PRESENTATION

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Jeudi 18 juin 2009

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores / Politique & institutions


Fomboni
, jeudi 18 juin 2009 (HZK-Presse)
– Ce mardi 16 juin devait se tenir à Fomboni Mohéli un conseil de ministre du gouvernement de l’union avec les commissaires de l’île. Selon le Secrétaire Général du « gouvernorat » de l’île Yssouf Said Moissi, certes il y a un problème à Mwali, mais ce problème n’est pas spécifique.  « Ce conseil dit-il, devait réunir en même temps les exécutifs de Ngazidja et de Ndzouani, c’est ce qui donnerait un sens à ce qui en ressortira ». « Finalement pas de conseil » nous a-t-il affirmé, aux environ de 13h, heure où devait avoir lieu ce conseil de ministres au bloc administratif de l’île.

 

Du coup, ce fut l’occasion pour le chef de l’Etat de tenir son rassemblement à la place de l’Indépendance à la fin de la journée pour remercier à son tour les mohéliens du « succès » du referendum et annoncer le nouveau cap que doit prendre l’Union des Comores.

 

Il  est à noter qu’à quelques heures de ce rassemblement qui a vu la participation de l’équipe gouvernementale du régime Sambi au grand complet, le président de la république a reçu à l’hôtel La Grande pleine Mr Carlos Orga l’ambassadeur suisse avec résidence à Antananarivo (Madagascar), qui lui a présenté ses lettres de créances l’accréditant auprès de notre pays.

 

L’ambassadeur dans son discours, a souligné de passage, certaines valeurs auxquelles son pays reste très attaché notamment tout ce qui touche à la paix et au rapprochement entre les peuples. Et le président Sambi à son tour de lui souhaiter la bienvenue en terre comorienne, où le diplomate doit « se sentir chez lui ».

 

Comme le chef de l’Etat Ahmed Abdallah Mohamed Sambi se trouve dans l’île de Djoumbe Fatima depuis le lundi où il a été accueilli de manière quelque peu inhabituelle par le gouverneur Mohamed Ali Saïd, à l’aéroport de Bandar-es-Salam, il a saisi l’occasion pour entamer une visite éclair dans les quartiers de Fomboni pour aller au contact de la population comme il aime tant le faire. Alors que dans certains quartiers comme Doubouni, le président est reçu à bras ouverts, à Mabahoni en revanche les gens ont boudé ce bain de foule improvisé, même s’il en était bien averti.

 

Quant au vice-président Iklilou Dhoinine, accompagné des ministres Abdourahim Saïd Bacar, Mohamed Ali Soilihi et Mmadi Ali, il a profité de ce périple pour honorer dans la matinée du lundi, la cérémonie de remise d’un lot de matériel médical au CHR de Fomboni, un don de la France, de Turquie et de l’Angleterre. Il s’agit de matelas, d’appareils de cardiologie, et de divers matériaux de construction (ciment, peinture, etc.).

 

Le hic sera le discours inattendu Place de l’indépendance prononcé l’après midi du lundi par le notable Soilihi Mohamed qui a demandé au président Sambi de procéder au changement de l’actuel drapeau national quadricolore par un nouvel étendard unicolore. « Si nous avons un seul pays, une seule couleur sous suffit…» lance-t-il.

 

Mais ce dignitaire coutumier ne mâche pas ses mots en déclarant que désormais « tous ceux qui ont voté non ou appelé à boycotter le référendum du 17 mai dernier devraient en tirer les conséquences en quittant leurs postes dans les différentes administrations ». « C’est par le respect de la hiérarchie mais nous étions disposés à les faire sortir de force… » a-t-il ajouté. 

 

Le Grand politicien qui a brillé jusqu’à l’époque Abdallah, a manifesté son incompréhension sur ce qui s’est passé lors de la dernière opération de paiement des salaires. « On ne comprend rien ! Lors du dernier paiement, on avait cru enterrer l’ancien mécanisme, mais à notre grande surprise, nous avons constaté qu’après le paiement des agents de la santé et des enseignants, ils [désignant le mdjidjengo de Mwali] avaient eu à gérer des salaires et ont profité pour doubler les leurs » accuse-t-il, avant de lancer un défi « dans tous les cas ils n’auront aucun  député ».

 

« Notre problème majeur, c’est l’argent » a débuté ainsi son discours le chef de l’Etat, à un rythme accéléré à cause de la tombée de la nuit. Reprenant l’histoire des recettes de 17 milliards fc pour l’année 2008 dont 12 milliards « rien que pour les fonctionnaires, et les deux milliards pour la dette extérieure », le président Sambi s’est mis à illustrer combien est insignifiant notre budget, comparé à la fortune d’un Ronaldo qui reçois, selon Sambi, 94  millions d’euros alors que notre Etat n’a qu’un budget annuel « dérisoire » de 34 millions d’euros « moins de la moitié » dit-il avec humour.

 

Le président Sambi s’est ensuite tourné vers les exécutifs des ils : « vos signatures ne seront plus valables qu’en qualité de gouverneur ou de commissaires, et il est temps d’oublier les appellations de président et ministre à jamais enterrées » souligne-t-il.

 

« Je jure que ce referendum nous a permis de nous libérer des carcans qui nous bloqués, et maintenant vous verrez qu’avec votre soutien nous irons loin s’il plait à Dieu » conclut le chef de l’Etat. Coté promesse, le président Sambi annonce la signature imminente « d’un accord de 200 millions de dollars, peut être la semaine prochaine pour le port de Bangoma, l’aéroport de Ouani et le port de Moroni », avant de préciser que cet argent ne passera même pas par les caisses du trésor public, mais directement géré par une société étrangère dont il s’est gardé de citer le nom.

 

C’est dans la nuit de ce mardi à l’hôtel La Grande pleine de Djoiezi, que s’est tenu finalement le conseil de ministres et qui s’est poursuivi mercredi matin au Relais de Singani. Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.

 

Compte rendu de Mouayad Salim

180609/ms/hzkpresse/6h00

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Lundi 25 mai 2009

Source : Alwatwan.net/ 25 mai 2009

Sambi-et-les-gouverneurs Selon le vice-président Idi Nadhoim, la rencontre s’est déroulée “dans un climat serein”. Face à l’insistance des journalistes le gouverneur de Ngazidja a précisé qu”ils n’ont pas discuté sur le fond” et qu’il s’agissait “juste” d’une proposition de reprise du dialogue pour une suite à donner à la nouvelle architecture.

Le président Sambi a signé, samedi 23 mai, le décret de promulgation de la nouvelle loi fondamentale de la République après avoir reçu, la veille, les trois chefs des exécutifs des îles au palais présidentiel de Beit Salam conformément au projet de constitution approuvé le 17 mai.

