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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 23:18
JOURNEE DE LA FEMME : N’OUBLIONS PAS LES  FEMMES COMORIENNES D’ANJOUAN
 
On est le 08 mars. Comme à l’accoutumée, cette journée est celebrée avec faste un peu partout dans le monde. Notre pays, les Comores, n’a pas dérogé à la règle. Plusieurs festivités et conférences sont organisées depuis quelques jours à Ngazidja,  Mohéli et  Mayotte.
 
Nous avons, en ce jour important pour l’émancipation de la femme dans le monde,  une pensée particulière pour les femmes comoriennes  qui se trouvent en ce moment sur l’île d’Anjouan lesquelles n’ont pas pu profiter comme leurs sœurs des autres îles des Comores de cette journée importante.
 
Des voyous et preneurs d’otages continuent à sévir là bas. Les tortures et la terreur sont devenues monnaie courante.
 
Compte tenu d’une telle situation, les Comoriennes d’Anjouan n’ont pas vraiment la tête et le cœur à la fête. Elles préfèrent plutôt penser à leurs maris, frères et enfants qui sont entrain d’être torturés dans les prisons,  citernes et containers de Mohamed Bacar et ses sbires. Elles préfèrent plutôt penser à leurs maris, frères et enfants qui optent quotidiennement pour la perte de leur vie à la mer en tentant de fuir l’île par Kwassa Kwassa plutôt que de subir les humiliations insupportables.  Et elles ont raison. Hélas !
 
Quant à nous, pensons à ces femmes. Car elles en ont vraiment besoin.
 
Halidi (HALIDI-BLOG-COMORES)
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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 13:15
Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

Comores / Politique & institutions

Moroni, mercredi 5 mars 2008 (HZK-Presse) :  Ahmed Said Islam, l'actuel directeur de cabinet du président de l'île autonome de Ngazidja chargé des relations avec les institutions, a donné une conférence de presse lundi dernier en fin de journée à Itsandra.

Il s'est exprimé au nom du Rassemblement pour la Démocratie et le renouveau (RDR), ancien parti au pouvoir sous le régime du président Djohar (1990-1996), face à la conjoncture politique notamment de la position de son parti sur la question de la crise anjouanaise, mais aussi sur les motivations ayant conduit son parti à entrer au deuxième gouvernement du président Mohamed Abdoulwahabi.

D'entrée de jeu, le secrétaire général du Rdr, a repris brièvement devant l'assistance composée de ministres de l'île, de conseillers, cadres de son parti, notables et des journalistes de la place, les conclusions de sa dernière conférence de presse tenue à Moroni en mars 2007.

Son parti dit-il s'est prononcé en donnant son avis par rapport à la nouvelle charpente constitutionnelle. Malheureusement cet avis n'a pas obtenu l'adhésion des autorités au pouvoir.

Pour le RDR, il y a des fentes qu'il faut absolument corriger pour harmoniser et compléter les constitutions de l'Union et des îles. A titre d'illustration, la durée des mandats des assemblées des îles autonomes d'Anjouan et Mohéli est différente de celle de Ngazidja. Ceci étant son parti soutient l'initiative du président de l'Union pour la libération d'Anjouan et procéder au plus vite à l'organisation d'une nouvelle élection du président de l'île et des députés.

La question de l'île d'Anjouan a été confiée à l'organisation panafricaine dès le début du déclenchement de la crise en 1997 par le Président Taki, et le Rdr a toujours soutenu la position de la communauté internationale, ajoute-t-il. A l'heure actuelle, poursuit M. Said Issilam, « la même communauté appuie l'initiative du Président Sambi pour aider les Comores à retrouver son intégrité et ce après plusieurs missions de médiation infructueuses ».

Et si la solution ultime réside dans le débarquement, « le parti Rdr ne peut que soutenir cette position, et demander au peuple comorien de se ranger derrière son armée pour la sauvegarde de l'unité nationale ».

Interrogé par un confrère sur le déplacement controversé du Président Abdoulwahabi à Anjouan en octobre dernier, Ahmed Said Islam répliquera en affirmant avoir « désapprouvé cette démarche » mais dès l’instant où le chef de l'exécutif de l'île s'est justifié, le Rdr a été convaincu au bien fondé de ce déplacement. D'autant que ce même président de l'île a remis un rapport aux différents partenaires des Comores dans lequel il a formulé des propositions de sortie de crise.

« Une fois que le chef de l'exécutif de Ngazidja m'a contacté pour faire partie de son gouvernement, poursuit le secrétaire général du Rdr, mon parti m'a mandaté pour l'accompagner afin d'oeuvrer ensemble pour la reconstruction de l'île ». Autant dire que son entrée au gouvernement répond à ce qu'il considère comme « un impératif national » a expliqué le secrétaire général.

