PRESENTATION

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Vendredi 18 avril 2008

SUITE 2 ET FIN DU RAPPORT DE LA FCDH DU 15 AVRIL 2008 SUR LES EXACTIONS COMMISES PAR LE REGIME BACAR A ANJOUAN


POUR VOIR LE DEBUT DU RAPPORT CLIQUEZ ICI

POUR VOIR LA SUITE 1 DU RAPPORT CLIQUEZ ICI

Insa Mohamed 44 ans de Hassimpao  dans la Région de Sima, pêcheur

Arrêté le 26 janvier 2008 à 11h00 ; treize FGA ont débarqué chez lui et l’ont amené jusqu ‘ à Bambao où il a subit des tortures physiques

Il s’est trouvé blessé au niveau des membres supérieur avec une déformation du poignet

Transféré au camp militaire de Sangani où ils l’ont brûlé les deux pieds suivi de menaces de mort

Durant son séjour à au camp militaire de Sangani il a subi toutes sortes de tortures

Tombé malade, il est admis à l’hôpital le 27 février où il a été opéré et passé 60 jours.

 

 

Imrane Abidi, originaire de Mutsamudu arrêté le 16 février 2008 à 17 h 30mn à Mjamawe par une équipe de la FGA. il est amené à aéroport de Ouani où il a été tabassé, ligoté les pieds et on lui a versé de l’essence et  on a mis le feu  après il a été entaillé sur le dos. Il est enfermé en prison puis le directeur de l »hôpital de Hombo a intervenu pour le soin de celui-ci

 

Said Ali Houmadi, enseignant de secondaire de Bandrani  arrêté le 07 janvier 2008 à 2 h du matin il a été tabassé puis libéré sans procès et sans savoir de quoi il était soupçonné.

 

Abdou Said, inspecteur de finances sous le régime du feu président Taki est arrêté le 12 décembre 2007 à 00h. il est tabassé depuis chez lui et a passé 3 jours à la brigade de Ouani

A la sorti le troisième jours il est hospitalisé pendant 2 semaines il a quitté l’île d’Anjouan pour Moroni en prenant le Kwasakwasa et depuis ce jour sa famille n’a aucune nouvelle de lui. 

 

Farid Abdou originaire de Dindri Pomoni  est arrêté le 7 décembre 2007 à 1h du matin par 9 FGA il est posé sur un pneu  suivi des tortures physiques depuis chez lui jusqu à Mchacojou il s’est trouvé dans ce lieu tout seul et il s’est débrouillé pour rentrer chez lui

 

Bacar Issoufou, de Hassimpao  en pleine nuit la FGA est arrivé chez lui le 14 janvier et l’ont arrêté, avec comme motif il est le responsable des déplacés des anjouanais vers les autres îles Mohéli, Mayotte et Grande Comore avec sa vedette. Arrivé à la brigade de Ouani il s’est vu ligoté les bras puis tabassé.

 

Said Ali Iboura de Sima arrêté le 2 janvier 2008 à 00h par 10 FGA cagoulés

Cause de son arrestation ; il doit dire l’endroit  où se trouvent l’AND

Ils l’ont piétiné au niveau du corps.

 

Fatima Issiaka  s’est vu arrêté vers 17h parce qu’elle contestait le régime en place. Enfermé à la brigade pendant 2 jours avec des menaces

 

Dhoiharou Moussa arrêté le 21 décembre à 23h et envoyé à dans la prison de Domoni où il est mis le puit il est resté pendant deux jours et le quatrième jours il est amené à la prison de Koki où il s’est vu  torturé physiquement 

 

Kaisse originaire de Bambao tabassé durant toute une nuit puis jeté devant sa maison

Il contestait le régime Bacar

 

Mohamed Issiaka dit Touré originaire de Domoni  arrêté le 21 octobre 2007 à 1h du matin la cause de son arrestation il expliquait aux gens les mauvais traitements du régime Bacar

 

Djandi André de Mramani à Nioumakelé trouvé à la mosquée entrain de prêcher  la FGA l’a arrêté puis tabassé

 

Kassim Houmadi  Ourodé de Nioumakele Chaoueni prof d’hist Géo arrêté le 28 décembre 2007 par 12 FGA. Il menait une grève des enseignants dans l’île. il a subi des tortures physiques et des blessures au niveau des membres inférieur 

 

Oumar Djaha de Mramani arrêté le 2 février 2008. il a passé un mois et 25 jours dans la prison de Koki  raison il a un réseau de déplacé vers les autres iles

 

Houmadi Ahamed, instituteur Mramani arrêté le 22 juin 2007 à 22h du soir motif meneur de grèves des enseignants il a été torturé physiquement

 

Ismael enfermé pendant 15 jours à la brigade de Mrémani  privé de nourriture après avoir subi des tortures physiques admis à l hôpital de Domoni, il a pris le Kwasakwasa vers les autres îles.

 

Felé,  originaire de Domoni député est arrêté le 16 mai 2004 à 9 h du matin au marché de Mutsamudu il a été torturé jusqu’à 23h il est libéré.