Au sortir des discussions, le chef de l’exécutif de Ngazidja, gouverneur Abdouloihabi, a confié à la presse que l’entretien portait sur la suite de l’adoption des nouvelles dispositions de la constitution. “Le président a tenu à nous offrir une reprise du dialogue pour la mise en application de la nouvelle architecture constitutionnelle”. En “démocrate vaincu” qui s’incline devant le verdict des urnes, le gouverneur de Mwali, quant à lui, a rappelé qu’il s’était “farouchement opposé à la consultation mais que l’expression populaire l’a emporté”.
Cependant, Mohamed Ali Said a fait savoir, en substance, qu’il a été proclamé élu “président” de l’île de Mwali par la cour constitutionnelle et qu’il attend que cette dernière lui signifie “le changement de son statut de gouvernant”.

Selon le vice-président Idi Nadhoim la rencontre s’est déroulée “dans un climat serein”.
Face à l’insistance des journalistes, le gouverneur de Ngazidja a précisé qu”ils n’ont pas discuté sur le fond” et qu’il s’agissait “juste” d’une proposition de reprise du dialogue pour une suite à donner à la nouvelle architecture. “L’offre n’a pas à entraîner des désaccords, et la longueur des discussions n’est pas synonyme, non plus, de désaccord”, a laissé entendre Mohamed Abdouloihabi, avant de préciser : “il ne s’agit pas d’être d’accord ou pas d’accord, il y a une nouvelle architecture et il faut la mettre en application.

“Consultation populaire”

Ce qui va s’ouvrir maintenant ce sont nécessairement des travaux pour que tous les textes (lois, ordonnances, décrets) puissent être élaborés en commun. C’est ce que j’espère”.
Le gouverneur a évoqué l’éventualité d’une “consultation populaire” pour ce qui est des lois statutaires, les exécutifs insulaires comptant être “pleinement associés à tous les travaux qui vont élaborer ces textes”.
Le vice-président Idi a soutenu que désormais les dirigeants du pays étaient liés au “même sort” : “Nous sommes embarqués dans le même bateau car la durée des mandats, pour réaliser quelques projets pour ce pays, est intrinsèquement liée”.

La nouvelle loi fondamentale prévoit que tous les exécutifs des îles et de l’Union quitteront le pouvoir en même temps. “La seule façon de contribuer au développement du pays, notamment aux importants projets soutenus par le chef de l’Etat concernant les routes, l’énergie, l’eau, les hôpitaux”. “Les responsables politiques ne doivent plus se focaliser sur des interprétations à la virgule près des textes, mais voir ensemble comment alléger le quotidien des citoyens, qui leur ont confiés leur destin”.
Cependant, la question de la fin des mandats en cours est confiée à un congrès qui réunira les prochains élus à l’assemblée nationale et aux conseils des îles.

La rencontre de Beit Salam a été également l’occasion pour le chef de l’Etat de présenter un certain nombre de projets et de mesures à entreprendre dans les prochains jours.
Le président a décidé de mettre en place des commissions, notamment pour l’assainissement des Finances et la Fonctions publique, et les gouverneurs des îles ont sollicité qu’ils soient associés pour apporter leur contribution “en faisant des propositions, individuellement ou collectivement”.

Un plan d’un “nouveau” Hôpital El-Maarouf pour un coût total de 3,5 millions de dollars, soit plus d’un milliard de nos francs, a été présenté. Il y a aussi le projet d’électrification de toutes les localités de Mwali et la réhabilitation du tronçon de route reliant l’aéroport de Wani à Mutsamudu et faisant le tour de la capitale de Ndzuwani. Un montant de 250 millions de francs est déjà débloqué et devrait être complété par des efforts de la Ma-mwe pour épargner la population de Ngazidja des ennuis de l’électricité avant les festivités des grandes vacances et le ramadan.
Autant de projets d’intérêt général pour la population des trois îles.

M. Soilihi Ahmed
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Lundi 20 avril 2009

Source : Alwatwan.net / 20 avril 2009

Dr-Kassimou “Ceux qui l’ont côtoyé”, dit aujourd’hui son ami Elhadj Mohamed, “savent que Dr Kassimou Said nourrissait une grande ambition pour les Comores, et qu’il a toujours refusé la fatalité”. Un militant infatigable pour la liberté et la dignité, qui n’aurait jamais perdu l’espoir d’un redressement économique du pays grâce à l’engagement de chacun et de tous.

Le docteur Kassimou Said, premier gynécologue-obstétricien des Comores s’est éteint à l’âge de 65 ans à Paris. Le corps est attendu à Moroni le vendredi 24 avril. Il va être inhumé le même jour à Fumbuni, sa ville natale. Avec sa disparition, le pays perd un de ses meilleurs enfants.
En effet, Kassimou Said fut l’un des premiers jeunes militants du Mouvement pour la libération nationale des Comores (Molinaco) dont les principaux dirigeants, pourchassés alors par le pouvoir colonial, avaient trouvé refuge en Tanzanie. C’est le Molinaco qui, dans le cadre de sa préparation pour la gestion de l’indépendance de l’archipel, l’avait envoyé de Dar-es-Salam faire des études de médecine à Moscou après son baccalauréat en sciences expérimentales obtenu en 1963 à Madagascar.
De retour au pays, Dr Kassimou a dû se battre pour faire reconnaître aux Comores, encore colonie française, son diplôme de médecin obtenu à Moscou en période de guerre froide. Il va repartir en France pour une spécialisation en gynécologie-obstétrique.
De fait, celui dont beaucoup de Comoriens pleurent aujourd’hui la mort a exercé dans les quatre îles de l’archipel à différents niveaux de responsabilité : médecin chef, chef de service de la maternité, responsable de la médecine sociale et du planning familial etc. Partout où il a exercé, il a laissé le souvenir d’un médecin dévoué à sa tâche.
“Ceux qui l’ont côtoyé”, dit aujourd’hui son ami Elhadj Mohamed, “savent que Dr Kassimou Said nourrissait une grande ambition pour les Comores, et qu’il a toujours refusé la fatalité”. Un militant infatigable pour la liberté et la dignité, qui n’aurait jamais perdu l’espoir d’un redressement économique du pays grâce à l’engagement de chacun et de tous.
Aux jeunes en quête de conseils ou de soutiens et qui l’ont approché, Dr Kassimou leur apprenait que “la vie est un combat permanent et qu’il ne faut jamais baisser les bras”, souligne son jeune ami qui parle d’une “grande perte pour le pays, surtout pour les jeunes et les organisations paysannes” auxquels il avait consacré les derniers instants de sa vie.

Infatigable jusqu’au bout...