Pour convaincre la presse, sur les motivations qui ont poussé le Rdr à collaborer avec un président sans parti politique, Ahmed Said Islam reconnaît au président Abdoulwahabi « un esprit de rassemblement des valeurs individuelles, des hommes d'une grande expérience et non seulement des partis politiques ». Un Rdr qui revient sur la scène politique après une longue absence, « pour apporter sa contribution au développement de Ngazidja et non pour assister à des inaugurations de communes » dit-il.

Dans une déclaration publiée le jour même le parti de Said Issilam estime que « la gravité de la crise que traverse notre pays interpelle la conscience collective et impose à chaque comorien de secouer son instinct patriotique ».

Il rend à cet effet hommage au président Sambi pour le courage et la détermination dont il fait montre pour restaurer l'autorité de l'Etat à Anjouan ainsi que la légalité et la normalité. Il salue les efforts de la communauté internationale et les pays amis des Comores ainsi que leur disponibilité à apporter leur appui militaire pour la libération de l'île rebelle, tout en appelant la population redoubler de vigilance en cas d'intervention militaire à Anjouan.

A. Nabahane

050308/an/hzkpresse/6h00
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 17:37

MORONI (AFP) - 05/03/2008 09h47
  
Sur son lit de l'hôpital El-Maarouf de Moroni, Atoumane Mohamedi, opposant au président de l'île comorienne d'Anjouan Mohamed Bacar, agite ses deux bras plâtrés en racontant son calvaire: arrêté à Anjouan, il a été violemment passé à tabac et enfermé quinze jours sans procès.
 
"Ce sont les hommes de la garde présidentielle de Mohamed Bacar qui sont venus m'arrêter chez ma mère (le 15 février), ils étaient plus de 25 en uniforme et armés jusqu'aux dents", relate cet ancien candidat aux législatives d'Anjouan, arrivé à Moroni il y a deux jours.
 
L'escouade l'a conduit de force dans une voiture en dehors de la ville et violemment battu.
 
"Ils m'ont cassé les bras à coup de bâtons, m'ont fracturé des orteils et frappé sur la plante des pieds, aujourd'hui je peux à peine marcher. Après ils m'ont jeté en prison et ce n'est qu'après le versement par mon père à un proche de Bacar 200.000 francs comoriens (435 euros) qu'ils m'ont libéré", confie-t-il à l'AFP.
 
Les témoignages de ce genre sont répandus parmi les déplacés qui ont fui Anjouan pour se réfugier à Moroni, capitale de l'Union des Comores, archipel de l'océan Indien.
 
Selon le gouvernement, plus de 2.500 personnes on fui récemment en Grande-Comore et à Mohéli, les deux autres îles de l'archipel.
 
Anjouan est en crise ouverte avec l'Etat fédéral. M. Bacar, réélu président d'Anjouan le 10 juin 2007 à la suite d'une élection rejetée à la fois par l'UA et l'Etat fédéral, refuse depuis d'organiser de nouvelles élections et semble vouloir se maintenir au pouvoir à tout prix.
 
Anjouan avait fait sécession en 1997, avant de rentrer dans le giron des Comores fin 2001.
 
Le gouvernement fédéral a décidé de rétablir l'ordre à Anjouan en montant une opération militaire notamment soutenue par l'UA et la France.
 
Arrêté le 18 février à Anjouan, Abidi Ben Chaihane, 29 ans, ancien membre d'une cellule de campagne du président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, n'a pas perdu son sens de l'humour malgré son passage à tabac.
 
Il explique que ses tortionnaires qui "portaient des cagoules et des uniformes", lui ont "demandé de danser et de chanter (...) après ils m'ont attaché, bâilloné et ont recommencé à frapper, surtout la plante des pieds". "J'ai réussi à fuir, observe-t-il fièrement, mais j'espère que j'arriverai à nouveau à danser", ajoute-t-il dans un sourire.
 
Avec lui, dans son cachot, six hommes avaient subi le même sort, avant d'être libérés et de quitter Anjouan pour recevoir des soins.
 
Lahidin Abdallah a eu moins de chance: hospitalisé lundi, il est à demi conscient et ne peut plus parler. Selon une source médicale, "les coups reçus dans l'abdomen provoquent des vomissements, ses pieds sont tuméfiés et il porte des écorchures sur tout le corps".
 
