PRESENTATION

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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LETTRES

Lundi 21 septembre 2009
Vous trouverez ci-dessous la lettre ouverte de Dr Abdou Misbahou diffusée il y a quelques jours sur internet.


Lettre Ouverte Aux Comoriens

Chers Compatriotes,

Dans un souci de rapprocher les comoriens, le président de la République souhaiterait faciliter les liaisons inter-îles par des moyens de transports rapides sur les plus courtes distances.

L’idée paraissait excellente car, cette nouvelle stratégie en matière de transport présente plusieurs avantages. Cette nouvelle politique aurait eu pour avantage de favoriser les échanges entre les habitants des différentes îles en réduisant les distances qui les séparent. Par ailleurs, elle devrait contribuer à réduire sensiblement la facture des armateurs. Au bout de la chaîne, le prix du billet devrait être réduit de moitié et les passagers bénéficieraient d'un gain de temps appréciable.

 A l’origine le choix des sites ne souffrait d’aucune critique car leur situation géographique répondait bien à l’objectif du projet qui privilégiait l’intérêt national et non la satisfaction des intérêts d’un village pour des raisons politiques ou partisanes.

Force est de constater que depuis quelques jours, Sambi a encore écouté son entourage. Il a décidé de modifier pour l'île d'Anjouan, le site qui devait accueillir cette infrastructure. Le village de BIMBINI est donc hors course. J’espère que ce ne sont pas les mêmes conseillers que pour le projet habitat. Ce choix de dernières minutes dicté par les « techniciens » selon Sambi, a éloigné le projet de son objectif initial au profit des règlements de comptes politiques. L'efficacité et l'intérêt national ont été purement et simplement sacrifiés.
Rien ne justifie ce changement quand on sait que la situation géographique du site de BIMBINI présente l’avantage de se situer dans une des rares zones inhabitées dans cette île surpeuplée. La presqu’île de Chissiwani possède les belles plages d’Anjouan, lesquelles sont restées encore sauvages avec l’île de la selle, d’où son intérêt touristique. Cette région est méconnue car elle n’est pas traversée par la route qui fait le tour de l'île. Je vous invite à visiter ces plages sur google earth car l’exclusion d’Anjouan du programme hôtelier de Sambi fait croire à certains que cette île n’a pas de belles plages. Sambi ne peut pas prétendre qu’il ne connait pas ces plages car elles sont mitoyennes des domaines appartenant à des familles de Mutsamudu (famille prince, Mdama et Zoubert Yahadj ). J’ai préféré citer des noms pour fournir aux uns et aux autres davantage de preuves vérifiables quant aux mauvais choix politiques de Sambi en matière de développement touristique à Anjouan.

Je lance un appel à l’opposition nationale pour empêcher Sambi d’entraîner le pays dans ces choix politiques et économiques hasardeux. L’argent public n’est pas le bien de Sambi pour qu’il s’en serve à sa guise pour ses règlements de comptes politiques ou pour des raisons partisanes.
Si la position des partis d’opposition en faveur de la tournante est louable, son silence dans la mauvaise gestion de la chose publique les discrédite. En définitive, les comoriens ont le sentiment que le souci premier de l’opposition est aujourd'hui de faire partir sambi pour hériter des postes ministériels et bénéficier des avantages et autres privilèges liés à l'exercice du pouvoir.

Mohéli possède les plus belles plages des Comores. Malheureusement personne ne parle de l’inexistence de structure hôtelière dans cette île. Quel paradoxe ?

Sambi nous parle d’un grand aéroport à Anjouan, je voudrais savoir le nombre d’avions transportant des touristes qu’il peut accueillir alors que l’unique hôtel (20 chambres) de cette île est vieux de plus de 45 ans et que la diaspora anjouanaise demeure insignifiante. Au moment où l’aéroport de Hahaya est sous exploité, une construction d’un autre aéroport international à Anjouan sans développement des structures hôtelière ne serait qu’un gâchis pour satisfaire les séctaristes.

Aussi, je condamne avec la même vigueur la construction d’un port en eau profonde à Moroni alors que le port de Mutsamudu sous exploité est conçu pour servir de port d’éclatement vers les autres îles.

Le port de Mohéli comme l’aéroport de cette île, méritent des améliorations. Malheureusement aucun Comorien n’en parle y compris les Mohéliens.
 
La destruction de l’ancien hôtel Maloudja ou Galawa n’est qu’un gâchis car, Ngazidja possède d’autres plages désertes aussi belles où l’on peut créer de nouvelles structures.
Le projet habitat nous rappelle les aventures de Sambi. Et les comoriens n’accepteront pas que Sambi revient encore nous dire qu’il a été mal conseillé dans le choix du site tel a été le cas du projet habitat.

Aussi, la veille du départ de Sambi - sans assemblée nationale- ne m’apparaît pas le moment opportun d’engager le pays dans une démarche visant à confier un pan de sa souveraineté et de son économie à un seul étranger sans appel d’offre. Il existe une dérive dans ce quasi monopole, bien que cet homme d'affaires mérite d’être encouragé pour son intérêt pour les Comores au moment où les investisseurs étrangers nous ont tourné le dos.

Condamner Sambi dans ses mauvais choix politiques et économiques ne se limitent pas à défendre les intérêts d’un camp ou d’un village. Il s’agit d’un devoir citoyen car Sambi n’a pas le droit de confondre la gestion des fonds publics avec les deniers de la fondation de son épouse.

Dans le choix du site du port d’Anjouan il n’appartient pas aux étrangers de décider de ce que les comoriens doivent faire sans tenir compte de l’intérêt national.
Sambi doit mettre de côté son orgueil ou son égo et prendre la mesure de la gravité de ses responsabilités en tant que chef d'état. Il va de son honneur de se démarquer de la politique de coups bas et de règlements de comptes, monnaie courante aux Comores et particulièrement à Anjouan.

Aussi les Comoriens doivent refuser de suivre la politique de haine orchestrée par certains politiciens véreux contre la personne de Sambi et les anjouanais. Il faut tout simplement utiliser son bulletin de vote pour élire les députés de l'opposition nationale. Il s'agit de l'unique frein aux aventures de Sambi.
A bon entendeur salut

Abdou Musbahou
- Par HALIDI - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 16 avril 2009

 

 

A ma tante

A mes cousins

A ma cousine

 

Le pire est arrivé en début d’après midi du mercredi 18 mars 2009. Il est parti ; il nous a quittés ; il nous a laissés pour que sa grande âme repose en paix.

 

Voilà un après midi blanc ; un après midi funeste. Comme je le déteste. Le blanc est encore là. Il nous pourchasse. Il refuse de se diriger vers le bunarti pour nous laisser tranquille. Même de loin, ce blanc torturant m’envahit et ne veut pas me lâcher. Avec ces kandzus et koffias blancs. Ou encore ce linceul blanc et  ce drap blanc qui couvre désormais le lit de ma tante. Sans oublier cette robe et ce foulard blancs qu’elle doit porter pendant quatre mois et dix jours  ainsi que ces nuits  blanches qu’elle va passer. Elle doit aussi porter – temporairement (parait il) -  le deuil peu importe sa lourdeur. Mais, il va de soi que le deuil va abuser de sa  gentillesse. Il va certainement l’habiter pour toujours. Tout cela me hante.  Quel temps lugubre ! Quelle couleur triste ! Couleur du deuil. Ouste !

 

Il, c’est ton mari

Il c’est votre père

Il, c’est mon oncle

Il c’est l’ami de tout le monde

Il, c’est « Monsieur » Ahmed Cheik alias baha Attou

Il, c’est tout simplement un homme qui avait le sens de l’humour et qui savait concilier le « dini wa duniya » - la religion et la vie

 

Quand ma sœur m’a téléphoné ce mercredi là vers 13 heures (heure de Paris) pour me demander de la "rappeler tout de suite car c’est TRES URGENT", je me suis demandé s’il fallait vraiment le faire de peur d’apprendre ce que mes oreilles ne voulaient pas recevoir. Même si, en réalité, je m’étais déjà préparé depuis mon entretien  téléphonique de la veille avec ma cousine et mon cousin. J’ai commencé à appréhender la mauvaise nouvelle même si je m’efforçais de refouler avec fougue cette appréhension.

 

Hélas ! Quand j’ai rappelé, c’est pour entendre effectivement de la bouche de ma sœur la mauvaise nouvelle : « Baha Attou est mort ».

