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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:22

Vous trouverez, chers visiteurs du blog, un point de vue intéréssant de Maître Fahmi Said Ibrahim sur la question de l'harmonisation des mandats aux Comores. Contrairement à d'autres personnes, il a le mérite de faire recours à un raisonnement juridique dans son opinion. Chose agréable !

Halidi Allaoui (HALIDI-BLOG-COMORES)  

Source :
Al-watwan N° 1506 du 17 février 2010

 

COMORES : DE L’HARMONISATION DES MANDATS

Opinion

Fahami-Said-Ibrahim2.jpgLe débat sur l’harmonisation des mandats des gouverneurs des Îles et celui du président de l’Union fait autant couler beaucoup d’encre qu’il laisse prospérer l’imposture. A la veille de la convocation du Congrès, auquel la loi référendaire du 17 mai 2009 donne compétence pour trancher la question, une certaine opposition mène campagne tambour battant, entre cymbales et sous-fifres – autant dire beaucoup de bruit pour étouffer les casseroles qu’elle traîne - , pour exploiter la crédulité des dupes.

De quoi cette campagne est-elle le nom? De la tentative de faire accroire que la réconciliation nationale est en train de voler en éclats parce que la tournante est bafouée ! Que la démocratie elle-même est en danger parce que le président Ahmed Abdallah Sambi a l’intention de s’éterniser au pouvoir !

Après avoir transformé blogs et autres sites de désinformation en déversoir d’insultes calomnieuses d’une violence inouïe – il y a chez certains comme un bonheur à être dépouillé de la pénible tâche de penser -, ces porte-parole autoproclamés de la cause du peuple ont battu pêle-mêle le rappel des grands principes : à leurs yeux, le Congrès n’est pas habilité à voter la loi constitutionnelle d’harmonisation des élections parce que d’une part, si d’aventure celle-ci impliquait une prorogation ne serait-ce que de quelques jours du mandat du président de l’Union, il reviendrait à porter atteinte au principe de non rétroactivité des lois ; et que, d’autre part, de toutes les façons les accords de réconciliation nationale dits de Fomboni du 17 février 2001 lui interdisent d’y toucher parce que, si tel était le cas, ce serait porter atteinte à la tournante !


A propos d’atteinte au principe de non rétroactivité


Vous avez dit atteinte au principe de non rétroactivité des lois? Relevons simplement que ce principe n’est invoqué qu’en ce qui concerne le mandat du président de l’Union, mais que ces scrupules à géométrie variable, faut-il le souligner, sont noyés dans un silence de plomb lorsqu’on évoque les mandats des gouverneurs !

Mais minute papillon, voyons ça de plus près. Ecartons d’emblée insultes et calomnies, pour ma part je ne peux m’abaisser à les répondre, c’est déjà une première différence, et tentons de dissiper le brouillard de l’indistinct. Le principe de non rétroactivité constitue certes un principe fondamental de droit commun, réglant la question du conflit de lois dans le temps et assurant la sécurité juridique ; il souffre cependant d’exceptions : en matière pénale par exemple, l’exception est la règle lorsqu’une loi plus douce vient à entrer en vigueur ; c’est la rétroactivité in mitius.


Plus généralement, la doctrine s’accorde à dire que le législateur peut adopter des lois rétroactives à condition que l’intérêt général le justifie. Il en est ainsi en matière de lois de validation ou de lois interprétatives. Reste que la controverse a trait non pas à une loi ordinaire mais à une loi constitutionnelle dont l’objet se trouve être l’harmonisation des mandats des principaux organes exécutifs, de telle sorte que le pays se relève du bourbier actuel que représentent ces perpétuelles et coûteuses élections !


Mais d’où vient que ces belles âmes en arrivent jusqu’à contester la légitimité du peuple souverain dans sa volonté exprimée d’améliorer le fonctionnement régulier de nos institutions?

