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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 11:01

En complément de l'article publié hier concernant  la décision du Conseil d'Administration du FMI de mettre en place un programme post-conflit en faveur des Comores ci-dessous le communiqué de presse du FMI en date du 16 décembre 2008



Communiqué de presse n° 08/327

Le 16 décembre 2008



Le Conseil a approuvé le décaissement d'un prêt d'un montant équivalent à 2,2 millions de DTS (soit environ 3,4 millions de dollars EU) au titre de l'accès rapide à la
Facilité de protection contre les chocs exogènes (FPCE).


En septembre 2008, le Conseil d'administration à approuvé des modifications à la FPCE, afin de permettre un accès plus rapide et plus important, de rendre l'utilisation de ce mécanisme plus aisé et d'en accroître la souplesse. Ces aménagements ont pris effet en novembre, une fois réunis tous les instruments juridiques requis. Le décaissement au titre de l'accès rapide aux ressources de la FPCE est destiné à contribuer à amortir l'impact de la hausse des prix pétroliers et alimentaires sur la balance des paiements en 2008.

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a également approuvé le versement d'un montant de 1,1 million de DTS (environ 1,7 million de dollars EU) au titre de l'Aide d'urgence post-conflit (AUPC) à l'Union des Comores, portant l'assistance totale à l'équivalent de 3,3 millions de DTS (environ 5,1 millions de dollars EU). Le soutien apporté par le FMI au titre de l'AUPC vise à aider les Comores à faire face aux besoins immédiats de rétablissement de la coopération inter-îles, d'amorce du retour à la viabilité des finances publiques et d'élimination des distorsions économiques fondamentales, afin de permettre à l'économie comorienne de renouer progressivement avec une croissance forte et durable.

M. Takatoshi Kato, Directeur général adjoint assurant la conduite des délibérations du Conseil d'administration sur l'Union des Comores, a fait la déclaration suivante à l'issue des travaux:

"La croissance économique a pâti de l'instabilité politique persistante aux Comores, tandis que la hausse des prix des produits alimentaires et de l'énergie a affaibli la position extérieure du pays et durement frappé les couches vulnérables de la population. La charge de la dette extérieure, y compris les arriérés accumulés, est insoutenable. L'appartenance à la zone franc a toutefois constitué un ancrage de stabilité. Avec l'apaisement des tensions politiques, il y a lieu de féliciter les autorités pour la prompte mise en place d'un programme économique visant à relever ces défis.


Dans le domaine macroéconomique, le gouvernement a rétabli la coopération inter-îles en matière de gestion budgétaire et économique, et s'emploie à renforcer la situation des finances publiques par l'application de mesures volontaristes de mobilisation des recettes et une maîtrise accrue de la masse salariale. La réalisation des objectifs budgétaires au titre de l'exercice 2008 permettra de redonner confiance aux bailleurs de fonds et au secteur privé quant à la volonté des pouvoirs publics d'assainir durablement les finances publiques. Pour éviter l'aggravation de la situation de la dette publique, les autorités entendent limiter les déficits publics à des niveaux susceptibles d'être couverts par l'aide extérieure identifiée, surtout sous forme de dons.


Dans le domaine structurel, le gouvernement a engagé des mesures visant à éliminer progressivement les obstacles structurels à la croissance. Il convient de saluer le récent relèvement des prix des produits pétroliers et des tarifs de l'électricité, faisant suite à plusieurs années de gel de ces prix. Les autorités ont mis en place un mécanisme de détermination flexible des prix des produits pétroliers, conscientes de son caractère crucial pour rendre l'approvisionnement en énergie-facteur essentiel d'appui à la croissance-plus fiable. Par ailleurs, avec l'assistance technique de la Banque mondiale et d'autres bailleurs de fonds, le gouvernement a amorcé la préparation de la réforme des entreprises publiques et travaille à l'achèvement du DSRP pour la fin mars 2009. D'autres réformes structurelles visent à accroître l'efficacité de l'administration publique, notamment le bon calibrage des effectifs de la fonction publique et la rationalisation de son organigramme.

Dans le même temps, la mise en œuvre des réformes comporte des risques non négligeables pour les Comores, compte tenu des contraintes de capacités, des défis que présentent l'environnement politique et de la vulnérabilité du pays aux chocs exogènes. Dans un contexte aussi difficile, la stricte application des réformes sera déterminante pour mobiliser des concours accrus des bailleurs de fonds, rétablir la compétitivité de l'économie et, de manière plus générale, créer les conditions d'une croissance accélérée, autant de facteurs qui permettront d'accroître l'efficacité de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté. Pour parvenir à résoudre la question du surendettement, les Comores devront passer rapidement à la mise en œuvre d'un programme appuyé par les ressources du FMI au titre de la Facilite pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance et réunir les conditions requises pour bénéficier de l'allègement de dette au titre des initiatives PPTE et IADM."


