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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 10:23

EH OUI ! Encore et encore, je vous propose de découvrir en vidéo, OUANI, ma raison d'être, comme je l'avais laissée en 1991. Que de la nostalgie ! Je n'en reviens pas. 17 ans déjà. 

Avec cette belle chanson d' Abdoulhamid KELDI qui accompagne la vidéo, il est temps que je me pose certaines questions avant qu'il soit trop tard.

Encore une fois, merci Doiffiri Mohamed d'avoir preté tes archives à mes yeux nostalgiques et de m'avoir procuré ce GRAND bonheur !

 



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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 13:08
 
 
 

APA-Moroni (Comores) Les autorités comoriennes veulent aujourd’hui arrimer l’île d’Anjouan au système éducatif national et mettre de l’ordre dans un secteur qui, jusqu’à la chute du colonel Mohamed Bacar, échappait complètement à leur contrôle.

Depuis cinq ans, les examens de fin d’année ont toujours fait l’objet de marchandages à Anjouan entre le ministère de l’éducation et les familles des étudiants.

Beaucoup d’histoires parfois invraisemblables circulent autour de ce laisser-aller, comme celle de cette jeune fille qui a décroché son baccalauréat l’année dernière alors qu’elle ne s’était même pas présentée à l’examen.

« Beaucoup de mal a été fait à Anjouan, mais ce qui s’est passé au niveau de l’éducation est une catastrophe », a déclaré M. Mbaraka Abdallah Charif, doyen de la faculté de lettres de l’université des Comores.

Le ministre de l’Education nationale, Abdourahim Said Bakar, demande un plan et un budget d’urgence pour vite remettre à flot l’école à Anjouan.

« La priorité des priorités est la réintégration et le paiement des salaires des enseignants qui avaient été abusivement licenciés », a-t-il dit.

Parmi les questions cruciales du moment figure la réintégration de l’université de Patsy (Anjouan) au sein de l’université des Comores. L’Etat comorien envisage, en effet, de délocaliser certaines filières de l’université dans les deux autres îles de l’archipel.

« Nous entendons encourager la mobilité des étudiants entre les îles ; cela permettra de lutter contre les velléités séparatistes », a poursuivi le ministre Said Bacar.

 
IM/aft/APA
2008-04-17
 
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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 12:37
 
Moroni, jeudi 17 avril 2008 (HZK-Presse) – Contre toute attente, c'est encore la société NICOM qui gagne contre la BIC (Banque pour l'industrie et le commerce), en obtenant des juges de la Cour d'Appel le rejet de la demande en révision du procès. Comme une douche froide, le délibéré est tombé hier mercredi 16 avril, dans la journée, au cours de l'audience publique présidée par Cheikh Salim, un magistrat que l'on croyait pourtant acquis à la cause de la BIC , selon de nombreux observateurs.

Composée de trois juges dont les conseillers Abdoulkader et Mme Nadhuma Youssouf, la Cour a motivé sa décision en estimant que dans cette affaire, la BIC a manqué à la procédure. Ce magistrat, qui exerçait précédemment à la chancellerie des fonctions administratives, sera le 10ème en trois ans à instruire cette affaire commerciale aux multiples rebondissements, qui a donné lieu à 7 décisions de justice successives, toutes favorables à la société NICOM et son gérant Shemir Kamoula. Comment et pourquoi une dizaine de magistrats d'un même tribunal, dont 4 juges de première instance, auraient-ils pu en arriver pratiquement aux mêmes conclusions ?
En décembre dernier, deux hauts magistrats de cette même Cour d'Appel ont été limogés pour avoir été soupçonnés de corruption, après avoir confirmé, dans le cadre de ce même dossier, le précédent jugement condamnant la BIC-Comores [une filiale du groupe BNP-Paribas] à payer 4,8 milliards (9,7 millions d'euros) à titre de dommages et intérêts pour avoir interrompu abusivement les lignes de crédits de la société NICOM.
Interrogé par HZK-Presse, l'avocat de cette dernière s'est déclaré « agréablement surpris » par le délibéré de la Cour d'appel. « Nous étions quelque peu réservés et même circonspects, par rapport aux changements intervenus dans l'appareil judiciaire, car cela ne nous inspirait pas confiance ». Mais tous comptes faits, « le droit a encore triomphé », ajoute Me Ibrahim Ali Mzimba.
Les juges d'Appel n'ont donc pas accordé à la BIC-Comores la possibilité tant espérée d'une ultime « procédure en révision du procès », en se fondant sur le fait qu'elle n'a pas satisfait aux conditions de recevabilité de sa requête telles que prévues à l'article 602 du code de procédure civile, notamment l'obligation d'une « assignation à comparaître de toutes les parties au procès, à peine de nullité ».
L'un des avocats parisiens de NICOM, Jacques Alexandre Genet, aurait semble-t-il réussi à démontrer dans ses plaidoiries, sa qualité de « fin procédurier », en soulevant cette exception d'irrecevabilité contre la BIC , reconnaît un juriste habitué des allées du palais de justice.
Ayant épuisé toutes les voie de droit, la BIC n'aura plus qu'à recourir à l'arbitrage international à travers l'OHADA [Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique, une juridiction intergouvernementale spécialisée dans le contentieux commercial, dont l'Union des Comores est membre adhérent, ndlr], comme semblait déjà l'envisager l'avocat comorien de la BIC , Me Fahmi Said Ibrahim.
El-Had Said Omar

Pour voir le compte rendu de l'affaire en 1ere instance, cliquez ICI
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 14:09

La chambre d'instruction de la cour d'appel de Saint-Denis a ordonné vendredi la remise en liberté du colonel Mohamed Bacar, le chef de l'exécutif et rebelle déchu de l'île d'Anjouan et de ses 21 hommes. Selon la préfecture de l'île de la Réunion, ils ont été aussitôt assignés à résidence. Suite à une demande d'extradition du gouvernement des Comores leur réprochant
des "détournements de fonds publics, homicides volontaires, viols, tortures et autres violences contre les habitants d'Anjouan"ils  étaient écroués sur requête du procureur de la République de Saint-Denis le 5 avril dernier.
Les avocats du  colonel Bacar et ses hommes avaient fait appel de la décision en expliquant lors de leur audition devant la chambre d'instruction de la cour d'appel  que le seul document adressé par les autorités comoriennes était un fax provenant de métropole et ne comportant aucun élément sur les faits incriminés. Selon Maître Marie BRIOT, un des avocats de Bacar et ses hommes "cette demande d'extradition fantaisiste n'aurait jamais dû être prise en compte".
Pour elle,  étant donné que ceux ci faisaient l'objet d'une assignation à résidence dans le cadre d'une procédure de reconduite à la frontière, ils devraient rester sous bonne garde à la base aérienne 181, même si la cour décidait de leur remise en liberté pour des raisons de sécurité.

Quant au procureur général, il avait requis le maintien en détention, invoquant le manque de garanties de représentation de Mohamed  Bacar et de ses hommes ainsi que leur propre sécurité, en raison des manifestations des membres de la communauté comorienne de la Réunion.

Selon le la Prefecture de la Réunion, "Le gouvernement des Comores dispose jusqu'au 4 mai pour adresser un dossier complet étayant sa demande d'extradition" afin de saisir à nouveau la Cour d'Appel de Saint Denis.

Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 12:18

SUITE 2 ET FIN DU RAPPORT DE LA FCDH DU 15 AVRIL 2008 SUR LES EXACTIONS COMMISES PAR LE REGIME BACAR A ANJOUAN


POUR VOIR LE DEBUT DU RAPPORT CLIQUEZ ICI

POUR VOIR LA SUITE 1 DU RAPPORT CLIQUEZ ICI

Insa Mohamed 44 ans de Hassimpao  dans la Région de Sima, pêcheur

Arrêté le 26 janvier 2008 à 11h00 ; treize FGA ont débarqué chez lui et l’ont amené jusqu ‘ à Bambao où il a subit des tortures physiques

Il s’est trouvé blessé au niveau des membres supérieur avec une déformation du poignet

Transféré au camp militaire de Sangani où ils l’ont brûlé les deux pieds suivi de menaces de mort

Durant son séjour à au camp militaire de Sangani il a subi toutes sortes de tortures

Tombé malade, il est admis à l’hôpital le 27 février où il a été opéré et passé 60 jours.

 

 

Imrane Abidi, originaire de Mutsamudu arrêté le 16 février 2008 à 17 h 30mn à Mjamawe par une équipe de la FGA. il est amené à aéroport de Ouani où il a été tabassé, ligoté les pieds et on lui a versé de l’essence et  on a mis le feu  après il a été entaillé sur le dos. Il est enfermé en prison puis le directeur de l »hôpital de Hombo a intervenu pour le soin de celui-ci

 

Said Ali Houmadi, enseignant de secondaire de Bandrani  arrêté le 07 janvier 2008 à 2 h du matin il a été tabassé puis libéré sans procès et sans savoir de quoi il était soupçonné.

 

Abdou Said, inspecteur de finances sous le régime du feu président Taki est arrêté le 12 décembre 2007 à 00h. il est tabassé depuis chez lui et a passé 3 jours à la brigade de Ouani

A la sorti le troisième jours il est hospitalisé pendant 2 semaines il a quitté l’île d’Anjouan pour Moroni en prenant le Kwasakwasa et depuis ce jour sa famille n’a aucune nouvelle de lui. 

 

Farid Abdou originaire de Dindri Pomoni  est arrêté le 7 décembre 2007 à 1h du matin par 9 FGA il est posé sur un pneu  suivi des tortures physiques depuis chez lui jusqu à Mchacojou il s’est trouvé dans ce lieu tout seul et il s’est débrouillé pour rentrer chez lui

 

Bacar Issoufou, de Hassimpao  en pleine nuit la FGA est arrivé chez lui le 14 janvier et l’ont arrêté, avec comme motif il est le responsable des déplacés des anjouanais vers les autres îles Mohéli, Mayotte et Grande Comore avec sa vedette. Arrivé à la brigade de Ouani il s’est vu ligoté les bras puis tabassé.

