PRESENTATION

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

Vendredi 16 mai 2008

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 Comores / Politique & institutions

Moroni, vendredi 16 mai 2008 (HZK-Presse)« La Grande-Comore est fatiguée », a dit l’ancien préfet du Sud et notable de Ngazidja, le vénéré Mzé Mouigni Abdallah. C’était hier, jeudi après-midi, au cours d’un meeting appelé par Mohamed Abdouloihabi dans l’enceinte du siège de la présidence de l’île. Le ton est donné et les propos seront assez musclés. Celui qui a pris la parole au nom de Ngazidja a interpellé le chef de l’exécutif, lui demandant jusqu’à quand saura patienter l’île.

 « Hier, on sollicitait notre patience en attendant le retour d’Anjouan », a dit Mzé Mouigni Abdallah qui a poursuivi : « aujourd’hui, Anjouan est revenue. Où est notre part ? ». Et le notable du sud de s’étonner que les autorités de l’Union, qui sembleraient se soucier d’Anjouan seulement, paraîtraient oublier Ngazidja.

 « N’y a-t-il pas d’arriérés, ici ? » s’est interrogé l’orateur. Et de continuer par rappeler que dans un passé récent, un projet financé par la coopération chinoise devait électrifier toute l’île de la Grande-Comore. Mais à sa grande surprise, a-t-il laissé entendre, le projet devait être scindé pour une répartition équitable entre les trois îles.

 C’est sur ce ton que le discours se poursuivra avant que M. Abdallah appelle tous les Wangazidja à militer en faveur des intérêts de l’île. « Nous n’avons qu’un seul parti : Ngazidja. Qu’on ait élu Abdouloihabi ou pas, notre parti à nous tous, Wangazidja s’appelle Ngazidja ».

 Quant au président de l’île, après avoir fait un bref compte rendu de sa mission aux Etats Unis où il a pris part au Forum des maires et dirigeants municipaux arabes et américains, il a expliqué que ses relations avec le président de l’Union des Comores ne constituent pas « un conflit » mais plutôt des « incompréhensions ». Selon lui, c’est « Foundi qui refuse le dialogue, qui rejette toutes les propositions, jusqu’aux rencontres prévues entre les chefs des exécutifs de l’Union et des îles mais qui demeurent sans suite ».

 Le discours du meeting par les deux orateurs a rappelé au public un passé pas très lointain de conflit entre l’exécutif de l’île et celui de l’Union des Comores, en dépit d’un effort du président Abdoulihabi d’atténuer la virulence des propos de son prédécesseur à la tribune. L’assistance aura retenu que nous sommes revenus à la case départ et tout le monde s’est rappelé le passé conflictuel Elbak/Azali qui n’a rien apporté ni à l’un ni à l’autre et a tout fait perdre au pays tout entier.

 Ce regain de tension dans les rapports entre le pouvoir central et l’exécutif de l’île survient après une série de nominations opérées par le gouvernement de l’Union, en violation des textes en vigueur, notamment au centre hospitalier d’El-Maarouf, où le nouveau directeur nommé par le chef de l’Etat est très contestée par les autorités de l’île.

 « La virulence des propos que je viens d’entendre, confiera un confrère, ne m’a guère surpris. Ils ressemblent à s’y méprendre à ceux que j’ai entendus le matin à Voidjou lors de la cérémonie de passation de service entre la directrice sortante, Mme Ralia Abdou et son successeur, M. Daffar, l’ancien chef du protocole du président Sambi ».

 En effet, selon des participants à cette cérémonie, Mme la présidente de l’île avait donné le ton depuis le matin. Et qui a dit que le séparatisme était derrière nous ?

