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PRESENTATION

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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INTERVIEWS

Dimanche 14 avril 2013 7 14 /04 /Avr /2013 21:18

Daoud Saïdali Toihir, directeur de l’Anpi : “les lourdeurs de notre administration pénalisent le climat des affaires”

Source : Alwatwan.net 12 avril 2013

Daoud_Saidali_Toihir
En seulement trois années d’activités, la direction générale de l’Agence nationale pour la promotion de l’investissement (Anpi) se réjouit des résultats obtenus en matière d’amélioration du climat des affaires. Cet organe, chargé de “vendre“ les opportunités d’investissement aux Comores, dispose désormais d’antennes au niveau de chaque île. Bien qu’il se dise satisfait de l’environnement actuel des affaires, son patron, Daoud Saïdali Toihir, regrette que les choses ne bougent pas au rythme qu’il faudrait. Interview.

Que peut-on retenir de ces trois années d’activités de l’Anpi?


En trois ans, le pays a commencé à mettre en place les bases pour promouvoir l’Investissement. Nous avons beaucoup avancé dans la facilitation de la création d’entreprise. Il faut maintenant créer les conditions d’un environnement plus attractif pour les affaires. C’est ce que nous sommes en train de faire avec les réformes que nous mettons en place.

Plus concrètement, quelles sont les avancées que votre agence a enregistrées?


Auparavant, il fallait dix-sept étapes pour créer une entreprise. Elles sont deux actuellement. Nous avons réduit sensiblement les démarches administratives. Avec le système de guichet unique, nous avons regroupé en un seul point toutes les démarches pour créer une entreprise. C’est beaucoup plus opérationnel à Ndzuwani, où dans un seul point vous pouvez créer votre entreprise. A Moroni, nous avons des facilitateurs.

Pourtant, les Comores végètent toujours au 158ème rang du Doing Business…


Je ne dirais pas cela. En trois années, nous avons gagné cinq places et dans les dix-neuf pays du Comesa, nous sommes le premier pays le plus réformateur.

Qu’est-ce qui pénalise alors l’environnement des affaires aux Comores?


Il y a d’abord les lourdeurs et la complexité de notre administration. Je ne dis pas que l’administration comorienne bloque l’investissement, plutôt elle ne favorise pas l’investissement. A titre d’exemple, c’est toute une difficulté pour payer les impôts. C’est plus pénible pour le secteur foncier où l’immatriculation des domaines est un processus aussi long que couteux.

Sur ce, qu’elle est la proposition de l’Anpi?


Nous avons soumis une note en conseil des ministres pour exiger l’introduction d’un délai à toute l’administration pour délivrer un document. Passé ce délai, l’administration doit justifier le retard.

L’Organisation patronale des Comores (Opaco) est devenue très discrète. N’est-ce pas un danger pour le secteur privé en général?


Ma plus grande crainte est le démantèlement du secteur privé. Il n’y a presque pas d’organisations qui défendent le secteur privé et qui puissent servir de contre-pouvoir. Les hommes d’affaires comoriens jouent en solo.

Que faut-il faire pour y remédier?


Je crois qu’il ne suffit pas de créer une entreprise, encore faut-il la développer et la pérenniser. Malheureusement, l’Etat n’a pas encore une vraie politique pour appuyer le secteur privé. Le Document de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté (Dscrp) a, certes, identifié les secteurs porteurs. Mais il n’y a pas de politique pour développer ces secteurs. Par exemple, de quel type de tourisme avons-nous besoin ou encore qu’est-ce que nous allons développer dans l’agriculture?

Quelle est la stratégie de l’Anpi pour le secteur privé comorien?


Nous voulons donner confiance et crédibilité aux investisseurs nationaux ainsi qu’aux membres de la diaspora. Leurs réussites serviront à encourager les investisseurs internationaux, assurés de rencontrer des partenaires motivés. Nous sommes un pays insulaire, nous avons les contraintes liées aux transports aérien et maritime, mais aussi à l’électricité. Il faut maintenant pouvoir transformer ces contraintes en opportunités.

