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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 23:17

La table ronde inter-comorienne est une urgence
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

Comores / Politique & institutions
Conférence de presse de Madeira :
La table ronde inter-comorienne est une urgence

Moroni, jeudi 11 septembre 2008 (HZK-Presse) – Juste avant de quitter Moroni au terme d'une mission préparatoire à la conférence inter-comorienne, l'envoyé spécial de la Commission africaine, Francisco C. Madeira (photo) a tenu hier jeudi une conférence de presse, au siège du bureau de l'UA à Moroni, pour appeler les comoriens à « s'assoire de nouveau autour de la table pour discuter des problèmes de partage de compétences et de gouvernance ».

Un vœu qui s'inscrit selon le diplomate mozambicain dans le cadre de la feuille de route établie depuis juillet 2007 à Pretoria (Afrique du Sud), sous les auspices de l'Union africaine et de l'ensemble de la communauté internationale.

L'objectif étant de parvenir à stabiliser et normaliser le fonctionnement des institutions après la libération réussie d'Anjouan et l'élection d'un nouveau président en mars et juin derniers, dans cette île en proie à une rébellion séparatiste qui a failli ébranler les fondements même de l'Etat et de la nation comorienne.

A en croire M. Madeira, le pays n'est pas à l'abri de « manœuvres de déstabilisation par des forces occultes, de l'intérieur ou de l'extérieur ». La démarche de l'émissaire de l'Union africaine ne serait nullement motivée par une quelconque volonté « d'influencer qui que ce soit », soutient-il, comme pour démentir l'information qui avait circulé la semaine dernière dans la presse, selon laquelle il aurait suggéré à certaines hautes autorités comoriennes qu'il a rencontré, l'idée d'une éventuelle « prorogation du mandat de l'actuel chef de l'Etat » sans remise en cause de la présidence tournante.

« C'est un mensonge » réplique-t-il, citant même le président de la république qui lui aurait assuré que « la tournante va tourner et que Mwali aura sa présidence en 2010 ». Le mandat de l'Union africaine se limitera donc à réunir toutes les forces vives du pays « sans intention de privilégier l'Union contre les îles ou celles-ci contre l'Union ». La communauté internationale est disposée à appuyer les Comores, tant sur le plan technique que financier en vue de tenir ces assises nationales qui, précise l'envoyé spécial, sont « un préalable pour s'atteler enfin au développement économique et social dont les Comoriens ont besoin ».

A ce jour le président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi aurait déjà donné son accord de principe, ainsi que le chef de l'exécutif de Ndzouani. En revanche, le président de l'Assemblée de l'Union et les chefs des exécutifs de Ngazidja et de Mwali, semblent encore réticents, « exprimant des soucis légitimes » et exigeant des « garanties » que cette table ronde ne débouchera pas sur une révision constitutionnelle qui remettra en cause les principes de la tournante et l'autonomie des îles.

Les comoriens doivent mettre fin aux querelles intestines

Pour M. Madeira, tout doit se faire dans le respect de l'esprit et de la lettre de l'accord de Fomboni du 17 février 2001, qui a scellé la réconciliation nationale et permis de doter le pays de nouvelles institutions. Il reste maintenant à lever « les susceptibilité s et les doutes », pour mettre rapidement en place le Comité technique préparatoire de la conférence, dont les noms des représentants des différentes parties prenantes doivent être rapidement communiqués à l'Union africaine, afin de pouvoir fixer la date, le lieu de la réunion et les termes de référence.

Le système des Nations Unies ainsi que la Ligue des Etats arabes ont manifesté leur disponibilité à accompagner les Comores dans ce nouveau processus, notamment par l'envoi d'experts et un appui financier. « Il est temps que les comoriens mettent un terme à leurs querelles intestines », conclut Madeira, qui estime que l'étape actuelle de consolidation de la réconciliation revêt « une importance cruciale », d'autant que l'année prochaine (2009) sera marquée par une série d'élections, pour le renouvellement des mandats des assemblées des îles et de l'Union.

Ont assisté à cette conférence de presse les ambassadeurs d'Afrique du Sud et de la Libye ainsi que le chef du bureau de liaison de l'UA, Mourad Taiati et le coordonnateur du système des Nations Unies, Opia Mensah Kuma.

El-Had Said Omar
110908/eso/hzkpress e/12h00

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 22:13

Le 10 septembre dernier, la France a obtenu sa deuxième médaille d’or aux Jeux Paralympiques (Les jeux olympiques pour les invalides). Cet événement est passé inaperçu dans les milieux comoriens. Pourtant il ne devrait pas l’être.  En effet, le français grâce auquel la marseillaise a retenti  à Pékin le quatrième jour des jeux est originaire des Comores. Il s’appelle Arnaud ASSOUMANI. Né le 04 septembre 1985 à ORSAY dans l’Essonne en Ile de France, ce jeune licencié du club CSJB ANGERS (49100)* ,  amputé de l’avant bras gauche, est médaillé d’or paralympique 2008 en saut en longueur.  Mais en faisant un saut incroyable de 7,23 m il assortit son titre d’un nouveau record du monde dans sa catégorie. Eh oui « Assoumani S’envole » comme l’a titré le journal « l’Equipe » dans son numéro du 11 septembre 2008