 

Imame Ben Abderehemane de Mutsamudu enlevé chez lui à 2h du matin par 30 FGA et l »ont amené jusquà Mchakojou où il a subi des tortures physiques transféré à Domoni il a fait 30 jours celui-ci a pu reconnu deux FGA dont Kamardine de Mohéli et Abdou kalbadjara d’anjouan

 

Hadji Toilha de mutsamudu arrêté le 16 janvier à 17h  par la FGA qui lui demandait de leur dire la date du débarquement il a été torturé physiquement enfermé à la prison de Koki après avoir été torturé à l’aéroport de Ouani

 

Melle Echat Ahmed de Mutsamudu  secrétaire comptable à l’usine de Coca cola à Anjouan attrapée. En train de jeter des ordures, elle a été enlevée amenée à la Brigade où elle a été tabassée. Elle est passée  la nuit à la brigade à l’insu de ses parents il a fallu l’intervention de son chef pour qu’elle soit libérée.

 

Loukmane Badrane de Mutsamudu arrêté le 22 janvier 2008 à l’Alliance Franco Comorienne amené à la brigade de Mutsamudu où il a passé 12 jours  sans qu’il sache la cause de son arrestation il est transféré à Ouani où il a eu des tortures physiques  sa libération était conditionnée d’une rançon d’un million des franc comoriens donné à la FGA. Les négociations ont été faites directement entre son père et le colonel Bacar avec la médiation de Daffar salim l’ex ministre de l’intérieur.

 

Nassor Nafioun, agent de la tour de contrôle, rencontré à Moroni le 3 avril 2008 chez Arbabidine Mohamed qui l’hébergeait. Il nous a dit avoir été arrêté à son bureau à l’aéroport de Ouani. Il a été détenu à la brigade du dit aéroport et il a été tabassé sur la piste d’atterrissage lui et Omar Galela. Il a fait 3 jours sans aller aux toilettes car il ne pouvait pas marcher à la suite des tortures. Il a pu identifier une partie des ses bourreaux qui sont Bobocha qui lui pris sa bague de mariage, Astérix, Chaher, Menton, Charslin, Sengué, Djanfar Chamouine, Abdou Kalbadjar et Mohamed Ali Combo alias Zouma. Il a toujours un plâtre au pied gauche et marche avec une béquille.

 

Soifi Issouf Ben Ali de  Mpagé  arrêté le 8 février 2008 à 22h par 13 FGA ils l’ont bandé les yeux puis tabassé jusqu au matin

 

Rachifane Soilihi Amane de Mpagé arrêté le 3 janvier 2008 amenée à Ouani où il a passé 8 jours de torture puis, transféré à la prison de de Koki où il a fait ses 3 mois et 8 jours

 

Mohamed Halifa de Pagé avant d’être arrêté sa maison était saccagée lorsqu il est attrapé le 14 janvier à 2 h du matin quant il voulait s’enfuir la FGA l’ont tabassé et il se trouve maintenant avec des béquilles    

 

Saenyane ousseine originaire de Pagé à la descente de l’aéroport de Ouani il est arrêté pour avoir apporté des posters du président sambi

 

- Onzad Issiaka, originaire de Mramani. Il a été arrêté le 27 décembre 2007 chez lui vers trois heures du matin « ils ont cassé la porte et m’ont pris dans mon sommeil. Ils ont commencé à me frapper. A la place publique m’ont enchaîné et ont commencé à me tabasser. Moi et mes compagnons de captivité avons été emmenés au carrefour de Nkohani et après le passage à tabac nous sommes emmenés à la brigade de Domoni. Nous avons fait huit jours et certains d’entre nous sont libérés. On me recherchait une deuxième fois et je me suis réfugié dans la forêt.

 

Kayissoire Thoueni, Domoni : suite au refus des compteurs prépayés, un militaire lui a tiré à bout portant sur le pied droit avec d’un kalachnikov. Il a été hospitalisé à l’hôpital de Domoni (anjouan) pendant deux mois et sa famille a cotisé pour l’envoyer par un kwassa Kwassa à Mayotte moyennant  750 000fc et 150 000 fc de traitement. La jambe présente une déformation

 

Thambati Mohamed, Domoni : un pêcheur arrêté à huit heures du matin. Jeté sur une route bitumée, il a été trainé sur la chaussée et roué de coups de matraques. Continue de souffrir physiquement et moralement

 

Fatoumia bourhane (Mlle), Domoni : 28 ans, a reçu une cartouche sur la jambe gauche. Suite au refus des autorités de fait d’Anjouan de la laisser aller se soigner à l’extérieur, sa famille l’ « a volée » à l’hôpital pour l’envoyer à Mayotte  où elle est restée pour ses soins. Sa famille a dépensé un million de francs comorien pour ce transfert sanitaire. Elle marche à l’aide de béquilles.

 

Kamal Mohamed, Domoni : arrestation à minuit en plein sommeil. après qu’il a été contraint d’aboyer, on a obligé à un de ses copains d’infortune de le tondre les cheveux à l’aide d’une machette et d’une capsule de coca cala jusqu’à ce que le sang coule abondamment sur son corps.

 

Farid Djabir Mirghane, Domoni : a été arrêté dans son studio d’enregistrement. Les militaires de la FGA simulaient sa fusillade. Il a été chassé et en revenant il a retrouvé tout son matériel (3 ordinateurs, ses CD et  ses cassettes) volés. Il a été très marqué surtout du fait que cela s’est produit le jour de son mariage.

