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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 23:43
Vous trouverez ci-dessous la déclaration du candidat Mohamed Djaanffari du 03 juin 2008 suite au limogeage des membres du sécrétariat administratif  permanent

DECLARATION DE MOHAMED DJANFFARI DU 3 JUIN 2008 SUR LE LIMOGEAGE DES MEMBRES DU SECRETARIAT ADMINISTRATIF PERMANENT

Par décision du ministre de l'Intérieur de l'Union les deux membres du Secrétariat Insulaire Administratif Permanent (SAP), SOULAIMANA COMBO et ASSIATI de Ouani sont limogés et remplacés par messieurs Abdelkader Charicane et Attoumane Mohamed sans explication ni concertation aucune.

Conformément à l'article 50 du Code électoral, l'un de ces fonctionnaires était nommé sur proposition de l'Union et l'autre par le gouvernement de l'île. Cette révocation unilatérale du ministre de l'Union, à quelques jours du scrutin du 15 juin, est inquiétant quand on sait que ces personnes sont particulièrement chargées de la supervision des opérations relatives aux listes électorales et à l'établissement et distribution des cartes d'électeur, entre autres tâches d'appui aux commissions électorales.

Toujours est il que cette décision est rejetée par les autres instances chargées de l'organisation des élections créant quelque peu un flottement à un moment où le pouvoir central n'a pas toujours débloqué sa part de contribution financière comme l'a déclaré il y a quelques jours le président de la commission insulaire.

Cherchera t-on à paralyser le bon fonctionnement des commissions électorales? Dans quel but ? Cette décision marque t elle le début des grandes manœuvres tant murmurées pour frauder les élections ? La réponse à ces interrogations s'impose d'elle même quand on apprend qu'il est de notoriété publique que les deux nouveaux nommés sont des partisans du candidat soutenu par le pouvoir de l'Union.

En tout cas, cet acte est inacceptable et les autorités de transitions de l'île se doivent de réagir. Car en bafouant une des dispositions de la loi électorale, le gouvernement de l'Union vient de porter un coup à l'équité et à la transparence des élections de l'île d' Anjouan qu' ils ont la responsabilité d'organiser.

Par ailleurs, jusqu'à ce jour, aucun calendrier de déploiement du MAES, force neutre, chargée de la sécurisation des élections, n'est publié.

Ces deux faits tendent au total à corroborer l'idée selon laquelle les vieux démons ressurgissent annonçant une fraude organisée du scrutin du 15 juin.

Nous protestons énergiquement contre la décision du ministre de l'intérieur de l'Union et exigeons le retour au SAP de Soulaimana et de Assiati.

Nous rendons le gouvernement de l'Union entièrement responsable des conséquences qui résulteraient des décisions injustes et impartiales qu'il sera amené à prendre pour influer sur le choix des électeurs anjouanais et pour modifier le résultat des urnes.

Nous appelons la population d'Anjouan à rester vigilant face aux manœuvres d'intimidation et de menaces qui ont débarqué récemment à Anjouan dans les valises de ceux qui sont venus de Moroni et de plus loin soutenir un candidat qui a de la peine à s'imposer sur le terrain par lui-même et par son propre programme pour convaincre les Anjouanais à le choisir.

Mutsamudu le 03 juin 2008

 

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 23:29

SOURCE : Al-watwan N° 1089 du 10 juin 2008

 

A cinq jours du premier tour du scrutin, le 15 juin, deux candidats semblent courir en tête de course

et jouir du statut de favori. Ces deux principaux challengers, Moussa Toybou et Mohamed Djaanfari, se livrent-ils, aussi, un combat sans merci et semblent avoir déjà jeté toutes leurs forces sur la bataille. De part les ralliements de dernière minute et les déclarations des uns et des autres, il se confirme que la ligne de démarcation entre les deux prétendants reste la lutte contre le séparatisme

 

Moussa Toybou vient de réussir à Mrémani, la capitale de sa région natale de Nyumakele,

un meeting monstre de près de 3000 personnes, qui rappelle les rassemblements de Sambi au cours de sa campagne présidentielle de 2006. C’est le premier évènement de la campagne. Une démonstration de forces qui dément les pronostics de certains médias étrangers qui de loin vont jusqu’à accréditer à un seul candidat 70% des suffrages alors que sur le terrain rien, pour le moment, ne laisse présager d’une telle éventualité. Au cours de ce meeting les discours de l’équipe de campagne de Moussa montrent qu’ils sont passés à l’offensive

avec comme thème centrale ‘‘l’enterrement définitif du séparatisme’’. Lorsque le candidat Moussa annonce ‘‘je remercie particulièrement la population de Nioumakélé pour avoir donné, par ce rassemblement, la preuve que nous pouvons réussir cette élection’’, un de ses proches partisans de Domoni, Ibrahim Mohamed Allaoui invite la région à saisir cette occasion car c’est une chance pour Anjouan et les Comores : ‘‘c’est notre chance, soyons conscients’’. Le professeur d’Histoire Mohamed Anfane conclut : ‘‘cette fois-ci, acceptons

que nous allons enterrer définitivement le séparatisme avec tous ceux qui l’incarnent et qui sont dans le même ‘bateau’’. Un jeu de mot qui ne trompe pas. Mohamed Djaanfari n’est pas du reste. Avec son équipe de campagne, ils multiplient les formules originales pour maintenir le contact avec les électeurs sur le champ après leurs meetings de Wani et Domoni. Ils ont eu dans cette optique à passer des nuits à Nyumakelé ou Ngazale pour la région de Domoni.