 Passionné de la musique et du cinéma et amoureux de l’athlétisme, il pratique la compétition depuis 1997. Jusqu’en 2003, il évoluait chez les valides.  Avec ce succès de Pékin, Arnaud ASSOUMANI ne fait que confirmer son talent. Il suffit de voir son palmarès ci-dessous pour s’en convaincre :





 15/06/2003 Championnats d’Europe d’Athlétisme E.P.C.-ASSEN (PAYS-BAS)

Médaille d’or : Saut en hauteur 1m90

Médaille d’argent : Saut en longueur 6m76

 18/09/2004 Jeux paralympiques d’ATHENES (GRECE)

 Médaille de Bronze : Saut en longueur 6m91

 7ème : Triple saut 12m84

 8ème : Saut en hauteur 1m80

22/08/2005 Championnats d’Europe d’Athlétisme E.P.C.ESPOO

 Médaille d’argent : Saut en longueur 7m03

07/09/2006 Championnats du Monde d’Athlétisme I.P.C.ASSEN (PAYS BAS)

 Médaille d’or : Saut en longueur 6m77

 

 

Parallèlement à ses activités sportives, Arnaud ASSOUMANI poursuit ses études à Sciences-Po.  Il fait, en effet,  partie des 17 sportifs de haut niveau sélectionnés en décembre 2007 pour inaugurer la première promotion du programme  Sciences-Po Fondation Jean Luc Lagardère Education  Exécutive. Ce dispositif a pour objectif d’offrir aux sportifs de haut niveau la possibilité de préparer leur avenir professionnel en intégrant Sciences-Po.

 
Toutes mes félicitations Arnaud ASSOUMANI. Car, même si vous n’avez pas concouru pour les Comores, grâce à vous, l’hymne national « Umodja wa masiwa », ayant senti le sang comorien qui circule dans vos veines,  a aussi retenti dans mon corps et a fait vibrer mon cœur le 10 septembre dernier. C’est une grande première pour un originaire des îles de la lune !


* Si on se fie à un message réçu le 21 septembre 2008, Arnaud ASSOUMANI fait partie du club "Team Lagardère" depuis un an.

Vous pouvez voir la vidéo de la performance d'Arnaud ASSOUMANI en cliquant
ci-dessous :


 Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 09:20
Vous trouverez ci-dessous un Communiqué du Collectif-Migrants-Mayotte publié le 8 septembre 2008 suite  au rapport du sénat du 17 juillet 2008 sur "les aspects budgetaires de l'immigration "clandestine" à Mayotte"

Communique du Collectif-Migrants-Mayotte :

La réalité de ce que dissimule le terme d'immigration clandestine à Mayotte

Contre-rapport du collectif Migrants Mayotte en écho au rapport du sénat sur les coûts de l?immigration clandestine à Mayotte

A l'occasion de la visite à Mayotte d'une mission de la commission des lois du Sénat, entre le 1er et le 6 septembre 2008, le Collectif Migrants Mayotte a élaboré un contre-rapport sur la réalité de ce que dissimule le terme d'immigration clandestine à Mayotte, en écho rapport « sur les aspects budgétaires de l?immigration clandestine à Mayotte » rédigé par le sénateur Henri Torre et rendu public le 17 juillet 2008 par la Commission des Finances du Sénat.

Il ressort de ce travail collectif que le nombre de personnes en situation irrégulière sur le territoire mahorais devrait être bien moins important que ne l?indiquent les statistiques officielles. Par de multiples entorses au droit, l?Etat est devenu à Mayotte une machine à fabriquer des sans-papiers. Le Collectif estime que plus de la moitié des "étrangers en situation irrégulière" ne devraient en fait pas l?être (près de 50% vivent depuis plus de dix ans à Mayotte). Par conséquent, le Collectif appelle le gouvernement à régulariser toutes les personnes en droit de vivre sur le sol mahorais selon la législation française.

En outre, le contre-rapport met à mal les conclusions du rapport Torre selon lesquelles l'immigration clandestine couterait plus de 50 millions d'euros par an à l'Etat, en démontrant es calculs hasardeux du rapporteur dans les domaines de la santé et de l'éducation ainsi que l'absence de prise en compte des coûts « collatéraux » de l'actuelle politique et l'apport des migrants à l'économie mahoraise. Le contre-rapport dénonce également les conclusions du rapport Torre quant au coût de la lutte contre l'immigration clandestine, largement sous-évaluée.

Enfin, le-contre rapport rappelle la situation inédite de Mayotte, tant au niveau de la lutte impitoyable contre l'immigration telle que menée au mépris de la loi par le gouvernement depuis quatre ans, qu'au niveau de l'intégration des "sans-papiers". Nous nous trouvons en effet à Mayotte dans une situation unique, où ceux qui sont considérés comme des "immigrants" sont issus du même terreau que les "autochtones".

Dans ce contexte où les étrangers sont de la famille, le Collectif appelle à une nouvelle politique migratoire. Poursuivre la politique actuellement menée, voire l'intensifier comme le prône le sénateur Henri Torre, non seulement serait totalement inefficace (selon les critères du gouvernement) et illégal (selon la loi en vigueur) mais multiplierait les drames humains irréparables des dernières années, qu'il s'agisse de naufrages de kwassa, de séparations familiales, d'interruptions de la scolarité, d'abandons d'enfants, de violences policières, etc... Le Collectif Migrants Mayotte appelle en premier lieu à déverrouiller - sinon abroger - le visa Balladur, source d'innombrables refus.

