitulé pour &laqno; une union des
Comores », est même proposé par le Parti Républicain des Comores de Mchangama, ancien président de l'Assemblée fédérale. N'est-ce pas là la preuve d'une classe politique désemparée au point d'accepter n'importe quelle solution ?
 
Ce qui est curieux c'est que tous les partisans de la confédération se déclarent soucieux de l'unité et de l'intégrité territoriale. Quand on décèle un tel paradoxe,
on ne peut que se demander si ceux-ci ne connaissent pas parfaitement le sens
de ce concept. Il s'agit, en effet, d'une association d'États souverains fondée sur un traité. la confédération ne constitue pas un État au regard du droit international. Concevoir un tel système, serait entériner purement et simplement la dislocation de l'État comorien. Seuls des séparatistes déguisés peuvent avoir le courage de
défendre un tel concept, pratiquement inexistant dont le fonctionnement reste chaotique. Il a juste le mérite de faciliter la coopération dans des domaines
différents entre des États indépendants.
 
Enfin, pour ce qui est de la fédération, depuis 1978, les différentes constitutions
l'ont toujours adoptée avec quelques variantes et des originalités. Ainsi les Comores semblent toujours restées un fédéralisme monocaméral (une seule chambre).
En 1992, une deuxième chambre (le sénat) a certes été créée. Toutefois, elle n'était pas destinée à la représentation des États fédérés. Ainsi le principe même de participation, une des caractéristiques d'un État fédéral est toujours ignoré par nos constituants en pratique. De plus le principe d'autonomie des composantes de l'État fédéral n'a jamais été respecté. Par conséquent notre pays est toujours resté un &laqno; État fédéral centralisé » boiteux.
 
C'est la raison pour laquelle, des esprits avisés estiment que seul un réel fédéralisme classique permettrait de remédier à la crise (André Oraison, témoignage (quotidien publié à la Réunion) du jeudi 23 avril 1998).
 
Cependant nous pensons que celui-ci ne pourra jamais être effectif dans notre pays
du fait de l'insuffisance des ressources humaines, financières et juridiques. Toute tentative d'un État fédéral se transformera en fait en un État unitaire centralisé
comme c'est le cas actuellement.
 
En outre, pendant un peu plus d'un demi-siècle de colonisation, il y a eu un système plus ou moins unitaire avec lequel il n'est pas facile de rompre brutalement.
De même nous pensons que ni l'insularité ni les disparités économiques ne doivent suffire pour justifier le fédéralisme lequel ne rime pas forcément avec le
développement
économique d'un pays. À titre d'exemple, nos voisins les Seychellois n'ont pas
besoin de ce système pour développer leurs îles.
 
En fait dans le contexte actuel, deux impératifs (l'autonomie et l'unité) doivent
 surtout être conciliés. or les trois systèmes déjà étudiés ne consacrent que le
premier d'où notre proposition d'opter plutôt pour un État unitaire réellement décentralisé.
En effet tous les citoyens comoriens doivent être, comme c'est le cas actuellement soumis aux mêmes lois en tous domaines. c'est la raison pour laquelle nous réfutons toute idée d'une assemblée législative ou d'une constitution dans chaque île. De
même pour permettre un développement harmonieux et équitable des îles et régions,
on doit envisager une réelle décentralisation territoriale. Celle-ci consiste à
reconnaître une autonomie limitée aux différentes régions administratives (circonscriptions) de l'État dont les responsables doivent être élus.
 
En substance, toute conférence sur les Comores ne sera fructueuse, dans
 l'immédiat, que si on se penche sur les moyens concrets de mettre en place les institutions locales (Ex : les communes) prévues par la Constitution de 1996 le plus
 tôt possible. privilégier une discussion sur les réformes institutionnelles risque d'envenimer la situation déjà dramatique.
 
