PRESENTATION

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Mardi 25 mars 2008

DISCOURS A LA NATION 24 mars 2008

Vous

Comoriennes, Comoriens, Mes chers compatriotes.

Comores: le président a donné son feu vert à l'opération à Anjouan

Dans un discours diffusé le lundi 24 mars 2008 au soir sur les ondes de l'ORTC(voir ci - dessous), le Président Sambi vient d'annoncer qu'il a ordonné le débarquement pour la libération de l'île  comorienne d'Anjouan, des mains de la rébellion dirigée par Mohamed Bacar

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DISCOURS A LA NATION DE SEM LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU 24 MARS 2008

Comoriennes, Comoriens, Mes chers compatriotes.

C'est avec gravité et émotion que j'annonce à la Nation Comorienne, que, sous mes ordres, la vaillante Armée Nationale de Développement, assistée par les forces de l'Union Africaine, composées de troupes tanzaniennes et soudanaises, prendra bientôt pied sur les côtes anjouanaises : j'ai ainsi ordonné, le débarquement pour la libération de l'Ile comorienne d'Anjouan, des mains de la rébellion dirigée par Mohamed Bacar.
En ces heures exaltantes, je voudrais dire à nos soldats, toute la fierté qu'éprouve la Nation, de les voir, aux côtés des forces alliées et avec le soutien déterminé de la Résistance intérieure, mettre fin à la une dictature qui a si longtemps terni l'image d'Anjouan et bafoué la liberté et l'espoir de tous nos compatriotes.
J'exprime ainsi la gratitude et la reconnaissance que la Nation a envers eux, eux qui ont choisi avec courage, de combattre pour que le drapeau national flotte à nouveau à Anjouan et pour que les valeurs de la liberté puissent de nouveau exister sur l'ensemble du territoire national.

Je voudrais également rendre un hommage appuyé, à la hauteur de l'engagement, du courage et de la détermination des admirables combattants, venus de la Tanzanie et du Soudan, pour prêter main forte à l'Union des Comores.

Je les remercie pour ce signal fort qu'ils viennent ainsi d'envoyer à tous ceux qui à travers l'Afrique, bafouent impunément la liberté, la démocratie et le droit.

A travers eux, je voudrais enfin exprimer toute la gratitude du peuple et du Gouvernement comoriens, à l'Union Africaine et aux pays amis du Groupe de Contact sur les Comores.
Je salue tout particulièrement la Tanzanie et Son Excellence le Président Kikwete, le Soudan et Son Excellence le Président Hassan Omar El BASHIR, à la Grande Jamahiriya et au Guide de la Révolution le Frère Mouammar El-Kadhafi et au Sénégal et Son Excellence Président Abdoulaye WADE, pour leur dire que nous n'oublierons jamais leur élan de solidarité exceptionnelle envers le peuple comorien.

J'associe à ces remerciements, les Etats-Unis d'Amérique et la République Française pour leur engagement aussi bien moral que matériel, à nos cotés.

Comoriennes, Comoriens, mes chers compatriotes,

Je salue la sagesse avec laquelle vous faites face à la situation difficile qui nous a été imposée depuis plusieurs mois, par les ennemis de la Nation.
Vous avez été les premiers à être convaincus, que l'usage de la force, restait la seule alternative pour rétablir la souveraineté de l'Etat sur Anjouan et permettre aux anjouanais d'élire librement les autorités de leur choix.
En effet, alors que mon Gouvernement et moi-même, avons toujours fait preuve de la plus grande patience, les rebelles ont systématiquement rejeté toutes les propositions de sortie pacifique de la crise, en défiant avec mépris, l'Etat comorien et la communauté internationale. La dernière démarche en date, initié par les éminents représentants des Etats-Unis d'Amérique, de la République Française, de l'Union Africaine et de la Ligue des Etats Arabes, pour tenter de les faire revenir à la raison s'est, comme les précédentes, soldé par un échec, entièrement du, à l'arrogance des hors-la-loi.
Ainsi, la crise et la rébellion anjouanaises, ne peuvent pas être réduites à un simple contentieux électoral comme veulent l'accréditer certains.
En effet, depuis de nombreuses années, Mohamed Bacar, n'a jamais accepté la présence de l'Etat à Anjouan qu'il a toujours considérée et géré comme une propriété privée.
Mohamed Bacar qui n'a jamais admis que l'Etat puisse exercer ses prérogatives régaliennes sur cette partie du territoire national, est ainsi devenu, un obstacle à la mise en place du cadre institutionnel du pays.
Alors, le défi était et reste la mise en place des institutions de l'Etat et leur implantation à Anjouan comme c'est le cas dans tout le reste du pays.
C'est pourquoi, mon Gouvernement et moi-même, allons dans les jours et les semaines qui viennent, déployer tous nos efforts, avec l'appui de la communauté internationale, afin que la période transitoire qui va s'ouvrir à Anjouan, reste dans le cadre stricte de la constitution, pour que les anjouanais puissent choisir le Chef de l'Exécutif de leur Ile, en toute liberté, dans le cadre d'élections libres démocratiques et transparentes.
C'est alors que nous pourrons réunir toutes les entités représentatives de notre pays, pour résoudre ensemble et dans la sérénité, les problèmes réels et somme toute normaux, que soulève l'application du cadre institutionnel de notre pays, comme j'en ai pris l'engament devant mes pairs de l'Union Africaine.
C'est alors que nous pourrons nous atteler à l'immense défi du développement économique de notre pays et gagner notre lutte contre la pauvreté et le désespoir.
Mes chers compatriotes,
Les opérations qui seront menées à Anjouan, visent la paix, la stabilité et la démocratie dans notre pays. Elles seront exécutées avec ordre et humanité, en évitant autant que faire se peut les souffrances de la population et les dégâts collatéraux.
C'est pourquoi je voudrais terminer en réitérant notre fierté et notre admiration à l'Armée Nationale de Développement et à nos alliés :
« Soldats, vous portez les espérances de la Nation et nous ne doutons pas de votre victoire qui est celle de la liberté, de la dignité, du droit et de l'espoir. »

