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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 22:31

Ibrahim Hamza, un diplômé en  chimie de l’université de Montpellier ( France), occupe désormais la tête du lycée publique Said Mohamed Djohar d’Ouani en remplacement du jeune  Abdallah Ahmed Saïd "appelé à d’autres fonctions". Ibrahim Hamza qui est un des premiers comoriens à avoir enseigné la physique – chimie  dans les lycées comoriens à son retour au pays au début des années 80 était proviseur du lycée privé Basra d' Ouani.

En fait, les  autorités compétentes de l’île chargées de l’éducation et de l’enseignement n’ont fait qu’entériner une proposition de la communauté ouanienne. Celle-ci a, en effet, décidé de s’impliquer davantage dans le choix des chefs des établissements scolaires publiques d’Ouani afin de trouver rapidement une solution aux résultats très catastrophiques  enregistrés ces dernières années aux examens de fin d’année.

Par cette implication, les ouaniens restent fidèles à une vision ancestrale. Ouani a toujours rimé avec l’éducation de ses enfants. Ouani a toujours attaché une grande importance à l’enseignement et à la formation de ses enfants. Ainsi, rester inerte face à  la dégradation de ce secteur serait tout simplement compromettre l’avenir d'Ouani et cracher sur les tombes de tous ses vieux sages dont la priorité était l’éducation et l’instruction des ouaniens. Ils avaient entre autres mené un combat dur pour avoir l’école primaire de la ville à la fin des années 30.

L’histoire récente nous apprend aussi que l’ouverture d’un lycée publique à Ouani est obtenue après une longue bataille politique. En effet, la revendication de la création de ce lycée date des années 80. Mais, le pouvoir de l’époque s’y opposait catégoriquement alors que la moitié des élèves et enseignants du lycée de Mutsamudu venait de Ouani. Beaucoup d’élèves étaient obligés de faire, tous les jours, 7 km  à pied pour s’y rendre. Donc 14 km l’aller – retour.

Il a fallu attendre l’arrivée au pouvoir  du feu Président Said Mohamed Djohar (paix en son âme) au début des années 90 pour enfin obtenir l'autorisation d’ouvrir ce lycée tant espéré. De plus, le même Président avait acheté à un particulier une parcelle qui était limitrophe aux quelques locaux qui allaient servir de salles de classe du nouveau lycée afin de faciliter son extension. C’est d’ailleurs, en signe de reconnaissance  qu’il  fut baptisé "Lycée Said Mohamed Djohar" le jour de son inauguration.

Le nouveau proviseur, un homme d’expérience en enseignement mais aussi en gestion financière et administrative – il a été pendant plusieurs années le responsable de la MECK (Mutuelle d’Epargne et de Crédit Ya Komor) de Ouani et le proviseur d’un lycée privé - affiche un air optimiste même s’il n’ignore pas que la tâche ne sera pas facile.  En effet, l’établissement à la tête duquel il se trouve désormais est confronté à de multiples problèmes : programmes souvent non achevés, notes de complaisance, manque de respect, Manque de cohésion dans l’administration, problème d’équipement, débauche, abus sexuel, problème de gestion et d’action, ….

La communauté d' Ouani attend de lui une gestion saine et efficace pour redresser la situation et rétablir la confiance.

D’ores et déjà, Ibrahim Hamza fait part de certaines actions qu’il compte mener au lycée Said Mohamed Djohar d’Ouani à savoir :

1-Instaurer un conseil d’établissement comprenant des parents d’élèves,  des enseignants, des élèves, des représentants de la région (Ouani, Barakani, Bazimini, Jimlimé…) et le proviseur.

2-Etablir un budget et le faire approuver par le conseil d’établissement.

3-Organiser un atelier d’une journée de réflexion sur l’amélioration du fonctionnement et l’image du lycée. Cet atelier regroupera les enseignants et le personnel administratif.

4-Demander à quelqu’un de dispenser bénévolement des cours d’administration au personnel administratif (exemple Abdouroihamane Keldi).