Seul un état décentralisé semble être approprié au contexte actuel, pour préserver l'unité et l'intégrité des Comores, lutter contre le chauvinisme et permettre
 l'autonomie des régions et non des îles. En réalité, raisonner en termes d'autonomie des îles favorise exclusivement les chefs-lieux et grandes villes de chaque île. Or,
tant que nous n'arriverons pas à un développement réel de toutes les régions, seul moyen de faciliter les relations entre les Comoriens et de renforcer davantage notre cohésion, l'unité sera menacée. D'ores et déjà, une réflexion sur la représentation
des régions et non des îles ne nous paraît pas inutile.
 
 
Masiwa n°9 juin 1998
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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 16:42
CRI DE DETRESSE
 
Des tonneaux vides résonnent d’habitude
Quand une île flétrie sollicite la quiétude
Mon esprit est en ébullition avec mon sang
Comme Anjouan avec ses enfants
Pour communiquer avec ton cœur
Des tartuffes te détruisent en douceur
Comme ces arbres allongés sur tes routes
Et toutes ces rivières en déroute
Je défends avec fougue ma comorianité
Comme tout Anjouannais pour l’éternité
Les campagnards et les citadins t’humilient
Car ils oublient le ciment qui nous lie
Tu saignes sans cesse à cause d’eux
Point d’Anjouannais qui se renie
Point d’Anjouannais indigne
 
 
HALIDI.Allaoui le 30/08/97
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Mariama HALIDI HALIDI - dans POESIE
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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 16:07

 

 

Réflexion d’un “Mauvais Anjouanais” sur le séparatisme d’Anjouan

Si un "bon Anjouanais” doit être un fervent défenseur de l’indépendance ou de la recolonisation d’Anjouan,
Si un “bon Anjouanais” est celui qui trompe l’homme de la rue en imputant la responsabilité de la situation économique désastreuse d’Anjouan aux seuls Grands-Comoriens,
Si un “bon Anjouanais” doit cautionner la terreur et la barbarie qui sévissent à Anjouan,
Alors, c’est avec fierté et sans complexe que nous arborons le joli costume du “mauvais Anjouanais”, lequel nous convient parfaitement.
Étant donné que quelques rares comoriens originaires d’Anjouan — nous pensons particulièrement à Chamanga — ont osé démontrer d’une manière objective la démagogie et l’irréalisme des séparatistes dans des articles très pertinents auxquels nous adhérons, notre réflexion va être axée sur trois questions ayant un rapport avec l’évolution de la situation :
        Quelle est la légitimité de la délégation d’Anjouan qui va se rendre à Addis-Abeba ?
– Le problème d’Anjouan doit-il rester un problème anjouanais ?
– Le séparatisme d’Anjouan ne fragilise-t-il pas la cohésion sociale des Anjouanais ?

I.- La légitimité de la délégation de l’île d’Anjouan.

