Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Presentation

  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
  • Contact

A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

Recherche

BIENVENUE SUR MON BLOG

NA MKARIBU HARI MWA YI BLOG YANGU 
Cet outil va me permettre de vous faire decouvrir mon pays natal  et partager quelques unes de mes passions.......à ma façon !!!!
 

Pour revenir à la page d'accueil  cliquez  ICI

Pour recevoir réguliérement les articles que nous diffusons, merci de vous inscrire à la newsletter (Attention : laissez les deux cases (newsletter et articles) cochées) .

Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

MESSAGE IMPORTANT :

 

DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

gala_final-_maquette--2-.jpg

A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 12:53

Lu pour vous / Source : http://www.beit-salam.km/article.php3?id_article=977

COMORES : LE CHEF DE L'ETAT FAIT LE BILAN DE LA VISITE DE SON ALTESSE ROYALE L'EMIR DU QATAR.

Dans son interview à la radio et la télévision nationales, le Président de la République a d'abord tenu à remercier et féliciter la population, pour l'accueil chaleureux et fraternel qu'elle a réservé à l'Emir du Qatar et à sa délégation, confirmant ainsi aux hôtes qatari, l'hospitalité légendaire des Comoriens.
Il a rappelé que depuis qu'il accédé à la magistrature suprême du pays, il a concentré tous ses efforts, pour rectifier l'image que l'extérieur avait des Comores et qu'il n'a jamais manqué l'occasion d'inviter ses homologues à venir visiter le pays. Pour lui, la venue de Son Altesse Royale entre dans ce cadre.
Le Président SAMBI s'est félicité du fait qu'en quelques années, plusieurs Chefs d'Etat et de Gouvernement aient visité le pays, alors qu'auparavant, seul feu le Président Mitterrand avait effectué une visite officielle aux Comores, en 30 ans d'indépendance.


Pour le Chef de l'Etat l'explication est simple : le pays ne renvoie plus l'image longtemps ternie par des décennies d'instabilité. En outre, les relations personnelles qu'il entretient avec l'Emir du Qatar et l'amitié que lui nourrit Son Altesse Royale, ont contribué à le convaincre du déplacement aux Comores.
Le Président Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI a adressé des excuses aux Comoriens pour les désagréments occasionnés, notamment à l'aéroport et au Palais de Beit-Salam, lors de la visite de l'Emir dont les services du protocole et de la sécurité ont profondément remanié le programme initialement prévu.
Pour le Chef de l'Etat, les hôtes du pays qui n'ont pas la même conception de l'accueil et qui, probablement, n'ont pas forcément appréhendé les us comorien en matière d'hospitalité, ont mis en avant un sens aigu de la sécurité et du protocole que n'ont pas les comoriens. Il s'en est résulté des frustrations normales pour les foules comoriennes venues en masse faire honneur à l'Emir du Qatar.
Répondant à une question sur les résultats de la visite de Son Altesse Royale CHIEK HAMAD, le Président de l'Union des Comores a estimé que la venue d'un aussi illustre visiteur, constitue en soi un grand honneur et une fierté.
« Cette visite va certainement contribuer à mieux faire connaître le pays au Qatar et dans le monde arabe dont les médias ont largement couvert l'événement, la première visite d'un souverain arabe en Union des Comores. Ceci créera sans conteste, la curiosité, l'engouement, le désir et sans doute l'émulation de la part des frères arabes et de leurs dirigeants pour visiter à leur tour les Comores » a-t-il notamment déclaré.
Le Chef de l'Etat a tenu à souligner, parmi les grands intérêts de cette visite, un fait qui a échappé aux observateurs et aux médias qui se sont concentrés sur l'Emir : la présence dans la suite de l'Emir, du Premier Ministre, de plusieurs membres du Gouvernement et d'une forte délégation qui a nécessité cinq avions pour leur déplacement.
Enfin, le Président de la République, a classé les enseignements que l'Etat, le Gouvernement et l'Administration ont tirés de la venue de l'Emir, parmi les bénéfices de cette visite.

Le Président SAMBI a également donné la mesure de la présence d'une forte délégation qui a précédé la visite et venue spécialement pour le suivi de la Conférence de Doha, notamment en mettant en place le comité de suivi et en ouvrant un siège pour ce comité : « C'est ainsi que la venue de cette première délégation a été l'occasion pour la signature de contrats dans le domaine des transports et pour la reconstruction du Galawa. C'est ainsi également, qu'une ligne aérienne reliant Doha à Moroni verra le jour prochainement, pour rapprocher les Comores du monde arabe et permettre aux frères arabes de découvrir les Comores, en qualité d'investisseurs et de touristes ».
En outre, la venue simultanée du Président de la Banque Islamique pour le Développement, a permis, la signature à cette occasion, de plusieurs conventions, prévues par la Conférence de Doha.
Le Président SAMBI a soulevé d'autres avantages de cette visite : celle-ci lui a permis d'attirer la haute attention de Son Altesse Royale, sur les problèmes des comoriens, leur extrême pauvreté, marquée par un chômage endémique, l'ignorance et les maladies. Le Chef de l'Etat est convaincu que l'Emir qui a fait montre d'un grand intérêt pour le pays durant sa visite, a beaucoup appris sur place et parfaitement compris la nécessité d'accompagner le développement des Comores dans tous les domaines, en particulier en matière de tourisme.