Ce qui est sûr, c’est que l’un comme l’autre bénéficie de soutiens non négligeables et de poids. L’élection est assez souvent une affaire de la ville de Sima pour Mohamed

Djaanfari et de Ongoju en ce qui concerne le candidat Moussa Toybou. Dans ces deux localités, la mobilisation des futurs électeurs est à son paroxysme. Partout dans les

autres villes et villages de l’île les femmes de Sima ou de Ongojou sillonnent et s’engagent à la recherche de soutien pour leur candidat r e s p e c t i f .

Mais parfois les voies divergent. Le candidat Moussa semble bénéficier du soutien de la majorité des jeunes, des femmes, des jeunes cadres qui voient en lui ‘‘un homme d’espoir et qu’avec son soutien de poids de la mouvance du président Sambi on peut souhaiter gérer les Comores sans heurts entre l’Union et l’île autonome d’Anjouan’’.

 

A l’opposé, son principal adverse dans la course à Dari-Nadjah bénéficie du soutien de certains leaders catalogués ‘‘séparatistes’’. On peut citer le cas de Chamasse Saïd Omar,

ancien homme fort aux plus forts moments de temps de l’‘‘Etat d’Anjouan’’ et fervent militant du ‘‘rattachement’’ à l’ancienne puissance coloniale. Alors qu’il a été éclipsé complètement de la scène, voilà qu’à la surprise générale Chamasse devient l’un des principaux orateurs lors du meeting du candidat Djaanfari à Domoni le 7 juin dernier. Derrière lui, on peut apercevoir aussi le reflet de la Crc, selon certaines rumeurs persistantes

dans l’île. En outre Mohamed Djaanfari peut également compter sur un cercle d’hommes d’affaires qui gravite autour de lui. Comme son équipe de campagne, le candidat

Djaanfari tient un discours qui s’oppose au régime de Sambi. Toutefois il est à souligner qu’au cours de cette campagne les échanges verbaux souvent stériles viennent de toute part. Au risque de dérouter les électeurs.

 

Abidhar Abdallah

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 23:13

SOURCE : Al-watwan N° 1088 du 09 juin 2008

 

Pour Chamssoudine Mhadjou, un haut fonctionnaire du ministère des Relations extérieures et officier permanent de liaison (Opel) de la Commission de l’Océan indien (Coi), le gouvernement doit respecter ‘‘sa promesse en organisant des élections libres et transparentes’’ dans l’île. L’Opel Mhadjou se dit désoler de ne pas être très au courant de la situation réelle sur le déroulement de la campagne électorale ouverte depuis le 30 mai dernier tout en rappelant que ‘‘la Coi va dépêcher des observateurs électoraux à cette élection’’, a-t-il ajouté.

 

De son côté, l’homme d’affaires et chef du Mouvement populaire travailliste (Mpt), Ali Mliva, espère voir, lui aussi, Anjouan ‘‘choisir son président en toute liberté’’ pour que l’île soit ‘‘dotée d’un pouvoir qui saura reconnaître que l’Etat comorien est un et indivisible’’. C’est de cette façon, à son avis, qu’on parviendra

à mettre fin au séparatisme.

 

Entre intérêt et indifférence

 

Contrairement à Mhadjou, Mliva se dit ‘‘bien informé du déroulement de la campagne dans l’île’’. Une campagne qu’il a jugée ‘‘très silencieuse’’.Celui que certains de ses amis ont pu qualifier, à tort ou à raison, de

‘‘faiseur de rois’’ (il a été directeur de campagne de Sambi en 2006 et d’El-Bak en 2002), explique les

rasions de cette morosité : ‘‘on n’a pas pris le temps nécessaire pour organiser cette élection dans une île

marquée par dix ans de déficience démocratique’’. Cet état de fait pourrait être l’une des raisons pour lesquelles le Mpt n’a pas de candidat dans l’île et n’apporte son soutien à aucun des cinq prétendants en lice. Mliva, ‘‘partant des informations’’ qu’il dit avoir de la campagne à Anjouan, reproche aux autorités en place ‘‘d’intimidation et de licenciements abusifs’’ à l’endroit des Anjouanais qui accordent leur sympathie à certains candidats.

