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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 15:06

Source : Alwatwan du 1er décembre 2008 + notre point de vue
Les risques existent d'une dualité de pouvoir qui peut nuire à l'image d'une institution législative qui a jusqu'ici brillé par ses prises de postions claires et tranchées sur les questions d'intérêt national, notamment sur l'Unité, la souveraineté et l'intégrité nationale.

La loi sur la citoyenneté continue de diviser l'assemblée de l'Union, entre les opposants à la loi, qui estiment l'avoir rejeté a l'issue du premier vote sur l'exception d'irrecevabilité, dirigé par le président de l'assemblée lui-même, et les partisans de la loi affirmant, de leur coté, l'avoir adopté lors d'un second vote intervenu et présidé par le vice président Sidi. Les deux logiques vont droit à un affrontement et risquent dans l'immédiat de bloquer le fonctionnement de l'assemblée si la Cour constitutionnelle n'est pas saisie par l'un des deux parties pour interpréter les textes liés au fonctionnement interne de l'assemblée et aux conditions dans lesquelles les deux votes sont intervenus.

D'abord les faits : La loi sur la citoyenneté économique, en plénière, voyait deux camps opposés. Un premier camp, les partisans de la loi, disposant de quatorze députés présents et de quatre procurations et les députés hostiles à son examen et à son adoption disposant de treize députés présents et deux procurations.

Le décompte des voix laissait supposer une adoption sans difficulté de la loi. Le député Ben Cheikh, soulève la question de la conformité des procurations et demande un examen par le président des lettres de motivation présentées. Le président de l'assemblée invalidera quatre procurations, tous émanant des partisans de la loi, en raison de ''non respect des motifs invoqués par le règlement intérieur''. Le député Maarouf criant presque '' je refuse qu'on insulte mon intelligence'' demandant au président ''pourquoi cette procédure exceptionnelle aujourd'hui, alors que durant quatre ans de législature, personne n'a jugé bon d'être regardant sur la conformité des procurations''.
Bounou maintenant sa décision. Malgré les contestations, la majorité se retrouve en minorité de moins d'une voix et le débat parlementaire tombe dans une cacophonie indéfinissable. Le président demande une suspension pour revenir quinze minutes plus tard, avec le même argumentaire, invalidant les quatre procurations. C'est à ce moment précis que le président ordonne le vote pour exception d'irrecevabilité, annonçant quinze voix contre quatorze, ne comptant pas bien évidemment les quatre procurations.

Le groupe de l'opposition, ayant à leur tête le député Maarouf, Andoudou et Sidi, refuse de quitter la salle. Le vice-président Sidi, s'autosaisit, dirige les travaux et supervise le vote qui finira par dix huit voix pour, soit les quatorze députés présents et quatre procurations.
Athoumane Mondoha estime que ''la loi a été adoptée selon les normes'', et dénonce ''une attitude de blocage du président de l'assemblée ». Selon lui, « la loi suivra le cours normal et sera transmis au gouvernement qui transmettra au président de l'Union pour promulgation''.
Le président Dhoifir Bounou, élu pour la durée de la législature, a le pouvoir de bloquer l'administration, qui doit selon le député Ibrahim Soeuf, ''établir un procès verbal du rejet de la loi pour irrecevabilité et qui sera transmis aux élus et au gouvernement''.
Le gouvernement risque de se retrouver avec deux décisions émanant d'une même institution.
Une dualité de pouvoir qui risque de nuire à l'image d'une institution législative qui a jusqu'ici brillé par ses prises de postions claires et tranchées sur les questions d'intérêt national, notamment sur l'Unité, la souveraineté et l'intégrité nationale.

Des députés proches du pouvoir n'écartent pas l'idée de déposer le président Bounou, alors qu'il est élu pour la durée de la législature, sans éventualité de quitter le perchoir, autre, que par la démission. ''Les exemples africains de présidents déposés sont légions'' soutient un député.
On n'en est pas encore là, mais on n'en est pas loin.
AAA
Al-Watwan, 01 décembre 2008
Notre point de vue :
Nous pensons qu'il faut maintenant mettre fin à ce blabla politicien et lancer un vrai débat juridique sur la situation. Car le sujet, vu ce que l'on raconte dans les articles et communiqués des partis, est surtout juridique.
Avons nous des constitutionnalistes ou des publicistes dignes de ce nom (J'entends par là des juristes spécialisés en droit constitutionnel ou dans le pire des cas en droit public d'une manière générale) ?
Avons nous des enseignants du droit constitutionnel à l'Université des Comores (UDC) ?
C'est à eux qu'il faut poser la question pour clarifier la question. Leurs argumentaires juridiques nous interessent. Il faut qu'ils fassent un peu leur travail doctrinal.
Que dit réellement le reglément intérieur qui régit l'Assemblée des députés de l'Union des Comores ?
Ce qui importe dans cette affaire ce n'est pas le fait qu'un député réfuse qu'on insulte son intélligence - après tout c'est son problème - mais c'est de savoir si la procédure de "l'exception d'irrécévabilité " est bien prévue par nos textes juridiques même si à priori ce serait la première fois qu'on l'utilise. Et si elle est prévue quels sont ses effets juridiques ?
Il est aussi important pour nos constitutionnalistes de nous dire si le vice Président était bien fondé juridiquement de s'autosaisir pour organiser le vote de la loi en dépit du premier vote concernant "l'exception d'irrécévabilité".
C'est comme cela que nous pourrons mieux appréhender et comprendre la question et surtout savoir si vraiment " la loi est votée selon les normes" avant que la cour constitutionnelle se prononce.
Il est temps qu'on apprenne à appliquer et à respecter les textes juridiques que nous nous donnons même s'ils sont mauvais ou complexes ou de reconnaitre purement et simplement que les textes juridiques appliqués ailleurs ne sont pas forcément adaptés à notre pays et d'en tirer les conséquences.
HALIDI-BLOG-COMORES
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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 11:04

Femme de la Diaspora:

Lèves toi et Bats-toi pour la Femme Comorienne de Kamar !

 

L’émancipation professionnelle de la femme un bien grand mot qui sonne fort et qui en effraie certains parfois.

 

Avant d’en définir le sens réel, voyons d’abord de quelle Femme nous faisons allusion précisément.

 

Malgré nos similitudes et ressemblances, nous parvenons à distinguer 2 types de Femmes :

La  Femme comorienne de Kamar[1]

La  Femme comorienne de l’Occident dite femme de la diaspora.

 

Pourtant leurs préoccupations se ressemblent, leur priorité première étant la réussite sociale. Celle-ci représente pour elles la garantie du bien être de leur foyer, les moyens d’offrir une qualité d’éducation et de scolarisation à leurs enfants, une manière aussi de consolider leur statut de femme et d’épouse.

 

Aujourd’hui la Femme de la diaspora, elle, se démarque. Son accès à la scolarité et aux études supérieures lui a offert les premières clés de sa réussite. Elle s’est ouverte les portes de métiers jusqu’alors inaccessibles.

Au fil du temps, elle a développé une palette de compétences qu’elle revend sur le marché du travail. Un savoir-faire qui la pousse même à gagner en ambition, à vouloir grimper les échelons de sa carrière professionnelle.

 

Un savoir qu’elle n’oublie pas de mettre au profit de l’économie de son pays.