Collectif Migrants-Mayotte [1]

8 septembre 2008

Contre-rapport de Migrants Mayotte en écho au rapport du sénat sur le coût de l?immigration clandestine à Mayotte
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Notes
[1] Le Collectif Migrants Mayotte est né en décembre 2007 autour d?une volonté de permettre aux étrangers vivant à Mayotte de bénéficier des droits que leur reconnaît la loi. Il est composé des associations Cimade, CCCP (Coordination pour la convivialité, la concorde et la paix), Gisti, Médecins du Monde, Resfim (Réseau éducation sans frontières de l?île de Mayotte) et Solidarité Mayotte, ainsi que de nombreux travailleurs dans les secteurs social, juridique, médical et enseignant ?uvrant à Mayotte.

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 21:08

Paris, mardi 26 août 2008 HZK-Presse : Hachimiya Ahamada (photo) est réalisatrice. Lorsque vous discutez avec, ses yeux se posent sur chacune de vos phrases. Elle décortique chaque mot, les sourcils relevés, comme on soupèse de l’or e qu’on surpris par le poids. La parole semble être un trésor pour elle. Pourtant, elle parle peu, et préfère écouter. Puis, même quand elle parle de son travail, elle interroge, les mots arrivent lentement, hésitants, à voix basse, en se demandant s’ils peuvent encore repartir et recommencer.

Hachimiya Ahamada réalise des films documentaires dans lesquels elle mène une réflexion, plutôt intimiste, sur les sociétés du sud en général et sur la société comorienne en particulier, sur les difficultés de l’exilé, et en fond de toile, elle laisse transparaître la condition des femmes d’immigrés et de leurs filles. Des enfants nées en France, élevées presque complètement comme des Française, mais dont on attend qu’elles se comportent comme des Comoriennes, une fois devenues adultes. La faille.

 Une femme et ses doutes

 La Résidence Ylang-Ylang (2008) a donc été le film qui a révélé Hachimiya Ahamada à un public plus large, cet été. Pourtant, elle, qui est plutôt modeste, ne semblait pas croire autant au succès du film au mois de mars. Il faut dire qu’en plus de son angoisse habituelle, elle se lançait, pour la première fois, dans la fiction.

 Mais le succès a été rapide. Le film a été projeté dans une séance spéciale en mai dernier à « La Semaine Internationale de la Critique » (festival parallèle au festival de Cannes pour les jeunes cinéastes). Ce fut le seul court-métrage d’un originaire d’Afrique pendant « La Semaine ». Et il fait son chemin, puisque la jeune femme enchaîne les festivals et les rencontres. Elle revient d’ailleurs du Festival International du Film Arabe à Oran, dans lequel les participants se sont étonnés du fait que jamais un film comorien n’a été présenté, alors que le pays est membre de la Ligue Arabe. De tout cela, elle n’en tire aucune gloire et se contente de dire que c’est « un encouragement pour continuer à écrire des films à ma manière ».

 La Résidence Ylang-Ylang, qui a été entièrement tourné aux Comores, évoque la situation de ce pays où l’on trouve aujourd’hui de nombreuses grandes maisons inhabitées, parce qu’appartenant à des Comoriens de la diaspora, essentiellement installés en France, alors que la majorité des habitants continuent à vivre dans des cases faites de végétaux ou de tôles. C’est la situation que vit un homme qui entretient la villa [de son frère] qui est en France. Lorsque sa petite maison en feuilles de cocotier brûle, se pose la question de son installation dans cette villa trop luxueuse pour lui.

 L’auteur s’est retiré derrière les personnages et ce qu’ils portent. Hachimiya Ahamada laisse voir plus qu’elle ne dit. Pas de grands discours sur les inégalités, le mépris ou l’arrogance. La cinéaste laisse voir. Elle met face à face les situations les plus opposées et le spectateur, quel que soit son niveau social ou intellectuel est en mesure de s’approprie le sens du film.

 En plus des acteurs-amateurs (mais qui n’en n’ont pas l’air), l’auteur a eu recours à des artistes comoriens de renom comme le plasticien Napalo pour les décors, la chanteuse Nawal pour une partie de la musique, l’écrivain Aboubacar Saïd Salim dans le rôle d’un notable arrogant et méprisant. Lors du montage, en mars, elle a demandé à plusieurs de ses amis de passés voir le film, histoire de se rassurer. Autour d’un verre, ils ont plutôt salué le travail accompli, avant d’aborder d’autres sujets plus généraux sur les Comores.

 « Elle va nous faire exister sur une carte ».

 D’où est venue cette passion du cinéma pour cette jeune femme qui avait choisi de faire des études de Langues ? Son ami, le juriste Saïd Abasse Ahmed, qui l’a connue à Dunkerque aime à rappeler l’opiniâtreté de Hachimiya Ahamada qui a tout mis en œuvre pour pouvoir réaliser des films. Il reste persuadé qu’elle « va nous faire exister sur une carte ».

 Elle a dû quitter sa Dunkerque de naissance, s’inscrire à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle et de la Diffusion (INSAS) à Bruxelles, où pour subsister, elle a fait de petits boulots. Elle en sort diplômée en réalisation en 2004.