 

Sur le coup, j’ai repensé au pessimisme mais réaliste de ma cousine et à la sérénité dont elle avait fait preuve  lors de notre conversation de la veille. Un réveil brute de ma mémoire qui boguait. Ses paroles bousculent encore mes nerfs solides : « les médecins ont l’air d’être optimistes. Mais moi non. De toutes les façons ils le sont toujours. Je ne vois aucune amélioration. Bien au contraire. Mais on fait avec et on verra. ». Quelle souffrance et quel désespoir de perdre un être cher !

Comme si cela ne suffit pas, il faut aussi que la souffrance de l’impuissance et de la résignation vienne s’ajouter dans ton chagrin profond, toi ma chère tante. Je l’ai ressenti quand je t’ai eue au téléphone quelques minutes après l’annonce de la mauvaise nouvelle : « tu transmettras la nouvelle aux autres et tu leur préciseras que nous avons tout fait  mais ça n’a pas marché. » m’as-tu lancé en soupirant.

 

Oh que c’est dur et monstrueux d’écrire une telle lettre ! Oh que c’est triste et monstrueux de lire une telle lettre !

 

Mais n’est ce pas aussi notre cataplasme pour apaiser notre douleur comme tous ceux qui ont perdu des êtres chers ? Les morts ne sont t-ils pas heureux que quand ils ont  des vivants ?

 

Croyez-moi chers tante, cousins et cousine quand j’affirme que même si mon corps est invisible, je suis à vos côtés. Mon cœur, mon esprit et toute ma force se trouvent à OUANI pour vous épauler et partager avec vous notre douleur indescriptible.


Oh ! Le temps passé n’arrange toujours pas les choses. La souffrance continue à ronger mes os.

 

Grâce à eux, j’ai aussi lu la célèbre sourate 36 « Ya sin » du coran avec toute la famille devant ce corps enveloppé dans un linceul blanc

Grâce à eux, j’ai aussi fait un douan et répété plusieurs fois la sourate 1 « Al fatiha » du coran pour notre cher défunt

Grâce à eux j’ai aussi récité le « Ayat il kursiyu » avant la levée du corps

Grâce à eux j’ai aussi porté sur mes épaules SON shilili, le cercueil de chez nous

Grâce à eux  j’ai aussi participé à la prière mortuaire

Grâce à eux j’ai aussi serré, après l’enterrement, ces milliers de mains de tous ces gens venus de partout pour partager notre peine et dire au revoir à leur ami. Quelle foule !

 

La mort a encore fait preuve de sa lâcheté habituelle et injuste. Un ogre jamais rassasié ! Elle continuera à le faire. Hélas ! Elle s’est encore une fois attaquée à une personne vulnérable. Un homme de 76 ans qui était affaibli depuis quelques jours  par une maladie et qui ne pouvait plus l’affronter. Jamais, elle n’avait osé le défier quand il possédait toutes ses forces ! Un Homme, de surcroit, qui aimait la vie !

 

Quelle lâcheté, en effet, de s’attaquer en permanence aux vulnérables et innocents : bébés, enfants, femmes enceintes, vieux, malades, accidentés, personnes qui dorment... ! Et souvent en cachette.

 

Pourquoi elle ose rarement défier les gens quand ils ont la plénitude  de leurs forces ? Pourquoi elle n’a pas le courage d’affronter les gens à visage découvert ?

 

En tout cas, je vous combattrai tant que je serai là. Car vous ne m’intimidez pas. Vous ne m’impressionnez  pas. Lâche que vous êtes, je suis convaincu que vous crierez victoire qu’une fois que je ne serai plus là.

 

A vous mes cousins

A toi ma cousine

 

La tâche sera difficile mais je suis convaincu que vous l’accomplirez avec brio. Accrochez vous à nos valeurs ancestrales pour réussir. Vous avez le devoir MORAL d’aider votre mère – ma tante – à « surmonter » sa peine et cette épreuve difficile. Ne la laissez pas s’enfermer dans la solitude, l’anxiété et  le chagrin pendant et après ce « eda » horrible qui durera quatre mois et dix jours. Quatre mois et dix jours durant lesquels elle doit s’enfermer à la maison et ne pourra recevoir aucune visite d’homme, qu’elle serait susceptible de pouvoir épouser ! Un bon moyen pour achever une femme déjà détruite par le chagrin !

 

De plus, il ne sera pas facile pour elle d’oublier un homme avec lequel elle a passé plus de 40 ans de vie commune et de cohabitation pour le meilleur et pour le pire – avec des hauts et des bas.  L’époux idéal que ses parents lui avaient offert alors qu’elle avait à peine 15 ans.

 

De mon oncle, Baha Attou alias « Mister big » comme moi, vous  et les autres  aimiez l’appeler (en contrepartie, il nous offrait quelques pas de danse au lieu de nous qualifier d’insolents ou d’impolis), de votre père et de ton époux, je garde le souvenir d’un homme vivant qui avait le sens de la générosité, de l’humour, de la tolérance, de la compréhension et de l’amitié.

 

Tous ceux qui t’ont côtoyé partout aux Comores, surtout à Ngazidja dans les années 60 et 70 quand tu étais fonctionnaire du Trésor Public et à Ndzuwani, ton île natale où tu étais rentré en 1980 pour apporter aussi ta modeste contribution au nouveau  gouvernorat de notre pays fraîchement indépendant jusqu’ à ton départ à la retraite le témoigneront.  Ou encore tous ces élèves, étudiants et  personnes de passage à Moroni que tu hébergeais grâcieusement avec joie et recevais à bras ouverts dans ta résidence familiale de la coulée de laves en dépit de son exiguïté et sans que vous ayez forcément de lien de parenté.

 

Bien des gens de ta génération se rappelleront du musicien, du footballeur et de ces palabres de Msiroju, la célèbre place publique de  la ville. 

Oh Msiroju de  mon enfance !  Je te cherche tous les jours. Vain effort. Apparemment. Avec ton arbre géant et ces brouhahas. Ces jeux de cartes, de dominos, de mdraha…. Ces festivités culturelles, nuptiales, politiques… Que du folklore ! De  la véranda de notre domicile familial, mes yeux te caressaient tous les matins. Tu m’offrais  en retour des clins d’œil amoureux. Aujourd’hui, de très loin je te montre mes larmes. A ton tour de caresser mes joues. J'en ai besoin.

 

Tes amis de la « place rouge » regretteront  le départ prématuré d’un ami fidèle qui répondait toujours présent aux pique-niques de dimanche.

 

Dès le mois de juillet prochain, à l’occasion des mariages, partout à Ndzuwani, on sentira le vide. L’on entendra plus, en effet, cette voix suave  de « Said Ahmed Cheik » dans les barzangué  et l’on ne verra plus ce bon danseur de toutes les danses traditionnelles de l’île.

 

Quant aux jeunes de Wani, ils chercheront vainement, leur ami Baha Attou, cet homme élancé aux kandzu et koffia pointu qui savait concilier « le dini wa duniya », la religion et la vie. Car il ne sera plus ni sur les pistes des discothèques de la ville pour arpenter quelques pas endiablés de tcha tcha tcha et autres danses modernes ni à la mosquée pour accomplir ses obligations religieuses. Ils ne verront pas non plus ce passionné du sport au stade de football entrain d’admirer les jeunes  qui s’entrainent tous les après-midis ou remettre des trophées et médailles aux vainqueurs de différentes compétitions sportives qui seront organisées au mois d’août prochain dans le cadre de la célèbre semaine culturelle et de la jeunesse de la ville.

 

Quant à ta famille, tu restes tout simplement irremplaçable.

 

Toi, le vivant qui aimais dire qu’il faut profiter de la vie tant qu’on pourra. Tu n’avais pas peur de la  mort. Si Jean de la Fontaine était à nos côtés en ce moment, il allait certainement nous rappeler que sage que tu étais, la mort ne t’a pas surpris. Tu étais toujours prêt à partir. Et c’est fait. Que ta grande âme repose en paix cher oncle ! Amen.

Avril 2009 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

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Jeudi 16 avril 2009

Source : Alwatwan.net/16 avril 2009

Lettre ouverte à son excellence monsieur Luc Hallade. Ambassadeur de France en Union des Comores

Artiste et formateur dans le domaine des Arts Plastiques, j’enseignais à l’École Française Henri Matisse. Mais j’ai appris ce lundi 6 avril 2009 que mes interventions dans cette école allaient être suspendues jusqu’à nouvel ordre, suite à ma participation à Moroni au “gungu” du vendredi 13 mars 2009, une manifestation dénonçant l’organisation par la France du référendum pour la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte, référendum déjà condamné par l’Etat comorien, l’Union africaine et les Nations unies.