 M. Hassani
160508/mh/hzkpresse/9h00

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Mardi 11 septembre 2007
Partage des compétences : Le bout du tunnel
 
C'est désormais chose faite. Le chef de l'Etat vient de procéder formellement au transfert des compétences vers les îles autonomes. Pour le moment, ce transfert ne concerne que les sociétés d'Etat, mais il témoigne, en tout cas, de cette volonté du président Sambi de dépassionner les relations entre l'Union et les îles autonomes. Le décret présidentiel, signé le lundi 3 septembre, porte sur les modalités de gestion des sociétés à capitaux publics et des établissements à caractère industriel et commercial.


L
e conflit des compétences entre l'Union et les îles a vécu. En signant, peu avant son départ à l'étranger, le décret fixant les modalités de gestion et d'administration des sociétés d'Etat et autres établissements publics, le président Sambi vient de désamorcer cette crise qui a longtemps empoisonné les relations entre l'Etat central et les entités autonomes. ''Désormais, rien ne sera plus comme avant'', assure un fonctionnaire de la présidence de l'île de Ngazidja. ''C'est l'aboutissement d'un long combat'', a dit le notable Ismaël Abdou qui a rendu hommage aux efforts de l'ancien président, El-bak, dans sa quête inlassable des compétences de l'île. ''Aujourd'hui est un grand jour qui restera sans doute dans l'histoire'', a renchéri le président Abdouloihabi.
Le décret du président Sambi prévoit des conseils d'administration dans toutes les sociétés à capitaux publics et établissements à caractère industriel et commercial. Ces conseils comprendront, entre autres, des représentants aussi bien de l'Union que des îles. Les succursales de ces sociétés seront placées sous la tutelle d'un directeur régional, nommé par le président de l'île et dont la mission est d'assurer ''l'exécution du budget de fonctionnement affecté à sa direction, la gestion des ouvrages meubles et immeubles de la succursale et la tenue de la comptabilité''. Les décisions de recrutement et de licenciement du personnel, elles, reviennent à la direction générale qui devra, dans le premier cas, se conformer aux résultats d'une évaluation ou d'un concours. Il appartiendra cependant au directeur régional d'évaluer ses propres besoins en matière de personnel avant de les soumettre à l'Union pour approbation dans le cadre du budget annuel.
Aboutissement d’un long combat
Le décret stipule, en outre, que ''pour chaque société, il sera crée un compte commun auquel seront versées toutes les recettes et dont la gestion est assurée par la direction générale et des comptes de fonctionnement au niveau des directions régionales''.
Hier, jeudi 6 septembre au Foyer des femmes à Moroni, l'entourage du président de l'île de Ngazidja se frottait les mains : ''C'est maintenant que vous pouvez juger notre action. Avant, c'était juste une coquille vide'', déclare Ali Said, le drapeau de l'île noué autour de la tête.
Les députés de Ngazidja se montrent moins enthousiastes et dénoncent, pour leur part, une violation du principe de l'autonomie des îles consacrée par la constitution. Selon le conseiller juridique à l'assemblée de l'île, Mohamed Attoumane, il s'agit tout simplement d'un retour à l'Etat centralisé, ''autrement dit à la constitution de 1978''. ''Au lieu d'une décentralisation, l'on assiste à une déconcentration'', précise-t-il.
Pour le député Ali Hassani, le décret du président de la République n'est pas conforme à la loi qui ''prévoit, au niveau des îles, non des directeurs régionaux, mais des directeurs généraux. Ensuite, ces directeurs, dans le cas présent, ne disposent d'aucun pouvoir. Ils ne peuvent ni recruter ni révoquer un agent. Quelle autonomie?'', déclare-t-il avant de poursuivre : ''La loi prévoit que les directeurs seront nommés par les présidents des îles sur proposition des conseils d'administration. Ce qui n'est pas le cas dans le décret présidentiel. C'est l'arbre qui cache la forêt''.
L'autre grief des députés de Ngazidja porte sur le mode de gestion des sociétés d'Etat. Selon eux, l'autonomie financière des établissements publics relevant de l'autorité de l'île n'est pas garantie. ''Les directeurs régionaux ne font que récolter les recettes, mais la gestion proprement dite du compte commun revient au seul directeur général'', affirme Ali Hassani.
A ceux qui disent que les directeurs régionaux ne seront que des simples exécutants sans pouvoir réel, le conseiller à la présidence de l'Union, Abdou Issa, répond que ''ces sociétés ont des textes qui déterminent clairement le champ d'intervention et les prérogatives de chaque directeur. Il n'y a donc pas de quoi jaser''.
Une avancée considérable
Le ministre du Tourisme et des Transports de Ngazidja, Said Mzé Dafiné, lui, parle ''d'une avancée considérable'' : ''Nous ne sommes pas de ceux qui disent "tout ou rien". Aucune île ne peut se suffire à elle-même. Nous avons tous besoin de l'Union'', dit-il. S'il reconnaît que des zones d'ombre existent quelque part, notamment en matière budgétaire, il s'en remet à l'arbitrage des conseils d'administration qui ''sont là justement pour dénouer les crises éventuelles''.
Rappelons que le partage des compétences avait jusqu'ici constitué la principale pomme de discorde entre l'Union et les îles. L'on se souvient de l'acharnement avec lequel l'ancien président Mzé Soulé Elbak a réclamé les ''hutwamu za Ngazidja''. La marche sur Beit-salam, qui a failli tourner au bain de sang en 2004, restera comme l'une des manifestations de cette bataille entre Elbak et Azali autour du transfert des compétences. Alors, le bout du tunnel ?
Mohamed Inoussa