 

Said Ali Iboura de Sima arrêté le 2 janvier 2008 à 00h par 10 FGA cagoulés

Cause de son arrestation ; il doit dire l’endroit  où se trouvent l’AND

Ils l’ont piétiné au niveau du corps.

 

Fatima Issiaka  s’est vu arrêté vers 17h parce qu’elle contestait le régime en place. Enfermé à la brigade pendant 2 jours avec des menaces

 

Dhoiharou Moussa arrêté le 21 décembre à 23h et envoyé à dans la prison de Domoni où il est mis le puit il est resté pendant deux jours et le quatrième jours il est amené à la prison de Koki où il s’est vu  torturé physiquement 

 

Kaisse originaire de Bambao tabassé durant toute une nuit puis jeté devant sa maison

Il contestait le régime Bacar

 

Mohamed Issiaka dit Touré originaire de Domoni  arrêté le 21 octobre 2007 à 1h du matin la cause de son arrestation il expliquait aux gens les mauvais traitements du régime Bacar

 

Djandi André de Mramani à Nioumakelé trouvé à la mosquée entrain de prêcher  la FGA l’a arrêté puis tabassé

 

Kassim Houmadi  Ourodé de Nioumakele Chaoueni prof d’hist Géo arrêté le 28 décembre 2007 par 12 FGA. Il menait une grève des enseignants dans l’île. il a subi des tortures physiques et des blessures au niveau des membres inférieur 

 

Oumar Djaha de Mramani arrêté le 2 février 2008. il a passé un mois et 25 jours dans la prison de Koki  raison il a un réseau de déplacé vers les autres iles

 

Houmadi Ahamed, instituteur Mramani arrêté le 22 juin 2007 à 22h du soir motif meneur de grèves des enseignants il a été torturé physiquement

 

Ismael enfermé pendant 15 jours à la brigade de Mrémani  privé de nourriture après avoir subi des tortures physiques admis à l hôpital de Domoni, il a pris le Kwasakwasa vers les autres îles.

 

Felé,  originaire de Domoni député est arrêté le 16 mai 2004 à 9 h du matin au marché de Mutsamudu il a été torturé jusqu’à 23h il est libéré.

 

Imame Ben Abderehemane de Mutsamudu enlevé chez lui à 2h du matin par 30 FGA et l »ont amené jusquà Mchakojou où il a subi des tortures physiques transféré à Domoni il a fait 30 jours celui-ci a pu reconnu deux FGA dont Kamardine de Mohéli et Abdou kalbadjara d’anjouan

 

Hadji Toilha de mutsamudu arrêté le 16 janvier à 17h  par la FGA qui lui demandait de leur dire la date du débarquement il a été torturé physiquement enfermé à la prison de Koki après avoir été torturé à l’aéroport de Ouani

 

Melle Echat Ahmed de Mutsamudu  secrétaire comptable à l’usine de Coca cola à Anjouan attrapée. En train de jeter des ordures, elle a été enlevée amenée à la Brigade où elle a été tabassée. Elle est passée  la nuit à la brigade à l’insu de ses parents il a fallu l’intervention de son chef pour qu’elle soit libérée.

 

Loukmane Badrane de Mutsamudu arrêté le 22 janvier 2008 à l’Alliance Franco Comorienne amené à la brigade de Mutsamudu où il a passé 12 jours  sans qu’il sache la cause de son arrestation il est transféré à Ouani où il a eu des tortures physiques  sa libération était conditionnée d’une rançon d’un million des franc comoriens donné à la FGA. Les négociations ont été faites directement entre son père et le colonel Bacar avec la médiation de Daffar salim l’ex ministre de l’intérieur.

 

Nassor Nafioun, agent de la tour de contrôle, rencontré à Moroni le 3 avril 2008 chez Arbabidine Mohamed qui l’hébergeait. Il nous a dit avoir été arrêté à son bureau à l’aéroport de Ouani. Il a été détenu à la brigade du dit aéroport et il a été tabassé sur la piste d’atterrissage lui et Omar Galela. Il a fait 3 jours sans aller aux toilettes car il ne pouvait pas marcher à la suite des tortures. Il a pu identifier une partie des ses bourreaux qui sont Bobocha qui lui pris sa bague de mariage, Astérix, Chaher, Menton, Charslin, Sengué, Djanfar Chamouine, Abdou Kalbadjar et Mohamed Ali Combo alias Zouma. Il a toujours un plâtre au pied gauche et marche avec une béquille.

 

Soifi Issouf Ben Ali de  Mpagé  arrêté le 8 février 2008 à 22h par 13 FGA ils l’ont bandé les yeux puis tabassé jusqu au matin

 

Rachifane Soilihi Amane de Mpagé arrêté le 3 janvier 2008 amenée à Ouani où il a passé 8 jours de torture puis, transféré à la prison de de Koki où il a fait ses 3 mois et 8 jours

 

Mohamed Halifa de Pagé avant d’être arrêté sa maison était saccagée lorsqu il est attrapé le 14 janvier à 2 h du matin quant il voulait s’enfuir la FGA l’ont tabassé et il se trouve maintenant avec des béquilles    

 

Saenyane ousseine originaire de Pagé à la descente de l’aéroport de Ouani il est arrêté pour avoir apporté des posters du président sambi

 

- Onzad Issiaka, originaire de Mramani. Il a été arrêté le 27 décembre 2007 chez lui vers trois heures du matin « ils ont cassé la porte et m’ont pris dans mon sommeil. Ils ont commencé à me frapper. A la place publique m’ont enchaîné et ont commencé à me tabasser. Moi et mes compagnons de captivité avons été emmenés au carrefour de Nkohani et après le passage à tabac nous sommes emmenés à la brigade de Domoni. Nous avons fait huit jours et certains d’entre nous sont libérés. On me recherchait une deuxième fois et je me suis réfugié dans la forêt.

 

Kayissoire Thoueni, Domoni : suite au refus des compteurs prépayés, un militaire lui a tiré à bout portant sur le pied droit avec d’un kalachnikov. Il a été hospitalisé à l’hôpital de Domoni (anjouan) pendant deux mois et sa famille a cotisé pour l’envoyer par un kwassa Kwassa à Mayotte moyennant  750 000fc et 150 000 fc de traitement. La jambe présente une déformation

 

Thambati Mohamed, Domoni : un pêcheur arrêté à huit heures du matin. Jeté sur une route bitumée, il a été trainé sur la chaussée et roué de coups de matraques. Continue de souffrir physiquement et moralement

 

Fatoumia bourhane (Mlle), Domoni : 28 ans, a reçu une cartouche sur la jambe gauche. Suite au refus des autorités de fait d’Anjouan de la laisser aller se soigner à l’extérieur, sa famille l’ « a volée » à l’hôpital pour l’envoyer à Mayotte  où elle est restée pour ses soins. Sa famille a dépensé un million de francs comorien pour ce transfert sanitaire. Elle marche à l’aide de béquilles.

 

Kamal Mohamed, Domoni : arrestation à minuit en plein sommeil. après qu’il a été contraint d’aboyer, on a obligé à un de ses copains d’infortune de le tondre les cheveux à l’aide d’une machette et d’une capsule de coca cala jusqu’à ce que le sang coule abondamment sur son corps.

 

Farid Djabir Mirghane, Domoni : a été arrêté dans son studio d’enregistrement. Les militaires de la FGA simulaient sa fusillade. Il a été chassé et en revenant il a retrouvé tout son matériel (3 ordinateurs, ses CD et  ses cassettes) volés. Il a été très marqué surtout du fait que cela s’est produit le jour de son mariage.

 

Mariama Attoumani (Mme), Domoni : cette épicière a vu débarquer dans sa boutique plus de quinze hommes en armes qui sont venus le menacer, l’insulter et  l’infliger de claques. Ils ont tiré avec des armes automatiques et une des balles qui a ricoché sur un poteau électrique a vu un certain nombre de ses débris venir abîmer un de ses yeux. Malgré l’intervention ophtalmologique subie, elle affirme avoir une perte de sa vision. Elle garde une cicatrice à côté de l’œil blessé. Ses dépenses médicales s’élèvent à 110 000fc

 

Said Anli dit Dj Ropa, Domoni : suite à une publication de chansons anti régime Bacar, il a été arrêté et incarcéré à la brigade de gendarmerie de Domoni . il a été roué de coups de rangers et bâtons. Il affirme souffrir au niveau des côtes.

 

Houmadi Ahmed Bacar, Mon Daniel, Chambani Djailane, Anfardi Anasse,Omrou Soula, Aminati Said Ali et son fils, Kamitoine Abdou, Mogné Abdou,Poli, Abdourahamane Ali, Roihime, Bamvoura, Hayidi Issouf et sa femme, Mbobo et sa femme, Abdilahi Dodo, Hamza Ibrahime, Badanassi Ibrahim, Abdéréhmane Daouladine,Abacar Abdou Mari, Elhade Anlimoudine, Mohamed Abdou Pink, Abdallah abdou Ousseine ,Farid Issouf Boina, Abdoulkader Toiliha, Maoulana said Hachime, Ansumdine Salim (pécheur) Moustoifa Ahmed Hachim (éleveur), Thamarati Thoueni, Charaf Abdou: tous (de Domoni) ont été arrêtés le même jour à quelques minutes d’intervalles, et ont suibi à la gendarmerie de Domoni les mêmes tortures à savoir qu’on les marchait sur le corps par des  godasses et on les distribuait des coups de bâtons répétés sur la plante des pieds. Pendant des jours après leur remise en liberté, ils avaient du mal à marcher.

