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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 23:40

Ci dessous un article intéressant d'Anrmy B

Kamar : Osons la Mobilité Croisée pour Unir la Nation
Anrmy B (Photo)

A l'instar de tous les archipels dans le monde, Kamar [2] a des spécificités propres à son caractère géographique. Les problématiques liées à l'éducation du peuple, la mise en valeur des terres, l'espacement des naissances, la place de la femme, l'information populaire... doivent avoir ici une réponse autre que celle d'un pays continental. Certes, dans un ensemble comme Kamar une politique de décentralisation et d'autonomie est nécessaire, mais elle doit surtout être suivie de mesures poussant le grand comorien à vivre à Mwali, le mohélien à Ndzuani...
De part ce constat, Kamar est donc à la fois spécifique et complexe. Spécifique parce que composé de plusieurs entités insulaires elles même différentes ; Complexe car son positionnement géostratégique à l'entrée du Canal du Mozambique a toujours attisé et attise encore les convoitises des puissants de ce monde.
Vivant dans un monde moderne en perpétuel mouvement, on ne peut qu'être stupéfait par le poids étouffant de fléaux tels que l'immobilisme, le conservatisme et le féodalisme religieux dans la société comorienne. Mais de quelle société comorienne veut-on parler ? Existe-t-il déjà une vraie Nation comorienne unie partageant un même destin ? N'en déplaise à certains, la Nation comorienne n'existe pas encore, elle reste un puzzle non construit. Nous devons tirer la sonnette d'alarme suite aux mouvements séparatistes de 1995 et 1997 [3].Aujourd'hui, les institutions élaborées en 2001, dans l'esprit de créer la stabilité et faire disparaître le cancer du séparatisme ne font qu'enfoncer dans la division la partie indépendante de Kamar [4]. Avec leurs nombreux pôles de décision – 4 exécutifs, 4 parlements -, ces institutions rendent plus complexes la gestion du pays.
Elles minent surtout l'idée d'appartenance à une même Nation par le fait qu'aujourd'hui la gestion d'une île par ses originaires contribue à retenir les gens chez eux.
En réalité, le Peuple comorien ne se connaît pas. Le tourisme et les échanges économiques inter îles sont quasi inexistants sinon nuls. Le village reste encore malheureusement la seule référence du comorien. Ngazidja (la plus grande île de Kamar) et en particuliers la ville de Moroni abrite toutes les capitales (économiques, politiques, culturelles). Les mohéliens et les anjouanais sont donc contraints de s'y rendre régulièrement pour les démarches administratives, pour des soins, pour partir à l'étranger, ou pour travailler tout simplement.

Quel serait aujourd'hui l'intérêt pour un grand comorien d'aller à Mohéli ? Aucun malheureusement.
Il existe plusieurs leviers pour provoquer un sentiment d'union nationale. Cependant, dans le cas de Kamar, plusieurs facteurs freinent la naissance de cet élan national.
C'est de cet immobilisme archaïque, vicieusement maintenu par une pseudo notabilité embourgeoisée et principalement dans l'intérêt d'améliorer le quotidien du peuple comorien que vient germer l'idée de mobilité croisée bien adaptée à la configuration de ce bel archipel.
Naturellement, il ne s'agit pas d'énoncer ici des concepts sociologiques vides de sens, car la mobilité croisée est une notion simple et pragmatique, accessible à tous lorsqu'on en explique les avantages mais aussi quand on propose des mesures concrètes pour sa mise en place.
De mémoire de comorien, seul Le Président Ali Soilih [5] avait conceptualisé mais aussi appliqué cette notion de mobilité croisée. Pendant son mandat « ....Ali va donc s'attacher à se référer, sans cesse, à un concept nouveau pour le citoyen moyen, celui de Nation (Twaïfa)... [...] Et concrètement, il institue, par décret, le 15 octobre 1976, un service national d'une durée de un an, en veillant à ce que le jeune soit affecté, autant que possible, dans une île autre que celle de la naissance... »[6]
Après l'indépendance le 6 juillet 1975, et le départ de l'administration coloniale, Ali Soilih comprend donc qu'il est impératif de créer une Nation et « grâce à son action déterminée, [il] cherche à faire apparaître une conscience et une unité nationales naissantes... » (Voir note 5 bas de page). 33 ans après cette «Indépendance de drapeau», Kamar est toujours à la recherche de cette Unité alors que notre hymne national «Udzima Wa Massiwa» [7] nous le rappelle tous les 6 juillet.
Dans ce contexte inquiétant, comment ne peut-on pas soulever encore le débat sur la mobilité croisée ?
Car mise à part sa capacité à créer enfin une Nation qui se connaît et se respecte dans ses différences, la mobilité croisée sera une grande opportunité pour le développement économique de Kamar. En effet, elle permettra des débouchés réels dans l'immobilier (notion de location de propriétés dans toutes les îles) ; la mise en place d'un tourisme local inter îles ; une meilleure occupation du territoire national (Ndzuani croule sous le poids d'une très forte densité démographique -599 hab. /km2- face à Mwali -118 hab. /km2- qui a un territoire peu occupé). Sans oublier la commercialisation de nos produits sur un marché d'environ 750 000 consommateurs répartis sur 2.236 km2 (économies d'échelle).
Dans ce même état d'esprit, chaque île a ses avantages comparatifs : Pourquoi ne pas promouvoir le bois de Bahani (Ngazidja) ? Comment oublier le goût exquis des bananes vertes et du manioc deOuallah 1 (Mwali) ? Qui connaît la qualité du lait caillé de Nioumakélé (Ndzouani) ? Le sel solaire produit par les femmes de Bandrélé (Maoré) ne bénéficiera t'il pas de meilleurs débouchés commerciaux s'il est promu sur tout le territoire de Kamar (2.236 km2)? Qui connaît l'expertise de Bandrani (Ndzuani) dans la fabrication de galawas [8] ? Pourquoi ne pas aller apprendre des techniques de pêche artisanale du petit village de Chindini dans le sud de Ngazidja ?
Malheureusement tous ces trésors n'ont qu'une visibilité villageoise au mieux régionale. Le premier porte parole pour la promotion des produits locaux, de l'artisanat, des techniques agricoles et halieutiques n'est autre que le peuple mobile sur tout le territoire national.
Il nous faut aussi relever les avantages sociopolitiques qui nous amènent à oser sans tabou ce débat pour L'Union à travers une mobilité croisée adaptée et urgente. Il est plus que logique que ce brassage des populations, cette interpénétration du peuple comorien conduira à une meilleure connaissance et/ou compréhension des idéaux, des pratiques coutumières et religieuses, des problèmes quotidiens, des habitudes alimentaires... présents sur chaque île de Kamar. De la connaissance commune née de cette mobilité, une politique nationale de « compétition intelligente sectorielle » pourra être initiée. Chaque île aura sa spécialité connue de tous dans tel ou tel secteur. Ainsi Ndzuani pourra être spécialisée dans la tomate, la viande bovine, les soins et la beauté ; Mwali dans la banane verte, le poisson et l'écotourisme ; Ngazidja dans la culture du manioc, l'élevage de volaille et la couture d'habits traditionnels ; Maoré le sel solaire, la transformation de produits locaux et la plongée sous marine.