Autre monde, autre préoccupation. Anciens dockers au port de Moroni, Mhoma, Mzé Said et ses collègues, tous grands-comoriens, qui passent leur temps à bavarder sur les bancs de béton face au port de Moroni, ne ‘‘se sentent pas tellement concernés’’ par cette présidentielle : ‘‘nous ne savons rien de cette élection, elle ne nous intéresse pas’’, a déclaré Mhoma qui se dit plutôt bien plus ‘‘préoccupé par la pénurie des hydrocarbures dans l’île que par autre chose’’.


Pas loin de ce groupe, un autre groupe d’Anjouanais, cette fois, se livre à un jeu de société. Mohamed Said alias Mdjomba et ses amis tuent le temps par ce jeu très animé qui est un peu cousin au ‘‘mraha’’ joué en Grande-Comore. ‘‘Un non événement, cette élection’’, lancent Mohamed Saïd et ses amis presque en choeur. ‘‘Un pauvre qui va voter c’est, en principe, pour attendre quelque chose en retour. En ce qui nous concerne, nous n’attendons rien de cette élection. Elle nous intéresse, figurez-vous, bien moins que ce jeu’’, a-t-il dit. Mdjomba
gagne sa vie en vendant du lait caillé qu’il fait venir d’Anjouan : ‘‘Voyez vous, ce jeu est tout ce que nous avons. Quand on trouve à manger on vient là, quand on n’en trouve pas c’est pareil’’, a-t-il ajouté. Omar Abdallah, un autre Anjouanais, récemment arrivé à Moroni et ‘‘taximan au chômage’’ a suivi le début de la campagne avant de quitter l’île : ‘‘Deux candidats me semblent en pôle position’’. Il les cite avec, selon lui, leurs forces et leurs handicaps. Son souhait n’est pas différent de ceux évoqués plus haut. Mais lui, il ajoute un souhait particulier: ‘‘que les Anjouanais puissent choisir un président qui pourrait s’entendre avec Ustadh pour que tous les deux puissent apporter le changement tant attendu dans l’île’’.

 

Saminya Bounou

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 09:07


Le procureur de la République de l’île d’Anjouan, Ahmed Maandhui, alias Lezamed, a déclaré lundi avoir ordonné la libération des personnalités proches de Mohamed Bacar (président déchu), « parce qu’il n’y a aucun chef d’accusation sérieux retenu contre eux ».

"On ne va pas les incarcérer pour le fait qu’ils ont été proches de Mohamed Bacar, il faut des faits. Que je sache, on ne fait pas le procès du séparatisme. Autrement, certains proches du président Sambi se trouveraient, eux aussi, derrière les barreaux », a déclaré à APA le magistrat Maandui.

Nommé dans la foulée du débarquement militaire de l’armée comorienne et des forces de l’Union africaine (UA) à Anjouan, en mars dernier, Ahmed Mandhui, qui cumule sa tâche avec les fonctions de conseiller juridique du président intérimaire de l’île, dénonce aujourd’hui les tentatives du gouvernement de l’Union des Comores de mettre au pas la justice comorienne.

« Le pouvoir veut gérer le dossier des prisonniers à sa guise, sans aucun respect des règles juridiques », a-t-il dit.

Le magistrat dit en outre regretter que certaines décisions judiciaires se heurtent, dans leur exécution, à la volonté de l’autorité militaire à Anjouan.

« J’ai ordonné la libération d’un certain nombre de prisonniers, mais l’armée a refusé de les élargir. Je n’ai pas accepté ce poste pour être une marionnette du pouvoir ou un guignol », s’insurge-t-il.

Interrogé au téléphone par APA, le porte-parole du gouvernement comorien n’a pas souhaité réagir à la libération de certaines figures du régime Bacar (Voir ICI).

« Il est encore trop tôt pour savoir tous les tenants et les aboutissants de cette décision » de libération des prisonniers, a déclaré Said Bacar Abdourahim, ministre de l’Education nationale, de la Recherche, des Arts, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, porte-parole du gouvernement.

SOURCE : APA/ IM/  09/06/2008/ 22 : 32 : 52 

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 23:21

La libération de certains proches de Bacar soulève une vive polémique à Anjouan

APA-Moroni (Comores) La récente libération de trois personnalités proches de l'ex-homme fort d'Anjouan Mohamed Bacar suscite une vive polémique dans l'île d'Anjouan, a constaté APA à Moroni, la capitale de l'Archipel.

Caambi El-yachroutu Mohamed, (photo) ancien vice-président de l'Union des Comores et conseiller privé du colonel Bacar jusqu'à sa chute en mars dernier et Ahmed Abdallah Sourette, ancien président de la Cour constitutionnelle avant son ralliement au régime anjouanais ainsi que Said Omar Mirghane alias Makani, directeur de l'EDA, la société d'électricité d'Anjouan et frère du conseiller privé du président Sambi, Oumbade Mirhane, sont les trois homme élargis.