Farouche opposant du colonel Bacar et candidat à l'élection de 2007 à Anjouan, Mohamed Djaanfari fait état "de centaines de personnes arrêtées arbitrairement, détenues sans jugement et torturées (...) ou violées, de gens décédés après les sévices des gardes du corps de Bacar".
 
"Tous mes parents, tous les opposants à Bacar sont visés depuis que l'on parle du débarquement, soit plus de deux mois", affirme ce député.
 
Le Croissant-Rouge comorien n'a pas souhaité s'exprimer sur ces violations des droits de l'Homme, expliquant craindre pour la sécurité de ses agents travaillant à Anjouan.
 
Un défenseur des droits de l'Homme sous couvert d'anonymat a indiqué de son côté à l'AFP: "nous avons recueilli les mêmes témoignages (...) les violations et violences sont quotidiennes à Anjouan et se sont agravées dernièrement".
 
 
© 2008 AFP
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 01:00
 
  Moroni, lundi 3 mars 2008 (HZK-Presse) Les jours se suivent et se ressemblent pour les anjouanais soumis depuis plusieurs semaines à une accentuation des exactions du colonel Bacar et ses hommes. Chaque minute dans la vie des habitants de l'île, c'est une dose de souffrance qui s'ajoute à leur quotidien.

Comme si la faim et les pénuries des produits pétroliers ne suffisaient pas, la population de l'île rebelle doit subir régulièrement les arrestations arbitraires et les bastonnades des milices du président autoproclamé de l'île, qui semble supporter de moins en moins la contestation.
Le dernier en date, est un professeur d'éducation physique originaire de la ville de Domoni. A l'hôpital El-Maarouf où il est admis depuis le matin de ce dimanche dans un état jugé lamentable. Deux bras et une jambe sont fracturés. Les traces laissées sur son dos témoignent de la cruauté des fouets qu'il a reçu lors de son séjour dans les geôles de Bacar.
Alors que ses deux bras sont plâtrés, sa jambe trop enflée est enroulée d'une bande alcoolisée. Pour passer aux toilettes, quatre ou cinq personnes sont nécessaires pour le soulever à défaut de faire ses besoins sur le lit.
« Mes bras sont cassés au moment où je protégeais ma tête. Des hommes en cagoules entraient régulièrement dans le lieu de détention pour me tabasser », raconte les larmes aux yeux, Attoumani Mohamed Mdéré, ce professeur d'éducation physique.
L'homme est admis à l'hôpital de Domoni après 6 jours de détention et de tortures. Alors qu'il a obtenu les premiers soins depuis ce centre hospitalier de la deuxième ville de l'île, les médecins d'El-Maarouf proposent de tout recommencer.
« On va probablement enlever les plâtres pour effectuer d'autres radiographies. On veut s'assurer de l'état du patient. Il croyait qu'il avait une entorse au niveau de la jambe alors qu'il peut avoir une fracture », affirme une infirmière qui suit le malade à l'hôpital El-Maarouf.
Ce père de deux enfants paie pour ses activités politiques. Aux dernières élections législatives, Attoumane Mohamed s'était présenté comme un adversaire du candidat de Bacar. Depuis, « il est considéré comme un ennemi au régime séparatiste ».
« J'étais chez moi avec mes enfants au retour du travail lorsqu'ils m'ont arrêté. 25 soldats sont arrivés chez moi, armés jusqu'aux dents pour m'embarquer », dit-il depuis le lit de l'hôpital après un passage par Mohéli.
« On était trois à être arrêtés mais c'est moi qu'ils ont gardé le plus longtemps. Dans la voiture même, ils ont commencé à nous battre. On était à moitié fini en arrivant dans le centre de détention. On a subi des tortures que je ne peux pas décrire. C'est du jamais vu. Il fallait que je fasse semblant d'être mort pour qu'ils m'abandonne », témoigne Attoumani, la quarantaine, qui ressent un soulagement de se retrouver à Moroni.
Blessé mortellement et affaibli, personnes ne de sa famille ne savait là où il est était détenu. Son père, un ancien a dû batailler et même négocier au prix fort avec la force de gendarmerie anjouanaise (FGA) en versant la somme de 200 000 francs, pour obtenir sa libération.
Mais étant laissé en liberté provisoire, il ne pouvait pas quitter l'île pour venir se soigner à Moroni. « Les responsables politiques de la ville avaient donné des consignes pour que personne ne m'accepte à bord de sa pirogue sous peine de voir son embarcation confisquée. J'ai alors payé 60 000 fc et le pétrole au passeur pour pouvoir monter à 3 heures du matin », déclare Attoumani qui a pu quitter clandestinement l'île avec l'aide de son frère.