Dans quelques jours, la conférence inter comorienne pour résoudre la crise actuelle se tiendra à Addis-Abeba sous l’égide de l’OUA plutôt que dans notre pays. Hélas ! Après tout, ce qui compte, c’est la tenue même de cette conférence et que les différents protagonistes fassent preuve de sincérité et de réalisme lors des débats. Espérons que la raison l’emportera ! Quoi qu’il en soit, Anjouan au même titre que les autres îles y prendra part. Mais le problème réside dans la désignation des hommes et des femmes qui vont s’exprimer au nom de cette île et de sa population.
Il s’avère que la délégation qui s’apprête à se rendre à Addis-Abeba est composée exclusivement des séparatistes. Or il existe aussi des Anjouanais qui ne sont ni indépendantistes ni rattachistes. Étant donné que c’est l’avenir de leur île natale qui est en jeu, il aurait été souhaitable d’impliquer tous les Anjouanais, quelles que soient leurs affinités idéologiques ou politiques.
Certes, on ne peut pas prétendre faire participer individuellement tous les Comoriens d’Anjouan à cette conférence. Toutefois, la composition de la délégation doit traduire la volonté de ceux-ci. Autrement dit, les délégués d’Anjouan, comme ceux des autres îles, doivent bénéficier d’une certaine légitimité pour que leur décision ou leur position puisse réellement engager les représentés. D’ailleurs, conscients de cela, les soi-disant leaders séparatistes espéraient brandir les résultas du référendum du 26 octobre dernier pour la légitimité de leur délégation. En effet, dans une interview publiée dans l’Insulaire, hebdomadaire de l’océan indien du vendredi 17/10/97 (page 8), Halifa Houmadi, directeur de cabinet de Fundi Abdallah Ibrahim, président des séparatistes, avait affirmé ceci : “Le référendum doit légitimer la délégation anjouanaise qui se rendra à Addis-Abeba”.
Pour ceux qui l’ignorent, Halifa Houmadi n’est autre que cet ancien Premier Ministre sous Djohar dont le gouvernement, par civisme, avait vigoureusement dénoncé le rétablissement par monsieur Balladur du visa pour aller à Mayotte. Et quand on apprend que ce sont ces hommes, sans conviction qui se soucient d’Anjouan, nous ne pouvons pas nous empêcher de sourire, mais aussi de pleurer le sort de notre île.
Compte tenu de la situation confuse qui règne aux Comores, les séparatistes, n’ayant aucune légitimité juridique pouvaient effectivement tenter de se réfugier derrière une “légitimité populaire”. Cependant, cette consultation s’est déroulée dans des conditions très contestables si bien qu’elle ne revêt aucune valeur et que ses résultats ne sont reconnus que par ses organisateurs. Contrairement aux allégations des sécessionnistes, le MPA (Mouvement Populaire Anjouanais) n’est pas l’affaire de tous. Ce qui nous amène à dire haut et fort que Fundi Abdallah Ibrahim et ses acolytes n’avaient aucun droit de s’emparer de la formation de la délégation anjouanaise et de mettre à l’écart les autres sensibilités de l’île. En fin de compte, cette délégation, n’ayant aucune autre légitimité que celle de la terreur et de la persécution, s’exprimera au nom des séparatistes à cette conférence et sa position n’engagera ni de près ni de loin tous les Anjouanais.

II. Le problème d’Anjouan doit-il rester un problème anjouanais ?

Par ailleurs, dans ses articles, notre ami Chamanga s’est étonné du silence des “intellectuels anjouanais” (Al-Watwan, n° 479 et 488). De même, certains Grands-Comoriens, semble-t-il, ne comprennent pas l’attitude de leurs frères anjouanais résidant à Moroni (Voir Archipel n° 166 du mardi 4/11/97, p. 5). Ces étonnement et incompréhension paraissent justifiés dans la mesure où Anjouan est l’île d’origine de ces “intellectuels”. Mais celle-ci fait aussi partie du territoire comorien, et ce sont l’intégrité et l’unité des Comores qui sont menacées. Aussi, tous les Comoriens, d’où qu’ils viennent, doivent-ils se sentir concernés. Car un Comorien est chez lui à la Grande-Comore, à Mohéli, à Anjouan et à Mayotte. Ces îles appartiennent à tous les Comoriens.

Penser que le problème d’Anjouan doit préoccuper uniquement les originaires de cette île, c’est concevoir l’inconcevable : la dislocation de notre cher pays. Or, comme l’a si bien souligné le professeur Pierre Vérin, dans son livre (Les Comores, éditions Karthala, 1994, p. 45) “la nation comorienne ne se fonde pas seulement sur le souvenir d’un siècle et du vécu colonial partagé en commun. Elle participe d’une véritable unité de langue et de culture, même si les Comoriens font souvent passer le patriotisme insulaire ou régional avant l’intérêt national”.
De ce fait, tout Comorien doit prendre conscience de son appartenance à un même groupe. Nous avons en commun une civilisation, un art, un mode de vie, une aspiration… Renier cela ou falsifier l’histoire à des fins chauvines, c’est commettre un crime intellectuel.