Article publié sur le site :www.alwatwan.net
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Jeudi 22 février 2007
 
Comores / Politique & institutions
 
 
Moroni, mercredi 21 février 2007 (HZK-Presse)Le processus de transfert des compétences se trouve de nouveau bloqué, faute d’un compromis entre les autorités de l’Union et celles des exécutifs des îles autonomes, qui avaient accepté de retourner à la table de négociation à la demande et sous la pression de la communauté internationale, lors d’une courte cérémonie organisée à Beit-Salam le 26 janvier dernier, en présence de l’envoyé spécial du président de la Commission africaine, Francisco K. Madeira.
 
L’échec de ce troisième round serait encore une fois imputé à l’intransigeance des représentants des entités insulaires sur la question du transfert des « Forces de sécurité des îles » (FSI), et accessoirement sur celle de l’application de la loi relative aux sociétés d’Etat, dont le décret de promulgation a été tout récemment publié.
 
Le constat est fait hier mardi, sur les ondes de la radio nationale, par le chef du bureau de liaison de l’Union africaine, Mourad Taiati, qui assure également la coordination des réunions hebdomadaires des représentants du corps diplomatique et des organismes internationaux en poste à Moroni, sur la crise comorienne.
 
A en croire le diplomate africain, il existerait aujourd’hui « un réel sentiment de lassitude de l’ensemble de la communauté internationale, après tant d’efforts déployés », pour mettre un terme à la crise comorienne, qui trouve son origine dans l’éclatement en août 1997 de la sécession anjouanaise.
 
M. Taiati qui suit le dossier depuis quelques années fait observer que malgré l’arrivée à Moroni d’experts internationaux dépêchés spécialement par l’Union africaine, l’Organisation internationale de la francophonie, les désaccords persistent alors que qu’il a été recommandé aux parties comoriennes de mettre en œuvre les dispositions ayant déjà obtenu un consensus, « en mettant en marge ce qui posait problème ».
 
De retour à Moroni après avoir participé au 24ème sommet France-Afrique de Cannes, le chef de l’Etat, Ahmed Abdallah Sambi devrait prendre de nouvelles initiatives politiques, pour tenter de décrisper un climat sociopolitique tendu, confirme à HZK-Presse une source proche de la présidence.
 
Un réaménagement de son cabinet n’est pas à exclure dans les prochaines heures, ainsi qu’un remaniement du gouvernement, près de neuf mois après son investiture à la magistrature suprême de l’Union des Comores le 26 mai 2006.
 