 
Source : Ahmed Abdallah - 030308/aa/hzkpresse/7h00
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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 01:14
FONDATION COMORIENNE DES DROITS DE L HOMME
FCDH
 
                                           BP 310
 
Téléphone :                   00269     711543
 
                     MUTSAMDU ANJOUAN  COMORES
 
 
 
RECRUDESCENCE DE LA TORTURE SUR ANJOUAN
 
 
 
 
 
Décidément il ne passe un jour sans qu’une embarcation de pêche n’arrive sur une plage de Mwali avec une cargaison de rescapés des geôles de Mohamed Bacar.
 
-         samedi 1er mars 08 : 03 originaires de Domoni dont 01 évacués sur Elmaanrouf suite à de nombreuses blessures aux jambes et pieds conséquentes des tortures subies
 
-         dimanche 2 mars 08 : 02 originaires de Domoni dont 01évacué à Elmaanrouf avec fractures sur les 02 jambes et les 02 bras conséquentes des tortures subies dans les camps de concentration de Bacar.
 
 
-         Lundi 03 mars : 03 originaires de Barakani, le village du sanguinaire. 02 sont évacués à Elmaanrouf dont sur une civière et dans un état très préoccupant selon des sources médicales.
-         Pour ne plus servir la propagande du tyran galonné et par respect de la personne, nous avons décidé de ne plus transmettre les photos et noms des victimes.
 
La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH) estime qu’il y a urgence à chercher les voies et moyens qui permettraient de mettre fin aux souffrances de la population comorienne d’Anjouan .
 
La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH) appelle les autorités civiles élus de ce pays à prendre rapidement leurs responsabilité, faute de quoi ils seront coupables de non assistance à une communauté en danger.
 
Fomboni le 03 mars 2008
 
Le Président National,
 
 
 
 
Mohamadi Nansuri Riziki
Tél : (269)720829/320829
Email : riziki57@yahoo.fr 
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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 00:59
Comores / Politique & institutions
 
Moroni, mercredi 27 février 2008 (HZK-Presse) – La mission dépêchée ce mercredi 27 février auprès du colonel Mohamed Bacar, par la communauté internationale, pour une ultime tentative de médiation dite « de la dernière chance » a encore échoué.
 
Composée des représentants de l’Union africaine, de la Ligue des Etats arabes, de l’Afrique du Sud, de la France et des Etats-Unis, la délégation est rentrée à Moroni en fin d’après-midi, sans être parvenue à arracher au chef rebelle d’Anjouan un accord négocié de sortie de crise.
 
Un accord que certains milieux diplomatiques de la capitale croyaient encore possible pour éviter l’épreuve de force et lui offrir une sorte de « porte de sortie honorable ». Mais le colonel Bacar est donc resté intransigeant, et a préféré camper sur ses positions, en rejetant en bloc les nouvelles propositions de la communauté internationale, notamment celle d’une démission avec possibilité de choisir un pays d’exile, et permettre ainsi la tenue rapide d’une nouvelle élection présidentielle libre et démocratique dans l’île.
 
Sinon, il s’exposerait aux conséquences d’une intervention militaire de l’armée nationale qui semble bénéficier de l’appui de l’Union africaine et de certains pays amis. Lors de son récent séjour à Moroni, le ministre des affaires étrangères de la Tanzanienne, avait déjà clairement signifié les termes de cet « ultimatum », en laissant aux autorités illégales d’Anjouan le choix entre la reddition aux forces de l’Union Africaine ou la résistance à l’assaut des troupes de l’armée comorienne et de l’UA.
 
Une option qui exposera l’ex-chef de l’exécutif d’Anjouan à sa capture et à sa traduction devant un tribunal pour crime de guerre, avait ajouté Bernard Kamillius Membe au cours de sa brève conférence de presse donnée à Moroni lundi dernier, après avoir rencontré son homologue Ahmed Ben Said Jaffar.
 
Après le séjour de Mutsamudu qui n’a duré que 3 heures, la délégation de la communauté internationale a regagné Moroni avec un sentiment de déception et d’inquiétude, craignant sans doute la suite des événements après cet énième revers diplomatique qu’elle vient d’essuyer.
 
Elle a été immédiatement reçue, en début de soirée, par le chef de l’Etat, Ahmed Abdallah Sambi, à qui ils ont rendu compte des résultats de leur initiative avortée. Par la voix de son ministre des relations extérieures, le gouvernement de l’Union « a pris acte » de ce nouvel échec, mais cette fois « il n’y a plus de temps à perdre », dit-il, et les jours qui viennent seront décisifs car « nos partenaires extérieurs ont aujourd’hui compris que nous n’avons guère d’autres solutions que celle du recours à la force » pour rétablir l’autorité de l’Etat sur l’île d’Anjouan, en proie à une rébellion sécessionniste depuis 1997.
 
