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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 12:01

Dans son adresse à la nation d'hier soir (mercredi 15 avril 2009), le président de l'Union des Comores, Monsieur Ahmed AbdallahSambi a annoncé la date du 17 mai 2009 pour la tenue du référendum de révision de la constitution de 2001. La campagne référendaire se déroulera du 26 avril au 15 mai 2009.

Pour l'harmonisation des élections, le président a décidé de soumettre cette question aux « députés qui seront élus par la suite, à en fixer la date. Cela respecte la volonté des uns et des autres », a-t-il dit.

Le chef de l'Etat demande à ceux qui refusent ces changements de faire usage de la démocratie en faisant campagne contre le projet de loi référendaire.
Nous publions ci-dessous l'intégralité de son discours selon la transcription de Beit-Salam.



Le Président de la République s'est adressé à la Nation.

Discours à la Nation de Son Excellence MonsieurAHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, Président de l'Union des Comores

Après les louanges à Allah et les salutations au Prophète, à sa famille et à ses compagnons ; le Président de la République s'est adressé à la Nation en ces termes :
Honorables Comoriennes et comoriens, de l'Intérieur du pays et de la diaspora : que Dieu vous protège.

Comme je vous l'ai promis, je voudrais vous entretenir aujourd'hui d'un sujet important qui concerne aussi bien l'avenir de notre pays que son présent.
Je souhaiterais auparavant, vous rappeler une chose que vous ne devez jamais perdre de vue : lorsque vous m'avez élu, vous m'avez donné la mission de rechercher et de préserver les intérêts du pays et, comme le médecin, trouver les remèdes adéquats contre les maux qui frappent notre pays.

Comme j'ai eu l'occasion de l'évoquer à plusieurs reprises dans mes discours, notamment après la libération de l'Ile d'Anjouan, j'ai fait le constat du dysfonctionnement de nos institutions et des conflits de compétences qui opposent en permanence, le Président de l'Union à ceux des îles autonomes.

Comme mon prédécesseur qui ne parvenait pas à s'entendre avec les présidents des îles, l'incompréhension s'est installée entre moi et les autorités insulaires.
J'avais espéré trouver une meilleure issue mais j'ai fini par comprendre que ces conflits n'étaient pas dus aux personnes mais à la nature séparatiste de certaines dispositions de notre constitution.

Quand j'ai acquis la conviction que ces conflits persisteront tant que les racines du séparatisme ne seront pas arrachées de ce pays, j'ai alors jugé indispensable de faire réviser cette constitution, du moment que notre texte fondamentale, approuvé par le peuple, m'en donne le droit.
J'estime en effet que la révision de notre constitution qui instaure quatre Gouvernements, quatre parlements et quatre constitutions, demeure une des solutions à apporter aux problèmes de notre pays capable de le faire progresser.
C'est pourquoi j'ai pris l'initiative de demander aux Comoriens, par la voie du référendum, la révision de notre constitution.