 

Radjab Said, Domoni : ce peintre en bâtiment de 39 ans a été menotté et jeté dans une citerne pendant 10 heures de temps dans cette position. Par la suite, on l’a retiré de la citerne et enlevé les menottes mais on a l’a laissé sans manger ni boire pendant 24 heures. C’est le major Fatahou  qui a ordonné ses supplices

 

Toibibati Abdou Chaibati, Domoni : du fait de son soutien au président Sambi et après avoir été proposée sans succès d’aller coucher avec les gendarmes Abdallah Machamba et Samirou, elle a été convoquée par les deux gendarmes le lendemain à la brigade de Domoni où elle a été rouée notamment par une grosse câble, de claques, de godasses.  Elle s’est finalement trouvée sur un lit d’hôpital saignant abondamment notamment par le vagin. Elle affirme que ce n’était pas la période de ses menstrues mais ne  peut pas affirmer si elle a été violée ou pas du fait qu’elle avait perdu connaissance sous les tortures.

 

Abdallah Mohamed : il a été arrêté, incarcéré et torturé par les gendarmes notamment par le gendarme Djanfar Chamouine (en cavale avec Mohamed Bacar) qui le rouait de crosses de canon de fusil. Il a été incarcéré  pendant deux semaines et déclare souffrir physiquement. N’a plus d’appétit ni sommeil.

 

Ali Maenfou (pécheur), Ongoni, Marahani : la FGA l’a arrêté à minuit. L’a roué de coups de matraques et crosses de fusil de guerre. Incarcéré pendant 7 jours à la gendarmerie de Mutsamudu, jugé sans savoir pourquoi avec à la clé une amende de 800 000 fc, enfermé à Bambao Mtsanga pendant 24 h, Domoni 24 h, Sangani pendant 5 jours et puis s’est enfui à Mohéli. Deux de ses vedettes ont été brûlés et deux de ses moteurs hors bord « volés » par les gendarmes. Ses tortionnaires sont connus sous les appelations d’Adé, Daoud Mboiyaya et Djanfar.

 

El farouk Ahmed Said (élève de 22 ans) : ligoté des pieds et jambes et jeté dans un véhicule où on l’a marché dessus jusqu’à la brigade de Bambao où il a été roué de coups de bâton, emmené à la brigade de Sangani pendant 6 où il a été une nouvelle fois roué de coups de bâton et à Hombo pendant 24 heures. Il a été arrêté et torturé à la place du père introuvable. Ses tortionnaires se nomment notamment Sudikou de Mohéli et Chadhuili de Mromaji

 

Saniati Daoud (Mme) : les FGA sont rentrés dans son domicile à 2 heures du matin. Ils voulaient l’emmener à la place du mari recherché mais absent de la maison. Devant le refus de celle-ci d’obtempérer, elle a été rouée de claques en tenue d’Eve  et injuriée devant ses enfants.

 

Habiba Attoumane Hachime (Mme), Bambao Mtsanga : pour les mêmes motifs que précédemment, plusieurs gendarmes se sont introduits. Ont menacé la dame par une arme de guerre. Lorsque sa fille Zabida a voulu s’interposer, elle a été traînée par terre et ont voulu l’emmener si la maman ne s’était pas jetée sur elle recevant toutes les deux de coups et le bébé qu’elle portait est blessé en tombant

 

Fofana Mohamed , Ali Abdou, Mahamoud Mohamed Said, Mariama Toybou, Djoni Baco, Archimed Abdallah ont été ligotés, embarqués dans des véhicules où ils ont reçu  des coups avant d’être torturés à la gendarmerie.

 

 

Saidali Abdérémane, instituteur, originaire de Ouani, a été convoqué à la brigade de Ouani le 2 octobre 2008.

Arrivé à la brigade, au moment où il demande le motif de sa convocation, il aperçut un monsieur Cher de la FGA se jeta sur lui et le tortura à mort depuis 9h 3o mn à 11 h 3o mn. Il est victime de l’inflammation testiculaire  droit, masse dure du testicule droit aboutissant à un kyste, douleur sur la hanche.

 

Oiridine Omar, Zouhair Bacar, Abdouroihamane Mikitadi,  Ahmed Hedja, Aboulaithi Houmadi, tous originaire de N’yantranga.

C’était le 5 février 2008 à 23 heures où ils étaient enlevés de leurs domiciles et transportés jusqu’à la piste de l’aéroport de Ouani où ils ont subis toutes les exactions du monde.

 

Anridhoine Antoy originaire de M’ramani et résidant à Mirontsy a été arrêté en janvier 2008 et détenu à la brigade de Domoni où il a été torturé jusqu’à la cassure de son pieds.

 

Ibrahim Allaoui, infirmier d’Etat, originaire de Mirontsy, a été arrêté et détenu durant un mois, il a subi toutes les exactions du monde. 

 

En mars 2008, Laidine Abdallah Assane dit Charlot, originaire de Barakani, village natal de Mohamed Bacar, a été enlevé et torturé dans la résidence personnelle de Mohamed Bacar et sa présence. Monsieur Laidne est victime d’une fracture de bras et de la jambe gauche. 

 

Elkarim dit Baba, originaire de Ouani, a été violemment torturé. Il a sucombé suite à ses blessures après un mois.

 

Assassinant

Naoumane Daniel âgé de 18 ans, élève en clase de 4ème, originaire de Barakani, village natal de Mohamed Bacar, a été assassiné devant la porte de la résidence de Mohamed Bacar à 22 heures alors qu’il était un enfant très réputé de sa docilité. Il était même familiarisé de garde rapproché de Mohamed Bacar.

Selon des sources dignes de fois de son oncle Choubayan Soilih et sa mère Chayanti Soilih,  Naoumane Daniel a été assassiné pour des raisons rituelles et de gris-gris.

D’ailleurs, aucune explication n’a été fournie ni par la FGA ni par Mohamed Bacar.

 

 

 

Les exils forcés

A Ouani, une trentaine d’hommes et de femmes ont été obligés de fuir l’île d’Anjouan pour se réfugier à Mohéli et à Moroni. Ils étaient menacés de torture et de mort.

 

A Nyantranga, une vingtaine d’hommes ont vécu dans le maquis du janvier et mars 2008.

 

A Ongoni 2/3 des hommes ont vécu dans le maquis, depuis le mois de décembre jusqu’au jour de débarquement.

 

Conclusion

 

Ce rapport montre combien le régime de Bacar a été traumatisant pour la population anjouanaise. Nous avons relevé plusieurs cas et beaucoup n’ont pu être prises soit parce que les victimes ne sont pas encore revenues à Anjouan soit parce que le temps nous était limité, mais aussi, nous avions de moyens très limités qui ne nous ont pas permis de passer beaucoup de temps sur le terrain. Nous aussi rencontrés quelques problèmes liés au refus de témoignages dû à une lassitude des citoyens ne croyant pas que cela servira à quelque chose.

Nous avons en outre remarqués que beaucoup de gens sont encore sous le choc et des enfants en sont traumatisés.

Nous lançons un vibrant appel à tous les gens qui pourraient apporter une assistance à ces personnes victimes du régime de bacar. Beaucoup ont perdus des biens mais aussi de l’argent ou encore leur dignité. Certains ont besoin d’une assistance psychiatrique avant de redevenir normaux.

 

 

Pour la FCDH

 

Ahmed Mohamed Allaoui,                  Mohamed Nassur Riziki                Kaled SAID

 

 

 

Antufati Soidri :                                    Echati Chadhouli :                   Fatima Bacar Abi

 

 



[1] Les deux femmes ont été interviewées ensemble. Semble-t-il qu’il y a eu des attouchements mais deuxième a été très gênée de raconter son calvaire. Les paroles étaient entrecoupées et quelques larmes tombaient.

[2] La victime est le voisin de Mme Roukia

[3] Le douanier arrêté à Mayotte et transféré à Moroni

[4] Nous étions transférés après six jours de détention à Ouani.

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 12:09

SUITE 1 DU PREMIER RAPPORT DE LA FCDH DU 15 AVRIL 2008 SUR LES EXACTIONS COMMISES PAR LE REGIME BACAR A ANJOUAN

Pour voir la première partie du rapport cliquez ICI

(...)

A

Moya le 7 avril 08 à 10h 05 mn

 

Personnes rencontrées :

- Mohamed Attoumane alias Alala, arrêté le lundi 14 janvier 2008 pour avoir diffusé publiquement la radio nationale. L’équipe l’a rencontrée à l’entrée du village en compagnie d’un groupe de villageois qui nous attendait.

Son témoignage : « on est venu m’arrêter dans la matinée chez moi. Dans la voiture on a commencé à me tabasser déjà à de cross de fusil. Quand on est arrivé à Mutsamudu, on m’a frappé à coup de matraques pendant des dizaines de minutes. Après on me jeta dans une cellule et il s’en est suivi des tortures morales qui ne se sont arrêtées que le lendemain quand on m’a libéré vers 15 heures. Je n’ai pas pu identifier mes bourreaux car ils étaient cagoulés.

Une deuxième fois soit le 22 mars 2008, on est venu me chercher mais j’ai réussi prendre la fuite. Je me suis caché dans la forêt jusqu’au débarquement du 25 mars dernier ».

 

- Attoumane Allaoui, professeur d’Anglais « ils sont venus chez moi vers minuit. Quand je les ai entendus, je me suis levé et j’ai regardé dehors. J’ai vu des militaires encerclant la maison. Ils sont passés dans la chambre de mes sœurs par effraction. Quand j’ai vu cela j’ai compris qu’on va m’arrêter. Je suis sorti par la porte derrière mais il y avait encore des militaires qui m’ont d’ailleurs vu. J’ai  sauté vers un balcon voisin en essayant de prendre la fuite. Ils m’ont suivi et m’ont lancé des briques mais heureusement elles ne m’ont pas atteint. La poursuite a continué et j’ai dû me suspendre deux heures durant dans un ravin et ils étaient au dessus de moi. Quand ils sont partis, j’ai monté et pris la direction de la forêt vers quatre. La nuit suivante je suis revenu et on m’a caché dans le voisinage et on m’apporté les premiers soins. On est venu me dire qu’on me cherche encore et le troisième jour je suis parti pour Mohéli. A Mohéli le colonel Anrifi Moustoifa m’a accueilli et a pris ma déclaration.

