PRESENTATION

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

Jeudi 6 mars 2008
Agence comorienne de Presse (HZK-Presse)

Comores / Politique & institutions

Moroni, mercredi 5 mars 2008 (HZK-Presse) :  Ahmed Said Islam, l'actuel directeur de cabinet du président de l'île autonome de Ngazidja chargé des relations avec les institutions, a donné une conférence de presse lundi dernier en fin de journée à Itsandra.

Il s'est exprimé au nom du Rassemblement pour la Démocratie et le renouveau (RDR), ancien parti au pouvoir sous le régime du président Djohar (1990-1996), face à la conjoncture politique notamment de la position de son parti sur la question de la crise anjouanaise, mais aussi sur les motivations ayant conduit son parti à entrer au deuxième gouvernement du président Mohamed Abdoulwahabi.

D'entrée de jeu, le secrétaire général du Rdr, a repris brièvement devant l'assistance composée de ministres de l'île, de conseillers, cadres de son parti, notables et des journalistes de la place, les conclusions de sa dernière conférence de presse tenue à Moroni en mars 2007.

Son parti dit-il s'est prononcé en donnant son avis par rapport à la nouvelle charpente constitutionnelle. Malheureusement cet avis n'a pas obtenu l'adhésion des autorités au pouvoir.

Pour le RDR, il y a des fentes qu'il faut absolument corriger pour harmoniser et compléter les constitutions de l'Union et des îles. A titre d'illustration, la durée des mandats des assemblées des îles autonomes d'Anjouan et Mohéli est différente de celle de Ngazidja. Ceci étant son parti soutient l'initiative du président de l'Union pour la libération d'Anjouan et procéder au plus vite à l'organisation d'une nouvelle élection du président de l'île et des députés.

La question de l'île d'Anjouan a été confiée à l'organisation panafricaine dès le début du déclenchement de la crise en 1997 par le Président Taki, et le Rdr a toujours soutenu la position de la communauté internationale, ajoute-t-il. A l'heure actuelle, poursuit M. Said Issilam, « la même communauté appuie l'initiative du Président Sambi pour aider les Comores à retrouver son intégrité et ce après plusieurs missions de médiation infructueuses ».

Et si la solution ultime réside dans le débarquement, « le parti Rdr ne peut que soutenir cette position, et demander au peuple comorien de se ranger derrière son armée pour la sauvegarde de l'unité nationale ».

Interrogé par un confrère sur le déplacement controversé du Président Abdoulwahabi à Anjouan en octobre dernier, Ahmed Said Islam répliquera en affirmant avoir « désapprouvé cette démarche » mais dès l’instant où le chef de l'exécutif de l'île s'est justifié, le Rdr a été convaincu au bien fondé de ce déplacement. D'autant que ce même président de l'île a remis un rapport aux différents partenaires des Comores dans lequel il a formulé des propositions de sortie de crise.

« Une fois que le chef de l'exécutif de Ngazidja m'a contacté pour faire partie de son gouvernement, poursuit le secrétaire général du Rdr, mon parti m'a mandaté pour l'accompagner afin d'oeuvrer ensemble pour la reconstruction de l'île ». Autant dire que son entrée au gouvernement répond à ce qu'il considère comme « un impératif national » a expliqué le secrétaire général.

Pour convaincre la presse, sur les motivations qui ont poussé le Rdr à collaborer avec un président sans parti politique, Ahmed Said Islam reconnaît au président Abdoulwahabi « un esprit de rassemblement des valeurs individuelles, des hommes d'une grande expérience et non seulement des partis politiques ». Un Rdr qui revient sur la scène politique après une longue absence, « pour apporter sa contribution au développement de Ngazidja et non pour assister à des inaugurations de communes » dit-il.

Dans une déclaration publiée le jour même le parti de Said Issilam estime que « la gravité de la crise que traverse notre pays interpelle la conscience collective et impose à chaque comorien de secouer son instinct patriotique ».