L'annonce de la libération de ces figures du séparatisme à Anjouan alimente la polémique aux Comores.
La Fondation comorienne des droits de l'homme (FCDH) parle de « libération politique ».
« Ces mesures d'élargissement n'ont respecté aucune norme juridique", a déploré Nassuri Mohamed Riziki, président de la FCDH.
Selon lui, on vient de libérer les gros poissons du séparatisme pendant que les plus petits croupissent toujours en prison.
"C'est profondément injuste", a-t-il dit, amer.

Mohamed Ali Dia, chef de la formation politique Panaco (Parti national des Comores), s'étonne que ces personnalités politiques aient été libérées sans que l'on sache exactement les principaux chefs d'accusation retenus contre eux.
«Pourquoi ont-ils été arrêtés et pourquoi sont-ils aujourd'hui libérés », s'est demandé Ali Dia.
Quelque 600 personnes, proches du dictateur déchu Mohamed Bacar, sont encore incarcérées à Koky, la prison de l'île d'Anjouan.
AAY/mn/APA 09-06-2008
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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 14:42

Moroni, jeudi 5 juin 2008 (HZK-Presse) – Les Comores, à l’instar de plusieurs pays du monde, rencontrent ces derniers temps une crise énergétique, en particulier au niveau de ses approvisionnements en hydrocarbures. A la pénurie du pétrole lampant, s’ajoute celle du gazole, qui engendre par conséquent des délestages intempestifs d’électricité et d’eau.

 

Cette crise qui a commencé à se faire sentir à Moroni et ses environs, depuis le mardi 03 juin à partir de 9 heures, ne cesse d’inquiéter la population, qui n’était pas préparée à subir cet incident qui prend des proportions alarmantes. Ce n’est qu’aux environs de 23 heures, que le courant est arrivé pour être repris la matinée du jour suivant, ainsi de suite…

 

En effet, à leur grande surprise, les consommateurs de la société d’eau et d’électricité (MAMWE), ont dû passer presque une journée entière sans électricité. Et parmi les causes avancées de ce délestage, la rupture de stock du gazole dont le principal fournisseur, une filiale du groupe français TOTAL, a cessé les livraisons, faute de renouvellement du contrat avec la société comorienne des hydrocarbures (SCH).

 

Une suspension du contrat avec la grande compagnie pétrolière française, qui serait intervenue suite à l’ouverture de négociations avec une société concurrente du Golfe, offrant des possibilités de raffinage à un prix supposé plus avantageux. Il se trouve, à cet effet, que sa cargaison ne lui est pas encore livrée, raison pour laquelle la Société Nationale serait en train de négocier avec certaines compagnies d’Afrique de l’Est, pour un dépannage, dans un bref délai, en vue de palier à cette pénurie.

 

Cette situation est plus que préoccupante, et personne n’est épargné. Même les détenteurs des groupes électrogènes ont du mal à alimenter leurs moteurs, à moins qu’ils fassent la queue dans certaines stations de la place. Quant aux automobilistes, ils sont appelés à faire la ruée vers ces pompes, pour pouvoir avoir accès au gazole, parfois même, en vain.

 

Pour Salim Mzé Ahmed, un des responsables de la station Feeling, chaque station reçoit respectivement, par jour, depuis cette pénurie, 2000 litres de gazole et de pétrole lampant, mais à la différence de ce dernier qui est rationalisé à 20 litres par tête, le gazole est vendu à n’importe quelle quantité. Et par conséquent, a-t-il ajouté avec regret, certains n’en trouvent pas.

 

Si la Grande-Comore traverse une importante crise de gazole, Anjouan, elle, rencontre une pénurie d’essence. D’après des sources dignes de foi, le peu de gazole fourni, à l’heure actuelle à la Société Nationale des Hydrocarbures, proviendrait de l’île d’Anjouan. Il se trouve par ailleurs, que la MAMWE et l’ASECNA sont priorisées et les stations d’essences viendraient en seconde position, au grand damne des automobilistes roulant au gazole, qui sont obligés de passer une partie de leur journée, à tenter leurs chances dans les stations. Il suffit de faire un petit tour à Moroni pour s’en rendre compte. Des dizaines de véhicules sont alignés ici et là, à la recherche de l’oiseau rare, pour ne pas dire, du gazole.

 

Ainsi, du matin au soir, les clients du pétrole lampant et du gazole ne cessent de se frotter les mains autour de ces pompes. Espérons donc que les consommateurs d’essence de la Grande-Comore, ne suivent pas, eux aussi, les traces de leurs frères anjouanais et que cette crise s’inscrive enfin, dans le passé.

Signe que la crise énergétique se répercute très vite sur l’ensemble de l’activité économique du pays, les administrations fonctionnent au ralenti, deux bateaux de ciment attendent au port de Moroni faute de camion, les petits ateliers et autres unités de production renvoient leur personnel en « congé forcé », les journaux paraissent avec plusieurs heures, voir un jour de décalage, etc.

