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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 22:49

UNION DES COMORES

Unité - Solidarité - Développement

PRESIDENCE DE L'UNION

Le Président

 

DISCOURS de Son Excellence Dr IKILILOU DHOININE,

Président de l'Union des Comores,

à la 68ème Session Ordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies

 

New York, le 25 septembre 2013

 

Excellence Monsieur le Président,

Distingués Chefs d'Etat et de Gouvernements,

Excellence Monsieur le Secrétaire Général,

Honorable Assistance,

Mesdames et Messieurs,

 

Permettez-moi, tout d'abord, d'adresser aux Autorités américaines tous nos remerciements pour l'accueil toujours chaleureux et fraternel, qu'elles nous réservent, lors de ce grand rendez-vous annuel à New York, aux Nations Unies.

 

Ensuite, mes très sincères félicitations vont à l'endroit de la Présidence à laquelle je formule des voeux de réussite, pour un excellent déroulement des travaux de la 68èrne Session

Ordinaire des Nations Unies, consacrés au « programme de développement pour l'après2015 ».

 

Enfin, au nom de ma délégation et au mien propre, je voudrais m'associer aux autres

Chefs de délégations ici présents, pour exprimer toute ma gratitude, au Secrétaire Général de

notre Organisation, Son Excellence Ban Ki-Moon, pour sa disponibilité à servir notre monde

avec l'engagement et l'abnégation que nous lui connaissons.

 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Au moment où le monde est confronté à des crises gravissimes,

Des actes terroristes, aveugles et barbares, que nous condamnons avec la plus grande

fermeté, viennent d'être perpétrés au Kenya faisant des dizaines de victimes innocentes, parmi

lesquelles, des femmes et des enfants.

Au moment où les conflits armés mettent à l'épreuve notre capacité commune, à bâtir

un monde où régnera la paix,

La crise qui secoue la Syrie, depuis deux ans et demi, avec ses lots de détresse et de

drames humains, doit nous interpeller, afin de parvenir rapidement à un règlement de ce

conflit et mettre fin, ainsi, aux souffrances endurées par le peuple syrien.

 

Nous condamnons, fermement, l'usage, en Syrie, d'armes chimiques contre des populations innocentes, tout comme nous condamnons avec la même énergie, les acteurs de

cet acte horrible.

Je voudrais, dans le même sens, attirer solennellement notre attention à tous, sur les autres crises, les autres maux qui pourraient nous sembler mineurs ou insignifiants, alors

qu'ils sont, eux aussi, tout aussi graves.

Ils le sont, d'autant plus qu'ils engendrent, des lourdes pertes humaines et le plus souvent, ils nourrissent, pour ceux qui les vivent quotidiennement, un sentiment de frustration, de mépris et d'abandon!

Et pourtant, ces autres maux, en réalité, n'ont aucune raison d'être, car c'est ensemble, dans ce haut lieu des Nations Unies, à l'unanimité, que nos prédécesseurs, animés de l'esprit

d'égalité des Peuples, de Justice Universelle mais encore d'Equité et d'Humanisme, ont

décidé, le coeur ouvert et l'esprit libre, de rendre l'Humanité tout simplement harmonieuse,

pour le bien-être de l'Homme.

En effet, c'est notre Organisation qui décida de la décolonisation de tous les territoires,

sous le joug colonial.

Elle en a fixé les règles! Elle a tracé le cheminement ainsi que l'accompagnement,

pour les Peuples qui se seraient libérés!

 

Je voudrais, d'ailleurs, en passant, rendre un hommage appuyé, aux Membres Permanents du Conseil de Sécurité, ainsi qu'à tous les Etats-membres des Nations Unies, de l'attitude responsable dont ils ont fait montre, depuis la création de l'Organisation des Nations Unies à nos jours, en soutenant les Mouvements et Organisations de Libération Nationale, surtout dans notre continent, l'Afrique.

 

Cependant, il est regrettable que soixante-huit ans après sa création et après

l'adoption de sa Charte, que cette même Assemblée constate malheureusement encore,

aujourd'hui, qu'il reste un territoire d'un Petit Etat Insulaire, en l'occurrence le mien,

l'archipel des Comores, sous domination d'un autre Etat, celui-là, une grande puissance,

Membre Permanent du Conseil de Sécurité, j'ai nommé l'Etat français.

 

Et pourtant, notre Organisation s'est prononcée, sans équivoque, en faveur de l'indépendance de l'archipel des Comores.

 

Ce fut conformément aux résolutions 1514 du 14 décembre 1960, portant «Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux» et 2621 du 12 octobre 1970 contenant le programme d'action pour l'application intégrale de la Déclaration.