 Avant cela, encore très jeune, Hachimiya Ahamada a cultivé sa passion du cinéma au sein de l’Ecole de la Rue. C’est dans cette association qu’elle a développé sa culture cinématographique, en visionnant de nombreux films classiques et en réalisant de nombreux courts métrages, seule ou avec des amis.

 C’est dans cette période que Hachimiya Ahamada réalise son premier documentaire avec deux amis : Le Fréquentage (1995). Le film reçoit une Mention Spéciale du jury aux 10e Rencontres Internationale Cinématographiques de Dunkerque (1995). Le jury a salué la sensibilité cinématographique de la jeune fille. L’année suivante, elle obtient le Grand Prix au festival de l’Acharnière (1996). Le film était basé sur une idée originale : raconter la rencontre amoureuse d’un couple d’handicapés.

 Documentaires intimistes

 Ces dernières années, Hachimiya Ahamada s’est penchée sur la société comorienne, surtout dans le cadre de la diaspora. Dans cette perspective, elle a réalisé deux films, qui sont aussi des documentaires faits dans le cadre de ses études à l’INSAS.

 En 2004, Feu leur rêve abordait déjà le thème de la maison construite par les exilés dans un pays où ils ne vont plus. Le documentaire débute par des plans sur les briques rouges qui sont les façades des murs des maisons ouvrières du Nord sur un fond de musique arabe. Puis, le père de la cinéaste entre en scène dans une vidéo amateur dans laquelle il présente à sa famille, restée à Dunkerque, la maison d’un hypothétique retour au pays. On voit ensuite la jeune femme devant la tombe de son père, enterré à Dunkerque. Le contraste est saisissant car le spectateur devine, à travers les souvenirs de la mère et de sa fille, les sacrifices faits par la famille pour construire une maison dans laquelle elle ne vivra jamais.

 Dans Destin tracé (2003), la cinéaste aborde la sempiternelle question du mariage forcé qui préoccupe tant les jeunes filles nées en France, même si dans le film, elles s’accordent plutôt sur l’expression « mariage arrangé » pour le cas des Comores.

 Le film commence dans par le tournage d’une fiction. Le spectateur pénètre dans une famille maghrébine, le père et l’aînée sont à table avec un homme venu demander la main de leur fille. La cadette revient de l’école et son père lui annonce immédiatement : « Linda, voici Erdoyan, voici ton futur époux ». Et les voix s’entremêlent. La réalisatrice et les techniciens entrent dans le champ de la caméra. Tout n’était que cinéma. Le scénario est arrêté. On entend alors Hachimiya Ahamada, en voix-off : « J’ai imaginé une histoire dans laquelle les parents imposeraient un époux à leur fille. Cette histoire sera la mienne. Je suis l’aînée dans ma famille et la tradition comorienne veut que j’épouse un homme du même village que mon père ».

 Le film n’est qu’une fiction inachevée. Nous entrons ensuite dans la réalité. La réalisatrice présente le scénario de ce possible film à deux maghrébines et à de jeunes filles comoriennes et recueille leurs confidences, leurs craintes et leurs espoirs sur le choix de leurs futurs époux. Le poids des parents, de la tradition, de la communauté… comment alors pouvoir aimer et faire sa vie de femme ?

 L’œuvre de Hachimiya Ahamada est une œuvre en devenir. Elle pose des jalons pour l’avenir, par petites touches. Mais déjà, elle amène chacun, immigrés et enfants d’immigrés à s’interroger sur les conditions de vie en exil et sur le mythe de « l’éternel retour ».

Mahmoud Ibrahime (Correspondant, Paris)
HZK Presse 26/08/2008

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 23:58

 

Le mois de ramadan me donne l’occasion de vous présenter  un des chants et danses traditionnels feminins des Comores. Il s’agit du « déba », chant et danse de femmes. En effet c’est à cette période qu’il est largement diffusé sur les ondes de la radio nationale et des radios privées ainsi qu’à la télé aux Comores. Des concours qui voient la participation de plusieurs associations féminines ont même  lieu à Anjouan et à Mayotte.

 
Généralement, le « déba » (souvent) chanté en arabe est organisé pour  présenter des félicitations et souhaiter le bonheur à l’issue d’un heureux événement (Mariage, retour des pèlerins de la Mecque, victoire électorale..)


 
Quant aux caractéristiques de la danse, je préfère vous laisser les découvrir en cliquant sur la vidéo ci-dessous d’un groupe féminin de la ville de Ouani (Madarassati Chababiya).

  
Encore une belle réalisation du studio M.  

 Que de la nostalgie insulaire indien océan !

 

 

 

 



HALIDI-BLOG-COMORES

 

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 17:22
Moroni, Comores – Une société de recherche et d'exploration des fonds marins, Indian Ocean Exploration (IOE) basée à Maurice, a signé avec le gouvernement des Comores, une convention de recherche d'épaves de navires dans les eaux comoriennes, a indiqué vendredi à la PANA une source officielle comorienne.