 

Mais plus inquiétant encore est le silence des pouvoirs publics face à cette situation, ainsi que le manque de réaction de la part des associations de consommateurs et des organisations syndicales et professionnelles.

 

Loulou S.I Alfeïne

050608/lsia/hzkpresse/12h00

 

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 14:34

Moroni, jeudi 5 juin 2008 (HZK-Presse)Désormais la crise à échelle planétaire se fait gravement ressentir dans les îles de la lune. Le gasoil disparaît petit à petit des stations services, le pétrole lampant est jusqu’alors inaccessible, le riz populaire se fait rare voire introuvable à certains endroits, avec déjà des répercussions très sensibles sur les prix de presque tous les produits de consommation courante dont la flambée inflationniste atteint des proportions inquiétantes.

 

« Jusqu’ici tout va bien » affirme-t-on à l’Onicor [office d’importation et de commercialisation du riz ordinaire]. Il s’agit d’une simulation des magasins car il serait « impossible qu’il puisse y avoir pénurie actuellement, alors que cela fait à peine trois mois que nous avons reçu la dernière cargaison de 8.000 tonnes de riz ordinaire, avec un stock prévisionnel pouvant encore satisfaire la demande jusqu’au début du mois de ramadan (début septembre), auquel s’est récemment ajouté un arrivage supplémentaire de 70 conteneurs », a poursuivi le directeur de cette société d’Etat, M. Mouslim Ben Moussa qui rentre d’une mission à New Delhi, ajoutant que très bientôt une grosse commande de 25.000 tonnes populaire sera dans le pays en provenance de l’Inde. Une opération en cours de financement par l’Exim Bank. 

 

« Les grossistes veulent faire monter les prix, par pure spéculation, car on approche la période du grand mariage, où le riz est beaucoup plus consommé » qu’en temps normal, lance un petit commerçant de la capitale, qui comme beaucoup d’autres, vend le kilo à 350fc au lieu du prix normal fixé à 300fc.

 

Une réalité qui pourtant n’est pas à sa première apparition mais qui se répète chaque année, « les grossistes espère revendre à prix d’or le riz, en faisant croire qu’il y a une pénurie. Une hausse illégale selon le service des prix de l’île car en effet le prix normal au détail pour un sac de 50 kg de riz devait être de 15.000fc. Une amende de 100.000fc vient d’être dressée contre un commerçant de Bahani qui essayait de vendre le sac à 16.500fc, a affirmé le directeur adjoint du service de contrôle des prix et de répression de la fraude, Ahmed Affande, qui détenait dans son bureau 5 sacs, confisqués à un vendeur qui tentait de vendre au même prix le produit le plus consommé aux Comores.

 

La crise concerne également les produits pétroliers à l’exception de l’essence. Interrogé il y a quelques jours sur la question du pétrole lampant, le directeur disait qu’il s’agissait juste d’une diminution de la quantité de livraison dans les stations services, un rationnement voulu pour ne pas vider totalement les citernes avant l’arrivée d’une nouvelle cargaison. La livraison qui était de 4.000 litres est désormais passée à 2.000.

 

Un pétrole qui est d’ailleurs vendu par les petits commerçants à 300, 350 voir même 400fc le litre alors que le prix légal à la pompe est fixé à 200fc compte tenu du fait que le prix dans les stations n’a pas augmenté mais est toujours de 175 fc le litre. La hausse des prix du pétrole s’explique par les souffrances qu’endurent les petits commerçants pour se le procurer.

« J’ai passé trois jours d’affilée devant le station feeling pour pouvoir enfin acheter ce pétrole » se justifie Hassan, qui affirme aller revendre le litre à 300fc. Le service des prix a énormément du mal à exercer le contrôle sur les vendeurs de pétrole car selon Affende Ahmed, « c’est dans la soirée que ces petits commerçants font leurs ventes illégales, alors que nous travaillons la journée et l’on refuse de témoigner ».

 

Invités la semaine dernière par le service des prix, l’ordre a été donné aux gérants des stations et leurs pompistes de ne pas vendre une quantité dépassant les 10 litres par tête de client, à l’exception de ceux qui sont munis d’une carte professionnelle de commerçant. Une mesure qui serait, apparemment, toujours en vigueur mais non respectée. L’objectif était « d’éviter et de veiller à ce que les particuliers n’en profitent pour revendre le pétrole à un prix exorbitant, en bénéficiant d’une plus grande quantité, ainsi ils n’oseront pas le revendre et cela permettrait d’exercer un véritable contrôle de la distribution ».

 

Une queue de plusieurs voitures, à moteur diesel, se rallonge chaque jour devant les stations services de la capitale, en attente d’une hypothétique livraison de gasoil. Seules les voiture à essence ont la chance de pouvoir circuler normalement. Même la société d’électricité (Ma-Mwé) connaît une véritable pénurie, ses approvisionnements étant réduits de manière drastique au cours des trois derniers jours, d’où le retour au délestage sur l’ensemble de l’île.

