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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 18:29
   

 

President-Ikililou.jpgPalais de Beit-Salam, le 6 juillet 2011


-   Comoriennes, Comoriens,

-   Chers compatriotes,

-   Honorables Invités,

 

En ce jour mémorable du 6 juillet 2011, nous célébrons le trente-sixième anniversaire de l'accession des Comores à la souveraineté internationale.

 

En ce moment symbolique de la vie de notre Nation, je voudrais d'abord adresser à chacun de vous, mes Chers concitoyens de l'intérieur et de la Diaspora, mes plus chaleureuses félicitations.

 

J'y ajoute les vœux ardents que je formule pour vos familles et pour ceux d'entre vous qui, ne peuvent pas participer à cette cérémonie, parce qu'ils connaissent le deuil, le chagrin ou le poids de la maladie.

 

Je voudrais, également, en votre nom et au mien, associer aux vœux de ce jour, nos frères et nos sœurs de Mayotte, et prier pour qu'Allah nous guide sur le chemin de l'unité et de la concorde et vers l'idéal de notre destin partagé.

Je voudrais, enfin, remercier nos partenaires bilatéraux et multilatéraux ainsi que tous nos invités, qui ont bien voulu rehausser de leur présence cette fête nationale, témoignage de leur attachement à notre pays et de leur accompagnement au processus de développement socio-économique de nos îles.

 

Mes Chers Compatriotes,

 

Nous avons un devoir de respect de la mémoire de nos prédécesseurs et nous devons nous garder de l'oubli afin de ne pas effacer la vérité sur une partie de notre histoire.

Nous devons de la reconnaissance à ces héros de notre indépendance pour leur bravoure et pour les sacrifices consentis, en faveur de l'unité nationale.

Ce serait donc manquer à un devoir de ne pas en citer certains parmi tant d'autres, en ce jour de commémoration : je veux nommer Feu le Président AHMED ABDALLAH ABDEREMANE, les membres de son Conseil de Gouvernement, les élus de la Chambre des Députés, les leaders et les militants des partis politiques de l'époque.

Un pays ne peut tracer la voie de son futur s'il ne s'éclaire dans le présent par la lumière du passé. C'est pourquoi, il faut nous appuyer sur notre histoire pour pouvoir faire face à l'avenir.

Ainsi, le moins que nous puissions faire, est de marquer notre reconnaissance à ceux qui sont vivant et à prier, constamment, à la mémoire de ceux qui nous ont quitté.

 

Mes Chers Compatriotes,


Je suis heureux et fier de présider à cette fête, pour la première fois, un peu plus d'un mois seulement après mon investiture à la Magistrature Suprême de notre pays et l'alternance exemplaire qui a eu lieu à la tête de l'Etat à cette occasion, à l'issue d'un processus électoral, reconnu par nos compatriotes et la communauté internationale, pour son caractère libre, démocratique et transparent.

 

Je suis également heureux et fier de présider à cette fête à un moment où l'unité nationale s'est raffermie, à un moment où l'autorité de l'Etat s'exerce sur les trois îles indépendantes et que les institutions de l'Union des Comores ont fait la preuve de leur solidité.

Pour toutes ces raisons, cette fête revêt donc un caractère particulier qui donne toutes les raisons d'espérer.

 

Toutefois, nous ne devons pas oublier que nous célébrons également notre indépendance, aujourd'hui, alors qu'elle reste inachevée.

 

L'occupation de l'île comorienne de Mayotte reste un handicap à la marche normale de l'Etat et à la construction progressive de la Nation, depuis la proclamation de notre indépendance.

Toutefois, la spécificité de nos relations avec la France fondées sur l'histoire, la langue et certaines valeurs communes fondamentales, ajoutée à la présence de centaines de milliers de nos compatriotes sur le territoire français, nous conduit à aménager un espace de dialogue et à engager des pourparlers en vue de trouver une solution au problème de Mayotte à l'amiable.

J'y ajoute la nouvelle approche que je préconise pour contribuer à la résolution de cette épineuse question de l'île Comorienne de Mayotte, à savoir la réconciliation des cœurs et des esprits à travers le dialogue entre nous et nos parents, nos frères et nos sœurs mahorais.