 

Alors pourquoi cette même Femme de la diaspora n’encourage t-elle pas la Femme locale vers le même élan professionnel ? En somme, devenir une stimulatrice à l’épanouissement professionnel de la Femme comorienne locale qui représentent 50% de la population comorienne. Qui serait à son tour une locomotive pour la relance économique de Kamar, dont l’archipel a grandement  besoin notant un niveau très faible d’activité chez la femme (soit 17,9% contre 32,8% chez les hommes[2]).

 

Dépendant d’un système matriarcal, la Femme comorienne de Kamar occupe une place importante dès l’adolescence .Etant le ciment de notre société,  je me demande encore, comment une société comme le Kamar peut tant la mettre à part ?

 

Et c’est bien ici où la Femme de la diaspora doit intervenir car son rôle est non négligeable. Tout en puisant dans ses richesses culturelles et traditionnelles et en préservant ses valeurs, elle se complète avec ses atouts de Femme moderne.

La Femme de la diaspora pourrait  à travers ses acquis professionnels  transmettre son savoir, son expérience à la Femme de Kamar.

 

 

 

RASSEMBLER, DEVELOPPER, ENTREPRENDRE !

 

L’Education est  le coeur du problème à Kamar, la Femme de la diaspora dispose d’atouts professionnels majeurs qu’elle peut transmettre aux autres laissées pour compte, en s’investissant dans des  missions telles que :

-          ateliers de coutures/d’artisanat

-          ateliers éducatif en développant des garderies /des crèches …

-          cours des bases du commerce, en organisation, en gestion et négociation  

-          ateliers agriculture et agro alimentaire

-          sous forme de coopératives, créer des centres de conseils et gestion etc….

 

Car au lieu d’envoyer du riz en Afrique (pensant l’aider), pourquoi ne lui apprendre tout simplement à en cultiver voir même le vendre ?

 

Il est, certes, vrai que l’économie comorienne est pour l’essentiel soutenue par l’excès des transferts d’argent  de la diaspora s’élevant à hauteur de 72000 euros soit une fois et demi le budget de Kamar[3]

Mais au delà de l’importance et au regard de la prépondérance de ces envois, il serait  décisif de créer les conditions pour que la diaspora finance des investissements productifs à Kamar.

 

En somme, mettons au profit des ces Femmes comorienne de Kamar  le Savoir, l’Arme la plus destructrice  pour combattre l’ignorance : le Sida de notre continent !

 

Un savoir déjà tenté par la communauté à travers, d’une part , des  mouvements associatifs symboliques : tels que l’association humanitaire YLANG YLANG basée à Montpellier  menée par Madame Chaki ;ou encore  l’association  pour le développement des îles Comores (Adic) présidée par Anne Eter ,qui pour historique est la descendante de la dernière reine de Mohéli, Fatima Djoumbé.

 

Timidement mais sûrement, on remarque aussi quelques  figures féminines emblématiques qui décorent le visage entrepreneurial comorien.

Prenons l’exemple, de la dynamique créatrice de la marque USURI, Wassilati Mbae ou encore Soilha Said Mdahoma, chef d’entreprise en BTP  surnommée « la bâtisseuse », elle-même ayant reçu le trophée de la réussite au féminin en 2007.

 

En somme des références  et associations qui véhiculent un modèle cristallisant le désir de changement, sensibilisant et encourageant la Femme comorienne de Kamar à se prendre en main pour réellement s intégrer professionnellement

 

NON A L UTOPISME, OUI AU REALISME !

 

Même si la Femme de la diaspora  est dotée d’une double culture qui l’amène à comprendre certains freins ralentissant l’évolution professionnelle de la Femme comorienne de Kamar, la Femme de la diaspora doit rester réaliste.

Née ou ayant vécu dans un environnement occidental, la Femme de la diaspora a la possibilité de vivre sa double culture comme une richesse supplémentaire. Loin de nuire à l’une ou l’autre identité, elle a le choix de la sauvegarder, de la protéger, et ceci par des actions simples comme par exemple :

 

-          Consulter avant tout  la Femme comorienne de Kamar : que l’on sache quels sont ses besoins, ce qu’elle veut entreprendre

-          La Femme de la Diaspora doit connaître son histoire ; sa culture, ses codes ; ses dialectes et sa politique

-          Elle peut effectuer des (courts ou longs) séjours à Kamar en menant, par exemple, des actions efficaces  pour s’imprégner au fur et à mesure du terrain.

Ceci en évitant surtout de « je vienniser »le Kamar, une mauvaise habitude qui assassine à petit feux l’archipel

-          S’informer ; s’impliquer dans les actions menées par la communauté

-          Avoir un soutien interne des politiques et  externe de  personnes de références ayant comme rôle de parrain etc.….

 

Donc, avant toute aventure et investissement pour le Kamar, il est évident et PRIMORDIALE que la Femme de la diaspora  remplisse ces conditions (et autres) afin d’éviter le pire qui la conduiront vers un clash culturel et peut être l’amèneront  à ne plus jamais revenir !

 

SOUTENIR LA FEMME COMORIENNE N’EST PAS DU SIMPLE FEMINISME !

 

Beaucoup sont ceux qui pensent qu’aller vers la marche de l’émancipation professionnelle féminine se définit comme un acte FEMINISTE  consistant, au fond,   à écraser l’homme.

 

Détrompez-vous ! Chacun, homme comme femme devons  pouvoir trouver notre place pour  nous allier afin d’aller vers la réussite de notre  pays.

 

Nous sommes deux êtres partenaires et complémentaires. L’expression de Thomas Sankara le définit parfaitement  « la femme a besoin de vaincre pour l’homme  et l’homme a besoin de la femme pour vaincre »extrait du Livre « L’Emancipation des femmes et la lutte de la libération de l’Afrique » aux Editions Pathfinders

 

Donc Abats au Féminisme et Abats au Machisme ! N’oublions pas que l’éducation de l’enfant est assurée par les Femmes et si  nous voulons un changement des mentalités des Hommes, l’éducation des garçons et des filles dans notre société doit changer

 

Donc Femme de la Diaspora, faisons bénéficier notre potentiel professionnel  au profit de la Femme comorienne de Kamar, celle qui est le nœud de toute question humaine, à caractère universel.

Apportons cette vraie émancipation qui la  responsabilisera,  l’associant aux différents combats auxquels est confronté le pays,  la rendant ainsi actrice au développement de Kamar .

Car  nous sommes parmi les accélératrices de la révolution industrielle de  Kamar .

 

Toute reproduction ou parution de cet article est interdite et passible d’une amende

 

 

                                                                                                                Charifa MADI

Editorial /Communication UK

                                                                                                              charifamadi@hotmail.co.uk 

 

 

 

 



[1] Ce sont les arabes qui ont donné au début d XVIème siècle ce nom :  Kamar (Iles de la Lune)

[2] Rapport national sur le développement humain des Comores de 2007

[3] Extrait du rapport de la Banque Africaine de développement d’Octobre 2007

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 13:43

Source : alwatwan.net / 27 novembre 2008
Interview du mois. ‘‘La France a, partout en Afrique, respecté le principe de l’intangibilité des frontières de ses anciennes colonies’’

ambassadeur-de-france2 M. l’Ambassadeur, une vedette Japawa a encore chaviré près des côtes mahoraises faisant plus de douze morts. Ce drame humain ne vous convainc-t-il pas de l’absurdité du visa Balladur imposé aux Comoriens des 3 îles souhaitant se rendre à Mayotte?