“Fils de paysan”, comme il aimait à le dire lui-même aux jeunes qu’il affectionnait de convier à des causeries informelles, il s’est montré, aux derniers jours de sa vie très attaché à la terre, à la vie des agriculteurs : la mort le surprend dans son rôle de président de la Fédération nationale des agriculteurs comoriens. Aidé par son fils ingénieur agro-alimentaire, il a investi près de cinquante millions dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage.

A Fumbuni où le médecin pouvait, à l’occasion, porter son titre de grand notable, il était toujours un soutien pour la jeunesse qui souhaitait des changements dans l’organisation de la société, notamment des innovations dans la réalisation du grand mariage coutumier.
Dr Kassimou avait également touché à la politique sans jamais chercher à occuper un poste ministériel. Par le parti Mourad dont il était le père fondateur, il souhaitait pouvoir mettre au service du pays son expérience surtout acquise au cours de ses nombreux voyages à l’étranger, en modernisant la vie politique nationale, plus précisément en faisant la politique autrement.

En somme, on peut dire que Dr Kassimou était un battant : il a milité pour l’indépendance du pays, il a soigné les malades et assisté les paysans pour s’organiser afin d’améliorer leurs revenus.
Il s’est battu debout contre la maladie qui le rongeait, se refusant le repos contre l’avis des membres de sa famille, car Kassimou voulait être utile aux autres jusqu’au dernier jour de sa vie

Puissent son amour de la patrie, sa modestie et sa générosité lui ouvrir les portes du paradis, et que Dieu lui accorde sa miséricorde! Amin

Al-Watwan présente ses condoléances à la famille endeuillée et à la veuve maître Harimiya Ahmed.

Petan Mognihazi

Nous présentons aussi nos sincères condoléances à la famille du defunt
HALIDI-BLOG-COMORES


 

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Jeudi 16 avril 2009

Le cabinet d’expertise « Audit Conseil International (ACI) » de droit comorien dont les bureaux sont situés à Moroni a été inauguré officiellement le 13 mars dernier à Itsandra Beach Hôtel.

Cette cérémonie inaugurale, a été rehaussée par la présence de Messieurs kamaldine Afraitane et Mohamed Larifou Oukacha, deux ministres de l’union des Comores ainsi que par M.E.Mabeta, ambassadeur de la République d’Afrique du Sud à Moroni et M.Transon, premier conseiller de l’ambassade de France.

Ce cabinet d’expertise, représenté par Doulache Djaffer et Mohamed Maoulida, respectivement expert comptable et gérant associé aux Comores, est en partenariat avec « Révision Conseil Audit » de Paris, un cabinet de même nature dont Doulache Djaffer est le gérant directeur.

Cette société s’est fixée trois missions essentielles à Moroni :

-Des missions légales : Audit des comptes, commissariat aux apports et à la fusion.

-Des missions commerciales : répondre très rapidement aux demandes du client, gestion et reporting.

-Des missions d’expertise comptable classiques : tenue des comptabilités, supervision et assistance comptable, consultation permanente, établissement des comptes annuels des déclarations fiscales et sociales, reporting et tableaux de bord.

Par ailleurs, le souci permanent de cette société sera de contribuer au développement de l’entreprenariat pour une économie crédible qui ouvre le pays au monde. «  Notre pays  a besoin de dynamisme dans l’expertise comptable et dans l’ingénierie financière pour crédibiliser l’entreprise et ouvrir les portes de crédit » a déclaré Mohamed Maoulida, gérant associé.

« L’ACI s’ouvre à chacun d’entre vous, de vos entreprises et commerces pour qu’ensemble, nous imprégnons un rythme de gestion compatible avec le monde qui nous entoure » ajoute le gérant associé.

Cette équipe annonce déjà trois succès à son actif :

Le premier, c’est d’avoir créé avec facilité cette entreprise en quelques jours.

 Le second, c’est l’enthousiasme et la réactivité des autorités gouvernementales, ainsi que des partenaires socio-économiques et financiers.

Le troisième succès est celui de tout le monde (entreprises publiques comme privées, aux commerçants, aux artisans et autres clients potentiels).  C’est que le monde bouge et plus particulièrement aux Comores où des projets de grande envergure vont contribuer à l’essor commun.

Enfin, l’ACI a également pris l’initiative d’ouvrir très prochainement à Moroni un institut de formation aux métiers de la comptabilité, de la finance et de l’audit en partenariat avec le Conservateur National des Arts et Métiers du Ministère de l’éducation Nationale et en collaboration avec l’Institut national des techniques économiques et comptables (Intec) de Paris.

                                                                                                                                  

 Source: HALIDI-BLOG-COMORES

De notre collaborateur à Moroni

Mohamed El-had

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Jeudi 16 avril 2009

 

Bashar Kiwan serait-il arrêté à Dubaï ?
Moroni, mercredi 15 avril 2009 (HZK-Presse) – Depuis quelques jours une rumeur insistante circulant à Moroni fait état de l'arrestation de Bashar Kiwan, à Dubaï (Emirat arabes unis). Une information ni confirmée, ni démentie par la société Comoro Gulf Holding (CGH) dont il est le puissant Président directeur général. Toujours est-il que selon plusieurs sources concordantes aussi bien aux Comores que dans certaines capitales des pays du Golfe où l'homme d'affaires est connu, notamment au Koweït et aux EAU, l'interpellation de Bashar Kiwan se confirme.

Une interpellation pour une affaire commerciale l'opposant à un certain Talal Alkhoury a eu lieu la semaine dernière, avec interdiction de quitter le territoire émirati avant ce mercredi 15 avril, jour fixé par la justice de ce pays pour rendre sa décision après l'avoir entendu.

Le patron de CGH, qui s'est activement engagé dans un vaste programme d'investissement économique dans notre pays, notamment dans le domaine hôtelier et touristique, aurait ainsi des démêlées judiciaires avec un important homme d'affaires du Golfe, Talal Alkhoury, qui aurait investi l'équivalent de 34 millions de dollars [soit 12 milliards fc] dans l'un des huit projets de CGH, celui de l'installation aux Comores d'une société privée de téléphonie mobile.
Si le gouvernement comorien a déjà accordé à la CGH (depuis 2007) la licence d'exploitation, le nouvel opérateur n'est toujours pas installé à ce jour, et le principal actionnaire semble commencer à s'impatienter, d'autant qu'il soupçonne Bashar Kiwan d'avoir rétrocédé ladite licence d'exploitation à un autre opérateur.
Le staff de CGH, visiblement gêné par cette mauvaise publicité qui risque de ternir son image auprès de l'opinion publique, tente de minimiser l'affaire en gardant un silence plutôt inhabituel. Rappelons que Bashar Kiwan est le promoteur principal de la CGH, qui est à l'initiative des projets de village touristique du Lac Salé, de la réhabilitation de l'hôtel Itsandra, de la Banque Fédérale du commerce (BFC) dont l'agrément a été suspendu depuis fin 2008 par la Banque centrale pour non-conformité à certaines conditions, et le journal Albalad.

