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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 20:25
Après les louanges à Allah et les salutations au Prophète, à sa famille et à ses compagnons, le Président de la République a adressé à la Nation, ce samedi 27 février 2010, un discours en langue nationale dont voici l’intégralité, traduite en français.

 

Honorables citoyens comoriens,

Aussi bien ceux d’entre vous qui se trouvent dans les quatre iles que ceux la diaspora ; Que Dieu vous assiste tous, vous protège, vous honore et fasse de vous ses meilleurs serviteurs bienfaisants en ce monde et qui hériterez de son paradis lorsque vous retournerez vers lui.

 

Comme il est de tradition à chaque moment important de la vie de l’Etat et de la Nation, je saisis l’occasion pour m’entretenir avec vous, pour qu’ensemble nous abordions ensemble les événements.

 

Aujourd’hui, j’ai souhaité m’adresser à vous, pour vous interroger sur certains points. Mais avant cela, je souhaite d’abord vous informer qu’hier, j’ai signé le décret portant convocation du congrès qui doit rassembler les députés et les Conseillers que vous, citoyens comoriens avez élus, à l’Assemblée de l’Union et dans les Conseils des trois iles.

 

Conformément à la Constitution, ces élus viennent fixer pour nous, la date qu’ils jugent opportune pour harmoniser les élections du citoyen de Mwali qui doit devenir le prochain Président de la République et celles des Gouverneurs des îles. J’ai signé ce document, en espérant, inchaAllah que ce congrès se tiendra à la date prévue.

 

Et puisque cela a suscité beaucoup de commentaires qui continuent encore, j’ai jugé utile de venir m’expliquer avec vous et vous poser certaines questions dont je connais d'ores-et-déjà les réponses que vous allez me donner, afin de contribuer à la réussite de ce congrès.

 

Je ne peux ne pas vous rappeler, que le jour où vous m’avez choisi comme Président de la République, j’ai compris que m’assigniez le rôle du médecin qui doit diagnostiquer les maux qui rongent l’Etat et autant que faire se peut, en trouver les remèdes.

 

Ce congrès, qui n’est pas une première aux Comores car il y en eut en 1984, est l’aboutissement de tout un processus engagé après que Dieu nous ait donné son assistance pour libérer ensemble Anjouan dans la paix, sans effusion de sang comme l’espéraient certains et y organiser l’élection du Chef de l’exécutif de cette ile.

 

C’est alors que j’ai pris conscience du calendrier des élections aux Comores. En effet, je me suis rendu compte que j’ai été élu en 2006 et qu’en 2007 nous avons élu les chefs des exécutifs de Ngazidja et de Mwali. En 2008 nous avons tenu les élections du Chef de l’exécutif de Ndzouani. Dans le calendrier initial, nous devions avoir des élections en 2009 pour les députés de l’Union, reprendre le cycle en 2010 avec les élections présidentielles, celle des exécutifs de Ngazidja et de Mwali en 2012 et, en 2013, les élections à Anjouan. En 2014 nous devions une fois encore reprendre tout ce cycle avec en 2015, les élections législatives et ainsi de suite, tenir des élections tous les ans.

 

Je vous l’ai dit et répété, ce calendrier m’a effrayé, sachant que les élections signifient de l’argent et des compétitions entre citoyens qui dégénèrent parfois. J’ai alors compris que cela constitue une maladie pour notre pays. Si nous avions laissé ce calendrier, nous aurions été le seul pays au monde où se tiennent des élections tous les ans.

 

J’ai diagnostiqué un autre mal : un pays comme le notre, pauvre et petit, avec quatre présidents, quatre gouvernements, quatre parlements et quatre constitutions.

 

J’ai alors pris l’initiative, comme m’y autorise la constitution, d’y remédier et, avec l’approbation du peuple, j’ai proposé des réformes dans le cadre du référendum et du congrès. A ma demande, vous m’avez donné votre approbation pour la réforme des élections de tous les ans, l’instauration d’un seul gouvernement, d’une seule constitution et d’une assemblée unique. Dieu merci, la majorité d’entre vous, comoriens, m’avez compris et dans le cadre du référendum, nous avons apporté ces changements.