El-Had Said Omar
210207/eso/hzkpresse/10h00
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Vendredi 16 février 2007
Comores : Politique & instituions

 
Moroni, mercredi 14 février 2007 (HZK-Presse) - Juste avant de s'envoler pour Cannes où il participera au 24ème sommet France-Afrique, le président de la république a enfin promulgué la loi cadre portant réglementation générale des sociétés à capitaux publics et des établissements publics, une loi votée en 2005 et dont la mise en oeuvre continue encore à opposer gouvernement central et îles autonomes.
 
Mais cette promulgation n'est pas suffisante, déclare le directeur de cabinet de la présidence de l'île autonome de Ngazidja, qui estime que « le chef de l'Etat devait dans la foulée prendre le décret d'application de cette loi, en mettant en place les conseils d'administration des différentes entreprises publiques ».

Pourtant les noms des membres représentants des trois exécutifs des îles ont été transmis à la présidence de l'Union depuis novembre dernier, confiait ce matin à HZK-Presse, Jean Youssouf.
 
Le cabinet de la présidence de l'Union a indiqué pour sa part que la liste était encore incomplète. Or la signature de ce décret tant attendu devrait permettre la mise en application effective de la loi, avec la nomination par les conseils d'administration des directeurs nationaux (choisis par le président de l'Union) et des directeurs généraux des succursales insulaires (choisis par les chefs des exécutifs des îles).

La polémique qu'a suscitée la loi sur les sociétés d'Etat depuis plus de deux ans avait donné lieu à des recours auprès de la Cour constitutionnelle, dont les deux jugements rendus « ne laissent au président de la République aucune autre alternative que celle de promulguer ladite loi », déclarait à ce propos le président de l'Assemblée nationale, lors de son discours de clôture de la dernière session parlementaire, plaidant ainsi en faveur du respect des arrêts des juges constitutionnels, et l'application de la loi, à commencer par la mise en place des conseils d'administration, disait Said Dhoifir Bounou.
 
La loi sur les sociétés d'Etat tient compte de la réglementation applicable dans l'espace OHADA (Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique) dont les Comores sont membres à part entière.

C'est le cas notamment en matière de désignation des directeurs généraux par les seuls conseils d'administration, afin d'éviter l'intrusion des pouvoirs publics dans la gestion des entreprises et garantir leur autonomie.

La présence de deux représentants de l'assemblée nationale au sein des conseils d'administration avait été contestée, par certains exécutifs estimant que le parlement ne pouvaient être à la fois juge et partie dans le domaine de la gestion des société d'Etat.

La loi n°05-010/AU sera donc appliquée en l'état et sans modification comme l'a décidé la Cour constitutionnelle.

Actuellement l'on dénombre une demi-douzaine d'entreprise à capitaux publics, dont les plus importantes sont la Société comorienne des Hydrocarbures (SCH), la Société nationale des Télécommunications (Comores Télécom), l'Office national d'importation et de commercialisation du riz (ONICOR) et la société d'eau et d'électricité (Ma-Mwe).

Seules les deux premières sont considérées comme les plus rentables financièrement, avec chacune un chiffre d'affaires qui dépasse les 12 milliards Francs comoriens par an, et l'équivalent de près de 5 milliards fc de contribution cumulée au budget de l'Etat.

La SCH est gérée depuis juillet 2006 par une commission provisoire ainsi que la Ma-Mwe et l'établissement hospitalier El-Maarouf.

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
El-Had Said Omar
140207/eso/hzkpresse/6h30

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Mardi 30 janvier 2007
 
 
 
« Nous ne sommes pas des figurants ! » ont-ils lancé à l’assistance, en menaçant de boycotter la suite des travaux. « Soit on nous écoute, soit on
s’en va… », renchérit Cheikh Ali.
 