Cet homme d'affaires franco-syrien qui connait bien les Comores depuis l'époque de l'ancien président Mohamed Taki Abdoulkarim (1996-1998), s'est trouvé l'année dernière au centre d'une polémique au sujet de l'adoption controversée d'une « loi de citoyenneté économique » initiée par son groupe et défendu par le gouvernement, dans le but de générer 200 millions de dollars de fonds d'investissement direct en provenance de pays du Golfe.
El-Had Said Omar
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Vendredi 3 avril 2009

 

 
Le Comité Maoré présidé par Idrisse Mohamed, une organisation de la société civile comorienne qui mène un combat acharné pour une vraie unité des Comores et le retour de Mayotte dans son giron naturel, l'Union des Comores s'oppose à l'arrivée du Secrétaire d'Etat français chargé de la Coopération, Monsieur Alain JOYANDET en représailles à l'organisation d'un pseudo reférendum sur la départementalisation de l'île comorienne de Mayotte le dimanche dernier. Selon l'agence Pana, dans une depêche diffusée hier, il « appelle toutes les couches de la population à se rassembler samedi à la Place de l'Indépendance pour protester contre la visite du Secrétaire d'Etat français aux Comores ».

En principe, Monsieur JOYANDET est censé être à Moroni demain pour participer au
conseil des ministres de la commission de l'Océan Indien (COI) qui aura lieu du 03 au 04 avril 2009.

De plus, l'Agence APA cite une lettre du Comité Maoré adressée au Secrétaire général de la COI dans laquelle il demande que « Mayotte ne puisse plus participer à aucune forme de manifestations de la COI » et que la question de Mayotte soit inscrite à l'ordre du jour du Conseil des Ministres.

Nous regrettons que de telles initiatives courageuses et honorables ne soient pas prises par le gouvernement de l'Union des Comores.  Car il ne faut pas perdre de vue que le Comité Maoré n'a aucun pouvoir pour se faire écouter par la COI. espérons que la population comorienne l'écoutera !

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)
 
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Mercredi 25 mars 2009

 

Sambi reçoit les trois présidents des îles : Va-t-on vers une sortie de crise ? (de g à d : Mohamed Ali Said de Mwali, Moussa Toiyibou de Ndzuwani, Sambi de l'Union des Comores et Abdouloihab de Ngazidja)

Moroni, mardi 24 mars 2009 (HZK-Presse)
– C'est dans un climat apaisé et serein que le chef de l'Etat a reçu hier soir en audience les trois chefs des exécutifs des îles autonomes, pour s'entretenir de l'évolution de la situation nationale et particulièrement le dossier sensible de la réforme des institutions. La coupure d'électricité survenue au milieu des discussions à huis clos n'a perturbé en rien le déroulement de ce sommet très attendu, qui semble avoir déjà donné un premier résultat positif, au terme de quatre heures d'échange sans intermédiation étrangère.

L'on sait pourtant que la communauté internationale suit avec inquiétude l'issue de l'après « dialogue inter-comorien ». L'envoyé spécial de l'Union africaine, F. Madeira est déjà de retour à Moroni, pour « aider à la mise en œuvre des recommandations », apprend-on de source diplomatique.

La seule acceptation des trois présidents des îles de se retrouver autour de la même table avec le président de l'Union, pour une franche confrontation de leur point de vue sur le processus de révision de la constitution, suffira-t-elle à redonner un nouvel espoir de sortie de crise ? C'est en tous cas le sentiment d'Ahmed Abdallah Mohamed Sambi qui avait promis dans son discours du 21 mars dernier, de prendre en compte « leur avis » avant de prendre toute décision.

Au Palais de Beit-Salam, les présidents Mohamed Abdouloihabi de Ngazidja et Mohamed Ali Said de Mwali ont eu à défendre des propositions communes, consignées dans une « Contribution des exécutifs de Mwali et Ngazidja à l'harmonisation des mandats des présidents de l'Union et des îles autonomes et des assemblées de l'Union et des iles autonomes », dont la Gazette s'est procuré une copie.

Il ressort de ce document le constat selon lequel l'avant-projet de loi référendaire initialement proposé par le chef de l'Etat constituait une initiative « dangereuse » à leurs yeux, car contraire aux « principes fondamentaux du droit et du pacte comorien » consacré par l'accord de réconciliation nationale du 17 février 2001.
Les deux autorités insulaires qualifient d'« inacceptable » toute démarche visant à lier l'harmonisation des institutions à la durée du mandat du président de la république en exercice, rejetant toute prorogation de mandat « par un plébiscite référendaire », ou d'en raccourcir celui des présidents des îles, assimilable à « un troc que ne peut reconnaitre ni le droit ni l'équité ».
Mais ils suggèrent un calendrier électoral qui, à les en croire, respectera la légalité tout en préservant la paix civile. L'idée est de réviser d'abord les lois fondamentales des îles, en prolongeant le mandat des députés insulaires de 4 à 5 ans, pour que les prochaines législatives se tiennent en 2014, et de renouveler sans tarder les assemblées de l'Union et des îles, ce qui permettrait d'envisager la réforme souhaitée des institutions, par la voie d'un Congrès entre 2010 et 2014. Ensuite se tiendrait en 2010 l'élection du président de l'Union.

Concernant le cas des présidents des îles dont les mandats respectifs se terminent en 2012 et 2013, ils proposent la mise en place de trois « Exécutifs consensuels de transition » pour gérer les affaires courantes jusqu'en 2014.

L'objectif d'harmoniser les mandats et de réduire la fréquence des scrutins serait réalisé dès 2014 par la tenue d'élections générales de tous les exécutifs et de toutes les assemblées tant de l'Union que des îles autonomes. Dans cette optique, les comoriens seraient appelés aux urnes dans la même période pour choisir simultanément le président de la république, les présidents des îles, ainsi que les députés de l'Union et des îles, soit quatre élections groupées tous les 5 ans. Une régularité quinquennale qui aurait le mérite de résoudre dans la sérénité l'épineuse question de la rationalisation de l'agenda électoral aux Comores, soutiennent les auteurs du document.

Rendez-vous est pris pour vendredi 27 mars à Anjouan où les trois présidents des îles remettront au chef de l'Etat leur proposition définitive, intégrant le point de vue du numéro un anjouanais Moussa Toybou, qui semblait encore vaciller entre la position du pouvoir central et celle de ses homologues Abdouloihabi et Ali Said. C'est probablement à l'issue de ce deuxième round des discussions au sommet des exécutifs que le président de l'Union tranchera.