Je regrette profondément ce nouveau drame, qui a coûté la vie à une quinzaine de personnes et je compatis au deuil qui frappe ainsi plusieurs familles. Je suis en même temps choqué, quand j’entends certains affirmer que la France serait responsable de ces morts. Plus de 170 “kwassas-kwassas” ont été interceptés en 2007 et ce chiffre sera dépassé en 2008. Cela signifie que près d’un kwassa-kwassa – sans compter ceux qui ont réussi à atteindre les côtes mahoraises sans être interceptés – effectue la traversée tous les deux jours, avec à chaque fois hommes, femmes, enfants, vieillards quelquefois et même récemment un comateux sous perfusion depuis 15 jours à Anjouan, qui risquent leur vie et se font dépouiller par des passeurs en espérant trouver des conditions de vie ou de soins meilleurs à Mayotte.
Je ne peux croire que les autorités comoriennes, et particulièrement celles d’Anjouan, si promptes à dénoncer les soi-disant traitements inhumains que subiraient les Comoriens en situation illégale qui sont reconduits à Anjouan, ignorent les conditions dans lesquelles est organisé ce qu’il faut bien appeler un trafic d’êtres humains, ni comprendre que cette exploitation financière se poursuive au vu et au su de tout le monde sans qu’aucune mesure ne soit prise pour y mettre fin.
Il faut rappeler que plus d’un tiers de la population de Mayotte est constituée de Comoriens en situation irrégulière, soit près de 80.000 personnes. Pense-t-on vraiment que la France, que Mayotte, peuvent en accueillir davantage sans risquer de créer des déséquilibres internes tels qu’ils deviendraient insupportables?
Loin d’être responsable de ces morts dramatiques, la France souhaite au contraire favoriser et faciliter la circulation légale des personnes entre les îles. C’est un des volets essentiels des discussions en cours au sein du Gthn. C’est aussi la raison pour laquelle l’Ambassade de France va rouvrir très prochainement une antenne consulaire à Anjouan, de façon à faciliter l’obtention de visas pour les habitants de cette île.
D’ores et déjà, un guichet spécifique dédié à la délivrance des visas pour Mayotte a été ouvert ce mois-ci au Consulat de France à Moroni. Le taux de refus de visas pour Mayotte est inférieur à 5%. On ne peut donc pas affirmer que l’exigence d’un visa soit à l’origine de ces drames humains. Un visa pour Mayotte coûte 4.425 francs comoriens pour un court séjour, 48.700 francs pour un long séjour, quand un passage en kwassa-kwassa coûte jusqu’à 250.000 francs.
Mais pour que cette circulation légale inter-îles puisse se poursuivre et s’améliorer, il faut en parallèle lutter contre l’immigration clandestine, à l’arrivée certes mais aussi et surtout au départ. C’est ainsi que l’on évitera ces trop nombreux drames. Cela passe par la poursuite et la répression des trafiquants et passeurs, de tous ceux qui s’enrichissent sur le dos des pauvres gens. Cela passe également par le développement des Comores et notamment d’Anjouan. La France appuie les efforts de développement des Comores. Elle est prête à accentuer cet appui, particulièrement à Anjouan. Encore faudrait-il que les autorités de l’île veuillent bien y consacrer autant d’énergie qu’au contrôle nominatif des Comoriens en situation irrégulière ramenés de Mayotte à Anjouan.

La dernière réunion du Gthn (Groupe technique de haut niveau) a été reportée pour on ne sait quelle raison. On se rend aussi compte qu’après la Commission mixte franco-comorienne qui avait la même mission, le Gthn ne produit pas non plus de résultats probants. Pourquoi d’abord ce report et comment sortir de cette impasse?
Contrairement à ce que vous affirmez, le Gthn produit des résultats très concrets. Ainsi, à l’occasion de la prochaine réunion prévue en décembre, il est prévu la remise du Cap aux élèves de l’Entp d’Anjouan, dont la mise en place a été permise par une coopération et une collaboration étroites entre l’Entp, le ministère de l’Education de l’Union des Comores et le vice-rectorat de Mayotte. Les élèves ainsi formés bénéficieront d’un double diplôme, comorien et français, qui leur permettra de s’insérer plus facilement sur le marché du travail. Dans le même esprit, devrait être organisée la cérémonie de pose de la première pierre de la construction d’un internat devant permettre à l’Entp d’Anjouan d’accueillir dans de meilleures conditions des élèves en provenance des autres îles. Une partie substantielle du coût de cette construction sera financée par le Fonds de coopération régionale géré par la préfecture de Mayotte. Il est aussi prévu la signature entre les directeurs d’hôpitaux de Mayotte, d’Anjouan, de Mohéli et de Grande Comore de conventions permettant les évacuations sanitaires vers Mayotte, la prise en charge des grands brûlés, l’organisation de formations et l’accueil de stagiaires dans les hôpitaux, notamment à Mayotte, la fourniture de médicaments au profit des hôpitaux de Hombo, Fomboni et Moroni à partir du Chm et la réouverture de l’antenne consulaire de l’ambassade de France à Anjouan, dont j’ai parlé plus haut.
Sans attendre la réunion du Gthn, dès le 26 novembre devrait être organisée une expédition par voie maritime de pommes de terre, tomates et oignons en provenance de Grande Comore et d’Anjouan et destinés à être vendus sur le marché mahorais.
Toutes ces actions témoignent du caractère positif et concret des travaux menés au sein du Gthn, auxquels d’ailleurs les opérateurs économiques sont appelés à participer activement.
On ne peut donc sûrement pas parler d’impasse, d’autant moins quand on sait que le Gthn a mandat de préparer un accord bilatéral franco-comorien devant permettre d’organiser et de développer la coopération et les échanges inter-îles, qui devrait pouvoir être signé en 2009 par les présidents Sambi et Sarkozy, conformément à l’objectif qu’ils se sont fixé lors de leur rencontre à Paris le 28 septembre 2007.
Quant au report du Gthn, il est lié aux difficultés que j’ai déjà évoquées sur les conditions de retour à Anjouan des Comoriens en situation irrégulière à Mayotte, dont j’espère qu’elles sont résolues ou en voie de l’être, sur la base d’accords et d’engagements pris de part et d’autre afin d’encadrer ces conditions de retour.

La France a toujours montré son attachement aux résolutions de l’Organisation des Nations unies (Onu), notamment lors de la guerre en Irak. Pourquoi, sur le cas de Mayotte, continuez-vous à faire fi des mêmes résolutions qui reconnaissent clairement l’appartenance de l’île de Mayotte à l’ensemble comorien?

