Ibrahim Hamza, un diplômé en chimie de l’université de Montpellier (
France), occupe désormais la tête du lycée publique Said Mohamed Djohar d’Ouani en remplacement du jeune Abdallah Ahmed Saïd "appelé à d’autres
fonctions". Ibrahim Hamza qui est un des premiers comoriens à avoir enseigné la physique – chimie dans les lycées comoriens à son retour au pays au
début des années 80 était proviseur du lycée privé Basra d' Ouani.
En fait, les autorités compétentes de l’île chargées de l’éducation et de
l’enseignement n’ont fait qu’entériner une proposition de la communauté ouanienne. Celle-ci a, en effet, décidé de s’impliquer davantage dans le choix des chefs des établissements scolaires
publiques d’Ouani afin de trouver rapidement une solution aux résultats très catastrophiques enregistrés ces dernières années aux examens de fin
d’année.
Par cette implication, les ouaniens restent fidèles à une vision ancestrale. Ouani a toujours rimé avec l’éducation de
ses enfants. Ouani a toujours attaché une grande importance à l’enseignement et à la formation de ses enfants. Ainsi, rester inerte face à la
dégradation de ce secteur serait tout simplement compromettre l’avenir d'Ouani et cracher sur les tombes de tous ses vieux sages dont la priorité était l’éducation et l’instruction des ouaniens.
Ils avaient entre autres mené un combat dur pour avoir l’école primaire de la ville à la fin des années 30.
L’histoire
récente nous apprend aussi que l’ouverture d’un lycée publique à Ouani est obtenue après une longue bataille politique. En effet, la revendication de la création de ce lycée date des années 80.
Mais, le pouvoir de l’époque s’y opposait catégoriquement alors que la moitié des élèves et enseignants du lycée de Mutsamudu
venait de Ouani. Beaucoup d’élèves étaient obligés de faire, tous les jours, 7 km à pied pour s’y rendre. Donc 14 km l’aller –
retour.
Il a fallu attendre l’arrivée au pouvoir
du feu Président Said Mohamed Djohar (paix en son âme) au début des années 90 pour enfin obtenir l'autorisation d’ouvrir ce lycée tant espéré. De
plus, le même Président avait acheté à un particulier une parcelle qui était limitrophe aux quelques locaux qui allaient servir de salles de classe du nouveau lycée afin de faciliter son
extension. C’est d’ailleurs, en signe de reconnaissance qu’il fut baptisé "Lycée Said Mohamed Djohar"
le jour de son inauguration.
Le nouveau proviseur, un homme d’expérience en enseignement mais aussi en gestion financière et administrative – il a été
pendant plusieurs années le responsable de la MECK (Mutuelle d’Epargne et de Crédit Ya Komor) de Ouani et le proviseur d’un lycée privé - affiche un air optimiste même s’il n’ignore pas que la
tâche ne sera pas facile. En effet, l’établissement à la tête duquel il se trouve désormais est confronté à de multiples problèmes : programmes
souvent non achevés, notes de complaisance, manque de respect, Manque de cohésion dans l’administration, problème d’équipement, débauche, abus sexuel, problème de gestion et d’action,
….
La communauté d' Ouani attend de lui une gestion saine et efficace pour redresser la situation et rétablir la
confiance.
D’ores et déjà, Ibrahim Hamza fait part de certaines actions qu’il compte mener au lycée Said Mohamed Djohar d’Ouani à
savoir :
1-Instaurer un conseil d’établissement comprenant des parents d’élèves, des
enseignants, des élèves, des représentants de la région (Ouani, Barakani, Bazimini, Jimlimé…) et le proviseur.
2-Etablir un budget et le faire approuver par le conseil d’établissement.
3-Organiser un atelier d’une journée de réflexion sur l’amélioration du fonctionnement et l’image du lycée. Cet atelier
regroupera les enseignants et le personnel administratif.
4-Demander à quelqu’un de dispenser bénévolement des cours d’administration au personnel administratif (exemple
Abdouroihamane Keldi).
5-Instaurer des statistiques fiables sur les résultats scolaires afin de pouvoir suivre leur évolution et déterminer les
actions à mener en collaboration avec les autorités compétentes.