 

Toutefois, et comme vous le savez, si tout le monde a approuvé l’harmonisation des élections pour éviter les élections de tous les ans, des divergences sont apparus dès lors que cette harmonisation impliquait que des mandats seraient écourtés.

 

N’oubliez pas que, bien avant le référendum, j’ai entamé des pourparlers avec les ex-Présidents des iles pour nous mettre d’accord sur ce point. Ce qui n’a pas été le cas, chacun estimant qu’il devait aller jusqu’au terme de son mandat.

 

N’oubliez pas qu’il y a eu le dialogue inter-comorien où le consensus a été trouvé sur la nécessité de l’harmonisation, sans que l’on ait trouvé un accord sur la date.

 

J’ai alors estimé qu’étant en démocratie, nous devions faire trancher la question de cette date par le peuple par le truchement de ses représentants. C’est pourquoi nous avons inclus le congrès dans la loi référendaire pour que celui-ci vienne en décider suivant le principe de la majorité.

 

Personne alors ne savait qui serait candidat député ou conseiller et encore moins qui gagnerait et qui serait majoritaire. Nous avons tenu le référendum pour lequel je vous remercie encore une fois pour avoir approuvé les réformes, preuve si besoin était de votre patriotisme. Un référendum où le oui l’a largement remporté aussi bien à Ngazidja, à Mwali et à Ndzouani. A la suite de ce référendum, nous avons mis en œuvre les réformes. Pourquoi ? Parce que dès lors que la loi référendaire a été adoptée, elle entrait en vigueur. Cette loi est devenue partie intégrante de notre constitution. Dieu merci, elle a été mise en œuvre. C’est pourquoi les Présidents des iles sont devenus des Gouverneurs, les Ministres des iles sont devenus des Commissaires et les députés insulaires des conseillers. La constitution est celle de l’Etat et les iles ont leurs lois statutaires. En contribuant à ces réformes vous avez largement aidé le pays à sortir d’une situation difficile.

 

Les élections ont eu lieu. Les meilleurs ont gagné et ceux qui n’ont pas la confiance des comoriens ont perdu. Mais à partir du moment où les résultats ont annoncé que la majorité des élus se dit favorable au pouvoir en place et accorde sa confiance au Président SAMBI et l’approuvent, certain ont brusquement commencé à s’opposer à la tenue du congrès et a critiquer le référendum, non sur les autres points des réformes mais uniquement sur ce point précis de l’harmonisation des mandats.

 

A ce jour et alors que le moment est venu, cette opposition s’accentue et veut utiliser cette question comme une arme pour semer des troubles dans le pays comme si cela n’avait pas été fait dans la légalité ou n’était pas conforme à la constitution.

 

C’est pourquoi aujourd’hui, j’ai souhaité m’adresser aux citoyens comoriens pour leur dire que notre pays est désormais compté parmi les démocraties parce que le pouvoir s’y acquiert par les urnes et que les réformes se font par les urnes. C’est une fierté pour les comoriens qu’aucune réforme ne puisse intervenir dans le pays, qu’aucun pouvoir ne puisse désormais s’acquérir par la force mais par le vote.

 

Ainsi, les travaux du congrès commencent ce lundi inchaAllah pour réaliser l’harmonisation des mandats et fixer la date des prochaines élections présidentielles qui porteront au pouvoir un originaire de Mwali qui deviendra Président de l’Union des Comores ainsi que celles des gouverneurs des iles.

 

Mes frères,

 

Beaucoup a été dit, notamment que j’aurais modifiés ces articles pour prolonger mon mandat. Si tel était le cas, je vous aurais demandé d’accepter le renouvellement du mandat du Président comme cela se fait.