Depuis quelques années, des sociétés étrangères s’installent aux Comores. Quels sont vos rapports?


A mes yeux, il n’y a pas encore d’investisseurs étrangers aux Comores.

Et Moroni Terminal, Hss, Semlex et sa filiale locale Lsc,….


Il y a un problème autour de ces sociétés étrangères qui s’installent par des conventions spéciales. Je crois qu’il faudrait impliquer l’Anpi pour assurer un suivi. Semlex serait en train de réaliser des investissements, mais nous n’en savons rien. Pour Moroni Terminal, nous avons été associés au début dans les démarches, mais au moment de la signature de la convention, nous avons été écartés. Je crois que l’Etat doit prendre les leçons du passé notamment avec Cgh.

Que comptez-vous donc faire pour booster l’investissement?


Nous comptons organiser une conférence cette année, peut-être au mois de septembre, avec des hommes d’affaires du Golfe. Ce sera un événement national qui aura lieu à Moroni. L’idée est de promouvoir les partenariats entre les hommes d’affaires comoriens et ceux des pays arabes. Nous avons déjà l’appui de la Banque islamique de développement et l’Apix, l’agence chargée de promouvoir l’investissement au Sénégal.

Souvent, on n’arrive pas à distinguer le rôle de l’Anpi de celui de l’Union des chambres de commerce. Pourquoi cela?


En effet. Je reconnais qu’il y a parfois des chevauchements. Il faut qu’on arrive à différencier les tâches de l’Union des chambres de celles de l’Anpi. Il faut clarifier la mission de chacun afin de pouvoir identifier ce qui n’est pas pris en charge par les deux structures.

Propos recueillis par Toyb Ahmed

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Vendredi 22 mars 2013 5 22 /03 /Mars /2013 21:32

Source : http://www.alwatwan.net/

Trois questions à Sittou Raghdat Mohamed, secrétaire général du Rdr : “J’ai longuement réfléchi avant de prendre ma décision ”

18 mars 2013

Sittou_Raghdat_Mohamed
Après plusieurs années consacrées à la vie associative, vous venez de faire un retour à la vie politique en devenant le secrétaire général de votre ancien parti. Qu’est-ce qui a motivé ce come back?

C’est un retour attendu et souhaité depuis longtemps par ma famille politique. J’ai longuement réfléchi avant de prendre la décision de reprendre mes activités politiques au sein du parti Rdr (Rassemblement pour la démocratie et le renouveau), dont j’ai contribué à la création. Comme je l’ai souvent dit dans mes interviews, j’étais choquée et déçue par la chose politique depuis l’éviction humiliante de notre président feu Said Mohamed Djohar et le comportement de beaucoup d’entre nous en 1995. En effet, après son départ forcé en exil à l’île de la Réunion, suite à un coup d’Etat honteux, au lieu de se battre pour le retour au pays de celui qui demeurait l’architecte de notre raison d’être, le Rdr s’était empêtré dans des querelles stériles. Les divisions et les conflits des personnes qui animaient certains hommes politiques s’étaient accentués subitement. C’était le sauve qui peut! Non seulement, je ne pouvais pas cautionner cela mais j’avais aussi compris rapidement que je n’étais pas faite pour faire de la politique de cette façon. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me remettre, tout en me mettant au service des organisations non gouvernementales et apolitiques (Ong). En effet, dix sept ans durant, j’ai consacré mon énergie au social et à ma fonction d’enseignante. Aujourd’hui, ayant compris que des militants de mon parti, le Rdr, ont le sens du respect de leurs convictions et pensent comme moi et pour continuer à être utile à mon pays, il m’a paru nécessaire de m’associer à eux pour mutualiser nos forces, qualités et compétences. Notre pays a besoin d’un grand parti comme le Rdr.

Allez-vous combiner les deux et est-ce que cela sera facile de réussir à monter sur deux chevaux qui tous les deux sollicitent autant d’énergie et de temps?