 

« Les commandes sont faites mais, c’est la livraison qui s’effectue au compte goutte », nous confie un pompiste de la station Bonzami. Il s’agit apparemment d’un problème de rupture de livraison par le fournisseur de la SCH, mais pour l’instant nous n’avons pu joindre un responsable de l’entreprise. Un agent de la SCH nous confirmait hier qu’il n’y a pas « épuisement de réserves de gasoil », le stock étant transféré dans les cuves d’Anjouan dans l’attente de l’arrivée de la nouvelle cargaison.

 

S’agirait-il également d’un manque de moyens permettant d’alimenter convenablement les stations ou des conséquences du non renouvellement du contrat de Total, principal fournisseur français de la Société des Hydrocarbures, au profit d’un nouvel opérateur offrant une unité de raffinage implantée à Aden (Yémen) à des conditions jugées semble-t-il plus favorables ?

 

Al-hamdi Abdillah

050608/aa/hzkpresse/15h00

 

 

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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 23:41
Moroni, Comores - Moussa Toyb, candidat soutenu par les autorité fédérales à l'élection présidentielle de l'île d'Anjouan, a été contraint de renoncer à un meeting à Barakani, village de Mohamed Bacar suite à l’hostilité des habitants de cette localité, a-t-on appris dimanche de source officielle.

Selon la commission électorale, des jeunes ont tout fait enlever (chaises, estrades, sonorisation) et lui ont demandé de s’en aller avant qu’il n’ait pu commencé son meeting vendredi.

N’ayant pas pu les raisonner, l’ingénieur de BTP a dû annuler son meeting et s’est plaint à la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Autres incidents, les candidats Mohamed Djanfari et Bastoine Soulaimana ,se sont plaints à la même commission d’avoir été "malmenés et humiliés" par des soldats des troupes soudanaises stationnées dans la région de Gnoumakélé.

Ces soldats chargés de la sécurité des élections dans cette zone, auraient fouillés ces candidats au cours d’un contrôle routier.

Il reste encore dans l’archipel des Comores quelques soldats soudanais du contingent qui avait participé au renversement du colonel Mohamed Bacar fin mars, rappelle -t-on. Ils participent à une mission de sécurisation des élections de l’Union africaine (MAES) majoritairement composée de soldats tanzaniens.

Cinq candidats sont dans la course pour la succession de M. Bacar, renversé fin mars par l’armée avec l’aide de troupes de l’Union africaine : Bacari Abdou, Bastoine Soulaimana, Mohamed Djaanfari, Moussa Toybou et Soundi Abdou Latufou Soilih.

Moroni - 08/06/2008
Pana
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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 16:30

 Allez, on va changer un peu avec ces histoires politico-diplomatiques qui donnent de la migraine. Un peu de tari nous fera certainement du bien.

 C’est pourquoi nous  proposons ci-dessous ce clip du groupe Mawatwaniya ya Wani réalisé par Studio M.

 Le tari est une de ces danses ou chants  populaires que les femmes comoriennes de l’île d’Anjouan aiment beaucoup. On y assiste à l’occasion des événements festifs (mariages, réceptions, fiançailles, journées culturelles, pondzo…). J’aime particulièrement cette danse ou ce chant qui réchauffe le cœur et fait oublier les soucis. En plus la très belle voix de la chanteuse principale, Mme MIFOUZA,  fait bouger mes tripes.

 Les instruments utilisés s’appellent aussi des tari.

 Les femmes son habillées en gauni, le costume traditionnel le plus en vue à Anjouan.  Le gauni est composé de deux pièces, le haut à manches longues et le saluva (grande pièce de tissu rectangulaire cousue en un fourreau très large que la femme enfile, et qu'elle fait tenir en repliant le bord supérieur en bourelet sous les aisselles)

 L’Association Mawatwanya est créée dans les années 1980 à OUANI-ANJOUAN-COMORES. Elle joue un rôle considérable dans la promotion de la culture, des danse et chants comoriens et contribuent  aux différents projets communautaires (construction d’une maternité…)

 Avec la diffusion de ce clip, j’ai voulu surtout rendre hommage à la femme comorienne pour tout ce qu'elle fait pour notre pays. Elle apporte beaucoup à l’édification des Comores.  Je continue à penser que si la société comorienne était moins misogyne, la gestion de notre pays allait être moins catastrophique.

 
Pour la nième fois, je dis haut et fort : « bravo au studio M pour tout ce qu’il fait pour la culture comorienne ».

 Maintenant, vous pouvez cliquer sur le clip pour vous régaler !



Tari Mifouza
envoyé par MIHIDJAY

 Halidi (HALIDI-BLOG-COMORES)
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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 12:59

 

 

L’ancien Président des Comores, Ahmed Abdallah Abdérémane disait souvent «Dans les rapports entre nos deux pays, les Comores sont la viande et la France est le couteau »

 

A méditer dans ce pseudo affaire politico judiciaire.