Il rend à cet effet hommage au président Sambi pour le courage et la détermination dont il fait montre pour restaurer l'autorité de l'Etat à Anjouan ainsi que la légalité et la normalité. Il salue les efforts de la communauté internationale et les pays amis des Comores ainsi que leur disponibilité à apporter leur appui militaire pour la libération de l'île rebelle, tout en appelant la population redoubler de vigilance en cas d'intervention militaire à Anjouan.

A. Nabahane

050308/an/hzkpresse/6h00
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Vendredi 1 février 2008
Comores / Politique & institutions

Moroni
, jeudi 31 janvier 2008 (HZK-Presse)A mi-chemin de son mandat de quatre ans, le président de l’Union n’a tenu aucune de ses promesses électorales. Tel est, en substance, le constat fait hier jeudi par Mohamed Said Abdallah Mchangama, leader du parti Kasiya, au cours de sa première conférence de presse de l’année. Et le maire de Mohoro d’enfoncer le clou, en déclarant que « le président Ahmed Abdallah Sambi n’aura pas droit à un second mandat ».
 
Abordant l’analyse de la situation nationale, M. Mchangama se montre très critique sur la gestion des affaires publiques par le pouvoir Sambi, estimant que le pays travers aujourd’hui « un climat social très lourd », avec notamment la grève des enseignants du secondaire public, dit-il.
 
A propos de ses relations avec le chef de l’exécutif de l’île de Ngazidja, le conférencier tient à mettre ce dernier devant ses responsabilités. « C’est Abdouloihabi qui a été élu pour s’occuper des affaires de l’île, poursuit-il, et pas nous qui avons perdus les élections ». Ce dernier accuse l’Union d’avoir dépouillé le pouvoir insulaire de toutes ses compétences, y compris en matière d’infrastructures routières et hôtelières. 
 
Répondant à une question sur la légitimité du président de la république, le chef du parti Kasiya refuse de la remettre en cause, car pour lui Ahmed Abdallah Sambi « jouit suffisamment de cette légitimité pour avoir été démocratiquement élu par les comoriens, conformément à une nouvelle constitution qui, bonne ou mauvaise devra être respectée par tous ».
 
Quant au recours à la force pour régler la crise anjouanaise, cela ne devra pas servir d’alibi pour détourner l’opinion des véritables enjeux socio-économiques du pays, ajoute-t-il. En en sa qualité de chef de l’Etat, « le président Sambi a le pouvoir constitutionnel de rétablir l’ordre sur n’importe quelle partie du territoire », mais pour le cas particulier de la crise anjouanaise, M. Mchangama se démarque visiblement des positions prises par les autorités de l’Union d’engager l’armée dans une opération de cette ampleur « sans obtenir l’accord de la communauté internationale et sans que l’on sache par quels moyens budgétaires et logistiques » elle sera menée.
 
Et l’ex-président de l’assemblée fédérale de soulever de nombreuses interrogations, liées entre autres au volet humanitaire et sécuritaire, en demandant « des garanties pour la protection des populations civiles de l’île », suite à un débarquement militaire dont le succès dépendra des conditions de préparations (…), dit-il.
 
« Notre armée est-elle suffisamment préparée, a-t-on réfléchi à l’après débarquement ? Qui dirigera Anjouan après le renversement de Mohamed Bacar ? La Cour constitutionnelle et l’assemblée nationale sont-elles consultées ? » Lance-t-il aux journalistes.
 
Mais à en croire le président du parti Kasiya, la question du débarquement « ne doit pas occulter les autres sujets d’actualité, qui intéressent la vie quotidienne des comoriens, et en particulier ceux de Ngazidja durement pénalisés… ».
 
Et M. Mchangama d’exclure « toute démarche visant à mettre en place un énième gouvernement d’union nationale » qui ne fera que compliquer l’évolution politique et institutionnelle du pays.
 