J’ai l’habitude de cumuler plusieurs responsabilités. Et je n’ai jamais eu peur dans ma vie de mener simultanément diverses activités. Je le fais souvent avec aisance et dans de bonnes conditions. C’est une question de volonté et de bonne organisation. Je pourrais donc combiner les deux responsabilités. Mais par souci de vouloir bien faire et d’éviter le conflit d’intérêts, j’ai décidé de me consacrer exclusivement à la reconstruction de mon parti. Mon mandat de Présidente de Fawecom s’achèvera dans quelques semaines.

Le parti est resté très discret pendant très longtemps, peut-on parler d’un réveil? Comment entendez-vous vous organiser pour le remettre sur les rails?

Le parti Rdr n’a jamais fait preuve de discrétion. Il a toujours été présent à tous les grands moments politiques de notre pays. Il prend position sur les différents sujets qui concernent la vie politique. Son ancien secrétaire général a même été candidat lors des élections de l’exécutif de Ngazidja et y a occupé des postes importants. Il suffit de fouiller les archives d’Alwatwan et des autres médias pour s’en convaincre. Le vrai problème est que la conjoncture politique de ces dernières années n’a pas été favorable à l’épanouissement et à la visibilité des grands partis ambitieux et à vocation nationale comme le Rdr. Mais comme les choses changent favorablement, on entend parler du Rdr. Il va de soi qu’il va y avoir une réorganisation et beaucoup plus de dynamisme avec les adhésions qui ne cessent d’augmenter et le plan d’action mis en place. On a commencé à le sentir avec les derniers congrès qui ont eu lieu récemment à Ngazidja, Ndzuwani et Mwali.

Propos recueillis
par Saminya Bounou

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Vendredi 12 octobre 2012 5 12 /10 /Oct /2012 12:59

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /  Interview

Houmed M’saidié, secrétaire général de la CRC :

« La CRC a donné congé à Bolero pour accomplir une mission d’intérêt général »

        

 

Moroni, vendredi 12 Octobre 2012 (HZK-Presse) Quelques heures après la nomination de Boléro comme directeur de cabinet en charge de la défense, les réactions tombent de partout. Pour la CRC, Bolero n’est pas au gouvernement sous l’étiquette du parti, mais ils l’appuieront pour accomplir sa mission. Pour en parler Houmed M’saidié, secrétaire général de la CRC répond aux questions de La Gazette/HZK. Interview

 

Question : Quelle est votre réaction par rapport à la nomination de Bolero comme directeur de cabinet en charge de la défense?

 

Houmed M’saidié : D’abord on le félicite à deux titres. En 2010, ensemble avec la convergence et la grande majorité de la population mohélienne se sont battus pour que la tournante mohélienne ait lieu. Il ne faut pas quand même oublier que l’ancien président Sambi et la plupart des élus voulaient s’éterniser au pouvoir. Il y a eu un combat et Bolero faisait partie des leaders de ce combat. Ensuite, j’ai noté dans mes discussions avec beaucoup de dirigeants politiques de Mohéli, plus particulièrement ceux de l’opposition que tous ont envie que la tournante mohélienne réussisse. Et à ce titre, je crois qu’il fait partie de ceux qui peuvent apporter leur pierre pour que cette tournante réussisse. On en a discuté et il m’a dit de parler en tant que secrétaire général du parti et on a parlé lorsqu’il a été reçu par le chef de l’Etat. J’ai compris la démarche et le parti lui a donné congé pour accomplir une mission d’intérêt général. Puisque vous savez très bien que les partis sont des organisations partisanes et là on lui a demandé d’accomplir une mission d’intérêt général et on a accepté. Ce qui ne veut pas dire que la CRC est au pouvoir. Non, ce monsieur Bolero, ancien secrétaire fédéral actuellement en congé qui a été sollicité par le chef d’Etat pour accomplir une mission et bien sûr nous appuierons cette mission si elle va dans le bon sens effectivement de l’intérêt général. Si cette mission va dans le sens du développement socio-économique du pays. Mais nous gardons notre statut de parti de l’opposition.

