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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 10:35
LU POUR VOUS :
 
INTERVIEW ACCORDEE LA SEMAINE DERNIERE AU JOURNAL ALWATWAN PAR LE MINISTRE DES RELATIONS EXTERIEURES DE L’UNION DES COMORES
 
Ahmed B. S. Jaffar, ministre des Relations extérieures
''Nous ne céderons pas sur les principes''
 
Je veux bien pour des raisons politiques qu'on affecte des personnes qui ne relèvent pas de la diplomatie, mais je ne peux pas non plus admettre que ces ambassades là soient complètement dépourvues de véritables diplomates
 
L'accord politique parrainé par l'Union Africaine n'est toujours pas appliqué dans sa totalité. Les forces de la gendarmerie de Ndzuwani continuent les mêmes pratiques. Qu'attendez-vous pour faire respecter cet accord?
Tout le monde convient en effet que cet accord n'est pas appliqué dans sa totalité. Des manquements dans son application son constatés. C'est pourquoi, une initiative a été prise par le ministère des Relations extérieures de mettre en place, en collaboration avec la communauté internationale, un comité de suivi qui permette d'évaluer sa mise en œuvre.
Ce comité devra être composé de représentants de l'Union, de la communauté internationale et de la partie anjouanaise. Il devra avoir pour mission notamment de saisir les autorités compétentes pour statuer sur la non-application d'un certain nombre de clauses de cet accord. Il sera installé à Ndzuwani jusqu'à la tenue des élections. Il est mis en place, il reste de petits problèmes techniques liés à la disponibilité des personnes désignées.
En ce qui concerne la sécurisation des élections, estimez-vous qu'avec des effectifs réduits, cette force puisse être à la hauteur des enjeux à un moment où l'on craint un rebondissement du colonel Bacar?
Suite à la tenue du conseil de paix et sécurité à Durban, il est prévu que cette force de sécurisation séjourne aux Comores du 13 mai au 31 juillet et pourra être prolongée jusqu'à l'installation définitive et effective de l'autorité de l'Union sur l'ensemble du territoire comorien et en particulier à Ndzuwani.
Cette date a été retenue par principe, car lors de cette réunion, nous avons rappelé à l'Union Africaine ce qui est arrivé après le départ rapide de l'Amisec (à l'issue de la dernière présidentielle de l'Union, ndlr). A cette occasion, on a raté un certain nombre d'opportunités qui auraient pu être réalisées avec la présence de l'Amisec.
Il y aura certainement une réduction d'effectif, mais nous espérons qu'après les élections, une partie de cette force de sécurisation restera jusqu'à l'installation effective de l'Union sur l'ensemble du territoire.
 