Tous les comoriens -diaspora comprise - amoureux de leur pays, doivent saisir l'importance et l'intérêt qu'ils ont de comprendre et débattre de cette idée simple de mobilité croisée. Une idée essentielle pour que chaque citoyen puisse se sentir chez lui, partout sur tout le territoire national. En relevant ce défi, tous les comoriens contribueront à une Révolution des mentalités et à l'édification effective de la Nation comorienne. Une fois que le comorien connaîtra son territoire, connaîtra surtout la vie du voisin du village d'à côté ou de l'île d'en face, nous balayerons à jamais les démons internes et externes du séparatisme. Il en va de l'Amour entre comoriens, il en va de l'Union de la Nation Kamar...
Quel patriote osera relever ce nouveau défi ?
Anrmy B.
International Economist ; London
anrmy@hotmail.com

Notes :
1 - Ce sont les navigateurs arabes qui ont donné au début du XVIème siècle leur nom à ces Iles situées dans le canal du Mozambique. Ils les appelaient couramment Kamar (Iles de la Lune)
2 - Dans cet article, nous utiliserons les noms authentiques de Ndzuani (Anjouan en français) ; Ngazidja (Grande Comore) ; Mwali (Mohéli) et Maoré (Mayotte)
3 - Le mouvement sécessionniste commence en 1995 à Mwali qui est rejoint par Ndzuani en 1997
4 - Mwali (34 500 h), Ngazidja (293 000 h), Ndzuani (254 000 h) sont indépendantes depuis le 6 juillet 1975.
Maoré (186 000 h) est restée française
5 - Chef d'Etat Révolutionnaire de Kamar du 2 janvier 1976 au 15 mai 1978. Il fut assassiné par Bob Denard.
6 - Extrait de « Ali Swalihi 1976-1977 L'IMPOSTURE » - Djahazi 04 - 2008
7 - Titre de l'hymne de Kamar. Ce titre signifie « Union des Iles »
8 - Pirogues monoxyles à un ou deux balanciers, faites en bois et longues de 3 à 10 mètres. Elles servent à la pêche artisanale dans l'océan indien.
5 concepts simples et concrets pour le succès de la Mobilité Croisée
• Opération Tour inter îles : Pour tous les citoyens de nationalité comorienne réduction de 50% pendant un mois pour se rendre sur une île en avion et/ou bateau// Janvier pour la destination Ndzuani ; Avril pour Mwali ; Août pour Ngazidja et Novembre pour Maoré.
• Opération Foires & Festiv'Iles : Foire des produits du terroir ; Festival de danses traditionnelles ; Foire de l'artisanat ; Foire des produits de la mer.
• Opération Karibou Ramadhan : Profiter de ce mois pour promouvoir et faire découvrir les spécialités culinaires de chaque île.
• Opération I Love Kamar : Choisir de présenter, le même jour et nationalement un même village dans chacune des 4 îles.
• Opération Pieds Pirogues : Marathon inter îles composé d'équipes de jeunes pratiquant 2 disciplines : course à pied et course à pirogue.
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* Né dans l'océan indien aux Kamar, Anrmy B. poursuit des études en Commerce International sous le soleil montpelliérain. Il décroche brillamment aux Etats-Unis (2001) un Master trilingue en Négociation et Gestion de Projets Internationaux.
Son riche parcours professionnel le mène dans les 4 coins du globe. Après Les Canaries, les Etats-Unis, Puerto Rico, La Réunion, L'Espagne, Dubaï il pose aujourd'hui ses valises à Londres où il est chargé du développement stratégiques des marchés hispanophones et francophone d'une grande société américaine.
Très attaché à sa terre natale, il s'engage activement dans des actions humanitaires-en particulier le domaine de l'éducation et la santé. Il a aussi l'honneur d'être membre de la famille Rotaract, la branche jeune du Rotary International.
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 23:31