Je crois qu’il faut revenir un peu en arrière pour mieux comprendre la problématique qui entoure le contentieux territorial sur Mayotte. Lors du référendum organisé le 22 décembre 1974, Mayotte a voté à 65,30% contre l’indépendance, tandis que les trois autres îles de l’archipel votaient massivement en faveur de celle-ci. Le 3 juillet 1975, le parlement français a adopté une loi fixant les conditions de l’indépendance – notamment l’adoption d’une nouvelle constitution démocratique par référendum. Le 6 juillet 1975, Ahmed Abdallah, chef du gouvernement du territoire, décide de proclamer unilatéralement l’indépendance des Comores, en l’absence des députés de Mayotte, et demande leur admission aux Nations-Unies.
Depuis lors, les Mahorais ont toujours rejeté l’idée que Mayotte intègre les Comores indépendantes.
Deux principes s’affrontent : celui de l’intangibilité des frontières issues de la colonisation, sur la base duquel les Comores ont effectivement obtenu que l’assemblée générale des Nu vote plusieurs résolutions demandant le rattachement de Mayotte aux Comores, dont la dernière date de 1994. L’autre principe est celui du droit des peuples à l’autodermination, sur la base duquel les Mahorais ont, à plusieurs reprises, exprimé leur souhait de rester français.
La France se doit de respecter ce choix. Elle a, partout en Afrique, respecté le principe de l’intangibilité des frontières de ses anciennes colonies, même si ce principe a connu ailleurs, depuis les débuts de la décolonisation, bien des exceptions. Néanmoins, le cas des Comores et de Mayotte est spécifique : il s’agit d’un archipel. Et jamais historiquement cet archipel n’a connu d’unité politique avant la colonisation. Mais surtout, la France, si elle a le souci de ne pas garder de force au sein de la République des populations qui ne le souhaitent pas, ne peut pas non plus “bouter” hors de la République des populations qui désirent y rester.
Dès lors, devant ce contentieux a priori irréconciliable, que faire ? La France préconise une approche globale et pragmatique, visant à développer les relations et les liens entre Mayotte et les autres îles, à définir un cadre et une politique d’insertion de Mayotte dans son environnement régional et à impulser une dynamique de développement commun et partagé entre les îles. C’est cette approche qui s’exprime à travers les travaux du Gthn, qui ont pour objectif d’encadrer et de promouvoir, de façon consensuelle, apaisée et constructive, les relations de voisinage et de développement commun entre Mayotte et l’Union des Comores.
Le Gthn se veut ainsi une alternative au débat stérile qui oppose la France et les Comores depuis trente ans, en favorisant la circulation légale des personnes et des biens, promouvant le développement conjoint, assurant une gestion partagée des intérêts communs en encourageant et développant une coopération régionale couvrant un maximum de domaines et en créant une organisation originale susceptible d’entretenir une telle dynamique et de préserver l’avenir.
C’est cette approche qui a été convenue entre les deux présidents lors de leur rencontre à Paris en septembre 2007 et, comme je l’ai déjà indiqué, les choses avancent positivement, alors que le Gthn n’a que cinq mois d’existence.
Il serait paradoxal de remettre en cause ce dialogue bilatéral au moment même où l’on s’approche d’une solution peut-être historique pour dépasser un contentieux qui a perturbé les relations franco-comoriennes depuis plus de 30 ans.

Vous n’ignorez pas non plus que les Nations-Unies ont dénoncé la consultation des Mahorais sur leur destin et déclaré que toutes les consultations organisées dans l’île sont nulles et non avenues. Pourquoi continuer à faire la sourde oreille sur les décisions de l’Onu?

S’agissant de la consultation des Mahorais prévue en 2009 sur une éventuelle départementalisation de Mayotte, je pense qu’il y a une erreur d’interprétation de l’objet et de la portée de cette consultation électorale : il ne s’agit absolument pas d’un nouveau référendum d’autodétermination; les Mahorais sont déjà français. Ils ne le seront pas davantage avec la départementalisation. L’appartenance de Mayotte à la République française est déjà juridiquement consacrée par la Constitution depuis la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 relative à l’organisation décentralisée de la République. Il s’agit seulement de déterminer quel doit être le statut administratif de l’île au sein de la République, ce qui relève du droit interne français. Une éventuelle départementalisation de Mayotte n’affecte en rien le contentieux territorial entre la France et les Comores : le débat sur la départementalisation n’est pas un débat sur la souveraineté, mais un débat d’organisation administrative interne, qui ne concerne ni n’affecte les relations extérieures.
Le gouvernement français ne comprend donc pas pourquoi cette consultation électorale, qui est nécessaire pour tout changement de statut, de par la Constitution, devrait être dénoncée au plan international. Au contraire, de notre point de vue, les deux processus: Gthn et départementalisation sont indépendants, tout en pouvant se compléter, car ils visent tous deux l’amélioration de la situation économique et le développement des îles de l’archipel.

Depuis 1975, les gouvernements comoriens ont accepté de retirer la question aux Nations-Unies, dans l’espoir de l’ouverture des négociations entre les deux pays. Trente trois ans après, on se rend compte que la marche vers la départementalisation est irréversible?

La volonté française de trouver une solution satisfaisante au contentieux franco-comorien est réelle, comme en témoignent les travaux du Gthn, qui intègrent un volet institutionnel destiné à trouver et mettre en place un cadre juridique qui permette de favoriser le développement des liens entre Mayotte et les autres îles de l’archipel.
A ce titre, il nous semble difficilement compréhensible qu’au moment même où des négociations sont enfin engagées, les Comores veuillent saisir à nouveau l’Assemblée générale des Nations unies de la question de Mayotte, après 13 ans (et non 28) pendant lesquels ce point a, d’accord parties, fait l’objet d’un report systématique lors des sessions annuelles. Cela ne peut que constituer un recul susceptible de remettre en cause la poursuite harmonieuse des discussions en cours.
Les présidents Sambi et Sarkozy avaient convenu en septembre 2007 de maintenir cette question dans un cadre bilatéral. Pourquoi vouloir la ramener aujourd’hui dans un cadre multilatéral alors même que les deux parties progressent vers un accord? Je souhaite également souligner que ce n’est pas en cherchant à faire condamner le choix des Mahorais que l’on peut espérer engager un véritable renforcement des liens avec Mayotte.

Le ministre comorien des Télécommunications a demandé lors de la dernière assemblée générale de l’Union Internationale des Télécommunications, de revenir au code 269 pour l'Ile de Mayotte. Allez-vous accéder à sa demande?

Là encore et de la même façon, la question de la numérotation téléphonique à Mayotte et aux Comores nous paraît relever de discussions bilatérales, pour lesquelles le Gthn est le cadre le plus approprié.
Nous devons d’ailleurs discuter, au-delà de la numérotation – qui est une question marginale – de l’ensemble de la problématique du désenclavement numérique de Mayotte et des Comores, qui ont un intérêt commun dans ce domaine aussi.

Les Comores figurent parmi les priorités fortes de la France en matière d’aide au développement. Que signifie exactement ce choix parmi une liste de pays en guerre comme l’Afghanistan, Haïti et la Palestine?

Il est assez paradoxal, alors même que la France classe les Comores parmi les pays prioritaires en 2009 pour l’affectation des crédits d’Apd via l’Afd, que cela paraisse ou puisse vexer les Comoriens de par le fait que les autres pays prioritaires seraient en crise ou en guerre. C’est bien au contraire le signe que la France considère comme prioritaire le développement des Comores et le partenariat bilatéral, et souhaite ainsi “sanctuariser” les crédits qui y sont consacrés, au même titre que ceux consacrés aux pays en guerre ou en sortie de crise. La priorité accordée aux Comores témoigne de la sincérité et du sérieux de notre engagement à vos côtés.
Je rappelle par ailleurs que les Comores sont en négociation – soutenue par la France – d’un programme de “sortie de crise” avec le Fmi.
Si, Dieu merci, il n’y a pas eu d’affrontements armés mortels au moment de la libération d’Anjouan – là encore avec le soutien de la France –, il faut néanmoins relever que cette crise séparatiste, qui au final a duré dix ans, a aussi pénalisé le développement des Comores. La décision française d’inscrire l’Union des Comores parmi la liste des pays prioritaires pour son aide bilatérale correspond à la prise en compte de cet état de fait. Nous souhaitons aider les Comores à surmonter les effets négatifs de cette crise.