 

Question : A vous entendre, la CRC ne fait pas son entrée dans le gouvernement Ikililou ?

 

H.M : On n’a pas discuté avec le chef de l’Etat et on ne sait pas quand cela viendra. En tous cas le président nous avait sollicités pour la commission anti-corruption, on a donné notre accord et on a désigné un des nôtres. Mais ce Bolero lorsqu’il s’est entretenu avec le chef de l’Etat, il est venu nous en parler. On a donné notre accord à Bolero mais le parti en tant que tel n’a pas eu de discussion avec le chef de l’Etat sur ses orientations immédiates et futures. Donc on ne peut pas parler d’une entrée de la CRC au sein du pouvoir actuel.

 

Question : Cette nomination peut-on la considérer comme une rupture avec de l’époque Sambi ?

 

H.M : Attendons voir. Nous le souhaitons parce qu’il y a eu des pratiques particulièrement répréhensibles qui relèvent des délits et qui jusqu’à preuve du contraire n’ont pas connu de suite judiciaire alors que la justice en est saisie. Donc ce n’est pas par une nomination que nous allons dire que les choses ont changé. Nous attendons à voir des actes concrets. C’est vrai que quelque part c’est un coup de semonce.

 

Question : Sa nomination a-t-elle une couleur insulaire ?

H.M : Bolero a dépassé ce cadre. C’est vrai qu’en tant qu’originaire de Mohéli, il était dans le combat pour la tournante mohelienne et il était aussi candidat à Mohéli pour la présidentielle. Mais il a dépassé largement ce cadre. C’est pourquoi j’ai dit : attendons voir la prochaine semaine ce qui va se passer et après on pourra apprécier. Mais je sais que sa nomination répond à une mission par rapport au devenir immédiat du pays et au programme affiché par le président de la République. Mais maintenant, c’est l’affaire de Bolero et avec le président qui l’a nommé mais la CRC a toujours sa position et le maintient jusqu’à preuve du contraire.

 

Propos recueillis par Mohamed Youssouf

121012/my/hzkpresse/06h00

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Samedi 22 septembre 2012 6 22 /09 /Sep /2012 00:02

Hommage à Andhume Houmadi , interview du Docteur Ahmed-Chamanga Mohamed

Andhum portrait L’intellectuel par excellence à Tsémbéhou,

c’est bien évidemment feu Andhume Houmadi, juriste de formation, auteur de textes littéraires et aussi personnalité politique.

Né en 1952 à Tsémbéhou, il nous quitta brutalement le 23 novembre 2000. Docteur Ahmed-Chamanga Mohamed, linguiste, éditeur et enseignant-chercheur à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) de Paris a été un fidèle ami de feu Andhume. Tsémbéhou Nouvelle Génération l’a rencontré, malgré son emploi du temps très chargé, pour nous parler, en guise d’hommage, de ce regretté.


Tsémbéhou Nouvelle Génération : Dans quelles circonstances avez-vous fait la connaissance de feu Andhume Houmadi ?


J’ai connu Andhume, pour la première fois en 1964. En effet, cette année-là, il avait commencé sa classe de CM1 ou CM2 (je ne m’en souviens plus très bien) à Ouani avant de regagner son village de Tsembéhou, je crois un mois après, quand la classe a été ouverte là-bas. Ensuite, après le concours d’entrée en 6e, nous nous sommes retrouvés au lycée annexe de Mutsamudu en 1965.


TNG : Quel genre d’homme était-il alors ?


 Nous étions de jeunes élèves à l’époque. Andhume était, comme moi, un garçon assez réservé ; mais il était brillant en classe, cela s’était remarqué dès les premiers jours.


 TNG: Pouvez-vous nous parler de son parcours scolaire et universitaire ? 