5-Instaurer des statistiques fiables sur les résultats scolaires afin de pouvoir suivre leur évolution et déterminer les actions à mener en collaboration avec les autorités compétentes.

6-Instaurer des réunions périodiques avec les autorités compétentes afin d’étudier les éventuels problèmes qui peuvent se poser et ainsi adopter les solutions adéquates.

7-Relancer la coopérative des élèves.

8-Redonner confiance aux parents en solutionnant les problèmes pédagogiques. D’où la nécéssité d’:

­  - Organiser des animations pédagogiques régulières de chaque département

-          Instaurer des compositions trimestrielles ou semestrielles afin d’obliger les élèves à revenir et avoir des repère.

-          Construire un hangar servant de salle d’étude et équipé d’une vidéo afin de permettre la projection des documents d’étude.

-          Mener une politique spécifique pour l’amélioration du niveau de français, celui-ci constitue en effet le principal handicap pour la compréhension des autres matières.

            -  négocier avec l’alliance franco-comorienne afin d’organiser des cours à Ouani pour éviter le déplacement des élèves en soirée, l’effectif des élèves originaire de Ouani justifiant cela.

-          Instaurer des primes de fin d’année afin d’encourager les meilleurs élèves et engendrer l’esprit de compétitivité.

-          Revoir les outils d’évaluation des enseignants en rapport avec l’inspection  générale.

-          Il est nécessaire, par exemple, de demander aux enseignants un rapport périodique sur la progression des programmes et l’évaluation des élèves.

-          9. Instaurer  un code de bonne conduite des élèves et l’afficher dans toutes les salles de classe. Il est nécessaire de créer un conseil de discipline qui statuera les cas du faute graves commises par les élèves.

-          10. Pallier à l’absence de manuels scolaires en produisant des documents qui seront vendus aux élèves et aux enseignants à un coût moindre. Ce travail se fera avec la collaboration de l’école primaire qui dispose d’un ris graphe, du ministère et du CDS (Moroni)

-          11. Améliorer l’environnement scolaire en veillant sur la résolution des problèmes de salubrité et en restaurant le jardin du lycée.

A long terme (environ 2 ans), il faut penser à la clôture du lycée (grillage) et à l’installation d’un mini laboratoire d’expérimentation.

 12.  Chercher à augmenter l’effectif du lycée en restaurant la confiance des parents. Il faut, par exemple, restaurer la classe de Terminale C qui a disparu depuis quelques années.

13. Installer une téléphone fixe ou CDMA

14. Créer le plein air qui sera encadré par les enseignants d’éducation physique et sportive et les surveillants.

15. Prévoir une infirmerie pour les urgences sur place.

16. Construire une salle des professeurs

17. Equiper le lycée d une adduction d eau et faire fonctionner les latrines

18. Faire  initier l'informatique aux élèves

19. Jumeler notre lycée avec un autre lycée étranger

20. Réhabiliter la citerne du lycée

 

Les ressources financières :

Les actions ci-dessus seront financées par les ressources suivantes :

1. Cotisation des élèves : le montant sera fixé par le conseil d établissement

2. les bénéfices génèrés par la vente des documents

3. les recettes des activités culturelles et sportives menées par la coopérative, ainsi que celles de la buvette du lycée.

Etc.

« Ces quelques mesures, dont la liste n’est pas exhaustive, vont permettre, j’en suis convaincu, de créer un climat de travail serein qui pourra restaurer la confiance de tout un chacun et améliorer de façon sensible les résultats de nos élèves aux examens » a déclaré  le nouveau proviseur.

Les quelques 1000 élèves du lycée scolaire d' Ouani n’ont fait leur rentrée que la semaine dernière après plusieurs  semaines de contestation des parents sur la gestion du précèdent proviseur.

Avec ce choix, les autorités de l'île chargées de l'éducation et de l'enseignement et la population d'Ouani ont compris qu'il ne suffit pas d'avoir des diplômes dans un domaine quelconque pour être un bon gestionnaire ou administrateur. Et la politisation de ces postes stratégiques n'est pas du tout une bonne chose. Il faut aussi un minimum de formation et d'expérience en gestion administrative, financière, humaine.... Et cela est valable dans tous les domaines.