Vive la République Vive l'Union des Comores. Vive la coopération internationale

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Vendredi 1 février 2008
HALIDI-BLOG-COMORES
Vous trouverez ci-dessous l'intervention du Président de l'Union des Comores, Monsieur Ahmed Abdallah Sambi, au 10e Sommet Ordinaire des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union Africaine
qui se tient actuellement à Addis Abeba
Intervention du Président de l’Union des Comores, au 10e Sommet Ordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine
Excellences ; Mesdames et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement ; Excellence Monsieur le Président de l'Union Africaine ; Excellence Monsieur le Président de la Commission ; Messieurs les Ministres ; Messieurs les Ambassadeurs ; Mesdames et Messieurs les délégués ; Honorable Assistance.

Je voudrais tout d'abord remercier les autorités éthiopiennes, pour l'excellent accueil que nous béneficions depuis notre arrivée à Addis Abeba.
Monsieur le Président, je vous presente à vous ainsi qu'aux membres de votre bureau, les sincères félicitations de la délégation comorienne pour votre brillante élection à la tête de notre Organisation. Je peux vous assurer de l'entière disposition de mon pays à vous soutenir dans l'accomplissement de votre haute et noble mission.
Je voudrais également saisir cette heureuse occasion pour exprimer notre profonde gratitude à l'endroit de votre prédécesseur Son Excellence Monsieur John KUFOUR, Président de la République du Ghana, pour l'excellent travail accompli durant son mandat, au cours duquel notre Organisation continentale a fait entendre sa voix sur l'ensemble des sujets qui caractérisent les défis mondiaux.
Ce mandat, nous le savons, a beneficié de l'excellente et efficace collaboration de la Commission, sous la direction éclairée de mon ami et frère, le Président Konaré.

Monsieur le Président,
Je voudrais saluer ici la pertinence du choix du thème sur le dévelopement industriel en Afrique. Depuis longtemps, nous savons que l'exportation exclusive de matières premieres, et l'absence d'une diversification axée sur l'industrie, ne peut sortir l'Afrique de l'état de dépendance financière qui bloque la croissance et le développement de notre continent.
Bien sûr, les situations sont diverses selon les pays, mais je fais miennes les remarques pertinentes sur le sujet, faites par les Présidents Hosni Moubarak et Thabo Mbeki.
Pour ma part, je voudrais signaler que certains de nos pays, et notamment le mien, l'Union des Comores, connaissent des situations de conflit où le manque de stabilité politique et sociale empêche tout développement, et notamment la création d'un tissu industriel, gage de notre indépendance.

Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement, Honorable assistance,
Les questions relatives à la stabilité interne de nos pays constituent, à nos yeux, les grands défis de notre temps.
Ainsi, vous me permettrez, Monsieur le Président d'évoquer de manière succinte la situation qui prévaut aux Comores.

Mes chers frères, voici près de huit mois qu'une de nos îles, Anjouan, est prise en otage par des milices armées refusant l'appel fraternel des autorités comoriennes et méprisant les médiations répétées des pays de notre région et de l'Union Africaine, pour l'organisation d'élections libres et démocratiques.
La prise du pouvoir par les autorites illégales à Anjouan contraste avec l'election libre, transparente et democratique du Président de l'Union des Comores et des Chefs des exécutifs des deux autres îles.
L'Union des Comores a toujours voulu privilégier, depuis tous ces mois, l'approche par le dialogue dans la résolution de ce conflit.
Nous avons fait appel à vous tous à travers notre Organisation continentale et je rappelle ici que mon pays a toujours accepté toutes les recommendations et résolutions de l'Union Africaine et du Comité ministériel de notre région, pour sortir de l'impasse.
En revanche, les rebelles à Anjouan, ont toujours rejeté, sans exception, toutes ces résolutions.
L'Union Africaine, à travers des rapports récents de son Envoyé Spécial, a indiqué que le dialogue avec le chef des rebelles n'avait plus de raison d'être et qu'il fallait recourir à des sanctions.
L'Union des Comores aurait préferé, sur la base des résolutions prises, une intervention à Anjouan pour écarter les rebelles et organiser, sous l'égide de la communauté internationale, des élections libres et démocrariques.

Cependant, l'Union Africaine a encore jugé utile de mettre en place une série de sanctions à l'encontre des rebelles, des sanctions qui, hélas, n'ont pas donné les résultats attendus.
Compte tenu de la détérioration de la situation à Anjouan, ou arrestations, tortures et même viols sont devenus monnaie courante, ce qui a entrainé un déplacement massif des populations d'Anjouan vers les deux autres îles, et eu egard aux pressions de la population dans son ensemble et de ses élus en particulier, j'ai pris sur moi de décider d'intervenir à Anjouan.
Dans ces conditions, une ultime tentative pour éviter l'usage de la force nous a été proposée, il y a quelques jours, par l'Organisation Internationale de la Francophonie.
Celle-ci, malgré nos réticences, a proposé d'aller une dernière fois demander au chef des rebelles, soit de s'écarter soit d'accepter la présence souveraine de l'armée nationale et des forces de l'Union Africaine, pour l'organisation des élections du chef de l'éxécutif de l'Ile d'Anjouan.
Je suis au regret de vous indiquer que cette ultime tentative a été rejetée catégoriquement par le chef des rebelles.
Pour nous, cette absence de résultats liée à la crise anjouanaise vient de l'absence de moyens politiques de la Commission de l'Union africaine.
En effet, il est certain que si l'on avait mis en place le Gouvernement de l'Union avec une Commission renforcée, notre Organisation aurait pu resoudre cette crise de la manière la plus expéditive. Par ailleurs, un Gouvernement de l'Union serait le meilleur instrument pour faire progresser les propositions africaines concernant l'industrialisation du continent.

