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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 10:37

"Je dois prendre des décisions importantes dans les jours qui viennent et choisir la meilleure solution pour notre pays"

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE S’EST ADRESSE A LA NATION CE SAMEDI SOIR :"Je dois prendre des décisions importantes dans les jours qui viennent et choisir la meilleure solution pour notre pays"
Le Président de l'Union des Comores, Son Excellence Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI s'est adressé à la Nation en langue nationale, samedi soir, 21 mars, 2009.
Après les Louanges à Allah et les salutations à son Prophète Muhammad, le Chef de l'Etat a livré à la Nation, le message suivant :


Comoriennes et Comoriens des quatre îles, de l'intérieur du pays et de la diaspora,

Que Dieu vous protège et vous accorde ses bienfaits ici-bas et dans l'au-delà.
J'ai souhaité, une fois encore, m'entretenir aujourd'hui avec vous, comme j'ai pris l'habitude de le faire, à chaque moment important de la vie de la Nation.

Aujourd'hui, je sais que vous attendez avec impatience, la suite que j'entends donner au référendum sur la réforme de nos institutions.
Je suis conscient de votre attente et du doute de certains d'entre vous, à propos de la date de cette consultation.
Je voudrais vous assurer que nous irons inéluctablement vers les changements importants dont dépendent l'évolution et la vie de notre pays pour les années à venir.
Toutefois, je dois vous demander de patienter encore et de m'en laisser le temps nécessaire.
Cette patience, je vous l'ai demandé lorsque j'ai appelé à la libération de l'Ile d'Anjouan alors que certain n'y croyaient pas, que d'autre encore manifestaient leur impatience et que d'autre enfin, les détracteurs et les rebelles eux-mêmes, disaient qu'on tardait à agir, se demandant en raillant, si on y allait à dos de chameau.
La population s'impatientait alors. Mais j'ai pris le temps qu'il fallait pour réussir cette opération. Vous n'avez pas regretté votre patience et votre confiance en moi
Aujourd'hui, il y a une similitude des situations. Je ne souhaite pas que les changements projetés échouent. C'est pourquoi, je souhaiterais prendre le temps d'examiner les propositions émises concernant
l'avant projet que je soumis à tous.
En effet, des propositions pertinentes, que j'ai acceptées, ont été suggérés pour améliorer cet avant projet. Ainsi, si les changements sont inéluctables, ils doivent intervenir en temps et en heure.

Je sais que vous attendez de moi que je vous dise le sort de l'avant projet et que je vous annonce la date du référendum. Toutefois, compte tenu des responsabilités qui sont les miennes, je souhaite que la réforme de nos institutions intervienne dans un climat apaisé, afin qu'elle apporte de vrais solutions à nos problèmes. C'est pourquoi, je vous demande de patienter encore.

Je vous demande d'autant plus cette patience, que nous allons accueillir, dans les jours qui viennent, une honorable délégation en provenance de la Tanzanie, conduite par le Président de ce pays frère.
En effet, je ne souhaite pas que notre politique intérieur interfère avec ce grand événement.
J'invite ainsi les comoriennes et les comoriens, à faire honneur à nos hôtes tanzaniens, avec qui nous partageons la culture, l'amitié et des valeurs de paix et de bon voisinage et qui ont aidé à recouvrer l'intégrité de notre pays.
Je vous demande donc d'accueillir d'abord nos hôtes avec toute la dignité requise et de leur réserver un accueil mérité, un accueil à la comorienne.
Je vous demanderais ensuite, de me donner le temps de terminer les consultations que j'ai entamées, car le sujet du référendum est d'importance.
Je sais que la majorité des comoriens désirent les changements que j'ai proposés et que d'autres encore souhaitent le maintien du statu quo. Mais, comme je l'ai dit, je n'ai pas fini mes consultations.
En effet j'ai invité les Présidents des Iles à venir me rencontrer lundi afin que je puisse les écouter, une fois encore, et recueillir leur avis.
Mes chers compatriotes,
Je reste convaincu que le référendum reste la meilleure voie pour modifier notre constitution.