Attaché au principe de la large autonomie des îles, le conférencier dit être favorable à « une réforme de l’Etat, dans le sens d’un renforcement de la discipline administrative, fondé sur les valeurs du mérite et du savoir faire ». Mais pas question de toucher à la présidence tournante, Mohéli devant l’assumer à son tour [en mai 2010].
 
En matière économique, M. Mchangama qui fut ministre de finances sous le régime du Djohar, déplore l’absence d’une « vison à long terme du développement », qui se traduirait par « le manque lisibilité des récents contrats passés par le gouvernement dans le secteur touristique et hôtelier », surtout la question des servitudes des terrains vendus à des investisseurs étrangers.
 
El-Had Said Omar
310108/eso/hzkpresse/11h30
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Vendredi 25 janvier 2008
Comores / Politique & institutions
Conférence de presse de Mlamali :
Le séparatisme compromet tout projet de développement d’envergure nationale
 
Moroni, jeudi 24 janvier 2008 (HZK-Presse)Si le transfert en 1966 du chef lieu de Dzaoudzi à Moroni ne s’était pas produit, et si l’acte de proclamation unilatérale d’indépendance du 6 juillet 1975 n’était pas pris dans la précipitation, l’évolution politique de notre archipel aurait probablement été différente, favorable à l’unité nationale. Telle est en substance l’analyse faite ce jeudi 24 janvier par le professeur Ali Mlamali, président du Collectif pour l’unité et l’intégrité territoriale des Comores, au cours d’une conférence de presse donnée au restaurant Le Select.
 
Ces deux faits historiques auraient prédisposé l’archipel son éclatement, et favorisé le maintien de Mayotte sous le joug de l’ancienne puissance colonisatrice. A en croire ce militant de la lutte anti-colonialiste et contre la balkanisation des Comores, le pays se trouve dans une période charnière de son histoire où le schéma institutionnel instauré par la nouvelle constitution de 2001 ne garantit pas la continuité de l’action gouvernementale de ses dirigeants démocratiquement élus.
 
Et M. Mlamali d’épingler le principe de la présidence tournante entre les îles, pour un mandat de 4 ans non renouvelable, comme « une source de crise permanente ». Après la mort du président Ahmed Abdallah, l’élite intellectuelle anjouanaise avait-elle perdu tout espoir de voir un anjouanais à la tête de l’Etat comorien, au point de tomber dans les travers d’un séparatisme sans issue, s’est interrogé le conférencier.
 
Cet intellectuel grand-comorien qui fut brièvement ministre sous le régime du président Ali Soilih (1976-1978) n’a rien perdu de sa foi aux « valeurs patriotiques et civiques » qui doivent selon lui guider toute politique de changement radical aux Comores. Le collectif dont il est un des fondateurs est une organisation qui se réclame de la société civile, créée en 1997 [au lendemain de l’avènement de la sécession anjouanaise, ndlr] et basée à l’Ile de La Réunion.
 
Abordant les questions socio-économiques, Ali Mlamali suggère quelques pistes pour sortir les Comores de l’impasse actuelle, accentuée par l’exode massif de population vers l’unique capitale du pays, en préconisant la création de deux capitales, l’une administrative et l’autre économique. Il propose aussi à nos gouvernants la valorisation du travail de la terre et des métiers manuels, aujourd’hui abandonnés par les jeunes.
 
Revenant sur de la gestion de la crise anjouanaise par l’actuel chef de l’Etat, le président du Collectif révèle le contenu d’une lettre qu’il a adressée Ahmed Abdallah Sambi, et dans laquelle il plaide en faveur d’une « politique de conscientisation émancipatrice », reconnaissant que la rébellion au pouvoir à Anjouan « compromet sérieusement tout projet de développement d’envergure nationale ».
 