 

Mariama Attoumani (Mme), Domoni : cette épicière a vu débarquer dans sa boutique plus de quinze hommes en armes qui sont venus le menacer, l’insulter et  l’infliger de claques. Ils ont tiré avec des armes automatiques et une des balles qui a ricoché sur un poteau électrique a vu un certain nombre de ses débris venir abîmer un de ses yeux. Malgré l’intervention ophtalmologique subie, elle affirme avoir une perte de sa vision. Elle garde une cicatrice à côté de l’œil blessé. Ses dépenses médicales s’élèvent à 110 000fc

 

Said Anli dit Dj Ropa, Domoni : suite à une publication de chansons anti régime Bacar, il a été arrêté et incarcéré à la brigade de gendarmerie de Domoni . il a été roué de coups de rangers et bâtons. Il affirme souffrir au niveau des côtes.

 

Houmadi Ahmed Bacar, Mon Daniel, Chambani Djailane, Anfardi Anasse,Omrou Soula, Aminati Said Ali et son fils, Kamitoine Abdou, Mogné Abdou,Poli, Abdourahamane Ali, Roihime, Bamvoura, Hayidi Issouf et sa femme, Mbobo et sa femme, Abdilahi Dodo, Hamza Ibrahime, Badanassi Ibrahim, Abdéréhmane Daouladine,Abacar Abdou Mari, Elhade Anlimoudine, Mohamed Abdou Pink, Abdallah abdou Ousseine ,Farid Issouf Boina, Abdoulkader Toiliha, Maoulana said Hachime, Ansumdine Salim (pécheur) Moustoifa Ahmed Hachim (éleveur), Thamarati Thoueni, Charaf Abdou: tous (de Domoni) ont été arrêtés le même jour à quelques minutes d’intervalles, et ont suibi à la gendarmerie de Domoni les mêmes tortures à savoir qu’on les marchait sur le corps par des  godasses et on les distribuait des coups de bâtons répétés sur la plante des pieds. Pendant des jours après leur remise en liberté, ils avaient du mal à marcher.

 

Radjab Said, Domoni : ce peintre en bâtiment de 39 ans a été menotté et jeté dans une citerne pendant 10 heures de temps dans cette position. Par la suite, on l’a retiré de la citerne et enlevé les menottes mais on a l’a laissé sans manger ni boire pendant 24 heures. C’est le major Fatahou  qui a ordonné ses supplices

 

Toibibati Abdou Chaibati, Domoni : du fait de son soutien au président Sambi et après avoir été proposée sans succès d’aller coucher avec les gendarmes Abdallah Machamba et Samirou, elle a été convoquée par les deux gendarmes le lendemain à la brigade de Domoni où elle a été rouée notamment par une grosse câble, de claques, de godasses.  Elle s’est finalement trouvée sur un lit d’hôpital saignant abondamment notamment par le vagin. Elle affirme que ce n’était pas la période de ses menstrues mais ne  peut pas affirmer si elle a été violée ou pas du fait qu’elle avait perdu connaissance sous les tortures.

 

Abdallah Mohamed : il a été arrêté, incarcéré et torturé par les gendarmes notamment par le gendarme Djanfar Chamouine (en cavale avec Mohamed Bacar) qui le rouait de crosses de canon de fusil. Il a été incarcéré  pendant deux semaines et déclare souffrir physiquement. N’a plus d’appétit ni sommeil.

 

Ali Maenfou (pécheur), Ongoni, Marahani : la FGA l’a arrêté à minuit. L’a roué de coups de matraques et crosses de fusil de guerre. Incarcéré pendant 7 jours à la gendarmerie de Mutsamudu, jugé sans savoir pourquoi avec à la clé une amende de 800 000 fc, enfermé à Bambao Mtsanga pendant 24 h, Domoni 24 h, Sangani pendant 5 jours et puis s’est enfui à Mohéli. Deux de ses vedettes ont été brûlés et deux de ses moteurs hors bord « volés » par les gendarmes. Ses tortionnaires sont connus sous les appelations d’Adé, Daoud Mboiyaya et Djanfar.

 

El farouk Ahmed Said (élève de 22 ans) : ligoté des pieds et jambes et jeté dans un véhicule où on l’a marché dessus jusqu’à la brigade de Bambao où il a été roué de coups de bâton, emmené à la brigade de Sangani pendant 6 où il a été une nouvelle fois roué de coups de bâton et à Hombo pendant 24 heures. Il a été arrêté et torturé à la place du père introuvable. Ses tortionnaires se nomment notamment Sudikou de Mohéli et Chadhuili de Mromaji

 

Saniati Daoud (Mme) : les FGA sont rentrés dans son domicile à 2 heures du matin. Ils voulaient l’emmener à la place du mari recherché mais absent de la maison. Devant le refus de celle-ci d’obtempérer, elle a été rouée de claques en tenue d’Eve  et injuriée devant ses enfants.

 

Habiba Attoumane Hachime (Mme), Bambao Mtsanga : pour les mêmes motifs que précédemment, plusieurs gendarmes se sont introduits. Ont menacé la dame par une arme de guerre. Lorsque sa fille Zabida a voulu s’interposer, elle a été traînée par terre et ont voulu l’emmener si la maman ne s’était pas jetée sur elle recevant toutes les deux de coups et le bébé qu’elle portait est blessé en tombant

 

Fofana Mohamed , Ali Abdou, Mahamoud Mohamed Said, Mariama Toybou, Djoni Baco, Archimed Abdallah ont été ligotés, embarqués dans des véhicules où ils ont reçu  des coups avant d’être torturés à la gendarmerie.