Je suis revenu à Anjouan après quelques semaines et quand les partisans de Bacar l’ont su, ils transmis le message et me rechercha encore et je me réfugia dans la forêt jusqu’au débarquement. J’ai pu identifier certaines milices de ceux qui sont venus m’arrêter. Il s’agit de Abdallah Mourchidi, Naouir Soilihina. Enfin, depuis ces problèmes je n’ai pas été payé. Le lundi 24 mars, il y a eu une liste de 35 personnes qui devaient être arrêtées à Moya et j’y fugurais ».

 

- Daroussi Zirari (ami de Gabou) « on est venu m’arrêter le troisième jour du mois de ramadan 2007 parce que  je suis l’ami de Gabou et je suis celui qui saura sûrement là où il se cache. C’est Abdallah Mourchidi qui avait emmené les troupes ce jour là ».

 

- Hadidja Elias mère de deux filles, ex policière « on me recherchait pour avoir critiqué le pouvoir et pour avoir réclamé mon salaire de 24 mois que je n’ai pas reçu. J’ai dû m’exiler pendant 75 jours à Bandrani. Après je suis revenue au village vers début janvier et quand on l’a su on me recherchait encore. Quelques amis sont venus me le dire. Cette fois-là j’ai pris le maquis et je vivais dans la forêt avec un groupe de trente quatre personnes et j’étais la seule femme. Nous sommes rentrés à Moya le mercredi 26 mars après le débarquement ».

Assad Abdou « les militaires ont débarqué chez moi vers minuit. J’ai pu les voir avant de pénétrer dans la maison et j’ai pris la fuite. Ils m’ont poursuivi jusqu’à la sortie sud de la ville. Pour les échapper j’ai dû sauter dans un ravin où je me suis blessé les pieds. Eux ils n’ont pas osé sauter mais ils ont projeté leur dans la direction que j’ai prise. J’ai nagé après jusqu’à l’autre coté de la ville et quand je suis sorti de l’eau, j’ai remarqué me pieds étaient couvert de sang. La nuit suivante je suis revenu à la maison pour pouvoir bénéficier de soins, mais je n’ai pas pu rester car on m’a dit que les militaires ne reviennent de temps en temps. Donc, j’ai eu juste le temps de prendre des calmants et je suis reparti dans la forêt. Pendant tout ce temps on ne mangeait que des fruits ».

 

- Ayadhui Abdallah, 21 ans « j’ai reçu une convocation de la brigade de Pomoni du 2 janvier 2008. Je me rendu le lendemain et j’y ai trouvé l’adjudant Majani. Il m’a toute de suite fait emprisonner et m’a dit que je dois attendre l’arrivée du commandant parti à Mutsamudu pour être entendu. Celui-ci est revenu vers 15 heures et a dit que je vais rester là jusqu’au lendemain. Et le matin du 3 janvier très tôt le ministre Mohamed Abdallah Amani est venu lui-même en prison dire qu’on ne doit pas nous libérer parce que nous avons menacé d’emmener les militaires AND et faire du porte à porte dans les propriétés des dignitaires du régime Bacar au moment du débarquement. C’est le troisième jour que le commandant me libéra par pitié et m’a fait juré de ne plus répéter cela ».

 

- Omar Bacar, bijoutier Sima, arrêté la nuit du 18 décembre 2007 vers deux heures « les militaires étaient armées jusqu’aux dents. Ils ont appelé trois fois. J’ai refusé d’ouvrir la porte et ils l’ont cassée. Le temps d’ouvrir la porte de ma chambre et ils m’ont tenu la nuque. Je n’ai pas résisté car mes enfants dormaient au salon et j’ai voulu les préserver. Certains sont entrés dans ma chambre et ont fouillé partout pour rechercher mon portable. J’ai dit que je n’en ai pas et ils m’ont emmené. Quand on est arrivé à la place publique on a trouvé Koudé un de leur chef qui leur a dit que j’ai un portable ils sont revenu chez moi, ouillé partout jusqu’à ce qu’ils le trouvent. Il y avait déjà sept personnes dans la voiture. On nous a attachés les pousses par des lacets. Allongés par la poitrine dans la voiture les coups venaient de partout : godasses, matraques, des gens marchaient sur nous ou sautillaient. Quand nous sommes arrivés dans la périphérie de Mutsamudu, on nous a obligés de chanter une chanson dïra insultant la mère du président Sambi. Nous sommes arrivés à la brigade de Ouani à cinq heures au petit matin. Nous avons pu identifier Hassanaly, Kamardine Charsline (lodi) dans qui est venu nous arrêter.

 

A huit heures trente le lieutenant Midiladji est arrivé avec une liste et a demandé les noms d’Ardani, Omar Bacar et Dani Madjidi. Ils nous ont séparés dans des cellules isolées. Dans ma cellule deux militaires sont venus. Ils m’ont demandé où sont les armes que mon frère Houdam Bacar (AND) m’a envoyées et les mercenaires AND. J’ai répondu que je n’en sais rien et militaire s’est mis debout sur mes jambes et l’autre me matraquait les pieds. Ils sont sortis un moment et sont revenus me dire que mes amis ont fait des aveux et ont dit que c’est moi qui détient les armes. Ce à quoi j’ai répondu que cela serait facile s’ils emmenaient ceux qui les ont pour aller les récupérer. Ils ont pris un gros bâton qu’ils ont lancé vers mes pieds mais j’ai pu les retirer et il s’est cassé. L’un a pris l’un des morceaux et l’a lancé vers ma tête et j’ai mis les mains et la main droite s’est cassée, le sang coulait à flot. Ils m’ont dit par la suite de regagner la cellule collective mais je ne pouvais pas. J’ai rampé pour y arriver. Les trois premiers jours on ne mangeait que la nuit et le temps de diner ne dépassait pas cinq minutes. On ne brossait pas et on ne se lavait pas. Le troisième jour quand on a demandé à pouvoir prier, on nous a dit de faire venir aussi nos femmes car nous sommes chez nous. Moi, Midiladji me tabassait presque chaque jour Le sixième jour nous avons été transférés à Koki la pison centrale. Là-bas on nous a toute suit donné de l’eau des brosses à dents et du savon ; nous avons pu nous baigner. J’ai été libéré le 26 décembre 2007 sans procès ».

 

-Assane Oussene, arrêté le 27 décembre 2007 pour avoir critiqué le pouvoir (Mramani-nioumakélé) Nous sommes arrivés à l’heure de la prière de midi. Un groupe de personnes victimes nous attendait dont une fille et un mineur de 16 ans parce son père avait fui l’arrivée des milices. Il a pu identifier hassanaly. Les informations qu’ils ont eu après montrent que c’est le maire du village Oussene Attoumane dit Bachara( actuellement à la prison de Koki) « c’était vers quatre heures, ils m’ont ebchainé et nous ont emmenés avec mes compagnons de captivité au carrefour de Nkohani et on a passé à tabac certains s’étaient évanouis. J’ai été libéré le quatrième jour. Une deuxième fois on me cherchait, mais j’ai pris la fuite et je me suis refugié dans la forêt pendant trois jours puis à Moroni ».

ttoumane Houmadi, enseignant d’éducation physique, interviewé le 8 avril 2008 à Domoni à 17 heures. Nous l’avons trouvé chez lui en compagnie de sa petite fille traumatisée : « ma petite fille que vous voyez là pleure quand elle voit un homme en tenue. J’ai été arrêté le 15 février 2008 à 17h 40 mn chez ma mère. J’ai vu mon père emmené manu militari, obligé de les montrer là où je suis. On m’a ramené et on est parti prendre Abdoulkader Toilha et on nous a emmené chez le ministre Djaé. Un gendarme nommé Taki nous a demandé ce que nous avons fait, ce que nous avons répondu rien. Ils ont commencé à nous tabasser jusqu’au carrefour qui mène à Koni. On nous a obligés de réfléchir bien car nous savons très bien ce qu’on nous reproche et donner les réponses qu’ils veulent. Des gifles, des matraques, des bâtons… Les coups venaient de partout. Moi on me frappait surtout dans le dos et aux pieds. Ils m’ont dit que les autres ont été abandonnés au carrefour et que si je ne réponds pas je serai tué. On nous soupçonnait d’avoir caché des militaires AND. J’ai fait semblant de ne pas respirer et on me bougea avec le bout d’un fusil. On m’avait détenu à Patsy et je n’ai été libéré qu’après que mon père ait payé 200 000 fc le 21 février 2008. J’ai été hospitalisé à l’hôpital El-manrouf du 2 au 18 mars 2008 (voir photo). J’avais fait un interview à RFI ».

 

 

Abdou Houmadi, Bambao Mtsanga à 19 heures. C’est un chauffeur qui a été arrêté le 18 février 2008. il a pu identifier les militaires suivants : Kaïssi, sourette, Houmadi. Il  a été tabassé à la brigade de Bambao. Les pieds sont déformés jusqu’à maintenant. Il a été opéré à Domoni pour hernie. Il a en sa possession une radiographie et son carnet de santé.

 

Bastoine Moussa, mécanicien de Bambao Mtsanga. Il a été arrêté le 18 janvier 2008 vers une heure du soir. Le chef de section était Sengué. A leur arrivée à la brigade Dhoihirou était déjà là. Après le passage à tabac, j’ai remarqué que j’ai des excréments partout et on ne l’a laissé pas laissé aller aux toilettes. Il a été hospitalisé à Domoni et soigné par les docteurs Mohamed Soilihy et Mouslouhidine Haidar.