Le Chef de l'Etat a confirmé que dans le cadre du règlement des arriérés de salaires des agents de la Fonction Publique, l'Emir du Qatar a effectivement pris l'engagement de verser à l'Etat comorien, la somme de 20 millions d'Euros, soit environs 10 milliards de francs comoriens, courant avril 2010, sans préciser le nombre de mois que cela concernait. Pour faire cesser les rumeurs et les on-dit, le Président SAMBI a expliqué les circonstances de cet engagement : « Alors que le cortège officiel se dirigeait vers Beit-Salam, j'ai énuméré à l'Emir, qui me le demandait ce qu'il pouvait faire pour aider le pays, les difficultés multisectorielles qui frappent les Comores, en lui précisant que, toutefois, le plus grand cadeau qu'il pourrait faire pour plaire aux Comoriens et réjouir chaque foyer, serait de payer les arriérés de salaires. C'est ainsi que par la suite l'Emir a donné ordre aux ministres concernés, de faire le nécessaire pour que la somme soit versée avant la fin du mois d'avril ».
Le Président comorien a ajouté que pour sa part, il a demandé au Gouvernement et aux autorités financières du pays de s'y préparer, notamment en mettant à jour les états de salaires. Il a en outre demandé à l'Emir, par souci de transparence, de dépêcher une personne de son choix, pour superviser l'utilisation de cet argent.
A ce propos, le Président de l'Union des Comores a avancé une proposition, à tous les comoriens et aux agents de la Fonction Publique en particulier : « 10 milliards dans le pays en une seule fois, c'est beaucoup. N'injectez pas toute cette somme dans la consommation ». Il suggère aux fonctionnaires de se regrouper par dizaines et constituer des capitaux à partir de cotisations pour créer des petites entreprises et lutter ainsi contre la pauvreté et le chômage. « 50 millions suffisent pour créer une entreprise. Si 50 agents de l'Etat cotisait chacun 50.000 francs, ils pourraient ainsi créer leur entreprise, y gagner et préparer une meilleure retraite que celle de l'Administration »

En plus de cette annonce financière, le Qatar, a émis le souhait d'ouvrir bientôt une ambassade à Moroni, d'accueillir des étudiants comoriens dans ses universités et de contribuer à la formation des cadres civils et militaires, notamment dans le domaine de la sécurité.
Le Président de la République est ensuite revenu sur la visite de la délégation conduite par le Vice-ministre qatari des Affaires Etrangères pour la placer dans le cadre de la mise en œuvre effective des annonces de la Conférence de Doha : « cette visite a été l'occasion, non seulement de signer les documents requis, mais également de repérer et arrêter le choix des terrains et des lieux où seront implantés les différents projets retenus à Doha »
A la question de savoir quel message il souhaiterait adresser aux Comoriens à l'issue de la visite de l'Emir du Qatar, le Chef de l'Etat a répondu que les Comoriens doivent plus que jamais, cultiver leur sens de l'accueil, non seulement pour accueillir les hôtes du pays mais également pour accueillir les retombées de la politique menée jusque là. « L'argent frappe à nos portes » dira-t-il.
Pour le Président SAMBI, le pays n'a jamais été rejeté. Le Qatar et les autres pays arabes ont toujours aidé les Comores. Seulement, selon lui, leurs contributions qui n'ont pas toujours été utilisées à bon escient ont cessé ou diminué à mesure que la confiance diminuait. « J'ai contribué à redonner cette confiance et à rendre la crédibilité à ce pays. Je me suis déplacé dans de nombreux pays, notamment arabes, pour plaider, à travers les médias en faveur du pays. J'estime avoir été entendu et les résultats commencent à nous parvenir. A nous de saisir cette chance unique, pour sortir ce pays de la misère en faisant fructifier notre meilleure richesse : la paix, la sécurité et l'hospitalité »
Pour conclure, le Président de la République a déclaré que biens d'autre demandes d'investissements ont été faites par la délégation qatarie mais qu'il en laissait la primeur aux membres du Gouvernement.


Source : Beit Salam

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

héwé 24/04/2010 18:28



10 milliards de francs comoriens ,je crois que ca doit etre largement suffisant pour payer au moins 7 mois d'arrièrés, alors pour les fonctionnaires comoriens qui n'ont pas vu tomber un franc
pendant des mois , cela leur parait etre un reve ,donc je crois qu'ils attendent d'abord d'avoir cette somme entre les mains pour penser a investir ou à  mettre tout ça dans la casserole.
ésperons que si cela se realise (incha allah) certains fonctionnaires ne vont pas psychologiquement parlant,perdre les reperes car sinon ils serait difficile de demander au qatar d'envoyé aussi
des psy.



Pages