Désormais, l'Union des Comores, ne souhaite plus la continuation du cycle des réunions et conférences intenationales sur la crise anjouanaise, car ces dernières ont épuisées leur pertinence.
Tout en exprimant notre gratitude à l'endroit de la solidarité africaine exprimée par les efforts inlassables de l'Union Africaine, j'ai retenu que le Conseil Paix et Sécurité a indiqué que l'option militaire n'était plus à écarter.
Dans ce contexte, durant ce Sommet de l'Union Africaine, le Président Konaré, apres avoir indiqué que la crise anjouannaise mettait en jeu la crédibilité de notre Organisation, a dit et je le cite « que si le Chef des rebelles ne voulait pas accepter les résolutions de l'Union Africaine, il fallait les lui imposer ».

J'ai donc decidé, mes chers frères, de prendre mes responsabilités, en tant que garant de l'Unité et de l'Intégrité de mon pays, et je demande votre compréhension et votre soutien dans les efforts qui vont être entrepris incessamment pour restaurer, de manière durable, l'autorité de l'Etat Comorien sur une portion de son territioire.
C'est à ce prix que mon pays pourra s'atteler, dans la stabilité retrouvée, à son développement économique et social.
Des que l'autorité de l'Etat aura été restaurée à Anjouan, et que des élections libres auront permis l'emergence d'élus légitimes, je m'engage solennellement devant cette auguste assemblee, à orgsaniser une conférence inter-comorienne pour aplanir nos difficultés institutionnelles ce qui permettra une décentralisation et une autonomie véritables des Iles, aux Comores.


Je vous remercie.
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Samedi 3 novembre 2007
HALIDI-BLOG-COMORES

Ci-dessous le discours prononcé par le Président Sambi le 30 octobre 2007 à l'occasion de la tournée des investisseurs saoudiens aux Comores du 30 octobre au 1er novembre 2007 :

Notre commentaire : Ne serait-ce pas une traduction pour faire plaisir à "nos partenaires traditionnels"?
 Car  le Président Sambi aurait parlé le 31 octobre dernier en comorien et en arabe seulement.

UNION DES COMORES
Unité – Solidarité – Développement 
---------------
 
 
Allocution
 
De Son Excellence
Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI
 
Président de l’Union des Comores
 
A l’occasion de la tournée des investisseurs saoudiens
Du 30 octobre au 1er novembre 2007
 
 
 
Palais du peuple 31/10/07
 
ﺃﻋﻮﺫ ﺑﺎ ﷲ ﻣﻦﺍﻟﺸﻴﻄﺎ ﻥ ﺍﻟﺮﺟﻴﻢ
 
ﺍﺍﻟﺤﻤﺪﷲ ﺍﻟﻌﺎﻟﻤﻴﻦ ﺭﺏ ﻭﺍﻟﺼﻼﺓ ﻮﺍﻟﺴﻼﻡ ﻋﻠﻰﺃﺸﺮﻑ ﺍﻷﻧﺒﻴﺂﺀ ﻭﺍﻟﻤﺮﺳﻠﻴﻦﻭﺣﺒﻴﺐ ﺭﺏ ﺍﻟﻌﺎﻟﻤﻴﻦ ﺳﻴﺪ ﻧﺎﻣﺤﻤﺪ ﻭﻋﻟﻰﺁﻝﺑﻴﺘﻪ ﺍﻟﻃﻴﺒﻴﻦ ﺍﻟﻃﺎﻫﺮﻳﻥ ﻭﺃﺻﺤﺎﺑﻪ ﺍﻷﻭﻓﻴﺂﺀﺍﻟﻤﻨﺘﺠﺒﻴﻦ
 
ﺃﻣﺎﺑﻌﺪ
 
ﺍﻟﺴﻼﻡﻋﻠﻴﻜﻢ ﻭﺭﺣﻤﺔ ﺍﷲ ﻭﺑﺮﻛﺎﺗﻪ
 
-                     Monsieur Chef de la Délégation
-                     Honorables membres de délégation ;
-                     Excellence Messieurs les Vice Présidents
-                     Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée de l’Union
-                     Excellence Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle
-                     Excellences Madame et Messieurs les Ministres,  
-                     Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps diplomatique
-                     Honorables invités,
-                     Mesdames et Messieurs,
 
J’éprouve un immense et réel plaisir, à accueillir la délégation des investisseurs en provenance du Royaume d’Arabie Saoudite et à lui souhaiter, au nom du peuple et du Gouvernement comorien et en mon nom personnel, une chaleureuse bienvenue et un agréable séjour aux Comores.
 
Moroni, qui fut déjà en 1992, le lieu de rencontre des tous les pays musulmans, à la veille de l’adhésion des Comores à la Ligues des Etats Arabes, vous accueille aujourd’hui avec la même chaleur, la même générosité de coeur et d’esprit et avec la même hospitalité fraternelle, à l’occasion de votre visite pleine d’espoir dans votre seconde patrie, l’Union des Comores.
 