 

Mouhtar Saindou, électronicien arrêté le 17 janvier 2008 à une heure du matin. Les militaires qui l’avaient arrêté sont Sengué, Djanfar Chamouine, Hazi et un civil ancien ministre des finances de Bacar. Tabassé à la brigade de Bambao et transféré à Domoni avec trois autres personnes. Il a été libéré le 26 janvier 2008 après avoir payé 75 000 fc et un portable acheté à Mayotte 650 euros. Une deuxième fois, le 6 février 2008, il a été recherché parce qu’il disposait d’un téléphone satellite. Il s’est réfugié dans la forêt pendant six jours et il est parti à Mohéli en louant une vedette à 140 000 FC (12 février 2008).

 

Abdillah Ahamadi, Ongoni Marahani, le 9 avril 2008 à 10 h 05 mn. Il a été arrêté le 24 décembre 2007. Il venait d’un enterrement de sa sœur. Il dormait depuis dix huit heures fatigué et attristé. On est venu l’arrêter vers deux heures du matin. « Ils m’ont jeté dehors et tenu par la ceinture et on m’a enchaîné les mains derrière le dos. Les militaires qui étaient là sont Suddik, Madjidi et Ali Combo. Après le passage à tabac, j’avais les testicules gonflés. On m’a transféré au camp de Sangani le lendemain. Deux jours sans nourriture et je suis tombé malade. Le mercredi 26 décembre 2007 je me suis évanoui et on m’a emmené à l’hôpital. Les militaires ont monté la garde devant la chambre d’hôpital ». Sur le carnet médical du 26 décembre 2007, il est inscrit douleur du bassin coté gauche, otalgie D avec écoulement, douleur des testicules, hernie étranglé et demande de chirurgie urgente. Intervention faite par le docteur Dada à Hombo (reçu n° 25115, 25401, 25402,25403 du 27 décembre 2007).

Jusqu’à maintenant il n’arrive pas à ce soir longtemps. Il n’aucun goût des aliments et des problèmes à la gorge (voir photo).

 

Salim Said Mchinda, enseignant, Bazimini arrêté le 17 février 2008 par Djanfar Chamouine, Mcolo, Djounaïdine Bourhane, Chaher Ben Omar, Houmadi (Radjesh) et Fédéral. Ils sont venus à 13h 00 mn. Il a été emmené à la briga de Ouani. Il était soupçonné d’avoir caché des éléments de l’AND chez lui. Les mains étaient attachées par des lacets. « Midiladji m’a tabassé à 21 h 00 et à 4 h 00 c’est l’escorte de Mohamed Bacar qui est venu. On nous a bandés les yeux et emmenés au collège de Brakani et nous ont tabassés. Après nous étions transférés à la prison centrale de Koki. Après six jours on m’a transféré à la gendarmerie de Hombo. Le lieutenant Adé m’a fait signer un papier où j’ai donné l’engagement de rien dire de ce qui m’est arrivé sinon je serai encore arrêté». Il a un plâtre au pied jusqu’à maintenant.

 

Chamsidine Mohamed Rabioun, rencontré àMutsamudu le 9 avril 2008 à 17 h 10 mn. Il a été arrêté la nuit du 11 janvier 2008 vers deux heures du matin. Il était soupçonné d’avoir participé à l’incendie de la voiture de l’ex-directrice des douanes anjouanaises. Il nous a affirmé avoir passé la nuit à Ongoni-marahani le jour où ces actes se sont passés. C’est le jour où son fils a été tué dans un accident de voiture. Voila son récit : « ils ont cassé la porte et m’ont emmené. J’ai demandé à aller pisser d’abord, mais ils ont refusé. Quand on est arrivé devant la maison de Roukia[2] son frère m’a dit de dire à Dieu à ma femme et à mes enfants parce que je ne les reverrai plus. Dans la voiture, on a posé un pneu sur mon dos et des militaires sautaient dessus. Ils nous ont emmené au terrain de Patsy (moi, Ibraim Ahmed Salim et Omar galela). La bastonnade a commencé de 2 heures à 4 h 30 mn. Ali Nourdini (Djilimbé) m’a frappé à la tête plusieurs fois jusqu’à ce que je saigne de partout même dans les yeux. Il a dit à Adjudant Moina de poignarder et il le fit à plusieurs fois. Ils ont pris briquet, l’ont posé à plusieurs endroits sur ma peau et la tirait par la suite. Après, on m’a enchaîné les pieds, l’autre bout de la corde était attaché à leur véhicule et ils m’ont traîné en faisant le tour du terrain sept fois. Le sang coulait à flot et je me suis évanoui. Le lendemain, les tortures ont repris et on m’a projeté contre un mur et je me suis évanoui. Quand je me suis réveillé on m’a électrifié. Midiladji, nous a dit que nous les gens de Mutsamudu, nous sommes pris en otage et il faut dire à Sambi de libérer Mohamamed Allaoui[3] sinon on mourra en prison. Un jour, des magistrats sont venus à koki[4] (Abdou Abdallah et Chaharoumane) pour nous entendre, ils ont dit qu’aucune charge ne pèse sur nous mais qu’ils ont peur de donner l’ordre de nous libérer car ils sont contrôlés dans tous leurs actes. Ils avaient promis de revenir dans quelques jours, mais ils ne sont revenus qu’après deux semaines. Mais nous avons refusé de les parler sauf si on nous emmène au parquet à Mutsamudu et qu’il y ait une audience publique. Il est à noter que le jour où j’ai été tabassé à Patsy, j’ai vu un homme décapité et mis dans un sac mais je n’ai pas pu l’identifier car il faisait sombres. Aussi un jeune de dix sept ou dix huit ans soupçonné d’avoir des pieds de piments a été suspendu, tabassé et quand il est descendu, il est mort sur place. La liste des gens qui m’ont torturé sont la suivante : Sengué, charcelin, Anli Nourdine (djilimbé), Midiladji, Salim Hatub, Abdou Kalbadjar, Houmadi Mkouboi, Adjudant moina, Kilo, Commandant Salim, Ahmed Riziki, Chinois, Petit, Mirhane, Braza, Youssouf Ladhati, Astérix, Djanfar Chamouine et Chaher ».

 

Ahmad Boura, rencontré à l’hôpital de Pomoni. Sur son lit d’hôpital il était à peine conscient et il avait du mal à parler ; les paroles entrecoupées par des toux. Ses dents ont été arrachées. On dû appeler l’infirmier répondant au  nom de Mohamed Salim pour compléter ns information. Il a toujours une diarrhée chronique et après dix mois de prison on ne voit qu’un corps squelettique avec des points noirs partout. Il nous a confirmé que se sont les cicatrices des mégots de cigarettes qu’on posait sur lui (voir photo). Voila son récit : « ils sont venu m’arrêter à une heure du matin. Ils étaient tous cagoulés et armés. Dans la voiture on m’a tabassé avec des cross de fusils d’assauts, de coups de godasses. J’ai été détenu à Koki où j’étais mal nourri ». (...)


POUR VOIR LA SUITE ET LA FIN, CLIQUEZ ICI 

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 11:54

FONDATION COMORIENNE DES DROITS  DE L’HOMME

B.P. 310 MUTSAMUDU, 358 MORONI, TEL : 71 15 43 ; 34 60 49

EMAIL : fcdh@comorestelecom.km, a_allaoui@yahoo.fr

 

 Rapport réalisé sur l’île d’Anjouan sur les exactions commises par le régime de Mohamed Bacar du 3 au 9 avril 2008

 

 (...)  

A la suite de la destitution de Mohamed Bacar, la FCDH a mis en place une commission composée de sept personnes venant des 3 sections de la FCDH, dans le but de recueillir des témoignages sur les exactions et crimes commis par le régime Bacar

Cette commission a travaillé dans les quatre coins de l’Île d’Anjouan durant trois jours du lundi 7 avril au mercredi 9 avril 2008.  Durant cette mission, elle a interviewé des victimes et des familles des victimes  du régime Bacar. Lors de ces interviews, la commission a relevé les cas des exactions suivantes :

1-     Les viols

2-     Les actes de torture

3-     Les assassinants et les portés disparus

4-     Les détenus à mourir de faim

5-     Les actes d’extorsion de fonds

6-     Le vol et les actes de vandalisme

7-     Les exils forcés

8-     La corruption et le détournement des deniers publics

 

C’est à travers les témoignages de ces actes que nous avons élaboré le rapport sur les exactions commises par le régime Bacar.

 

 

I-                   Les viols et agressions sexuelles

 

- Mme Andhuima Ahmed, le témoignage a été fait en présence des députés Mohamed Djaanfari et Attoumane Allaoui (Endoudou) : « c’était vers minuit que j’ai entendu des gens frapper à la porte. J’ai demandé qui s’était ce à quoi ils ont répondu les autorités. J’ai refusé d’ouvrir la porte et ils l’ont enfoncée. On me soupçonna d’avoir organisé une réunion pour le compte de mon beau frère le député Djaanfari. Dès qu’on a franchi la porte de chez moi ils ont commencé à me tabasser et m’ont menacé de me violer quand nous parviendrons au bord de la mer. Dans la voiture on me tira les oreilles en me demandant de dire là où est mon mari. J’ai aussi reçu des gifles. J’étais à moitié nue et au bord de la mer on me demanda d’ôter ma jupe. J’ai dit que j’étais menstrues. Un des militaires a mis sa main dans mes parties intimes pour vérifier si cela est vrai. Après on m’obligé de chanter des chanson de tari et quand j’ai dit que je ne sais pas chanter on me frappa avec des cross de fusil et des godasses. A la place publique (chilindroni), on m’a dit de m’asseoir et d’allonger les pieds et un militaire m’a tenue les mains. On me frappa avec des matraques et ils m’ont di de partir chez moi. J’ai dit que j’ai peur d’être  fusillée à bout portant. Cette phrase les a choquées et m’ont dit de revenir. Ils m’ont menacée et eux m’ont laissée partir ».