Le dilemme entre l’option militaire et la poursuite du dialogue avec les chefs séparatistes lui semble « perplexe », ne préfigurant en rien un compromis préservant l’essentiel, à savoir l’unité et la souveraineté nationales.
 
Professeur certifié hors classe à La Réunion, M. Mlamali a été promu en 2003 chevalier dans l’ordre des Palmes académiques, de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, une distinction honorifique française décernée à des personnalités du milieu enseignant et scientifique.
 
El-Had Said Omar
240108/eso/hzkpresse/17h00
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Vendredi 30 novembre 2007
 Moroni, mardi 27 novembre 2007 (HZK-Presse) Les dirigeants et représentants des partis politiques opposés à l’embargo contre les autorités de fait d’Anjouan ont tenu ce mardi une première conférence de presse pour justifier leur choix. « Il n’y a pas d’autre alternative que la voie du dialogue », déclare Mohamed Abdou Soimadou, au nom du parti Ridja.
 
Réagissant à chaud aux conclusions de la dernière réunion du Conseil Paix et sécurité de l’Union africaine [tenue hier lundi 26 novembre à Addis-Abeba, et qui a reconduit pour 60 jours les sanctions individuelles prise depuis le 10 octobre 2007 contre chefs séparatistes et leurs alliés, ndlr], les conférenciers estiment « qu’on ne peut se payer le luxe de perdre encore deux mois ».
 
Et Houmed Msaidié, secrétaire général de la Convention pour le renouveau des Comores (RCR) parti de l’ancien régime du colonel Azali, de renchérir : « si le pays doit se résigner à compter sur une improbable intervention militaire extérieure, l’on attendra très longtemps… ».
 
Mais ce qui semble inquiéter les cinq partis opposés à l’embargo c’est le silence supposé du président de l’Union sur l’agenda électoral. « Le président Sambi s’abstient d’évoquer les échéances électorales de 2009 (législatives) et 2010 (présidentielles de l’Union), oubliant qu’il fera bientôt la moitié de son mandat… »
 
Ce qui a soulevé l’ire d’un Said Abdallah Sarouma (alias Chabouhane) qui soupçonne même l’actuel président de l’Union de vouloir empêcher la tournante d’aller à Mohéli à qui revient le tour de présider l’Union des Comores dans 28 mois.
 
Refusant toute idée d’une quelconque alliance politique entre leurs partis, le représentant du parti Chuma, Dr Tadjiri, a tenté de démontrer à la presse que « l’unique objectif de ce regroupement était la question de la crise anjouanaise », et leur position commune de « rejeter toute idée de débarquement militaire » sur l’île d’Anjouan.
 
Quant à la question de savoir si le dialogue avec les rebelles anjouanais n’avait pas démontré ses limites, après dix ans de séparatisme et de revirements spectaculaires, l’ancien ministre d’Etat Msaidié estime que l’on n’a pas épuisé toutes les voies pacifiques de la négociation, et qu’en l’état actuel des choses « les responsabilités sont partagées de part et d’autre ».
 
Ce qui à ses yeux doit interpeller toutes les forces politiques du pays à constituer « un large front pour défendre l’unité nationale, et pour ne pas commettre l’erreur commise aux années 1960, avec le transfert de la capitale de Dzaoudzi à Moroni, à l’origine du séparatisme de Mayotte ».
 
A Anjouan les séparatistes avaient brandi en 1997 le spectre du « rattachement de l’île à la France », puis l’option d’une « indépendance autoproclamée », avant de revenir en 2001 à des positions acceptables à travers « le nouvel ensemble comorien » obtenu par un dialogue consensuel, rappelle-t-il.
 
Pour Chabouhane, ancien candidat malheureux à la présidentielle de l’île de Mwali, « il faut donner aux autorités de fait d’Anjouan le droit de se prononcer clairement et librement sur le devenir de nos institutions ».
 