 

Pour ma part, je n’ai pas souhaité ce renouvellement mais j’ai simplement demandé le regroupement des élections. Toutefois, ce regroupement ne pouvait intervenir sans que le mandat de quatre ans du Président de l’Union et les mandants de cinq ans des gouverneurs, soient harmonisés. Nous avions donc le choix entre écourter à quatre ans le mandat des gouverneurs ou donner un mandat de cinq ans au Président. C’est ce dernier choix que vous avez approuvé.

 

Dieu merci, nous mettons cette réforme en œuvre en toute légalité en espérant que vos élus de qui on attend la fixation de cette date, le fassent en privilégiant l’intérêt supérieur du pays.

 

Mais comme je vous l’ai dit, mes frères, je voudrais vous poser une question. Avons-nous bien fait ou pas, en acceptant de renoncer aux élections de tous les ans ? Mes frères, si vous aviez répondu non, nous en serions encore avec notre ancien calendrier inchangé. Mais en votant oui en masse, dans toutes les iles, vous avez accepté ces réformes que je vous remercie d’avoir approuvé.

 

Mes frères,

 

A la veille de ce congrès, je voudrais dire certaines choses, d’abord à notre frère Moussa Toybou, Gouverneur de Ndzouani : comme vous le voyez, les changements se font en toute légalité. S’il arrivait que les congressistes décident de l’élection des gouverneurs à une date qui ne correspond pas au terme de votre mandat, faites bon cœur et inscrivez cela parmi vos bonnes œuvres et les anjouanais vous en seront reconnaissants.

 

Par la même occasion, je voudrais dire aux gouverneurs de Mwali et de Ngazidja, que si leurs frères congressistes écourtent leurs mandats et décident des élections à une date qui ne leur plait pas, je vous demanderais, au nom de votre comorianité et pour la Nation, d’accepter avec bon cœur la démocratie et la souveraineté de ce pays en vous conformant à la décision des élus. C’est ainsi que nous pourrons aider le pays.

 

Je voudrais également dire un mot à mes frères de Mwali.

 

Chers frères,

 

l’ancienne constitution stipulait avant le référendum, que les présidentielles devant porter un mohélien à la tête de l’Etat devaient se tenir en 2010. Mais à la suite du référendum, il est fort probable que ces élections ne se tiennent pas en 2010. Ce que vous devez retenir, c’est que si l’ancienne constitution était encore en vigueur, les élections auraient certes eu lieu en 2010 mais le futur président mohélien aurait eu son mandat de 2010 à 2014 pour passer le relai après, sans un vice-président à Mwali.

 

Selon la nouvelle constitution, issue du référendum, le futur président originaire de Mwali, serait en place de 2011 à 2016, à titre d’exemple et si tel est la volonté des congressistes qui agiront en toute indépendance.

 

Ainsi, nous ne pouvons pas, dans le même pays, appliquer une partie de la constitution et en délaisser l’autre. C’est cette même constitution qui est mise en œuvre qui a été la base de l’élection des députés et des conseillers.

 

Je voudrais rappeler que ce sont les Mohéliens qui ont le plus approuvé la loi référendaire avant Ndzouani et Ngazidja. Tous les Comoriens l’on approuvé, dans l’intérêt bien compris du pays, non en faveur du Président SAMBI ou de son pouvoir.

 

C’est pourquoi, je vous dis, mes frères de Mwali, que ce qui a été fait va dans le sens de l’intérêt du pays, de Mwali et des Mohéliens.

 

A entendre ceux qui veulent utiliser le nom des Mohéliens et les vêtir d’habits sales qui ne sont pas les leurs, les Mohéliens devraient se disputer. Certains sont allés leur dire de mettre le feu, de se rebeller et d’exiger la tournante en 2010.

 

Mes frères,

 

Personne ne remet en cause la tournante. La tournante arrive sur un plateau en argent, mais nous avons le souci de respecter la légalité. Personne n’est contre, ne vous laissez pas abuser. Je sais que les intellectuels de Mwali, les notables de Mwali, les dames de Mwali n’accepteront jamais qu’on leur colle un nom qu’ils ne méritent pas et ne mettront pas en péril la tournante.