Moroni appelle Paris à surseoir au projet de référendum à Mayotte
Plusieurs organisations politiques et de la Société civile comoriennes ont dénoncé le référendum de départementalisation projeté par la France à Mayotte au cours du premier trimestre 2009, lors de la célébration ce mercredi à Moroni, de la la "Journée nationale Maoré".
Sur l'initiative du Parlement comorien, le 12 novembre, date de l'admission des Comores à l'ONU en 1975, a été retenu depuis 2005 comme Journée nationale Maoré pour l'intensification de la lutte pour la réintégration de l'île comorienne de Mayotte.
A l'accession des Comores à l'indépendance en 1975, la France avait refusé de se retirer de Mayotte, une des quatre îles de l'archipel et a, depuis, administré l'île en dépit de la protestation des autorités comoriennes qui ont toujours continué à revendiquer l'appartenance de cette île à l'ensemble comorien.
Quelque 1.500 personnes rassemblées Place de l'Indépendance pour célébrer cette journée ont effectué une marche pacifique pour remettre un mémorandum à l'ambassade de France à Moroni, appelant les autorités françaises à surseoir au projet de départementalisation de Mayotte, a constaté un correspondant de la PANA dans la capitale comorienne.
Les forces de sécurité ont pris des dispositions particulières pour empêcher les manifestants d'accéder dans la zone où est située l'ambassade de France pour éviter ainsi d'éventuels incidents.
Dans un communiqué publié lundi, l'ambassade de France avait déjà informé le public de sa fermeture mardi et mercredi, en prévision de la célébration de la "Journée nationale Maoré".
"L'organisation de la consultation française est une agression caractérisée contre le peuple comorien", indique un communiqué publié à l'issue du rassemblement de la Place de l'Indépendance, avant d'appeler la France "à renoncer à sa consultation et à ouvrir de véritables négociations avec le gouvernement comorien".
"Notre union sacrée pourra faire surseoir le projet français d'accomplir son projet de départementalisation de Mayotte", a déclaré Idriss Mohamed, un des dirigeants du Comité Maoré qui a appelé "à un front uni pour l'indépendance totale des Comores".
Source : PANA
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 23:18

INVITATION

 

 

 

Madame, Monsieur, chers amis des Comores,

 

Pour la 9ème année, nous avons le grand plaisir de vous inviter à l'assemblée générale ordinaire de l'association  YSIA qui se tiendra :

                                                        le samedi 22 novembre

                                                     à partir de 14h30 à Auxerre,

                                            Maison de quartier des Piedalloues

                        ( boulevard des Pyrénées près de l’ancien terrain militaire).

 

Au programme :

 

  • A partir de 14h30 : EVENEMENT !

Présentation au public du 1er tome de l’Atlas des Comores édité avec le soutien du Conseil Général de l’Yonne, en présence de Fabrice THOMASSIN, Professeur d'Histoire Géographie et Cartographe, co-auteur de l'ouvrage avec Abdillah BEN MAHAMOUD, Professeur de Mathématiques à Fomboni. avec le concours de Moussa SAID (Université des Comores).

 

  • A partir de 15H30 : partie statutaire (rapport moral, rapport financier, projets, renouvellement des membres du bureau, questions diverses)
 
  • A partir de 16H : « goûter franco-comorien » offert à tous les participants et petit marché comorien (vente de vanille, de « lessos », d’ylang ylang, etc.)

 

 

D’avance, nous vous remercions et nous vous prions de bien vouloir agréer l’expression de nos salutations  les plus amicales.

 

Oissila ABDULLAH-BOSVY

(contact :  06 30 56 51 91 - ysia@wanadoo.fr )

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 22:38

Vous trouverez ci-dessous la motion signée le 08 novembre 2008 par les associations de la diaspora comorienne en France


MOTION DE COMMEMORATION DE LA JOURNEE DU 12 NOVEMBRE

 

Les associations de la société civile comorienne en France se sont réunies pour la quatrième année consécutive ce 8 novembre 2008 pour célébrer et rappeler à la mémoire des plus jeunes que l’Etat comorien est né le 12 novembre 1975, date à laquelle les quatre îles de l’archipel (Mayotte, Grande-Comore, Anjouan et Mohéli) ont été admises au sein de l’Organisation des nations unies.

Cette célébration arrive à un moment crucial de l’histoire des Comores puisque, malgré les espoirs qu’avait suscité l’élection du président Ahmed Sambi, la question de l’île comorienne de Mayotte a été retirée en 2006, en 2007 et en 2008 de l’ordre du jour des discussions à l’Assemblée Générale de l’ONU, comme c’est le cas depuis 1995. De plus, le gouvernement actuel n’a pas voulu prendre en compte le danger souligné à plusieurs reprises et au fil des rencontres avec les responsables politiques jusqu’au plus haut niveau de l’organisation d’un referendum sur la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte par la France.

Comme ses prédécesseurs, le Président Sambi a accepté la mise en place d’un Groupe de Travail dit de Haut Niveau (GTHN) dont l’objectif, à peine caché, est d’arriver à la signature d’un Traité entre les Comores (amputées de l’île de Mayotte) et la France, traité qui certes mettrait en place certains arrangements au niveau de la coopération, mais consacrerait la fin de la revendication de l’île de Mayotte par l’Etat comorien à l’ONU.

C’est dans ce contexte que jusqu’ici les associations de la société civile en France ont refusé toute collaboration avec un gouvernement qui apparaissait comme complice dans les traitements inhumains que subissent nos frères qui cherchent à se rendre à Mayotte. Mais depuis le mois dernier, le Président Ahmed Sambi a reçu les associations de la société civile à Paris, leur a révélé son intention de changer de politique s’agissant de l’île comorienne de Mayotte, et s’est dit prêt à mettre tout son poids dans la balance, pour empêcher la départementalisation de l’île. Il a, en outre, appelé la diaspora au rassemblement sur cette question nationale.

