PRESENTATION

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Samedi 29 mars 2008

POINT DE VUE : L’EXTRADITION DE MOHAMED BACAR ET SES ACOLYTES EST ELLE POSSIBLE  EN L’ABSENCE D’UNE CONVENTION D’EXTRADITION ?

 En réponse à ceux qui se demandent si la France peut accorder l’extradition de Mohamed Bacar du fait de l’inexistence d’une convention d’extradition entre la France et les Comores ci-dessous mon bref point de vue juridique :

 

L'inexistence d'une convention d'extradition entre la France et les Comores ne peut pas être un obstacle à l'extradition des malfaiteurs, tortionnaires et que sais-je encore vers le pays où les infractions graves sont commises. L'existence d'une convention d'extradition n'est pas une condition indispensable au déclenchement de la procédure d'extradition.
 
En effet, en l'absence d'une convention d'extradition, Les autorités françaises peuvent accorder l'extradition sur le fondement de la loi française du 10 mars 1927 relative à l'extradition des étrangers (toujours en vigueur). Il appartient juste aux autorités comoriennes de faire preuve d'efficacité juridique et diplomatique pour obtenir l'extradition de Mohamed Bacar et certains de ses compagnons (quelques uns auraient aussi la nationalité française. Si c'est le cas ils ne peuvent pas être extradés) notamment en respectant scrupuleusement les conditions procédurales de la demande de l'extradition (article 9 et s) sous peine de nullité.
 
Les Comores peuvent par exemple rappeler aux autorités françaises qu'en dépit de la non signature d'une convention d'extradition entre les deux pays Bob Denard et ses amis européens ont été livrés à la France après leur tentative de coup d'Etat qui avait entrainé la déportation du Président Djohar à la Réunion. A mon avis, c'est un argument diplomatique qui peut produire ses fruits.
 
Par ailleurs, la procédure judiciaire en cours à l’île de la Réunion à l’encontre de Mohamed Bacar et consorts doit logiquement aboutir à leur reconduite à la frontière sauf pour ceux qui sont français (il y en aurait au moins un).
 
Ce qui serait aussi intéressant dans cet imbroglio juridico-diplomatique, est de voir aussi ce qui est prévu dans les accords judiciaires qui existeraient entre les deux pays.
 
Les Comores ne doivent rien négliger car ces voyous doivent être jugés par les juridictions comoriennes
 
Halidi (HALIDI-BLOG-COMORES)

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Vendredi 28 mars 2008

Nous vous proposons ci-dessous un point de vue très intéressant de l'écrivain Jean Marc Turine concernant l'asile politique demandé par le tortionnaire et dictateur Mohamed Bacar à la France 

Pas d’asile politique pour Mohamed Bacar

 

Par Jean Marc TURINE*

 

La « crise anjouanaise » semble résolue : l’Armée Nationale de Développement (l’armée de l’Union des Comores), soutenue par des troupes de l’Union Africaine, contrôle quasiment l’intégralité de l’île « rebelle ». Le but premier de cette opération militaire visait à en déloger son président dictateur Mohamed Bacar depuis que celui-ci, à partir de juillet 2007, a refusé d’organiser de nouvelles élections. Depuis cette date, la présidence de l’Union des Comores, l’Union africaine, la France, les Etats Unis comme l’Afrique du sud ne reconnaissaient plus la légitimité de son pouvoir. L’opération militaire avait un second but, essentiel lui aussi : procéder à l’arrestation du dictateur et de ses principaux acolytes pour les traduire en justice.

Que de patience diplomatique a-t-il fallu au Président comorien, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, pour convaincre ses alliés d’apporter leurs soutiens, politique et militaire, pour restaurer l’unité du pays ! L’Afrique du Sud et la France, pour des raisons sans doute différentes, ont exercé des pressions très fortes et pendant des semaines pour empêcher le « débarquement ».

Mais, du jour où la Libye a offert la location de deux hélicoptères ukrainiens pour le transport de troupes, la Tanzanie a accepté de dépêcher un contingent de quelques centaines d’hommes, de même que le Soudan et le Sénégal, la France ne pouvait plus ne pas, elle aussi, intervenir en facilitant le transport des soldats sénégalais.

Comme tous les dictateurs fanfaronnant qui annoncent « préférer mourir les armes à la main », Mohamed Bacar a choisi la fuite quand il a eu la certitude que l’opération était lancée et que ses troupes ne disposaient pas des moyens nécessaires pour résister à la coalition.