A sa sortie du palais de Beit Salam, l’envoyé spécial de l’UA, Francisco Madeira a déclaré à la presse que « bientôt vous verrez des preuves » de l’engagement de l’UA au coté du gouvernement comorien pour lui apporter son appui à la résolution définitive de la crise anjouanaise.
 
Pour sa part, le représentant de la Ligue des Etats arabes a affirmé à sa sortie de Beit-Salam le soutien de son organisation à la décision de l’Union africaine. « Nous avons offert à Mohamed Bacar deux possibilités pour une issue pacifique à la crise, mais il n’a pas entendu notre message. A présent la machine est marche et l’UA a entamé les préparatifs de cette opération » de rétablissement de l’ordre pour la tenue d’une élection organisée selon des normes acceptées par la communauté internationale, a-t-il ajouté.
 
Au vu de l’intransigeance manifeste et très médiatisée de la partie anjouanaise, les observateurs politiques s’interrogeaient encore sur les chances de succès de cette ultime médiation, décidée en marge du dernier sommet ordinaire de l’UA, tenu à Addis-Abeba du 31 janvier et 2 février, et au cours duquel le président Sambi avait officiellement annoncé sa décision de recourir à l’option militaire pour rétablir l’ordre à Anjouan.
 
M. Madeira a expliqué les deux propositions faites au colonel Bacar, notamment « la possibilité d’un exile à l’étranger ». Son acceptation permettrait le déploiement de l’AMISEC. Mais le refus des deux offres fermait la porte à toute nouvelle négociation, dit-il.
 
Et le diplomate de préciser que l’objectif est « de minimiser au maximum possible les dégâts et les effets collatéraux pour les populations civiles ». Quant au débarquement, « nos forces s’y préparent, et dans quelques jours vous les verrez débarquer à Moroni et Anjouan sera libérée », conclut l’envoyé spécial.
 
Quatre pays de l'UA ont déjà promis un appui en troupes et logistiques (Sénégal, Tanzanie, Soudan et Libye), et la France aurait manifesté sa disponibilité à assurer leur acheminement vers l’archipel. Les préparatifs d’un probable débarquement militaire semblent par ailleurs « très avancés » selon le chef d’état-major de l’Armée nationale de développement qui attendait l’arrivée des hélicoptères pour boucler le dispositif.   
 
El-Had Said Omar
270208/eso/hzkpresse/19h00
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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 22:31
ANJOUAN : SILENCE, ON TORTURE !
 
torture1.jpgPendant que l’on prend plaisir à boire ce bouillon amère de blabla offert par « nos amis » (quelles gentillesse et générosité !), les voyous et preneurs d’otages de l’île d’Anjouan continuent à torturer librement tous les civils qui osent s’opposer à eux. En témoigne ces photos qui nous sont transmises par la Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH). Il s’agit d’un patient originaire d’Anjouan torturé par les milices de Mohamed Bacar lequel est admis au centre hospitalier régional de Fomboni à MWALI. Selon la FCDH, il est  arrivé clandestinement par kwassa kwassa sur cette île le mardi 26 février 2008. Pour la sécurité des siens, la victime a demandé de garder l’anonymat.torture2.jpg
 
Les témoignages des torturés se multiplient depuis quelques jours à MWALI.
 
Quand est ce que chacun prendra enfin ses responsabilités afin de venir au secours de ces comoriens d’ANJOUAN avant qu’il ne soit trop tard ? Trop, c'est trop !
 
Halidi (HALIDI-BLOG-COMORES)
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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 00:08
Vous trouverez ci-dessous le Communiqué du Collectif Migrants Mayotte du 24 février 2008 sur les déclarations de Monsieur Estrosi du 22 février 2008 sur le droit du sol à Mayotte.
 

Je partage entièrement les arguments juridiques et politiques de ce communiqué 

Halidi
 
Communiqué du Collectif Migrants Mayotte
 
relatif au projet de M. Estrosi de suspendre le droit du sol à Mayotte
 
 
 
 
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Estrosi a évoqué vendredi 22 février sur France 2 "une décision exceptionnelle" concernant l'île de Mayotte uniquement. Il envisagerait l'adoption d'une mesure qui ferait, selon lui, que "tout enfant né de parents en situation irrégulière" ne pourrait plus "réclamer" la nationalité française. Il s'agit tout simplement de la remise en cause du droit du sol. Le Collectif Migrants-Mayotte 1 s'insurge contre cette mesure que le secrétaire d'Etat affirme vouloir proposer au printemps, et s'indigne de l'utilisation politique qui en est faite localement. Le Collectif dénonce vigoureusement cette annonce à plusieurs titres.
 