L’ordre de suspendre mes cours viendrait de vous, m’a-t-on signifié.
Je ne vous cache pas mon étonnement et mon indignation face à pareille décision, prise par un ambassadeur de France, représentant d’un pays de droits, une démocratie, où la libre expression des citoyens est permise et souhaitée. Je trouve contradictoire qu’un représentant de l’Etat français veuille me faire taire ou m’imposer son opinion politique, en jouant mon poste d’enseignant à l’école française aux dés. Ce geste n’honore pas la France, terre revendiquée des droits de l’homme.

Mais qu’ai-je commis comme crimes? J’ai exprimé mon opinion sur un problème colonial non résolu entre la France et l’Union des Comores, mon pays? Je me suis prononcé sur la question de Mayotte, et plus particulièrement contre le processus de départementalisation enclenché par la France ? Dois-je vous rappeler, excellence, le contenu de la résolution N°31/4 du 21/10/1976 à l’Onu? Je ne vous ferais pas l’offense d’un cours d’histoire. Mais je demande le droit d’avoir une position claire et concise sur l’avenir de mon pays, en ma qualité de citoyen d’un Etat souverain, bien que fragilisé.

Je me demande à quoi servirait mon travail de créateur s’il ne reflétait pas le vécu comorien. Peut-on créer aux Comores sans avoir son mot à dire sur la réalité environnante? En prenant position sur la question de l’intégrité territoriale des Comores, je n’ai fait qu’exercer mon devoir de citoyen libre. Ce que vous pouvez comprendre et respecter. Vous avez certainement une opinion sur ce qui se passe dans votre pays.
Devrait-on vous suspendre de vos fonctions ou bien est-ce à dire que vous n’avez jamais d’opinion, en tant que citoyen sur le devenir de la France ?

Je sais que la décision de suspendre mon cours n’est pas venue que de vous. On m’a bien fait comprendre que l’opinion de certains parents d’élèves comoriens de nationalité française a beaucoup pesé dans cette décision. Jusqu’à preuve du contraire, aucun collègue ou parent d’élève français, dit “de souche”, ne s’est plaint ouvertement de ma position, ni ne m’a jugé. Seuls les Comoriens m’ont parlé de représailles (“tu n’aura jamais de visa si tu continues ainsi”) possibles, et je les comprends, dans la mesure où il n’est pas facile d’aimer son pays dans le contexte de crise où nous nous trouvons actuellement.
Mais est-ce le rôle d’un artiste que de tendre la main et de se taire? Au-delà, le citoyen n’a-t-il pas le droit d’exiger sa “part de dignité dans ce monde”?
Monsieur l’ambassadeur, j’estime avoir agi en accord avec ma conscience. Je n’ai rien contre les Français (comme si on pouvait mettre tout le monde dans une même boîte), mais je suis contre une situation d’occupation, contribuant à déstabiliser mon pays. Je connais aussi d’autres français qui me donneraient raison. Ce qui ne fait pas d’eux des anti-Français.

Je vous demande donc de respecter ma position sans aller à l’encontre des valeurs que vous incarnez à nos yeux.
 Mayotte est comorienne, de terre, de langue, de culture, de religion et de sang. N’est-il pas normal pour moi qui suis citoyen comorien de le rappeler? Je le répéterais autant de fois que cela m’est possible.

Il y va de ma propre intégrité intellectuelle. Ce pays a le droit d’avoir des enfants qui l’aiment. Avoir une opinion contraire à celle-là serait une manière de me renier moi-même jusqu’à l’os. Ce que je ne me vois pas du tout faire.

Seda,
artiste plasticien comorien

 

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Dimanche 8 mars 2009

A toutes les femmes

 

Compte tenu de l’éducation que mes parents m’ont donnée, je commettrai un crime si ce jour,  je ne publie pas un billet…. Et pas sur n’importe quel thème. Nous sommes le 08 mars. C’est  votre journée. C’est la journée internationale de la femme célébrée partout dans le monde. J’ai une grande pensée pour vous, toutes les femmes en général et les femmes comoriennes en particulier. Je m’associe aussi à vous pour mener le combat contre la violence faite à la femme.

 

En effet, cette année, le thème retenu est « Femmes et hommes unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles ». Un thème crucial compte tenu des différentes formes de violence dont beaucoup de  femmes et enfants sont victimes un peu partout dans le monde. Le plus souvent, c’est la violence physique qui est  visible. L’on voit les traces …les plaies, les bosses, les yeux enflés...les membres cassés et que  sais-je encore. Du coup, une autre violence est oubliée. Pourtant, elle est terrible ; elle détruit en silence.  On ne s’en rend compte que quand c’est trop tard ; Il s’agit  de la violence morale. Ces mots ou phrases qui blessent ; ce manque d’attention qui fait mal….Ces divorces, ces mariages arrangés ou forcés qui traumatisent. Ces insultes ou encore ces absences régulières qui détruisent. La liste est longue

 

Aux Comores, chez moi là bas dans l’océan indien, ces quatre îles qui s’amusent  à l’entrée du canal de Mozambique,  les deux violences sont là aussi. Le plus souvent c’est un sujet tabou même si les chiffres sont là.  Selon une étude récente consacrée au sujet, une jeune fille sur deux  est victime de violence sexuelle (viol, attentat à la pudeur …). Et si on ajoutait les violences conjugales de toute sorte, qu’est ce que les statistiques donneront ? En réalité, je ne cherche même à les connaitre de peur de vomir. Les informations qui m’arrivent régulièrement de ma ville natale me suffisent déjà. Ils me donnent la chair de poule et me révoltent : ces violeurs qui sévissent depuis quelques temps ;  ces abus sexuels sur des filles mineures, la pédophilie, ces abandons de famille, ces divorces et répudiations sauvages… Tout le monde le constate mais leurs auteurs restent le plus  souvent impunis.

 

Pour faire face à ce fléau inacceptable et dégoutant, il serait temps que les autorités politiques et la justice comoriennes fassent preuve de fermeté et de sévérité. Elles doivent tout simplement assumer leurs responsabilités. Il  faut vulgariser et appliquer comme il faut le code pénal et  le code la famille. Les associations qui œuvrent pour  les droits de la femme  et la promotion du genre doivent encadrer les victimes et les inciter à porter plainte.

 

Je vais m’arrêter ici pour ne pas trop priver  de ma présence à ma tendre épouse. Car c’est aussi une sorte de violence morale ! Et elle ne ratera pas l’occasion de me dire qu’en cette journée importante  qui lui est consacrée j’ai mis aux oubliettes ses droits.

 

Tous unis nous mettrons fin à la violence  contre la femme et la fille !

 

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

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Vendredi 20 février 2009

La France dans l’île comorienne de Mayotte : Le président de l’Assemblée nationale écrit au président du parlement européen

Monsieur le président,

En ma qualité de président de l'Assemblée de l'Union des Comores, la représentation nationale de mon pays, j'ai le devoir d'attirer l'attention du Parlement européen, et à travers lui, celle des peuples européens, sur la grave situation que la France, pays européen, est entrain de créer aux Comores et par delà dans le sud-ouest de l'Océan indien.
Vous n'ignorez pas que la décolonisation des Comores est inachevée du fait du maintien de l'île comorienne de Mayotte sous administration française. Et pourtant, l'Organisation des Nations unies a admis en son sein les Comores, comme 134ème membre en tant qu'archipel constitué de quatre îles principales par sa résolution numéro 3385 du 12/11/1975, résolution votée par l'ensemble des pays européens hormis la France qui avait choisi de ne pas participer au vote.

Depuis 1975, plus d'une vingtaine de résolutions ont été adoptées par l'Onu pour condamner la politique de la France à Mayotte, considérer comme nulles et non avenues ses consultations dans l'île comorienne et inviter la France à accepter d'ouvrir des négociations avec les Comores pour une solution juste de cette épineuse question.
Malheureusement, la France qui se pose si souvent en donneur de leçons dans les relations internationales, a toujours refusé de respecter les résolutions de l'Onu, optant pour une attitude de grande puissance qui va même jusqu'à prétendre opposer son droit interne sur le droit international, qui plus est sur une question internationale.

Monsieur le président,

La France s'apprête à organiser le 29 mars 2009 dans l'île comorienne de Mayotte, une consultation qui vise la départementalisation de Mayotte. Elle croit ainsi avaliser le fait accompli. Ce qui va aggraver sensiblement les tensions.
Vous n'ignorez pas la situation de non droit que la France impose aux Comores.
Elle se livre à des déplacements massifs de population, (16 000 l'année dernière suivant ses propres chiffres) les Comoriens étant considérés par elle comme des clandestins dans leur propre pays.
Des milliers de Comoriens périssent chaque année dans le bras de mer séparant Anjouan de Mayotte, conséquence néfaste du visa imposé aux Comoriens désirant se rendre à Mayotte.