Les Comoriens sont en droit de se demander comment et par qui cette fuite a été rendue possible et comment ces hommes ont pu joindre l’île voisine de Mayotte. Aux Comores, personne ne doute du rôle joué par la France dans cette entreprise.

Aujourd’hui, le dictateur déchu demande l’asile politique à la France afin de se soustraire à la justice. La France ne peut pas, ne doit pas lui accorder ce droit. Cet homme a mis en œuvre, et bien avant sa mise au ban de la communauté internationale, une politique répressive criminelle : tortures, emprisonnements, assassinats, viols. Cet homme a mené les anjouanais à la misère économique tandis qu’il vidait à son profit personnel les caisses de l’État. Le ministre tanzanien des affaires étrangères l’a clairement signifié.

 Accorder à Mohamed Bacar l’asile qu’il quémande dans sa lâcheté constituerait une insulte aux six mille personnes, femmes, hommes, enfants, mortes en mer, désireuses de se rendre à Mayotte pour fuir la misère provoquée par lui et ses proches. Ce serait faire insulte aux milliers d’Anjouanais rapatriés par les autorités françaises qui les considèrent comme des illégaux. Enfin, ce serait oublier le sort des centaines de « déplacés » anjouanais, en Grande Comore ou à Mohéli, qui depuis des semaines, pour échapper à la brutalité aveugle des gendarmes de Mohamed Bacar, ont abandonné tous leurs biens.

Faut-il rappeler que le statut français de Mayotte n’est pas reconnu par les Nations Unies depuis 1975 ?

Un mandat d’arrêt international a été délivré par les autorités comoriennes à l’encontre de Mohamed Bacar, et la France se doit de livrer cet homme à la justice comorienne. La France ne peut pas, sous peine de se déshonorer, déclarer l’universalité des Droits de l’homme et, dans le même temps, protéger un homme responsable de crimes qui seront ou non qualifiés de « crimes contre l’humanité ». On ne peut pas vivre dans la double conscience.

 *Jean Marc Turine  est romancier, cinéaste, essayiste et a été aussi enseignant.

Dernier livre paru : TERRE NOIRE, Lettres des Comores, éditions Metropolis, mars 2008.

ISBN: 978-2-88340-176-1
256 pages
Format: 13x21
Prix: 31 CHF
Prix: 20 EURO 
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Vendredi 19 octobre 2007
Ci-dessous l’article de Madame Sittou Raghadat, native de OUANI – ANJOUAN publié aussi dans Alwatwan n° 1014 du 19 au 25 octobre 2007
 
OPINION / CRISE « ANJOUANAISE » : METTONS FIN A L’HYPOCRISIE
 
Par Madame Sittou Raghadat Mohamed
Ancienne Ministre
 
Rotation-deweek-end-GALAWA-BEACH-09-09-2007-NEYMAT-050-copie-2.jpgPourquoi continuer à tergiverser dans le règlement de la crise ? Depuis plus de 10 ans les Comores sont paralysées par une crise séparatiste qui, au départ, était considérée par certains comme un jeu d’enfant. Au fil du temps, elle a pris de l’ampleur et les politiciens de tout bord ont trouvé à travers cette crise un moyen plus facile et idéal de conquérir le pouvoir plutôt que le recours des mercenaires ou autres méthodes trop compliquées et nécessitant des moyens colossaux.
 
Le comorien lambda se demande à juste titre pourquoi des hommes d’Etat ayant assumé les plus hautes responsabilités du pays se sont ralliés aux séparatistes au moment où, même des séparatistes, ceux là même qui étaient considérés comme les plus radicaux, ont abandonné le navire après avoir compris que la majorité des dirigeants ne sont que des aventuriers sans foi dont le seul objectif est de s’enrichir  sur le dos des anjouanais ?
 
Souvenons- nous, depuis la proclamation de l’indépendance par notre pays, accéder au pouvoir  s’est toujours défini ainsi : recours au mercenariat, complicité à l’enlèvement et à la déportation d’un président élu démocratiquement avant la fin de son mandat, encouragement du chauvinisme et incitation à la guerre civile et à la persécution.
 
En fait, tous les moyens sont bons pour arriver au pouvoir même s’il faut pactiser avec le diable. Hélas !
 
Aujourd’hui la crise anjouanaise représente une aubaine pour conquérir ou arracher le pouvoir.
Aussi est elle entretenue, adulée et encouragée au mépris de la population qui la subit. Les dirigeants actuels d’Anjouan ne sont ils pas considérés comme des héros ? L’on envoie même un avion spécial à leur chef pour pouvoir participer à une réunion à l’étranger !
 