Messieurs, permettez-moi tout d’abord, de vous dire combien votre visite en Union des Comores est un événement important pour nous.
 
Le Gouvernement comorien se félicite de votre visite, parce qu’elle nous donne l’opportunité de renouveler notre reconnaissance et notre gratitude à Sa Majesté le Roi d'Arabie Saoudite, pour sa bienveillance envers notre pays et pour son engagement personnel en faveur du développement des Comores et du bien-être de son peuple.
 
Nous nous réjouissons également de votre venue qui est un des résultats de mes entretiens avec Sa Majesté le Roi ABDALLAH, au travers desquels s’est dégagé le besoin des Comores en investissements productifs publics et privés, afin d’élargir le tissu économique du pays.
 
Notre situation géographique et notre appartenance à des ensembles sous-régionaux et régionaux (C.O.I, COMESA, etc) offre pour nous et pour nos partenaires, un marché considérable qui présente de grandes opportunités.
 
Le secteur privé aux Comores est encore embryonnaire. Je souhaite que vous soyez parmi les pionniers de sa relance dans l’intérêt mutuel de tous.
 
Plusieurs dossiers demandant des financements, vous ont été soumis. La liste n’est pas restrictive. Ainsi, vous avez la possibilité et la latitude de prospecter et d’investir dans d’autres domaines jugés bénéfiques.
 
Votre présence parmi nous, témoigne de l’intérêt que les pays arabes, l’Arabie Saoudite en tête, accordent à un membre de la grande famille arabe, l’Union des Comores et traduit le souci des institutions arabes, de participer au développement socio-économique du pays.
 
Nous sommes heureux de votre venue car votre visite signifie enfin, que l’Union des Comores sort de son isolement et que ses partenaires naturels sont aujourd’hui disposés à se pencher avec elle, sur les conditions socio-économiques difficiles du pays.
 
Nous sommes convaincus que c’est à travers le renforcement de notre coopération avec le monde arabe et avec nos partenaires traditionnels que nous pourrons réaliser les objectifs du Millénaire pour le Développement, à commencer par notre objectif majeur : la lutte contre la pauvreté.
 
La Banque Islamique de Développement, un des partenaire clés de l’Union des Comores, concrétisera, à travers la visite que doit effectuer incessamment son Président, sa volonté de donner une impulsion nouvelle à nos relations et confirmera que le dialogue longtemps interrompu avec notre pays est désormais rétabli.
 
Nous espérons que nos autres partenaires arabes, notamment le Fonds Koweitien, le Fonds Abu Dhabi, le Fonds Saoudien, et l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) qui nous ont déjà donné la preuve de leur bonne disposition à l’égard des Comores, concrétiseront leur engagement en reconsidérant leurs créances envers le pays afin que nous puissions sortir des listes infamantes des pays lourdement endettés.
 
Je tiens à saluer la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique qui, le 15 mars dernier, a accepté un plan de rééchelonnement négocié avec notre pays.
 
Par cet accord, la BADEA nous accorde l'apurement de nos arriérés dont le montant s'élève à 10,5 milliards de francs comoriens sur une période de 17 ans, avec un allègement conséquent au cours de la période 2007-2009.
 
Nous remercions également le Fonds Koweitien qui nous a également accordé un rééchelonnement de l'ensemble de notre dette qui s'élève à 9,8 milliards de francs comoriens sur 40 ans, avec un délai de grâce de 16 ans, au taux de 1%.
 
Mesdames et Messieurs,
 
L’Union des Comores considère votre arrivée comme le signal de la relance de notre économie, qui ne manquera pas d’encourager d’autres investisseurs à venir. Sachez que toutes les portes vous sont largement ouvertes, pour mener à bien votre action et concrétiser votre volonté de nous soutenir et de contribuer au développement socio-économique des Comores.
 
Dors et déjà, des institutions et des acteurs économiques du monde arabe sont présents dans le pays.
 
Ainsi, l'entreprise Al-Marwan qui est porteur d'un projet de près de 4 milliards de nos francs, a repris le port de Moroni.
 
Le système bancaire comorien va connaître un nouvel essor, grâce à l'ouverture prochaine de la Banque Fédérale des Comores, par des investisseurs koweitiens conduits par le Cheik Sabah Al-Jaber Moubarak et d'une succursale de la Banque tanzanienne, EXIM-BANK
 
Je rappelle également que l'Autorité Arabe pour l'Investissement dans le secteur agricole a accordé un crédit de 2 milliards de francs comoriens pour appuyer la filière vanille. L'ensemble de ces investissements contribuera à la relance du secteur qui revêt une importance majeure dans notre économie.
 
Des investisseurs arabes s'intéressent au secteur de la pêche qui offre des potentialités encore sous exploitées.
 
 
 
Le secteur du tourisme va connaître un grand essor. En effet, le 11 septembre dernier, un accord de partenariat d’un montant de 70 millions US dollars, a été signé entre l’Union des Comores et Dubaï World, pour la reconstruction du plus grand hôtel du pays, le Galawa Beach, le réaménagement de la façade de la plage qui jouxte l’hôtel, la construction d’une station thermale, de restaurants et de clubs pour enfants.
 
Un centre de sports nautiques avec un club de bateaux, un centre de plongée, des villas sur l’eau, feront également partie intégrante de la remise à niveau et de l’extension de cette station balnéaire.
 
L’ensemble des investissements a été réévalué à 200 millions de dollars.
 