Tout récemment, suite à la diffusion d'une vidéo par le journal français “Libération” l'aperçu des mauvais traitements que subissent les Comoriens dans le Centre de Rétention de Mayotte, anti-chambre des expulsions, a créé un scandale en France et la Commission Européenne s'en est émue dans une communication publique.
Monsieur le président,

La départementalisation de Mayotte va rendre cette situation encore plus tendue. D'autant que les Comoriens perdront alors tout espoir d'une solution négociée. Déjà aujourd'hui, la France considère Mayotte comme terre française et ne veut pas en démordre, qu'en sera-t-il lorsque l'île comorienne sera érigée en département français.
L'Union Européenne va-t-elle suivre la France, appuyer sa politique du plus fort, valider le fait accompli et conforter la thèse de ceux qui considèrent que les relations internationales sont toujours gouvernées par les lois de la jungle? L'Union Européenne est-elle prête à intégrer l'île comorienne de Mayotte en son sein? J'ose croire qu'il n'en est rien, voilà pourquoi j'ai l'honneur de vous demander de saisir le Parlement européen sur la politique de la France aux Comores pour que la solidarité nécessaire des peuples européens envers le peuple comorien puisse s'exprimer.

Dans cette perspective, je vous adresse ci-joint le mémorandum du 12 novembre 2008, document synthétique cristallisant les positions du peuple comorien, mémorandum remis officiellement par une délégation comorienne composée de ministres, de parlementaires et de représentants de la société civile, à l'ambassadeur de France aux Comores pour transmission au gouvernement français.
Veuillez agréer, monsieur le président, l'assurance de ma très haute considération et la reconnaissance des élus comoriens pour l'appui que l'institution que vous présidez voudra bien apporter au recouvrement de l'intégrité territoriale des Comores.
Said Dhoifir Bounou
Président de l'Assemblée de l'Union des Comores
Lettre numéro 006/Pr/Au
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Dimanche 8 février 2009


Contentieux France/Comores : Réponse à l'ambassadeur de France en Ethiopie
Suite à la lettre que l'ambassadeur de France en Ethiopie a adressée aux diverses représentations diplomatiques d'Afrique en poste à Addis-Abeba le 28 janvier 2009 (voir ICI), ci-dessous une réponse appropriée de Monsieur Saidali Mohamed, ancien  premier ministre Comorien  sous Djohar. Espérons que les actuels dirigeants Comoriens suivront ce bel exemple même si à notre avis " le train est déjà parti "à cause de notre naiveté et notre amateurisme en diplomatie. Hélas !



Malgré, la pertinence de toutes les résolutions prises par l'Assemblée générale des Nations unies, depuis l'accession des Comores à la souveraineté en 1975 , condamnant la France pour sa présence illégale à Mayotte, cette dernière n'a jamais obtempéré; s'employant bien au contraire à diviser l'archipel aux quatre îles en soutenant les revendications régionales. La France n'a jamais ignoré qu'elle est devenue en 1841 acquéreuse d'une terre usurpée par le prince Malgache Andrianatsouly, chassé de son royaume, sur la Côte malgache, et accueilli comme réfugié privilégié par le Sultan de Mayotte, Boina Combo, selon des accords de voisinage, entre le royaume sakalava de la Côte malgache et le royaume de Mayotte. Les autorités Françaises remettent en cause la légitimité des revendications comoriennes, d'une part par l'argument selon lequel l'unité politique comorienne n'a jamais été acquise avant la colonisation et d'autre part que les agissements français s'appuient sur le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, en d'autres mots la France répond simplement au vœux du « peuple Mahorais » et cela bien que ces derniers présentent « des traits identitaires partagés » avec leurs voisins selon l'ambassadeur de France en Éthiopie. Que faut-il donc pour constituer un peuple? Une identité « commune » ou « partagée »? selon les critères reconnus, qu'en est-il de la Corse? Quant à l'unité politique, pour ceux qui ignorent l'histoire des Comores, la période de la pré-colonisation fut marquée par le règne des sultans qui se partageaient l'archipel et étaient souvent issues de la même famille. Ainsi le dernier souverain de la Grande Comore le Sultan Said Ali ben Said Omar et celui d'Anjouan le Sultan Mohamed Sidi ben Said Omar étaient demi-frères. Mohamed sidi a régné à Anjouan bien qu'il soit né à Mayotte de mère mahoraise et y ait été élevé jusqu'à son intronisation. Le domaine royal situé dans la ville de kani à Mayotte appartient toujours aux héritiers de la dernière famille royale d'Anjouan. En somme l'Histoire démontre que ces principautés furent gérées et administrées par des souverains de mêmes lignées familiales, comme l'ancienne Gaule qui est devenue, aujourd'hui, la grande France.

De grâce, son excellence, Monsieur l'ambassadeur, où sont, aujourd'hui, les anciennes Contrées de la Gaule?......la Vendée, la Bretagne, la Provence, la Bourgogne, la Picardie, avec leurs Comtes, leurs Ducs, leurs lois, leurs langues et leurs coutumes, qu'est ce que nous faisons des nationalistes Corses, des nationalistes Basques....etc...etc
Vous feriez preuve de beaucoup de lucidité en temporisant la marche vers la départementalisation de Mayotte, et ainsi permettre l'ouverture du débat (qui aurait déjà dû avoir lieu depuis bien des décennies) de telle sorte que toutes nos populations, aussi bien françaises métropolitaines que comoriennes des quatre îles soient bien informées des enjeux de ce processus qui les concerne tous. Le peuple Français doit être informé dans son ensemble, on ne peut plus laisser à l'écart la Métropole Française des affaires de l'Outre-Mer.

En conclusion, je reste convaincu que si la force et l'impatience peuvent brutaliser et détruire, la sagesse et la lucidité peuvent harmoniser, réconcilier et bâtir.
SAID ALI MOHAMED
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Dimanche 8 février 2009

  Suite à la noble position récente des Ministres africaines des affaires étrangères sur la question de Mayotte (voir ICI), vous trouverez ci-dessous la lettre que l'ambassade de France en Ethiopie a adressée aux diverses représentations diplomatiques d'Afrique en poste à Addis Abeba le 28 janvier 2009. Une lettre pleine de contrevérités historiques et qui ne tient pas juridiquement. En effet, Seul le droit international doit être appliqué ici. Le droit français n'a pas de vocation universelle.


La position de l'Union des Comores est dépassée et contestable au regard du droit international. Malgré des traits identitaires partagés, l'archipel des Comores n'a jamais présenté d'unité politique avant la colonisation. Celle-ci n'est pas davantage parvenue à achever un quelconque processus d'intégration. Ainsi, de 1946 à 1974, les Mahorais et leurs représentants librement élus ont toujours refusé leur rattachement aux Comores. Le principe fondamental de l'intangibilité des frontières issues de la colonisation, sur lequel s'appuient les Comoriens pour asseoir leur revendication de souveraineté sur Mayotte, doit être concilié avec un autre principe fondamental, celui de la liberté des peuples à disposer de leur propre avenir. Ainsi, les Comores et Mayotte forment un archipel dont l'éclatement n'est pas dû à l'action de l'ancienne puissance coloniale mais à la volonté du peuple mahorais d'exercer son propre droit à l'autodétermination. Par le référendum du 28 septembre 1958, la France a achevé le processus de décolonisation de ses anciennes colonies. Fidèle à ce principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, elle reste guidée par le double souci de ne pas garder au sein de la République des populations d'Outremer qui ne le désirent pas et de ne pas rejeter hors de la République des populations qui désirent y rester. Ainsi, ne pourrait-elle décider du rattachement de Mayotte aux Comores sans l'assentiment des Mahorais

La France, qui continue d'apporter son appui sans faille au redressement économique de l'Union des Comores et à en défendre les intérêts, en particulier auprès des grands partenaires multilatéraux, préconise aujourd'hui une approche globale et pragmatique du conflit de souveraineté sur Mayotte qui soit favorable aux deux parties. Le voisinage de Mayotte, terre française, et des Comores crée une solidarité régionale et une dynamisme de développement commun, que la France cherche à promouvoir. Cette disponibilité renouvelée s'exprime au travers du Groupe de travail de haut niveau (GTHN) qui, par la volonté partagée des présidents Sarkozy et Sambi, cherche à encadrer et à encourager, dans un cadre strictement bilatéral, de façon consensuelle, apaisée et constructive, des relations concrètes de coopération mutuellement profitables entre Mayotte et l'Union des Comores. Le compromis réaliste défendu par le GTHN offre la seule alternative au débat stérile qui oppose la France et les Comores depuis 30 ans. Il exige de chacun qu'il "mette de côté", sans y renoncer aucunement, des revendications de souveraineté qui sont, en tout état de cause, inflexibles et difficilement conciliables. En conséquence, il devrait impliquer de la part de l'Union des Comores la cessation de l'expression multilatérale de sa revendication, notamment devant l'Assemblée Générale des Nations-Unies et l'Union Africaine.