El-Had Said Omar
240309/eso/hzkpresse/6h00
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Vendredi 27 février 2009

Source : Malango / vendredi 27 février 2009 7h53

OCHA, le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, exprime son inquiétude quant aux deux référendums organisés aux Comores et à Mayotte et de la coïncidence des dates.

 

Dans un papier d'analyse publié par IRIN, l'agence onusienne dresse un portrait dépassionné de la situation qui prévaut dans l'archipel.

D'un côté, « les Comores se trouvent aujourd'hui confrontées à une situation inextricable à l'heure où elles tentent de réformer un système de gouvernance qui absorbe quatre cinquièmes de leur PIB, car elles risquent ce faisant de raviver les tentations sécessionnistes que la Constitution avait été conçue pour prévenir ».

Elle note que « la situation est d'autant plus complexe que la France a décidé de tenir un autre référendum sept jours plus tard, le 29 mars, sur l'île controversée de Mayotte, pour faire approuver la départementalisation de celle-ci ».

Pour Ocha, « la proximité temporelle des deux votes devrait faire monter la température politique sur les quatre îles ».

Revenant sur la structure politique issue des accords de Fomboni en 2001, elle explique que « les îles de l'archipel sont chacune dotées de leur propre assemblée, d'un président et d'un grand nombre d'autres prérogatives, qui absorbent environ 80 pour cent du budget annuel du gouvernement central ».

« Pour un pays de 800 000 habitants, avoir quatre présidents, quatre gouvernements, quatre Assemblées et 36 ministères n'est pas réaliste... nous devons être plus modestes », a dit à IRIN Abdourahim Said Bacar, porte-parole du gouvernement de l'Union.

D'autant que cette Constitution de 2001 n'a « pas empêché Mohamed Bacar de faire main basse sur Anjouan » et que « l'Union africaine a dû intervenir manu militari pour rétablir la démocratie ».

D'un autre côté, Ocha remarque que « Mayotte, la quatrième île de l'archipel, perçue comme partie intégrante des Comores par de nombreux Comoriens et comme un élément de la Cinquième République par la France, constitue une diversion inopportune pour Ahmed Abdallah Sambi, président de l'Union, à l'heure où il s'efforce de réduire les dépenses de l'Etat et de débloquer des fonds pour le développement ».

Les projets de référendum proposés prévoient, entre autres mesures, de concentrer les pouvoirs au profit du gouvernement de l'Union, et de réduire les pouvoirs des gouvernements autonomes de chaque île, et les frais qu'ils engendrent, en rétrogradant les présidents des îles au rang de gouverneurs, et les ministres et parlementaires aux rangs de commissaires et conseillers.

Ocha fait aussi le triste constat que « les Comores se classent au 134e rang sur 177 à l'indice de développement humain des Nations Unies, et les revenus de la population comorienne diminuent en termes réels depuis 20 ans ; ils avaient atteint 633 dollars par habitant, en moyenne, en 2004 ».

Des tensions de plus en plus vives

« Il a été proposé de prolonger le mandat du gouvernement actuel de l'Union de quatre à cinq ans, ce qui a provoqué la colère d'une majorité d'opposants à la réforme constitutionnelle, et alimenté les soupçons de l'opposition, selon laquelle il s'agirait là d'un premier pas franchi par le président Sambi en vue de l'établissement d'un pouvoir dictatorial et d'un régime illimité.

Aucun représentant de Mohéli n'a encore occupé la présidence tournante de l'Union prévue par la Constitution de 2001, et l'île n'apprécierait pas d'être privée de son mandat prévu en 2010 si le résultat du référendum faisait pencher la balance en faveur de la réforme.

M. Said Bacar, le porte-parole de l'Union, a noté que Mohamed Abdoulwahab, président de la Grande Comore, et Mohamed Ali Said, président de Mohéli, étaient également opposés au référendum, car ils risquaient d'être rétrogradés au poste de gouverneurs.

Le gouvernement de l'Union s'attend quant à lui à ce que soit approuvée, à l'issue du référendum, l'instauration d'une nouvelle bureaucratie politique, allégée, mais selon des sources diplomatiques, deux scénarios sont possibles : l'acceptation et l'approbation de la nouvelle Constitution par toutes les parties ; ou le rejet par les partis d'opposition, à la suite duquel leurs partisans seront mobilisés et descendront dans la rue, et en réaction, le président Sambi déclarera l'Etat d'urgence pour contenir les troubles civils.

Les partis d'opposition ont d'ailleurs appelé au boycott du référendum, bien que, selon M. Said Bacar, la Constitution actuelle permette au président de l'Union de le tenir. M. Said Bacar a dit avoir entendu parler de « réunions secrètes convoquées pour rechercher des mercenaires ; comme vous pouvez l'imaginer, c'est ridicule », compte tenu de « notre triste passé ».

La question de Mayotte

L'agence onusienne fait également une analyse de la situation géo-politique de Mayotte en estimant que « les Comores revêtaient une importance stratégique pour la France en raison de leur localisation, à l'entrée nord du Canal du Mozambique, à mi-chemin entre le Mozambique et Madagascar, et restent importantes aujourd'hui encore, selon Chris Ayangafac, chercheur principal à l'Institut d'études de sécurité, une cellule de réflexion africaine ».

« La côte est de l'Afrique fait l'objet d'un intérêt de plus en plus marqué en partie parce que l'on cherche à contrer la présence croissante de l'Iran dans cette zone et aux Comores, et que la présence accrue de la France permet de la contrebalancer », a-t-il expliqué.

Pour M. Ayangafac, le référendum organisé par la France à Mayotte est un « rejet de diverses déclarations internationales », et sa « revendication sur Mayotte est un développement de la colonisation ».

« L'accession de Mayotte au statut de département français, si les citoyens l'approuvaient à la majorité absolue, comme bon nombre s'y attendent, permettrait aux insulaires d'acquérir certains avantages, notamment de percevoir des pensions, des allocations chômage et un salaire mensuel minimum de 400 dollars ».

L'agence insiste sur la différence de niveau de vie entre les îles de l'archipel : « les Mahorais jouissent d'un niveau de vie 10 fois supérieur aux Comoriens, ainsi que d'un accès à l'éducation et aux services médicaux pour tous, selon le ministère ».

Pour M. Ayangafac, le référendum de Mayotte « est légal, mais pas légitime. Il n'est pas légitime car il bafoue [la résolution] 1514 [(XV), des Nations Unies] ». L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 1514 (XV) en 1960, alors qu'une vague de décolonisation commençait à déferler sur le monde.

Ocha rappelle les objectifs de cette résolution qui stipule que « toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale d'un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies ».