ANNEXE


Évolution économique récente


La situation économique de l'Union des Comores s'est considérablement détériorée au cours des deux dernières années. La croissance du PIB réel a été d'à peine ½ % en 2007, contre un taux de croissance moyen annuel de 2 ½ % sur la période 1999-2006. L'activité économique est restée faible au premier semestre 2008 et le PIB réel devrait stagner à ½ % pour l'année entière. Outre la détérioration des termes de l'échange, la croissance est freinée par les problèmes du secteur de l'énergie découlant du non renouvellement, en avril 2008, d'un contrat d'approvisionnement conclu de longue date avec une grande société pétrolière française.

L'inflation a fortement augmenté en 2007, portée à 4,5 % en raison de la flambée des prix des produits alimentaires et pétroliers. Fin 2008, elle devrait atteindre 9,6 %, sous la pression continue de la hausse des prix des denrées alimentaires et des produits pétroliers au cours des neuf premiers mois de l'année.

L'exécution budgétaire a encore faibli en 2007-08, bien que des mesures correctrices aient été prises pour 2009 et le moyen terme. Le déficit du solde primaire intérieur du budget a été porté à 2,2 % du PIB en 2007 et les données budgétaires à fin septembre indiquent qu'il atteindrait 2,7 % du PIB en 2008.

Face à la constante appréciation, en termes réels, du franc comorien ancré sur l'euro et à la détérioration des termes de l'échange à un rythme moyen annuel de 16 % sur les 3 dernières années, le déficit du solde extérieur courant a été porté à l'équivalent de 6,7 % du PIB en 2007. D'après les projections, il devrait atteindre 8,7 % du PIB en 2008 — surtout en raison de la hausse des prix de l'énergie et des produits alimentaires durant les 9 premiers mois de l'année. La dette extérieure des Comores n'est pas viable, ressortant en VAN et selon les projections, à 236 % des exportations à la fin 2008.


Synthèse du programme


Dans un contexte de croissance faible, le programme appuyé par les ressources de la FPCE est surtout axé sur la mobilisation des recettes et la maîtrise de la masse salariale. Les réformes structurelles visent à rétablir progressivement la coopération inter-îles, à dénouer les principaux blocages structurels à la viabilité des dépenses à moyen terme et à amorcer la correction des distorsions économiques. Rigoureusement appliqué, le programme pourrait constituer un jalon vers le point de décision pour l'allègement de dette au titre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Cela favoriserait aussi un réengagement durable des bailleurs de fonds pour le renforcement de la capacité des autorités à mettre en œuvre les politiques macroéconomiques.

L'appui du FMI au titre de l'accès rapide à la PFCE aidera à faciliter l'ajustement au choc majeur souffert subi en 2008 du fait de la détérioration des termes de l'échange. À cet égard, les autorités ont pris des mesures correctrices volontaristes. Il faut noter en particulier le resserrement budgétaire et l'adoption progressive des prix du marché pour les principaux produits de base importés et exportés, ce qui devrait contribuer à terme, à la réduction des déséquilibres externes des Comores.


Union des Comores - Principaux indicateurs économiques et financiers, 2006-13

  2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
  Programme Projections

 
(Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)
Revenu national et prix  

PIB réel

1,2 0,5 0,5 1,0 2,0 3,0 3,5 4,0

Indice prix à la cons. (moyenne)

3,4 4,5 5,9 4,9 1,5 2,9 3,1 3,1

Taux de change effectif réel

134 129 ... ... ... ... ... ...

Termes de l'échange

-6,9 -20,3 -21,2 17,1 -3,1 -1,4 0,3 0,7
                 

Monnaie et crédit

               

Avoirs extérieurs nets

6,3 5,0 0,8 0,8 0,4 0,8 1,0 1,1

Crédit intérieur

5,0 6,0 11,9 -0,4 2,7 4,2 5,1 6,1

Crédit à l'État

63,9 -0,2 31,6 -3,5 0,6 2,3 3,5 4,2

Masse monétaire au sens large

4,3 1,1 7,1 7,2 5,5 8,3 9,3 7,7
                 
(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Investissement et épargne

               

Investissement

9,2 10,4 10,5 12,8 13,9 14,5 15,1 15,8

Épargne nationale brute

3,2 3,7 1,8 2,2 3,6 3,5 4,7 52
                 

Budget de l'État

               

Recettes intérieures

13,6 12,7 12,4 12,7 13,0 13,4 13,9 14,3

Total des dons

5,0 7,6 8,9 5,9 6,1 6,3 6,5 6,7

Dépenses totales

21,2 22,3 21,7 21,2 21,3 21,4 21,6 21,6

Solde primaire intérieur

-1,2 -2,2 -2,7 -1,6 -1,3 -0,8 -0,3 0,3

Solde global (base caisse)

-1,7 -3,4 0,0 -3,4 -2,5 -2,2 -1,7 -1,2

Dons exclus

-6,7 -11,0 -8,9 -9,3 -8,6 -8,4 -8,2 -7,8
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Secteur extérieur

               

Solde extérieur courant

-6,1 -6,7 -8,7 -10,5 -10,3 -11,0 -10,4 -10,6

Hors transferts officiels et privés

-24.3 -26,5 -28,4 -26,6 -27,1 -27,4 -27,3 -27,9

Ratio VAN dette ext./

               

export. de biens et services

390 249 236 218 208 193 175 160

Sources : autorités comoriennes; estimations et projections des services du FMI.

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