« L’unité du pays ne se réalisera pas par les armes, ajoute-t-il, et tout débarquement se soldera par un échec car selon lui, la majorité de la population anjouanaise y est opposée ».               
 
El-Had Said Omar
271107/eso/hzkpresse/8h00

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Mercredi 28 novembre 2007
HZK - PRESSE
HALIDI-BLOG-COMORES
 
Moroni, mardi 27 novembre 2007 (HZK-Presse) Les dirigeants et représentants des partis politiques opposés à l’embargo contre les autorités de fait d’Anjouan ont tenu ce mardi une première conférence de presse pour justifier leur choix. « Il n’y a pas d’autre alternative que la voie du dialogue », déclare Mohamed Abdou Soimadou, au nom du parti Ridja.
 
Réagissant à chaud aux conclusions de la dernière réunion du Conseil Paix et sécurité de l’Union africaine [tenue hier lundi 26 novembre à Addis-Abeba, et qui a reconduit pour 60 jours les sanctions individuelles prise depuis le 10 octobre 2007 contre chefs séparatistes et leurs alliés, ndlr], les conférenciers estiment « qu’on ne peut se payer le luxe de perdre encore deux mois ».
 
Et Houmed Msaidié, secrétaire général de la Convention pour le renouveau des Comores (RCR) parti de l’ancien régime du colonel Azali, de renchérir : « si le pays doit se résigner à compter sur une improbable intervention militaire extérieure, l’on attendra très longtemps… ».
 
Mais ce qui semble inquiéter les cinq partis opposés à l’embargo c’est le silence supposé du président de l’Union sur l’agenda électoral. « Le président Sambi s’abstient d’évoquer les échéances électorales de 2009 (législatives) et 2010 (présidentielles de l’Union), oubliant qu’il fera bientôt la moitié de son mandat… »
 
Ce qui a soulevé l’ire d’un Said Abdallah Sarouma (alias Chabouhane) qui soupçonne même l’actuel président de l’Union de vouloir empêcher la tournante d’aller à Mohéli à qui revient le tour de présider l’Union des Comores dans 28 mois.
 
Refusant toute idée d’une quelconque alliance politique entre leurs partis, le représentant du parti Chuma, Dr Tadjiri, a tenté de démontrer à la presse que « l’unique objectif de ce regroupement était la question de la crise anjouanaise », et leur position commune de « rejeter toute idée de débarquement militaire » sur l’île d’Anjouan.
 
Quant à la question de savoir si le dialogue avec les rebelles anjouanais n’avait pas démontré ses limites, après dix ans de séparatisme et de revirements spectaculaires, l’ancien ministre d’Etat Msaidié estime que l’on n’a pas épuisé toutes les voies pacifiques de la négociation, et qu’en l’état actuel des choses « les responsabilités sont partagées de part et d’autre ».
 
Ce qui à ses yeux doit interpeller toutes les forces politiques du pays à constituer « un large front pour défendre l’unité nationale, et pour ne pas commettre l’erreur commise aux années 1960, avec le transfert de la capitale de Dzaoudzi à Moroni, à l’origine du séparatisme de Mayotte ».
 
A Anjouan les séparatistes avaient brandi en 1997 le spectre du « rattachement de l’île à la France », puis l’option d’une « indépendance autoproclamée », avant de revenir en 2001 à des positions acceptables à travers « le nouvel ensemble comorien » obtenu par un dialogue consensuel, rappelle-t-il.
 
Pour Chabouhane, ancien candidat malheureux à la présidentielle de l’île de Mwali, « il faut donner aux autorités de fait d’Anjouan le droit de se prononcer clairement et librement sur le devenir de nos institutions ».
 
« L’unité du pays ne se réalisera pas par les armes, ajoute-t-il, et tout débarquement se soldera par un échec car selon lui, la majorité de la population anjouanaise y est opposée ».               
 