Après l’école primaire à Mtsimba-Ntsi (Bambao Mtruni) et brièvement à Ouani, Andhume est entré en 6e à Mutsamudu, comme moi. L’internat avait renforcé notre amitié. Nous formions, avec Ali Ben Said, élève originaire de Mohéli aujourd’hui médecin, un trio qui occupait, jusqu’en 3e, les trois premiers rangs aux examens. Nous étions d’ailleurs les trois seuls reçus à l’examen du B.E. (Brevet élémentaire)

d’Anjouan, et parmi les cinq reçus de l’archipel. À partir de la 4e, Andhume était devenu le meilleur élève de notre promotion en français. Ses rédactions étaient très souvent citées et lues en classe. A partir de la seconde à Moroni en 1969, nos chemins se sont quelque peu écartés. Mais, nous sommes toujours restés amis. Après le baccalauréat en 1972, Andhum s’oriente vers des études de droit à Rouen, puis à Paris. Après ses études, il rentre aux Comores, dans les années quatre-vingts (je ne me rappelle plus de la date exacte), où il a occupé différents postes au tribunal et au ministère de la justice. Il a également enseigné à l’école nationale d’administration.


 TNG: Vous avez tous les deux milité au sein de l’ASEC (Association des Stagiaires et Etudiants des Comores) en France. Parlez-nous du militant qu’il a été.


Quand Andhume était à Rouen, on ne peut pas considérer qu’il était militant de l’ASEC. Il l’était devenu après son installation à Paris. Mais au moment où il s’engageait dans le mouvement « asecois », moi j’ai entamé ma sortie, car je ne partageais plus l’orientation prise par la nouvelle direction de l’ASEC : j’estimais qu’on se trompait de combat. Dès lors nos positions politiques ont divergé. Aussi, ne pourrai-je pas vous dire plus sur sa vie militante.


 TNG: L’Asec a publié au début des années 80 un recueil de nouvelles, qui est, de fait, la première publication comorienne d’expression française. Est-ce vrai que feu Andhume a fait partie des auteurs anonymes ? De quoi parle sa nouvelle ? Enfin, quel a été l’objectif d’une telle entreprise ? 

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Il semble effectivement qu’Andhume est co-auteur de ce recueil. Mais je n’en sais pas plus, car je ne faisais pratiquement plus partie de l’ASEC et, je n’ai jamais eu de discussion avec lui sur ce sujet. Mais cela ne m’étonne pas car il avait une belle plume.

 

TNG: En tant qu’éditeur, vous avez publié en 2005 un roman posthume de feu Andhume. Il s'intitule AUX PARFUMS DES ÎLES. Honnêtement qu’est-ce qui a motivé ce choix éditorial?


Aux Parfums des IlesComme je vous l’ai dit, j’étais resté ami avec lui, malgré nos « divergences » politiques. Quand, en 1998, je lui ai fait part de mon intention de créer une maison d’édition, il m’avait beaucoup encouragé. Connaissant ses capacités d’écriture, j’en ai profité pour lui demander de me proposer un texte à publier. Un an plus tard, lorsque nous nous sommes revus, il m’avait assuré qu’il avait quelque chose en chantier et qu’il me le remettrait dès que possible.

Quand, en novembre 2000, il est frappé par une brutale et terrible maladie, il a pu, avant de partir, confier à son épouse de me remettre son manuscrit inachevé. Pour des raisons que vous comprendrez bien en pareilles circonstances, je n’ai reçu le document qu’un an plus tard. Pour moi, c’était un devoir moral de sortir son texte et une façon de lui rendre hommage. Certes, le texte n’était pas bien au point. Car c’était un premier jet. Il n’a pas eu le temps de le finir, de le relire et de le reprendre. En même temps, il traitait d’un sujet qui me tenait à cœur : la lutte contre le séparatisme. Sur ce point, nous étions tous les deux totalement en phase. J’ai donc jugé utile de publier son roman, après avoir apporté quelques petites corrections d’orthographe et de forme. Je regrette toutefois de n’avoir pas suffisamment médiatisé ce roman. Mais l’œuvre est là : elle mérite d’être défendue. Avec d’autres, je m’y attellerai.