 

Aussi, aux résolutions 3161 du 14 décembre 1973 et 3291 du 13 décembre 1974, qui réaffirment l'Unité et l'Intégrité Territoriales de l'Archipel des Comores et le droit inaliénable

de son Peuple à l'Autodétermination et à l'Indépendance.

C'est ainsi que, par sa résolution N° 376 du 17 octobre 1975, votée à l'unanimité, le

Conseil de Sécurité a demandé instamment « à l'Assemblée Générale d'admettre les

Comores, à l'Organisation des Nations Unies».

 

Les Comores sont donc devenues membres de l'ONU en vertu de la résolution 3385

du 12 novembre 1975, qui réaffirme « la nécessité de respecter l'Unité et l'Intégrité

Territoriales de l'Archipel des Comores, composées des îles d'Anjouan, de la GrandeComore,

de Mayotte et de Mohéli ».

Je dois rappeler que tous les pays membres, y compris les pays européens, ont voté pour cette résolution. La France ne s'y est pas opposée.

 

Honorable Assistance,

 

Chacun de Vous, Chef d'Etat et de Gouvernement, garant de l'Indépendance et de l'Intégrité de son territoire, peut-il s'imaginer la frustration et la torture morale qu'un Chef d'Etat vit, au quotidien, face à une situation aussi dramatique?

 

En m'adressant à Vous, ainsi, je laisse parler mon cœur et rassurez-vous, tous mes concitoyens le font autant, quotidiennement !

 

Qu'avons-nous fait, Nous Peuple Comorien, de si grave, pour que l'Histoire ne nous traite pas comme tous les autres Peuples du monde?

 

Pourquoi devons-nous, à chaque fois, expliquer ou justifier l'Unicité de notre Peuple, de son Histoire, de sa Géographie ou de sa Culture?

 

En plus, lorsqu'on veut nous faire comprendre que c'est parce qu'une partie de notre population aurait exprimé un souhait, de vouloir rester colonisée, alors, nous nous interrogeons très sincèrement, si l'on veut refaire la Conférence de Berlin, de 1885 !

Et si tel était le cas, devrions-nous comprendre qu'on voudrait, aujourd'hui, poser la

question à tous les Peuples s'ils voudraient rester eux-mêmes ou changer de destinée?

Et puisque la vocation de tout Peuple est d'aspirer à être libre, qu'adviendrait-t-il,

lorsqu'un jour la population comorienne de Mayotte réclamait sa liberté vis-à-vis de la

France?

Quelle incohérence de l'histoire et quelles seraient les normes de droit international,

qui permettraient à notre Organisation de trancher?

 

Honorable Assistance,

 

Depuis le 6 juillet 1975, date à laquelle mon pays, l'Archipel des Comores, a accédé à

la souveraineté, les comoriens n'ont cessé de réclamer, juste l'application du droit

international, mais en vain.

 

Pourtant, dans d'autres cas similaires, certaines grandes puissances exigent le respect

de ce même droit international et obtiennent gain de cause.

C'est ainsi, que la circulation des personnes entre les îles de l'Archipel des Comores,

un droit inaliénable, est entravée par une décision incompréhensible et inadmissible, des

autorités françaises, qui ont imposé, en 1994, un visa entre Mayotte et les trois autres îles

comoriennes.

 

Ce visa, Honorable Assistance, qui a, à ce jour, entrainé la mort de près de 10.000 de

mes compatriotes, fait du bras de mer, séparant Mayotte des autres îles, le plus grand

cimetière marin du monde.

Notre conscience commune nous oblige à agir vite!

 

Monsieur le Président,

 

Dans tous les foras internationaux, y compris onusiens, la Communauté Internationale,

tout en reconnaissant le droit des Comoriens à recouvrer l'intégrité de leur territoire, a maintes

fois, demandé que les deux parties concernées, les Comores et la France, entrent en négociations, en vue de trouver une issue durable et équitable à ce différend territorial

malheureux, conformément à la législation internationale.

Mes prédécesseurs, chacun en ce qui le concerne, ont entamé des négociations avec

l'Etat français, mais force est de constater, que nous sommes toujours, à la case départ.

Aussitôt élu Président de la République, j'ai beaucoup réfléchi et j'ai beaucoup consulté.

 

Les responsabilités qui sont désormais les miennes, m'obligent à faire bouger les lignes restées immuables, voici trente-huit ans.

Après une première rencontre avec mon Homologue français, François HOLLANDE,

à Kinshasa, en marge du Sommet de la Francophonie, j'ai compris que les nouvelles autorités

françaises, étaient disposées, à trouver, enfin, une issue à la problématique comorienne.

