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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 20:51

Discours-programme de Son Excellence Dr IKILILOU DHOININE, Président de l’Union des Comores.


Le Chef de l’Etat, SE Dr IKILILOU DHOININE s’est adressé à la Nation mardi 1er juin 2011 pour présenter le programme de son Gouvernement.

Nous vous présentons ci-après l’intégralité du discours qu’il a prononcé à cette occasion :


Comoriennes, Comoriens, Mes chers compatriotes.


A la suite de la cérémonie de mon investiture à la Magistrature de notre pays le 26 mai dernier, j’ai souhaité m’adresser à vous ce soir, d’abord pour vous redire combien j’ai été très sensible à votre présence massive à cette cérémonie et combien l’enthousiasme, sincère et spontané, que vous avez manifesté à cette occasion, m’est allé droit au cœur.

Ce jour-là, nous avons vécu un moment historique et partagé des instants mémorables, où pour la deuxième fois depuis l’instauration de l’Union des Comores, nous procédions à une alternance paisible et exemplaire au Sommet de l’Etat, à l’issue d’élections libres, démocratiques et transparentes, saluées par nos compatriotes et l’ensemble de la communauté internationale.

Ce jour là, la Nation toute entière a, pour la seconde fois, tenu sa promesse, de donner à chaque ile, la possibilité de contribuer à l’édification du pays, en présidant à notre destinée commune, à tour de rôle, dans le cadre de la présidence tournante.

Je rends grâce à Allah Le-Tout-Puissant de m’avoir donné l’opportunité de servir mon pays en occupant des hautes fonctions par le passé et je Le prie pour qu’Il me donne aujourd’hui l’inspiration, l’énergie et le courage nécessaires pour assumer les plus hautes charges de l’Etat qui m’ont été confiées.

Je réitère ici, en votre nom à tous, les hommages de la Nation à notre Frère, le Président Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI, pour avoir loyalement servi notre pays et pour son engagement, son implication et son soutien dans la bataille des présidentielles.

Je rends hommage à la classe politique comorienne, toutes tendances confondues, pour avoir su trouver le consensus nécessaire à l’édification du Nouvel ensemble Comorien.

En instaurant l’Union des Comores et en approuvant les réformes constitutionnelles de 2009, le peuple comorien a permis à notre pays, de se doter des institutions consensuelles, de consolider l’unité nationale en atténuant les antagonismes à l’intérieur et entre les iles sœurs et d’établir des normes étatiques plus respectueuses des principes universels des droits de l’homme et de l’égalité des chances.

Je salue la mémoire de tous mes prédécesseurs et je prie pour qu’Allah leur accorde sa miséricorde.


Mes Chers compatriotes,


La meilleure façon de vous manifester ma reconnaissance, c’est de tenir mes promesses ; à savoir, la consolidation de l’unité nationale, la recherche de la croissance économique et du développement social en vue de bâtir un pays prospère, dans la paix, la sécurité et la stabilité.

La meilleure façon de vous manifester ma reconnaissance, c’est de construire une société équitable et respectueuse de la démocratie et des droits de l’homme.

Pour mettre en œuvre ces aspirations, nous devons en effet respecter le programme proposé aux électeurs et aux électrices lors de la campagne électorale. Nous devons également respecter les engagements pris auprès de nos partenaires au développement.

C’est pourquoi, j’ai privilégié, dans le choix des membres du Gouvernement que je viens de nommer, outre la compétence et les capacités à défendre et à appliquer ce programme, leur ferme volonté de travailler résolument, dans la solidarité, en faveur du renforcement de l’unité Nationale, de la démocratie, de la bonne gouvernance politique et économique où seront privilégiées, la décentralisation et la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Cette équipe gouvernementale a la responsabilité de mettre en œuvre, dans la solidarité, les orientations et la politique définie dans chaque secteur.


En matière de politique étrangère, l’Union des Comores, tout en se dotant des moyens de jouer pleinement son rôle d’Etat souverain, en tant que membre de la communauté internationale, continuera à honorer ses engagements vis-à-vis de ses partenaires de la coopération bilatérale et multilatérale.