J’ai du mal à comprendre que, malgré le drame que vit la population anjouanaise (Fonctionnaires licenciés depuis plus de 8 mois, Bacheliers sacrifiés depuis des années. Droits humains bafoués, emprisonnements et tortures fréquents, fuite vers Mayotte avec les conséquences que l’on connaît, fuite vers Mohéli et Ngazidja et subir toute sortes d’humiliations,) l’on puisse hésiter pour un débarquement militaire afin de régler définitivement cette crise qui reste un danger permanent de l’existence de notre pays sous prétexte que la « guerre » est dangereuse et va tuer des innocents. Trop c’est trop.
 
Est ce que les comoriens d’Anjouan qui sont sur place dont la dignité est bafouée sont encore vivants ? Combien sont ils morts en mer ? Combien de familles meurent de faim car les parents sont licenciés ? Combien d’enfants anjouanais sont privés de leurs droits à l’éducation, les portes de l’université des Comores leur étant fermées ?
 
Certains politiciens comoriens opposés à une intervention militaire prônent une négociation inter comorienne. Mais très franchement, négocier quoi et avec qui ? 
 
Cela fait plus de 10 ans qu’on négocie. Faut il qu’à chaque fois que l’on veuille régler définitivement la crise anjouanaise, une soi-disant issue émanant des comoriens s’y présente ? Est-ce le hasard ?
 
Je me rappelle de l’embargo de l’Union africaine sur l’île séparatiste, qui était sur le point de donner les résultats escomptés. Tout d’un coup l’on eut brandi « La fin du séparatisme ». Les sanctions furent levées car les comoriens se furent compris et eurent signés le 26 août 2000 les accords de Fomboni.
 
Aujourd’hui le même scénario se présente. Alors que les dirigeants d’Anjouan commencent à se trouver dans une situation difficile suite à la pression internationale, des leaders comoriens dont certains cautionnent en réalité ce qui se passe à Anjouan dans l’espoir de s’en servir pour conquérir le pouvoir viennent à leur secours. Ils se déclarent, en effet, opposés à une intervention militaire pour régler le problème et prône « une solution entre comoriens ». Pourtant ce sont les mêmes qui approuvent directement ou indirectement les propos malsains qu’on entend quotidiennement partout dans la capitale comorienne : « Un Président de l’Union anjouanais, la crise est anjouanaise, le règlement de la crise doit être immédiate sinon rentrez chez vous régler vos problèmes. Nous les grands comoriens nous sommes fatigués ».
 
A lors pourquoi dès qu’on parle d’une éventuelle intervention militaire qui mettrait fin définitivement à cette crise quelles que soient les conséquences, ils sont les premiers à s’y opposer ? Mais il faut savoir ce que nous voulons réellement messieurs…….
 
Le président de l’Union des Comores est interdit d’aller dans une partie du territoire de son pays. N’est ce pas là déjà une raison suffisante pour que tout comorien nationaliste digne de ce nom se sente humilié et se révolte pour un règlement immédiat de cette crise notamment militaire ?
 
C’est une gifle pour notre pays et non pas pour le Président Ahmed Abdallah Sambi et une atteinte à notre dignité et je l’assimile à la déportation du feu président Saïd Mohamed Djohar en 1995 sur l’île de la réunion.
 
Quelles que soient les divergences politiques que nous pouvons avoir,  nous avons le devoir de combattre par tous les moyens appropriés tout acte visant à nous humilier et à salir notre pays. Ce problème a assez duré, la population d’Anjouan a assez souffert et le pays a épuisé sa patience.
 
N’ayons pas peur des mots et arrêtons l’hypocrisie. S’il faut intervenir militairement pour régler la crise d’Anjouan qui n’est pas en réalité un problème anjouanais mais comorien, il faut le faire sans état d’âme. C’est un moindre mal par rapport au drame que vivent quotidiennement les Comoriens d’Anjouan. C’est un moindre mal par rapport à la crise économique, social et politique que connaît notre cher pays depuis la naissance de cette crise.
 