 
Une mesure inconstitutionnelle. En septembre 2005, après sa visite à Mayotte, le ministre français de l'Outre-mer de l'époque, François Baroin, avait affirmé "envisager" la remise en cause du droit du sol "pour certaines collectivités d'outre-mer" dont Mayotte. L'ambition de M. Baroin n'avait pas passé la barrière de la Constitution. Les constitutionnalistes semblaient unanimes à considérer qu’une révision éventuelle du droit du sol ne pouvait concerner que l’ensemble du territoire national. Cette remise en cause du droit du sol ayant été envisagée par un projet de la loi sur l'immigration en 2006, le président de la section du contentieux du Conseil d’Etat avait soulevé un risque d’inconstitutionnalité. "Les conditions d’accession à la nationalité française, dans notre tradition juridique, valent pour l’ensemble du territoire de la République", avait-il indiqué. D’où la conclusion d’une mission de la commission des lois de l’assemblée nationale : "Une telle modification devrait donc nécessairement concerner l’ensemble du territoire national." En effet, les articles 73 et 74 de la Constitution excluent certains domaines des spécificités ultramarines, parmi lesquels la nationalité. Comment une mesure inconstitutionnelle en 2005 ne le serait plus en 2008 ?
 
Une mesure discriminatoire. En suspendant le droit du sol à Mayotte uniquement, M. Estrosi ferait de cette Collectivité départementale un territoire étranger au territoire français. Cela signifierait que tous les enfants ne sont pas égaux au sein de la République ; que certains sont plus valables que d'autres. Dans cette logique, un enfant de Malgaches qui naîtrait en Métropole pourrait sous certaines conditions être français, mais pas un enfant de Malgaches qui naîtrait à Mayotte ! Cette mesure serait d'autant plus néfaste qu'elle priverait certains enfants nés de parents en situation irrégulière à Mayotte il y a 8, 10, 12 ans et scolarisés dans l'école républicaine, de ce droit fondamental. Ces milliers d'enfants seraient dans une situation plus précaire encore qu'elle ne l'est aujourd'hui. Que ferait-on d'eux ?
 
Une mesure démagogique. Selon M.Estrosi, "nous avons aujourd'hui à Mayotte 30% de la population qui est en situation clandestine, irrégulière, et dans 10 ans elle pourrait être majoritaire par rapport à la population franco-mahoraise". En lisant les propos de M.Estrosi, on a l'impression que n'importe quel enfant né à Mayotte est d'office français. C'est faux. Selon la loi, un enfant né à Mayotte est français depuis sa naissance : i- s'il est né depuis le 2 août 1975 avec un parent né à Mayotte (ou sur une autre terre française à la naissance du parent et restée française depuis) ; ii- s'il est né depuis le 2 août 1975 et avant le 1er août 1994 avec un parent né aux Comores avant le 31 décembre 1975 ou à Madagascar avant le 11 avril 1960. A défaut de remplir l’une de ces exigences, il ne pourra devenir français que sous conditions de résidence et pas avant l'âge de 13 ans. Autrement dit : le droit du sol n'est pas exclusif et est soumis à d'autres obligations que semblent ignorer les responsables locaux et le secrétaire d'Etat. Il ne suffit pas d'être né à Mayotte pour être français !
 
Une mesure inefficace. Faire croire que le droit du sol et par extension l'obtention de papiers français est la principale raison qui pousse les Comoriens et Malgaches à entrer la plupart du temps illégalement à Mayotte relève du mensonge. Si les Comoriens viennent à Mayotte, c'est avant tout pour des raisons économiques, sanitaires, sociales, politiques ou familiales. Ils fuient la misère ou la répression politique de mise actuellement à Anjouan, cherchent à y accoucher dans des conditions acceptables ou à y scolariser leurs enfants, visitent de la famille – car les Comoriens ne sont pas à Mayotte des "étrangers" comme les autres, ils possèdent des liens familiaux et culturels jamais effacés malgré la séparation politique depuis 1975 de Mayotte avec les trois autres îles de l'archipel. Quiconque s'est rendu à Anjouan, en Grande-Comore ou à Mohéli peut affirmer que les raisons de l'émigration vers Mayotte ne sont pas liées à l'obtention de papiers. Ce n'est qu'une fois sur place, quand les "étrangers" y ont fait leur vie, y ont trouvé un travail, que la question de la régularisation se pose à eux. La suspension du droit du sol ne modifiera donc en rien les flux migratoires.
D'autre part, il convient de préciser que l'utilisation faite par certains responsables politiques mahorais de la déclaration de M. Estrosi emploie des arguments invalides. Selon nombre de ces derniers, les "Comoriens viennent à Mayotte car ils savent que s'ils ont un enfant ils ne seront pas expulsables". Une argumentation que les chiffres officiels démentent : en 2007 en effet, sur 16.000 personnes reconduites à la frontière, la préfecture a recensé plus 2.000 mineurs, parmi lesquels des nourrissons, des bébés et des enfants accompagnés de leurs parents –ou pas. Parmi eux, beaucoup étaient nés à Mayotte… Être parent d'un enfant né à Mayotte ne rend en effet pas "inexpulsable".
 