 

 

Saidali Abdérémane, instituteur, originaire de Ouani, a été convoqué à la brigade de Ouani le 2 octobre 2008.

Arrivé à la brigade, au moment où il demande le motif de sa convocation, il aperçut un monsieur Cher de la FGA se jeta sur lui et le tortura à mort depuis 9h 3o mn à 11 h 3o mn. Il est victime de l’inflammation testiculaire  droit, masse dure du testicule droit aboutissant à un kyste, douleur sur la hanche.

 

Oiridine Omar, Zouhair Bacar, Abdouroihamane Mikitadi,  Ahmed Hedja, Aboulaithi Houmadi, tous originaire de N’yantranga.

C’était le 5 février 2008 à 23 heures où ils étaient enlevés de leurs domiciles et transportés jusqu’à la piste de l’aéroport de Ouani où ils ont subis toutes les exactions du monde.

 

Anridhoine Antoy originaire de M’ramani et résidant à Mirontsy a été arrêté en janvier 2008 et détenu à la brigade de Domoni où il a été torturé jusqu’à la cassure de son pieds.

 

Ibrahim Allaoui, infirmier d’Etat, originaire de Mirontsy, a été arrêté et détenu durant un mois, il a subi toutes les exactions du monde. 

 

En mars 2008, Laidine Abdallah Assane dit Charlot, originaire de Barakani, village natal de Mohamed Bacar, a été enlevé et torturé dans la résidence personnelle de Mohamed Bacar et sa présence. Monsieur Laidne est victime d’une fracture de bras et de la jambe gauche. 

 

Elkarim dit Baba, originaire de Ouani, a été violemment torturé. Il a sucombé suite à ses blessures après un mois.

 

Assassinant

Naoumane Daniel âgé de 18 ans, élève en clase de 4ème, originaire de Barakani, village natal de Mohamed Bacar, a été assassiné devant la porte de la résidence de Mohamed Bacar à 22 heures alors qu’il était un enfant très réputé de sa docilité. Il était même familiarisé de garde rapproché de Mohamed Bacar.

Selon des sources dignes de fois de son oncle Choubayan Soilih et sa mère Chayanti Soilih,  Naoumane Daniel a été assassiné pour des raisons rituelles et de gris-gris.

D’ailleurs, aucune explication n’a été fournie ni par la FGA ni par Mohamed Bacar.

 

 

 

Les exils forcés

A Ouani, une trentaine d’hommes et de femmes ont été obligés de fuir l’île d’Anjouan pour se réfugier à Mohéli et à Moroni. Ils étaient menacés de torture et de mort.

 

A Nyantranga, une vingtaine d’hommes ont vécu dans le maquis du janvier et mars 2008.

 

A Ongoni 2/3 des hommes ont vécu dans le maquis, depuis le mois de décembre jusqu’au jour de débarquement.

 

Conclusion

 

Ce rapport montre combien le régime de Bacar a été traumatisant pour la population anjouanaise. Nous avons relevé plusieurs cas et beaucoup n’ont pu être prises soit parce que les victimes ne sont pas encore revenues à Anjouan soit parce que le temps nous était limité, mais aussi, nous avions de moyens très limités qui ne nous ont pas permis de passer beaucoup de temps sur le terrain. Nous aussi rencontrés quelques problèmes liés au refus de témoignages dû à une lassitude des citoyens ne croyant pas que cela servira à quelque chose.

Nous avons en outre remarqués que beaucoup de gens sont encore sous le choc et des enfants en sont traumatisés.

Nous lançons un vibrant appel à tous les gens qui pourraient apporter une assistance à ces personnes victimes du régime de bacar. Beaucoup ont perdus des biens mais aussi de l’argent ou encore leur dignité. Certains ont besoin d’une assistance psychiatrique avant de redevenir normaux.

 

 

Pour la FCDH

 

Ahmed Mohamed Allaoui,                  Mohamed Nassur Riziki                Kaled SAID

 

 

 

Antufati Soidri :                                    Echati Chadhouli :                   Fatima Bacar Abi

 

 



[1] Les deux femmes ont été interviewées ensemble. Semble-t-il qu’il y a eu des attouchements mais deuxième a été très gênée de raconter son calvaire. Les paroles étaient entrecoupées et quelques larmes tombaient.

[2] La victime est le voisin de Mme Roukia

[3] Le douanier arrêté à Mayotte et transféré à Moroni

[4] Nous étions transférés après six jours de détention à Ouani.

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Vendredi 18 avril 2008

SUITE 1 DU PREMIER RAPPORT DE LA FCDH DU 15 AVRIL 2008 SUR LES EXACTIONS COMMISES PAR LE REGIME BACAR A ANJOUAN

Pour voir la première partie du rapport cliquez ICI

(...)

A

Moya le 7 avril 08 à 10h 05 mn

 

Personnes rencontrées :

- Mohamed Attoumane alias Alala, arrêté le lundi 14 janvier 2008 pour avoir diffusé publiquement la radio nationale. L’équipe l’a rencontrée à l’entrée du village en compagnie d’un groupe de villageois qui nous attendait.