La convention signée par le vice-président comorien, Idi Nadhoim, et le représentant de l'IOE, Alexis Resenfeld, autorise la société indienne à prospecter les fonds sous-marins comoriens supposés regorger de nombreuses épaves des navires qui circulaient sur cette partie de la route des Indes.
Elle prévoit, selon Alexis Resenfeld, "la recherche autour de l'archipel des Comores de navires qui auraient disparu dans les eaux de l'archipel, leur fouille et leur exploration au cours des XV, XVI et XVII èmes siècles".
"Il n'est pas exclu que des navires anciens aient fait naufrage dans cette partie nord du canal de Mozambique", a indiqué un fonctionnaire du ministère des Transports, soulignant la possibilité de découvrir d'énormes "richesses pour l'histoire" si l'exploration s'avérait concluante.
Pour lui, c'est l'occasion de connaître un peu plus sur la route des Indes ouverte par Vasco de Gama en 1498.

La société Indian Ocean Exploration qui aurait identifié près d'une dizaine de navires naufragés dans sa zone d'intérêt, compte trouver d'importants matériaux pour l'histoire et entend partager "à égalité" avec le gouvernement des Comores le résultat de ses recherches.

Dans une note d'information, l'IOE a estimé qu'un navire sur cinq perdu sur la route des Indes est englouti par les eaux de l'archipel des Comores.
Moroni - 05/09/2008
Pana
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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 17:12
Moroni, Comores – Une compagnie aérienne privée de droit comorien a vu le jour samedi à Moroni, au terme d'un accord de partenariat signé le même jour par le vice-président des Comores en charge des Transports, Idi Nadhoim, et Ian Patrick, le directeur des projets d'AREF Investissement Group, une compagnie koweïtienne.

A l'issue de la signature du protocole d'accord, M. Nadhoim a exprimé sa satisfaction de voir les Comores se diriger vers la sortie d'un enclavement "qui les a longtemps desservies".
"Nous sommes en droit d'espérer qu'avec notre nouveau partenaire, nous pourrons relier facilement nos îles et nous rapprocher davantage des pays de la région", a déclaré le vice-président comorien, remerciant chaleureusement ses hôtes koweïtiens.

Deux appareils DASH8 de fabrication canadienne entreront en service avant la fin de l'année, a assuré Ian Patrick, précisant qu'outre des vols intérieurs, la nouvelle compagnie, Comoro Islands Airline, se propose de relier l'archipel à la Tanzanie, au Kenya, à Madagascar et à d'autres pays de la région dans un premier temps.

Notons que le groupe d'investissement koweïtien AREF, qui intervient dans plusieurs secteurs d'activités, dont celui du transport aérien et de la banque, entre autres, est considéré comme l'une des principales institutions financières de la région du Golfe et bénéficie du soutien de la Banque centrale du Koweït.
Moroni - 06/09/2008 Pana
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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 21:56

COMORES : RESULTATS DU BACCALAUREAT / PREMIER GROUPE : DES RESULTATS TRES CATASTROPHIQUES

 

Les résultats du premier groupe du bac aux Comores  sont maintenant connus partout.  Après Anjouan et Mohéli où ils ont été rendus publics le lundi dernier, c’était au tour de Ngazidja hier soir.

 

Le constat est  là. Les résultats sont très catastrophiques : le taux de réussite est de 2,16 % (66 réussis sur 3052 candidats) à Anjouan,  6,77 % (433 réussis sur 6572 candidats) à Ngazidja et 16,28% (112 admis sur 696 inscrits) à Mohéli.

 

Pour les épreuves du  2eme groupe, à Anjouan, seuls 265 candidats sont autorisés à les passer. Quant à Ngazidja, on y compte 1047 élèves. A Mohéli , ce sont 170 élèves qui ont eu cette chance.

 

 En réalité, ces résultats du bac ne doivent pas surprendre car ils reflètent purement et simplement l’état lamentable du système éducatif  de notre pays. Hélas ! "narimendzé tu yi sibiri yiyo"

 

Vous trouverez ci-dessous la liste des admis à Anjouan (source Alwatwan n°.1146 du 2 septembre 2008 ).

 

Dès que nous aurons les autres résultats, nous ne manquerons pas de les publier.

 

Sous Centre de Mutsamudu Serie A4

 

Numéro Nom Prenom  MentionG1

 

149 Afretane  Abdou  Assez Bien           

244 Assaendou Ali  Passable

328 El Mansoib Izdihar Passable

339 Fahdi Ahmed Dini Passable

469 Ibrahim Saindou Passable

504 Kaniza Abdallah Passable

530 Latuf Nourdine Passable

558 Mirzam Malihou Passable

602 Nadine Nouroudine Passable

617 Naïda Kaambi Passable

625 Nakidi A. Combo Passable

720 Rouchdat Moirab Passable

867 Zakaria Abdallah Passable

915 Adihamou Kamal Edine Passable

945 Amiri Ishma Passable

958 Anfouza Hassane Passable

961 Anli Attoumani Passable

1004 Bachirdine Boura Passable

1039 Damir Attoumane Assez Bien

1055 Dhoul-Anrif Nadjib Passable

1065 Djamaldine Bacar Passable

1205 Joachim Ali Ibrahim Passable

1211 Kamar Moussa Passable

1218 Kassali Zakaria Passable

1247 Maanfou Saidali Assez Bien

1251 Makaml’amine Attoumani Passable

1284 M. Roksana A. Mohamed Passable

1353 Niwas Camar-Eddine Passable

1376 Ombaïdat Said Kaambi Assez Bien

1449 Samnia Sidi Passable

1496 Warda Ridjali Passable

1523 Zaïnou Anzizi Assez Bien

 