 

Mes frères de Mwali, je le dis car j’ai de l’affection pour vous et je ne crois pas avoir jamais lésé les intérêts de Mwali ou d’un mohélien. Cette question ne doit pas être utilisée comme arme par ceux qui ont été battus aux élections, au risque de faire fuir les belles perspectives qui se dessinent pour le pays.

 

Vous avez aujourd’hui la garantie que le pouvoir sera détenu par un mohélien qui sera Président de la République. Vous avez également la garantie qu’il aura en outre un mandat de cinq ans et non quatre comme auparavant. Vous avez enfin la garantie que vous aurez un vice-président. Ces dispositions doivent être respectées car ce pays a une constitution.

 

Mes frères,

 

je voudrais vous dire, qu’il y a des personnes qui veulent semer des troubles dans ce pays, qui souhaiterait y apporter le malheur. Or, ils n’ont d’autres prétextes que cette question de la tournante.

 

Sachez que ce pouvoir sera détenu par un frère de Mwali pour que nous puissions voir les solutions et les remèdes qu’il pourra apporter à son tour.

 

Toutefois, acceptez que du moment où notre pays a retrouvé sa crédibilité sur la scène internationale, jouit désormais d’une bonne réputation et suscite la sympathie, nous ne devons pas mettre en péril tout cela, parce que certains à Mwali, pas tous, en seraient la cause, en ne respectant pas la légalité.

 

Or la légalité c’est le congrès qui est souverain et qui décidera en dernier ressort. Acceptons de bon cœur la démocratie et n’ayons pas recours à la violence et aux actes illégaux pour imposer nos points de vue.

 

Après cela, j’ajouterai à votre intention, mes frères de Mwali, qu’aujourd’hui, certains veulent utiliser le nom de Mwali comme arme. Protégez ce nom. Refusez de lui donner les habits du séparatisme. Cela n’est pas dans l’intérêt de Mwali ni des Mohéliens. Sachez que votre intérêt se trouve dans l’unité, l’honneur, la paix et la stabilité du pays. Si l’élection d’un fils de Mwali n’a pas lieu en 2010, cela ne doit pas être la cause de troubles car beaucoup de comoriens, de Ndzouani et de Ngazidja le prendraient mal car cela iraient à l’encontre de la légalité.

 

D’autre part, il ne serait pas mauvais que je dise quelques mots à l’adresse de ceux qui combattent le pouvoir que je dirige, ceux qu’on appelle les opposants.

 

Je veux m’entretenir avec eux et leur dire de faire des efforts pour respecter la démocratie. Si récemment, vous n’avez pas obtenu la confiance des comoriens lors des élections, cela ne signifie pas qu’un autre jour vous ne serez pas approuvés.

 

Certes les comoriens ne vous ont pas accordé leur confiance aujourd’hui mais ce n’est pas parce que vous avez été battus que vous allez, comme vous le faites et l’annoncez, incendier le pays.

 

Mes frères,

 

En tant que comoriens et patriotes, faites des efforts pour être des démocrates qui respectent la loi et la constitution. Nous avons aujourd’hui un pays doté d’une constitution et de lois. Si nous ne les respectons pas, nous ne serons pas respectés. Si aujourd’hui, nous faisons l’objet d’un respect, c’est parce que nous respectons nos lois. Ne faites rien qui puisse ternir l’image du pays et remettre en cause la bonne réputation qu’il a aujourd’hui.

 

Je sais que parmi vous, il y en a qui font preuve d’intelligence et non de passion. Mais d’autres, qui sont assoiffés de pouvoir, ne veulent pas patienter jusqu’à de prochaines élections. Bientôt les élections auront lieu. Vous pourrez briguer le pouvoir et, si vous gagnez, y accéder.

 

Mais aujourd’hui, acceptez que l’on suive la constitution qui a instauré le congrès. Pour notre salut, acceptez le verdict qui sera issu de ce congrès. Ne cherchez pas à nous faire revenir en arrière pour renouer avec les dictatures que nous avons laissées derrière nous. Cela mettrait ce pays dans des les pires difficultés, si vous apprenez aux enfants comoriens, que l’on peut obtenir une chose même illégalement. La politique du dénigrement à laquelle vous vous livrez, n’est pas une bonne chose. Abandonnez-là.