Nos frères koweitiens ont commencé les travaux de l'hôtel Itsandra qui doit passer de 24 à 50 chambres, sur la base d'un investissement estimé à 5 milliards de francs comoriens et à construire le village touristique cinq étoiles "Jannal-kamariyou" au Lac Salé dans le Nord de la Grande-Comore.
 
 Le 9 mai dernier, nous avons procédé avec nos partenaires Koweitiens au lancement de ce projet de 57 milliards de francs comoriens et qui devra générer près de 5000 emplois.
 
Dans le même secteur des infrastructures, et afin de lancer des Travaux de Haute Intensité de Main d'œuvre, l’Emirat d'Abu Dhabi a répondu favorablement à notre requête portant sur des engins des Travaux Publics nommés D8.
 
Au cours de mon dernier séjour au Koweït, nous avons signé un Protocole d’Accord avec la Société KGLP, en vue de l’étude et de la construction d’un port en eau profonde, aux Comores.
 
Je voudrais réserver une mention toute particulière à la générosité de l’Arabie Saoudite, qui nous permis de lancer le projet habitat, en nous accordant un don de 1,9 milliards de francs comorien.
 
Grâce à ce soutien, Le Gardien des Deux Lieux Saints, a permis à l’Union des Comores de construire les usines de production des briques nécessaire au lancement de l’un de ses projets prioritaires.
 
Ainsi, l’environnement économique dans lequel vous allez investir est des plus prometteurs.
 
Je ne peux omettre de vous assurer également que vous bénéficierez de la fraternité et de l’hospitalité légendaire que le peuple Comorien sait réserver à des frères.
 
Avant de terminer mon propos, je voudrais vous rappeler enfin, que les investissements dans le secteur public constituent la base pour toute réussite des investissements dans le secteur privé. Votre concours dans le financement des projets du secteur public sera le bienvenu.
 
Messieurs,
 
Je sais que la brièveté de votre séjour ne vous permettra pas de visiter l’ensemble de ce que les géographes arabes ont appelé l’archipel de la Lune ou les îles aux parfums. Mais votre passage vous donnera l’occasion de découvrir le charme de nos îles où il fait bon vivre afin que vous fassiez l’honneur de revenir.
 
Je terminerai en vous souhaitant, encore une fois, un très bon séjour parmi nous.
 
Je déclare ouverte la Conférence des hommes d’affaires Saoudiens, sur les investissements aux Comores.
 
Vive la coopération interarabe
 
Je vous remercie

Voir l'article sur cette visite en cliquant ICI
 
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Samedi 20 octobre 2007
HALIDI-BLOG-COMORES
UNION DES COMORES
Unité - Solidarité – Développement
                                                                                   ---------  
 
 
 
ASSEMBLEE DE L’UNION
                ---------
 
Moroni, le 19 octobre 2007
 
 
     
 
Discours d’ouverture de la session Parlementaire Ordinaire d’octobre 2007, prononcé par son Excellence le Président de l’Assemblée de l’Union Monsieur Saïd Dhoifir BOUNOU,
 
- Madame et Messieurs les membres du Gouvernement,
- Madame et Messieurs les Représentants du Corps Diplomatique et des    
 Organismes Internationaux accrédités aux Comores,
- Mes chers collègues députés,
- Honorable assistance. 
 
Assalam Anlaikoum
 
L’Assemblée Nationale tout entière se sent très honorée de votre présence à cette cérémonie d’ouverture de la session ordinaire d’octobre 2007 et elle vous en remercie.
 
Comme vous le savez, l’année 2007 a été pour nous  une année de travail intense.
 
Une session extraordinaire en janvier, une session ordinaire en Avril, suivie de deux sessions extraordinaires l’une de 15 jours en août et l’autre de 3 jours, début septembre.
 
Nous voici encore une fois attelés à l’ouvrage pour la session budgétaire, la 5ème session de l’année.
 
        Chaque ouverture et chaque clôture de session a été pour nous une occasion solennelle de nous exprimer sur les grandes questions nationales et les sujets d’actualité intéressant notre pays et la vie quotidienne de ses habitants.
 
        Nous avons fait beaucoup de suggestions et de propositions qui n’ont jamais été pris en compte.
 
        Comme la situation demeure statique, et les problèmes soulevés toujours actuels, nous sommes contraints d’en reparler même brièvement, au risque de nous répéter.
 
Honorable Assistance,
 
Il est à signaler encore une fois le retard que le gouvernement met à déposer le projet de loi des finances 2008, les délais réglementaires étant de 15 jours avant l’ouverture de la session qui était initialement prévue pour le 5 octobre et qui a été retardée de 2 semaines en raison du ramadan.
 
Jusqu’à présent ce projet n’est pas encore déposé. La conséquence d’un tel manquement va être une pression malsaine sur les députés pour adopter à la hâte la loi des finances 2008, prétextant des exigences du FMI et la Banque Mondiale , pour revenir demander sa rectification quelque semaines plus tard au nom des exigences de ces mêmes institutions. A moins que l’effet recherché ne soit l’adoption par ordonnance du budget après le délai de 60 jours accordé par la Constitution.
 
A ce propos nous prenons à témoins l’assistance ici présente et le peuple tout entier si des dysfonctionnements ou des retards adviennent dans la gestion de cette session consacrée principalement à l’étude du budget.
 
Mesdames et Messieurs,
 
Cette session budgétaire se tient sous les auspices des incertitudes les plus inquiétantes et qui suscitent de nombreuses questions :
 
En effet comment faire adopter un projet de loi sur les finances de l’Etat sans Anjouan, alors que le budget doit être consolidé entre les 4 entités Union et îles autonomes ?
 