Sous Centre de Domoni Serie A4

 

1952 Ichamddine Ali Hadhur Passable

1958 Jerby Mohamed Soula Passable

2068 Soidikou Andili Assez Bien

2076 Talwine Loutfi Passable

2090 Youmna Bacar Abdou Passable

 

Sous Centre de Sima Serie A4

 

2381 Bourhane Attoumane Passable

2394 Einlmati Abdallah Passable

 

Sous Centre de Mutsamudu Serie C

 

2506 Abdel-Aziz Kamal Bien

2523 Achmaouil Ben Hachim Assez Bien

2527 Assane Mohamed Assez Bien

2534 Idriss Mohamed Abdou Passable

2540 Nairoiti Mahamoud Passable

2543 Sefilmoulouk I. Housseny Passable

 

Sous Centre de Mutsamudu Serie D

 

2559 Al-Amyinou H. Mohamed Passable

2581 Assyati Issouf Passable

2586 Combo Tadjou Passable

2626 Ibrahim Youssouf Yahoudha Passable

2694 Sinam Abdou Passable

2703 Soyhati Aboulaithe Passable

2717 Abasse Baco Abdallah Assez Bien

2755 Anrafat Said Kaambi Passable

2756 Anrifate A. Mourtadhoi Passable

2757 Antufi Oumar Passable

2798 Hadidja Ahmed Passable

2809 Idrissa Nidhoimi Passable

2810 Ilda Ali Said Bien

2833 Mohamed El. Oirdi-Zahir Passable

2835 Mohamed Oumar Passable

2845 Mouzidi Harthidine Passable

2846 Nadjidou Abdou Passable

 

Sous Centre de Domoni Serie D

 

2960 Nissiya Saïd Amady Passable

 

 

Sous Centre deSima Serie D

 

2983 Dhoulkamal Attoumane Passable

3003 Assaendou Abdallah Passable

3025 Zanadjiouiyati Abdallah Passable

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 19:33

Vous trouverez ci-dessous l'interview de M. Moussa Toyibou, le chef de l'exécutif d'Anjouan publié dans le journal Alwatwan N° 1146 du 2 septembre 2008

 M. Moussa Toyibou, deux mois après son élection

 

''Anjouan n'a retrouvé qu'en partie seulement sa sérénité''

 M.Toyibou: ''Nous évoluons au sein du Mcjp''

 

(Photo archives)

Le chef de l'exécutif de l'île dit avoir trouvé une ''île meurtrie'' et affiche la priorité de son action qui se ''tournera plus vers l'économie'' que la politique. Il a des projets précis pour faire face aux drames des départs vers Maore, s'étend sur les menaces de déstabilisation de son île et du pays à partir de Maore, ''cette île comorienne sous domination française'' et apporte son soutien au mouvement qui cherche l'arrêt par les autorités de l'Union, des expulsions illégales des Comoriens des autres îles. Il réaffirme, enfin, son attachement à l’action du président de l'Union.

 Monsieur le président, Ndzuwani a traversé un long moment d’incertitude avant votre élection. Quel a été votre premier constat une fois investi chef de l’exécutif de l’île?

 J’ai trouvé une île meurtrie dans tous les secteurs. Une administration en panne avec des bureaux saccagés et mobiliers emportés ; des infrastructures sociales complètement détruites ; un environnement végétal déjà durement affecté par

une pénurie de pétrole lampant, vécue depuis sous le règne de mon prédécesseur, une diminution de la production des produits locaux face à une flambée des prix des produits importés, un enseignement aux mains d’un nombre important de bénévoles, des contractuels engagés pendant la transition sans soucis des crédits devant être alloués à leur paiement, une administration pléthorique marquée par un manque d’expérience et de professionnalisme.

 Bientôt vous ferez deux mois depuis votre installation au palais de Darnadjah. Quelles sont les premières leçons tirées de la fonction de président d’une île autonome ?

 Effectivement les fonctions d’autorité publique sont différentes de celle de technicien que j’ai eu à exercer pendant dix-sept ans, même si dans cette période il y a eu neuf mois de fonction de ministre de la République. Je savais que la fonction de chef d’exécutif n’était pas une plaisanterie car il lui faut édicter une ligne de conduite à ses subordonnés et être, surtout, armé de beaucoup de patience. Il doit impérativement s’y mettre pour redonner espoir à la population, montrer des preuves d’honnêteté quand il s’agit de dire la vérité sur les promesses que l’on ne se sent pas capable de satisfaire au lieu de chercher à berner la population.

 Pouvez-vous nous parler de vos priorités?

 C’est d’abord l’éducation étant convaincu qu’elle est le pilier du développement. Il y a ensuite la santé, la création d’emplois et d’espaces de loisirs pour la jeunesse, les infrastructures sociales et économiques, la formation continue des agents de la Fonction publique, le renforcement de la préservation de l’environnement notamment par le reboisement, la gestion des ordures ménagers, la restauration du sol, les aires protégées et la protection des sources de captage d’eau. Il y a aussi l’exploitation de l’électricité hydraulique pour remplacer l’énergie thermique qui devient de plus en plus coûteuse. D’ailleurs, sur ce projet, nous allons bénéficier de l’assistance technique et financière du Soudan.