Nous touchons là à la question fondamentale de la souveraineté. Outre que l’article 3 de la Constitution dispose : La souveraineté appartient au peuple qui l’exerce, dans chaque île et dans l’ensemble de l’Union, par ses représentants élus ou par la voie du référendum. Aucun groupement ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.


Une question fondamentale : la souveraineté


Cette règle sans équivoque affirme de manière explicite que la souveraineté nationale appartient au peuple. Aussi dans l’exercice de cette prérogative, le peuple souverain a chargé expressément ses élus réunis en congrès de traiter le problème de la disparité des mandats lors du référendum du 17mai 2009 ! N’en déplaise à ceux qui veulent s’en attribuer abusivement et malicieusement l’exercice. Il se présente, certes, une difficulté évidente dans le choix du calendrier à arrêter : à quelle date faudra-t-il en effet regrouper ces élections générales?


La solution viendra sans doute de la mise en pratique de la théorie de l’interprétation réaliste du droit. Elle considère en effet que face à des contraintes juridiques qui se présentent concomitamment, exemple d’un principe général du droit dont la mise en pratique risque de compromettre un autre principe d’égale importance - songez que dans notre cas les mandats des gouverneurs eux-mêmes ne prennent pas fin la même année -, le choix d’une décision mette en balance plusieurs éléments, l’intérêt général ou le coût financier par exemple, de sorte que l’on puisse raisonnablement anticiper sur le bilan et en prenant garde que les conséquences ne soient pas disproportionnées à l’objectif poursuivi. En réalité, cette réflexion là n’intéresse pas messires les censeurs. Ils feignent même d’oublier que le principe de l’effet utile qui en découle a été récemment appliqué à certains actes maintenus à juste titre malgré qu’ils aient été pris sur le fondement d’une ordonnance par la suite partiellement censurée par la Cour constitutionnelle !


Apporter des clarifications dans ce qui était alors la jungle


Mais comment le serait-il autrement quand on sait qu’ils ont déserté le terrain des propositions lors du débat sur la réforme constitutionnelle, réforme qui, faut-il le rappeler, a eu au moins le mérite d’apporter des clarifications dans ce qui était alors la jungle des compétences partagées, et que ces soi-disant non démagogues, après n’avoir pas eu non plus le courage de solliciter le suffrage du peuple lors des dernières législatives, donc acquérir une légitimité certaine, labourent aujourd’hui le champ qu’ils maîtrisent le mieux, c’est-à-dire la démagogie ? On ne s’en laissera d’autant moins conter que nous autres, autre différence, sommes très à l’aise sur ces sujets : souvenez-vous en, nous avons été un certain nombre, vous les compterez sur les doigts d’une seule main, à avoir combattu le projet de Constitution soumis à référendum le 23 décembre 2001. Il nous avait semblé à l’époque que tel quel, non seulement ce projet était d’une risible ou pathétique complexité – c’est selon -, mais qu’il portait déjà en lui les germes des discordes futures ; et, plus grave, en diluant par trop l’unité nationale dans une espèce de machin à satisfaire les ambitions médiocres des uns et des autres sous couvert d’autonomie des îles, le remède proposé s’avérerait pire que le mal. Que disait à l’époque une certaine opposition? Que peu importait le texte proposé par Assoumani Azali, l’essentiel n’était pas là et que nous autres n’y entendions strictement rien ! L’essentiel était donc ailleurs. L’essentiel était de faire déguerpir au premier tocsin le colonel putschiste Azali grâce à la nouvelle et implacable mécanique que ce texte allait instituer, et qu’on verrait la suite après ! La suite, on la connaît. Les intérêts supérieurs de la nation ont été sacrifiés sur l’autel des petits calculs partisans.