 

 J’espère que le peuple comorien saura au moins un jour  le montant des honoraires que l’Etat Comorien a versé à Me VERGES pour un procès inutile. Et quand je pense que les fonctionnaires comoriens ne sont pas payés depuis plusieurs mois, j’ai envie de vomir.

 

En vérité la réponse à une demande d’extradition est plus politique que judiciaire. Que les autorités politiques françaises prennent leur responsabilité et que les autorités comoriennes défendent fermement et adroitement les intérêts de leur pays ! (voir notre point de vue du 29 mars 2008 en cliquant ICI)

 

Fort heureusement, le ridicule ne tue pas !

 

Mais pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui veulent continuer à suivre ce feuilleton ridicule et humiliant, ci-dessous deux articles.

 

HALIDI-BLOG-COMORES

 

 

1) SOURCE :  Al-watwan N° 1087 du 06 juin 2008

 

Demande d’extradition de M.Bacar

“Ne trempez pas dans les magouilles de la France”

 

Affaire Mohamed Bacar

L'avocat général émet un avis négatif à l'extradition du colonel Bacar

 

L'avocat général de la cour d'appel de Saint-Denis a émis jeudi un avis défavorable à l'extradition de l'ex-président d'Anjouan, le colonel Mohammed Bacar, demandée à la France par l'Union des Comores. La cour d'appel rendra sa décision le 24 juin.

 

Jacques Vergès n’a pas mâché ses mots hier lors de l’examen par la chambre d’instruction de St Denis de la Réunion de la demande d’extradition

de M. Bacar et de ses 22 acolytes. La plaidoirie de l’avocat de l’Union des Comores poussera-t-elle les magistrats à donner un avis favorable

à cette demande d’extradition ? Rien n’est moins sûr. L’avocat général s’oppose fermement à un retour de Bacar aux Comores.

L’affaire est mise en délibéré au 24 juin prochain.

 

Homicides, viols, tortures, détournements de fonds, atteinte à l’unité des Comores. Les faits reprochés aux

23 Comoriens sont graves. Et pourtant, leur audition relève davantage de la comédie que de la tragédie”. Tour à tour ils sont appelés à la barre pour se voir notifiées les accusations dont ils font l’objet. L’examen de chaque cas commençant par une vérification de l’état civil de l’intéressé, c’est là que l’assistance est amenée à rire, sinon au

moins à sourire. Nom ? Prénom ? Nom et prénom du père, de la mère… Absoir Omar : lequel est le patronyme ?

Le président finit par en perdre son latin. Lieu de naissance ? - Fomboni, Mohéli. - C’est à Anjouan, ça ?

 

Passées ces nécessaires vérifications d’identité, l’interrogatoire est rapide, et les réponses stéréotypées.

- Qu’avez-vous à dire concernant les accusations dont vous faites l’objet dans le mandat d’arrêt international

: homicide, viols, … ?

- C’est la première fois que j’entends parler de ça. Ce ne sont que des mensonges.

- Acceptez vous d’être extradé aux Comores ?

- Non.

- Pourquoi ?

- Parce qu’il n’y a pas de justice là bas.

Et l’intéressé d’aller se rasseoir auprès de ses compatriotes, le sourire aux lèvres, le sentiment du devoir accompli.

Il faudra attendre 2 heures et le passage des 23 acolytes pour que soient étayées les accusations. Les témoignages

sordides de viols et de torture, rapportés par l’avocat de l’Union des Comores alourdissent l’ambiance.

Les viols auraient été commis “par volonté de torture, et non par pulsion sexuelle”.

Mais ces témoignages sont balayés d’un revers de main par l’avocat général : Ils ont été amenés trop tard (la veille de l’audience), et ne peuvent donc être pris en compte par la Chambre d’instruction. C’est le 1er d’une série d’arguments contre l’extradition des 23 hommes. Le principal étant le manque de preuve, l’absence d’articulation des faits qui ne sauraient mettre en cause la responsabilité pénale de Bacar et de ses hommes. Autrement dit, la justice comorienne n’a aucun élément précis contre eux.

 

“La France doit tenir sa parole”

 

Mais Me Vergès a d’autres flèches à son arc. Il rappelle qu’en décembre 2002 des mercenaires Français ont tenté un coup d’Etat à Mohéli. Arrêtés par l’armée Comorienne, ils ont été extradés à la demande de la France.

Avec promesse de réciprocité, faute d’accord d’extradition entre les deux pays. Et l’avocat de l’Union des Comores de demander que la France tienne sa parole en livrant Bacar aux autorités comoriennes.