La France a contribué à hauteur de 60% lors de la conférence des bailleurs de fonds de 2005. Comment évoluent les décaissements et sur quels secteurs intervenez-vous?

Les principaux secteurs d’intervention de la coopération française sont ceux prévus d’un commun accord dans le Dcp signé en novembre 2006 : le développement et la diversification du secteur rural, la santé, l’eau et l’environnement et le développement du secteur productif
La France s’est engagée à apporter sur 5 ans (2006/2010) plus de 80 millions d’euros (soit plus de 40 milliards de Kmf) au titre de l’aide bilatérale. Ceci implique que nous puissions augmenter le rythme de nos décaissements, ce que n’a pas permis jusqu’à mars dernier la crise anjouanaise, car Anjouan était censé recevoir 60% de cette aide. Nous espérons que les nouvelles conditions politiques et la mobilisation de l’administration comorienne permettront de combler le retard pris dans les deux prochaines années. Cela étant, sur les trois dernières années, l’aide publique française au développement des Comores a été de 13 millions d’euros en 2005 soit 6,4 milliards de Kmf ; 15,5 millions d’euros en 2006 soit 7,6 milliards de Kmf et 13,35 millions d’euros en 2007 soit 6,5 milliards de Kmf. Ce qui n’est quand même pas négligeable.

La coopération entre la France et les Comores, suspendue depuis de longues années, a repris après l’élection présidentielle de 2002. Comment se présente-t-elle et peut-on dire qu’elle atteint sa vitesse de croisière?

La coopération avec les Comores n’a jamais été complètement suspendue. Elle a subi les contrecoups des crises politiques et séparatistes qu’a connues l’Union des Comores. Depuis la conférence des bailleurs de fonds de 2005 à Maurice et la signature du Dcp en 2006, nous avons maintenant un cadre qui permet d’espérer une accélération des décaissements.

Entre la France et les Comores, les transferts financiers de la diaspora constituent un apport important à l’économie des ménages. Comment faire pour sécuriser ces transferts et surtout les bancariser pour servir efficacement l’économie comorienne?

La France souhaite contribuer à la mobilisation, au profit du développement des Comores, des importants transferts financiers effectués par la diaspora comorienne à l’étranger, et notamment en France. Pour cela, deux pistes ont été explorées : d’une part, permettre, par des accords entre banques françaises et comoriennes, de diminuer les coûts et de sécuriser les transferts financiers, en proposant en parallèle de les affecter à des projets de développement, tout en rentabilisant l’épargne ainsi investie. D’autre part, contribuer directement à des projets de développement qui mobilisent, au profit de communautés ou associations de base aux Comores, des financements de la diaspora. C’est l’objet du programme de co-développement, doté de 2 millions d’euros (1 milliards de KMF) et qui finance d’ores et déjà une quarantaine de projets de ce type.

La France continue à assurer la parité fixe du franc comorien qui constitue aux yeux du Fmi, la principale source de stabilité de l’économie comorienne. La crise financière qui a touché de plein fouet les économies fragiles va-t-elle faire évoluer les relations entre les deux banques (Banque de France et Bcc) surtout en matière de taux d’intérêt?

Les accords monétaires passés entre la France et les Comores assurent non seulement la parité fixe du franc comorien à l’égard de l’Euro – ce qui contribue à stabiliser la monnaie – mais aussi la convertibilité du franc comorien. Il s’agit là d’un élément essentiel pour permettre aux Comores et au franc comorien de conserver une capacité intacte à commercer avec l’extérieur et être une monnaie d’échange.
La France est très attentive, dans les circonstances que nous connaissons actuellement de crise financière mondiale, à ce que la voix des pays en développement soit entendue et leurs intérêts pris en compte.
Elle continuera, comme elle l’a déjà fait, à plaider pour eux, et particulièrement pour ceux à qui elle est le plus liée, au sein des différents fora et enceintes internationaux.
S’agissant des taux d’intérêt, comme vous le savez, c’est la Banque centrale européenne qui décide de leur niveau et de leur évolution. Comme toutes les banques centrales, la Bce a dû, face à la crise financière, revoir à la baisse ses taux directeurs. Cela impacte effectivement les taux de rémunération des dépôts du compte d’opération, et la Banque centrale des Comores va elle aussi, vraisemblablement, devoir réviser à la baisse ses propres taux de rémunération.

Propos recueillis par Mohamed Inoussa

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 13:35

Ci-dessous le compte rendu de HZK Presse sur le déroulement de la séance parlémentaire d'hier au cours de laquelle le projet de loi sur la citoyenneté économique a été adopté (voir notre précédent billet de ce jour en cliquant ICI)

 

 

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, jeudi 27 novembre 2008 (HZK-Presse) – C’est dans un climat confus et tendu qu’a débuté ce jeudi 27 novembre l’examen en séance plénière du projet de loi relatif à la citoyenneté économique, dont une première mouture avait été rejetée en juillet dernier, avant d’être de nouveau soumis aux députés pour adoption.

 

Comme nous l’écrivions dans nos précédentes dépêches, ce projet de loi présenté et défendu par le gouvernement de l’Union, fait l’objet d’une vive controverse au sein de l’opinion, et même la classe politique reste très divisée sur ce dossier aux multiples ramifications politico-financières.

 

Si la séance plénière ouverte vers 16 heures, en présence de plusieurs membres du gouvernement, s’est déroulée sans incident jusqu’à l’adoption sans débat d’un premier projet de loi relatif à la ratification d’une convention internationale sur la biodiversité, ce ne sera pas le cas pour celui de la citoyenneté économique, qui en a suivi.

 

Un coup de théâtre s’est produit juste après la lecture du rapport sur les travaux de la commission des finances, qui était chargée de l’examen du texte. Le député Youssouf Ali Mchangama a immédiatement soulevé une « exception d’irrecevabilité » du projet, au motif qu’il n’était pas conforme au préambule de la constitution qui dispose que tous les citoyens comoriens sont égaux, alors que le projet proposé au vote des élus déroge à cette disposition en stipulant que les bénéficiaires de la citoyenneté économique ne peuvent jouir entre autres du statut de militaire et ne peuvent être ni électeurs, ni éligibles.

 

Des échanges très nourris et même parfois virulents entre députés, ont vite transformé l’hémicycle en camp retranché entre partisans et adversaires de la loi, avant même que le texte n’ait donné lieu au débat général visiblement très attendu par un public venu nombreux assister au vote. Mais un autre député de l’opposition, Said Ali Kémal, enfoncera le clou en demandant l’invalidation de quatre procurations de députés absents, au motif qu’elles ne mentionnent « aucun motif de l’empêchement », conformément au règlement intérieur.

 

Le député Sidi, rejoint par Mondoha rejette cette invalidation qui, à leurs yeux, est injustifiée car n’ayant jamais été utilisée dans les précédentes délibérations de l’assemblée. Et le rapporteur d’insister pour passer immédiatement aux voix, ce qui a provoqué une confusion générale dans l’hémicycle obligeant le président de l’assemblée, Said Dhoifir Bounou de suspendre la séance.

 

Au moment où nous bouclions cet article, nous apprenions que la séance avait repris vers 19h sous la présidence de M. Bounou, et que 22 députés auraient voté pour « l’exception d’irrecevabilité » du projet de loi, ce qui équivaut à un rejet du texte.