Je sais que la constitution me donne le droit d'en prendre l'initiative et je sais également que je le regretterais toute ma vie si je ne le faisais pas, sachant que la réforme de nos institutions est une des solutions à nos problèmes.
Je vous demande donc de m'accordez la même confiance, le même soutien et les mêmes prières que vous m'avez accordés lors du débarquement d'Anjouan car cette fois, comme à l'époque, il s'agit de trouver des remèdes aux maux dont souffre notre pays.
Mais sachez qu'il y ceux qui ne souhaitent que du bien pour ce pays.

Pour ma part, j'ai toujours suivi la voie légale. Si je ne le fais pas et que ceux qui en ont la compétence, me le disent je me conforme à la légalité. C'est ainsi que je me suis toujours
soumis aux arrêts de la Cour Constitutionnelle.
Certains me dénient le droit de modifier la constitution. Je vous dis que cela n'est pas exact.
Lisez l'article 3 de la Constitution : "La souveraineté appartient au peuple qui l'exerce, dans chaque île et dans l'ensemble de l'Union, par ses représentants élus ou par la voie du référendum. Aucun groupement ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice".
Cela signifie que le vrai pouvoir appartient au peuple et que lui seul peut trancher sur les changements, par voie référendaire.
L'article 37 de la Constitution dispose par ailleurs que "L'initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de l'Union et au moins un tiers des membres de l'Assemblée de l'Union. Pour être adopté, le projet ou la proposition de révision doit être approuvé par les deux tiers du nombre total des membres de l'Assemblée de l'Union ainsi que par les deux tiers du nombre total des membres des Assemblées des Iles ou par référendum".
Ainsi, je ne comprends pas ceux qui me disent que je ne respecte pas la constitution.
Certes le même article dispose qu'"Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'unité du territoire et à l'intangibilité des frontières internationalement reconnues de l'Union ainsi qu'à l'autonomie des îles".
Toutefois les changements que je propose ne concernent pas ces sujets.
Je voudrais ainsi vous rassurer tous, notamment les gens instruits : je ne fais que suivre la légalité pour faire de notre pays, un pays de démocratie non régi par la force ou les armes, ni par d'autre voie que celle acceptée par le peuple. Par contre le refus du référendum n'est pas légal.

Citoyens de l'intérieure et de la diaspora,

L'idée de la révision constitutionnelle m'est venue après la libération de l'Ile d'Anjouan.
Cette constitution n'était pas faite dans l'intérêt du pays et porte en elle de nombreux dysfonctionnement dont l'existence de quatre présidents, quatre parlements, quatre gouvernements et quatre constitutions.
La preuve est désormais faite, notamment par les incessants conflits de compétences entre les gouvernements des îles et celui de l'Union.

Au nom de la Nation, du pays, de l'Islam, pouvons-nous nous permettre de tenir tous les ans des élections qui nécessitent du temps, de l'énergie et de grands moyens financiers ?
Nous avons voté en 2006 pour les présidentielles de l'Union, en 2007 pour les Présidents de Mwali et de Ngazidja, en 2008 pour le Président de Ndzouani. En 2009 nous devons élire l'Assemblée de l'Union et, à nouveau, en 2010, le Président de l'Union pour revenir à Ngazidja et Mwali en 2012, à Ndzouani en 2013 et renouer avec l'élection du président de l'Union en 2014. Nous ne devons pas ainsi fermer les yeux.

Voilà une des raisons qui justifient la révision de notre constitution. Si quelqu'un a d'autres propositions pour résoudre le problème de la multiplicité de nos institutions et de la fréquence de nos élections, qu'il les fasse.