Pour l'agence, « la France a fait fi des revendications des Comores en les mettant devant le fait accompli ». « La possibilité d'une départementalisation de Mayotte doit être soumise à l'approbation des Mahorais, en vertu de la Constitution française... Il ne s'agit pas d'un référendum, mais d'une consultation populaire », selon les déclarations du ministère de l'Intérieur.

Le ministère français de l'intérieur insiste sur un aspect de cette consultation qui est souvent source de confusion : « La consultation populaire de mars 2009 n'est pas un nouveau vote permettant de déterminer si Mayotte devrait ou non appartenir à la France ; l'appartenance de Mayotte à la République française a été garantie dans la Constitution lorsque Mayotte a été incluse dans la liste des "collectivités d'outre-mer" françaises, en vertu de l'Acte constitutionnel du 28 mars 2003 ».

« Le ministère a exprimé un certain étonnement face à l'indignation du gouvernement comorien au sujet du référendum de Mayotte : en septembre 2007, le président français Nicolas Sarkozy et le président Sambi avaient en effet formé un groupe de travail de haut niveau (GTHN) chargé de « chercher un moyen consensuel, calme et constructif d'encadrer et de développer des relations centrées sur le développement entre Mayotte et l'Union des Comores ».

Ce partenariat, a expliqué le ministère, avait pour avantages, entre autres, de permettre le développement de la coopération économique et commerciale entre les îles, et notamment «le ravitaillement de Mayotte en produits frais aux Comores plutôt qu'en Europe», l'apport d'une aide éducative, et la signature de deux accords sur la santé.

« Etant donné que la revendication de souveraineté de Moroni [capitale des Comores] sur Mayotte est unanimement soutenue par la classe politique dans son ensemble, les autorités comoriennes ne peuvent pas y renoncer. Toutefois, la détermination des Mahorais à n'être pas comoriens étant tout aussi inflexible, toute décision en ce sens serait matériellement impossible, quel que soit le souhait du gouvernement français », selon le ministère.

La rupture récente, par les Comores, du statu quo accepté consistant à reporter la « question comorienne de Mayotte » à plus tard dans l'agenda de l'Union africaine, constitue, de l'avis du ministère, « un pas en arrière, difficile à comprendre ».

Malango avec IRIN

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Mercredi 11 février 2009

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, mardi 10 février 2009 (HZK-Presse) – Les habitants de l’archipel ont connu une fin de semaine un peu difficile à cause des pluies torrentielles qui se sont abattues dans le pays. Aucune région, ni aucune localité n’est épargnée par les forts torrents. Plus de 179 mm de pluies sont tombés à Hahaya, selon le service météorologique. Alors qu’une bonne partie de la population était effrayée par l’intensité et la fréquence des intempéries, les météorologues assurent que « c’est normal. Ce sont des pluies saisonnières. Des amas nuageux se sont formés au dessus de nos têtes et ils provoquent la pluie ».

 

Les précipitations étaient considérables ces derniers jours. On a assisté à des journées entières sans accalmie. « On attend la fin de la saison pour connaître la moyenne de cette pluviométrie assez importante, mais c’est déjà beaucoup en quelques jours. La quantité tombée ces derniers jours dépasse de loin la normale », déclare Yahaya Ben Amadi, préventionniste à l’agence de la sécurité et la navigation aérienne (Asecna) à l’aéroport international Moroni Prince Said Ibrahim.

 

Ces précipitations sont le signe que la saison de pluies (Kashkazi) est arrivée. Elle s’étale généralement entre novembre et avril, et les spécialistes l’appellent la saison cyclonique, en raison des fortes dépressions tropicales qui la caractérisent. On est donc parti pour au moins deux  mois de pluies, jusqu’au mois d’avril. Cette année, la saison a pris du retard pour s’installer. En principe, depuis le mois de décembre, les pluies devaient commencer.

 

« On était inquiet par rapport à ce retard. A la fin de la saison, les spécialistes de la région devront nous voir pour comprendre pourquoi ce retard car ce n’est pas seulement à notre niveau qu’il y a eu ce retard », poursuit Yahaya Ben Amadi depuis son bureau de l’aéroport où il garde un œil sur l’écran de contrôle pour guetter d’éventuelles anomalies. Mais les spécialistes sans chercher très loin, ils sont conscients que «la déforestation n’est pour rien dans ce retard. Le déboisement menace considérablement la saison des pluies ».

 

Même si on enregistré aucun dégât au cours de cette période, il y avait bel et bien un cyclone dans la région du sud ouest de l’océan indien. « La tempête Gaël a secoué une grande partie de l’Est de Madagascar, après avoir balayé le sud de La Réunion. Le cyclone se dirige actuellement vers  le sud », explique Youssouf Allaoui, chef du centre météorologique de l’aéroport.

 

La tempête a quitté notre zone en descendant encore plus bas mais les spécialistes attirent l’attention car « le mauvais temps peut revenir à tout moment. Comme nous sommes dans la période, la prudence est de mise surtout pour les pécheur et agriculteurs ». Certes la météo est difficile à prévoir mais les deux, trois prochains jours sont annoncés encore pluvieux. Aucune alerte n’a été pour l’instant été donnée.

 

Ahmed Abdallah

100209/aa/hzkpresse/12h00

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Vendredi 23 janvier 2009

Comores / Union Européenne/

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Moroni, vendredi 23 janvier 2009 (HZK-Presse) – Près de 3,1 millions d’euros (soit 1,2 milliard de francs comoriens) ont été débloqués par la Commission Européenne à travers le 9e Fed [Fonds Européen de Développement] pour réhabiliter les infrastructures routières endommagées par les cyclones « Elita et Gafilo » de mars et juin 2004. Après des études réalisées conjointement par les autorités nationales de l’époque et la commission européenne, une convention fut signée le 11 juin 2005 pour réhabiliter ces infrastructures sur toute l’étendue du territoire national.     

 

Pour lancer les travaux une cérémonie officielle a été organisée ce jeudi 22 janvier dans la région de Dimani-Domba, dans le sud-est de la Grande-Comore, sur la portion limitrophe de ces deux régions où deux ponts d’une longueur de 15 à 20 mètres sont à reconstruire, empêchant toute circulation des biens et des personnes.

 

A cette occasion, le président de la république et les partenaires des Comores, notamment la Commission européenne représentée par Mme Claudia Wiedey [son chef de délégation en charge des Comores à Maurice], ainsi que le représentant résident du Pnud, ont honoré de leur présence cette cérémonie pour partager la joie et l’espoir de toute une région.