Son témoignage : « on est venu m’arrêter dans la matinée chez moi. Dans la voiture on a commencé à me tabasser déjà à de cross de fusil. Quand on est arrivé à Mutsamudu, on m’a frappé à coup de matraques pendant des dizaines de minutes. Après on me jeta dans une cellule et il s’en est suivi des tortures morales qui ne se sont arrêtées que le lendemain quand on m’a libéré vers 15 heures. Je n’ai pas pu identifier mes bourreaux car ils étaient cagoulés.

Une deuxième fois soit le 22 mars 2008, on est venu me chercher mais j’ai réussi prendre la fuite. Je me suis caché dans la forêt jusqu’au débarquement du 25 mars dernier ».

 

- Attoumane Allaoui, professeur d’Anglais « ils sont venus chez moi vers minuit. Quand je les ai entendus, je me suis levé et j’ai regardé dehors. J’ai vu des militaires encerclant la maison. Ils sont passés dans la chambre de mes sœurs par effraction. Quand j’ai vu cela j’ai compris qu’on va m’arrêter. Je suis sorti par la porte derrière mais il y avait encore des militaires qui m’ont d’ailleurs vu. J’ai  sauté vers un balcon voisin en essayant de prendre la fuite. Ils m’ont suivi et m’ont lancé des briques mais heureusement elles ne m’ont pas atteint. La poursuite a continué et j’ai dû me suspendre deux heures durant dans un ravin et ils étaient au dessus de moi. Quand ils sont partis, j’ai monté et pris la direction de la forêt vers quatre. La nuit suivante je suis revenu et on m’a caché dans le voisinage et on m’apporté les premiers soins. On est venu me dire qu’on me cherche encore et le troisième jour je suis parti pour Mohéli. A Mohéli le colonel Anrifi Moustoifa m’a accueilli et a pris ma déclaration.

Je suis revenu à Anjouan après quelques semaines et quand les partisans de Bacar l’ont su, ils transmis le message et me rechercha encore et je me réfugia dans la forêt jusqu’au débarquement. J’ai pu identifier certaines milices de ceux qui sont venus m’arrêter. Il s’agit de Abdallah Mourchidi, Naouir Soilihina. Enfin, depuis ces problèmes je n’ai pas été payé. Le lundi 24 mars, il y a eu une liste de 35 personnes qui devaient être arrêtées à Moya et j’y fugurais ».

 

- Daroussi Zirari (ami de Gabou) « on est venu m’arrêter le troisième jour du mois de ramadan 2007 parce que  je suis l’ami de Gabou et je suis celui qui saura sûrement là où il se cache. C’est Abdallah Mourchidi qui avait emmené les troupes ce jour là ».

 

- Hadidja Elias mère de deux filles, ex policière « on me recherchait pour avoir critiqué le pouvoir et pour avoir réclamé mon salaire de 24 mois que je n’ai pas reçu. J’ai dû m’exiler pendant 75 jours à Bandrani. Après je suis revenue au village vers début janvier et quand on l’a su on me recherchait encore. Quelques amis sont venus me le dire. Cette fois-là j’ai pris le maquis et je vivais dans la forêt avec un groupe de trente quatre personnes et j’étais la seule femme. Nous sommes rentrés à Moya le mercredi 26 mars après le débarquement ».

Assad Abdou « les militaires ont débarqué chez moi vers minuit. J’ai pu les voir avant de pénétrer dans la maison et j’ai pris la fuite. Ils m’ont poursuivi jusqu’à la sortie sud de la ville. Pour les échapper j’ai dû sauter dans un ravin où je me suis blessé les pieds. Eux ils n’ont pas osé sauter mais ils ont projeté leur dans la direction que j’ai prise. J’ai nagé après jusqu’à l’autre coté de la ville et quand je suis sorti de l’eau, j’ai remarqué me pieds étaient couvert de sang. La nuit suivante je suis revenu à la maison pour pouvoir bénéficier de soins, mais je n’ai pas pu rester car on m’a dit que les militaires ne reviennent de temps en temps. Donc, j’ai eu juste le temps de prendre des calmants et je suis reparti dans la forêt. Pendant tout ce temps on ne mangeait que des fruits ».

 

- Ayadhui Abdallah, 21 ans « j’ai reçu une convocation de la brigade de Pomoni du 2 janvier 2008. Je me rendu le lendemain et j’y ai trouvé l’adjudant Majani. Il m’a toute de suite fait emprisonner et m’a dit que je dois attendre l’arrivée du commandant parti à Mutsamudu pour être entendu. Celui-ci est revenu vers 15 heures et a dit que je vais rester là jusqu’au lendemain. Et le matin du 3 janvier très tôt le ministre Mohamed Abdallah Amani est venu lui-même en prison dire qu’on ne doit pas nous libérer parce que nous avons menacé d’emmener les militaires AND et faire du porte à porte dans les propriétés des dignitaires du régime Bacar au moment du débarquement. C’est le troisième jour que le commandant me libéra par pitié et m’a fait juré de ne plus répéter cela ».