La "départementalisation" de Mayotte est un processus interne de droit français, engagé de longue date et qui n'affecte en rien le contentieux territorial franco-comorien. La France n'impose pas la transformation de Mayotte en département. Conformément à sa Constitution, celle-ci doit être soumise à l'approbation des Mahorais, ce qui devrait être fait le 29 mars. La consultation des Mahorais sur l'évolution du statut administratif de leur collectivité est sans conséquences sur l'appartenance de Mayotte à la France, consacrée par la Constitution. Les Mahorais sont déjà français et ne le seront pas davantage après le scrutin. Il ne s'agit pas d'un référendum d'auto-détermination. Le principal effet de la départementalisation portera sur les modalités selon lesquelles les lois et règlements de la République française seront applicables de plein droit à Mayotte.

Dans ce contexte de blocage comorien sur la prochaine consultation populaire à Mayotte, la France estime que la seule solution constructive réside, non dans la relance stérile d'une guerre de positions, en particulier dans les instances internationales, mais dans l'accélération des travaux du GTHN sur les relations Comores-Mayotte. Il s'agit d'avancer rapidement vers la création d'une " communauté de l'archipel " qui sera chargée d'organiser et de promouvoir les relations entre les quatre îles dans tous les domaines, de faciliter l'intégration de Mayotte dans son environnement régional et d'offrir ainsi aux Comores une perspective concrète de rapprochement avec l'île française et de développement économique et social durable. "
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Dimanche 1 février 2009
Vous trouverez ci-dessous le contenu de la lettre que Monsieur Chaher  Said Massonde, ancien Ministre dans les années 80 et  un des leaders du parti Udzima, vient d'adresser au Président de l'union des Comores, Monsieur Ahmed Abdallah Sambi au sujet du référendum que la France s'apprète à organiser sur l'île comorienne de Mayotte en mars 2009 et ce, en violation du droit international et des résolutions de l'ONU.



Excellence Monsieur le Président,


Début novembre 2008, j’ai été de ceux que notre Ambassade à Paris avait conviés pour parler avec vous du problème de l’île comorienne de Mayotte, suite à la décision du gouvernement français d’organiser dans cette île un référendum pour en faire un département français.

Répondant à la demande que vous nous aviez faite de donner nos opinions sur le sujet, j’ai notamment proposé que notre gouvernement demande la réactivation du Comité des 7 que l’ex-OUA avait mis en place pour suivre le dossier de la réintégration de Mayotte dans son ensemble naturel.

Votre ministre des Affaires Etrangères nous répondit alors que telle demande venait justement d’être faite et que très rapidement ce Comité allait se réunir pour relancer ses activités ad hoc.

Au jour d’aujourd’hui, aucune information ne nous est connue, montrant qu’effectivement le Comité a repris une activité en faveur de la cause qui nous préoccupe. Nous nous permettons donc de vous soulever la question de savoir ce qu’il en est de ce Comité .
La question se pose d’autant plus que la France n’a pas reculé et a fixé au 29 mars prochain, ledit référendum pour départementaliser Mayotte. Nous estimons que devant cette détermination à violer encore une fois les résolutions pertinentes de l’ONU, le gouvernement comorien se doit de mobiliser non seulement l’U.A. et ses organes appropriés, mais aussi l’ONU dont les résolutions vont être violées, ainsi d’ailleurs que toutes les autres instances internationales saisies par ce différend. Ne serait-il pas judicieux, Monsieur le Président, que votre gouvernement demande à ces institutions de prendre rapidement position sur ce référendum ?

Nous voudrions par ailleurs porter à votre Haute attention, le préjudice que causera sur ce combat, l’organisation aux Comores à la même période, du référendum sur la nécessaire révision de notre Constitution. Les Comoriens, tout comme l’Opinion Internationale ne doivent être préoccupés concernant les Comores, que sur cette violation par la France de l’intégrité de notre territoire. La révision de notre Constitution ne perdra rien à attendre quelques mois. Je vous prie en conséquence, Monsieur le Président, de prendre en considération cette revendication de tous ceux qui se mobilisent pour la cause nationale et fixer à une date plus lointaine, la consultation sur le Constitution.

En lieu et place de ce référendum constitutionnel, je me permets de vous soumettre l’idée de recommander à votre gouvernement, de se concerter avec les autorités compétentes de l’île autonome de Ngazidja, pour que, au cas où aurait lieu à Mayotte l’illégitime référendum, une des places de notre capitale (la « place de France » par exemple) soit, ce même 29 mars 2009, solennellement baptisé au nom de SOUFOU SABILI, un des plus grands combattants maorais pour l’Unité et de la Liberté de notre pays. Ce serait un hommage juste et opportun que la Nation comorienne lui rendrait, à lui qui a payé de sa vie cette noble cause !

Espérant que ces propositions retiendront votre haute attention, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma considération distinguée.

Mohamed CHAHER Said Massonde.
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Dimanche 18 janvier 2009
Vous trouverez ci-dessous une lettre ouverte de Mohamed Daoud destinée au Président de l'Union des Comores à propos de Mayotte


Source : 
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article78321

dimanche 18 janvier 2009 (13h22)

Cher président,

Vous déclarez lors d’une conférence de presse le 8 janvier 2009, à propos de l’île comorienne de Mayotte, je cite : «C’est la loi du plus fort qui a pris le dessus sur la concertation ou le droit international ». Et la question qui m’est venue tout de suite à l’esprit : Qu’est-ce que l’on peut faire alors ? A-t-on épuisé toutes les solutions ?

Cela fait plus de trente ans que les nations unies prient la France d’accélérer le processus de négociation avec le Gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de Mayotte dans l’ensemble comorien, mais sans résultat. Au contraire la France s’apprête avec arrogance et mépris à départementaliser l’ile comorienne de Mayotte pour se l’approprier de façon définitive.

Vous avez tout à fait raison lorsque vous déclarez à la tribune des nations unies : "L’unité des quatre îles des Comores ainsi que la paix et la stabilité durable de cet archipel sont nécessaires à son développement harmonieux". Toutes vos bonnes intentions pour le développement des Comores n’ont-elles pas été anéanties par le séparatisme anjouanais, entretenu par la France à partir de Mayotte ? Tous les acteurs de cette déstabilisation sont accueillis aujourd’hui comme des héros à Mayotte. Nous savons tous, que Mayotte sert de base à la déstabilisation des Comores. Et ceci pour justifier l’incapacité des Comores à se gérer.

Le maintien de l’occupation par la force de l’ile comorienne de Mayotte par la France constitue une violation manifeste du droit international et des droits fondamentaux du peuple comorien au recouvrement de son indépendance totale par le recouvrement de l’ensemble de ses territoires, en conformité avec les Pactes Internationaux des Droits de l’Homme et la Charte et les Résolutions des Nations Unies. Dans une lettre adressée au ministre des affaires étrangères de Géorgie, M. Gregori VACHADZE, M. Bernard KOUCHNER écrit : « Vous savez tout l’attachement de la France, comme de l’Union européenne, à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Géorgie, dans ses frontières internationalement reconnues. Vous pouvez compter sur l’engagement résolu de la France pour faire respecter ces principes essentiels ». Pourquoi ces principes essentiels ne sont-ils pas respectés aux Comores ?

Son excellence, l’idée de demander à des volontaires de participer à un débarquement pacifique sur l’île de Mayotte paraitra peut-être absurde à certains, mais avons-nous d’autres choix ? Il n’y a pas et crois-moi son Excellence, d’autres moyens d’amener la France à des négociations sereines pour un issu favorable à ce différend franco-comorien qui a assez duré avec des conséquences néfastes pour les Comores. Cette façon de faire, à première vue bizarre n’est pas farfelue.


Tout en espérant un œil attentif à cette demande, je Vous prie de croire son Excellence à l’assurance de ma haute considération.