Le temps du balbutiement est révolu !
 
publié dans : OPINIONS par SITTOU RAGHADAT MOHAMED commentaires (7)    ajouter un commentaire
Lundi 18 juin 2007
 
ON NE PEUT PAS ETRE FIER DE CEUX QUI DIRIGENT ANJOUAN
 
«Notre réponse du 07 juin 2007 au message de Ndroujou ya Bwe du 03 juin 2007 publié dans Pangahari (forum comorien)» dont ci-après un extrait. »*
 
 
Quand on voit ce qui se passe à Anjouan depuis 1997, on ne peut pas être fier de ceux qui dirigent cette île  parce que soi disant 'ils en sont originaires surtout quand il s'agit d'une bande de voyous, preneurs d'otage et malfrats. Bien au contraire !
 
Quand on voit dans quel état se trouve Anjouan après 10 ans de "séparatisme", on ne peut pas en être fier surtout si réellement on aime vraiment cette île et se soucie de sa population (en particulier celle qui est sur place).
 
On attendait que ceux qui ont menti aux comoriens d'Anjouan en 1997 et usurpé à des fins personnelles un combat légitime d'une population désemparée et désespérée  montrent une autre façon de gérer les Comores pour pouvoir en tirer les leçons. 
 
 Malheureusement, nous assistons à l'inverse. Le bilan des 10 années de gestion des séparatistes est là : misère, exactions, assassinats politiques, climat de terreur, licenciements abusifs, corruption et détournement des fonds publics généralisés, violation des droits humains primaires, dictature sanglante, enrichissement scandaleux d'une minorité, drames réguliers des kwassa kwassas...La liste est longue.
 
Ainsi, avec un bilan pareil, je n'ose pas croire un seul instant que c'est ce que souhaitaient ces milliers d'anjouanais qu'on voyait manifester en 1997 auxquels des gens sans scrupules ont menti.
 
Par ailleurs, contrairement, à ce que vous écrivez, l'impression générale qu'on a quand on est à Anjouan, est que la majorité de la population ne veut plus de "séparatisme éhonté" qui ne fait que la plonger un peu plus chaque jour dans la misère alors que des malfrats et leurs complices roulent dans l'or.
 
C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles elle a voté massivement aussi bien au 1er tour qu'au 2eme tour lors des élections présidentielles de l'année dernière l'actuel Président de l'Union peu importe ses défauts. D'autant plus que ce dernier, tout au long de sa campagne électorale, disait haut et fort que son souci majeur était de rétablir l'autorité de l'Union des Comores à Anjouan.
 
On constate encore que, un an après son élection, le Président actuel de l'Union est toujours aussi populaire et accueilli, à chaque fois qu'il se rend à Anjouan, par une foule immense. Et c'est toujours le même scénario : un groupe armé  tente par la terreur d'empêcher la population de manifester son soutien à l'Union et son opposition au séparatisme.
 
Alors pourquoi vouloir à tout prix faire croire aux Comoriens et en particulier aux "Wangazidjas" (puisque généralement c'est à eux que vous vous adressez ) le contraire alors que les faits sont là ?
 
Enfin, tous ceux qui font une analyse objective de la situation d'Anjouan concluent que Mohamed Bacar ne  gagnera pas les élections s'elles se déroulent normalement. Car, en vérité, le vrai combat de la majorité de la population qui se trouve à Anjouan est vital et non institutionnel à savoir se débarasser de Mohamed Bacar et consorts dans l'espoir de recouvrer le début d'une vie décente !
 Halidi Allaoui
(Message du 07 juin 2007 publié dans pangahari) 
 
 
 
 
 *« Les anjouanais, ne se vantent pas d’avoir déjà réussi à multiplier leur PIB par 10 depuis 1997. Ils sont tout simplement fiers d’être redevenus eux-mêmes dirigeants de leur destinée. Nous sommes convaincus que la réussite suivra dès qu’on arrivera totalement à bout de cette union des Comores qui nous a été présentée autrement en 2001 lorsqu’on l’a votée et que maintenant, reprend les allures de la R.F.I.C qu’on rejeté.
Les anjouanais ont voté massivement le NEC en 2001, parce qu’il était le résultat de négociations ayant abouti à une confédération des Etats indépendants des îles Comores qu’aujourd’hui on veut détourner en RFIC bis.
C’est pour cela que Mohamed Bacar va remporter les élections dès le premier tour c'est-à-dire dimanche prochain et qu’il va aussitôt tenir à son engagement de rompre définitivement avec cette union productrice de misère depuis 32 ans que ça dure ….».  
 
Extrait du message de Ndroujou ya Bwe du 04 juin 2007 publié sur Pangahari (forum comorien)
 
 
 
 
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LU POUR VOUS

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

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