De même, dans le cadre d’une politique étrangère rénovée et au service du Développement, ce Gouvernement a la charge de veiller à la restructuration du Ministère des Relations Extérieures et, notamment, ses représentations diplomatiques et consulaires.

C’est ainsi que notre pays pourra jouer pleinement son rôle sur la scène internationale, dans le monde arabe, en Afrique et dans l’Océan Indien.

C’est ainsi que notre pays pourra, avec plus de suivi et d’efficacité, activer la solidarité et la coopération internationale, pour poursuivre sa revendication légitime pour recouvrer son intégrité territoriale par la réintégration de l’Ile comorienne de Mayotte, dans son ensemble naturel.

J’ai déjà proposé, en plus de la nécessaire négociation avec la France, l’ancienne puissance coloniale qui administre l’ile de Mayotte, que le dialogue soit rétabli entre nous et nos frères mahorais. En effet, aucune solution à l’épineuse question de l’ile comorienne de Mayotte, n’est envisageable, sans l’implication de nos frères Mahorais.

Les voies et les moyens seront recherchés pour trouver le cadre de ce dialogue, pour que nous puissions retrouver nos liens communs avec nos frères Mahorais ; des liens tissés par le sang, l’Histoire, la langue, la religion et la culture.

Les générations futures ne nous pardonneront pas, si après plus de 36 ans d’indépendance, au cours desquels le fossé s’est élargi entre nous et nos frères Mahorais, nous ne parvenons pas à dépasser nos divergences pour le combler et assurer un commun harmonieux à nos enfants.


Mes Chers compatriotes,


Cette recherche de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale, ne doit pas nous détourner des autres axes prioritaires de notre diplomatie, notamment la mobilisation des ressources pour le développement socio-économique de notre pays.

En effet, nous devons faire de l’attachement profond de notre diaspora envers son pays d’origine, sa large participation à l’essor de nos villes et villages, un atout du développement de notre pays.

C’est pourquoi, cette frange importante de notre population sera au cœur des préoccupations de mon Gouvernement qui mettra tout en œuvre pour sa participation effective aux débats, aux choix et aux décisions importantes concernant notre pays. Ainsi sera renforcé, l’organe de représentation de la Diaspora auprès du Ministère des Relations Extérieures.

C’est pourquoi également, mon Gouvernement intégrera dans son action, la mise en place d’un cadre permanent de dialogue avec nos compatriotes à l’étranger pour les aider à trouver des solutions adaptées à leurs attentes et leurs besoins, tant dans notre pays que dans leurs pays d’accueil.

C’est pourquoi, enfin, mon Gouvernement entend tout mettre en œuvre, en partenariat avec les représentants de la diaspora, en vue de trouver les mécanismes adéquats, pour faire des transferts de devises de notre diaspora, une source de financement de notre développement

 

Mes Chers compatriotes,


L’avenir d’un pays, se mesure aussi à sa capacité à assurer la sécurité alimentaire de sa population. Ainsi, notre pays qui a des potentialités réelles en matière d’agriculture, doit parvenir à l’autosuffisance alimentaire. Les politiques agricoles menées jusqu’ici dans notre pays, n’ont pas donné les résultats escomptés. Au contraire, nous dépendons de plus en plus de l’extérieur, pour satisfaire les besoins alimentaires des Comoriens.

Lors de mon discours d’investiture, j’ai fait l’éloge de la qualité de nos produits vivriers et de rente.

Le Gouvernement a la charge de rechercher activement et systématiquement, des débouchés pour que ces produits de rente dont la mévente, cumulée depuis de nombreuses années, constitue un frein au développement de la production nationale et une cause de paupérisation des zones rurales, nous rapportent des devises.

En matière de pêche, des politiques novatrices sont nécessaires. Des actions issues de la Conférence de Doha sont d’ores et déjà engagées.

Les recettes provenant des productions halieutiques, restent bien en deçà des potentialités qu’offre notre pays en matière de pêche. Les produits de notre mer ne comptent pas dans nos recettes d’exportation.

En outre, le Gouvernement inscrira parmi ses priorités, l’introduction de la pêche industrielle en parallèle avec la pêche artisanale, la pêche traditionnelle et l’aquaculture. En effet, le secteur de l’agriculture et de la pêche industrielle offrira des possibilités de création d’emplois directs et indirects. Ainsi, le Gouvernement affinera les statistiques officielles sur ces secteurs pour adapter la politique qu’il entend mettre en œuvre.


