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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 09:14
SAMBI à l'onuLe Président de la République, Monsieur Ahmed AbdallaH Sambi (Photo archives) livré devant les notables de Ngazidja, sa première réaction, à la suite de l'Arrêt de la Cour Constitutionnelle.



C'est au Palais de Beit-Salam, dans l'après-midi de ce mardi 11 mai 2010 et devant la notabilité venue de tous les coins de l'Ile de Ngazidja, que le Chef de l'Etat a livré sa première réaction, à la suite de l'arrêt de la Cour Constitutionnelle, dans un discours en langue nationale dont voici la traduction :

Honorable assistance,

Je ne sais quoi dire et quoi ne pas dire car dès lors que j'ai aperçu les visages agréables de cette honorable assistance, venue dans ma résidence, celle du Président de la République, en de pareilles circonstances, j'ai pressenti que vous m'apporteriez de la joie, en me transmettant les bénédictions du pays qui, sans cesse, se répandent sur nous.

Il ya beaucoup à dire. Mais le plus évident aujourd'hui, pour ceux qui ont les yeux et les oreilles ouverts, c'est que ce pays semble avoir bien des ennemis : des gens qui veulent faire fuir tout bienfait de ce pays et qui veulent y semer la discorde.

Il fut un moment ou la compétition politique, inévitable, était compréhensible. Mais il reste que les tribunaux qui jugent des divergences politiques, ce sont les urnes qui, dès lors qu'elles ont livré leur verdict, appellent à la soumission.

Chez nous aujourd'hui, les urnes se sont prononcées et certains refusent leur verdict. Ceux qui ont eu le mandat de parler au nom du pays, aussi bien les députés de l'Assemblée de l'Union que les Conseillers des îles, se sont prononcés au moment voulu. Mais il ya des gens qui refusent leur décision. Il s'ensuit, que lorsqu'on cherche à comprendre, on se rend compte que ces gens-là ne souhaitent que du mal pour ce pays. Ils veulent un pouvoir non issu des urnes électorales.

C'est pourquoi je pense que, plus qu'à tout autre moment passé, les fils et les pères de ce pays, ses autorités ainsi que tous ceux qui considèrent ce pays comme le leur, doivent se mobiliser pour ordonner le bien et, en même temps, empêcher le mal.

Ce que vous avez fait aujourd'hui en venant ici, entre dans ce cadre : ordonner le bien. Votre venue a rassuré mon cœur. L'un de vous m'a même recommandé de prendre des vitamines pour fortifier le corps. Il s'est sans doute dit que j'ai quelques soucis et c'est la vérité.

C'est n'est point ce qui a été décidé avant-hier par la Cour Constitutionnelle qui me donne ces soucis même si je n'en suis pas satisfait. Cela ne m'a pas causé du souci, étant donné que je suis un homme de droit respectueux de la légalité. J'ai en effet compris que les décisions de tout organe judiciaire ressemblent à des balles qui, une fois tirées du fusil, ne peuvent revenir en arrière.

Certes, j'aurais souhaité qu'il en soit décidé autrement mais, dès lors que la Cour s'est prononcée, je me soumets à sa décision.

Vous savez que les membres de la Cour Constitutionnelle ont approuvé ce qui est issue du Congrès et ceci revêt une grande importance. Les gens craignaient qu'ils agissent autrement. Ainsi, nous les remercions d'avoir accepté la volonté et le choix des comoriens.

Vous savez également, que ce sont que les membres de la Cour Constitutionnelle qui m'ont fait prêter serment le 26 mai 2006, légalisant ainsi mon investiture en tant que Président.

Avant-hier, ils m'ont de nouveau légitimé en déclarant légale ma présidence jusqu'à la tenue des élections de mon successeur. En cela, je les remercie car ils ont compris qu'il s'agissait du choix des comoriens, fait à l'occasion du référendum et des élections législatives qui ont permis la composition et la tenue du Congrès.

Ainsi la légitimité et la légalité sont intactes. Vous aviez sans doute entendu l'opinion selon laquelle, la Cour allait constater la fin de mon mandat en 2010. Si tel avait été le cas, je me serai néanmoins soumis en tant que légaliste qui n'accepte que le pouvoir légitime et puisqu'il appartient aux seuls membres de cette Cour de légitimer ou non un pouvoir. Mais, Louanges à Allah, ils m'ont légitimé.

Pourquoi alors ne suis-je pas satisfait de leur décision ? C'est qu'en même temps qu'ils légitimaient la conduite de l'Etat par le Président et les Vice-présidents, jusqu'à l'investiture du prochain Président, ils ont restreint les attributions du Président durant la période intérimaire, du 26 mai 2010 au jour de l'investiture, notamment la dissolution de l'Assemblée. Pourquoi ? Dieu seul le sait. D'ailleurs comment allais-je dissoudre une assemblée dont la majorité nous est favorable ?

Ils ont également dit que je ne saurais changer de Gouvernement, ce qui m'a un peu contrarié et que je ne saurais enfin modifier la composition de la Cour Constitutionnelle. Tout cela m'a contrarié mais je ne peux que me soumettre et m'y conformer.