 Quelle lecture faites-vous des lois organiques relatives aux compétences à partager entre l’Union et les îles ?

 Pour une réflexion approfondie de la question, je compte instituer bientôt une commission mais dans l’immédiat il est urgent de créer d’abord un cadre de vie agréable pour la population. La priorité est au social et à l’économie. La politique suivra après.

 Croyez-vous que Ndzuwani a retrouvé toute sa stabilité après l’effort de sa libération en mars dernier ?

 En partie seulement, car il n’y a plus d’oppression. Nous venons de tenir un baccalauréat commun avec les autres îles, l’hymne national a refait surface dans l’île, le séparatisme cède à l’unité nationale retrouvée. Je sais qu’il y a encore

quelques contestataires par rapport à la participation au mécanisme de compte commun des îles et de l’Union. Ce sont des esprits partisans qui cherchent à nuire à l’unité mais nous n’allons pas croiser les bras.

 Le chef de l’Etat a évoqué tout récemment une menace de déstabilisation de l’île à partir de Mayotte. Partagez-vous ce sentiment ?

 Le Général Salimou m’a parlé d’un problème d’effectifs de l’armée nationale. Ce qui a conduit l’état major à procéder à un recrutement d’un effectif additionnel qui sera opérationnel dans deux mois. Mais en attendant, j’ai sollicité le stationnement des militaires tanzaniens et soudanais pour parer au vide. La menace se justifie par la démobilisation des milices dont certains sont encore dans la nature et l’évasion tout récemment de prisonniers politiques. Il y a aussi la question des départs périlleux vers Maore…

 Justement, Ndzuwani étant le port de départ des kwasa-vers Maoré contre le gré de l’autorité d’occupation de l’île. Comment comptez-vous venir à bout de ce phénomène qui cause tant de drames en mer?

 Je compte entrer en contact avec les autorités de cette île dans le cadre de la coopération décentralisée pour voir ensemble ce que nous pouvons faire en matière d’économie et de sceller concrètement la cause du mouvement massif des frères des autres îles vers Mayotte. Je sais qu’il y a le lien de sang et le travail. Il semble que la plupart des Anjouanais, se rendant à Mayotte, travaillent dans l’agriculture. Dans le cadre de la coopération décentralisée, nous pouvons organiser le circuit de sorte, par exemple, qu’ils cultivent ici pour vendre la production là-bas. Mais il faut ouvrir un service phytosanitaire agrée par l’Ue pour que nos produits soient exportés sur le marché Maorais. Ces paysans devront bénéficier des prêts au niveau des Meck et Sanduku. Nous allons aussi restructurer notre direction en agence de l’emploi qui veillera aux profils du personnel dont Mayotte aurait besoin et postuler aux offres. Les admis partiront avec des contrats de travail. Ce qui réduira le départ massif vers cette île comorienne sous domination française.

 Il y a eu tout dernièrement, lundi 25 août, une manifestation de rues à Mutsamudu contre les expulsions et le mauvais traitement des comoriens de Ndzuwani, Mwali et Ngazidja à Maore. Quelle est la position de votre gouvernement par rapport à cette situation?

 Je salue la tenue de cette manifestation qui a exprimé l’indignation des Comoriens vis-à-vis de ce qui se passe sur l’île comorienne de Mayotte. Les ressortissants de Ngazidja, Mwali et Ndzuwani méritent plus de respect. S’il n’est pas question de régulariser leur situation, ils doivent être renvoyés dans leurs localités respectives d’une façon humaine. Je tiens toujours à mon engagement, vis-à-vis de la population, de défendre la dignité humaine. Au niveau de mon gouvernement, nous comptons imposer aux agences de transport aérien et maritime qui transportent ces personnes de supporter également les charges de leur acheminement jusqu’à leurs îles et localités respectives. Plutôt que de les jeter à l’aéroport ou au port et nous créer des ennuis.

 Des sympathisants à votre élection se sont rassemblés, dimanche 24 août à Tsembehou, pour la mise en place d’une structure autre que le Mcjp, le rassemblement politique qui soutient le chef de l’Etat. Peut-on voir en cela une rupture de votre politique avec celle de président Sambi?

 ... Il n’y a pas de rupture. L’objectif du rassemblement de Tsembehou a été plutôt d’évaluer nos actions depuis le démarrage de la campagne l’année dernière et sa reprise cette année. Nous étions allés tirer les leçons du parcours fait et non pas une démarche de rupture avec le Mcjp. D’ailleurs le message est bien passé que le Mcjp est le parti qui soutient Sambi, une formation d’envergure nationale implantée à la fois à Ngazidja, Mwali et Ndzuwani. La preuve en est que le congrès se tiendra après le ramadan ici à Ndzuwani. Il n’y a aucune crainte de rupture, nous évoluons au sein du Mcjp.

 Quelles seront les propositions de Ndzuwani, au cas où le débat sur la constitution que le chef de l’Etat a toujours dit va avoir lieu ?

 Je crois que nous devons d’abord appliquer la constitution. Toujours est-il qu’il y a certaines incohérences, notamment les mandats des députés des îles qui n’ont pas la même durée d’une île à une autre. Les institutions sont lourdes en matière de gestion du pays, j’estime qu’il serait normal d’alléger un peu car nous risquons de passer tout notre temps à ne faire que de la politique. Or, je  crois fermement que le problème du pays est plus économique et nous devons privilégier l’investissement de nos forces et de nos recettes dans l’économie plutôt que d’entretenir des structures politiques.