Bonne chance Monsieur le proviseur !

 

Halidi Allaoui et  Mohamed El-had

HALIDI-BLOG-COMORES 

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Mariama HALIDI HALIDI - dans EDUCATION
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Mohamed Rifka 01/11/2009 12:04


Afin de lever tout ambiguitter concernant le ou les articles signes par une certaine RIFKA...j aimerai preciser que moi, Mohamed Rifka n est pas l auteur de ces articles et souhaiterai que les
auteurs qui signeront leurs articles, precisent bien leur nom et prenom. merci
sige : Rifka Mohamed Mouzdalfa a ouani


HALIDI-BLOG-COMORES 27/10/2009 23:31



Bonjour Rifka,

Nous tenons tout d'abord à vous remercier de l'intérêt que vous portez à notre blog.

Par ailleurs, nous prenons acte de votre réaction à notre article intitulé "un nouveau proviseur au lycée Said Mohamed Djahar d'Ouani".

Il nous parait, toutefois nécessaire d'apporter quelques précisions utiles après lecture de votre réaction.

Il n'a jamais été question pour nous d'imputer tous les maux du lycée au proviseur sortant. Ce serait d'ailleurs intellectuellement malhonnête de notre part ou/et de la part de tous ceux qui
tenteront de le faire étant donné que, comme vous l'avez bien souligné, ce dernier n'a passé qu'à peu près un an à la tête de l'établissement. Vous constaterez d'ailleurs que nous avons parlé de
"ces dernières années" et non par exemple de "depuis la nomination du proviseur sortant".

Tout le monde sait que les maux qui gangrènent l'éducation de notre pays en général et le lycée SM Djohar ne datent pas d'aujourd'hui. Et on en parle depuis plusieurs années. Dans notre article,
nous avons juste rappelé l'existence de certains maux (la liste n'est pas exhaustive) et préciser en quelque sorte que le nouveau proviseur a du pain sur la planche.

Par contre nous réitérons ici qu'il est nécessaire d'avoir une certaine expérience et certaines compétences dans différents domaines pour être efficace dans la gestion d'un établissement
d'enseignement.... Le diplôme d'enseignant ne suffit pas. De plus, la politisation des nominations au poste de proviseurs n'arrangent pas les choses. Or c'est ce à quoi nous assistons depuis la
création de ce lycée.

A titre d'information, ci-dessous la liste des différents proviseurs, tous des enseignants originaires de Ouani pour ceux qui souhaiteraient faire une petite analyse :


 


-Abdoulhamid Afraitane


-Saindou Ousseni (zabibouni)


-Abdou Houmadi


-Mohamed Afraitane


-Ahmed Abdallah Moirabou


- Ibou Salim (Djambo)


-Daniel Maandhui (Disco)


-Nourdine Abdou Sidi


-Abdallah Ahmed Said


-Ibrahim Hamza


 


Nous avons peut être oublié quelques uns. Si c’est le cas, qu’ils nous excusent tout
simplement.


 


Pour ce qui est du nouveau proviseur nommé. Nous n’avons aucun élément tangible nous
permettant de mettre en doute son expérience et ses compétences en matière de gestion. Donc, nous ne pouvons pas partager votre jugement.


 


Néanmoins, nous émettons le vœu de voir un jour la mise en place d’une grande Assemblée
générale annuelle publique avec la mobilisation de nos médias locaux (TV Ninga, radio…) qui sera l’occasion pour les ouaniens de définir tous les ans des objectifs dans tous les domaines et de
faire le bilan ainsi que pour tous ceux qui ont des responsabilités quelconques dans notre ville(maire, les acteurs du développement de la ville, les responsables ou représentants de nos
associations locales et d’ailleurs, les gestionnaires des différentes structures sociales, culturelles… de rendre des comptes aux Ouaniens. Cela favorisera la diffusion de l’information, et la
transparence. De plus, nous sommes convaincus que cela incitera les ouaniens de partout à s’intéresser davantage à ce qui se passe dans notre ville.