Les associations de la société civile ne sont pas des partis politiques, encore moins des partis d’opposition. Elles se sont toujours montrées prêtes à collaborer avec tout gouvernement qui, conformément à la Loi fondamentale du pays et au droit international, entend défendre réellement l’unité et l’intégrité des Comores.

Aujourd’hui, elles s’entendent avec le gouvernement du Président Sambi sur la nécessité d’un front commun contre la volonté du gouvernement français de départementaliser l’île comorienne de Mayotte, et aussi pour la réactivation du Comité des Sept sensé aider au règlement du contentieux franco-comorien au niveau international.

Les associations sont donc, dans de bonnes dispositions à l'égard du chef de l'Etat comorien, avec un préjugé favorable, assorti toutefois d'une vigilance  raisonnée, puisque le Président Sambi hésite encore à retirer les délégués de l’Etat comorien du GTHN et qu’il explique qu’il ne peut pas refuser à la France l’expulsion de Comoriens vers l’île d’Anjouan.


Les associations basées en France doivent par conséquent, prendre conscience de leur rôle, car elles comptent de nombreux franco-comoriens qui peuvent d'un côté, obtenir que leur deuxième pays, la France, se conforme au droit international et à son image de patrie des droits de l'Homme et de l'autre, l’enjoindre à engager pour de bon, des négociations avec la partie comorienne, non dans un huis-clos incongru, mais sous un arbitrage international. La France doit pour cela œuvrer, non en attisant les ressentiments, les dissensions et les divisions, mais en favorisant l'entente, le rapprochement, la solidarité et le vivre ensemble, entre Comoriens des quatre îles.

 

Signé ce 08/11/2008 par : l'ACDH (Association Comorienne des Droits de l'Homme), le CAAC (Collectif des Associations et des Amis des Comores), le CCMM (Collectif Comores-MasiwaMane), le CDUIC (Collectif pour la Défense de l'Unité et de l'Intégrité des Comores), le CMUC (Comité Marseillais pour l'Unité des Comores), la DIASCOM (Coordination des Associations de la Diaspora Comorienne), le GRDC (Groupe de Réflexion sur le Devenir des Comores), la GAC (Guilde des Artistes Comoriens), le GRITAC (Groupe de Réflexion pour l'Intégrité Territoriale de l'Archipel des Comores), Mouvement Watwaniya, Amicale Panafricaine, SOS Démocratie.

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 14:39

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Politique & institutions

 

Moroni, samedi 8 novembre 2008 (HZK-Presse) – Tôt le matin ce samedi 8 novembre, la capitale de l’île de Mwali s’est réveillée sous le bruit des bottes des militaires fortement armés, de l’armée nationale de développement qui ont pris position autour des principaux bâtiments administratifs et des sièges des directions régionales des sociétés d’Etat. Cela n’était un secret pour personne.

 

« Des autorités du gouvernement central sous le commandement du ministre de l’énergie Houmadi Abdallah, vont intervenir pour récupérer ces directions régionales », avait-on prévenu.

 

Arrivé à la direction des hydrocarbures, sous escorte militaire, le nouveau directeur nommé par le pouvoir de l’Union, M. Djaffar Mohamed, n’a pu se faire installer, qu’après que les militaires aient préalablement sauté les cadenas du portail. Quant à Aboulhairi Ali M’baraka, le directeur reconnu par les autorités de l’île et qui avait fait sa passation de service jeudi dernier, on aurait appris qu’il a trouvé refuge à la résidence du patron de l’île.

 

A la société d’eau et d’électricité (Ma-Mwe), ils n’ont rencontré aucune résistance, le ministre du gouvernement de l’île qui assurait toujours l’intérim de la direction (lire nos précédents articles), après un bref échange, il aurait fermé la porte à clef pour aller la remettre aux chef de l’exécutif de l’île, mais les militaires ont immédiatement défoncé la porte pour installer le nouveau directeur.

 

Ces militaires, leur kalachnikov à l’épaule, ont gardé toute la journée ces directions. Il est à noter que Radio Mwali a modifié ses programmes habituels et ne diffuse plus que des prières « oissilat chafi » et « Toyba-al-asmaou », signifiant que l’île est en deuil.

 

L’intrusion des militaires dans ce bras de fer entre le pouvoir central et les autorités de l’île autonome fait déjà couler beaucoup de salive ici à Fomboni, où le cabinet du chef de l’exécutif insulaire accuse déjà le président Sambi d’avoir fomenté « un coup d’Etat administratif ».

 

A l’heure qu’il est, c’est la police, avec leurs matraques, qui assure la sécurité du président de l’île, à la place de la GSHP. Tous les éléments du détachement militaire qui assuraient la garde du président sont appelés à rejoindre leur caserne. « Des gardes que je ne connais même pas me sont envoyés » avait annoncé cette nuit le président à la télévision locale (Télé Mwali).

 

Dans un communiqué publié dimanche après midi, le Gouvernement de l’île, parlant d’un « coup d’état », appelle la population et le personnel des administrations concernées par le changement brutal des directeurs, à « garder leur calme et de n’opposer aucune résistance », tout en leur demandant de « rester à l’écoute des autorités légales de l’île ». Aucun incident majeur n’a été signalé.

 

Mouayad Salim

081108/ms/hzkpresse/10h00

 

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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 23:07
Source : AFP/ 07-11-08

"La départementalisation est impensable, je répète, impensable, si l'on n'a pas préalablement établi un état civil fiable", a mis en garde vendredi soir le député (app. PS) René Dosière, lors de l'examen du budget de l'outre-mer à l'Assemblée nationale.

"Entre la réalité qui existe sur le terrain et la perception que l'on a de cette réalité à Paris, il y a un gouffre", a déclaré M. Dosière.