Toutefois, à entendre certains propos, il y en a d'autres qui refusent la décision de ceux qui les ont fait prêter serment et investi dans leur pouvoir. C'est pourquoi, il me semble que ceux ne souhaitent pas qu'il y ait une compréhension mutuelle, gage de paix et de stabilité et qui aimeraient au contraire des troubles pour qu'ils soient appelés à ramasser un pouvoir pour lequel, ils n'ont fourni aucun effort et ce, sans passer par les urnes.

Jadis, un adage que je comprends bien aujourd'hui, disait que celui qui est pressé d'avoir un enfant va épouser une femme déjà enceinte. Les récents événements jettent une lumière sur la véracité de cette affirmation.

En tout état de cause, ce que je souhaite vous dire, chers Notables, c'est qu'aujourd'hui vous avez ordonné le bien en venant auprès de moi mais je vous demande également d'empêcher le mal, au nom de Ngazidja et des Comores. Si vous saviez ce que certains des enfants de ce pays ont comme funestes projets, notamment en le soustrayant des pays où règne l'Etat de droit !

Or un pays sans droit n'est pas respecté. Celui dont la constitution n'est pas respectée n'est pas estimé. Mes frères, aujourd'hui toutes les institutions de ce pays sont en place. Mais dans le même temps, certains font appel aux calamités ou font comme si nous étions dans une association. Or nous sommes dans un Etat qui a sa souveraineté et son rang qui le font respecter dans le monde.

Ainsi, je souhaiterais, comme vous êtes venus m'ordonner de pratiquer le bien, autant que faire se peut, de défendre le mal de ceux qui voudraient faire fuir la prospérité, notamment ceux qui veulent apporter le malheur à ce pays ou y faire venir ce qui est mauvais. Je vous demande donc, avec votre sens de l'honneur et dans vos dignes habits de notables, d'aller leur dire que nous souhaitons voir les fruits de ce qui a été semé et recueillir les dividendes de nos efforts, et par la même occasion, les prier de ne pas faire partie de porte-malheurs de ce pays.

Mes frères, si j'ai dit et répété tout cela, ce n'est pas pour que vous me défendiez. Je suis un mortel. Nous sommes des mortels. L'Etat, lui, reste. Or notre Etat est dans l'attente de nombreuses opportunités qui seraient probablement à l'origine des tentatives de déstabilisation.

Je vous informe ainsi qu'hier, la visite d'une délégation qui devait venir du Koweït dans les jours qui viennent a été reporté. Il n'est malheureusement pas exclu, que les échos de certaines radios étrangères aient renvoyé une image effrayante du pays. Des radios de l'intérieur du pays et de l'étranger, font tout pour salir le pays.

Ainsi donc, si quelques uns parmi vous pensent que le Président devrait prendre des vitamines car il a des soucis, c'est la vérité. Mais mon souci, c'est l'image des Comores. Par Allah Tout-Puissant, mon tourment c'est l'image négative que certains veulent donner des Comores, après tous les efforts que j'ai déployés pour changer cette image et la redorer. Ceux qui sont loin de nos réalités, pourraient penser qu'il y a des troubles dans le pays. C'est ce qui me chagrine. Pour le reste, je suis un être humain.

Mes ainées, mes frères, il y a une divergence qui existe aux Comores, entre ceux qui mettent en avant les intérêts de la Nation et ceux qui recherchent leurs propres intérets. Cette confrontation est là. Je remercie Dieu de figurer parmi ceux qui privilégient les intérêts de l'Etat. Je vous remercie de figurer parmi ceux qui pensent que quand le pays gagne, nous gagnons tous, que la prospérité générale est celle de chacun de nous. Les responsabilités au sein de l'Etat ne sont que pour quelques uns.

Ainsi, je vous demanderai une fois encore, de veiller à la sauvegarde de l'image et de la réputation positive de notre pays et de faire parler de ce dernier en bien. Cela est plus important que tout le reste.

Je ne suis pas, pour ma part étonné car je suis un croyant. Or le croyant est sans cesse éprouvé. Je n'en suis pas à ma première épreuve. Mais je vous rappelle que je suis un être humain. J'ai ma famille, mon épouse et mes enfants. Je me réjouis d'entendre que les Comoriens sont satisfaits de ce que nous avons pu faire et des efforts que nous avons déployés. Je me réjouis également de vos propos aimables.

Toutefois, n'oubliez pas que je suis un être humain. Je suis un être humain. Il se peut qu'à un moment donné je me dise que trop c'est trop. Certains voudraient déjà que j'en sois à ce point mais, tant que je serai convaincu que vous êtes avec moi, je compte, avec l'aide de Dieu mener le bateau à bon port.

Le drapeau de la tournante a été utilisé comme la tunique de Othmane : lorsque ce dernier a été assassiné, les semeurs de troubles ont brandi sa tunique ensanglantée, alors qu'en réalité c'est la zizanie qu'ils voulaient répandre. Or je n'ai jamais remis en cause la tournante.