Voter un budget sans Anjouan ne revient il pas à conforter les velléités séparatistes des autorités de fait de cette île dont la volonté d’aller vers une confédération des Etats se précise progressivement ?
 
 
 
 
Et puis à quoi sert que l’Assemblée vote un budget dont l’exécution échappe complètement à son contrôle, les mécanismes de contrôle prévues par la loi étant paralysés par la dépendance administrative et financière de l’Assemblée vis-à-vis de l’exécutif de l’Union ?
 
Voter un budget sans la possibilité de contrôle de l’action du gouvernement ne revient-il pas à donner carte blanche au gouvernement pour disposer des deniers publics à sa seule convenance ?
 
Cette incontrôlabilité du gouvernement qui a toujours existé depuis l’avènement de l’union des Comores, parait aujourd’hui plus flagrante dans la mesure où elle rencontre un concours de beaucoup de circonstances complexes.
 
Je n’en rappellerai que 2 exemples pour vous épargner une longue liste.
 
1ère , l’enlisement du problème d’Anjouan dont le rebondissement actuel est né de la décision du gouvernement de l’Union de reporter par voie d’autorité la date des élections présidentielles dans la seule île d’Anjouan, malgré l’avis contraire de l’Assemblée qui avait plaidé pour un report global afin de rester dans les dispositions de la loi électorale.
 
Ce report a donné le prétexte à une rébellion politique des autorités de fait d’Anjouan, qui ont organisé les élections à la date initiale en même temps que les autres îles, prétendant se conformer à la loi.
Bien sûr ces élections organisées à Anjouan ont été illégales puisque entre autres elles n’ont pas été supervisées par la Commission nationale Electorale et leurs résultats n’ont pas été validées et proclamées par la Cour Constitutionnelle..
 
2ème , il s’agit de la persistance du problème de partage de compétences entre l’Union et les îles, problème devenu chronique et  pourtant largement résolu par des lois votées à la régulière par l’Assemblée, certaines en 2ème lecture, validées par la Cour Constitutionnelle et même promulguées mais non appliquées par le gouvernement qui en a la responsabilité.
 
Je précise au passage que la seule loi de ce registre du partage de compétences qui a connu un début d’application est celle relative à la gestion des sociétés d’état et des établissements publics mais elle a été violée dans ses dispositions concernant les nominations des Directeurs Généraux et des Directeurs Régionaux, intervenues avant même la mise en place des Conseils d’administration.
 
Face à un tel constat de blocage, beaucoup de gens ont tendance à se poser ou à nous poser la question suivante : que fait l’Assemblée dans tout ça ?
 
Voici ma réponse, elle est en fait une autre question :
Que peut faire l’Assemblée ?
        Que peut-elle faire lorsque la constitution lui attribue le seul rôle de voter les lois ? Elle vote les lois, elle en a votées en quantité industrielle.
 
Malgré les mauvaises conditions de vie et de travail qui leur sont imposées par le gouvernement, les députés se sont toujours acquittés de leur mission de législateurs en toute conscience et dans le respect des intérêts du peuple et de la Nation , consentant ainsi à d’importants sacrifices.
 
Mais que peuvent-ils faire d’autre, face à un gouvernement qui n’est pas tenu de faire une déclaration de politique générale, qui n’est pas obligé de dire ce qu’il fait ni de rendre compte comment il le fait et de surcroît un gouvernement qui ne représente pas la majorité parlementaire, qui peut ne pas compter même un seul député à l’Assemblée ; en somme un gouvernement qui jouit de l’irresponsabilité constitutionnelle.
 
Ceci dit je suis tenté de poser à mon tour la question suivante :
 
Que peut faire le peuple souverain devant un Président qui ne peut plus se représenter aux électeurs échappant ainsi à la sanction populaire du suffrage universel ?  
 
La réponse est qu’il ne peut pas grand-chose, tout comme ses représentants élus ont du mal à se faire entendre.
 
Pourtant comme je viens de le rappeler, l’Assemblée ne cesse de s’exprimer, de faire des propositions et des recommandations, et d’offrir sa collaboration sur tous les sujets d’intérêt national et sur des questions intéressant la vie  des citoyens.
 
Qu’il s’agisse de l’occupation de l’île comorienne de Mayotte, du problème du séparatisme dans l’île d’Anjouan, de la cherté de la vie etc…. des sujets qui ont fait l’objet de résolutions votées à l’Assemblée et transmises au gouvernement et qui sont restées lettre morte alors que les problèmes soulevés demeurent la chasse jalousement gardée d’une minorité clanique qui agit dans une totale opacité.
 
Même les dossiers d’investissements qualifiés de prioritaires par le gouvernement connaissent la même opacité.
 
A titre d’exemple, l’année 2007 baptisée par le gouvernement année de l’habitat est sur le point de finir, alors que l’Assemblée ne dispose d’aucune information concernant le projet habitat, dit projet phare du Président ; ni ses objectifs, ni son financement, ni son évolution ; rien.
 
Ceci est valable pour presque tous les dossiers et même ceux qui ont obtenu l’autorisation de signature de l’Assemblée ne sont pas traités avec la transparence requise.
 
Nous n’allons pas continuer cette description obscure de l’Etat de notre nation, même si la tentation est forte étant donné la gravité de la situation qui prévaut dans le pays et qui  suscite en nous beaucoup d’inquiétudes.
 
Nous allons directement déduire que notre pays est confronté à un grave problème de mauvaise gouvernance.
 