A propos d’accord de Fomboni


Aujourd’hui, c’est la même personnalisation du débat et la même combinazzione qui sont à l’œuvre, sauf que dans ces nouvelles noces entre carpe et lapin, ambitions claudicantes cherchant à s’appuyer sur le bras (déjà armé?) du coup d’Etat permanent, ce sont les accords de Fomboni qu’on utilise comme d’un faux nez, leur donnant une place dans notre hiérarchie des normes - le sommet de la pyramide disent-ils - qu’ils n’ont pas, et occultant le fait que même s’ils ont eu la vertu d’initier une dynamique de réconciliation, c’est bien la détermination du président Ahmed Abdallah Sambi et l’intervention militaire qui rendirent effective la présence de l’Etat à Anjouan.

 
Mais à propos de l’accord de Fomboni, quelle place occupe t-il au juste dans la hiérarchie des normes ? Est-il inférieur ou supérieur à la constitution ? Il eut peut être fallu le qualifier de traité de Fomboni si à leurs yeux l’accord de Fomboni prime sur la constitution de l’Union adoptée par le peuple.


La tournante serait-elle donc en danger ? Soyons sérieux ! Qui peut réellement croire que le Congrès a un quelconque intérêt à toucher au cycle des primaires ouvert par les élections présidentielles de 2002 avant que l’île de Mohéli ne le ferme ? La mission assignée par le peuple au Congrès est claire : concilier cette tournante avec la nécessaire harmonisation des mandats des uns et des autres.


Le paradoxe de cette histoire est que ce soit l’île à laquelle échoient les prochaines primaires et dont la mandature bénéficiera à la fois de la dernière loi référendaire et de l’apaisement des rapports entre les différents exécutifs, qui fasse l’objet de toute cette mystification politicienne.


L’autre paradoxe est que ceux qui par le passé ont eu à faire les frais de cette même politique du pire n’ont pas tiré les leçons ; mais peut-être qu’entre carpe et lapin festoyant, l’un veut faire de son nouveau compère le lièvre ! Doit-on pour autant dire que tout est bien dans le meilleur des mondes ? Assurément non et la critique objective de l’opposition sur la gestion du pouvoir par la majorité participe du jeu démocratique. Mais là où elle est moins légitime, c’est lorsque d’aucuns privilégient la pose politicienne et la personnalisation des enjeux au détriment des intérêts supérieurs de la nation.


Le Parti de l’Entente Comorienne, alliant une éthique de conviction avec, aujourd’hui dans la majorité présidentielle, une éthique de responsabilité, entend prendre toute sa part dans la volonté de redressement national conduite par le président Ahmed Abdallah Sambi. Mais libre et fidèle à ses principes, il y participera avec d’autant plus de loyauté qu’il exigera que la gouvernance de l’Etat soit la plus exemplaire.


Fahmi SAÏD IBRAHIM,
Avocat et Député à l’Assemblée de l’Union

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Mariama HALIDI HALIDI - dans OPINIONS DES AUTRES
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Ahamada Salim 21/02/2010 13:24








Abdou HAMADI 19/02/2010 22:52


VOUS AVEZ DIT SILENCE DE PLOMB ? NON Me Fahami.BRUIT POUR CEUX QUI ONT DES OREILLES

C'est en lisant l'article de Me Fahami paru dans ALWATWAN N° 1506 du 17 février 2010, qu'on découvre que Fahami ne fait que dormir tranquille.

En lisant l'article on peut facilement canaliser trois langages :
- langage du dirigeant politique,
- langage de l'avocat de la mouvance présidentielle
- langage plus ou moins d'un élu de la république

Force est de constater que la combinaison de ces trois langages, dans l'article de Me Fahami
Destiné à nous rassurer sur son bien-fondé, soulève beaucoup des doutes, et nous sommes en droit de se demander si celui qui doute sur son objectif à atteindre peut réussir à échapper notre
vigilance.