 Pour terminer, mesurez-vous le niveau du coût de la vie actuelle de la population et surtout à l’approche du ramadan ?

 Je suis conscient que bien avant le début du ramadan la vie est extrêmement chère. Le riz, les bananes et maniocs, des produits plus sollicités pendant la période sont chers. Mais je prie Dieu pour que le ramadan nous apporte sa bénédiction.

 Propos recueillis par
M. Soilihi Ahmed avec la collaboration d’A.Abdallah et S. Mohamed

 SOURCE : Al-watwan N° 1146 du 2 septembre 2008

 

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 13:57

Vous trouverez ci-dessous un communiqué sur la question de l'île comorienne de Mayotte publié par certaines associations de la diaspora le 02 septembre 2008


Communiqué

 

 

 

Sans surprise, la « question de l’île comorienne de Mayotte » a été réinscrite à l’ordre du jour provisoire de la 63e session ordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU, qui s’ouvrira le 16 septembre à 15h00, à New York. Elle constitue le 19e point sur 155 de cet ordre du jour, dans la partie intitulée « Maintien de la paix et de la sécurité internationales ».

 

Bien évidemment, les autorités comoriennes ayant annoncé que le contentieux se réglait au niveau bilatéral entre la France et les Comores, question sera posée aux deux pays de savoir où ils en sont dans leur discussion. Et bien évidemment, la France répondra que les discussions se poursuivent et que l’AG n’a pas à ouvrir un débat à ce sujet. Mais c’est la réponse de la partie comorienne qui sera déterminante. La France est une puissance siégeant au Conseil de Sécurité avec droit de véto, certes. Mais ici, elle n’est pas qualifiée pour retirer la question de l’ordre du jour de la session, contrairement à ce que propagent quelques pseudo-diplomates dans l’entourage du président Sambi. Il faut bien se rendre à l’évidence : les discussions bilatérales de haut niveau menées par le GTHN ne sont qu’une diversion de plus, la France ayant déjà fixé le calendrier du référendum conduisant à la départementalisation de Mayotte. La question est, maintenant, de savoir si notre gouvernement s’alignera comme par le passé, sur la position de la France ou s’il osera, enfin, défendre les intérêts de l’Etat comorien ?

 

Les Comoriens doivent savoir que la condamnation de la France par une résolution de l’AG de l’ONU est un minimum. Mais même ce minimum là peut porter un coup dur à l’image et à la crédibilité de la France sur le plan international. Surtout au moment où le président Sarkozy, au nom de l’Europe, à la XVIè Conférence des Ambassadeurs le 27 août dernier, s’est fait le chantre "du respect de la Charte et des résolutions des Nations Unies" et "du respect de l'intégrité de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues", dans le conflit opposant la Russie à la Géorgie.  Conflit qui présente beaucoup de similitudes avec le contentieux franco-comorien à propos de Mayotte. Cette Charte de l’ONU, pilier fondamental du droit international, dispose justement que «Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies ». C’est pourquoi la France, misant sur la crédulité et la lâcheté de l’exécutif comorien, fait tout pour imposer le huis clos franco-comorien et  empêcher toute discussion, sous l'égide des instances internationales, relative à la question de l’île comorienne de Mayotte.

 

Le président Sambi doit savoir qu’aujourd'hui, dans un contexte mondial apaisé et sous contrôle, il ne risque pas d’être assassiné parce qu’il aura défendu l’intégrité territoriale de son pays, surtout avec un soutien massif de son peuple. Ceux de son entourage qui essaient de nous faire croire le contraire, le savent bien, mais ils ont d’autres intérêts à défendre. Ce qui risque de perdre le président Sambi, c’est plutôt son double langage et l’inconsistance de son discours s'agissant du problème de l'occupation de Mayotte. Simulacres de fermeté  quand il s’adresse aux Comoriens et couardise quand il est face à ses interlocuteurs français. Comme certains de ses prédécesseurs, il croit probablement que ses discours en Comorien ne sont ni écoutés, ni compris par les étrangers.

 

Le mieux que notre président puisse faire, et pour lui et pour le pays, est de franchir une étape décisive, au-delà de la résolution de l’Assemblée Générale (qui est le moins qu'il puisse faire.) ; c’est-à-dire porter la question auprès de la Cour Internationale de Justice (CIJ), organe judiciaire principal de l’ONU, exerçant la fonction de tribunal mondial et compétente pour connaître des conflits entre Etats-membres.

Puisse-t-il ne pas décevoir le peuple qui l’a si massivement porté aux plus hautes fonctions de l’Etat ! Amine.

 

Fait, le 2 septembre 2008

 

Signataires :

Association Comorienne des Droits de l'Homme (ACDH), Collectif Comores Masiwa Mane (CCMM), Collectif des Associations et des Amis des Comores (CAAC), Collectif pour la défense de l'unité et de l'intégrité territoriale des Comores, Comité Maore (CM), Groupe de Réflexion pour le Devenir des Comores (GRDC), Groupe de Réflexion pour l'Intégrité Territoriale de l'Archipel des Comores (GRITAC), Guilde des Artistes Comoriens (GAC), SOS-Démocratie, Watwanya
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