 

-Mme Sitti Karama « ils sont venus vers minuit et ont cassé la porte. Ils ont fouillé toute la maison en cherchant mon mari. J’ai dit qu’il n’est pas et que je ne sais pas où il est parti. Ils ont pris les enfants et les ont enfermés dans une chambre sans lumière. Ils m’ont jetée dehors et on commencé à me tabasser. Ils m’ont emmené à la place publique et m’ont menacée de me tuer si je ne leur dis pas où est mon mari. J’ai répondu que quand il a connaissance d’une patrouille dans la région il ne dort pas à la maison. Quand on me tabassait un autre groupe est parti chercher andhuima. Je leur ai supplié de ne pas m’emmener par pitié des petits enfants qui sont restés seuls à la maison. J’ai reçu des gifles quand j’ai dit cela et après on ma laissé partir. Je suis partie clandestinement à Ngazidja où j’ai passé trente huit jours et j’ai été soigné par la docteur Assad Said Omar »[1].

 

-Mlle Djasma Assane mineure de 16 ans : on recherchait sa mère une fervente partisane de Sambi qu’ils n’ont pas retrouvée. C’était la nuit du 15 mars 2008. La jeune fille est toujours traumatisée. Elle fait souvent des crises et casse des objets à la maison. Cette histoire a traumatisé la famille aussi. Son frère a confié à un de nos enquêteurs qu’il a toujours de savoir que tout le monde est au courant que sa sœur a été violée. Elle était hospitalisée jusqu’au samedi 22 mars 2008. Elle seulement dit ces quelques mots debout à la porte d’entrée de sa chambre « ils m’ont emmenée et m’ont enfermée trois jours durant où j’ai subi des humiliations. Ils m’ont aussi tabassée ». Quand l’équipe partait elle a lancé avec une voix triste qu’elle a aussi reçu un coup de pied dans le bas-ventre (voir photo).

 

Bimbini le 7 avril 2008 à 17 heures

 

- Quand l’équipe est arrivée au village, il y avait la fête du bouillon au lendemain du Maoulid du village connu sous le nom de Maoulid ya Ntsajou. La personne qu’on recherchait répondant au nom de Mohamed Anfane enseignant d’histoire et géographie arrêté le 18 décembre 2007 à minuit qurante. Mais lui nous l’avons trouvé en train de jouer au domino avec un groupe d’amis. Il est monté dans notre véhicule et il nous a invité d’aller nous entretenir chez lui. Mais l’équipe l’a remercié et a dit qu’ils peuvent s’asseoir à coté dans un petit hangar. Voila son récit : « j’ai été réveillé par mon beau père le maire du village me disant qu’il y a des militaires qui me cherchent. Ils ont demandé le portable, mais j’ai dit que je n’en ai pas. A la sortie du village, on retrouvé Koudé qui a confirmé que j’en ai un et on est revenu à la maison et l’ont trouvé caché dans une poubelle. En plus de Koudé j’ai pu identifié kamardine, Hassanaly et charsline que je connais, malgré qu’ils étaient cagoulés. On a commencé à me tabasser dans la voiture avec toutes les tortures imaginables. On nous disait de chanter une daïra insultant la mère du président Sambi. Nous sommes arrivés à cinq heures à la brigade de Ouani que les milices surnommaient la brigade Tampi. On nous a dit que le groupe kalanourou va sûrement nous tabasser. Midiladji est arrivé à huit heures. On a subi les mêmes sévices que les autres. Il a dit enfin que si l’AND vient, il commencera à vider son chargeur sur nous. Le quatrième jour certains d’entre nous étaient sodomisés »(voir photo).

 

 

II-                Les actes de torture, de vandalisme de vols et d’extorsion de fonds

 

Lors des interviews on a enregistré des centaines de victimes de torture dont les noms et les faits sont les suivants :

 

-         Ayandhu Abdérémane originaire de Moya, a été convoqué la Brigade de Pomoni le 1er janvier 2008 où il a passé 3 jours. Il a été arrêté et détenu car il affirmé qu’il aidera AND à déchoir les autorités d’Anjouan.

-         Issouf Said Ali Professeur d’Education Physique et Sportive originaire de Sima.

C’était le 18 décembre 2007 aux environs de 1 heure du matin, complètement endormi, qu’une équipe d’une dizaine de soldats de la FGA a débarqué chez lui et l’ a violemment réveillé et ligoté sans le permettre de s’habiller correctement. A partir de la maison, il a commencé à recevoir des coups de points, de gifles  et de pieds jusqu’ au véhicule de la FGA. Dans le véhicule, il aperçut certains de ses amis dont Mohamed Affane originaire de Bimbini, Houmadi Aoili, Dani  Madjidi, Artadhu Allaoui et Omar Bacar tous originaires de Sima ont subi le même sort.

Vers la fin du village de Sima dans le région de Chisimani, Mr Issouf Said Ali et ses amis ont vécu un enfer de torture : Coups de matraque sur les pieds, les bras, la hanche et le dos, coups de crosse de fusil, coups de point …etc au bout d’une heure de temps de torture on leur a posé la question suivante : Où se trouvent Assadi de l’AND et les militaires tanzaniens.

Il a répondu qu’il n’est pas au courant que Assadi est arrivé à Anjouan.

Une deuxième question lui a été posée : Comment vous faites pour exfiltrer des soldats de la FGA dissidents au régime Bacar. Il a répondu qu’il n’a jamais participé à des telles opérations.

Tous ses amis ont passé aux mêmes interrogatoires. Après l’interrogatoire, on les a fait monter dans le véhicule en cours de route la torture a continué jusqu’ à la brigade de Ouani.

A 9 heures du matin, lieutenant Mdiladji a ordonné la torture. Un morceau de bois a été introduit dans la bouche de Issouf Said Ali et 4 hommes cagoulés l’ont sévèrement tabassé  jusqu’à son évanouissement. Lorsqu’il s’est réveillé, il a constaté que ses urines et ses celles étaient couverts du sang.   Après 8 jours à la brigade de Ouani. Il a été transféré à la maison d’arrêt de Koki où il a passé 4 jours avec ses amis qui ont subi le même sort sans le moindre soin médical. Après le 4ème jour à Koki, ils ont été tous relaxés. Actuellement, ils souffrent des douleurs aiguës et chroniques sur tous les membres de leurs corps. Les uns marchent boiteux ou titubants les autres n’arrivent pas à s’asseoir correctement pendant une durée prolongée.

 

-         Kassim Houmadi, Professeur de Math originaire de Chaouéni.

Il a été arrêté à son domicile aux environs de 3 heures du matin par une équipe de 10 hommes de la FGA. Ligoté et cagoulé, il a été transporté jusqu’à la place de Nkohani (le Grand carrefour de Nyoumakélé)  où il a subi les mille et une exactions et tortures sur les pieds, les jambes, les mains, le dos,  la hanche et la poitrine jusqu’ à 5 heures du matin. Le lendemain matin, il a été transféré à la Brigade de Domoni où il a passé 4 jours.

-         Achihab Abdallah Mahamoud originaire de M’ramani, enfant de moins de 18 ans, élève de 4ème  a été enlevé à 5 heures du matin et torturé  jusqu’à 16heures où il a été relaxé. Ce mineur a été arrêté parce que son père a réussi à  échapper le groupe de commandos de la FGA qui a débarqué chez lui la veille pour l’arrêter.

-         Anridhoine Antoy, instituteur originaire de Maramani, a été enlevé de son domicile le 27 décembre 2007 aux environ de 1 heure du matin. Ligoté. Il a été torturé sur la place de Nkohani jusqu’à l’aube. Le 28 décembre, il a été transféré à la Brigade de Domoni où il a passé 6 jours. Il est victime d’une fracture du pied. Il est devenu boiteux sans aucun suivi médical.

 

-         Laïk Daoud, originaire de M’Ramani, âgé de 16 ans fils de Daoud Ahamada a été ligoté et détenu durant une journée car son père a réussi à échapper les tortures. De Mohamed Bacar

 

-         Soumaïla Hamidane, originaire de M’ramani agent de Douane a été arrêté et torturé violemment puis transféré à la brigade de Domoni où il a passé 6 jours.

 

-         Abdou Rachidi, originaire de Chawéni a été arrêté et torturé dans la maison d’arrêt de Domoni durant 7 jours

 

-         Attoumane Salim et son fils Camardine Attoumane originaires à Ongojou,  ont été arrêtés en mars 2007, torturés violemment et détenus à Koki pendant 70 jours.

 

-         Abdallah Ahmed Ben Ali dit Tchoukouni a été arrêté le 26 juin 2007 à 11 heures par une dizaine d’homme de la FGA. Il a été sévèrement torturé. Il est victime d’une fracture de bras et des douleurs aiguës et chroniques sur le dos. Il passé un séjour de 9 mois à la maison d’arrêt de Koki. Ce n’est que le 26 mars 2008 lors  du débarquement qui est libéré.

 

-         Salim Massoundi, Responsable d’un atelier de soudure, originaire de Bambao M’tsanga, ligoté, a été arrêté et torturé à la Brigade de Bambao Mtsanga  où il a été détenu durant 3 jours.

 

-         Assiandi Djaffar Baco, vendeur de poissons, originaire de Ongoni Marahani a été arrêté le 25 décembre 2007 à 2 heures du matin. Ligoté, il a été torturé au moyen de bois, crosse de fusil. Le 26 décembre il a été transféré à Sangani où il a subi les mille et exactions durant 8 jours.