"Si nous faisons la départementalisation de Mayotte sans avoir réglé au préalable le problème de l'état civil, nous irons à la catastrophe", a-t-il averti.

La ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer Michèle Alliot-Marie a reconnu le 21 octobre devant la commission des Lois que "l'état civil n'est valablement établi que pour environ la moitié de la population", ajoutant que le gouvernement allait "essayer d'accélerer le travail de la commission de révision de l'état civil".

Même si l'attribution du RMI "n'interviendra pas à court terme" selon elle en cas d'un oui, plus que probable, lors du referendum, "il est nécessaire que l'identité des demandeurs soit connue avec certitude".

Or, souligne Didier Quentin (UMP), dans un rapport pour avis, la commission de révision de l'état civil ne dispose que d'une quarantaine de rapporteurs et d'un secrétariat de "cinq agents".

Selon Victorin Lurel (PS), "25.000 actes seulement ont été produits depuis 2000", dans un territoire où coexistent deux types d'état civil, un musulman et un classique.

"La commission a été incapable, en sept années, de répondre à la demande des Mahorais", a souligné le député de Mayotte Abdoulatifou Aly, proche de François Bayrou.

"L'Insee nous dit que Mayotte compte 190 000 habitants. Mais on se demande comment on peut recenser la population de Mayotte", a relevé M. Dosière, qui a présidé une mission d'information sur l'immigration à Mayotte en 2005.

Selon lui, "dès qu'un fonctionnaire ou quelqu'un représentant l'ordre public met les pieds dans les bidonvilles ou les favelas, tout le monde fuit partout".

En réalité, affirme M. Dosière, le nombre de clandestins, dont la plupart viennent de l'île voisine d'Anjouan (Comores) "augmente chaque année". Il représente "en gros un tiers de la population".

Lorsque l'on compare le nombre d'électeurs inscrits avec la population, le rapport se situe à 34%, alors que ce taux est compris entre 60% et 70% dans tous les autres départements français, y compris ceux d'outre-mer, souligne-t-il.

Le député de l'Aisne a raconté l'histoire savoureuse d'un Mahorais voulant se faire naturaliser français dont l'acte de naissance présenté à un magistrat le faisait apparaître comme "plus âgé que sa mère".

"Quelques jours après, l'intéressé est revenu avec un acte de naissance parfaitement bien fabriqué et qui lui permettait de pouvoir acquérir la nationalité française".

"Dans ces conditions, le problème n'est pas tellement de savoir si les papiers sont vrais ou faux -on a le sentiment que la plupart sont faux- mais de savoir s'ils sont vraisemblables ou pas", a-t-il dit, sans rire.

"La commission de révision de l'état civil obtient des résultats qui me laissent perplexe", a affirmé le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo, qui a demandé au nouveau préfet de Mayotte un rapport avant la fin de l'année.

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 13:46

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Fomboni, jeudi 6 novembre 2008 (HZK-Presse) – Alors qu’on s’attendait à la passation de service entre l’ancien directeur régional des hydrocarbures et celui qui vient d’être nommé par le ministre de l’énergie de l’Union, un autre arrêté émanant du ministre de l’énergie de l’île, vient de nommer un autre directeur au même poste.

 

Jaffar Mohamed, nouveau directeur de la société des hydrocarbures pour le gouvernement central et Aboulhairi Ali M’baraka, nouveau directeur de la même société pour le gouvernement de l’île. Aboulhairi un jeune audacieux qui a été longtemps connu sous le pseudonyme « embargo », pour ses actions lors du fameux « embargo mohélien » à l’époque de feu président Djohar [un mouvement à connotation séparatiste réclamant un « équilibre des îles », ndlr].

 

A savoir que celui qui occupait ce poste depuis des années a été reconfirmé il y a quelques mois, par le nouveau régime de l’île.

 

Il est à noter que l’opération de déchargement de la nouvelle cargaison du carburant qui vient d’accoster au port de Boingoma a été dirigée par ce nouveau directeur reconnu par les autorités de l’île et qui avait suivi de près, depuis sa voiture, l’opération du port jusqu’au lieu du stockage.

 

La question qu’on se pose actuellement à Fomboni, est de savoir si les autorités de l’Union vont laisser faire ou si elles oseront, au risque d’éveiller les esprits séparatistes, de répondre par une intervention plus musclée ?

 

La tension est donc montée d’un cran, après le rassemblement tenu au centre de Salamani ce mercredi (lire nos précédents articles), où le président de l’île de Djoumbé Fatima s’est déclaré prêt à donner sa démission en 2009, pour harmoniser le calendrier des élections présidentielles de l’Union et celles des îles comme le souhaite le chef de l’Etat. 

 

« Je sais que d’ici 2010 je vais subir tous les coups du monde, il [le président Sambi] peut même nommer les ministres de l’île ou les membres de mon cabinet, mais tant qu’il n’accepte pas la tenue des élections présidentielles de l’Union en 2010, je maintiendrai toujours ma position », dit-il.

 

Et le patron de l’île d’ajouter que cela n’engage pas les présidents Mohamed Abdouloihabi de Ngazidja et Moussa Toiybou de Ndzouani.

 

Mouayad Salim

061108/ms/hzkpresse/12h00

 

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 13:42

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, mercredi 5 novembre 2008 (HZK-Presse) – A deux semaines de l’ouverture du colloque international sur le Karthala, prévu du 19 au 21 novembre prochain, les autorités comoriennes et le Programme des Nations Unies (Pnud) ont officiellement donné le coup d’envoi des préparatifs, au cours d’un premier point de presse conjoint tenu hier mardi à l’Hôtel Le Moroni.