 

Joint au téléphone, le vice-président Mhoumadi Sidi nous a déclaré avoir à son tour convoqué une autre séance plénière en lieu et place du président Bounou, et d’avoir soumis aux voix ledit projet de loi, en présence de 14 députés dont 4 munis des fameuses procurations contestées. Le texte serait ainsi « adopté » par 18 voix.

 

C’est la première fois dans l’histoire parlementaire de notre pays qu’un même projet de loi ait donné lieu à deux votes distincts au sein d’un même hémicycle. Reste à savoir quelle suite juridique réservera la Cour constitutionnelle à cette affaire inédite.

 

Les quatre députés absents dont les procurations sont contestées sont Anrifidine Aboubacar, Ali Bacar Moirab Mohamed Abdourahmane et Moumini Abdou qui est le président de la Commission des finances chargée de l’examen du projet de loi. Lors d’une conférence de presse tenue hier à Moroni, l’opposition a porté de graves accusations de corruption contre certains parlementaires. Des allégations reprises dans l’hémicycle par des députés qui se déclarent « scandalisés » par ces pratiques qui déshonorent leur institution.

 

L’Assemblée de l’Union compte 33 élus, pour un mandat de cinq ans. L’actuelle législature s’achève en avril 2009.  

 

El-Had Said Omar

271108/eso/hzkpresse/19h00

 

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 11:01

Désormais, nous avons aux Comores une loi sur la Citoyenneté économique. En effet, dix-huit députés sur les trente trois de l'Assemblée des députés de l'Union des Comores, ont adopté hier soir, le projet de loi qui a beaucoup fait couler d'encre et de  salive (voir nos précédents billets)  relative à la citoyenneté économique et ce en dépit de la mobilisation des opposants aux abords du palis du peuple, siège de l'Assemblée.
 
A noter que le président de ladite assemblée, Monsieur Dhoifir Bounou et onze autres députés opposés farouchement à ce projet de loi ont quitté l'hémicycle avant le vote après avoir pris part aux débats. Comme l'a souligné Kweli Magazine c'est surtout "une grande victoire pour le camp du chef de l'Etat qui a fait de cette loi un étendard de ses projets de développement économique".
 
HALIDI-BLOG-COMORES
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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 13:27

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, jeudi 27 novembre 2008 (HZK-Presse) – Le projet de loi sur la citoyenneté économique n’a pas fini de livrer tous ses secrets. A la veille du vote, prévu pour ce jeudi après-midi, les partis d’opposition sont montés au créneau pour dénoncer une corruption dont sont soupçonnés certains membres de l’assemblée nationale.

 

« Une plainte est déjà déposée au tribunal contre le ou les députés présumés corrompus. Le président de la commission des finances a reçu des avantages pour voter pour cette loi. Les preuves sont rassemblées et mises à la disposition de la justice », martèle le député Ibrahim Soeuf lors d’une conférence de presse organisée par l’opposition, hier mercredi, au restaurant Le Select.

 

C’est une opposition au grand complet qui a pris part à cette rencontre avec les journalistes. Mtara Maecha, Mohamed Said A. Mchangama, Mahamoud Mradabi, Said Ali Kémal, Omar Tamou, Houmed Msaidié… à la même table, pour défendre la même cause, cela fait longtemps qu’on n’a pas vu cette image. On se croirait aux années 1990 avec un Tamou qui rompt le silence après tant d’années de mutisme, dont une partie passée à l’extérieur.

 

« Ce n’est pas la première fois que cette affaire des « bédouins » est proposée à l’Etat comorien. Je ne crois pas à mes yeux et mes oreilles que des riches supplient des pauvres pour acheter leur nationalité. S’ils persistent après un premier refus, c’est parce qu’il y a anguille sous roche. Il se cache quelque chose derrière cette prétendue loi de citoyenneté économique », lance Tamou, cet ancien ministre de l’intérieur du régime Abdallah [1978-1989].

 

Cette conférence marque aussi le revirement d’Ibrahim Soeuf, un des membres de la commission parlementaire qui a fait le voyage du Kuweit. Cette commission avait même donné « un avis favorable » d’après la lecture de leur rapport. « La mission parlementaire n’a pas rencontré les autorités koweïtiennes qu’elle avait pourtant souhaité voir. C’est l’un des membres de la famille royale [Cheikh Jaber Al Moubarak] qui n’est autre que le patron de Comores Golf Holding qui a reçu notre délégation. Mais à travers lui, on a compris que c’est une histoire qui n’a rien à avoir avec le gouvernement koweitien », soutient le député Soeuf.

 

Ironie de l’histoire, ce voyage de nos parlementaires au Koweït était financé et dirigé par Comoro Golf Holding, cette société privée appartenant au franco-syrien Bashar Kiwan, à l’origine de cette loi. Ce voyage devait permettre au gouvernement de recadrer le projet de loi après un premier rejet de l’assemblée nationale en juillet dernier.

 

Mais selon le député Soeuf, « à part l’intitulé, rien n’a changé au fond. Avant, il s’agissait d’un projet de loi portant modification de certaines dispositions du code de la nationalité et aujourd’hui, le texte est devenu un projet de loi sur la citoyenneté économique. On a même proposé quelques amendements mais le gouvernement a refusé », déplore-t-il.

 

En tout état de cause, l’opposition rejette en bloc cette loi au centre d’une longue controverse y compris dans les milieux d’affaires. « Il n’y a pas lieu de changer notre législation. Si c’est pour sécuriser leurs investissements, il y a suffisamment de garde-fous. Nous avons le même code des investissements que Maurice et Seychelles et dans ces pays les vrais investisseurs injectent leurs capitaux chaque jour sans poser des préalables… », s’exclame Houmedi Msaidié, un des barrons de la CRC.

 

La journée de jeudi n’est qu’une étape à en croire l’opposition. « Des recours seront déposées à la Cour constitutionnelle pour attaquer la légalité de cette loi », assure-t-elle.

 

Abdallah A.

271108/aa/hzkpresse/6h00

 

 

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 11:31

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

 

Moroni, mardi 25 novembre 2008 (HZK-Presse) – Depuis quelques jours les petits fruits rouges ont fait leur apparition sur les trottoirs de la capitale. C’est le début de la saison des pluies, et avec elle arrivent les premières récoltes de litchis, ce fruit très prisé dont le prix subit une variation en dents de scie d’une année à l’autre.

 

Initiée par « l’Association Objectif Comores » depuis 2007, en partenariat avec la commune de Mkazi, la fête du litchi et des produits du terroir refait surface cette année pour marquer sa 2ème édition, après le succès de l’année dernière. La ville de Mkazi compte accueillir environ 1500 personnes le 06 décembre prochain, apprend-on auprès des organisateurs.

 

Nassur Mzé et Wardat Abdallah respectivement chargés de la communication et du marketing veillent au grain depuis des semaines dans le but de sensibiliser les partenaires et les associés de la fête, en arrêtant des stratégies pour favoriser la promotion de ce produit et ses dérivés, en passe de se substituer aux produits de rente des Comores (vanille, girofle, coprah, ylang-ylang…), lesquels traversent malheureusement une période de crise sur les marchés internationaux.

 

De par l’engouement de la population locale misant à chaque saison sur une meilleure récolte pour faire fortune, de l’énergie fournie par les paysans et surtout du bonus en matière de saveur reconnue à ce fruit tropical par rapport aux autres espèces (mangues, jacques…), le litchi jouit d’une qualité « organoleptique » incomparable aux autres fruits, tant sur le plan alimentaire local qu’international.