 

-         Soulaimana Bacar originaire de Bazimini a été arrêté le 17 février à 13 heures et transporté la brigade de Ouani où il a été violemment torturé. Ensuite à 21 heures, la torture a repris jusqu’à 22huers. Le 18 février à 3 heures du matin, Soulaimana Bacar et certains amis du même village sont transportés sur la route qui mène à la centrale termique de Ntrénani où ils sont torturés violemment. Il est victime des fractures du pied et du bras. Ses amis ont subi le même sort.  Le lendemain, ils sont tous transférés à la maison d’arrêt de Koki. Où ils ont passé 7 jours sans le moindre soin médical. (...)

POUR VOIR LA SUITE 1 CLIQUEZ  ICI

POUR VOIR LA SUITE 2 ET FIN CLIQUEZ
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 11:50

Comores / Politique & institutions

Moroni, mercredi 16 avril 2008 (HZK-Presse) – 13 heures. Dès que le bateau qui a transporté les militaires a pointé son nez au large de Moroni, des coups de feu sont tirés en l’air. A cette heure, les soldats de l’armée nationale de développement (AND) sont sûrs de retourner à la maison sain et sauf. Les cloches du bateau ont aussi alerté la population qui les attendait de pied ferme.

 Le port est rapidement pris d’assaut par des centaines de familles des soldats et des citoyens anonymes qui sont venus accueillir les « héros de la guerre » de libération d’Anjouan. Sourire aux lèvres, les militaires sont heureux de retourner à Ngazidja sans que personne ne manque à l’appel. Cela fait trois mois qu’ils ont quitté leurs foyers, séjournant à d’abord Itsoudzou avant de passer l’essentiel du temps à l’île de Mwali où fut installé le quartier général de l’opération « Démocratie aux Comores ».

 Chaque militaire a oublié la galère de l’éloignement et les bruits des armes. La remise des colliers de fleurs autour du cou et les accolades vont rythmer cet instant chargé d’émotion. « Nous sommes très heureux de retourner comme on est parti. Il ne manque personne alors qu’on a libéré l’île des rebelles. L’AND avait des secteurs plus dangereux comme Mutsamudu, Ouani et Barakani. C’est dans localité où se trouvaient l’essentiel des rebelles. Dieu est grand, nous avons réussi et on est fier », lance le commandant Adinane, chef des opérations sur le terrain. Les troupes tanzaniennes et soudanaises qui les ont appuyés, sous mandat de l’Union africaine s’occupaient des autres zones, notamment Domoni et Sima.

 L’unique femme du débarquement est aussi la plus applaudie du groupe. Avec plus de colliers de fleurs que les autres, Hassanati n’oubliera jamais cette période. « Sur le terrain, il n’y avait pas de différence. Tout le monde était déterminé à libérer l’île. J’ai beaucoup appris durant cette première expérience. Je suis disponible et chaque fois que le devoir m’appelle, je serai partante », s’exclame Hassanati.

 Sur le port de Moroni, les civils étaient plus nombreux que les militaires. Dès que le bateau a accosté, les services de sécurité du port débordés par la foule, n’ont pas pu empêcher l’accès sur le quai, pour ceux qui tenaient à s’approcher du bateau. Le temps que les militaires débarquent leurs affaires, les familles s’impatientent dans une ambiance délirante près de la passerelle du bateau.

 « Je n’ai pas directement un enfant dans le contingent qui était à Anjouan mais ils sont tous nos enfants. Nous sommes très fiers d’eux. C’est pourquoi nous sommes ici pour manifester notre gratitude. Espérons que le séparatisme est vaincu. Que c’était la dernière opération militaire de ce genre », lance une mère, la soixantaine révolue, débout dans la foule malgré un soleil de plomb.

 A coté de l’euphorie qui a prévalu au port, une femme au teint clair se retire loin de la foule. Les larmes aux yeux, elle est déçue de ne pas voir descendre un proche, qui serait peu être resté à Anjouan. Seulement une compagnie est retournée à Moroni hier mercredi, 21 jours après l’intervention qui a renversé le régime du colonel Bacar. Le reste des 400 militaires de l’expédition garde précieusement l’île, poursuivant une mission de sécurisation, assure-t-on à l’état-major de l’AND.

 Mais les soldats de l’armée nationale ne sont pas les seuls passagers à bord. 47 prisonniers militaires de l’ancienne force de gendarmerie d’Anjouan (FGA) ont fait le voyage. Ils seront immédiatement transférés dans les carnes de l’AND.

 L’unique prisonnier civil est un français « pirate des temps modernes », qui a alimenté l’idéologie séparatiste par ses réseaux d’extrême droite. Lasbadias, comme on l’appelle, un joli bonnet anjouanais cloué sur la tête a eu le privilège de descendre en premier. Il est pris en charge par la brigade judiciaire de la gendarmerie nationale.

 Ahmed Abdallah

160408/aa/hzkpresse/12h00

 

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 11:45

Communiqué de presse

 Les éditions de La Lune et l'équipe du café littéraire de La Lune, remercient les passionnés de littérature qui se sont mobilisés avec enthousiasme pour venir encourager et soutenir  cette flamme littéraire qui  émerge dans la communauté des lecteurs comoriens de France.

La réussite de cet événement littéraire organisé le 15 mars 2008 à la Courneuve est une promotion de la culture des recherches et des talents comoriens. Elle prouve l'intérêt apporté par l'assistance à la littérature, aux recherches et aux écrivains.

La contribution des Editions de La Lune à la promotion de la littérature comorienne et au rayonnement de la culture des Comores  dans l'espace culturel francophone est une grande fierté pour cette jeune maison d'éditions créée pour soutenir les talents comoriens, africains et francophones.

Au cours du café littéraire, grâce aux lecteurs et aux éditeurs, l'événement a pris les allures d'une fête du livre comorien ; une fête chaleureuse, pleine de vitalité et d'enthousiasme ressenti à travers un débat franc et sincère.

C'est un événement qui constitue un tremplin pour faire triompher durablement l'art et la culture.

Tout ne s'arrête pas avec les présentations remarquables de l'écrivain Ibrahim Youssouf, de l'essayiste Souef Mohamed El-Amine et du philosophe  Ismael Ibouroi.

D'autres occasions s'apprêtent. Les éditions de La Lune voudraient également remercier chaleureusement l'artiste Ali Mmadi Boléro qui a fait vivre à l'assistance des moments inoubliables et fantastiques ainsi que les représentants des sites Internet, des blogs et des médias pour la couverture de l'événement.

Enfin, un mot s'impose. Organiser un événement de cette taille, n'est pas une chose simple, à mettre à point, à concrétiser, à satisfaire les attentes. C'est ainsi que les Editions de La Lune présentent leurs excuses pour les imperfections survenues lors de cette manifestation.

Merci à tous et à la prochaine dégustation littéraire.

Les éditions De La Lune

Voir les images du café :

http://www.flickr.com/photos/8496763@N05/show/

http://cafelitteraire.editions-delalune.com/

--
Les éditions De La Lune
www.editions-delalune.com
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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 16:18
HOMMAGE A UN ICONE DE LA POESIE

C'est avec tristesse que nous venons d'apprendre le décés prématuré d'un Grand Homme survenu ce jour. Il s'agit d'Aimé CESAIRE, le père de la négritude et un icône de la poésie mondiale.



Ci-dessous certaines réactions et son portrait :

17 avril 2008
Cheikh Hamidou Kane évoque "un éveilleur de consciences"

Le poète et chantre de la "négritude" Aimé Césaire était un "éveilleur de conscience" pour l’Homme noir, a déclaré à Dakar l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane.

Cheikh Hamidou Kane a aussi regretté qu’il n’ait pas été consacré par un prix Nobel ou intégré à l’Académie française. Aimé Césaire, décédé jeudi, "était un homme d’une dimension mondiale. Un Noir qui a acquis une stature mondiale du fait de la prise de conscience par l’Homme noir de sa condition et aussi de la prise de conscience par le reste du monde de la condition de l’Homme noir", a-t-il ajouté.

"C’est l’homme qui a éveillé à cette conscience de l’identité noire non seulement les Noirs de la diaspora mais, nous, les Noirs d’Afrique", a souligné Cheikh Hamidou Kane, auteur d’un des monuments de la littérature africaine "L’aventure ambiguë". "Il a été aussi éveilleur de conscience en ce qui concerne le débat sur le colonialisme", a-t-il précisé. "Il était vraiment très Sénégalais, très Africain. C’était admirable car au moment où il a vécu les Antillais que les Africains connaissaient étaient considérés un peu comme des auxiliaires du colonisateur, comme des Français à peau noire", a-t-il rappelé.

"Cahier d’un retour au pays natal, était un peu notre livre de chevet lorsque nous étions lycéens. Nous avions lu ce livre avec délectation, l’avons récité de mémoire, moi-même et ceux de ma génération. Il a été un homme considérable dans notre vie", a-t-il rappelé. Mais "je regrette qu’il n’ait pas été honoré, consacré, salué comme il le méritait au plan international", notamment avec "un prix Nobel, de la paix ou de la littérature". "Je regrette qu’il n’ait pas été honoré, comme l’a été Léopold Sedar Senghor, par l’Académie française. Il méritait aussi d’être membre de cette académie", a-t-il affirmé.

17 avril 2008

La classe politique rend hommage à Aimé Césaire

Toute la classe politique a rendu jeudi hommage à l’écrivain Aimé Césaire, mort à 94 ans à Fort-de-France. La population martiniquaise et, au-delà, des Antilles et de la France d’Outre-mer, perd un de ses pères spirituels, écrit le président Nicolas Sarkozy.

Sarkozy salue « la mémoire d’un grand poète »

"En vérité, c’est toute la nation française qui est en deuil", poursuit le chef de l’Etat, qui salue "la mémoire d’un grand poète", d’un esprit "libre et indépendant" et de l’un des pères, avec Léopold Senghor, du concept de "négritude".