 

- Omar Bacar, bijoutier Sima, arrêté la nuit du 18 décembre 2007 vers deux heures « les militaires étaient armées jusqu’aux dents. Ils ont appelé trois fois. J’ai refusé d’ouvrir la porte et ils l’ont cassée. Le temps d’ouvrir la porte de ma chambre et ils m’ont tenu la nuque. Je n’ai pas résisté car mes enfants dormaient au salon et j’ai voulu les préserver. Certains sont entrés dans ma chambre et ont fouillé partout pour rechercher mon portable. J’ai dit que je n’en ai pas et ils m’ont emmené. Quand on est arrivé à la place publique on a trouvé Koudé un de leur chef qui leur a dit que j’ai un portable ils sont revenu chez moi, ouillé partout jusqu’à ce qu’ils le trouvent. Il y avait déjà sept personnes dans la voiture. On nous a attachés les pousses par des lacets. Allongés par la poitrine dans la voiture les coups venaient de partout : godasses, matraques, des gens marchaient sur nous ou sautillaient. Quand nous sommes arrivés dans la périphérie de Mutsamudu, on nous a obligés de chanter une chanson dïra insultant la mère du président Sambi. Nous sommes arrivés à la brigade de Ouani à cinq heures au petit matin. Nous avons pu identifier Hassanaly, Kamardine Charsline (lodi) dans qui est venu nous arrêter.

 

A huit heures trente le lieutenant Midiladji est arrivé avec une liste et a demandé les noms d’Ardani, Omar Bacar et Dani Madjidi. Ils nous ont séparés dans des cellules isolées. Dans ma cellule deux militaires sont venus. Ils m’ont demandé où sont les armes que mon frère Houdam Bacar (AND) m’a envoyées et les mercenaires AND. J’ai répondu que je n’en sais rien et militaire s’est mis debout sur mes jambes et l’autre me matraquait les pieds. Ils sont sortis un moment et sont revenus me dire que mes amis ont fait des aveux et ont dit que c’est moi qui détient les armes. Ce à quoi j’ai répondu que cela serait facile s’ils emmenaient ceux qui les ont pour aller les récupérer. Ils ont pris un gros bâton qu’ils ont lancé vers mes pieds mais j’ai pu les retirer et il s’est cassé. L’un a pris l’un des morceaux et l’a lancé vers ma tête et j’ai mis les mains et la main droite s’est cassée, le sang coulait à flot. Ils m’ont dit par la suite de regagner la cellule collective mais je ne pouvais pas. J’ai rampé pour y arriver. Les trois premiers jours on ne mangeait que la nuit et le temps de diner ne dépassait pas cinq minutes. On ne brossait pas et on ne se lavait pas. Le troisième jour quand on a demandé à pouvoir prier, on nous a dit de faire venir aussi nos femmes car nous sommes chez nous. Moi, Midiladji me tabassait presque chaque jour Le sixième jour nous avons été transférés à Koki la pison centrale. Là-bas on nous a toute suit donné de l’eau des brosses à dents et du savon ; nous avons pu nous baigner. J’ai été libéré le 26 décembre 2007 sans procès ».

 

-Assane Oussene, arrêté le 27 décembre 2007 pour avoir critiqué le pouvoir (Mramani-nioumakélé) Nous sommes arrivés à l’heure de la prière de midi. Un groupe de personnes victimes nous attendait dont une fille et un mineur de 16 ans parce son père avait fui l’arrivée des milices. Il a pu identifier hassanaly. Les informations qu’ils ont eu après montrent que c’est le maire du village Oussene Attoumane dit Bachara( actuellement à la prison de Koki) « c’était vers quatre heures, ils m’ont ebchainé et nous ont emmenés avec mes compagnons de captivité au carrefour de Nkohani et on a passé à tabac certains s’étaient évanouis. J’ai été libéré le quatrième jour. Une deuxième fois on me cherchait, mais j’ai pris la fuite et je me suis refugié dans la forêt pendant trois jours puis à Moroni ».

ttoumane Houmadi, enseignant d’éducation physique, interviewé le 8 avril 2008 à Domoni à 17 heures. Nous l’avons trouvé chez lui en compagnie de sa petite fille traumatisée : « ma petite fille que vous voyez là pleure quand elle voit un homme en tenue. J’ai été arrêté le 15 février 2008 à 17h 40 mn chez ma mère. J’ai vu mon père emmené manu militari, obligé de les montrer là où je suis. On m’a ramené et on est parti prendre Abdoulkader Toilha et on nous a emmené chez le ministre Djaé. Un gendarme nommé Taki nous a demandé ce que nous avons fait, ce que nous avons répondu rien. Ils ont commencé à nous tabasser jusqu’au carrefour qui mène à Koni. On nous a obligés de réfléchir bien car nous savons très bien ce qu’on nous reproche et donner les réponses qu’ils veulent. Des gifles, des matraques, des bâtons… Les coups venaient de partout. Moi on me frappait surtout dans le dos et aux pieds. Ils m’ont dit que les autres ont été abandonnés au carrefour et que si je ne réponds pas je serai tué. On nous soupçonnait d’avoir caché des militaires AND. J’ai fait semblant de ne pas respirer et on me bougea avec le bout d’un fusil. On m’avait détenu à Patsy et je n’ai été libéré qu’après que mon père ait payé 200 000 fc le 21 février 2008. J’ai été hospitalisé à l’hôpital El-manrouf du 2 au 18 mars 2008 (voir photo). J’avais fait un interview à RFI ».

 

 

Abdou Houmadi, Bambao Mtsanga à 19 heures. C’est un chauffeur qui a été arrêté le 18 février 2008. il a pu identifier les militaires suivants : Kaïssi, sourette, Houmadi. Il  a été tabassé à la brigade de Bambao. Les pieds sont déformés jusqu’à maintenant. Il a été opéré à Domoni pour hernie. Il a en sa possession une radiographie et son carnet de santé.