El-Had Said Omar
271107/eso/hzkpresse/8h00
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Jeudi 22 novembre 2007
HALIDI-BLOG-COMORES

Moroni, mercredi 21 novembre 2007 (HZK-Presse)
– « Une guerre n’est jamais souhaitable et je ne la souhaite pas non plus, mais quand il y a des gens de haut niveau comme Monsieur Fransisco Madeira ou le président de l’union son Excellence Sambi qui continuent à dire qu’on va amener la guerre à Anjouan ce serait de notre part, irresponsable de ne pas prendre cette menace au sérieux et se préparer en conséquence », a déclaré le colonel Mohamed Bacar dans un entretien qu’il avait accordé le week-end dernier à l’aéroport de Ouani à des journalistes étrangers et dont HZK-Presse a pu entendre quelques extraits.
 
Déterminé à ne pas changer d’un iota sa position et à aller jusqu’au bout de sa logique en réponse à la résolution du président de l’union des Comores à mettre un terme au séparatisme, Mohamed Bacar affirme ne pas souhaiter voir le sang couler à Anjouan à condition que l’île ne soit pas « envahie. »
 
« Anjouan a déjà connu la guerre en 1997, je ne souhaite pas que le sang coule à Anjouan mais je ne croiserai pas les bras quand on nous envahira », a-t-il dit.
 
L’entretien de Mohamed Bacar avec les journalistes de la presse étrangère dont Mayotte Hebdo, a été diffusé mardi soir par RFO Mayotte, retransmis par une chaîne de télévision locale et suivi par quelques téléspectateurs depuis Mutsamudu, le lendemain de la diffusion sur les ondes de radio et télévision nationale des Comores d’un message à la nation du président de l’union des Comores Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.
 
Selon Mohamed Bacar, « Madeira et le Président Sambi ont tué l’union des Comores et ils sont en train de l’enterrer. »
 
Interrogé sur la menace réelle d’un embargo envisagé qui peut être décidé dans quelques jours, l’actuel locataire de Daru-Nnajah, a en substance répondu que l’union africaine n’a jamais été capable de proposer la solution idéale à la crise comorienne. « Anjouan a déjà connu un embargo qui a été dur, dans une période où une épidémie de choléra sévissait dans l’île et que l’union africaine avait refusé aux Anjouanais l’accès aux médicaments », a-t-il ajouté.
 
Sans préciser la manière dont lui et son gouvernement se sont préparés pour faire face à une telle situation pour « la survie » de la population, puisque à en croire ses propos cela relève de la « stratégie » Mohamed Bacar a assuré qu’Anjouan dispose d’une quantité suffisante des produits de première nécessité qui permettra à la population  de traverser « la zone de turbulence. »
 
Selon un journaliste local, Mohamed Bacar pourrait s’adresser à la population de l’île, le 24 novembre prochain, pour annoncer « une décision très importante. »
 
Hamid Ahmed
201107/ha/hzkpresse/6h00
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Samedi 17 novembre 2007
HALIDI-BLOG-COMORES
 
Moroni, jeudi 15 novembre 2007 (HZK-Presse) Le ministre des relations extérieures vient de regagner Moroni au terme d’une visite de travail qu’il a effectuée à Madagascar où il a pu, selon lui, négocier et obtenir « un allègement des conditions et procédures de régularisation » de la situation des quelques 2000 étudiants comoriens confrontés depuis plusieurs mois à l’épineux problème des expulsions pour défaut de visa de séjour dans la Grande Ile (voir ICI).
 
« Nous sommes satisfaits d’avoir réussi à surseoir toutes les mesures d’expulsion jusqu’au 31 décembre prochain, en faveur de nos étudiants », a déclaré Ahmed Ben Said Jaffar qui vient de tenir ce jeudi une conférence de presse, pour répondre aux accusations portées contre le gouvernement sur la gestion de cette affaire.
 