 


Nous célébrons déjà nos mariages et d’autres événements en public. Pourquoi pas pour la
gestion de notre ville ? Cela pourrait se faire par exemple dans le cadre de l’organisation de la semaine culturelle de la jeunesse en programmant quelques jours consacrés au débat sur la
ville (2, 3, 4 … jours)


 


Ouaniennement,


 Halidi Allaoui
HALIDI-BLOG-COMORES



Ansaly 27/10/2009 23:24


Bonjour tout le monde,
Je ne pense pas qu'il faut lancer des éloges ou des invectives aux uns
et aux autres. Je veux dire par là les ex_directeurs et nouveaux
proviseurs. Normalement dans une société ou on se conforme à la bonne
gestion, il devrait y avoir un audit chaque anné; qu'il soit interne
ou externe. Avant de juger si les uns ont mieux géré que les autres,
il faut s'interroger sur les missions qui leur étaient assignées, les
résultats attendus chaque année. Je pense que nous devons garder la
tête froide et ne pas entrer dans une polémique stérile. Tous ce que
nous voulons, c'est de voir Ouani être le mirroir d'Anjouan sinon des
Comores mais prière organisons des débats plus constructifs en
invitant les compatriotes à tous les sujets liés à un developpement
réel de la Cité.
Je constate que ça bouge à Ouani et cel a quelque mérite.
Salut à tous


SIDY 27/10/2009 23:14






Tout seul, il ne peut pas réussir, il faut une volonté manifeste de la population et des autorités
pour l'accompagner afin qu'il puisse mettre en action ce programme. La contribution de tout un  chacun est demandée, à travers des idées, des propositions d'initiatives, des manuels,
rame papier etc.



Je crains que le lycée ne dispose même pas d'ordinateur pour l'administration et n'en parlons pas pour
les élèves. Il faut doter dans le plus vite possible le Lycée de Ouani en matériel informatique, et j’en profite pour lancer cet appel aux personnes de bonne volonté.



Et si on organisais une quête pour l'accompagner !




Rifka 19/10/2009 09:36



Je suis peniblement surpris de tout ce qui a été dit à l'endroit de Monsieur Abdallah Ahmed Said, ex proviseur du lycée de Ouani au sujet de sa gestion de l' etablissement scolaire
ouanien dont il a été le patron.
Je me permets de vous rappeller que Abdallah Ahmed Said est arrivé à la tete de cet établissement, il y'a un an seulement suite à une mauvaise gestion constaté par la communauté dont les
responsables ne sont autre que les differents proviseurs ayant dirigé le lycée, les enseignants, les politiciens, les parents d'éleves ainsi que les éleves.
Je pense que l'ex proviseur a fait ses preuves pendant une année qu'il a passé à la téte de cet  etablissement scolaire. Aprés la bataille de nombreuses années que Ouani a méné pour avoir un
lycée, Abdallah Ahmed Said avec son serieux, son courage, sa volonté de bouger les choses a permis aux OUANIENS de voir ses enfants passer leurs examens sur place.Il a ensuite commencé à
cloturer le lycée.Si vraiment nous ne sommes pas des hypocrites, Abdallah merite un medaille.
Concernant l'arrivée de ce nouveau proviseur, il serait important de vous souligner que Ibrahim Hamza n'a pas fait ses preuves à la tete du CA de la MECK de Ouani;Je vous
invite à faire une etude sur le systeme de gestion axée sur les resultats et les impacts, cas de la meck de OUANI.
Et si il est un bon manager, ou est passé le fameux etablissement privé Basra ?
C'est pour vous dire que Ibrahim Hamza n'est pas l'homme qu'il faut, à la place qu'il faut. et si vraiment il appartient à la communauté Ouanienne de decider sur la gestion de la ville, comment
cette meme communauté ne réagit pas contre la construction illicite de Monsieur Badrane, Directeur Régional des Douanes.C'est pour vous montrer qu'il existe de l'hypocrisie dans tous
ses affaires



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