Or nous sommes convaincu que seule une bonne gouvernance pourrait nous permettre de gérer de façon apaisée et efficiente le nouveau cadre institutionnel complexe, issu de la constitution de 2001, et gage de la réconciliation nationale comorienne.
 
Nous pensons que ce pays a besoin d’une bonne gouvernance qui commencerait par l’application sans restriction de la Constitution et des lois, une gouvernance qui créerait les conditions permettant à toutes les institutions de fonctionner correctement et de jouer pleinement et sereinement chacune leur rôle, une gouvernance qui empêcherait les exécutifs de l’Union et des îles de rechercher des arrangements au détriment de la loi, et qui obligerait les gouvernements de l’Union et des îles à faire preuve de rigueur et de transparence dans la gestion de la chose publique.
 
C’est enfin la bonne gouvernance qui permettrait au Président de l’Union de veiller à ce que toutes les institutions de l’Union concourent aux objectifs nationaux de paix, de stabilité, de concorde civile et oeuvrent ensemble au recouvrement de l’intégrité territoriale du pays, au respect de la démocratie et de l’Etat de droit.
 
Honorable Assistance, Mesdames et Messieurs 
 
        Comme nous l’avions prévu, la session que nous entamons aujourd’hui risque d’être déterminante pour l’avenir proche des institutions de ce pays car les députés se sont promis d’inaugurer un nouveau type de relation entre l’Assemblée et le Gouvernement.
 
        Cette relation, si elle doit exister, devra être faite de respect réciproque de compréhension mutuelle et de franche collaboration ou elle n’existera pas.
 
        La priorité des députés dans cette session n’est plus le vote des lois. D’ailleurs Cela ne semble pas être celle du gouvernement non plus puisqu’ aucun nouveau projet n’est parvenu à l’Assemblée à l’occasion de l’actuelle session ordinaire.
 
        Certes de part la Constitution le champ d’action de l’Assemblée est limité et son rôle réduit, comme je l’ai évoqué à l’instant.
 
        Il est vrai qu’elle est confrontée à des difficultés permanentes liées à ses relations difficiles avec tous les départements et services placés sous l’autorité du gouvernement tels que la Fonction Publique où ses mesures concernant la gestion de son personnel sont pratiquement ignorées, le Trésor Public où elle ne bénéficie d’aucun plan de décaissement, ses priorités étant toujours reléguées de manière unilatérale et parfois humiliante derrière les besoins toujours croissants et tous primordiaux du gouvernement qui se confond avec l’Etat, ignorant les droits des autres institutions de l’Union.
 
        Il en est de même pour le service logement qui méconnaît l’existence de notre institution et les Affaires Etrangères qui a exclu les députés et les hauts responsables de l’Assemblée de la liste des ayants droit au passeport diplomatique et qui les soumet à rude épreuve avant de leur octroyer éventuellement un passeport de service ; tout ceci par voie d’autorité, sans aucune explication.
        Malgré toutes ces difficultés, et ce n’est là que quelques exemples, notre préoccupation majeure à l’occasion de cette session est de trouver les voies et moyens de faire jouer à l’Assemblée un rôle plus important sur l’échiquier institutionnel national.
 
        Lorsque de plus en plus de voix se lèvent pour dénoncer des irrégularités à la Cour Constitutionnelle et remettre en cause sa crédibilité ; et quand le Président de la République qui avait annoncé il y a quelque temps qu’il était mal servi et parfois trahi, persiste dans son amertume en annonçant qu’il se sent seul dans l’exercice  des ses fonctions et va même jusqu’à parler de l’éventualité d’une démission dans un discours prononcé en public, et que peu de temps après, le Président de l’île Autonome de Ngazidja qu’on dit proche du Président SAMI et de son régime est reçu à grande pompe par les autorités autoproclamées d’Anjouan nous pensons que l’Assemblée doit se constituer en vigie et assumer plus de responsabilité pour pallier les incertitudes et autres interrogations sur l’avenir proche du pays.
 
        Elle doit pouvoir creuser pour trouver un cadre approprié où les échanges permettront de donner des réponses concrètes aux questions pertinentes qui se posent et où les réponses pourront se transformer en actes positifs.
 
        Dieu sait si les sujets de préoccupation sont nombreux et se situent à divers niveaux.
 
        L’Assemblée va devoir se préoccuper plus sérieusement de son autonomie administrative et financière conformément à la loi et aux traditions parlementaires, à la cotisation des députés à la Caisse de retraite, mais aussi et surtout des questions nationales plus importantes de l’occupation de l’île comorienne de Mayotte, du séparatisme dans l’île d’Anjouan, de l’application des lois votées et promulguées, des dossiers d’investissements, de la frénésie des missions gouvernementales effectuées à l’Extérieur etc...
 
        D’autres sujets de non moindre importance concernant à la fois la gouvernance et la démocratie dans notre pays, méritent aussi qu’on s’y attarde.
 
 
 
 
Ce sont entre autres ;
 
-         le rôle des médias publics dans le plurisme politique ;
-         la place des médias privés dans le débat politique ;
-         la place et le rôle des partis politiques dans la vie publique nationale.
 
Le respect de l’état de droit voudrait aussi que le parlement puisse demander des explications sur le cas d’un citoyen et de surcroît un responsable politique et  ancien haut dirigeant de notre pays emprisonné depuis plusieurs mois sans jugement ; n’est-ce pas là également un sérieux sujet de préoccupation où l’arbitraire semble l’emporter sur la présomption d’innocence pourtant garantie par le droit comorien, la déclaration universelle des droits de l’homme et des conventions internationales dont notre pays est signataire ?
 