Le chef de la diplomatie comorienne, visiblement satisfait, a même expliqué que cet accord de principe avec les autorités malgaches sera prochainement suivi par la tenue de la première Commission mixte comoro-malgache, qui se penchera sur plusieurs volets de la coopération bilatérale, notamment dans le domaine de l’enseignement supérieur.
 
Mais dors et déjà, chaque étudiant est tenu de régulariser sa propre situation, en réglant dans les délais convenus les arriérés de la période 2005-2006, pour pouvoir se réinscrire dans leurs établissements respectifs et passer les examens de fin d’année. Un compte bancaire a été même spécialement ouvert par notre ambassade à Antananarivo, et sera alimenté par les familles des étudiants, pour assurer le paiement des frais de visa [600 euros].
 
L’Etat n’exclut pas en revanche la possibilité de s’occuper d’une « éventuelle prise en charge des cas jugés nécessiteux », avec l’appui de certains pays amis, confie le ministre.
 
« L’arrêt des expulsions de nos étudiants était notre priorité, il faut s’en féliciter », ajoute le ministre, le reste viendra dans le cadre des discussions bilatérales engagées. Ce qui ne suffit pas à ses yeux pour justifier le cas de ceux qui ne respectent pas les lois du pays d’accueil, en menant des activités illégales de pure délinquance (proxénétisme, trafic de faux billets, etc.) 
 
Le ministre Jaffar a par ailleurs dénoncé ce qu’il considère comme des « manipulations politiciennes », autour de l’affaire des étudiants, faisant allusion au leader du parti Ridja qui envisageait leur rapatriement massif.
 
A propos de la crise anjouanaise, le chef de la diplomatie réfute les allégations faisant état d’une « compromission » du gouvernement central pour avoir dépêché à Mayotte un haut responsable, dans le cadre du suivi des sanctions individuelles décidées le 10 octobre dernier par l’Union africaine.
 
Un collectif d’associations de la société civile a en effet dénoncé la semaine passée dans un communiqué l’accord signé avec les autorités de Mayotte par directeur de cabinet de la présidence chargé de la défense, Mohamed Bacar Dossar, estimant que c’est une forme de reconnaissance du statut actuel de l’île, sous administration française (voir ICI).
 
« Aucune autorité comorienne ne cautionne l’occupation de Mayotte, mais dans le contexte actuel c’est le dénouement de la crise anjouanaise qui constitue notre principale priorité, et nous devons éviter l’amalgame et la confusion… » déclare Ahmed Ben Said Jaffar.
 
Quant à l’acheminement sur Mohéli des « clandestins » expulsés de Mayotte, il s’agirait selon le ministre d’une « mesure temporaire visant à contrôler la présence éventuelle de personnes ciblées, qui tenteraient de contourner l’embargo ».
 
Répondant à une question sur les drames en mer causés par les kwasa-kwasa entre Anjouan et Mayotte, le chef de la diplomatie estime que cela relève des discussions engagées avec Paris dans le cadre de la commission mixte franco-comorienne.
 
A propos de l’arrivée à Moroni cette semaine d’une mission du Fonds monétaire international (FMI), le conférencier affirme qu’elle « se rendra à Anjouan mais pas pour rencontrer les autorités illégales » de l’île. Son objectif serait « d’obtenir auprès des techniciens des différentes administrations les données économiques et financières actualisées », au même titre que celles des îles de Ngazidja et Mwali.
 
Un expert comorien proche du dossier confiait à HZK-Presse que l’élaboration d’un budget consolidé en cours de préparation et englobant les trois îles était « une étape importante dans les discussions avec le FMI en vue de la conclusion d’un programme, même si certains mauvais esprits suggéraient à tort un budget excluant Anjouan ».
 