 

Dépourvus de toute assistance technique et d’une politique nationale pouvant favoriser sa production, les paysans comoriens cherchent à travers cette structure technique qu’est la fête du litchi, à valoriser leurs produits dont la récolte annuelle est estimée à quelques centaines de tonnes.

 

Pour réussir le pari, les organisateurs de la fête comptent mobiliser plus de 5,3 millions de francs comoriens pour financer une vaste campagne d’information et de sensibilisation de l’opinion et des décideurs politiques de l’île et de l’Union, afin de saisir l’opportunité de cet événement pour se pencher sérieusement sur la situation précaire que traversent nos produits de rente et vivriers en général.

 

L’Association Objectif Comores et la commune de Mkazi entendent par cette initiative impliquer toutes les générations, notamment les catégories professionnelles du secteur agricole à sortir des oubliettes ces potentialités économiques du pays laissées pour compte par les autorités politiques.

 

Dans cette perspective, les organisateurs de la fête activent entre autres la production du litchi et veulent exprimer leur vœu de « mettre en réseau la filière dans une dynamique agricole tournée vers les stratégies de conservation, de transformation et d’exportation », notamment en direction de la France où la forte diaspora comorienne est friande de « produits pays », à l’exemple de nos voisins de l’île de La Réunion. Il est possible selon eux de placer le litchi parmi les produits de rente des Comores, avec un label plus compétitif.

 

Bien que le litchi n’est pas produit uniquement aux Comores, d’autres pays de la région dont Madagascar et La Réunion produisent une grande quantité suffisamment exploitée par l’industrie agro-alimentaire, les hôtels…et pour des fins d’exportation.

 

Comparant ainsi les pays de la région qui encouragent la production du litchi au profit de son tissu industriel, les organisateurs comptent à travers cette mobilisation renforcer les organisations de producteurs en vue d’améliorer leur rendement et inscrire le litchi et d’autres produits du terroir dans une politique d’ouverture et développer par conséquent des partenariats entre les producteurs et les opérateurs économiques de la place.

 

Interrogé s’il y a eu une étude de faisabilité pour ce marché de litchi, le chargé de la communication de l’association organisatrice de la fête nous expliquera que « l’initiative est en marche et est confiée à un expert international, quitte à comptabiliser les dizaines d’hectares de terrains exploités par la filière et dégager le nombre exact des plantations, les revenus des paysans à chaque saison, etc. »

 

Mais parmi les résultats entendus, il convient de mentionner la lutte contre la déforestation dans une localité telle que Mkazi où « l’exploitation du charbon de bois est considérée comme une des principales sources de revenus par rapport au litchi », a laissé entendre le chargé de la communication. D’où son appel aux décideurs politiques de l’île et de l’administration centrale à accompagner l’initiative de son association. 

 

A. Nabahane

251108/an/hzkpresse/12h00

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 23:57

Source : Alwatwan.net / 26 novembre 2008

Le chef de l’exécutif de Ndzuwani a remanié son premier gouvernement, cinq mois après son investiture à la présidence de l’île autonome et mis en place son second gouvernement. Tous les membres de l’équipe sortante sont reconduits dans leurs mêmes départements à l’exception de Bastoine Soulaïmane, qui dirigeait le ministère de la Justice, des Affaires islamiques et des droits de l’homme. Les raisons de l’écartement de l’ancien challenger de Toybou, à l’élection présidentielle de l’île, ne sont pas encore connues. Cependant, le décret 08-047/PR/IAA du 24 novembre ne comporte pas de ministre de la Justice. Le portefeuille n’est pas attribué mais les autres départements sont greffés dans d’autres ministères. Les Affaires islamiques sont rattachées au ministère des l’Education, des Arts, de la Culture, des la Jeunesse et des Sports, et les Droits de l’homme sont désormais sous l’autorité du ministre de la Production, de la Pêche, de l’Environnement, du Tourisme et de l’Artisanat.


Il est à souligner que le ministre de la Justice de Ndzuwani sortant aurait passé des moments difficiles avec ses collaborateurs pour des questions de compétences et de gestion de l’administration pénitentiaire de l’île.


Le gouvernement Toybou II est réduit à six membres. Ahmed Bacar Mahamoudou, ministre des Finances, du Budget, du Plan, de l’Economie, du Commerce et des Investissements ; Docteur Abdou Salami Abdou, ministre de la Santé, de la Promotion du Genre et des Affaires sociales et Porte-parole du gouvernement ; Mohamed Said, ministre de l’Intérieur, de la Fonction publique, de l’Emploi, du Travail, de l’Information, de la Coopération décentralisée et chargé des relations avec les Institutions ; Mouhamadi Boinali, ministre de l’ Education, des Arts, de la Culture, des la Jeunesse, des Sports et des Affaires islamiques ; Fadhuli Ahamed, ministre de l’Equipement, de l’Energie, des Mines, de l’Industrie, des Transports, des Postes et Télécommunications de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat ; et Amirddine Boura, ministre de la Production, de la Pêche, de l’Environnement, du Tourisme, de l’Artisanat et des Droits de l’homme.


Moussa Toybou vient ainsi de confirmer sa confiance aux ministres qu’il a reconduits dans leurs fonctions.

M.S.A.

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 23:37

Changer les règles du jeu, non les acteurs

Je constate comme beaucoup d’entre nous, que les conflits entre le Président de l’Union et les chefs exécutifs des îles autonomes ont atteint un point de non retour. A quelques différences près, nous sommes dans le scénario des présidents Azali, Elbak et Fazul, sans M. Bacar. Le Président Sambi a échoué le dialogue des institutions comme son prédécesseur. Je persiste pour dire que le mal n’est pas dans la constitution ; le mal est dans la tête de ceux qui sont chargés d’appliquer la constitution. Il faudra du temps pour que notre culture politico administrative accepte la séparation des pouvoirs, la décentralisation et l’autonomie des îles en tant que partage des responsabilités et des moyens de gouverner. Le Président Sambi a réussi à saper l’autorité de la Cour constitutionnelle et des tribunaux judiciaires en limogeant ceux qui lui résistent. Il a mis les bouchés doubles pour balayer la résistance des députés de l’Union (vente de la nationalité comorienne). S’il ne réussit pas, il attendra la fin des mandats des élus (en mars 2009) pour légiférer par ordonnance. Une vaste opération de déstabilisation des autorités insulaires a commencé à Mohéli (le maillon le plus faible dans les rapports des forces).

Moi, je n’ai pas la magie du verbe et du discours mythique pour vendre du rêve aux Comoriens, en les faisant asseoir sur un nuage comme le fait M. Sambi. Ce dernier ne porte pas dans son cœur, la constitution qui l’a fait élire. Il a dans sa tête un modèle de pouvoir centralisé et personnel, et une gestion « épicière » de l’argent public, déjà vécus depuis 1982. Comme ses prédécesseurs, il veut sa propre constitution pour gouverner plus longtemps et plus tranquillement. Il veut enterrer l’autonomie des îles, la tournante et tous les contre-pouvoirs. C’est une atteinte grave au consensus national issu des accords de Fomboni en 2001

. Nous risquons tous de glisser sur une peau de banane, au profit du retour en force du séparatisme. L’Union Africaine est elle disposée à vivre avec Mohéli, ce qu’elle a vécu avec Anjouan ?

Le Président Sambi devrait accepter les règles du jeu dans l’intérêt de son pays. Il doit céder la tournante en 2010 et laisser son successeur faire les retouches de la constitution, en veillant sur la continuité de l’Etat. Et quand il s’installera à Anjouan, il aidera mieux que quiconque à renforcer l’autorité l’Etat et à enterrer le séparatisme.