 TNG: Feu Andhume Houmadi s’est aussi intéressé à la politique. Une activité qui l’a même conduit en prison. Si vous nous parliez d’Andhum, le militant politique ?


 C’était tout naturellement, une fois rentré au pays, qu’Andhume était devenu membre actif du Front démocratique dont il était certainement un des membres fondateurs. C’est à ce titre qu’il a été en prison, suite à la tentative du putsch de 1985 dont le Front a été l’instigateur. Je ne peux pas en dire plus, vu que j’étais assez loin de cette agitation. Nous avions repris contact en 1988, quand je suis allé en vacances. Depuis, je ne manquais pas d’aller lui rendre visite régulièrement à Moroni lors de mes passages au pays tous les ans. Il en était d’ailleurs très sensible à ce geste d’amitié. Nous nous échangions beaucoup, mais j’évitais toute discussion politique, même s’il insistait souvent à ce que je rejoigne le Front Démocratique. Vers la fin de sa vie, il se plaignait beaucoup de l’incompréhension de ses camarades du parti quand il devenait de moins en moins militant du Front démocratique, pour des raisons professionnelles, vu sa position au parquet de Moroni où il était soumis à un devoir de réserve. Je sentais en réalité qu’il commençait à se poser des questions sur son engagement dans un parti dont les méthodes et la pratique devenaient de plus en plus contestables…


 TNG: Un petit mot sur sa carrière professionnelle.


 Dans ce domaine, je suis mal placé pour vous en parler, car je connais peu de chose sur cette carrière. Ce que je sais, c’est qu’il avait gardé un très mauvais souvenir au tribunal de Mutsamudu, dans une île où le clivage social entre « kabaila » et « mmatsaha » demeurait encore très vivace. Son expulsion de sa maison de fonction, avec des méthodes d’un autre âge, l’avait très marqué. A Moroni, capitale des Comores, il se sentait plus à l’aise et, en tout cas, plus épanoui.


Propos recueillis par Oirda Dahilou 

Source (Tsembéhou Nouvelle Génération)

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Mardi 26 juin 2012 2 26 /06 /Juin /2012 13:55

Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

 

Comores /

Interview/ Idriss Mohamed, animateur du comité Maoré :

« Le gouvernement n’a rien entrepris de visible contre la rupéisation de Mayotte »

        

 

Moroni, mardi 26 Juin 2012 (HZK-Presse) La participation de Mayotte aux Jeux des jeunes, la rupéisation de Mayotte, deux questions d’actualité qui alimentent le débat national, surtout les milieux politiques et la société civile. Le gouvernement français a déjà entamé le processus visant à faire de Mayotte une « région ultrapériphérique de l’Union européenne » en demandant que la question soit discutée lors de la réunion du Conseil de l’Europe du 28 juin prochain. Pour éclairer l’opinion, un journaliste de La Gazette des Comores / HZK-Presse s’est entretenu avec Idriss Mohamed, animateur principal du Comité Maoré. Interview.

 

Question : que pensez-vous de la participation de Mayotte dans les Jeux des jeunes de l’Océan Indien qui auront lieu dans deux semaines ?

 

Idriss Mohamed : on a caricaturé notre position. Le Comité Maoré ne s’oppose pas du tout à ce que la jeunesse mahoraise participe aux Jeux. Nous sommes prêts à la concession qui fait que nous sommes d’accord pour que les jeunes de Mayotte prennent part alors que ceux des trois îles n’y vont pas. C’est une concession importante à admettre. Mais nous pensons qu’il y a le côté symbolique fort. La jeunesse mahoraise va défiler en brandissant un panneau où est écrit Mayotte, même s’ils n’ont pas de drapeau français ou d’hymne national français, c’est pareil. C’est quand même une entité Mayotte. C’est le 101ème département français qui est là et qui défile. Il s’agit d’une acceptation du fait accompli. Et c’est ce que nous rejetons. Nous savons que les Comores ont émergé en tant que nation par un processus historique fondé sur les liens entre les échanges. Nous sommes d’accord pour ces échanges.