 

Entouré par le chef de l’exécutif de l’île de Ngazidja et le ministre d’Etat directeur de cabinet à la présidence en charge de la défense, le Représentant résident du Pnud, a tenu à préciser les enjeux d’un tel événement pour les Comores. A en croire M. Opia Mensah Kumah, le colloque de Moroni sera « une opportunité exceptionnelle pour les comoriens, celle d’intégrer le Karthala dans un réseau mondial », afin qu’il ne soit plus considéré comme « un volcan isolé ».

 

Il faut savoir qu’une quarantaine de scientifiques de renommée internationale fera le déplacement, dont 10 experts resteront sur place après la fin du colloque pour la finalisation d’un Plan national de prévention et de gestion des catastrophes naturelles en cours d’élaboration. Il s’agit surtout d’un défi important à relever, grâce à un partenariat réussi avec d’autres institutions et pays amis, notamment la Banque mondiale, la France et les USA, a-t-il précisé.

 

Ce diplomate onusien qui reconnaît que le Karthala avait éveillé sa curiosité avant même sa prise de fonction aux Comores, alors qu’il était encore en poste à l’OCHA, ne cache pas son optimisme quant à la réussite de cet événement qui devra mobiliser tout ce que le pays compte de scientifiques et techniciens venant de différents horizons, notamment l’université, la société civile, le secteur privé, etc. Ils bénéficieront de expérience de plusieurs experts en provenance de plusieurs pays (France, USA, Philippine, Kenya, Suisse, Djibouti…).

 

Pour le chef de l’exécutif de l’île de Ngazidja, le colloque sur le Karthala devra « transformer un rêve en réalité », en permettant aux acteurs du développement de s’approprier tant de projets liés à l’exploitation économique de « ce monstre qui n’est en réalité qu’une fée », dit-il. Et M. Mohamed Abdouloihabi de citer les initiatives communautaires des villages de Djoumoishongo, et de Nkurani ya Sima, au sud de Ngazidja, visant à la création d’un musée de la biodiversité et d’activités d’écotourisme.

 

Le gouvernement central pour sa part, donne l’assurance de son engagement pour la réussite du colloque, qui est le premier du genre à être organisé par notre pays. Le ministre d’Etat en charge de la défense, n’a pas manqué de saluer devant la presse la pertinence des principaux axes retenus par les organisateurs, en insistant sur l’intérêt scientifique en termes de collecte et d’analyse de données, qui ouvrira selon lui de nouvelles perspectives à la recherche par rapport au caractère complexe de notre volcan, d’une part, et surtout en matière de retombées sur le plan des applications escomptées sur le plan économique et énergétique.

 

Un tel forum peut susciter des vocations, ajoute Mohamed Bacar Dossar, pour qui la viabilisation d’un mécanisme de prévention en cas de catastrophe, constitue une priorité pour le COSEP (centre des opérations de secours et de prévention). L’on apprend qu’un Comité de pilotage a été déjà mis en place pour superviser l’organisation du colloque, ainsi qu’un Comité scientifique qui aura une portée internationale pour le suivi de ses conclusions et recommandations.

 

A la question de savoir l’après colloque, « ce n’est qu’une étape d’un long processus », répond M. Dossar, qui estime que « le plus important c’est son suivi et sa capitalisation », suggérant même l’idée d’une réédition de l’expérience après deux ou trois ans. Les trois grands thèmes retenus sont : les recherches scientifiques, la prévention et la gestion des risques et la valorisation économique et énergétique.

 

El-Had Said Omar

051108/eso/hzkpresse/6h00

 

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 13:35

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Politique & institutions

 

Moroni, vendredi 7 novembre 2008 (HZK-Presse) – Instituée depuis 2005 à l’initiative du Comté Maore, la journée nationale Maore sera célébrée le 12 novembre prochain, dans un contexte particulier, marqué par la mise en place du Groupe de travail de haut niveau (GTHN), considéré comme un nouveau cadre de discussion bilatérale entre la France et les Comores sur l’épineux dossier de Mayotte, d’une part, et la décision de Paris d’organiser un autre référendum à Mayotte début 2009 pour doter cette quatrième île comorienne du statut définitif de « département d’outre-mer », d’autre part.

 

D’où la particularité de l’édition 2008 de la Journée Maore qui, selon les organisateurs, prendra pour la première fois « une dimension internationale ». Au cours d’un point de presse tenu samedi dernier, le comité d’organisation regroupant des représentants du gouvernement central, de l’Assemblée nationale, des partis politiques et associations de la société civile, a rendu public le programme des activités prévues, notamment le vote d’une résolution par les parlementaires, des conférences débats et le traditionnel rassemblement Place de l’indépendance, suivi d’une marche pacifique avec remise à l’ambassade de France d’un mémorandum.

 

Cette année, les élèves des différents établissements publics et privés seront associés à l’événement, par la lecture d’un « message aux frères mahorais » suivi d’une chaîne humaine de solidarité. L’on retiendra aussi la prière collective qui sera lue aujourd’hui, dans les mosquées de vendredi, en mémoire des morts et disparus du bras de mer séparant Anjouan de Mayotte, dont la France porterait une responsabilité morale en raison du fameux visa Balladur [du nom d’un ancien premier ministre français, ndlr] imposé depuis 1994 aux ressortissants des trois autres îles sœurs.

 

Les statistiques font état de plus de 4000 victimes, selon les estimations de l’observatoire de l’immigration et d’autres ONG humanitaires présentes à Mayotte. Des chiffres qui font de ce bras de mer de 70 km, le plus grand cimetière de l’Océan indien.