Mohamed Daoud
Ouani – Anjouan



 
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Mardi 25 novembre 2008

Ne pas insulter l'avenir après avoir injurié le passé des Comores

Par Aboubacar Said Salim (Ecrivain)

Permettez-moi tout d'abord, excellence, de vous féliciter, pour le tact et la diplomatie langagière dont vous faites preuve à l'opposé de votre prédécesseur. La différence se ressent à travers la lecture de votre libre opinion parue dans La Gazette des Comores du lundi 10 novembre, deux jours avant la Journée nationale Maore. Je vous remercie d'avoir pris la peine de proposer votre point de vue ou plutôt celui de la France sur la question de l'île franco/ comorienne de Maore/Mayotte pour couper la poire en deux (peut être que cela est plus diplomatiquement correcte). J'ai été très attentif à votre argumentaire défensif qui est essentiellement basé sur un point à savoir : la France est à Maore non pas par la force, mais parce que les Mahorais l'ont voulu et l'ont exprimé par référendum. Nous disons que malheureusement ce genre de raisonnement qui fait abstraction du contexte aurait permis et entraîné la légitimation du gouvernement de Vichy et la présence allemande dans les zones occupées, ou encore l'appartenance de l'Alsace et de la lorraine à l'Allemagne ou encore l'indépendance de la Corse, du pays basque ou de la Nouvelle Calédonie, si on leur posait la question. En revanche, je suis tout à fait d'accord avec vous pour dire que la France n'a pas occupé Mayotte par la force en 1975, puisqu'à l'époque elle y était chez elle dans un Territoire d'Outre Mer qui comprenait les quatre îles des Comores. Comme en 1841, elle y est restée par la ruse, ce qui n'est pas en son honneur car la ruse est encore plus vile, lorsqu'elle est utilisée par un pays fort contre un pays faible.

Je ne vous ferai pas l'offense d'un cours d'histoire sur les Comores, le Quai d'Orsay s'étant sans doute chargé de cela. Je rappellerai simplement qu'en 1841 la France a manigancé pour détrôner le sultan d'Anjouan dont celui de Mayotte était le vassal, pour mettre sur le trône de Mayotte le Malgache Andrianatsouli, un usurpateur qui n'a pas hésité à céder Mayotte à la France, puisqu'il s'en foutait comme de l'an 40, n'étant à Mayotte que comme réfugié politique chassé de Madagascar, son île natale. La ruse, disais-je, plus payante que la force a ensuite été réutilisée par la France pour préparer l'apparition des forces politiques pro-françaises et contre l'indépendance.

Pour bien comprendre la situation et les agissements de la France, il faut se remettre dans le contexte de la guerre froide qui prévalait à l'époque et de l'affrontement par pays du tiers monde interposés entre l'Urss et les Etat Unis d'Amérique ou, plus généralement, entre le monde dit libre et le monde communiste. Mayotte a toujours attiré la France depuis le XIXè siècle grâce à son lagon qui offrait un port naturel et sécurisé contre les pirates et pour le ravitaillement des navires sur la route des épices. Les mêmes raisons ou presque, ont prévalu un siècle plus tard, Mayotte s'avérant une île hautement stratégique dans le canal du Mozambique sur la route des grands tankers qui ravitaillaient l'Occident en pétrole, denrée d'une importance stratégique capitale pour les deux blocs rivaux. La première phase de ce plan machiavélique a commencé par le déplacement de la capitale du territoire, de Dzaoudzi à Moroni, sans compensation économique pourtant promise par la puissance coloniale. Le résultat escompté et par ailleurs obtenu était double : créer une haine contre le Grand-comorien symbolisé par Saïd Mohamed Cheikh alors président du gouvernement du territoire qu'on accusait d'avoir transféré la capitale au profit des Grands comoriens, et créer en même temps un mécontentement de la population de Mayotte qui ne bénéficiait plus des retombées économiques et financières de la capitale. Comme en 1841, la France va jouer sur les éléments exogènes pour transformer ce mécontentement légitime en revendication politique. Les mêmes propos du Grand-comorien dominateur et profitant seul des bienfaits du gouvernement qu'on a entendus récemment dans les rangs des Wakutruzi à Anjouan vers 1997 ont été un remake des propos entendus à Mayotte après le transfert de la capitale en 1962. Le rejet de l'autorité du président élu de l'époque le président Saïd Mohamed Cheikh, par le mouvement séparatiste mahorais ressemble comme deux gouttes d'eau au rejet de l'autorité du président élu de l'Union des Comores par les Séparatistes à Anjouan. La seule différence c'est qu'à l'époque la France n'avait pas levé le petit doit pour réprimer les rebelles qui ont pu prendre en otage le président Saïd Mohamed Cheikh pour lui faire subir la torture préférée des Mahoraises d'alors à savoir chatouiller leur victime. C'est de la que vient le nom de ''chatouilleuses'' donné aux femmes du Mpm (Mouvement populaire Mahorais) ancêtre du Mpa (Mouvement populaire Anjouanais)
La deuxième phase du plan d'occupation de Mayotte s'est concrétisée autour des années 1970 lorsque la France, faisant fi de la définition juridique du mot territoire (c'est-à-dire une terre avec les hommes qui y habitent), sentant le courant indépendantiste comorien monter en puissance a formulé son intention de la décompte île par île des voix du référendum en parlant de ''consultation des populations'' au lieu de consultation de ''la'' population.
Cas unique dans l'histoire de la décolonisation, ce décompte île par île des voix du referendum, combinée au coup d'État prématuré du 3 août 1975, avec la complicité de la France allait laisser les coudées franches à la France pour agir à sa guise à Mayotte (On se rappellera, à ce propos, du signe ''V'' de la victoire des gendarmes français à Moroni lors du coup d'État, et la facilité avec laquelle les auteurs du coup se sont emparés des armes qui étaient pourtant sous le contrôle de la gendarmerie française qui encadrait la Garde des Comores.). Pour rappel, Djibouti (appelé à l'époque Territoire des Afars et des Issa), Walis et Futuna, jouissaient du même statut de TOM que les Comores et pourtant on n'a pas tenu compte des voix des Afar, d'un côté et des Issa de l'autre lors du référendum, ni de celles des Wallisiens, d'une part et des habitants de Futuna, de l'autre. Ceci dénote simplement de la politique de deux poids deux mesures que la France applique pour défendre ses intérêts.

Rappelons aussi des faits récents (les faits sont effectivement têtus monsieur l'ambassadeur). Il s'agit du refus de la France de reconnaître les indépendances de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie alors que le fameux ''Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes'', devrait là aussi comme à Mayotte pouvoir être reconnu par la même France! A moins, que – et il faut le dire clairement – la France ne conçoive l'existence de peuples plus dignes de ce droit et d'autres moins dignes! Il y'aurait encore beaucoup à dire, mais je ne voudrais pas importuner les lecteurs par trop de longueur.

Je terminerai donc en disant à son excellence monsieur l'ambassadeur qu'il ferait mieux de se taire concernant la question de Mayotte, car la puissance n'a rien à justifier, elle est, elle-même, sa propre justification. En tout cas cela permettrait de ne pas insulter l'avenir après avoir injurié le passé des Comores.

Source : Al-watwan N°1202 du mardi 25 novembre 2008
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Vendredi 27 juin 2008

Vous trouverez ci-après la lettre ouverte de quatre hautes autorités de l'Union des Comores adressée au Président de l'Union des Comores le 26 juin 2008 suite à la nomination d'un nouveau membre de la Cour Constitutionnelle en remplacement de Monsieur Mouzaoir Abdallah 

UNION DES COMORES
Unité - Solidarité - Développement

A la Très Haute attention de Son Excellence Monsieur Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI Président de l'Union des Comores
Moroni
UNION DES COMORES


Moroni, le 26 Juin 2008

Objet: Lettre ouverte

Excellence,

Nous, chefs élus des Institutions politiques de la République soussignés, en l'occurrence, le Président de l'Assemblée de l'Union, le Président de l'Assemblée de l'Île Autonome de Ngazidja, le Chef de l'Exécutif de l'île Autonome de Mwali et le Chef de l'Exécutif de l'île Autonome de Ngazidjza, avons le regret d'attirer votre Haute attention sur les faits suivants :

Nous venons d'apprendre par les ondes de l'ORTC le remplacement de Monsieur Mouzaoir ABDALLAH membre de la Cour Constitutionnelle des Comores et Président en exercice de ladite institution, en réalisation de votre intention annoncée par votre directeur de cabinet dans sa lettre en date du 20 juin 2008 (VOIR ICI). La motivation de votre décision porterait selon la lettre susmentionnée, sur l'arrivée â son terme à la date du 14 juin 2008 du mandat de l'intéressé qui aurait débuté le 13 juin 2002.