Lors de la
conférence intercomorienne et après, un seul sujet a semblé préoccuper les gens : le mandat de l'actuel Président de l'Union.
J'ai en effet proposé l'harmonisation à cinq ans, de l'ensemble des mandats, permettant ainsi de ne tenir que deux élections en 5 ans.
On m'a alors prêté l'intention de vouloir prolonger mon mandat comme cela se pratique dans d'autres pays du monde. Je vous prends à témoin que telle n'est pas mon intention. Si tel était le cas, pourquoi ne vous aurais-je pas demandé la possibilité de renouveler mon mandat ?
Que l'harmonisation des mandats à cinq ans me donne une année de plus, je n'en disconviens pas. Mais je suis tout aussi disposé à retenir le mandat de 4 ans pour vous prouver que ce n'est pas la prolongation de mon mandat qui me préoccupe. Otez donc de vos idées, que je souhaite avoir un an de plus car, sincèrement, je cherche une solution aux problèmes qui se posent à notre pays pour qui je suis prêt à verser mon sang afin qu'il vive mieux.
Dès lors, j'invite les autres à penser d'abord aux intérêts du pays avant les leurs.

Mes chers compatriotes,

Je dois prendre des décisions importantes dans les jours qui viennent et choisir la meilleure solution pour notre pays :
► Retirer le projet de révision constitutionnelle ? Ce n'est pas une solution.
► Tenir les élections du Président de l'Union en 2010, en même temps que celle des Présidents des îles et laisser ainsi la présidence tournante aller à Mwali ?
► Ou décider de tenir ces mêmes élections en en 2011, 2012 ou 2013 ?
En tous les cas, il me faudra prendre une décision pour harmoniser les mandats et réduire la fréquence et le coût des élections. Mes consultations des jours à venir, me permettront de prendre la décision adéquate. La vie des comoriens dépend de ces réformes.
Je ne suis pas de ceux qui considèrent la politique comme l'art du mensonge et de l'hypocrisie.

Mes chers compatriotes,

Un autre défi nous attend : la France souhaite faire du territoire comorien de Mayotte un département français.
C'est une initiative que nous devons condamner. Je sais que vous êtes derrière moi sur ce sujet et que la communauté internationale est avec nous.
Toutefois nous devons revendiquer dans la paix.
L'Union Africaine a condamné le référendum français à Mayotte. D'autres organisations et de hautes personnalités prendront position dans les jours qui viennent.
Nous devons, pour notre part, parler à la France, le langage qu'elle comprend : celle du droit et de la civilisation.
Je voudrais ainsi dire aux français une chose que je ne leur ai dite : faites d'abord un référendum en France sur le sujet.
En effet, Mayotte est comorienne et l'a toujours été. D'ailleurs, la capitale des Comores s'y trouvait.
Les Mahorais ne seront jamais des français à part entière. Ils auront leurs papiers mais resteront toujours des comoriens
.
La question « souhaitez vous que Mayotte devienne française » doit être posée au peuple libre de France, pas aux Mahorais sous la colonisation et qui, par conséquent, ne sont pas libres.
Je le dis par la voix de la sagesse et de la paix, qui constituent notre bravoure et notre patriotisme car Mayotte française, cela n'a aucune signification pour nous. Ainsi nous savons d'avance les résultats du référendum : ils sont nuls et non avenus.

Mayotte française ? Si ce référendum se tenait en France, je suis certain que le peuple français ne l'accepterait pas.
Comoriens de l'intérieur et de la diaspora,

J'ai voulu m'entretenir avec vous sur ces défis. Nous avons pu ensemble libérer l'île d'Anjouan. Nous devons nous unir pour affronter le défi de la réforme de nos institutions et celui de la libération totale de notre pays. Je sais de quoi je parle.

Mes chers compatriotes,

J'ai de l'affection pour vous et je sais que c'est réciproque. Je vous demande alors de me faire confiance.
Ce pays a des ennemis puissant à l'extérieur que nous ne devons pas laisser faire si nous voulons nous en sortir, renforcer notre unité et éviter l'éclatement de notre pays.
Pour terminer, je voudrais vous redire toute ma fierté pour l'accueil chaleureux et l'hospitalité généreuse que vous réservez à nos hôtes étrangers. Cela honore notre pays et lui donne une bonne image.

Je vous en remercie.

Que la Paix et la bénédiction de Dieu soient sur vous.

Source : Beit-Salam

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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