Chers Compatriotes,


Il est reconnu que les impacts du changement climatique sont plus sensibles sur les territoires des petits États insulaires en développement dont les Comores font partie.

Le Gouvernement prendra alors les mesures necessaires pour en limiter les effets et pour développer le processus de mise en place du réseau national d’aires protégées.

Dans le secteur du Tourisme, qui est un facteur de développement et d’enrichissement pour notre pays et une source de devise forte et de recettes d’exportation, mon Gouvernement compte mettre en valeur et promouvoir sur marchés, des biens disponibles et reproductibles de notre pays : le soleil, nos plages, notre volcan, nos paysages et nos monuments.

Mon Gouvernement activera les partenariats établis et mobilisera les investissements acquis, notamment à Doha et auprès de l’Union Européenne, pour mettre en œuvre, sans tarder, la réhabilitation et la construction des routes, des ports et des aéroports qui permettront de relancer un secteur touristique très en retard par rapport à celui de nos voisins de l’Océan Indien. Le développement social et économique du pays est tributaire de l’approvisionnement régulier en énergie propre et à faible coût et de l’accès de tous à l’eau potable.

Ainsi, mon Gouvernement engagera une politique de production et de développement de sources d’énergie alternatives à savoir hydroélectricité, Géothermie, solaire et éolienne sur l’ensemble du territoire. Il appuiera un programme d’extension du réseau d’eau potable, dans l’ensemble de nos iles.


Comoriennes et Comoriens, Mes chers compatriotes,


L’assainissement et la maitrise de nos finances publiques constituent un impératif majeur de mon Gouvernement.

Ainsi, nous serons amenés à prendre des mesures de rigueur pour assurer la transparence dans la gestion de deniers de l’Etat, la bonne gouvernance économique et sociale et mènera une lutte implacable contre la corruption, l’évasion et les fraudes fiscales en vue de parvenir à une croissance soutenue capables de résorber les déficits de l’Etat.

Lors de mon séjour au Ministère des Finances, j’ai initié le Code des Marchés publics, le dispositif de contrôle et de suivi de ce code des Marchés Publics sera mis en œuvre dans les meilleurs délais.

L’accès aux crédits pour tous, les jeunes et les femmes en particulier, sera appuyé et soutenu. Ainsi, toutes les mesures susceptibles de le favoriser seront prises pour promouvoir les activités génératrices de revenus. Les acteurs du secteur privé auront toute l’attention requise dans le cadre d’un partenariat avec les entreprises et l’Union des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture.

Les Etablissements Publics à caractère industriel et commercial et les régies de l’Etat seront désormais soumis à plus de rigueur dans leur gestion et leur fonctionnement.

C’est ainsi que le Gouvernement exigera de ces établissements, un manuel des procédures.

Il établira également des contrats de missions, un plan d’action assorti d’un budget et d’un plan d’investissement annuel, le tout approuvé en Conseil d’Administration et entériné en Conseil des Ministre.

Des Contrôles internes et des ateliers nationaux sur la feuille de route du Gouvernement, permettront d’évaluer périodiquement ce dispositif pour chaque établissement.

J’ai déjà parlé de la priorité de l’assainissement du fichier de la Fonction publique lors de mon discours d’investiture.

Le Gouvernement engagera alors, une lutte sans merci, contre le laxisme dans l’Administration et la pléthore d’agents, afin de rendre notre administration plus productive et plus efficace.

L’évaluation des agents sur leurs performances permettra de motiver les plus soucieux d’entre eux qui mettent leur connaissance et leur savoir au service de l’Etat.

Le renforcement des capacités des fonctionnaires donnera à chacun d’eux la possibilité d’atteindre une qualification supérieure ou de changer de métier.


Mes Chers compatriotes,


L’AND, qui, à maintes reprises a prouvé sa volonté à demeurer une armée républicaine, en plus de ses missions d’assurer la protection de l’Etat et la sécurité du pays ainsi que la défense de nos intérêts et de nos frontières, devra s’impliquer davantage dans le développement du pays.