La multiplicité des scrutins constitue par ailleurs une source de grandes dépenses d'énergie et d'argent, qui pourraient être utilisés à meilleur escient, dans les domaines cruciaux de l'eau, de l'électricité, de l'éducation ou de la santé.
En effet, alors que j'ai été élu en 2006, les Présidents des îles de Ngazidja et de Mwali ont été élus à leur tour en 2007 et celui de Ndzouani l'a été en 2008. Les élections législatives devront avoir lieu en 2009 et en 2010, à nouveau, l'élection du Président de l'Union. Si nous devons revenir aux élections des présidents de Ngazidja et de Mwali en 2012, à celles du Président de Ndzouani en 2013 pour revenir aux présidentielles de l'Union en 2010, je comprends comme tout homme doué d'intelligence peut s'en rend compte, au vu de ce calendrier, qu'il y a en perspectives de nombreuses occasion de divisions dans notre pays.
J'ai alors pris l'initiative de la révision de certaines dispositions de notre Loi fondamentale comme celle-ci m'y autorise.
En effet, nous sommes en démocratie où c'est le peuple qui choisit ses gouvernants et exerce sa souveraineté par la voie du référendum ou par l'intermédiaire de ses représentants.
Permettez-moi de vous faire lecture de l'article 3 de la constitution ; je cite « La souveraineté appartient au peuple qui l'exerce, dans chaque île et dans l'ensemble de l'Union, par ses représentants élus ou par la voie du référendum. Aucun groupement ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice »
L'article 37 stipule par ailleurs, je cite : « l'initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de l'Union et au moins un tiers des membres de l'Assemblée de l'Union. Pour être adopté, le projet ou la proposition de révision doit être approuvé par les deux tiers du nombre total des membres de l'Assemblée de l'Union ainsi que par les deux tiers du nombre total des membres des Assemblées des Iles ou par référendum... »
C'est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Personne d'autre, fut-il président ou Chef de l'Etat ne peut s'attribuer cette souveraineté, à cette différence prêt, que le Président de l'Union ou le tiers de l'Assemblée de l'Union ont seuls l'initiative de la révision. Mais pas la décision de son adoption n'appartient qu'au peuple s'il le décide en majorité par la voie du référendum ou par les deux tiers du congrès des assemblées qui le représentent.
Ainsi, c'est en me basant sur la Constitution que je vous demande officiellement aujourd'hui cette révision, conformément aux articles 3 et 37 qui donnent toute sa légalité à mon initiative.
Mais comme vous le savez, depuis que j'ai annoncé cette initiative, beaucoup de choses ont été dites.
Pour ma part, j'ai pris le soin de publier un avant-projet, par respect pour les citoyens comoriens et, comme vous en avez été témoins, j'ai fait appel aux présidents des îles en premier.
J'ai ensuite appelé toute la population pour recueillir les avis de tous. Le dialogue inter-comorien, appuyé par la communauté internationale, a enfin émis de nombreuses propositions.
Avant de boucler le projet à soumettre au référendum, j'ai à nouveau convié les présidents des îles pour recueillir leurs avis en vue d'un consensus et afin de préserver la paix et le calme dans le pays. Je leur ai ainsi donné l'occasion de me soumettre leurs propositions.
J'ai enfin souhaité les rencontrer une autre fois à Beit-Salam, en présence des deux Vice-présidents, après lecture du communiqué qu'ils ont publié à l'issue de leur rencontre d'Anjouan.

Permettez-moi de vous faire l'écho de nos entretiens. Le Président Moussa Toyb a expliqué qu'il souhaitait aller jusqu'au bout de son mandat, en 2013 et proposé que les autres mandats soient prorogés jusqu'à cette date. Le Président Mohamed Ali Said tout en affirmant sa volonté de terminer son mandat, rejetait, quant à lui, toute prolongation de mandat du Président de l'Union. Le Président Abdouloihabi souhaitait pour sa part terminer son mandat. Il a néanmoins proposé que la question de l'harmonisation des mandats soit discutée et tranchée par les députés. Le Président de Mwali a alors accepté l'idée de soumettre le calendrier des élections au congrès des députés.
S'adressant au Président Moussa Toybou, pour lui demander s'il consentirait à écourter son mandat, le Président de Mwali a eu cette réponse : « dans l'intérêt du pays, je suis prêt à sacrifier un an de mon mandat pour que les élections puissent avoir lieu en 2012 ». Le Vice-président a alors avancé comme date des élections, fin 2011 avec prise de fonction des présidents, début 2012.