Après lecture attentive de son article de près de deux pages, j'ai constaté que l'homme politique Fahami, avait peut être des bouchons dans les oreilles, sinon il était en sommeil profond, du
réveil il entend les bruits de ceux qui réclament le principe de la non-rétroactivité de la loi, pour exiger le départ du président Sambi le 26 mai 2010.

Du coup il surprend tout le monde « au moment où les Comoriens croyaient, que Fahami connaît très bien ce qui se passe au pays », et ben NON dit Me Fahami. Ceci s'explique par ses propres propos
quand au principe de la non-rétroactivité je cite : « Relevons simplement que ce principe n'est invoqué qu'en ce qui concerne le mandat du président de l'Union, mais que ces scrupules à géométrie
variable, faut-il le souligner, sont noyés dans un silence de plomb lorsqu'on évoque les mandats des gouverneurs ».
Comment peut-on parler du silence alors qu'il ya encore résistance. Faut-il vous rappeler que par ce principe Abdoulwahab a refusé l'appellation de « gouverneur » ?
Comment pouvez-vous parler du silence ? Pendant que vous parlez du silence ceux qui ont des oreilles disent qu'il ya trop des bruits.

Quant à l'avocat Fahami, il veut sauver les meubles du RAIS Sambi. Ce qui est normal car n'oubliez pas qu'il est l'avocat de la mouvance présidentielle. Il a donc le devoir de donner espoir au
président Sambi, même si au fond de l'avocat l'espoir est très maigre.
Mais Me Fahami constata que la voie normale est fermée ; il cherche coute que coute à faire son client nommé A²Sambi, un cas d'exception. De la vient le recours aux exceptions de la
non-rétroactivité, c'est pourquoi l'avocat nous parle soit de « la loi de validation soit la loi interprétative », Mais peine perdue Maitre, pour plusieurs raisons qu'on peut évoquer au moment
voulu, mais j'évoque ici (la force de la chose jugée). Dans la constitution Comorienne « la tournante » à une force de chose jugée (c'est-à-dire elle est acquise sans appelle possible), Ce qui
exclu tous tentative de recours aux exceptions de la non-rétroactivité de la loi. Ni la loi de validation ni la loi interprétative n'est pas applicable.

Enfin l'inquiétude et la surprise de l'article de Me Fahami.

Me Fahami se dit Fidel au chef Sambi, ce qui est humainement normale après l'avoir poussé dans l'embarra. On comprend aujourd'hui le discours du président Sambi du 14 septembre 2009, au palais
présidentiel de Dar Nour (Anjouan), dans ce discours le président disait ceci :
« Je préférerais être perdu sur un glacier au milieu des brouillards, que d'être conseillé par ceux qui m'ont conseillé jusqu'aujourd'hui ».

Quand Fahami évoque « le principe de l'effet utile » il ne faut pas chercher seulement le sens juridique, car Fahami est aussi un homme politique qui cherche à sauver sa peau. A travers ses écrits
on peut imaginer qu'à côté de la ruelle de résistance, qu'il veut nous faire visiter dans son article, et rassurer Sambi, se dessine l'aménagement d'un boulevard de refuge.

Mrimdu se demande : Et si l'effet utile consiste à abandonner Sambi au point de non-retour ?

Je termine en disant un mot sur le congrès : je pense que si le congrès fixe l'harmonisation après le 26 mai 2010, cela veut dire qu'il se déclare incompétent à harmoniser les élections
aujourd'hui. (Sambi doit donc partir le 26 mai 2010), Car à défaut des élections, un gouvernement d'union nationale s'impose (au cas où Sambi doit présider le gouvernement d'union nationale sachez
le bien que c'est une autre page qui tourne).
Le sommet de l'immoralité serait atteint si le congrès se déclare incompétent et en même temps, il fixe la date des élections en 2012 ou 2013. Car cela nous ramènera à une période de transition
très longue ce qui n'est pas bon pour le pays.

Abdou Hamadi
auteur du livre (Comores,le symptôme du chaos)


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