 

Maître Vergès enfonce le clou en dénonçant “ l’attitude incohérente “ de Paris. Pour lui les politiques ne veulent pas assumer leur responsabilité en “ transférant la patate chaude “ aux magistrats. Me Vergès demande ainsi à la chambre d’instruction de seulement “ dire le droit et ne pas tremper dans les magouilles politiques

de la France’’. D’autant plus que si la chambre d’instruction donne un avis favorable à la demande d’extradition, le gouvernement français aura toute liberté d’accéder ou non à cette demande. A l’inverse, un avis défavorable

obligerait l’Etat français à refuser la demande de Moroni. Malgré tous ces arguments, la demande d’extradition aux Comores de l’ex président d’Anjouan et de ses compères a très peu de chances d’aboutir. L’OFPRA (Office français de Protection des Réfugiés et Apatrides) l’a d’ailleurs déjà déconseillée, et en coulisse Paris continue

à leur chercher un pays d’accueil. Le Bénin se dit prêt à les héberger, tout comme d’autres Etats du Golfe

Persique. La chambre d’instruction de la Réunion a mis son avis en délibéré. Elle se donne jusqu’au 24 juin prochain pour dire oui ou non à l’extradition vers les Comores.

 

Hakime Ali Said

 

2) SOURCE : CLICANOO.COM | Publié le 6 juin 2008

 

Bacar bien parti pour rester

COUR D’APPEL. L’avocat général a proposé hier à la chambre de l’instruction de prononcer un avis défavorable à la demande d’extradition du colonel Bacar et ses hommes. Pour l’Union des Comores, Me Vergès a demandé aux juges de « ne pas tremper dans les magouilles du gouvernement français » et de le laisser décider tout seul. Décision le 24 juin.

Il n’y avait hier soir pas de sièges plus inconfortables que ceux des trois magistrats de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Saint-Denis. Sollicités pour examiner la légalité de la demande d’extradition déposée par l’Union des Comores à l’encontre du colonel Bacar et sa vingtaine d’hommes, ils se sont retrouvés pris à partie dans le débat politico-diplomatique qui entoure la présence sur le sol français de l’encombrant président déchu d’Anjouan. Si leur avis est défavorable, la procédure d’extradition sera renvoyée dans les cordes et Bacar échappera à un procès à charge à Moroni. Si leur avis est favorable, ils renvoient la patate chaude au gouvernement français qui devra prendre seul la décision d’extrader Bacar, au risque de se froisser avec les Comores ou de vivre un procès embarrassant compte tenu des liens ténus entre l’ex-président et la France.

Avec sa verve et son aisance coutumières, Me Jacques Vergès, venu représenter l’état comorien, a rapidement mis la pression sur les juges. « Ne trempez pas dans les magouilles du gouvernement. Soyez une justice respectée et respectable et laissez ce gouvernement incohérent se dépêtrer de sa position impossible », lance le ténor du barreau.

L’avocat fait référence aux déclarations de Kouchner promettant de « remettre Bacar aux autorités comoriennes » et de l’autre côté au frein que met selon lui le ministère de la Justice à cette extradition. « Le gouvernement tient une position impossible, certains ministres veulent cette extradition et d’autres ne la veulent pas. Faites que ce choix politique soit celui des politiques et pas celui des magistrats. Ne servez pas d’alibi au gouvernement pour éviter de trancher ce dossier », conclut Jacques Vergès.

Qualifié après coup de « serviteur admirable ayant reçu une directive », l’avocat général François Basset devra commencer son réquisitoire en se justifiant : « Je ne suis inféodé à aucune hiérarchie, les magistrats sont étrangers au débat politique et sont là pour dire le droit. » Et visiblement, en matière de droit, il y avait beaucoup à dire sur les lacunes de la procédure d’extradition formulée par l’état comorien à l’encontre des 22 du clan Bacar. Confusion dans les identités des membres de la garde rapprochée de Bacar, qualification hasardeuse et trop vague des faits reprochés « sans le moindre commencement de preuve », l’avocat général ne voit que trop de raisons de donner un avis défavorable à la requête de l’Union des Comores. Sans compter que l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui a déjà accordé l’asile à trois des membres de l’expédition mahoraise, s’est prononcé contre un renvoi de Bacar et des siens aux Comores, « où leur intégrité physique ne serait pas garantie. »

Pour les avocats de la défense, il n’y a plus alors qu’à dérouler la liste des points litigieux de la procédure. Et insister sur le fait que cette extradition est demandée dans un but politique, ce qui présente un obstacle en droit français.

Pour Me Marie Briot, il n’y a aucun doute que les infractions reprochées à Bacar, à savoir « atteinte à l’autorité de l’État et à l’unité nationale », ont une connotation politique. « D’ailleurs, le ministre des Affaires étrangères comoriennes l’a réaffirmé lors de son voyage ici : Sambi doit transformer sa victoire militaire en victoire politique par le procès de Bacar », pointe l’avocate.

La chambre rendra son arrêt le 24 juin prochain

Sébastien Gignoux

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