L’actualité aussi nous impose ses propres éléments qui ont tous leur place dans nos réflexions et nos échanges ;
 
Je pense à l’interdiction faite par les autorités de fait d’Anjouan au vice-président de l’Assemblée le député Mohamed Djaanfari de prendre l’avion à Anjouan pour venir à Moroni participer à cette séance d’ouverture de la session, ce qui l’a obligé à se déplacer par un Kwassa-Kwassa jusqu’à Mwali avant de nous rejoindre ici.
 
Je veux parler aussi de la situation compliquée des étudiants comoriens de Madagascar et même de la rumeur de plus en plus répandue selon laquelle aux derniers jeux des îles de l’Océan Indien, la sélection comorienne de football aurait négocié sa de faite lors du match contre l’équipe malgache.
 
Honorable Assistance, Mesdames et Messieurs,
 
Voila brièvement annoncé l’essentiel du menu de cette session ordinaire d’octobre et l’esprit dans lequel nous comptons l’aborder.
 
Je pense que nous pouvons cette fois compter sur la collaboration franche du gouvernement pour l’intérêt supérieur de la Nation.
 
        Nous en appelons surtout au Président de l’Union qui selon l’article 12 de la Constitution que je cite : « est le symbole de l’Unité Nationale, le garant de l’intangibilité des frontières telles qu’internationalement reconnues ainsi que de la souveraineté de l’Union, l’arbitre et le modérateur du fonctionnement régulier des institutions fin de citation » pour qu’il appuie nos initiatives et encourage concrètement nos démarches qui n’ont d’autre but que d’éviter le pire à notre pays et de l’amener à fonctionner comme un pays normal où les dirigeants se respectent, respectent le peuple et les institutions et se conforment à la Constitution , aux lois et aux engagements internationaux.
 
C’est sur ce que je déclare ouverte la session parlementaire ordinaire d’octobre 2007 et je vous remercie de votre aimable attention.
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Vendredi 28 septembre 2007
 Vous êtes certainement impatients de savoir ce que notre Président a raconté hier à l’ONU.
A-t-il parlé de Mayotte ? A-t-il évoqué la crise séparatiste qui ronge notre pays ? etc
 
Eh bien vous n’avez qu’à cliquer ICIpour avoir une réponse à toutes vos questions.

Bien évidemment
, Vos commentaires nous intéressent.
 
HALIDI-BLOG-COMORES
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Vendredi 6 juillet 2007
06 juillet 1975 - 06 JUILLET 2007 : 32 ans d'INDEPENDANCE DES COMORES : DISCOURS DU PRESIDENT DE L'UNION DES COMORES

A l'occasion de la commémoration du 32 eme anniversaire de l'indépendance des Comores, vous trouverez ci-dessous le discours prononcé cet après midi par le Président de l'Union, Monsieur Ahmed Abdallah Sambi à Moroni

UNION DES COMORES
Unité – Solidarité – Développement 
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Message à la Nation
 
De Son Excellence
Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI
 
Président de l’Union des Comores
 
A l’occasion de la fête nationale du 06 juillet 2007
 
 
ﺃﻋﻮﺫ ﺑﺎ ﷲﻣﻦﺍﻟﺸﻴﻄﺎ ﻥ ﺍﻟﺮﺟﻴﻢ
 
ﺍﺍﻟﺤﻤﺪﷲﺍﻟﻌﺎﻟﻤﻴﻦ ﺭﺏ ﻭﺍﻟﺼﻼﺓ ﻮﺍﻟﺴﻼﻡ ﻋﻠﻰﺃﺸﺮﻑ ﺍﻷﻧﺒﻴﺂﺀ ﻭﺍﻟﻤﺮﺳﻠﻴﻦ ﻭﺣﺒﻴﺐ ﺭﺏ ﺍﻟﻌﺎﻟﻤﻴﻦ ﺳﻴﺪﻧﺎﻣﺤﻤﺪ ﻭﻋﻟﻰﺁﻝ ﺑﻴﺘﻪ ﺍﻟﻃﻴﺒﻴﻦ ﺍﻟﻃﺎﻫﺮﻳﻥ ﻭﺃﺻﺤﺎﺑﻪ ﺍﻷﻭﻓﻴﺂﺀﺍﻟﻤﻨﺘﺠﺒﻴﻦ
 
ﺃﻣﺎﺑﻌﺪ
 
ﺍﻟﺴﻼﻡﻋﻠﻴﻜﻢ ﻭﺭﺣﻤﺔ ﺍﷲ ﻭﺑﺮﻛﺎﺗﻪ
 
Comoriennes et Comoriens,
 
Mes Chers Compatriotes,
 
La commémoration du 32ème anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, m’offre une nouvelle fois l’occasion de vous souhaiter à toutes et à tous, une bonne et heureuse fête et d’évoquer avec vous, les défis actuels et futurs que nous devons relever ensemble, dans la construction de notre patrie.
 
Permettez-moi tout d’abord, à l’occasion de cette fête nationale, de renouveler en votre nom, toute notre gratitude à nos partenaires bilatéraux et multilatéraux. Ainsi, je remercie les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales, accrédités aux Comores, pour leur présence, leur disponibilité permanente et leur accompagnement de toujours. .
 
Aux comoriennes et comoriens, membres civils et militaires de la commission nationale d’organisation de la fête nationale, ceux des commissions des îles ainsi que les représentants des organisations sociales et des mouvements sportifs, qui, malgré la conjoncture et les circonstances, ont œuvré pour l’organisation de cette célébration, j’adresse toutes mes