"Ce fut un grand humaniste dans lequel se sont reconnus tous ceux qui ont lutté pour l’émancipation des peuples au XXème siècle", estime-t-il. "Il a incarné, sa vie durant, le combat pour la reconnaissance de son identité et la richesse de ses racines africaines. Par son appel universel au respect de la dignité humaine, à l’éveil et à la responsabilité, il restera un symbole d’espoir pour tous les peuples opprimés."

Le chef de l’Etat salue également la longue carrière d’élu politique de la Martinique d’Aimé Césaire. "Conscient des progrès que représentait la ’départementalisation’, il a su courageusement soutenir la loi de 1946 qui a mis fin aux colonies, sans pour autant rompre avec sa recherche identitaire qui constituait le coeur de sa vie", souligne-t-il. "Il restera pour nous tous l’une des figures les plus emblématiques de la classe politique de l’outre mer."

Nicolas Sarkozy adresse à la famille du poète et à ses proches ses "condoléances les plus attristées".

Réaction de François Fillon et de François Hollande

Le Premier ministre François Fillon a pour sa part salué dans un communiqué la mémoire d’un "représentant exceptionnel de l’engagement poétique et politique", qui a "jusqu’à son dernier jour tourné son regard vers les combats de demain".

"Proche d’André Breton, le poète Césaire ne craignait ni la force des images, ni leurs ruptures. Il laissait naître de sa colère des chants puissants et durs", écrit-il. "Il mettait ses mots au service de la lutte pour la dignité humaine, en particulier celle des peuples colonisés et humiliés."

La ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités territoriales, Michèle Alliot-Marie, a estimé que la "voix d’un sage" s’éteignait et qu’une "part de l’âme antillaise" disparaissait avec Aimé Césaire.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a rappelé qu’Aimé Césaire était un homme de gauche. "Tout au long de ses mandats de maire et de député de Fort-de-France, il a agi aux côtés de ceux qui se battent pour la reconnaissance de leurs droits et de l’égalité sociale", écrit-il dans un communiqué au nom du PS. Le dirigeant socialiste exprime sa "solidarité à l’égard de tous les Martiniquais profondément meurtris par cette disparition mais fiers d’avoir été représentés par un homme aussi exceptionnel".

Ségolène Royal a salué dans un communiqué en Césaire "un démineur d’hypocrisies, un porteur d’espoir pour tous les humiliés, un combattant inlassable de l’humaine dignité" et a demandé son entrée au Panthéon.

Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a fait savoir que les députés observeraient une minute de silence au début de leur prochaine séance solennelle, le mardi 29 avril, et qu’un "hommage particulier" serait rendu à leur ancien collègue. 

L'ancien Président français, Jacques CHIRAC a salué "un homme de lumière", et le secrétaire général de la Francophonie, le Sénégalais Abdou Diouf, a exprimé la "très grande émotion" de toute la "famille francophone".

Cette unanimité des réactions au décès d'Aimé Césaire tranche avec l'âpreté des combats menés par le poète-militant tout au long de sa vie. Ainsi Aimé Césaire avait-il d'abord refusé de rencontrer M. Sarkozy lors d'un voyage prévu par ce dernier, puis annulé, aux Antilles en 2005, en signe de protestation contre la loi de février 2005 dont un article reconnaissait "le rôle positif de la présence française outre mer". Le poète avait finalement reçu en mars 2006 celui qui était alors ministre de l'Intérieur, lui offrant son "Discours sur le colonialisme".



16 avril 2008
Aimé Césaire : Portrait

L’écrivain martiniquais Aimé Césaire est sans doute l’un des plus grands poètes du XXème siècle, dont la vision du monde et l’énergie créatrice ont marqué à jamais la littérature française et mondiale.

Un élève brillant
Né à Basse-Pointe en Martinique le 26 juin 1913, Aimé Césaire s’affirme très tôt comme un élève brillant. Il est âgé 18 ans quand, détenteur d’une bourse, il débarque à Paris afin de suivre des études secondaires au lycée Louis le Grand. C’est là qu’il se lie avec le futur président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, au contact duquel il découvre l’Afrique et les musiciens noirs-américains. Durant cette période, « il se décolonise de l’intérieur  », dira-t-il plus tard.

L’Etudiant noir
Avec Senghor, ils redécouvrent la phrase du philosophe allemand Hegel qui affirme que « ce n’est pas par la négation du singulier que l’on va à l’Universel, mais par l’appronfondissement du singulier  ». Et Césaire de conclure : « Tu vois, plus nous serons Nègres, plus nous serons des Hommes ». Admis à l’Ecole normale, Césaire devient président de l’Association des Etudiants Martiniquais en 1934 et fonde le journal L’Etudiant noir.

Le chemin de la Négritude

Toujours accompagné de Senghor, mais également de Léon-Gontran Damas et de Gilbert Gratiant, il jette pour la première fois les bases du concept de Négritude. Par ailleurs, aux côtés du Sénégalais Alioune Diop, il est l’un des pères fondateurs des Editions Présence africaine, dont la vocation est de donner un moyen d’expression aux auteurs d’Afrique, des Caraïbes et de l’océan Indien.

L’homme politique

De retour en Martinique, il est élu député en 1945 sous l’étiquette du Parti communiste français (PCF). Il travaille aussitôt à l’élaboration d’un nouveau statut pour les quatre anciennes colonies que sont la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion.
La même année, il devient maire de Fort-de-France. Sans cesse plébiscité par les Foyalais, il occupera ce poste pendant plus d’un demi-siècle, marquant la première ville de la Martinique d’une empreinte indélébile.

Départements d’Outre-mer

Lorsque Césaire se présente à l’Assemblée nationale le 12 mars 1946, il place la République française devant ses responsabilités : « entre désintégration et intégration, il y a de la place pour l’invention. Nous sommes condamnés à inventer ensemble ou à sombrer, et pas forcément pavillon haut  », s’exclame-t-il. Une semaine plus tard, les départements d’Outre-mer naissent officiellement et Césaire prend déjà sa place dans l’Histoire.

Fondation du Parti progressiste martiniquais

De l’immense bidonville hérité de la colonisation, Césaire fera une capitale digne de ce nom. « J’aime construire, j’aime bâtir. Nous, les Nègres qui avons beaucoup subi, devons apposer notre empreinte sur la civilisation universelle », martèle l’écrivain. En 1956, année de l’invasion de Budapest par les chars de l’Armée rouge, il dénonce « la rude main de Staline » et met un terme à son engagement au PCF. Décidé à forger chez les Martiniquais une conscience libre et citoyenne, il fonde deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM).

L’écrivain

L’action politique de Césaire, poète et essayiste engagé, se retrouve dans ses écrits. Il entamera très tôt un long réquisitoire contre l’exploitation coloniale, le racisme et l’absence de développement qui en découlent. Avec le Discours contre le colonialisme en 1950, il œuvre pour le réveil des identités culturelles, la dignité humaine et la responsabilité historique des peuples. Il dénonce l’oppression exercée par l’Occident sur le Tiers-Monde. En 1941, il fonde à Fort-de-France la revue Tropiques, aux côtés de René Ménil et d’Aristide Maugée.

Une logique universelle

Avec le concept de Négritude, Aimé Césaire inscrit son discours dans une logique résolument universelle. Il réaffirme à tous les déracinés et descendants d’esclaves la grandeur de la civilisation africaine qu’il veut source de fierté pour tous les Noirs.

En 1939 déjà, avec Cahier d’un retour au pays natal, il amorce sa quête identitaire et pousse « un grand cri nègre ». L’ouvrage deviendra une source de référence incontournable pour tous les intellectuels des diasporas noires dans les décennies qui suivront. Subjugué par l’universalité de Césaire et par sa poésie surréaliste, l’écrivain français André Breton l’édite et le préface.

La quête de l’imaginaire

Dans une langue irréprochable, enrichie par des expressions issues de l’univers caribéen, la poésie de Césaire s’affirme dans un style qui fascinera également Jean-Paul Sartre. Pour l’écrivain martiniquais, « la quête surréaliste permet de descendre au plus profond de soi-même et de libérer l’imaginaire du carcan de la langue  ». De manière générale, il affirme que « la poésie est la réappropriation de nous par nous-mêmes ».

L’homme de théâtre

Césaire politique, Césaire poète, mais aussi Césaire homme de théâtre. A partir des années soixante, il rédige différentes pièces dans lesquelles l’émancipation, l’Afrique et le héros noir sont au centre de ses préoccupations. Avec La tragédie du roi Christophe (1963), Une saison au Congo (1965) ou encore Une tempête (1970), il s’impose comme un dramaturge internationalement reconnu.

Insatiable combattant

Traduits dans de nombreuses langues, les ouvrages d’Aimé Césaire sont depuis longtemps l’objet de colloques et de conférences. L’Unesco lui a ainsi rendu un vibrant hommage en 1997. Apre défenseur de la Négritude, insatiable combattant pour la désaliénation des peuples, le poète est celui de « la Fraternité universelle  », pour reprendre une expression de Senghor. Figure de proue pour de nombreux auteurs contemporains, Aimé Césaire a défriché le terrain sur lequel est née la créolité d’une nouvelle génération d’auteurs, à l’instar de Patrick Chamoiseau et de Raphaël Confiant.

Principaux ouvrages

- Cahier d’un retour au pays natal, Présence africaine, Paris, première édition en 1939.

- Les armes miraculeuses, Gallimard, Paris, 1946.

- Soleil cou coupé, Edition K, Paris, 1948.

- Corps perdu, Editions Fragrance, Paris, 1949.

- Discours sur le colonialisme, Editions Réclame, Paris, 1950. Réédité par Présence africaine en 1956.

- La tragédie du roi Christophe, Editions Présence africaine, Paris, 1963.

- Une saison au Congo, Editions du Seuil, Paris, 1965.

- Moi, Laminaire, Editions du Seuil, Paris, 1982.

- Nègre je suis, nègre je resterai (entretiens avec Françoise Vergès), Editions Albin Michel, Paris, 2005.

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