El-Had Said Omar
151107/eso/hzkpresse/12h30
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Samedi 3 novembre 2007
HALIDI-BLOG-COMORES

Comores / Politique & institutions

Moroni, vendredi 2 novembre 2007 (HZK-Presse) : L’émissaire de l’Union africaine (Ua) Francesco Madeira, a tenu une conférence presse, conjointe avec le gouvernement de l’Union des Comores, cet après midi, au bureau de l’UA à Moroni, pour lancer « le comité de suivi des sanctions préconisées par le Conseil paix et sécurité (CPS) de l’Union africaine », touchant « au gel des avoirs financiers et à l’interdiction de déplacement aux îles et à l’étranger des 150 rebelles anjouanais listés ».

Ce comité, dit-il, est composé « des représentants du CPS de l’Union africaine, des pays de la région, du Sénégal et de l’Angola, membres du CPS et de l’Union des Comores ». Madeira affirme que « dès la semaine prochaine, nous allons toucher les pays de la région y compris Mayotte, pour se rendre compte sur place de la mise en oeuvre des sanctions ».

Le Brigadier Général tanzanien Daniel Igotri, commandant du contingent de l’armée tanzanienne déployée à Moroni, dans le cadre de la mission d’assistance électorale et sécuritaire (Maes), présent à la conférence, a invité la presse à assister au départ du « bateau patrouilleur qui quittera le port de Moroni demain samedi à 11 heures du matin, pour atteindre les eaux anjouanaises afin de contrôler les bateaux et navires, entrant et sortant de l’île rebelle et qui sont susceptibles de transporter les séparatistes ».

L’émissaire de l’Union africaine, Francesco Madeira a indiqué que « l’ordre a été donné aux militaires de l’Union africaine d’arrêter les personnes visées par les sanctions si elles s’y trouvent. Le bateau patrouilleur est équipé pour répondre à toute attaque ou riposter à toute provocation des rebelles ».

Sur un ton ferme, l’émissaire de l’Union africaine, parlant du colonel Mohamed Bacar, pour l’intransigeance dont il fait preuve avec les autres autorités rebelles de l’île, qui « n’a pas varié depuis 10 ans », a déclaré également que « quelque chose doit être cassé et on va le casser ».

Le directeur de cabinet de la présidence de l’Union, chargé de la défense nationale, Mohamed Bacar Dossar, a précisé, que « ces mesures courent jusqu’au délai fixé de 45 jours, avant la mise en ouvre du blocus total maritime et aérien, qui risque de pénaliser la population toute entière. Nous demandons à Mohamed Bacar de revenir à la raison et de permettre la tenue des élections dans des conditions de transparence pour épargner aux anjouanais des souffrances inutiles ».

Dossar, indique par ailleurs, « la disposition du gouvernement de l’Union à s’ouvrir aux discussions sur les institutions, mais dans un cadre légal ». « Sitôt les institutions démocratiques mises en place dans l’ensemble du pays, souligne-t-il, il sera possible de faire des aménagements constitutionnels, de discuter du partage de compétences entre les îles et l’Union et de la bonne gouvernance ».

 « Le colonel Mohamed Bacar, renchérit-il, ne peut prétendre ouvrir des négociations dans des formats rejetés par la communauté internationale. La seule alternative qui lui reste est de permettre la tenue des élections à Anjouan sous la supervision de l’Union africaine dans des conditions d’équité, de transparence et de liberté ».

Sur le sujet des liaisons téléphoniques coupées qui ont agité l’île d’Anjouan et occasionné des mouvements de troupes dans l’île, le directeur de cabinet a rassuré que « c’est une panne technique d’antenne de relais à Moroni qui a provoqué la panique, la situation va se rétablir demain ».

Le chef de bureau de l’Union africaine à Moroni, Mourad Taiati, a livré à la presse la teneur des communiqués de l’Union européenne et les Etats-Unis, solidaires aux sanctions de l’Ua, aux efforts entrepris pour permettre la tenue des élections libres à Anjouan.

Ahmed Bobah

021107/ab/hzkpresse/17h00

 
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LU POUR VOUS

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)