Moroni, lundi 29 janvier 2007 (HZK-Presse) –
Plus d’un mois après la rupture des négociations entre l’Union et les îles autonomes sur le transfert des compétences, la communauté internationale a entrepris depuis vendredi dernier, une action visant à relancer le processus. L’initiative revient une fois de plus à l’Union africaine qui a dépêché à Moroni une délégation conduite par Francisco Madeira, envoyé spécial du président de la Commission de l’organisation panafricaine.
La cérémonie s’est déroulée au palais de Beit-Salam, siège de la présidence de l’Union, en présence du corps diplomatique et des représentants de l’Union européenne (UE), de la Ligue des Etats arabes (LEA) et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
 
La cérémonie s’est déroulée au palais de Beit-Salam, siège de la présidence de l’Union, en présence du corps diplomatique et des représentants de l’Union européenne (UE), de la Ligue des Etats arabes (LEA) et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Sur un ton ferme, M. Madeira a exhorté les parties comoriennes à renouer le fil du dialogue et à « ne pas éterniser les discussions politiques », l’objectif étant selon lui le développement économique du pays et le bien être de sa population.
 
Mais la cérémonie a été émaillée par un incident, provoquée par les délégués des îles autonomes de Ndzouani [Jaffar Salim Allaoui, ministre de l’intérieur], et de Ngazidja [Cheikh Ali Bakari Kassim, ministre des transports] qui ont tous les deux protesté pour n’avoir pas été invités à prendre la parole, au même titre que le directeur de la cabinet du président de l’Union, Mohamed Abdouloihabi, intervenu à la demande de Madeira en qualité de président de la commission d’accompagnement du transfert des compétences.

« Nous ne sommes pas des figurants ! » ont-ils lancé à l’assistance, en menaçant de boycotter la suite des travaux. « Soit on nous écoute, soit on s’en va… », renchérit Cheikh Ali.
 
Pour le représentant de l’Union africaine, la présence de la communauté internationale dans cette cérémonie est « très importante », car traduit son « engagement constant » à aider ce pays à faire fonctionner ses nouvelles institutions et à « rendre effective l’application des textes votés et promulgués » dit-il.

La commission devra donc se remettre au travail sans tarder, pour aboutir à accord sur les questions qui continuent à diviser les parties [le type d’armement des forces de sécurité intérieure, la gestion des sociétés d’Etat], avec l’appui des experts internationaux notamment dans les domaines juridique et militaire.

Tout doit être fait dans le respect de la constitution, poursuit Madeira, qui a n’a pu s’empêcher de mettre en garde ceux qui seraient tentés par « les extrémismes totalitaires ou séparatistes », en exprimant le souhait que les Comores ne deviennent pas « une autre Somalie ».
 
Toutes les délégations étrangères présentes à la cérémonie de Beit-Salam, ont fait part de leur disponibilité à accompagner les Comores dans cette phase cruciale de parachèvement des institutions, sans intention de se substituer aux acteurs comoriens eux-mêmes. Quant à l’émissaire du secrétaire général de la LEA, il a insisté sur l’urgence de régler la crise politique actuelle, pour pouvoir ensuite s’occuper du développement économique, « le grand défi que doit relever le peuple comorien ».
 
Pour l’ambassadeur de France, Christian Job, « il faut cesser de suspecter Paris de mener plusieurs politiques aux Comores », la France ayant prouvé aux yeux de la communauté internationale son engagement à aider ce pays à sortir de la crise à mettre en œuvre son plan de développement, explique-t-il.
 
Invités à s’exprimer, les représentants des îles ont exclus toute idée de reprise des travaux de la commission, tant que les textes ayant déjà obtenu un consensus n’auront pas été validés et mis en application.
 
Se sentant visé par les mises en garde de l’envoyé spécial de l’Union africaine, le délégué de l’exécutif d’Anjouan, a répliqué en se disant « choqué » que l’on continue faire « un procès » aux autorités anjouanaises alors que l’île est « bien présente au sein de l’Union des Comores depuis le 17 février 2001 » [date de signature de l’accord de réconciliation nationale].
 