Votre décision constitue pour nous, comme pour tout citoyen qui croît aux vertus de l’Etat de droit une désagréable surprise, car elle intervient, comme par défi, sans prêter la moindre attention à l'interprétation pertinente faite par les membres de cette Haute juridiction de l'Etat, et portée à votre connaissance par courrier du 23 juin 2008, des dispositions de la loi organique N° 04-001/AU du 30 juin 2004 relative à l'organisation et aux compétences de la Cour Constitutionnelle, notamment son article 2 qui soumet les membres de ladite juridiction â l'obligation de prêter serment dans les 30 jours qui suivent leur nomination pour en acquérir la qualité effective de membre (VOIR ICI).

Il n'aurait pas été nécessaire pour nous, si ce n'est le fait accompli imposé à tous par votre décision contestable, de préciser que la Cour Constitutionnelle n'a eu d'existence réelle qu'à la date de la promulgation de la loi organique qui a procédé à son organisation et â la définition de ses compétences; le mandat de ses membres ne peut, par conséquence, commencer à courir antérieurement â cette même date. Ce même mandat ne peut d'ailleurs commencer à courir qu'à partir du moment où les membres concernés acquièrent leur statut légal de membre que leur confère leur prestation de serment.

Monsieur le Président,

Il est plus que nécessaire, face â une telle décision, de rappeler à votre Haute attention, que la Constitution de l'Union fait de vous, dans votre position de Chef de l'Etat, le garant des institutions de la République. Il est d'autant plus nécessaire de le rappeler qu'avant de prendre vos fonctions vous avez prêté serment, sur la foi du Saint Coran devant Allah Le Tout Puissant et devant le Peuple souverain des Comores, de respecter la Constitution et les lois de la République.

Par respect de votre engagement, il sera plus judicieux pour vous de rapporter votre décret portant nomination du remplaçant de Monsieur Mouzaoir ABDALLAH et de reconfirmer ce dernier dans sa qualité de membre de la Cour Constitutionnelle en prenant bonne note que le terme de son mandat comme celui de deux de ses paires n'échoira qu'à la date du 10 septembre 2010, date du sixième anniversaire de leur investiture par leur prestation de serment.

Monsieur le Président,

La conjoncture actuelle tournée autour de l'organisation du deuxième tour des élections du président de l'Île Autonome d'Anjouan devant avoir lieu ce dimanche 29 juin 2008, recommande de nous tous, en particulier de votre Excellence, une très grande retenue et beaucoup d'égard à l'endroit de la Cour Constitutionnelle, juridiction électorale exclusive.

La constatation par vos soins de la fin du mandat de Monsieur Mouzaoir ABDALLAH seulement à la date du 20 juin courant, soit une semaine après ce terme, alors qu'elle aurait dû intervenir en temps opportun pour éviter une vacance préjudiciable du poste, montre un intérêt soudain de la part de votre Excellence plutôt que le souci d'une bonne administration de la justice, un intérêt soudain qui pourrait légitimement nourrir les inquiétudes et les suspicions des candidats et des partenaires nationaux et internationaux quant au respect de la liberté et de l'indépendance de cette juridiction électorale et quant au respect même du verdict des urnes.

Nous osons espérer que votre souci de respecter les lois de la République et surtout votre souci de préserver la paix et la stabilité que vous vous êtes tant déployés à ramener dans l'île comorienne d'Anjouan prévaleront sur tous autres considération et intérêt, en vous donnant toutes les raisons de respecter, vous et vos deux vice-présidents, le mandat des trois membres de la Cour Constitutionnelle soumis au même régime, â savoir, Messieurs Mouzaoir ABDALLAH, Abhar SAID BOURHANE et Youssouf MOUSTAKIM

Monsieur le Président,

Vous nous permettrez d'exprimer notre vive inquiétude, voire notre très grande préoccupation quant au traitement que votre Excellence infligez régulièrement et systématiquement aux magistrats de la République, hier, ceux des juridictions judiciaires et aujourd'hui, ceux de la Cour Constitutionnelle. Les propos désobligeants que vous tenez à l'endroit des magistrats en les traitant entre autres de «mercenaires» et les mouvements intempestifs que vous leur imposez, à ceux du siège qui sont inamovibles comme à ceux du parquet, nous autorisent à relever que vous faites là une piètre promotion de la justice pourtant si chère à votre Excellence, justice qui est l'axe principal de votre programme politique.

Faudra-t-il vous faire remarquer, Excellence, que l'acte que vous venez de poser aujourd'hui à l'endroit d'un magistrat de la Cour Constitutionnelle est le dernier d'une longue série de non observations pour ne pas dire de violations flagrantes des lois de la République et des décisions des juges ?

Faudra-t-il vous rappeler en effet, Excellence, que les mouvements que vous imposez aux magistrats des juridictions judiciaires depuis votre accession à la magistrature suprême violent les lois organiques en vigueur portant statut des magistrats et organisation judiciaire ? Faudra-t-il vous faire remarquer qu'en visant dans vos décrets du 22 mai 2008 les lois de 1987 et 1988 abrogées par les nouvelles lois organiques que vous avez vous-même promulguées en 2006 pour évincer les présidents des îles Autonomes de leur droit de proposition de nomination des magistrats relevant de leurs juridictions respectives, vous marquez un pas supplémentaire dans votre marche vers l'instauration d'un Etat de non droit ? Faudra-t-il enfin, souligner que le non respect constant des décisions rendues par la Cour constitutionnelle en particulier quand il s'agit du rétablissement des îles Autonomes dans leurs prérogatives accordées par la constitution et les lois de la République, constitue une preuve supplémentaire du peu de cas que vous semblez faire de nos institutions et des lois qui les régissent et fait de nous, des adversaires potentiels au lieu des merveilleux collaborateurs que nous sommes sensés être à votre égard ?

Monsieur le Président,

Nous avons l'obligation légale de veiller à notre tour sur le bon fonctionnement des institutions de la République et sur le respect des lois fondamentales et des autres textes législatifs et réglementaires qui assurent ce bon fonctionnement.

Par le présent acte, nous exerçons à l'égard de Votre Excellence notre devoir de vigilance. Nous espérons que nos suggestions et nos réflexions retiendront votre Haute attention pour obtempérer sur le cas précis des magistrats de la Cour Constitutionnelle et pour réajuster votre démarche en vue du retour à l'Etat de droit. Sinon, l'un de nous a-t-il intérêt à provoquer un jour le courroux du peuple ? Nous ne le pensons pas.

Veuillez recevoir, Excellence, Monsieur le Président, l'expression de nos salutations distinguées

- Monsieur les vice-président de l'Union
- Messieurs les membres de la Cour Constitutionnelle
- Messieurs les membres des bureaux respectifs des Assemblées de l'Union et de l’ile Autonome de Ngazidja
- Messieurs les Présidents des groupes parlementaires respectifs des Assemblées de l'Union et de l'ile Autonome de Ngazidja
- L'Union Africaine
- La Ligue des Etats Arabes
- L`OIF (Francophonie)
- L'Union Européenne
- Le PNUD
- Représentations diplomatiques

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Jeudi 26 juin 2008

Vous trouverez ci-après la lettre des membres la Cour Constitutionnelle adressée à S.E.M le Président de l'Union des Comores le 23 juin 2008 suite à un courrier que le Directeur du cabinet de celui ci a envoyé au Président de la Cour Constitutionnelle (Voir ICI
 

 

Les membres de la Cour Constitutionnellede
l'Union des Comores

 

MORONI

 

 

 

 

Moroni,  le 23 juin 2008

 

 

 

à

 

 

 

Son Excellence

Monsieur le Président de l'Union des Comores

 MORONI

 

 

Excellence Monsieur le Président,

 

            Nous, Membres de la Cour Constitutionnelle de l’Union des Comores, avons l'honneur de porter à votre haute connaissance ce qui suit :

            La Cour Constitutionnelle de L'Union des Comores vient d'être informée par son Président, Monsieur Mouzaoir ABDALLAH de la lettre de votre Directeur de Cabinet remise aux forces de sécurité en service à la porte de la Cour Constitutionnelle sans Bordereau d'Envoi  ni cahier de transmission,  dont la teneur suit :

 

« objet : votre mandat à la Cour Constitutionnelle

 

Monsieur,

 

            Nous venons de constater que votre nomination en qualité de membre  de la Cour Constitutionnelle est intervenue le 13 juin 2002 «CF. décret n° 02-006/PR . Certes, celle-ci a été confirmée par le décret n° 04-092/PR  du 24 août 2004, mais cela ne peut évidemment être considéré comme une nouvelle nomination .