Une mesure inquiétante. L'outremer a toujours servi de ballon d'essai en France. La suspension du droit du sol à Mayotte ne serait qu'un préalable à ce qui se passera, dans les autres DOM-TOM d'abord, sur tout le territoire ensuite. Il y a donc tout lieu, partout ailleurs sur le territoire français, de s'inquiéter de "l'exception Mayotte".
 
 
Dans ce contexte, le Collectif Migrants-Mayotte demande au secrétaire d'Etat à l'Outre-mer de revoir son projet qui n'aurait d'autre effet que de stigmatiser une fois de plus les populations "étrangères" vivant à Mayotte, et de tromper les Mahorais en leur faisant croire que la suspension du droit du sol ralentirait l'immigration clandestine. Cette mesure ne ferait que précariser des populations déjà très vulnérables, et mettre à mal un des fondements de la République.
 
 
 
Le Collectif Migrants Mayotte
Mamoudzou, le 24 février 2008
 
 
Contact : Rémi Carayol (coordinateur) : 06 39 40 56 38 / remicarayol@yahoo.fr
 
 
 
 
1 Le Collectif Migrants-Mayotte est composé de nombreux travailleurs dans les secteurs sociaux, médicaux et enseignants oeuvrant à Mayotte, ainsi que d'une dizaine d'associations agissant pour la défense des droits des étrangers et l'appui moral, social, économique et/ou sanitaire des étrangers en situation irrégulière. Le Collectif est affilié au Collectif Migrants Outremer.
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 16:47
 Comores : nouvel avertissement lancé à l'homme fort de l'île d'Anjouan
MORONI (AFP)Le ministre tanzanien des Affaires étrangères Bernard Kamilus Membe, a exhorté lundi à Moroni le président de l'île comorienne d'Anjouan Mohamed Bacar à "quitter" cette île ou "à se rendre" avant une opération militaire approuvée par l'Union africaine (UA).
"Colonel Mohamed Bacar, vous avez deux options: soit vous quittez (Anjouan) ou vous vous rendez (...) Mais si vous résistez aux troupes comoriennes et de l'Union africaine, vous serez arrêté et jugé pour crimes de guerre", a déclaré lors d'un point de presse à Moroni M. Membe.
"Le temps des discussions est terminé (...) vous n'avez pas de temps M. Bacar", a martelé le ministre tanzanien.
M. Membe avait co-présidé le 20 février une réunion des Etats membres du groupe de contact sur les Comores à l'UA, à l'issue de laquelle l'organisation panafricaine avait décidé de soutenir militairement le gouvernement de l'Union des Comores en vue d'une intervention contre Anjouan.
Selon l'UA, des troupes tanzaniennes et sénégalaises doivent être dépéchées dans l'archipel en vue d'une telle intervention.
M. Membe a rendu compte lundi matin de cette réunion au président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi.
L'intervention militaire à Anjouan "n'est pas une plaisanterie", a lancé M. Membe à l'attention de M. Bacar, homme fort de l'île d'Anjouan.
"L'Union africaine ne tolèrera pas une sécession", ni à Anjouan, ni ailleurs en Afrique et cela doit "servir de leçon aux autres", a-t-il ajouté.
M. Bacar a été réélu président d'Anjouan le 10 juin 2007 à la suite d'une élection rejetée à la fois par l'UA et l'Etat fédéral. Depuis, il refuse d'organiser un nouveau scrutin et semble vouloir se maintenir au pouvoir à tout prix.
Anjouan avait fait sécession en 1997, avant de rentrer dans le giron des Comores fin 2001.
Le 31 janvier, M. Sambi, excédé par l'inaction de l'UA, avait annoncé son intention d'intervenir "incessamment pour restaurer l'intégrité de l'Etat comorien" par une opération militaire, lors d'une réunion au 10e sommet de l'UA à Addis Abeba.