 

Bastoine Moussa, mécanicien de Bambao Mtsanga. Il a été arrêté le 18 janvier 2008 vers une heure du soir. Le chef de section était Sengué. A leur arrivée à la brigade Dhoihirou était déjà là. Après le passage à tabac, j’ai remarqué que j’ai des excréments partout et on ne l’a laissé pas laissé aller aux toilettes. Il a été hospitalisé à Domoni et soigné par les docteurs Mohamed Soilihy et Mouslouhidine Haidar.

 

Mouhtar Saindou, électronicien arrêté le 17 janvier 2008 à une heure du matin. Les militaires qui l’avaient arrêté sont Sengué, Djanfar Chamouine, Hazi et un civil ancien ministre des finances de Bacar. Tabassé à la brigade de Bambao et transféré à Domoni avec trois autres personnes. Il a été libéré le 26 janvier 2008 après avoir payé 75 000 fc et un portable acheté à Mayotte 650 euros. Une deuxième fois, le 6 février 2008, il a été recherché parce qu’il disposait d’un téléphone satellite. Il s’est réfugié dans la forêt pendant six jours et il est parti à Mohéli en louant une vedette à 140 000 FC (12 février 2008).

 

Abdillah Ahamadi, Ongoni Marahani, le 9 avril 2008 à 10 h 05 mn. Il a été arrêté le 24 décembre 2007. Il venait d’un enterrement de sa sœur. Il dormait depuis dix huit heures fatigué et attristé. On est venu l’arrêter vers deux heures du matin. « Ils m’ont jeté dehors et tenu par la ceinture et on m’a enchaîné les mains derrière le dos. Les militaires qui étaient là sont Suddik, Madjidi et Ali Combo. Après le passage à tabac, j’avais les testicules gonflés. On m’a transféré au camp de Sangani le lendemain. Deux jours sans nourriture et je suis tombé malade. Le mercredi 26 décembre 2007 je me suis évanoui et on m’a emmené à l’hôpital. Les militaires ont monté la garde devant la chambre d’hôpital ». Sur le carnet médical du 26 décembre 2007, il est inscrit douleur du bassin coté gauche, otalgie D avec écoulement, douleur des testicules, hernie étranglé et demande de chirurgie urgente. Intervention faite par le docteur Dada à Hombo (reçu n° 25115, 25401, 25402,25403 du 27 décembre 2007).

Jusqu’à maintenant il n’arrive pas à ce soir longtemps. Il n’aucun goût des aliments et des problèmes à la gorge (voir photo).

 

Salim Said Mchinda, enseignant, Bazimini arrêté le 17 février 2008 par Djanfar Chamouine, Mcolo, Djounaïdine Bourhane, Chaher Ben Omar, Houmadi (Radjesh) et Fédéral. Ils sont venus à 13h 00 mn. Il a été emmené à la briga de Ouani. Il était soupçonné d’avoir caché des éléments de l’AND chez lui. Les mains étaient attachées par des lacets. « Midiladji m’a tabassé à 21 h 00 et à 4 h 00 c’est l’escorte de Mohamed Bacar qui est venu. On nous a bandés les yeux et emmenés au collège de Brakani et nous ont tabassés. Après nous étions transférés à la prison centrale de Koki. Après six jours on m’a transféré à la gendarmerie de Hombo. Le lieutenant Adé m’a fait signer un papier où j’ai donné l’engagement de rien dire de ce qui m’est arrivé sinon je serai encore arrêté». Il a un plâtre au pied jusqu’à maintenant.

 

Chamsidine Mohamed Rabioun, rencontré àMutsamudu le 9 avril 2008 à 17 h 10 mn. Il a été arrêté la nuit du 11 janvier 2008 vers deux heures du matin. Il était soupçonné d’avoir participé à l’incendie de la voiture de l’ex-directrice des douanes anjouanaises. Il nous a affirmé avoir passé la nuit à Ongoni-marahani le jour où ces actes se sont passés. C’est le jour où son fils a été tué dans un accident de voiture. Voila son récit : « ils ont cassé la porte et m’ont emmené. J’ai demandé à aller pisser d’abord, mais ils ont refusé. Quand on est arrivé devant la maison de Roukia[2] son frère m’a dit de dire à Dieu à ma femme et à mes enfants parce que je ne les reverrai plus. Dans la voiture, on a posé un pneu sur mon dos et des militaires sautaient dessus. Ils nous ont emmené au terrain de Patsy (moi, Ibraim Ahmed Salim et Omar galela). La bastonnade a commencé de 2 heures à 4 h 30 mn. Ali Nourdini (Djilimbé) m’a frappé à la tête plusieurs fois jusqu’à ce que je saigne de partout même dans les yeux. Il a dit à Adjudant Moina de poignarder et il le fit à plusieurs fois. Ils ont pris briquet, l’ont posé à plusieurs endroits sur ma peau et la tirait par la suite. Après, on m’a enchaîné les pieds, l’autre bout de la corde était attaché à leur véhicule et ils m’ont traîné en faisant le tour du terrain sept fois. Le sang coulait à flot et je me suis évanoui. Le lendemain, les tortures ont repris et on m’a projeté contre un mur et je me suis évanoui. Quand je me suis réveillé on m’a électrifié. Midiladji, nous a dit que nous les gens de Mutsamudu, nous sommes pris en otage et il faut dire à Sambi de libérer Mohamamed Allaoui[3] sinon on mourra en prison. Un jour, des magistrats sont venus à koki[4] (Abdou Abdallah et Chaharoumane) pour nous entendre, ils ont dit qu’aucune charge ne pèse sur nous mais qu’ils ont peur de donner l’ordre de nous libérer car ils sont contrôlés dans tous leurs actes. Ils avaient promis de revenir dans quelques jours, mais ils ne sont revenus qu’après deux semaines. Mais nous avons refusé de les parler sauf si on nous emmène au parquet à Mutsamudu et qu’il y ait une audience publique. Il est à noter que le jour où j’ai été tabassé à Patsy, j’ai vu un homme décapité et mis dans un sac mais je n’ai pas pu l’identifier car il faisait sombres. Aussi un jeune de dix sept ou dix huit ans soupçonné d’avoir des pieds de piments a été suspendu, tabassé et quand il est descendu, il est mort sur place. La liste des gens qui m’ont torturé sont la suivante : Sengué, charcelin, Anli Nourdine (djilimbé), Midiladji, Salim Hatub, Abdou Kalbadjar, Houmadi Mkouboi, Adjudant moina, Kilo, Commandant Salim, Ahmed Riziki, Chinois, Petit, Mirhane, Braza, Youssouf Ladhati, Astérix, Djanfar Chamouine et Chaher ».