 

Ainsi, je voulais vous dire, vous qui vous dites opposants, d’être des démocrates, si vous êtes vraiment des patriotes. Respectez la Constitution et les lois du pays et inclinez-vous devant le verdict populaire. Que celui qui brigue le pouvoir ou qui souhaite des réformes, les obtienne par le suffrage et les élections.

 

Après cela, il ne serait pas mauvais que je prodigue quelques conseils aux congressistes.

 

Vous, Députés et conseillers,

 

Vous êtes appelés à accomplir la mission qui vous a été déléguée par les comoriens. Nous avons l’honneur de vivre dans un état démocratique. Toutefois, dans les travaux que vous allez entamer, privilégiez l’intérêt du pays, de l’Etat et de la Nation. Ne mettez en avant l’intérêt de quiconque.

 

La fixation de la date de l’harmonisation, a créé des divergences. Vous avez la responsabilité de trancher. Examinez et suivez la meilleure voie qui permettra au pays de sortir de ses difficultés. Voilà le conseil que je puisse vous prodiguer.

 

Enfin, je me permets de prodiguer quelques conseils aux citoyens, notamment aux jeunes de ce pays.

 

Citoyens comoriens,

 

Ouvrez l’œil et tendez l’oreille et vous vous rendrez compte que notre pays n’a jamais eu la chance qu’il a aujourd’hui.

 

Il y a un adage comorien selon lequel, le pauvre qui aperçoit un oiseau ne voit pas la pierre et dès qu’il voit la pierre il n’aperçoit plus l’oiseau. Par Allah Le Tout-Puissant, aujourd’hui, nous apercevons l’oiseau et la pierre est entre nos mains. Il ne reste plus qu’à la lancer.

 

Mes frères,

 

Le monde n’a jamais eu de regard aussi bienveillant pour nous qu’aujourd’hui. Moi qui parle en votre nom, je me suis rendu compte qu’au cours de ces six derniers mois seulement, rien de ce que j’ai demandé à l’extérieur ne m’a été refusé. Là où j’ai souhaité l’aide de la communauté internationale, nous l’avons obtenu. C’est la preuve de la bonne disposition de celle-ci à notre égard.

 

Ainsi, aujourd’hui, plus qu’en toute autre période du passé, nous devons nous lever pour protéger notre pays.

 

Vous le jeunes,

soyez les gardiens de ce pays, du moment que vous entendez des gens manifester leur volonté d’y semer des troubles. Soyez tous des gardiens dans vos villes et villages, surveillez ceux qui veulent détruire le pays. Sachez qu’à ce jour, notre pays dépend de l’extérieur. Notre développement est malheureusement lié aux aides que le monde veut bien nous donner. Que Dieu nous sorte de cette situation pour que nous puissions dépendre de nos propres moyens. Mais comme je l’ai dit et répété, au point que cela devient comme un refrain, les Comores, mes frères, ne parviennent pas à réaliser leurs projets parce que nous n’avons qu’un budget de fonctionnement et pas de budget d’investissement.

 

Or, les besoins en financements et en investissements de ce pays, ne sont comblés que de l’extérieur. Ayant ainsi compris cela, nous devons nous efforcer pour donner la meilleure image et la meilleure crédibilité à notre pays vis-à-vis de l’extérieur.

 

La meilleure aide que nous pouvons donc donner à ce pays c’est d’en faire un Etat de droit, réputé pour sa stabilité et la sécurité qui y règnent. Le pire ennemi de ce pays est celui qui agit contre la paix et la sécurité.

 

J’ai ainsi voulu vous dire, à vous tous comoriens, qu’aujourd’hui, plus que jamais, le monde manifeste un intérêt pour nous. Rien que pour ce mois de mars qui commence, de grands événements attendent le pays : il y a la Conférence de Doha au Qatar qui est une bénédiction que Dieu nous envoie et pour laquelle je vous tous de prier car nous y avons la chance d’obtenir plus que ce qui a été réalisé dans ce pays depuis trente-cinq ans que nous sommes indépendants. C’est une bonne chose, que nous avons demandé et qui a été accepté.