           En conséquence, votre mandat  en qualité de membre de la Cour Constitutionnelle est arrivé à son terme le 14 juin 2008. Son Excellence Monsieur le Président de l’Union m’a chargé de vous informer qu’il entend procéder la nomination d’un nouveau membre, conformément à l’article 32 de la Constitution de l’Union.

            Veuillez agréer l'expression de ma haute considération ».

 

 

  Excellence Monsieur le Président,

        Les membres de la Cour Constitutionnelle de l'Union des Comores considèrent que la portée de la présente lettre de par son impact sur le fonctionnement régulier des Institutions de notre pays transgresse la personne du Président de l'Institution qu'est la Cour Constitutionnelle. Il vise la continuité d'un service public à un moment crucial de notre processus démocratique.

        Les membres de la Cour Constitutionnelle de l'Union des Comores insistent sur les points de droit suivants :

        L'article 32 de la Constitution de l'Union des Comores dispose « le Président de l'Union, les Vice-présidents de l'Union, le Président de l'Assemblée de l'Union ainsi que les Chefs des Exécutifs des Iles nomment chacun un membre de la Cour Constitutionnelle »

 

L'article 33 de la Constitution de l'Union des Comores dispose, entre autres, que « les membres de la Cour Constitutionnelle sont inamovibles. Sauf cas de flagrant délit, ils ne peuvent être poursuivis et arrêtés sans l’autorisation de la haute juridiction » ;

L'article 2 de la loi organique 04-001/AU du 30 juin 2004 relative à l'organisation et aux compétences de la Cour Constitutionnelle dispose  « avant d’entrer en fonction les membres de la Cour Constitutionnelle prêtent le serment suivant en comorien, devant le Président de l'Union ou l'un de ses vices-présidents et du Bureau de l'Assemblée de l'Union, assisté du Grand Mufti « Je jure au nom d'Allah de bien et fidèlement remplir mes fonctions au sein de la Cour, de  l'exercer en toute impartialité  dans le respect de la Constitution de l'Union, de garder le secret de délibération et des votes, de ne prendre aucune position publique et de ne donner aucune consultation sur les questions relevant de la compétence de la Cour ». Les membres de la Cour Constitutionnelle sont tenus à la prestation de serment dans les 30 jours qui suivent le jour ou leur nomination a été notifiée, à défaut de quoi il est pourvu à leur remplacement ».

         Les membres de la Cour Constitutionnelle rappellent que les événements politiques  se sont déroulés dans notre pays de la manière suivante :

 a)    Le référendum constitutionnel  a eu lieu en décembre 2001

b)   Le Président de l'Union des Comores a été élu en 2002. Son Investiture est intervenue en mai  2002.

 Le Président de l'Union investit en 2002 pouvait par conséquent juridiquement mettre en oeuvre les dispositions de l'article 32 de la Constitution en procédant à la nomination d'un membre de la Cour Constitutionnelle. Ce fut effectivement l'objet du décret  02-006/PR portant nomination de Monsieur Mouzaoir ABDALLAH, membre de la Cour Constitutionnelle.

 Il convient de noter ici que les membres de la Cour ne peuvent entrer en fonction sans la prestation de serment prévue à l’article 2 de la loi organique ci-dessus citée.c)    Notre Pays a connu malheureusement un blocage institutionnel intervenu suite aux conflits de compétence entre les Institutions notamment entre l'Exécutif de l'Union et les Exécutifs des Iles. Ces conflits ont engendré les conséquences suivantes :

 -            les Présidents des Iles Autonomes de la  Grande-Comore et d'Anjouan élus en 2002 ont refusé, à cause des conflits de compétence ci-dessus citées,  de nommer leur représentant à la Cour Constitutionnelle conformément à l'article 32 de la Constitution de l’Union. Ils estimaient que les conditions n'étaient pas encore réunies notamment l’existence de la loi organique sur l'organisation et le fonctionnement de la Cour Constitutionnelle ainsi que la procédure suivie devant elle.

-          les élections législatives prévues pour juin 2002 n'ont pas eu lieu.  Ainsi  les dispositions de l'article 32 de la Constitution ne pouvaient être mises en oeuvre en ce qui concerne le Président de l'Assemblée de l'Union

 d)   Les élections législatives eurent lieu en 2004

 Les conditions juridiques étaient par conséquent réunies en vue de la nomination de tous les membres de la Cour.

 Les membres de la Cour relèvent en outre :

 1.  - Que la nomination de Monsieur Mouzaoir ABDALLAH est intervenue le 24 août  2004

 2.  - Que les membres de la Cour ne pouvaient prêter le serment prévu à l'article 2 de la loi organique sur la Cour dans les 30 jours qui suivent la notification de leur nomination pour la simple raison que tous les membres de la Cour n'étaient pas nommés en 2002.

 3.  - Que le décret 02-006/PR en date du 13 juin 2002 notifié à Monsieur Mouzaoir ABDALLAH  à la même date ne pouvait être appliquée en 2004 en vue de la prestation qui doit intervenir 30 jours après la notification de  sa nomination à la Cour Constitutionnelle

 4.  - Que le décret 04-092/PR portant confirmation de Monsieur Mouzaoir ABDALLAH en qualité de membre de la Cour Constitutionnelle dit en son article 1er « Monsieur Mouzaoir ABDALLAH est confirmé dans sa fonction de membre de la Cour Constitutionnelle »

 5.  - Que par ailleurs les deux Vices –Présidents de l'Union des Comores à savoir : Monsieur CAABI EL YACHROUTU et  BEN MASSOUNDI Rachid, investis en même temps que le Président de l'Union en 2002,  ont en ce qui les concerne nommé respectivement Messieurs Abhar SAID BOURHANE  et MOHAMED BACRI, Conseillers à la Cour. Ils les ont confirmé en 2004.

 Nous constatons en effet, que le décret 04-092/PR pris par la même autorité administrative à savoir :  le Président de l'Union des Comores visant le même objet confirme Monsieur Mouzaoir ABDALLAH en qualité de membre de la Cour Constitutionnelle.  Ainsi de part cet acte juridique conforme à la Constitution, le Conseiller Mouzaoir ABDALLAH pour entrer en fonction pouvait prêter le serment prévu à l'article 2 de la loi organique sur la Cour Constitutionnelle dans le délai légal prévu à cet effet.

         Le législateur organique, en prescrivant dans l'alinéa 2 de l'article 2 de la loi organique sur la Cour Constitutionnelle de l’Union que « les membres de la Cour sont tenus à la prestation de serment dans les 30 jours qui suivent le jour ou leur nomination leur a été notifiée ; à défaut de quoi il est pourvu à leur remplacement », signifie clairement que la fonction de conseiller est subordonnée à la prestation de serment. Ainsi le mandant de 6 ans précisé dans l’article 33 de la Constitution de l'Union ne commence effectivement qu’à partir de la date de prestation de serment.

        Les membres de la Cour Constitutionnelle considèrent enfin que leur mandat commence à partir de la date de leur prestation de serment à savoir le 11 septembre 2004.

        Les membres de la Cour Constitutionnelle de l'Union des Comores estiment dans ces conditions que toute tentative de nomination ou toute nomination conforme aux termes de la lettre de Monsieur le Directeur de Cabinet du Président de l'Union serait anti constitutionnel,  illégal et compromettrait dangereusement le fonctionnement régulier des Institutions de la Nation, fonctionnement dont son Excellence Monsieur le Président de l'Union des Comores a la charge d'assurer.

       Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de l'Union, notre considération distinguée et l'expression de nos sentiments respectueux.

 Les membres de la Cour

 M. MOUZAOIR ABDALLAH                   M. MOHAMED HASSANALY

 M. AHMED ELHARIF HAMIDI                M. ABHAR SAID BOURHANE

 M. YOUSSOUF MOUSTAKIM                 M. ABDOURAZAKOU ABDOULHAMID

 

 

Ci-joint :
-          Le décret 02-006/PR en date du 13 juin 2002
-          Le décret 04-092/PR en date du 24 août 2004
-          Copie de la  lettre

  - Ampliations :

-          Monsieur le Président de l'Union

-          Messieurs les deux vice-Présidents

-          Monsieur le Président de l'Assemblée de l'Union

-          Messieurs les Présidents des Iles Autonomes

-          L'Union Africaine

-          Ligue des Etats Arabes

-          La Francophonie (OIF)

-          L'Union Européenne

-          PNUD

-          Représentations diplomatiques

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

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