Il n’y a pas que l’attitude des “intellectuels” ou des cadres anjouanais qui est choquante dans la crise actuelle. L’indifférence des autres insulaires comoriens traduit aussi un soutien implicite aux séparatistes, au même titre que les réticences équivoques des Anjouanais. Tous les Comoriens, à l’exception de quelques uns, ont, à notre avis, failli à leur devoir de citoyen. A titre d’exemple : où sont passés les partis politiques à Anjouan ? Comment peut-on comprendre que le garant constitutionnel de l’unité nationale réagisse comme s’il était un partisan de la séparation des îles ? Doit-on faire confiance à une opposition qui, à des fins politiciennes, a sous-estimé, à bon escient, la gravité de cette crise ? Est-il normal que les Comoriens instruits (je préfère cet adjectif à celui d’intellectuels) fassent un amalgame entre l’île d’origine et la nation comorienne ?

III. Le séparatisme anjouanais fragilise la cohésion sociale des “Anjouanais

Cette crise anjouanaise aura en tout cas des conséquences très néfastes, quelle que soit son issue. Elle va surtout et certainement fragiliser la cohésion sociale des Comoriens en général et des Anjouanais en particulier. En effet, les séparatistes, pour atteindre leur objectif, dressent les Anjouanais contre les Grands Comoriens en propageant que ces derniers sont les responsables des maux qui rongent “leur” île. Or, tous ceux qui sont avisés savent que la crise économique n’épargne aucune île. De plus, les véritables responsables sont ceux qui ont dominé la vie économique, administrative et politique depuis la période coloniale jusqu’à nos jours.
En tentant d’exacerber les passions insulaires, les séparatistes réveillent, malgré tout, les passions régionales, voire “ethniques” et villageoises. Tous ceux qui connaissent la réalité d’Anjouan ne seront pas surpris par exemple de voir les wamatsaha se révolter un jour contre les makabaila en invoquant les mêmes raisons. Fundi Abdallah Ibrahim, en affirmant qu’il n’est pas facile de vivre avec les Grands-Comoriens et que la seule solution est de vivre entre Anjouanais (Archipel n° 165, p. 11) ne fait pas preuve d’ignorance de cette réalité. Mais s’il a un choix à faire entre la renonciation à ses propos extrémistes et la balkanisation d’Anjouan, pourvu qu’il devienne aussi “sultan”, il optera évidemment pour la deuxième solution pour l’intérêt d’Anjouan et des Anjouanais, semble-t-il.
Enfin, les séparatistes montent aussi les Anjouanais les uns contre les autres. En effet, tous ceux qui sont victimes de mauvais traitements de la part des séparatistes sont des originaires d’Anjouan. Les biens et les maisons saccagés ou incendiés appartiennent à des Anjouanais. Tous ceux qui sont persécutés ou interdits de séjour à Anjouan sont des natifs d’Anjouan. Il paraît même qu’un Anjouanais impose maintenant à un autre Anjouanais un visa d’entrée s’il veut rendre visite à sa famille. Certains se sont même vus empêcher de participer aux obsèques d’un proche. Où allons-nous ? Tout cela parce qu’on veut imposer une pensée unique à Anjouan et réduire toute opposition ou contestation au silence. N’est-ce pas là des indices d’une guerre civile qui s’annonce ? Est-ce là l’intérêt d’Anjouan et des Anjouanais ? Espérons que l’évolution de la situation nous donnera tort. 

Halidi Allaoui Halidi
Rouen, le 05/12/97
Journal Masiwa 53

 

 

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6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 22:58
REALITE PUERILE
 
Juché sur le Mont Ntringui
Je guette ton jubilé neuf
Rêve mature
Songe d’un tigre
J’aimerais tant te voir surgir
Curassé et vêtu en vert
Le ciel t’ouvre ses bras
La nuit sort de sa cachette
Lés étoiles boiteuses
Jettent des clins d’œil
Quel cirque
Beau et tartuffe
Croissant paradisiaque
Croissant unitaire
Croissant souriant
Approche en douceur
Avec tes illuminations noires
Débarrasse toi de ces chaînes
Pour libérer tes étoiles emprisonnées
Dans des tourbillons éhontés
J’expulse cette lune illusoire
J’étrangle cette lune désespérée
Sortez par le bounarti
Rends visite à bako
Caresse le foundi
Le ziyara est vide
Je suis rentré bredouille
Avec mes quatre œufs
Eux aussi égrènent le chapelet
En vain
Ô ouie patriote
Même notre terre est devenue sourde
 
HALIDI ALLAOUI
En 2006
 
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Mariama HALIDI HALIDI - dans POESIE
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6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 22:42
         
CRI DE REVOLTE
[HABARI] CONFERENCE DE TANA
 
         Nous voudrions juste lancer un AVERTISSEMENT aux hommes
 et femmes Politiques de notre pays, toutes tendances confondues, qui vont Participer à la conférence inter-iles.
 