 

Sur le plan politique et diplomatique, les organisateurs de la Journée Maore posent le débat de la nécessité de réinscrire la question de Mayotte à l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée générale des Nations Unies, et de réactiver parallèlement le « Comité des Sept », un organe ad hoc de l’Union africaine spécialement chargée du dossier de Mayotte, qui ne s’est plus réuni depuis 1977.

 

Il est recommandé au gouvernement de saisir aussi les autres instances internationales, dans l’objectif d’empêcher la tenue de tout référendum à Mayotte à l’initiative de la France, « quitte à geler les négociations en cours », si Paris ne revenait pas sur sa décision, soutient Idriss Mohamed, président du Comité Maore.

 

33 ans après l’accession des Comores à l’indépendance, quel bilan tirer du contentieux territorial franco-comorien sur la quatrième île de l’archipel maintenue sous administration de l’ancienne puissance colonisatrice ? C’est pour tenter de répondre à cette problématique qu’un colloque national sera organisé à Moroni avant la fin de l’année, avec participation d’experts internationaux, apprend-on de source proche des organisations qui luttent pour la défense de l’unité nationale et l’intégrité territoriale des Comores.

 

El-Had Said Omar

071108/eso/hzkpresse/6h00

 

 

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 22:44


Nous vous proposons ci-dessous un article sur la langue et l'unité des Comores que nous avons réçu récemment AINSI QUE notre point de vue sur la question.

Bien évidemment, tout le monde peut participer au débat en laissant ses commentaires.




Quelle Langue Unira enfin Les Comores ?

 

Elle se voulait optimiste lorsqu’en 2001, la Constitution actuelle des Kamar a remplacé République Fédérale Islamique des Comores (RFIC) par Union des Comores. Sans vouloir remettre en cause ce nouvel intitulé, en quoi sommes nous unis ? L’Histoire et la réalité quotidienne de l’archipel s’illustrent par d’innombrables amalgames et divisions. Jointe à cela, l’ingérence de la France ne simplifiera pas la tâche car plutôt que d’unir elle tend à diviser.

 

Bien qu’elles soient des sœurs issues d’une même famille Mwali, Ndzuwani, Ngazidja et Maoré sont chacune dotées d’une particularité lui étant propre et la distinguant des autres. Mais comme dans tout cercle familial, bien que les membres soient dissemblables, ces derniers restent liés par leur mère commune. En l’occurrence, il s’agirait ici d’une terre-mère commune mais également d’une langue commune. Cependant cette unité dans la langue n’est guère ressentie ni suffisamment reconnue.

 

Bien que les données de la conjoncture démolinguistique soient flagrantes (96% de la population parle comorien), il nous aura quand même fallu attendre l’élaboration de la constitution actuelle des Comores en 2001 pour enfin voir le shimassiwa (la langue nationale, littéralement la langue des îles) reconnue comme l’une des langues officielles du pays. Certains diront que parler une langue n’est pas une condition pour que celle-ci soit officielle. Néanmoins, lorsque cette langue est vernaculaire, n’est ce pas là une raison suffisante pour qu’elle le devienne?

La reconnaissance du shimassiwa comme étant une langue officielle sous entend qu’on lui reconnait aujourd’hui son caractère utile pour communiquer et échanger avec différents pays. Elle se doit donc d’être enseignée puis parlée dans les administrations. Et considérant que chaque île se veut plus ou moins isolationniste cette langue commune pourrait être le cordon unificateur.

 

Mais quelle langue choisir? Plusieurs options s’offrent à nous :


La première des options serait de choisir le dialecte le plus adapté à la situation. N’en déplaise à certains, le shimwali (le mohélien) semble le plus approprié. En effet, de part son vocabulaire et sa structure linguistique, il est un bel assortiment des deux dialectes influentes de l’archipel : le shindzuani (l’anjouanais) et le shingazidja (le grand-comorien). Mais indubitablement certains se sentiront lésés.

La seconde option nous permettrait de minimiser les "accusations" de favoritisme. Il s’agirait de procéder à l’élaboration d’une langue standard. Du temps ainsi qu’un investissement humain et financier devront être au rendez-vous, cependant nous ne serions pas les premiers et très certainement pas les derniers à avoir recours à ce procédé. Mais l’idée effarante et dispendieuse engendrerait des controverses qui feraient reculer les choses alors que nous voulons avancer.

Faisons donc preuve de pertinence et choisissons l’option la plus convenable. Quelle langue pourrions-nous "adopter" afin de pouvoir échanger avec nos voisins et alliés? Là aussi plusieurs réponses sont possibles. Mais d’un point de vue historique, économique et stratégique, le kiswahili semble être la bonne réponse. Le shimassiwa étant un dérivé de ce dernier, l’idée n’est ni insolite ni insoluble.

Le kiswahili serait la langue véhiculaire et commune aux quatre îles. Et comme cela va de soi, elle serait enseignée à l’école, sans pour autant délaisser les autres langues officielles du pays : l’arabe, la langue religieuse dont nous utilisons les caractères pour transcrire le comorien et le français, la langue du colon que nous ne pouvons ou plutôt nous ne voulons nous défaire. Et puisque cela est ainsi, à l’instar de l’un de nos pays voisins le Royaume du Lesotho, nous pourrions appliquer une politique de partenariat de langue. Le kiswahili, l’arabe et le français se relayant selon les circonstances et "aucune transaction ou document ne serait déclaré illégal pour l'unique raison qu'il est rédigé ou mené dans l'une de ces langues."