 

Ahmad Boura, rencontré à l’hôpital de Pomoni. Sur son lit d’hôpital il était à peine conscient et il avait du mal à parler ; les paroles entrecoupées par des toux. Ses dents ont été arrachées. On dû appeler l’infirmier répondant au  nom de Mohamed Salim pour compléter ns information. Il a toujours une diarrhée chronique et après dix mois de prison on ne voit qu’un corps squelettique avec des points noirs partout. Il nous a confirmé que se sont les cicatrices des mégots de cigarettes qu’on posait sur lui (voir photo). Voila son récit : « ils sont venu m’arrêter à une heure du matin. Ils étaient tous cagoulés et armés. Dans la voiture on m’a tabassé avec des cross de fusils d’assauts, de coups de godasses. J’ai été détenu à Koki où j’étais mal nourri ». (...)


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Vendredi 18 avril 2008

FONDATION COMORIENNE DES DROITS  DE L’HOMME

B.P. 310 MUTSAMUDU, 358 MORONI, TEL : 71 15 43 ; 34 60 49

EMAIL : fcdh@comorestelecom.km, a_allaoui@yahoo.fr

 

 Rapport réalisé sur l’île d’Anjouan sur les exactions commises par le régime de Mohamed Bacar du 3 au 9 avril 2008

 

 (...)  

A la suite de la destitution de Mohamed Bacar, la FCDH a mis en place une commission composée de sept personnes venant des 3 sections de la FCDH, dans le but de recueillir des témoignages sur les exactions et crimes commis par le régime Bacar

Cette commission a travaillé dans les quatre coins de l’Île d’Anjouan durant trois jours du lundi 7 avril au mercredi 9 avril 2008.  Durant cette mission, elle a interviewé des victimes et des familles des victimes  du régime Bacar. Lors de ces interviews, la commission a relevé les cas des exactions suivantes :

1-     Les viols

2-     Les actes de torture

3-     Les assassinants et les portés disparus

4-     Les détenus à mourir de faim

5-     Les actes d’extorsion de fonds

6-     Le vol et les actes de vandalisme

7-     Les exils forcés

8-     La corruption et le détournement des deniers publics

 

C’est à travers les témoignages de ces actes que nous avons élaboré le rapport sur les exactions commises par le régime Bacar.

 

 

I-                   Les viols et agressions sexuelles

 

- Mme Andhuima Ahmed, le témoignage a été fait en présence des députés Mohamed Djaanfari et Attoumane Allaoui (Endoudou) : « c’était vers minuit que j’ai entendu des gens frapper à la porte. J’ai demandé qui s’était ce à quoi ils ont répondu les autorités. J’ai refusé d’ouvrir la porte et ils l’ont enfoncée. On me soupçonna d’avoir organisé une réunion pour le compte de mon beau frère le député Djaanfari. Dès qu’on a franchi la porte de chez moi ils ont commencé à me tabasser et m’ont menacé de me violer quand nous parviendrons au bord de la mer. Dans la voiture on me tira les oreilles en me demandant de dire là où est mon mari. J’ai aussi reçu des gifles. J’étais à moitié nue et au bord de la mer on me demanda d’ôter ma jupe. J’ai dit que j’étais menstrues. Un des militaires a mis sa main dans mes parties intimes pour vérifier si cela est vrai. Après on m’obligé de chanter des chanson de tari et quand j’ai dit que je ne sais pas chanter on me frappa avec des cross de fusil et des godasses. A la place publique (chilindroni), on m’a dit de m’asseoir et d’allonger les pieds et un militaire m’a tenue les mains. On me frappa avec des matraques et ils m’ont di de partir chez moi. J’ai dit que j’ai peur d’être  fusillée à bout portant. Cette phrase les a choquées et m’ont dit de revenir. Ils m’ont menacée et eux m’ont laissée partir ».