         Vous allez, encore une fois, décider pour nous. HELAS! Car
Apparemment, vous êtes tous d'accord pour écarter les groupements
Apolitiques. Pire encore! Vous vous dirigez vers une consécration
d'un ETAT CONFEDERAL. Vous pouvez toujours jouer sur les mots: union des Etats indépendants, république de l'archipel des Comores...
Ce qui signifie tout simplement que vous allez purement et
simplement signer l'acte de décès de l'Etat comorien. Chose
inacceptable!
 
N'oubliez pas en effet que vos aînés vous ont légué un
Etat comorien unitaire et un peuple. Vous avez le devoir de
laisser en héritage la même chose à vos enfants. Par conséquent,
 par tous les moyens, il faut combattre toute idée séparatiste.
 
         Vous avez encore quelques jours pour vous ressaisir.
En effet, vous ne devrez pas déjà considérer les terroristes et les
Preneurs d'otage d'Anjouan comme des interlocuteurs viables pour
résoudre la crise actuelle. Comment peut-on s'obstiner à faire
confiance à des hommes privés de conscience qui renient à tout moment leur parole et leur signature? Apparemment vous avez la mémoire
courte. Car vous allez avoir en face de vous une délégation
anjouannaise qui n’a aucune autre légitimité que celle de la terreur
et de la persécution et dont la position n'engagera ni de près ni de
loin tous les anjouanais. Rappelez-vous d’Addis Abebas et de
Mohéli
Notre île n'est pas composée que des rattachistes et des
indépendantistes. Il y a aussi des comoriens dignes de ce nom qui
sont unionistes. Alors sur quoi vous vous fondez pour légitimer
peut être inconsciemment la délégation qui probablement sera conduite
par Abdallah Mohamed.
 
         Ensuite, il faut savoir qu’en réalité, privilégier la remise en
cause des institutions dans cette conférence me semble une fausse
solution à la crise.
En effet, celle ci a principalement un fondement économique.
Chamassi, Abdallah ibrahim et consorts ont exploité à des fins
personnelles la révolte légitime d'une population désespérée en
déformant sciemment le message de celle-ci.
 
Tant que la crise économique ne sera pas résolue, l'unité et la
stabilité des Comores resteront fragiles. Des reformes
institutionnelles s’avèrent certes nécessaires, mais elles sont
moins urgentes que les problèmes économiques.
Il est en fait temps de terminer avec cette incrimination permanente
de nos institutions et de s'attaquer aux vrais fléaux de notre pays.
Le débat de votre conférence ne doit pas se focaliser sur les
institutions.
        
          Cependant, si c'est votre choix, méfiez-vous tout de
même de toute idée d'indépendance de chaque île, de
confédération ou de fédération. Seul un Etat unitaire réellement
décentralisé semble être approprié pour préserver l'unité et
l'intégrité des Comores, lutter contre le chauvinisme et permettre
l'autonomie des REGIONS et non des îles. En réalité, raisonner en
termes d'autonomie des îles favorise exclusivement les chefs lieux
et grandes villes de chaque île. Or tant que nous n'arriverons pas à
un développement réel de toutes les régions, seul moyen de
faciliter
les relations entre les Comoriens et de renforcer davantage notre
cohésion, la menace de la partition de notre cher pays nous guettera ! .
 
         Bonne conférence à l'étranger. Décidément l'eau propre
manque aux
Comores pour laver notre linge sale. Heureusement que le ridicule
ne tue pas!
                                      HALIDI ALLAOUI
en 1999
 
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