AFP le 25 février 2008
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 16:01
HALIDI-BLOG-COMORES

Vous trouverez ci-dessou la déclaration de Comores-MasiwaMane du 22 février 2008 au sujet de l’intervention de l’armée comorienne dans l’île d’Anjouan



DECLARATION
au sujet de l’intervention de l’armée comorienne dans l’île d’Anjouan
 
Depuis 2006, le Collectif Comores-MasiwaMane ne cesse de mettre en garde le gouvernement du président Sambi et le Ministre des Relations extérieures sur les conséquences néfastes des concessions faites à la diplomatie française. Cela ne les a pas empêchés de se laisser séduire, notamment lors de la réception du Président comorien à l’Elysée, par une pseudo collaboration censée trouver une solution au contentieux entre la France et les Comores sur l’île comorienne de Mayotte. Aujourd’hui, l’Etat français annonce l’organisation d’un référendum à Mayotte pour consolider la position de cette île au sein de la République française et le Ministre des Relations extérieures qui prétendait, l’année dernière, qu’une telle chose n’était pas envisageable continue à faire croire que des négociations sont en cours. Alors que chacun sait que dans ces hautes instances on ne parle que de co-développement entre « les Comores et les îles françaises de la Réunion et de Mayotte », la France considérant qu’elle peut mettre fin au conflit en offrant quelques subsides aux divers gouvernements comoriens depuis ceux du colonel Azali. Tous les patriotes comoriens doivent continuer et amplifier leur combat contre la dénaturation que constitue la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte.

Mais, les revers que nous subissons, du fait de notre gouvernement, à propos de la question de Mayotte, ne doivent pas décourager les associations de la société civile et les amener à rejeter toute initiative venant de ce même gouvernement, et surtout pas sous le prétexte qu’il s’agit d’une question politique. L’intérêt national doit primer et le combat pour l’unité nationale est un combat hautement politique qui implique des choix politiques.
 
Il nous paraît périlleux et même inconcevable de mettre sur le même plan un Président légitimement élu et un rebelle qui n’hésite pas à torturer des citoyens comoriens, en les faisant enlever de leurs maisons, en pleine nuit, devant leurs femmes et leurs enfants. Personne ne doit rester indifférent aux souffrances et aux tortures subies par une partie de la population comorienne. Chacun doit se rappeler que ce n’est pas la première fois que des Comoriens subissent les conséquences du laisser-aller qui a élevé les séparatistes tortionnaires d’hier en partenaires de discussions.

Le Président Sambi a décidé d’ordonner à l’armée nationale de mettre fin à l’anarchie, aux discours et aux actes séparatistes à Anjouan. Le Chef d’Etat-major affirme que l’armée est prête pour cette mission. Tous ceux qui depuis 1997 s’opposent à la gangrène séparatiste ne peuvent que se réjouir. En effet, il est du devoir du Président de la République de rétablir l’ordre et de faire cesser les souffrances des citoyens comoriens, le plus rapidement possible, sur toute l’étendue de notre territoire. 

C’est pourquoi, le Collectif Comores-MasiwaMane, fidèle aux principes qui ont présidé à sa création, c’est-à-dire la défense de l’intégrité territoriale et de l’unité des Comores, affirme son soutien sans faille au gouvernement de l’Union des Comores et à l’Armée nationale dans sa mission de rétablissement de l’ordre constitutionnel à Anjouan. Quelle que soit l’issue de cette opération, on ne peut reprocher au gouvernement de l’Union et à l’armée nationale de tenter de se montrer digne de la confiance du peuple, alors que les négociations sont bloquées par l’intransigeance des rebelles et leur volonté de mettre à genoux l’Etat comorien.

Comme cela a été dit à plusieurs reprises, il ne s’agit pas de l’affaire du Président Sambi, ni celle des seuls Anjouanais, mais de tous les Comoriens. En outre, toutes les conséquences d’une telle opération ne peuvent être ni anticipées ni maîtrisées. Ainsi, nous appelons à la responsabilité de tous afin de permettre une issue favorable à l’unité du pays. 

Enfin, le Collectif Comores-MasiwaMane ne peut que mettre en garde les autorités de l’Union contre les initiatives de certains prétendus amis qui, par des mesures dilatoires, entendent pérenniser cette crise qui affaiblit l’Etat comorien depuis 11 ans et le contraint à ne plus défendre ses intérêts au niveau international, en particulier s’agissant de l’île comorienne de Mayotte.
 
Collectif Comores-MasiwaMane
Le 22 février 2008
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