 

Mes frères,

 

Je saisis cette opportunité pour dire aux Comoriens que dans les jours qui viennent, nous avons l’opportunité d’accueillir dans notre pays, des hôtes de marque, notamment des chefs d’Etat de pays amis qui viendront ici et que nous devrons recevoir à la comorienne.

 

Or la meilleure chose que nous puissions faire, c’est de leur donner à voir et à entendre du bien afin qu’à leur départ, ils aient la meilleure opinion des Comores.

 

C’est ainsi que je devais m’entretenir avec vous aujourd’hui pour vous livrer ma pensée et mes intentions, notamment après avoir entendu que certains veulent prendre comme prétexte la question de la tournante et oublier que c’est la légalité, pour en faire une arme et faire parler des Comores en mal, alors que nous nous trouvons sur une voie droite et que les réformes en cours respectent la légalité et la constitution.

 

Je remercie les Comoriens de l’extérieur pour l’intérêt constant qu’ils ont pour ce qui se passe au pays.

 

Je vous remercie, vous les jeunes, dans les villes et villages, qui avez accepté de défendre et protéger votre pays.

 

Mesdames, Messieurs, Ulémas, notables, vous tous comoriens,

 

Je vous remercie tous. Nous voici à nouveau encore devant un grand défi pour notre pays. Dieu nous fera traverser cette mer, saine et sauve, comme nous avons traversé bien d’autres mers.

 

Avant de terminer, je vous pose une autre question. Et si l’opposition était sortie gagnante des dernières élections, tiendraient-ils aujourd’hui les mêmes propos ? Y aurait-il eu les mêmes intimidations de ceux qui annoncent leur intention de semer des troubles dans le pays ?

 

Je suis certain, que si l’opposition avait gagné la majorité, rien de tout cela n’aurait été dit car à l’heure actuelle et peut-être même dès la proclamation des résultats, ils auraient certainement exigé le départ de SAMBI.

 

Tous ces problèmes sont dus à l’affection que vous m’avez donnée et la confiance que vous m’accordez. J’ai réussi à vous redonner un espoir qui n’est point une illusion car la preuve par les actes a commencé sous vos yeux. Cela me vaut alors leur inimitié. Je suis combattu par des gens que vous avez rendus jaloux, voire envieux à mon égard, au point de devenir envieux envers le pays dont ils ne souhaitent aucun bien, dès lors que c’est l’homme au turban qui est Président.

 

Ainsi, je vous rappelle qu’ensemble nous avons gagné des batailles, ensemble nous avons libéré Anjouan, ensemble nous avons tenu le référendum, ensemble nous avons organisé les récentes élections.

 

Je vous demande alors de m’accompagner à nouveau, à l’occasion et après le congrès, jusqu’au jour où nous transmettrons, dans la paix et la concorde, le pouvoir des Comores entre les mains de l’enfant mohélien qui devra diriger le pays dans la prospérité, parachever ce que nous avons commencé et faire plus encore que ce que nous avons fait. Tel est mon souhait.

 

Que celui qui ne construit point ne détruise pas. Toi qui n’arrives pas à donner du miel, ne nous apporte pas l’amertume. Toi qui es incapable de planter une fleur, ne nous sème pas des épines. Et toi qui te rends parfaitement compte que voici du thon apporté par SAMBI, ne prétends pas que c’est du maquereau car les comorien connaissent la différence entre thon et maquereau.

 

Je vous remercie tous mes chers compatriotes. J’espère que ce que j’ai dit est sorti de mon cœur pour entrer dans le vôtre. Je souhaite que le congrès nous apporte de bonnes nouvelles et les fruits escomptés et qu’il se déroulera dans la paix.

 

Que la Paix et le Salut d’Allah soient sur vous et qu’Allah vous comble de bienfaits.

 

Source : http://www.beit-salam.km/

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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