6-Instaurer des réunions périodiques avec les autorités compétentes afin d’étudier les éventuels problèmes qui peuvent se
poser et ainsi adopter les solutions adéquates.
7-Relancer la coopérative des élèves.
8-Redonner confiance aux parents en solutionnant les problèmes pédagogiques. D’où la nécéssité d’:
- Organiser des animations pédagogiques régulières de chaque département
- Instaurer des compositions trimestrielles ou semestrielles afin d’obliger les élèves à revenir et avoir des
repère.
- Construire un hangar servant de salle d’étude et équipé d’une vidéo afin de permettre la projection des
documents d’étude.
- Mener une politique spécifique pour l’amélioration du niveau de français, celui-ci constitue en effet le
principal handicap pour la compréhension des autres matières.
- négocier avec l’alliance franco-comorienne afin d’organiser des cours à Ouani pour éviter le déplacement des élèves en soirée, l’effectif des élèves originaire
de Ouani justifiant cela.
- Instaurer des primes de fin d’année afin d’encourager les meilleurs élèves et engendrer l’esprit de
compétitivité.
- Revoir les outils d’évaluation des enseignants en rapport avec l’inspection
générale.
- Il est nécessaire, par exemple, de demander aux enseignants un rapport périodique sur la progression des
programmes et l’évaluation des élèves.
- 9. Instaurer un code de bonne conduite des élèves et l’afficher dans toutes les salles de classe. Il
est nécessaire de créer un conseil de discipline qui statuera les cas du faute graves commises par les élèves.
- 10. Pallier à l’absence de manuels scolaires en produisant des documents qui seront vendus aux élèves et aux
enseignants à un coût moindre. Ce travail se fera avec la collaboration de l’école primaire qui dispose d’un ris graphe, du ministère et du CDS (Moroni)
- 11. Améliorer l’environnement scolaire en veillant sur la résolution des problèmes de salubrité et en
restaurant le jardin du lycée.
A long terme (environ 2 ans), il faut penser à la clôture du lycée (grillage) et à l’installation d’un mini laboratoire
d’expérimentation.
12. Chercher à augmenter l’effectif du lycée en restaurant la confiance des parents. Il faut, par exemple,
restaurer la classe de Terminale C qui a disparu depuis quelques années.
13. Installer une téléphone fixe ou CDMA
14. Créer le plein air qui sera encadré par les enseignants d’éducation physique et sportive et les
surveillants.
15. Prévoir une infirmerie pour les urgences sur place.
16. Construire une salle des professeurs
17. Equiper le lycée d une adduction d eau et faire fonctionner les latrines
18. Faire initier l'informatique aux élèves
19. Jumeler notre lycée avec un autre lycée étranger
20. Réhabiliter la citerne du lycée
Les
ressources financières :
Les actions ci-dessus seront financées par les ressources suivantes :
1. Cotisation des élèves : le montant sera fixé par le conseil d établissement
2. les bénéfices génèrés par la vente des documents
3. les recettes des activités culturelles et sportives menées par la coopérative, ainsi que celles de la buvette du
lycée.
Etc.
« Ces quelques mesures, dont la liste n’est pas exhaustive, vont permettre, j’en suis convaincu, de créer un climat
de travail serein qui pourra restaurer la confiance de tout un chacun et améliorer de façon sensible les résultats de nos élèves aux examens » a déclaré le nouveau proviseur.
Les quelques 1000 élèves du lycée scolaire d' Ouani n’ont fait leur rentrée que la semaine dernière après plusieurs
semaines de contestation des parents sur la gestion du précèdent proviseur.
Avec ce choix, les autorités de l'île chargées de l'éducation et de l'enseignement et la population d'Ouani
ont compris qu'il ne suffit pas d'avoir des diplômes dans un domaine quelconque pour être un bon gestionnaire ou administrateur. Et la politisation de ces postes stratégiques n'est pas du tout
une bonne chose. Il faut aussi un minimum de formation et d'expérience en gestion administrative, financière, humaine.... Et cela est valable dans tous les domaines.
Bonne chance Monsieur le proviseur !
Halidi Allaoui et Mohamed El-had
HALIDI-BLOG-COMORES
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