Concernant les prochaines élections présidentielles des îles, prévues en avril prochain, il est ressorti de la réunion de Beit-Salam l’assurance que le scrutin se tiendra sans changement de calendrier et avec l’appui de la communauté internationale, a confirmé Francisco Madeira.
 
Addis-Abeba, siège de l’Union africaine, « attend de savoir si les Comores sont prêtes à se prendre en charge », conclut le diplomate lors d’un bref point de presse tenu quelques heures avant de quitter Moroni.
Source :El-Had Said Omar - 290107/eso/hzkpresse/12h00
 
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Samedi 13 janvier 2007
Conflit de compétence : Les notables de l’île Autonome d'Anjouan tentent de jouer la médiation
 
Moroni, vendredi 12 janvier 2007 (HZK-Presse) – Sous l’impulsion de Monsieur Afraitane Aboubacar, ancien membre de la cour suprême des Comores sous le régime du président Djohar, les notables de l’île d’Anjouan « soucieux de préserver la paix sociale dans l’île et dans le pays » s’invitent à la recherche d’une solution « pacifique » aux questions qui divisent le président de l’Union des Comores et celui de l’île autonome d’Anjouan et proposent leur mission de bonnes offices aux deux présidents « natifs d’Anjouan » en leur invitant au dialogue, a appris HZK-Presse.
 
Contacté par HZK-Presse, Monsieur Afraitane Aboubacar a confirmé que des notables de toutes les régions de l’île se sont déjà rencontrés à deux reprises pour se concerter et voir dans quelle mesure, ils peuvent « contribuer à la recherche d’une solution pacifique devant mettre fin de façon durable » au différend qui oppose le président de l’Union des Comores Ahmed Abdallah Mohamed Sambi à Mohamed Bacar, président de l’île autonome d’Anjouan.
 
Selon Monsieur Afraitane, les deux « présidents protagonistes » seraient disposés à se rencontrer à Mutsamudu, une rencontre dont le lieu et la date ne sont pas encore fixés.
 
« Nous ne cherchons pas à juger tel ou tel président, nous voulons qu’ils se parlent en  frères  et travaillent dans la complémentarité, dans l’entente et dans la compréhension, pour l’intérêt suprême de  la population et du pays », a-t-il dit.
 
Interrogé par HZK-Presse, un haut responsable de l’Union qui n’a pas voulu s’exprimer officiellement a qualifié cette initiative de « salutaire. »
 
« On ne peut que saluer et encourager une telle initiative en espérant que ces notables sauront jouer le rôle de médiation », a-t-il dit.
 
Le gouvernement de l’Union n’a jamais fermé les portes de dialogue, mais ce sont les présidents des îles qui, par leur déclaration commune du 17 décembre 2006 ont rompu les discussions, alors que c’est sur le seul point des forces de sécurité intérieur où il n’y avait pas eu de consensus, a-t-il affirmé.
 
Je trouve que c’est vraiment dommage pour le pays poursuit-il, car on aurait mis en application ce qui avait  requis le consensus de tous et continuer à discuter sur la question qui divise, comme il se fait ailleurs.
 
Cette initiative « salutaire » soit-elle, aboutira-t-elle aux résultats escomptés, sachant que la question qui divise les présidents Sambi et Bacar est institutionnelle plutôt que personnelle ? De quelle marge de manœuvre disposent les médiateurs pour parvenir à des résultats concrets ?
 
Telles sont entre autres questions que se posent certains observateurs interrogées par HZK-Presse dont les avis sont partagés entre « scepticisme et vœux de réussite »
 
Source : Hamid Ahmed - 120107/ha/hzkpresse/8h00
 
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Lundi 8 janvier 2007
Agence Comorienne de Presse (HZK-Presse)
 
Comores / Politique & institutions
 
Mutsamudu, vendredi 5 janvier 2007 (HZK-Presse)Le gouvernement et les autorités de l’île autonome d’Anjouan se disent « disposés » au dialogue à condition que les discussions se fassent « dans la franchise » et dans un esprit qui privilégie l’ « intérêt supérieur » de la nation, c’est ce qui ressort du compte rendu du premier conseil de l’année 2007 tenu par le gouvernement de l’île autonome d’Anjouan ce jeudi 4 janvier, à Daru-Nnajah, sous la présidence du colonel Mohamed Bacar, président de l’île autonome d’Anjouan.
 