 

Abdou DJABIR

Président du Parti MSADA

Président de la COMUNAT

le 25 novembre 2008

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 21:01

Ne pas insulter l'avenir après avoir injurié le passé des Comores

Par Aboubacar Said Salim (Ecrivain)

Permettez-moi tout d'abord, excellence, de vous féliciter, pour le tact et la diplomatie langagière dont vous faites preuve à l'opposé de votre prédécesseur. La différence se ressent à travers la lecture de votre libre opinion parue dans La Gazette des Comores du lundi 10 novembre, deux jours avant la Journée nationale Maore. Je vous remercie d'avoir pris la peine de proposer votre point de vue ou plutôt celui de la France sur la question de l'île franco/ comorienne de Maore/Mayotte pour couper la poire en deux (peut être que cela est plus diplomatiquement correcte). J'ai été très attentif à votre argumentaire défensif qui est essentiellement basé sur un point à savoir : la France est à Maore non pas par la force, mais parce que les Mahorais l'ont voulu et l'ont exprimé par référendum. Nous disons que malheureusement ce genre de raisonnement qui fait abstraction du contexte aurait permis et entraîné la légitimation du gouvernement de Vichy et la présence allemande dans les zones occupées, ou encore l'appartenance de l'Alsace et de la lorraine à l'Allemagne ou encore l'indépendance de la Corse, du pays basque ou de la Nouvelle Calédonie, si on leur posait la question. En revanche, je suis tout à fait d'accord avec vous pour dire que la France n'a pas occupé Mayotte par la force en 1975, puisqu'à l'époque elle y était chez elle dans un Territoire d'Outre Mer qui comprenait les quatre îles des Comores. Comme en 1841, elle y est restée par la ruse, ce qui n'est pas en son honneur car la ruse est encore plus vile, lorsqu'elle est utilisée par un pays fort contre un pays faible.

Je ne vous ferai pas l'offense d'un cours d'histoire sur les Comores, le Quai d'Orsay s'étant sans doute chargé de cela. Je rappellerai simplement qu'en 1841 la France a manigancé pour détrôner le sultan d'Anjouan dont celui de Mayotte était le vassal, pour mettre sur le trône de Mayotte le Malgache Andrianatsouli, un usurpateur qui n'a pas hésité à céder Mayotte à la France, puisqu'il s'en foutait comme de l'an 40, n'étant à Mayotte que comme réfugié politique chassé de Madagascar, son île natale. La ruse, disais-je, plus payante que la force a ensuite été réutilisée par la France pour préparer l'apparition des forces politiques pro-françaises et contre l'indépendance.

Pour bien comprendre la situation et les agissements de la France, il faut se remettre dans le contexte de la guerre froide qui prévalait à l'époque et de l'affrontement par pays du tiers monde interposés entre l'Urss et les Etat Unis d'Amérique ou, plus généralement, entre le monde dit libre et le monde communiste. Mayotte a toujours attiré la France depuis le XIXè siècle grâce à son lagon qui offrait un port naturel et sécurisé contre les pirates et pour le ravitaillement des navires sur la route des épices. Les mêmes raisons ou presque, ont prévalu un siècle plus tard, Mayotte s'avérant une île hautement stratégique dans le canal du Mozambique sur la route des grands tankers qui ravitaillaient l'Occident en pétrole, denrée d'une importance stratégique capitale pour les deux blocs rivaux. La première phase de ce plan machiavélique a commencé par le déplacement de la capitale du territoire, de Dzaoudzi à Moroni, sans compensation économique pourtant promise par la puissance coloniale. Le résultat escompté et par ailleurs obtenu était double : créer une haine contre le Grand-comorien symbolisé par Saïd Mohamed Cheikh alors président du gouvernement du territoire qu'on accusait d'avoir transféré la capitale au profit des Grands comoriens, et créer en même temps un mécontentement de la population de Mayotte qui ne bénéficiait plus des retombées économiques et financières de la capitale. Comme en 1841, la France va jouer sur les éléments exogènes pour transformer ce mécontentement légitime en revendication politique. Les mêmes propos du Grand-comorien dominateur et profitant seul des bienfaits du gouvernement qu'on a entendus récemment dans les rangs des Wakutruzi à Anjouan vers 1997 ont été un remake des propos entendus à Mayotte après le transfert de la capitale en 1962. Le rejet de l'autorité du président élu de l'époque le président Saïd Mohamed Cheikh, par le mouvement séparatiste mahorais ressemble comme deux gouttes d'eau au rejet de l'autorité du président élu de l'Union des Comores par les Séparatistes à Anjouan. La seule différence c'est qu'à l'époque la France n'avait pas levé le petit doit pour réprimer les rebelles qui ont pu prendre en otage le président Saïd Mohamed Cheikh pour lui faire subir la torture préférée des Mahoraises d'alors à savoir chatouiller leur victime. C'est de la que vient le nom de ''chatouilleuses'' donné aux femmes du Mpm (Mouvement populaire Mahorais) ancêtre du Mpa (Mouvement populaire Anjouanais)
La deuxième phase du plan d'occupation de Mayotte s'est concrétisée autour des années 1970 lorsque la France, faisant fi de la définition juridique du mot territoire (c'est-à-dire une terre avec les hommes qui y habitent), sentant le courant indépendantiste comorien monter en puissance a formulé son intention de la décompte île par île des voix du référendum en parlant de ''consultation des populations'' au lieu de consultation de ''la'' population.
Cas unique dans l'histoire de la décolonisation, ce décompte île par île des voix du referendum, combinée au coup d'État prématuré du 3 août 1975, avec la complicité de la France allait laisser les coudées franches à la France pour agir à sa guise à Mayotte (On se rappellera, à ce propos, du signe ''V'' de la victoire des gendarmes français à Moroni lors du coup d'État, et la facilité avec laquelle les auteurs du coup se sont emparés des armes qui étaient pourtant sous le contrôle de la gendarmerie française qui encadrait la Garde des Comores.). Pour rappel, Djibouti (appelé à l'époque Territoire des Afars et des Issa), Walis et Futuna, jouissaient du même statut de TOM que les Comores et pourtant on n'a pas tenu compte des voix des Afar, d'un côté et des Issa de l'autre lors du référendum, ni de celles des Wallisiens, d'une part et des habitants de Futuna, de l'autre. Ceci dénote simplement de la politique de deux poids deux mesures que la France applique pour défendre ses intérêts.

Rappelons aussi des faits récents (les faits sont effectivement têtus monsieur l'ambassadeur). Il s'agit du refus de la France de reconnaître les indépendances de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie alors que le fameux ''Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes'', devrait là aussi comme à Mayotte pouvoir être reconnu par la même France! A moins, que – et il faut le dire clairement – la France ne conçoive l'existence de peuples plus dignes de ce droit et d'autres moins dignes! Il y'aurait encore beaucoup à dire, mais je ne voudrais pas importuner les lecteurs par trop de longueur.

Je terminerai donc en disant à son excellence monsieur l'ambassadeur qu'il ferait mieux de se taire concernant la question de Mayotte, car la puissance n'a rien à justifier, elle est, elle-même, sa propre justification. En tout cas cela permettrait de ne pas insulter l'avenir après avoir injurié le passé des Comores.

Source : Al-watwan N°1202 du mardi 25 novembre 2008
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