Vous avez eu des échanges plutôt houleux avec l'ambassadeur de France à Moroni..
… Il n'y a pas vraiment eu des échanges houleux comme vous dites. L'ambassadeur a exprimé un certain nombre de choses. Je suis arrivé aux Comores, à la suite d'un rendez-vous que j'avais pris deux semaines bien avant que j'intervienne à la télévision. Le hasard a fait que mon intervention a eu lieu juste après les propos de l'ambassadeur. Il était de mon devoir de souligner un certain nombre de propos choquants tenus par le diplomate français et reçus comme tel par l'opinion et les autorités comoriennes.
Nous avons saisi l'occasion pour attirer l'attention sur certains écarts de langages qui ne sont pas de nature à apaiser les esprits aux Comores. De tels propos ne doivent pas être tenus. J'ai tenu à rappeler le droit de réserve qui sied aux diplomates et je pense qu'il l'a très bien compris.
Quels sont les grands dossiers que votre prédécesseur vous a légués et dans quel état?
J'ai toujours dit qu'il y a la continuité de l'Etat. Au niveau bilatéral, il y a, bien entendu, la question de Maore que l'on a repris. Vous savez, les orientations que l'on nous a données. Nous y sommes attelés dès le départ, car, la vision si elle était la même, en tout cas les orientations ne le sont pas.
C'est un dossier important, nous essayons de régler cela de notre manière et par rapport aux orientations qui sont les nôtres. L'on notera le dossier de suivi de la conférence des bailleurs de Maurice, qui est un dossier très important. Nous le travaillons en étroite collaboration avec les ministères concernés, le commissariat au plan. Il y a également la commission mixte franco-comorienne, le document cadre de partenariat avec la France.
Qu'en est-il de la participation annoncée de Maore aux prochains Jeux des îles de l'Océan indien?
Les choses sont très claires. La position du gouvernement comorien a été d'ailleurs exprimée par son porte-parole : ''Si les Maorais participent à ces jeux des îles de l'Océan Indien en tant qu'entité à part, l'Union des Comores n'y participer pas''. Il reviendra à nous, maintenant, d'assumer.
C'est-à-dire…
… de poser la question sur notre raison d'être au sein de la Commission de l'Océan indien. Je sais, bien entendu il y a un comité d'organisation de ces jeux, mais la Coi devra également se sentir concernée par cette question, puisque la Coi a toujours respecté les résolutions de l'Onu ou de l'Union africaine qui considèrent que les Comores sont composées de quatre îles dont Maore.
Comment peut-on accepter à ce que l'île comorienne de Maore participe à ces jeux en tant qu'entité à part entière? Que les Maorais participent sans aucun signe d'appartenance à la France, le problème n'est pas là. Il s'agit d'un problème de principe, de souveraineté. Aujourd'hui, imaginez si les athlètes Maorais sont amenés à s'affronter aux athlètes des autres îles des Comores. Est-ce normal? Je ne le pense pas.
Maintenant s'ils participent avec les Réunionnais dans la même délégation, c'est leur problème. Et nous ne pouvons pas admettre que, sous quelque forme que ce soit, les Maorais participent en tant qu'entité à part à ces jeux.
Les Comores sont membre de la Ligue des Etats arabes depuis plus d'une décennie. Certains estiment qu'elles ne tirent pas assez des retombées de cette adhésion…
Je ne sais pas pourquoi vous considérez que le pays ne tire pas l'essentiel des retombées. Avec la Ligue des Etats arabes, un fonds de dix millions de dollars a été retenu en faveur de notre pays. C'est vrai que jusqu'alors nous n'en avons bénéficié que 4. Pour le reste, à chaque réunion, à chaque sommet, la Ligue ne rate pas l'occasion d'interpeller le reste des pays de donner leurs contributions.
Au delà de ces questions financières, vous pouvez déjà constater qu'à chaque fois qu'on a besoin de l'accompagnement ou de la présence de la Ligue des Etats arabes aux Comores elle est présente. Des missions, des délégations arrivent aux Comores pour soutenir nos efforts de réconciliation nationale et de développement.
La Ligue doit participer au financement des prochaines élections à hauteur de près de 300 000 dollars. Il y a trois semaines, une mission de la Ligue a tenu à Moroni des séances de travail avec un certain nombre de ministères sur des projets de développement. Nous attendons maintenant la réaction des experts qui étaient venus aux Comores. Avec la Ligue tout se passe bien.
Les Comores n'arrivent pas à entretenir leurs huit représentations diplomatiques à l'extérieur. Que préconisez-vous à cour terme pour trouver solution à cette question qui met à mal l'image du pays à l'étranger?
La tendance actuelle dans le monde c'est de réduire un certain nombre de missions diplomatiques. L'ouverture d'une mission diplomatique est fonction de l'intérêt réciproque que deux pays s'accordent. Nous essayons, tant bien que mal, d'entretenir les nôtres. Ces derniers temps, nous avons réglé un certain nombre de problèmes d'ordre matériel et pratique. De même, les loyers sont payés jusqu'au 31 décembre prochain.
C'est dire que notre préoccupation est de bien maintenir nos représentations. Maintenant, pour redorer l'image de notre pays à l'extérieur, j'ai décidé personnellement d'accorder l'attention et le mérite qu'il faut aux cadres du ministère des relations Extérieures.
C'est, pour moi, une manière de rehausser l'image de nos ambassades à l'extérieur qui sont la vitrine du pays. Il est inadmissible que nous y affections des personnes qui n'ont pas le profil de diplomate requis. Je veux bien pour des raisons politiques qu'on affecte des personnes qui ne relèvent pas du domaine de la Diplomatie dans les ambassades, mais je ne peux pas non plus admettre que ces ambassades là soient complètement dépourvues de véritables diplomates.
Quel commentaire faites-vous de la situation qui prévaut à Ndzuwani à moins de vingt jours des présidentielles?
Sur cette île, les difficultés perdurent depuis dix ans. A un moment donné, on a cru avoir fini avec le séparatisme. Malheureusement, certains veulent nous ramener dix ans en arrière, à ce moment le plus sombre de notre histoire.
Les Comoriens savent pour l'avoir vécu qu'à, chaque fois qu'il y a une tentative de décollage économique, les esprits maléfiques reviennent. Quand nous initions des projets porteurs, comme en ce moment, nous voyons resurgir le spectre du séparatisme. Mais nous avons confiance aux Comoriens. Nous comptons sur le sursaut national, sur cette veine nationaliste que possèdent les comoriens pour ne pas céder enfin à toutes ces manœuvres que Mohamed Bacar et sa clique cherche pour déstabiliser ce pays.
Nous sommes conscients que toute la stratégie de Mohamed Bacar, c'est de faire en sorte que ces élections n'aient pas lieu. Car, il sait très bien que si elles se passent dans la transparence, dans la sécurité, dans la démocratie et en toute liberté, il les perdra.
 
Propos recueillis par
Mohamed Youssouf Kaiva
 
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