 

Question : quelle position devait adopter le gouvernement ?

 

I.M : nous avons discuté avec la commission d’organisation des Jeux. Elle nous a dit que ces jeux sont organisés par les gouvernements et non pas les structures olympiques. Ce qui fait que l’Etat comorien pouvait demander que le panneau des jeunes mahorais soit marqué jeunesse de Mayotte. Nous n’avons pas pu faire la proposition aux gouvernants puisqu’ils n’ont pas voulu nous rencontrer. Le Comité Maoré a cherché à rencontrer le Président, mais il ne l’a pas souhaité.

 

Question : pour le Comité Maoré, quelle forme devait revêtir la présence des jeunes mahorais pour ne pas les marginaliser ?

 

I.M : il n’y a pas de marginalisation. Peut-être on pourrait parler de la manière de saisir l’opportunité pour avoir les échanges avec eux. Mais il faut voir que ces jeunes viendront avec un encadrement qui milite pour que Mayotte soit française. Chaque fois qu’il y a des jeux, les mahorais font tout pour se distinguer et montrer qu’ils ne sont pas comoriens. Et ils vont le faire encore plus ici.

 

Question : la question de la rupéisation de Mayotte sera discutée bientôt par la Commission européenne. Que faut-il faire ?

 

I.M : nous devons constater que depuis que cette question est posée, le gouvernement comorien n’a rien entrepris de visible. C’est scandaleux. Les autorités disent qu’ils ont écrit, mais la lettre n’a pas été rendue publique. Le Président de la république a dit au Conseil des sages qu’il pouvait accéder à cette lettre au ministère des relations extérieures. Le conseil n’a pas pu mettre la main sur ledit courrier. On peut douter de son existence. En tout cas le MIREX mène une politique soit disant de discrétion complète. Comme si la diplomatie est uniquement secrète. Je ne sais pas comment la question sera examinée. Je pense qu’elle sera étudiée sans que notre pays ait une influence quelconque. L’attitude du gouvernement est inacceptable.

 

Question : n’est-il pas trop tard pour empêcher ce processus déjà engagé par la France ?

 

I.M : il ne sera jamais trop tard tant que Mayotte ne sera pas intégrée dans l’Etat comorien. Le combat continuera. Même si la France fait de Mayotte un département ou une région ultrapériphérique de l’Europe. En compliquant le combat pour la libération de Mayotte, la France engage le devenir de nos deux peuples. Les français veulent faire croire que nous sommes en conflit territorial avec eux. C’est entre le monde et la France qu’il y a conflit. Cette dernière piétine les lois appliquées dans le monde sur la décolonisation. Celle-ci est incomplète pour les Comores. Il apparait de plus en plus que, les vrais intérêts sur cette question de Mayotte se trouvent dans le canal de Mozambique, qui regorgerait d’un potentiel énergétique considérable notamment du Gaz. Le voile se lève.

 

Question : quelle solution le Comité Maoré suggère aux autorités ?

 

I.M : les autorités ont capitulé. Nous n’avons pas de solution à proposer. Les comoriens doivent comprendre qu’il faut faire pression à l’Etat pour qu’il défende les intérêts de notre pays. La question n’est plus posée à l’ONU. On laisse Mayotte en tant qu’entité, participer aux Jeux. Rien n’a été fait sur la rupéisation. Nous sommes dans une situation où nous ne préservons pas nos intérêts. Il y a une nouvelle théorie qui est née. Le  gouvernement actuel dit que la question de Mayotte est là depuis longtemps.

 

Propos recueillis par Natidja Hamidou

260612/nh/hzkpresse/12h00

Publié dans : INTERVIEWS - Par HALIDI - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

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