En effet, tout en poursuivant, sans relâche, la revendication légitime de l'intégrité territoriale de notre pays, par toutes les voies du droit, nous devons aujourd'hui créer le cadre et le climat qui puissent nous permettre, nous tous enfants de l'Archipel des Comores de nous parler, sans restriction, dans notre langue commune, pour lever la chape de plomb de méfiance qui s'est abattue sur nous voici trente-six ans.

 

Nous devons nous rappeler que les enfants nés en 1975, des deux côtés du mur dressé entre les mahorais et leurs compatriotes des autres îles, ont aujourd'hui trente-six ans. Trente-six ans marqués par toujours plus de méfiance, de séparation et de deuils.

En effet, des milliers des nôtres sont morts, juste pour avoir tenté de joindre une partie de ce qu'ils considèrent, à juste raison, comme une partie intégrante de leur territoire.

Nos frères et sœurs mahorais et nous, qui sommes condamnés à nous retrouver un jour, avons la capacité de mettre fin à cette tragédie si la volonté y est, de part et d'autre.

De même, nos frères et sœurs mahorais et nous, avons le devoir de préparer un avenir serein à nos enfants et aux générations futures.

Eux et nous serons alors amenés, tôt ou tard, à ce dialogue qui a été éludé depuis si longtemps. Pourquoi donc attendre ?

C'est pourquoi, j'appelle solennellement nos frères mahorais à ce dialogue qui sera, j'en suis convaincu, fructueux car tout y contribue notamment la géographie, la langue, la culture la religion et nos liens de sang.

Que l'on me comprenne : ce dialogue entre frères, ne signifie nullement l'abandon de notre revendication légitime sur l'île comorienne de Mayotte.

Etant persuadés que la paix, la stabilité et le développement socio-économique durables des Comores et de cette partie de l'Océan Indien sont conditionnés par la résolution juste de ce conflit territorial, nous ne devons pas, nous ne pourrons jamais abandonner notre juste revendication sur Mayotte.

Toutefois, j'estime que nous devons privilégier le dialogue entre nous et l'ancienne puissance coloniale.

 

Mes Chers Compatriotes,

 

L'unité nationale restaurée, l'autorité de l'Etat rétablie, l'alternance pacifique réalisée et la recherche d'une solution à la question de l'île comorienne de Mayotte relancée, nous devons nous consacrer au développement de notre pays.

En effet l'œuvre d'indépendance politique, pour être durable et crédible, doit s'accompagner de son complément indispensable qu'est la souveraineté économique. L'une ne va pas sans l'autre.

En comparant notre pays à nos voisins immédiats de l'Océan Indien et à certains pays d'Afrique et d'Asie, qui étaient au même niveau que nous à leur indépendance, nous nous apercevons qu'ils sont allés beaucoup plus vite et beaucoup plus loin que nous.

Certes, nous avons connu des périodes difficiles, marquées par les perpétuelles déstabilisations et des crises politiques. Mais cela ne doit pas constituer un obstacle perpétuel à la relance de notre développement.

Ainsi, le combat pour la libération n'est pas fini. Il se pose aussi en termes économiques et doit se gagner sur le front du développement.

C'est pourquoi cette année, la fête nationale sera dédiée à un thème cher à mes yeux, « ensemble pour le développement du pays ».

Ainsi, je souhaite attirer l'attention de tous les citoyens, sur l'organisation du combat pour le développement du pays engagé ces dernières années et la création des conditions de sa réussite.

Ces conditions, j'en entrevois plusieurs, les unes plus importantes que les autres. Toutefois, à mes yeux, une condition reste déterminante, parce que, d'elle, dépend la crédibilité de notre pays et la confiance de nos partenaires multilatéraux, à savoir, la moralisation de la vie publique et une lutte effective contre la corruption.

Avec la promulgation de la Loi relative à la transparence des activités publique, économique, financière et sociale de l'Union des Comores, j'ai donné à l'Etat l'instrument de la politique que j'ai tracée dans mon discours programme, pour moraliser la vie publique et la gestion des deniers de l'Etat.