En résumé, j'ai senti qu'un compromis était trouvé sur la nécessité de réviser certaines dispositions de la constitution et pour harmoniser les mandats. Il ne restait plus qu'à retenir une date pour la tenue des élections.
Il était convenu au cours de cette rencontre que les présidents des îles allaient se retrouver mais malheureusement, samedi, c'est un constat d'échec des discussions qui a été annoncé.
J'ai alors estimé qu'il était temps que je tire les conclusions en vertu des pouvoirs que vous m'avez conférés.
Entre-temps, j'ai reçu ce matin, une correspondance signée par les Président de Ngazidja et le Président de Mwali m'annonçant qu'ils étaient disposés à harmoniser leurs mandats au mien pour que l'élection du Président de l'Union puisse avoir lieu en 2010.
J'étais heureux que cette proposition que j'avais déjà faite pour écarter l'idée qui m'était prêtée de vouloir prolonger mon mandat, ait obtenu leur sage adhésion.
Mais c'est avec regret que j'ai reçu par la suite une correspondance du Président Moussa Toybou, me faisant part de sa volonté et de son droit de terminer son mandat en 2013.
J'aurais aimé qu'il accepte la proposition faite mais force est de constater que le consensus entre les Présidents des îles, que j'ai appelé de mes tous vœux, n'a pas été ainsi trouvé.
Il me revient alors de décider, en tenant compte de l'intérêt supérieur de la Nation.
Je vous informe ainsi que j'ai retenu la date du 17 mai 2009 pour la tenue du référendum de révision de notre constitution, la campagne référendaire devant se dérouler du 26 avril au 15 mai.
Chaque comorien pourra se prononcer en toute conscience par oui ou par non sur les propositions qui lui seront soumises.
Sur les points de divergences, j'ai décidé, après réflexion et consultation, de soumettre la question de l'harmonisation aux députés qui seront élus par la suite, à en fixer la date. Cela respecte la volonté des uns et des autres.
Pour ma part, je ne souhaite aucunement prolonger mon mandat et je ne souhaite pas qu'une question de date divise la Nation.
A ceux qui ne sont pas pour cette révision, je leur demande pourquoi ils veulent me priver de mon droit d'initiative. Pourquoi voudraient-ils imposer une autre voie que celle de la démocratie ? Je demande ainsi, à ceux qui s'opposent à ces changements, de les refuser non par les menaces et les intimidations qui seraient un fâcheux précédent mais par les voies démocratiques.

Comoriennes et Comoriens,

Nous avons rendez-vous avec notre Histoire. Notre pays a aujourd'hui besoin de paix et de calmes, conditions essentielles de notre développement car favorables aux investissements.
Aucune personne, aucune autorité, aucun parti et aucun groupement ne peut s'arroger le droit de nous imposer sa volonté au détriment de la volonté de la majorité de notre peuple qui seule, fera la Loi et décidera de la révision constitutionnelle.
Ce n'est le propriétaire d'une radio ou d'une télévision qui doit imposer ses volontés au peuple.
Pour leur part, les élus du peuple qui, à l'heure actuelle, nous sont inconnus, seront appelé le moment venu, à trancher sur la question de l'harmonisation des mandat et du calendrier des élections, afin d'éviter les querelles et les divisions entre les îles et au sein de toute la Nation.
Je félicite nos frères Abdouloihabi et Ali Said pour leur adhésion à une harmonisation des élections en 2010. J'aurais souhaité que le Frère Moussa Toybou se joigne à eux. Toutefois l'absence de consensus m'oblige à trancher.
Je souhaite que personne n'ait recourt aux intimidations et aux menaces et que seule la démocratie et la volonté du peuple appelé à trancher, prévalent.
Les changements doivent intervenir suivant les voies démocratiques.
Pour terminer, j'exprime ma sympathie à tous ceux qui sont victimes des dégâts dus aux intempéries en espérant pouvoir, avec l'aide de Dieu, les venir en aide.

Comoriennes et comoriens,

Votre destin est entre vos mains. Le 17 mai c'est la majorité d'entre vous qui décidera. Par la suite les élus nationaux et insulaires décideront de la date des élections.

Je vous remercie.

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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