 

Coupé du reste de l’île depuis cette catastrophe en 2004, on se rend compte des difficultés de déplacement de la population avec leurs biens pour rejoindre l’autre bout de l’île. Raison pour la quelle l’un des intervenants, le notable Ismael Abdou Boina, louera les efforts consentis par les autorités nationales, espérant que le président Sambi prêtera une oreille attentive aux doléances de sa région pour qu’enfin le réseau électrique puisse alimenter le secteur. Disposé avec sa diaspora à fournir sa part de contribution, la région de Dimani s’estime « délaissée » alors que son économie basée sur les produits agricoles a besoin de s’ouvrir au reste de l’île de Ngazidja.

 

Bacar Moussa, jeune cadre opérant dans le secteur bancaire, dira pour sa part que la réhabilitation de deux ponts endommagés « contribuera à donner un nouvel élan à l’économie de la région classée parmi les plus reculées », privée de réseau d’adduction d’eau, d’électricité et d’infrastructures routières. Il appellera de ses vœux les bailleurs et les partenaires au développement à accompagner les efforts de sa population.

 

Dans son intervention, le ministre de l’aménagement du territoire et des infrastructures M. Elarif Oukacha passera en revue les dégâts causés par les cyclones sur l’ensemble du territoire en avril 2003 et janvier-mars 2004. « Ces tristes événements, dira-t-il, ont poussé le gouvernement comorien de l’époque à formuler une requête auprès de la commission européenne pour bénéficier de l’enveloppe B au titre de l’aide d’urgence et humanitaire par la mise en œuvre d’un programme de réhabilitation des infrastructures et la prévention des risques liés aux catastrophes naturelles ».

 

D’où ce résultat obtenu après des missions d’études réalisées en juillet et décembre 2004 ayant abouti à la signature d’une convention signée entre la commission Européenne et l’Etat comorien en décembre 2005 d’un montant de 3,1 millions d’euros (soit 1,2 milliard de nos francs).

 

Après validation des consultations techniques, la mission d’évaluation a attribué les travaux à trois entreprises locales dont le premier lot de Ngazidja confié à l’entreprise EGT pour réhabiliter entre autres le pont de Pidjani, objet de la cérémonie de lacement officiel de l’ensemble des travaux. Le deuxième lot est attribué à l’entreprise CBE à Mohéli et les troisième et quatrième lots confiés à l’entreprise ENOC pour Anjouan.

 

Mme WEDEY soulignera dans son intervention que la Commission Européenne s’est engagée non seulement pour la réhabilitation des infrastructures routières mais aussi les digues littorales et les infrastructures hydrauliques endommagées par les cyclones. D’ores et déjà 25 sites sont identifiés dans l’ensemble du pays, pour ce premier chantier prévu pour une période de 9 mois.

 

A l’horizon 2010, notamment dans le cadre du 10e Fed en cours, 27 millions d’euros sont programmés au titre de l’enveloppe A, pour réhabiliter les infrastructures routières prioritaires. C’est dans ce contexte que l’ordonnateur national du Fed parlera d’une programmation sectorielle pour les cinq ans à venir.

 

Reconnaissant les efforts déployés par ses prédécesseurs, le président Sambi avouera qu’il est venu dans cette cérémonie « en témoin » même s’il espère pouvoir apporter un jour sa « touche personnelle » dans d’autres projets de cette région. Et d’exprimer au nom du peuple comorien sa gratitude envers la Commission Européenne. 

 

A. Nabahane

230109/an/hzkpresse/6h00

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Jeudi 15 janvier 2009

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Comores / Economie & finances

 

Moroni, mercredi 14 janvier 2009 (HZK-Presse) – Comme nous l’écrivions précédemment, le Fonds monétaire international (FMI) a décaissé 5,3 millions de dollars, soit 1,8 milliards de francs comoriens, au titre de sa contribution à l’aide budgétaire accordée à l’Union des Comores. Pour rappel, cette contribution du FMI entre dans le cadre du suivi du programme soutenu par le Fonds au titre de l’aide d’urgence post-conflit (AUPC) et contribuer à combler le déficit budgétaire de l’année 2008 estimé à 6,7 milliards de Fc, soit ¼ du budget général de l’Etat.

 

Au cours d’un entretien que le directeur général du budget nous a accordé la semaine dernière, ce dernier insistait beaucoup sur le fait que pour réussir le programme du FMI deux indicateurs ont été vivement recommandés aux autorités comoriennes de l’Union et des îles autonomes. Ils sont à la fois d’ordre quantitatif et structurel.

 

Ce qui signifie que le respect du mémorandum de politique économique et financier signé le 2 décembre dernier entre les autorités comoriennes et la mission du Fmi, oblige nos gouvernements (central et insulaires), à tout mettre en œuvre pour en assurer la stricte application, car tout écart risque de ramener encore le pays à la case départ. Faut-il rappeler aussi que la loi de finances 2009 n’est toujours pas adoptée, alors qu’elle fait partie des conditionnalités du FMI.

 

Dans ce même ordre d’idée, l’on parle d’indicateurs quantitatifs justement pour mettre l’accent sur le suivi du cadre budgétaire en planchant sur les recettes et les dépenses publiques dans l’intervalle couvrant les mois d’octobre 2008 à mars 2009. Le décaissement de l’aide budgétaire exceptionnelle du Fmi deux semaines seulement après l’approbation du programme par son conseil d’administration a permis à l’Etat de liquider aussi vite deux mois d’arriérés de salaires à l’ensemble des 12.000 fonctionnaires et agents de l’Etat (certains services n’auraient perçu qu’un seul mois).

 

Force est de constater que les objectifs assignés par le fonds monétaire aux autorités comoriennes dans son mémorandum viseraient à compresser la masse salariale à commencer par la réduction des superstructures politiques. Pour l’autorité de l’Union des Comores, ramener les portefeuilles ministérielles de quinze à dix, toutes les superstructures de l’Etat (Présidence, Assemblée nationale, Cour Constitutionnelle, Ambassades) sont selon les arguments avancés épargnés. Et c’est ici justement que les enjeux budgétaires imposent au ministère des finances et du budget une exécution rigoureuse du programme.

 

En campant sur leurs positions, les îles autonomes de Ngazidja et Moili semblent fonder leurs arguments sur des « prérogatives purement politiques et non budgétaires », regrette-t-on dans les milieux financiers proches du dossier. S’il faut tendre la main aux amis des Comores pour que le programme de suivi soit exécuté et espérer une hypothétique remise partielle ou totale de la dette, notamment intérieure avec l’objectif de résorber les arriérés de salaires, on est en droit d’interroger le directeur général du budget de l’Union sur l’affectation des recettes publiques de la deuxième moitié de 2008. Mais aussi au ministre des finances de Ngazidja  qui doit préciser le chapitre budgétaire dont il entend imputer les 28% de réduction des dépenses ?