J'ai noté et je dois l'avouer ici, que la France d'aujourd'hui, est prête à endosser sonrôle historique, conforme à un Etat respectueux du droit international, quel que soit le sujet du

droit international, et ce que la France vient de faire au Mali, en est l'exemple, le plus

éloquent.

Je voudrais, d'ailleurs, m'associer aux Autorités et au Peuple maliens et au continent

africain en général, pour remercier les Autorités françaises, qui ont pris la décision

responsable, de faire en sorte que les Forces Armées de la République du Tchad, ainsi que

celles des pays de la région Ouest-africaine, s'associent aux Forces armées françaises, pour

que ce pays recouvre son Unité et son intégrité territoriale.

Aussi, je saisis cette occasion pour saluer la présence parmi nous, de Son Excellence

Monsieur Ibrahim Boubacar Keita, Président de la République du Mali, et lui dire notre joie

de partager avec le peuple frère du Mali, cette fierté d'avoir recouvré l'intégrité de son

territoire.

 

C'est donc aussi pour le même idéal, et l'espoir de voir mon pays, recouvrer son intégrité territoriale, que j'ai accueilli avec une très grande satisfaction, l'invitation du Président François HOLLANDE, d'effectuer une visite de travail en France, afin d'entamer

des négociations sérieuses, pour donner une nouvelle impulsion à nos relations, notamment

sur la question de l'île comorienne de Mayotte.

A l'issue de cette visite, nous avons signé et publié une déclaration politique dite « DECLARATION DE PARIS ».

Mais avant de m'y rendre, Monsieur le Secrétaire Général, j'ai consulté la Présidence

de la Commission de l'Union Africaine, pour me rassurer de la conformité de notre nouvelle

démarche aux principes défendus par notre Organisation continentale et solliciter son

expertise.

Je saisis d'ailleurs cette occasion pour exprimer toute notre gratitude à Son Excellence

Madame ZUMA, Présidente de la Commission de l'Union Africaine, pour le soutien constant

qu'elle apporte à notre pays.

En m'exprimant, ainsi, j'ai voulu prendre toute la Communauté Internationale à

témoin et solliciter auprès du Secrétariat Général de notre Organisation son expertise, son

appui ainsi que son soutien, tout au long de ces négociations, pour cette nouvelle dynamique

bilatérale à laquelle Nous et la Partie française, sommes résolument engagés.

 

Monsieur le Secrétaire Général,

 

Je voudrais, informer l'Assemblée Générale des Nations Unies que, désormais, la

question de Mayotte figurera, chaque année, à notre ordre du jour et nous, Autorités

Comoriennes, prenons l'engagement, ici, de rendre compte, chaque année, de l'évolution

desdites négociations, jusqu'au règlement définitif, de la question de la souveraineté de mon

pays.

Durant ces négociations, mon pays demande aux Nations Unies comme aux autres

Organisations internationales, auxquelles nous sommes affiliés, notamment l'Union Africaine,

l'Organisation Internationale de la Francophonie, la Ligue des Etats Arabes, l'Organisation de

la Coopération Islamique, le Mouvement des Non-Alignés et la Commission de l'Océan

Indien, de nous apporter tout leur soutien.

Le Haut Conseil Paritaire, Organe de suivi de la Déclaration de Paris que j'ai citée,

sera mis en place dans les prochaines semaines.

Il débutera ses travaux dès cette année en se penchant sur le problème de la

circulation des biens et des personnes, pour stopper d'une manière irréversible les drames

humains qui endeuillent, quotidiennement, toutes les familles comoriennes.

 

Honorable Assistance,

 

Jamais, notre monde n'a été si proche de réaliser l'objectif pour lequel Nous, Dirigeants du monde, nous nous retrouvons dans ce temple des Nations Unies, au moins, une fois chaque année.

Cet objectif, comme le stipule notre Charte, est de « Maintenir la paix et la sécurité

internationales ».

Aussi, m'est-il opportun, avant de conclure mon propos, de saluer les efforts de la

Communauté internationale qui ont permis d'enregistrer des solides avancées, ouvrant ainsi la

voie, à la tenue prochaine, d'élections présidentielles, à Madagascar, ce grand pays frère.

 

Monsieur le Président,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Pour que le « programme de développement pour l'après 2015, plantons le décor »,

thème de notre présente Session, ne soit pas une nouvelle illusion, nous devons agir et vite,

pour mettre nos populations à l'abri de la peur et du besoin.

 

Alors, osons combattre les injustices!

Osons bannir les conflits meurtriers !

Osons faire de la paix notre combat quotidien et notre seule raison d'être,

pour que vive l'Humanité dans la concorde!

 

Je vous remercie.

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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