 

Oui, que de prétentions, que de convoitises, mais peut être est-ce tout simplement de l’ambition accompagnée d’une prise de conscience personnelle à l’égard des Kamar. Notre vécu fait qu’aujourd’hui nous ne pouvons qu’aspirer à un meilleur avenir pour ce pays. Nous nous devons de forger et ensuite préserver notre identité ainsi que notre appartenance à une mère commune. Indéniablement, il est plus que temps d’oser investir en ce cordon unificateur : la langue commune. Ensemble choisissons-en une qui sera conforme à notre analogie, une que nous maitriserons assez vite et qui sera enseignée car "il n'existe pas de forme plus haute d'appartenance à un peuple que d'écrire dans sa langue…" et dans un futur plus ou moins proche "s’octroyer" également celle de Shakespeare qui se mondialise. Nombreux témoigneront que ne pas la parler devient très vite un handicap…

 

 

Mary,

Le Port, Ile de La Réunion.

maryjo26@msn.com




NOTRE POINT DE VUE :

 

Commençons par ce rectificatif : Ce n'est pas depuis 2001 que le shikomor est consacré constitutionnellement comme étant une des langues officielles de notre pays. Cela est devenu réalité depuis 1992 : voir par exemple les constitutions de 1992(sous Djohar) et de 1996 (sous Taki). De plus, il a été démontré scientifiquement par les grands spécialistes de notre langue notamment le linguiste, Mohamed Ahmed Chamanga que le shikomor n'est pas un dérivé du swahili, mais une langue qui fait partie du groupe linguistique bantou au même titre que le kiswahili, le lingala, le tswana, le kikongo, le zulu, le shona et les autres.  Du coup toutes ces langues ont beaucoup de points communs dans la structure des mots

 

Par ailleurs, je pense que si nous voulons vraiment régler ce problème de langue vernaculaire, la solution se trouve aux Comores même. Je ne vois pas du tout pourquoi on irait chercher une autre langue étrangère quand bien même elle serait proche de la nôtre alors que nous pouvons bien opter pour un de nos parlers qui forment le shikomor. Contrairement à ce que certains véhiculent ici ou là les comoriens ne comprennent pas le Kiswahili.  De plus, l’argument selon lequel certains comoriens se sentiront lésés si l’on ne choisit pas leur parler ne nous parait pas du tout convaincant. En réalité, c'est surtout une question de volonté politique dont doivent faire preuve nos gouvernants. Car quand on regarde bien l'histoire de beaucoup de pays, la langue vernaculaire a été choisie parmi les parlers existants dans le pays et imposées (la Tanzanie, la France, Madagascar, les pays arabes...) à  ses populations.

 

Ainsi, le kiswahili était un des parlers de la Tanzanie avant de devenir sa langue officielle.

 

En réalité, il n’y a pas vraiment de problème d’incompréhension linguistique aux Comores. A titre d’illustration, quand un journaliste comorien présente le journal à la radio ou à la télévision, il le fait en son parler insulaire et pourtant cela n'a jamais posé problème. Idem pour nos présidents, ministres... quand ils font leur discours en shikomor. Lors des interviews, il arrive souvent que le journaliste et l'interviewé n'usent pas  du même parler pourtant cela se passe bien. J’ai aussi le souvenir de tous ces jeunes wagazidja, wandzuwani, wamwali et wa maoré qui ont vécu et grandi ensemble à la coulée de laves, un quartier de Moroni dans les années 80.  Chacun s’exprimait en son parler local. Pourtant, il n’y avait pas eu de contraintes de communication ou de blocage quelconque.

 

C’est pourquoi, il est de notre devoir de réfuter catégoriquement cette idée qui veut nous faire croire que nous ne nous comprenons pas. Celle-ci n’a qu’un seul objectif : nous enfoncer dans des divisions stériles et nous faire croire que l'unité de notre pays est artificielle.

 

Non, notre pays n’a pas besoin d’une autre langue pour l’unir. Cela est déjà fait depuis des siècles. En effet, comme le professeur  Pierre Verin (Les Comores, Editions Karthala 1994 p 45) nous pensons profondément que nous avons  une véritable unité de langue grâce au shikomor composé de ses quatre variétés (shingazidja, shimwali, shindzuwani, shimahoré). D’ailleurs quelle langue a été homogène ou uniforme ?

 

 Le problème relatif à l’unité de notre pays n’est pas du tout linguistique. Toutefois, nous admettons que pour des raisons pratiques, de commodités, de coût … il est nécessaire d’imposer à un moment donné un des parlers.

 

A mon avis pour renforcer l’unité de notre pays et notre cohésion sociale, il faut surtout favoriser  la circulation et les échanges inter iles et inter régionales des Comoriens comme était entrain de le faire le Président Ali Swalih dans les années 70 et enseigner le shikomor, notre histoire et notre culture dans nos écoles. Si j'ai bien compris c'est ce qu'on est entrain de tenter de faire (voir l’interview du linguiste Chamanga en cliquant ICI).

 

 En ce qui concerne le cas  des « je viens » nés ou grandis en France ou dans d'autres pays, puisque dès fois c’est l’exemple cité pour expliquer qu’il y aurait une incompréhension linguistique entre les comoriens,  il faut reconnaitre que le plus souvent, ils ne comprennent pas déjà bien le parler de l'île de leurs parents étant donné qu'en réalité ils comprennent juste quelques phrases et des mots. Ils ne parlent pas et ne comprennent pas correctement le shikomor. Donc c'est tout à fait normal qu'ils aient du mal à comprendre les parlers des autres îles.

 

 Encore une fois, quand on regarde l'histoire de toutes les langues il n'y a pas eu de langue uniforme dans les pays. Mais à un moment donné on a imposé un des parlers du pays. Et dans d'autres pays le colonisateur a tout simplement imposé sa langue.

 

Comme dans d’autres domaines, la solution est entre les mains de nos gouvernants : il faut une réelle volonté politique pour imposer le parler vernaculaire. « yes we can »

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)


 

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