 

La réponse pourrait convaincre ceux qui ont la mémoire courte pour dire que les dépenses sont programmées aux chapitres « fonctionnement, transfert et dette extérieure ». Mais en réalité rien ne justifie les 16,328 de milliards prévus dans le TOFE (Tableau des Opérations Financières consolidées de l’Etat).

 

Certes les financements extérieurs auraient prévu une aide estimée à 6,360 milliards mais ceci indique que les recettes propres de l’Etat ont été couvertes en grande partie vers la fin de l’année et pour combien ? Toutes ces interrogations attendent encore des réponses à la mesure des recommandations du FMI et des autres partenaires extérieurs disposés à accompagner les Comores à réussir son programme, à condition que l’Etat tienne ses engagements en termes de moralisation et d’assainissement des finances publiques, par une gestion plus rigoureuse et transparente, un pari qui n’est pas gagné d’avance, à moins de trois mois de l’évaluation du programme.

 

L’autre indicateur qui s’impose est relatif à la structure budgétaire. Il consiste en la présentation trimestrielle des états budgétaires consolidés par les quatre ministres des finances (Union et îles) aux services du Fmi. Dans ce même ordre d’idée, il est prévu de tenir au moins des réunions mensuelles du comité budgétaire pour transmettre les comptes rendus aux services du Fonds monétaire, et d’organiser des réunions de la commission de suivi des prix des produits pétroliers. L’informatisation du fichier solde de la fonction publique et le contrôle des dépenses salariales sont aussi exigés. Toute une batterie de mesures qui indiquent que le pays est observé à la loupe et condamné à jouer la transparence.

 

Aucun argument ni politique, ni institutionnel ne saurait justifier ou excuser un nouvel échec, surtout à l’approche d’un référendum constitutionnel qui coûtera à l’Etat l’équivalent de 400 à 500 millions de nos francs. Le FMI attend des Comores une obligation de résultat. D’où l’impératif de surseoir les conflits politiques et réussir le programme par le suivi de l’aide d’urgence post-conflit pour l’intérêt général, en amorçant la croissance économique et la réduction de la pauvreté.

 

A. Nabahane

140109/an/hzkpresse/15h00

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Jeudi 15 janvier 2009

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

Mutsamudu, mardi 13 janvier 2009 (HZK-Presse)Au total 350 jeunes ont passé ensemble la formation militaire à Itsoundzu à Ngazidja avant de rentrer à Anjouan pour la parachever. En fait cela fait un mois depuis que ces jeunes parcourent les régions de l’île d’Anjouan de village en village, mais aussi dans les forêts.

 

Le camp militaire vient tout juste d’être réhabilité, après avoir servi de bureaux pour les CADER (centre d’encadrement agricole, appuyé par l’Union européenne aux années 80) puis délaissé. Les autorités ont jugé utile de récupérer le site pour y installer ce camp.

 

Vendredi 9 janvier dernier, tout le monde était là, membres des gouvernements, officiers et sous officiers, le président de l’île d’Anjouan, le général Salimou, le Directeur de cabinet à la présidence chargé de la défense Mohamed Bacar Dossar, mais aussi le chef suprême des armées le président Ahmed Abdallah Sambi.

 

Sur place les jeunes recrues ont défilé, chanté et dans leurs yeux on lisait l’expression d’un grand soulagement après plusieurs semaines de formation ardue. En tout trois compagnies composées chacune de cent soldats. Les autres avec leur fanfare sans oublier le service de santé militaire. L’après-midi c’était la fête dans toute la région d’Ongoni, au nord de Domoni, dont la population avait fait le déplacement pour honorer l’événement.

 

Deux discours ont été prononcés, d’abord celui du général Salimou, chef d’état-major de l’Armée nationale de développement (AND) qui a tenu à rappeler son engagement ainsi que la volonté de l’Etat d’apporter tout l’encadrement nécessaire afin que ces jeunes réussissent dans leur désir de servir sous le drapeau de leur pays.

 

Le général a aussi souligné que grâce à cette initiative, la paix devrait régner dans notre pays en remerciant également au chef de l’Etat pour avoir accepté l’idée de renforcement des effectifs de nos forces militaires.

 

Un camp où vont loger près de 150 soldats, une cinquantaine sera déployée dans les brigades de gendarmerie, à Domoni, Sima et Pomoni pour un maillage territorial de l’île. Deux compagnies vont rester sur Anjouan alors que le reste sera affecté à Moroni pour aller renforcer l’effectif de l’armée et aussi la gendarmerie comme l’a précisé dans son discours le général Salimou Mohamed Amiri.

 

A son tour, le président Ahmed Abdallah Sambi devait prononcer un discours à l’attention des recrues. Il les a d’abord félicités pour avoir réussi à toutes les étapes de leur formation et de tout cœur il se dit « confiant pour la suite de leur mission ».

 

Par ailleurs le chef de l’Etat a parlé d’une « sécurité retrouvée » sur toute l’étendue du territoire, une occasion à ses yeux pour tous les investisseurs de venir apporter leur aide car ils seront assurés qu’il n’y aura plus de conflits entre les îles et souhaite une paix globale et durable pour l’ensemble des Comores.

 

Il promet à ces jeunes que cette première formation n’est qu’un début, car ils auront dans l’avenir des opportunités de partir se perfectionner à l’extérieur pour d’autres types de formation spécialisée.

 

Le président Sambi définira leur mission, les appelant à la vigilance, pour mieux défendre les frontières ainsi que la sécurité des personnes et des biens. « Fini le temps des soldats NAILE YILALE (manger et dormir), vous devez être fiers aujourd’hui de l’action patriotique de libération de l’île d’Anjouan aux mains des rebelles », martèle-t-il, avant d’expliquer la signification d’une armée nationale de développement, qui est de « démontrer à la population que vous êtes prêts à servir la nation en toutes circonstance, y compris en cultivant, en construisant des bâtiments et pourquoi pas des routes… ».

 

Enfin devant le chef religieux Oustadh Abal Madjid, les jeunes soldats ont récité ensemble quelques versets du saint coran en guise de serment devant Dieu et tous les comoriens. La cérémonie s’achèvera par quelques démonstrations de pratique d’arts martiaux, à l’exemple très applaudi de la femme soldat qui échappe à deux individus qui devaient l’attaquer.

 

Selon un grand responsable de l’armée, un autre groupe va faire son entrée dans l’armée, suite au concours organisé l’année dernière, et partira vers Itsoundzou dans deux semaines. « Notre armée a besoin d’un effectif de 2000 soldats » nous confiait cet officier.

 

Naouir Eddine Papamwegne

130109/nep/hzkpresse/12h00

Publié dans : NOUVELLES FRAICHES DES COMORES - Par HZK-Presse - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

LU POUR VOUS

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

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