En effet, selon Monsieur Fadhullah Saîdali, porte-parole et ministre de la santé de l’exécutif d’Anjouan, le gouvernement déclare « la disponibilité de l’île autonome d’Anjouan et de ses autorités au dialogue, dès lors que celui-ci se fait dans la franchise et dans un esprit qui privilégie l’intérêt supérieur de la nation aux considérations politico politiciennes. »
 
Le conseil du gouvernement a longuement examiné la situation de tension qui prévaut dans le pays, suite à une rupture de dialogue entre les entités insulaires et l’Union, a affirmé M. Fadhullah.
 
Il règne dans le pays un climat d’extrême tension qui à certains moments, fait craindre le pire, suite au discours et autres déclarations plutôt provocateurs du président de l’Union, a-t-il dit.
 
En toile de fond de cette mésentente qui, parfois, prend des allures « belliqueuses », poursuit le porte-parole, « la mise en application effective des lois relatives au partage des compétences ».
 
La communauté internationale mobilisée tente de ramener les protagonistes à la raison en les invitant à renouer aussitôt que possible les fils du dialogue, chacun des quatre présidents devant mettre un peu du sien pour que soit atteint le consensus nécessaire au règlement des questions qui achoppent, a-t-il ajouté.
 
Selon le porte parole du gouvernement Bacar, le conseil « appelle la population à ne pas céder aux provocations et à ne pas participer à des actions qui pourraient compromettre la paix et la stabilité dans l’île et dans le pays, fait appel au civisme et au patriotisme des habitants de l’île pour une attitude responsable respectant les lois fondamentales et de la personne humaine, mais aussi en refusant l’obscurantisme, la violence et tout ce qui est contraire à la vie. »
 
Anjouan et les Comores unies aspirent à vivre dans la paix, que « ceux qui aiment la guerre aillent s’extasier sous d’autres cieux », a conclu ainsi le compte rendu du gouvernement, lu par le ministre Fadhullah sur les ondes de radio télé Anjouan (RTA), dans son édition de 20 heures de ce jeudi 4 janvier 2007.
 
Le compte rendu n’a pas fait allusion à l’affaire des armes de l’Armée nationale de développement (AND) dérobées au port de Mutsamudu par la force de gendarmerie d’Anjouan (FGA) depuis le 31 décembre dernier, et dont le gouvernement central exige la restitution.
 
Hamid Ahmed
050107/ha/hzkpresse/23h00
 
 
Agence comorienne de presse (HZK-Presse
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Lundi 8 janvier 2007
Agence Comorienne de Presse (HZK-Presse)
 
Comores / Politique & institutions
 
Moroni, vendredi 5 janvier 2007 (HZK-Presse)« C’est moi qui décide et décide seul sur le déploiement de l’armée et des armes sur toute l’étendue du territoire national ». Tel est en substance le message que le colonel Said Hamza, chef d’Etat-Major de l’Armée nationale de développement (AND), a tenu à livrer lors de sa conférence de presse tenue au camp militaire de Kandani ce vendredi 5 janvier, en début de soirée, après avoir donné sa version des faits concernant les derniers événements d’Anjouan.
 
Une semaine après la saisie par la force de gendarmerie d’Anjouan (FGA) [une structure paramilitaire sous contrôle du chef de l’exécutif de l’île], d’un stock d’armement destiné au commandement régional de l’And, le patron de l’armée comorienne lance un ultimatum aux autorités insulaires pour une restitution « immédiate et sans conditions » des armes dérobées, tout en se réservant « le droit absolu de les récupérer à tout moment ».
 