Le Gouvernement va en outre améliorer la coordination entre la Police, la Gendarmerie et l’institution judicaire pour mieux garantir la paix et la sécurité dans le pays et mettre fin définitivement aux conflits de compétences qui, ces dernières années, avaient été à l’origine de nombreux dysfonctionnements au sein de nos forces de l’ordre.

Le Gouvernement veillera à l’indépendance de la Justice et à l’accomplissement de sa mission et de son fonctionnement. Il combattra les pratiques clientélistes et corruptives, par le renforcement des capacités des magistrats, des enquêteurs et des experts judiciaires. Des améliorations seront apportées au niveau de notre système carcéral, notamment pour une meilleure protection des jeunes et des femmes contres les abus.


Mes Chers compatriotes,


Notre pays a été bien classé lors de l’Examen Périodique Universel du Conseil de l’ONU sur les Droits humains tenu en 2009.

Mon Gouvernement compte maintenir et améliorer ce classement en restant solidaire de tous les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes martyrisées et de tous les déshérités.

Dans ce domaine, j’ai demandé à la Première Dame, de part sa vocation professionnelle, de jouer un rôle dans la protection de la Femme, de l’Enfance, des indigents et des nécessiteux.

L’Education pour tous est une priorité de mon Gouvernement. C’est pourquoi des efforts seront déployés pour valoriser le métier d’enseignant, et permettre à ces derniers de bénéficier d’une formation complète et continue, d’exercer leur métier dans de bonnes conditions et de voir leur autorité respectée.

En ma qualité de professionnel de la santé, je sais que l’accès aux soins est inégalement assuré dans notre pays en raison de l’inégale répartition sur notre territoire, des professionnels de santé et des formations sanitaires, aussi bien publiques que privées.

Ainsi, l’action de mon Gouvernement visera à restaurer la confiance de chacun, dans notre système de santé, en renforçant les capacités des personnels et en améliorant les plateaux techniques des différents centres hospitaliers de notre pays.

En matière de presse, notre pays qui compte parmi les pays où la liberté de la presse est garantie par la Loi, mon Gouvernement entend mettre en place les organes de régulation de la presse et de l’audio-visuel et leur apporter son appui et appliquer le code de l’information, pour valoriser les nobles métiers de l’information et la préserver des pratiques condamnables qui nuisent au journalisme, dans le strict respect de la déontologie.

En ce qui concerne le mouvement associatif et la jeunesse, le Gouvernement renforcera particulièrement le rôle qu’ils jouent dans l’épanouissement des individus et de la vie sociale, aussi en milieu rural qu’en milieu urbain.

La jeunesse, dans tous pays, constitue l’avenir. Particulièrement majoritaire et nombreux dans notre pays, les jeunes bénéficieront d’une politique gouvernementale spécifique aussi bien pour renforcer leur participation à la vie nationale mais aussi pour favoriser les pratiques sportives en développant les infrastructures nécessaires à la pratique des sports.


Mes Chers compatriotes,


Comme vous pouvez le constater, les défis qui attendent ce Gouvernement sont nombreux et nous n’avons d’autres choix que celui d’y faire face avec courage et détermination.

En effet c’est par le développement socio-économique de notre pays, qui sera la priorité de l’action de l’Etat, que nous consoliderons les acquis de le réconciliation nationale et rendrons également irréversible le processus démocratique engagé, dans le cadre de la promotion de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance politique et économique, des droits humains et du bien-être du peuple comorien. Je suis convaincu, qu’ensemble nous y parviendrons.

Rendons grâce à Allah Le Tout-Puissant et redoublons nos prières, pour qu’Il nous guide sur le bon chemin, celui de la paix, de la cohésion nationale, de la concorde et du développement.


Vive l’Union des Comores !

Vive la solidarité internationale !

Je vous remercie.

 

Source : site de la présidence de l'Union des Comores

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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Coralie Frei-Ahmed 07/06/2011 01:35


Tres joli programme. Monsieur le President, nous vous souhaitons une bonne route dans ce voyage pour l'avenir de Notre pays. Nous prions pour la reussite des buts que vous vous etes fixes et nous
rejouissons a l'avance du Réveil des Comores Inch Allah


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