Pour mettre en œuvre cette politique nationale de lutte contre la corruption, la nouvelle Loi institue la Commission Nationale de Prévention et de Lutte contre la Corruption (CNPLC) dont la mission est d'assurer la surveillance et le suivi de la mise en œuvre de la politique et de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.

La Loi donne une garantie d'indépendance à cette Commission. Ses membres qui prêtent serment avant d'entrer en fonction, sont protégés contre toute forme de pression, intimidation provenant d'entités politique, économique ou autres.

Je demanderais, alors, à chacun de vous, de prendre ses responsabilités car en ce qui me concerne, j'entends prendre les miennes pour que notre pays soit débarrassé d'un fléau qui entravera tout effort de développement tant qu'elle persistera.

Inutile, alors, de vous dire qu'il ne servira à rien de se tourner vers moi pour trouver une solution pour ceux qui auront enfreint la loi et qui seront poursuivis par la Justice.

Plus que jamais l'indépendance de la Justice sera mon leitmotiv.

 

Mes Chers Compatriotes,

 

En célébrant les trente-six ans de l'indépendance de notre pays, je souhaite que, dans un effort à la fois individuel et collectif, nous identifions nos insuffisances pour pouvoir apporter les améliorations appropriées, afin de mieux prendre en charge le destin de nos compatriotes.

La gestion du quotidien, ne doit pas nous empêcher de nous projeter sur le futur et poser, ainsi, les jalons des Comores de demain.

Le combat pour le développement est un combat de longue haleine, une marche difficile, parsemée d'embûches, mais si nous y mettons de la volonté, le succès sera au bout de l'effort. Les pays émergeants que nous connaissons aujourd'hui, ont consenti beaucoup d'efforts et ont accepté de travailler plus.

Et pour bâtir les Comores que nous voulons, nous n'avons d'autre choix que de mener le combat du développement, dans l'unité et au-delà de nos divergences politiques.

Chacun, par son engagement patriotique et citoyen, par son courage au travail et sa réussite personnelle, peut contribuer de façon décisive à la prospérité et au bien-être commun de la Nation.

Personne, en effet, ne fera à notre place ce que nous ne sommes pas disposés à faire pour nous-mêmes. Aussi, tous ensemble, devons-nous prendre conscience qu'une dépendance économique prolongée nous mènera, inexorablement, vers la faillite de notre indépendance politique.

Dans un monde en profonde mutation, des possibilités de partenariats novateurs, mutuellement gagnant, s'offrent à nous. Nous ne devons pas laisser passer ces nouvelles opportunités.

Ainsi, nous devons continuer à raffermir les amitiés traditionnelles de notre pays. Notre diplomatie doit continuer à explorer la diversification de notre coopération tout en renforçant nos liens traditionnels avec nos partenaires et notamment ceux du monde arabe.

Avec l'Union Européenne, nous poursuivrons la mise en œuvre du dixième FED et nous renforcerons les nouveaux Accords de Coopération, notamment sur la pêche.

En Afrique, l'Union Africaine qui a fait des Comores sa vitrine depuis la libération de l'île d'Anjouan, nous entendons jouer à notre tour notre rôle, en rendant aux pays frères le bien qu'ils ont fait et en prenant plus de responsabilités, comme nous le faisons au sein de l'EASBRIG et, bientôt, au sein de la MINUAD au Soudan.

De même, nous poursuivrons notre engagement au sein de la Ummah Islamique, pour la défense de ses idéaux et le raffermissement de nos relations privilégiées avec le monde musulman.

 

Mes Chers Compatriotes,


Si je souhaite que tous ensemble et que chaque comorien, donne le meilleur de lui-même comme si le solde du bilan ne dépendait que de lui tout seul, c'est que les défis à relever sont immenses et nécessitent toutes nos énergies.

 

Comoriennes, Comoriens, Mes Chers Compatriotes,


Ensemble, la main dans la main, mettons nos forces et notre intelligence au service de la cause nationale pour le développement économique.

Et en peuple croyant, prions Allah Le Tout-Puissant pour qu'Il guide nos pas, toujours vers le bien-être, aussi bien dans ce monde que dans l'au-delà.

Vive l'Union des Comores, Vive la coopération internationale, Je vous remercie.

 

Source : Beit-Salam

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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