Et le colonel Hamza de déplorer que les forces régulières de l’île, fortes de 400 hommes, puissent se sentir menacées au point de « forcer le coffre d’un véhicule militaire et s’emparer de quelques dizaines d’armes et munitions destinés à équiper la cinquantaine de militaires du détachement régional de l’AND, récemment installé sur l’île ».
 
Pour le chef d’Etat-major, les accusations portées contre l’armée nationale, soupçonnée de préparer un débarquement pour désarmer la GFA et renverser le pouvoir de Mohamed Bacar, sont « ridicules et infondées ».
 
Si le débarquement militaire de septembre 1997 auquel il avait lui-même participé s’était soldé par un échec, sous le régime du président Taki, c’est parce que « l’armée s’est heurtée l’hostilité de la population d’Anjouan à l’époque favorable à la sécession », avec la complicité d’un courant de l’opposition nationale espérant en découdre avec le nouveau régime ». Aujourd’hui le contexte n’est plus le même, explique-t-il.
 
Succédant au colonel Soilihi alias Campagnard depuis le 18 juin 2006, le colonel Hamza entretiendrait avec le président d’Anjouan des relations « très anciennes » qui ne l’ont pas empêché de mettre en garde son ancien frère d’arme, en déclarant ce soir n’avoir de compte à rendre qu’au Chef de l’Etat « pour tout déplacement de troupes ou d’armement à n’importe quel endroit du territoire national ».
 
L’acte commis au port de Mutsamudu le 31 décembre dernier par les autorités de l’île autonome d’Anjouan constitue à ses yeux une « grave violation de la loi », estimant que nul n’a le droit de perquisitionner un territoire militaire, [le véhicule immatriculé AND en fait partie] pour des raisons de « secret défense ».
 
Le conférencier rappelle en outre que depuis presque une décennie l’armée nationale est bannie du sol anjouanais, une situation qui devait prendre fin avec le parachèvement du processus de réconciliation nationale. Chargé dès sa nomination de cette délicate mission, le chef d’état-major se félicite que le président de l’Union ait pu dès le 23 juin installer officiellement le commandement régional, et nommé Ahmed Salim, le chef d’escadron ».
 
L’Armée nationale compte à ce jour 56 militaires opérationnels dans l’île, dont 19 du Groupe de sécurité des hautes personnalités (GHSP), et 18 du commandement régional, précise-t-il, avec en perspective « le recrutement d’une centaine d’hommes supplémentaires ».
 
Le colonel Hamza a par ailleurs récusé l’authenticité d’une « vraie fausse » note confidentielle attribuée à l’Etat-major, et selon laquelle il aurait donné l’ordre au commandement régional de Ngazidja « de neutraliser par tous les moyens les autorités de l’île ». Si une enquête est en cours, le patron de l’armée se défend en accusant les instigateurs de ce « faux document » qui circule à Moroni depuis quelques jours, de porter « atteinte à l’autorité militaire et à la sûreté de l’Etat ».
 
Quant à l’arrêté du 18 décembre pris par le ministre de l’intérieur d’Anjouan, interdisant aux compagnies aériennes et maritimes de transporter des militaires à destination d’Anjouan, il s’agit d’un « affront inadmissible contre l’autorité de l’Etat ».
 
Tout en reconnaissant que la situation restait encore tendue à Anjouan, le colonel Hamza s’est gardé de dévoiler ses intentions sur les voies et moyens de sortir de cette impasse, trois semaines après l’échec des négociations entre l’Union et les Iles sur le transfert des forces de sécurité intérieure. Reste à savoir si la récente médiation initiée par la communauté internationale, sous les auspices de l’Union africaine, pourra aider à renouer le fil du dialogue.  
 
A. Amir Bobah
050107/aab/hzkpresse/21h00
 
 
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

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LU POUR VOUS

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI<