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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 22:52

Discours à la Nation du Président de la République du 8 juin 2009

Ci-dessous la traduction en français du discours en langue nationale à la nation du Président de l'Union desComores du 08 juin 2009 :

« - Honorables Comoriennes et Comoriens, des quatre îles et de la Diaspora, Jeunes et Adultes, Hommes et Femmes, Vous tous qui me comprenez lorsque je m'adresse à vous, Que Dieu vous protège, vous honore, et fasse de vous des bienheureux, dans ce Monde et dans l'Au-delà.

Une fois encore, j'ai jugé opportun de m'adresser à vous, comme il est de mon devoir de le faire à chaque grande occasion, dans le bonheur ou le malheur, pour vous annoncer qu'à la suite du
référendum du 17 mai 2009, je viens de signer les premiers actes et de prendre les premières mesures de la mise en œuvre de la nouvelle Constitution.

Je sais que vous avez voté pour que des changements interviennent dans le pays et, notamment, pour que les Présidents des îles et leurs ministres, soient respectivement dénommés Gouverneurs et Commissaires et pour que les anciens députés des îles soient appelés Conseillers.

Ainsi, conformément aux prérogatives que vous m'avez données en adoptant la
Loi référendaire du 17 mai et en attendant la mise en place de l'Assemblée de l'Union et des conseils des îles, et en me basant sur les articles 22 et 23 de la nouvelle Constitution, j'ai commencé à signer des actes allant dans le sens de votre volonté de doter le pays d'institutions stables et de mettre fin aux conflits.
En effet, l'article 22 dispose, je cite : « Les dispositions nécessaires à l'application de la présente loi référendaire feront l'objet soit, d'ordonnances soit, de décret pris en Conseil de Ministres ». L'article 23 : stipule pour sa part que : « La présente loi entre en vigueur dès sa promulgation par le Président de l'Union dans les sept jours suivant la proclamation des résultats du référendum par la Cour Constitutionnelle. » Je devais donc vous tenir informés que je viens ainsi de commencer la mise en ouvre de ces dispositions.

Vous avez également exprimé à l'occasion du référendum, votre volonté d'harmoniser les mandats électifs et réduire le nombre de scrutins. Comme vous le savez, aucune loi ne régit l'élection des anciens députés des îles, devenus aujourd'hui Conseillers. Je tiens ainsi à vous informer que je signerai, dans les heures qui viennent, les actes permettant de tenir ces élections pour éviter les problèmes. Voilà quelques un des premiers fruits de votre vote du 17 mai.

Je saisis cette opportunité pour vous tenir un langage auquel je ne vous ai pas habitué et vous informer de l'état de la Nation pour vous préparer aux changements à venir.
En effet, je souhaite vous parler des finances publiques. Je vous ai souvent dit que la Loi des finances qui, comme vous le savez, est adoptée chaque année par les députés, ne me satisfait pas dans son état actuel. Là aussi, des changements sont nécessaires pour prendre en compte les problèmes des comoriens. Les Comoriens ont des problèmes d'eau, d'énergie, de routes, d'écoles et de santé. De nombreux foyers et de villages entiers n'ont toujours pas d'électricité ou de routes et manquent d'hôpitaux. En effet le problème des infrastructures routières reste entier.

Certes il existe un fonds pour entretenir les routes mais il n'y en a pas pour en construire et la plupart des comoriens continuent à vivre dans des cases en paille ou en tôles, peu propice à la santé et à l'hygiène.

Or, tout cela ne se reflète dans aucun des chapitres de la Loi de finances.

Pour illustrer mon propos, je vais vous exposer l'état des recettes et des dépenses publiques pour l'année passée, en espérant ainsi, montrer aux Comoriens, comment est utilisé leur argent.

Pour rappel, les recettes de l'Etat proviennent des douanes, des impôts, de la Société des Hydrocarbures, des régies, de la SNPSF et enfin des aides budgétaires extérieures. Voilà une réalité de notre pays, que vous devez connaître. Je ne suis pas de ceux qui considèrent la politique comme l'art du mensonge.
Au total, les recettes effectives de l'Etat pour l'année 2008 s'élèvent à 17.497.137.609 francs.
Ainsi, en 12 mois, les douanes ont versé 7.913.872.051, les sociétés d'Etat 4.202.934.007, les Hydrocarbures 342.000.000 les régies 824.124.306, et la SNPSF 1.467.000.000. Les aides extérieures s'élèvent au total à 1.973.381.291, selon les comptes qui m'ont été fournis par le Trésor Public.
Pour les dépenses, la priorité va au remboursement de la dette extérieure, soit 1.914.378.898. Certes cette somme pourrait servir à financier la construction de nos écoles, à nos besoins en eau et en énergie, à nos infrastructures routières et à l'équipement de nos hôpitaux.

Toutefois, nous avons maintenu cette priorité car notre crédibilité auprès des institutions financières internationales, nos discussions avec elles et les relations avec le FMI et Banque Mondiale dépendent de notre capacité à honorer nos engagements.

C'est ainsi que nous devons prier pour que le 25 juin prochain, notre pays obtienne ce qu'il demande depuis des années : non seulement un programme avec ces institutions mais également la possibilité de bénéficier de l'effacement de la totalité de sa dette, car il nous reste encore 86 milliards à rembourser. D'ici cette échéance, notre pays doit payer 10 millions de dollars, pour bénéficier d'un nouveau programme. A cet effet j'ai eu, encore aujourd'hui, à passer de nombreux coups de fil. Ne manquez donc pas de faire l'invocation des saints de ce pays, pour que nous puissions, avoir la chance non seulement de bénéficier de l'effacement de notre dette extérieure mais aussi de pouvoir régler, en une seule fois, notre dette intérieure.

Pour toutes ces raisons et comme vous le voyez, la priorité accordée au règlement de la dette, à hauteur de 2 milliards de francs, ne doit pas vous offusquer.

Mes chers compatriotes,

12.357.783.993 francs sur 17 milliards, ont servi à la paie des salaires des agents de l'Etat, pour 10 mois sur les 12 mois de l'année 2008. N'oubliez pas qu'en outre l'année 2008 a vu le débarquement d'Anjouan et les élections dans cette île qui ont également occasionné de grandes dépenses à l'Etat. A cela, il faut ajouter les dépenses de fonctionnement de l'Etat.

J'ai ainsi voulu vous parler de cette réalité-là : notre pays a consacré 71% de ses recettes aux paiements des salaires en 2008 et les prévisions de 2009 annoncent 79 ou 80%. C'est votre argent en tant que citoyens et contribuables. Vous devez tous par conséquent et notamment les jeunes, être les gardiens vigilants des fonds publics et veiller à sa dépense à bon escient et dans votre intérêt.

Nous devons changer de comportement, au risque de voir s'accumuler davantage encore les arriérés de salaire ou de ne pouvoir rien payer du tout.
Si demain un Gouverneur veut recruter, ce qui est normal, il doit néanmoins obtenir l'autorisation de la Haute Autorité. Cela aidera le pays. C'est pourquoi j'ai demandé le recensement des agents de l'Etat et l'assainissement des effectifs sans distinguer les fonctionnaires de l'Union et des îles.
En effet, pour moi il n'y pas de différence entre ceux qui servent le pays et l'Etat au niveau de l'Union ou à celui des îles. Il faut donc identifier les fonctionnaires car il n'est pas normal que des personnes soient payées à ne rien faire et laisser prospérer les recrutements politiques.

Je saisis cette occasion pour dire ceci aux syndicats : si quelqu'un doit veiller, être le premier gardien et aider à faire cesser l'anarchie dans la fonction publique, c'est bien les syndicats, pour que les travailleurs soient payés. Les mesures annoncées ont pour objectif l'intérêt du pays et ne visent pas des catégories. Les salaires qui sont versés à ceux qui ne font que jouer aux cartes sur les ordinateurs de bureaux, pourront ainsi servir à d'autres usages, notamment l'aide aux entreprises. Si tous les Ministres se mettent à recruter, ce serait comme le poison dans le miel. En effet les agents payés à ne rien faire, contribuent à enterrer le pays.

Nos frères de la diaspora savent eux, que les recettes de l'Etat proviennent des citoyens et que même leurs téléviseurs font l'objet de redevances.
Dieu fasse que nos débats futurs portent non pas sur nos maigres recettes mais sur nos priorités et les priorités de nos priorités car on n'en est pas encore là. Nous avons peu de recettes, nous devons donc les dépenser à bon escient. C'est pourquoi j'ai demandé qu'à partir du paiement du mois passé, des prélèvements soient effectués sur les indemnités des agents des superstructures.

Comoriennes, Comoriens,

Dieu fasse que les actes que j'ai commencés à signer bénéficient au pays et à vous tous qui avez décidé de doter le pouvoir et les prérogatives à un seul Président, un seul Gouvernement et bientôt une seule assemblée dont les députés seront les gardiens de l'Etat et les contrôleurs des fiances publiques.
J'espère que ma prochaine adresse à la Nation sera pour vous annoncer de bonnes nouvelles du FMI et des autres organisations financières.
Que la Paix et le Salut soient sur le Prophète Muhammad, sa famille et ses compagnons et que Dieu vous comble de ses bienfaits ».
Source : Beit-Salam

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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