Mes frères, ces deux derniers jours, je me suis demandé : « quel mal ai-je donc fait à ce pays ? Quelle forfaiture ai-je commis dans ce pays ? Qui ai-je lésé ? De quel délit suis-je donc coupable au point que certains éprouvent un plaisir et un délice quand ils m'insultent, me raillent et me calomnient ? C'est étrange.

Pourtant je sais que meilleurs que moi ont subi pire que moi. C'est ce qui me donne de la force. Mais tout cela ne devrait pas demeurer ainsi ou avoir notre approbation. Détruire est plus facile que construire. Nous, nous construisons mais, si nous laissons les autres démolir, quand donc s'achèvera la construction ?

C'est pourquoi je vous demande aujourd'hui, avec notre prestige, votre prestance et votre éloquence, de défendre, non pas ma personne, mais le pays. Sachez que si du mal est souhaité pour AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, encore plus de mal est voulu pour le pays.

Qu'ai-je donc fait ? Je me suis rendu compte du mal qui rongeait ce pays et que vous m'avez élu pour y remédier. Parmi les maux que j'avais identifiés, il y avait la tenue d'élections, tous les ans, dans un aussi pauvre pays que le nôtre.

En effet, le calendrier avait programmé des élections tous les ans, de 2006 à 2019, hormis l'année 2011. Avais-je le droit de laisser les choses en l'état alors que le Constitution m'autorisait à initier des réformes ? Ai-je mal agi en vous demandant ces réformes ? Je ne le pense pas, d'autant que je ne l'ai pas fait de façon arbitraire mais en consultant les comoriens par référendum, suivant le voies démocratiques. Est-ce là le mal qui a été transformé en arme contre moi ? Notre souci n'a été autre que l'existence d'une constitution de l'Etat et d'institutions respectées.

Si je vous entretiens de tout cela, c'est pour vous confirmer que j'ai en effet des soucis relatifs à l'image de l'Etat. Que certains n'imaginent pas que c'est le pouvoir qui m'importe. Si tel avait été le cas, je vous aurais simplement demandé le renouvellement de mon mandat, sachant que la majorité des Comoriens m'auraient approuvé.

Mais telle n'était pas ma volonté. Je ne souhaitais que l'harmonisation des mandats et des élections. Cela a été transformé en arme pour semer des troubles et faire fuir la prospérité qui a enfin souri à notre pays.

En tout état de cause, je place ma confiance en Dieu en espérant que vos prières et vos bons cœurs nous aideront.

Toutefois, en plus des invocations, ordonnez le bien et empêcher le mal. Si d'aucuns veulent faire du mal, dites leurs de cesser. Vous m'avez remercié tout à l'heure. Je vous remercie à mon tour. Mais si d'autres sont à l'origine de troubles et de zizanies, parlez-leur d'une seule voix. Peut-être que ceux qui disent d'un côté, parler au nom des grands-comoriens ou des Mohéliens ou des anjouanais, vous écouteront-ils. Je vous demande donc de parachever la mission.

Pour ma part, je suis là, en homme respectueux de la légalité. Le droit a parlé. Mes craintes ne se sont pas justifiées, notamment la constatation de la fin du mandat du Président SAMBI, le 26 mai 2010.

Bien au contraire, il a été dit que le Président exerce ses pouvoirs jusqu'à l'investiture du fils de Mwali qui prendra la relève, même avec quelques restrictions qui me contrarient. Mais l'essentiel est que le pouvoir a été légitimé. Le reste vous appartient pour stopper ceux qui veulent détruire, pour que les comoriens, qui ont usé de leur droit de vote, ne se découragent pas demain et ne considèrent pas vain, le recours aux urnes.

Ainsi, ce qu'il faut retenir, c'est que dans la lutte qui existe entre ceux qui veulent du bien pour le pays et ceux qui recherchent leur propres, ces derniers ne sortent pas vainqueurs.

Dans cette lutte, ce sont ceux parmi nous qui privilégient les intérêts de la Nation qui doivent triompher. Dieu fasse que la guerre de la salive se transforme, non pas en guerre tout court mais en débat politique.

Pour terminer, et sans abuser de votre temps, je vous dirai que j'ai été heureux de la venue d'aussi éminentes personnalités telles que vous. Vous savez, que chaque homme, a besoin partout, de ressentir qu'il n'est pas isolé dans ce qu'il accomplit. Vous m'avez aujourd'hui conforté.

Dieu multipliera pour nous les heureuses occasions, jusqu'à ce que nous puissions voir, entendre, toucher du doigt et gouter enfin à notre tour au bien-être et à la prospérité que Dieu nous promis, avec Sa volonté.

Je vous remercie pour votre déplacement et pour vos propos élogieux. Toutefois, je vous demande, une fois encore, de réfléchir à ce que je viens de vous dire et de l'accomplir. Ne vous contentez pas d'ordonner le bien mais interdisez également le mal. Voilà les recommandations de l'Islam.

Que la Paix d'Allah et Sa bénédiction soient sur notre Seigneur Muhammad, à sa pure et noble famille et à ses fidèles compagnons. Qu'Allah vous bénisse.

Source : beit salam

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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