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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 17:17

Le Consul Général des Comores à Tunis et Conseiller du Président de l’Union des Comores, Monsieur Ali Bourhane (photo) est décédé ce matin à l'hôpital Pitié-Salpêtrière de Paris à la suite d'un infarctus à l’âge de 62 ans. Il a déjà été victime d’une attaque cérébrale le 25 avril dernier à Anjouan et a été évacué d’urgence à Mayotte.

 

Originaire de Mutsamudu – Anjouan, Ali Bourhane était diplômé en Sciences économiques et Statistiques et un ancien élève de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) en France, promotion Voltaire. Il avait occupé plusieurs  hautes fonctions dans des organisations internationales notamment Economiste principal au FMI (Fonds Monétaire International), Administrateur représentant africain à la Banque Mondiale et spécialiste en gouvernance à la BAD (Banque Africaine de Développement).

 
Mais pour les associations de la diaspora comorienne en France, en dépit de ses capacités intellectuelles et professionnelles, Ali Bourhane était tout simplement un de ces Pro-conseillers français de Sambi (voir le communiqué du Collectif des Associations et des Amis  des Comores publié à Paris le 07 mai 2008) qui étaient hostiles à l’introduction de la question de Mayotte Générale de l’ONU (voir la déclaration signée le 30 septembre 2007 par : Collectif Comores-MasiwaMane (CCMM), Association Comorienne des Droits de l’Homme (ACDH ), Guilde des Artistes Comoriens, Groupe de Réflexion pour l’intégrité Territoriale de l’Archipel des Comores (GRITAC), SOS-Démocratie-Comores  suite au retrait de la question de l’île comorienne de Mayotte de l’ordre du jour de l’AG de l’ONU en cliquant ICI)

 

  Que son âme repose en paix ! Amen.

 

 Pour lui rendre hommage, vous trouverez ci-dessous  un message intéressant qu’il avait envoyé par e-mail à certains d’entre nous le 15 février dernier (en bleu) en réponse à un article  d’Anrmy Bourhane (en rouge):

 

 ( …) On peut tout simplement se demander pourquoi d'aucuns ne se référent pas aux documents sur lesquels l'élite administrative comorienne a travaillé
On y verrait que le développement des Comores n'est pas recherché à travers un rêve de révolution verte mais a travers plusieurs axes stratégiques qui ont été rappelés à Maurice

Les Comores ont un DSRP, ont un quasi programme avec le FMI, se préparent à rencontrer les pays arabes pour présenter nos meilleurs projets porteurs des 3 iles (Agriculture, télécom, infrastructure, santé etc.) et tout cela devrait connaitre un peu plus de publicité
Des commissions sont en place et travaillent
Le MIREX , le Plan et les Finances comme l'Economie et le Ministère des Investissements y travaillent
 
Il n'est pas mauvais d'avoir de bonnes idées, il n'est pas bon d'inventer a chaque fois la roue en ignorant ce qui se fait ou en ne les citant pas
 
Tout le monde peut participer a ce travail de réflexion, mais intégrons déjà ce qui se fait.

Il est aussi urgent de tenir compte de la culture, et ignorer les pseudo-révolutions qui ont eu cours à un moment de notre histoire
 
 
Bon débat
 
Ali
Bourhane

Consul àTunis



Comores : Révolution Populaire pour la IIème Indépendance
Comoriens, retour aux champs, La France dehors !!   
 par Anrmy B : 12 - 02 - 2008

   

6.07.1975, feu Ahmed Abdallah déclare contre toute attente une indépendance unilatérale des Kamar (1) (Iles de la Lune). Mais de quelle indépendance parle-t-on ? Le régime « denardesque » d’Abdallah, « père » d’une certaine indépendance en a dit long. Les conséquences de cet autre régime vitrine de la Françafrique, de cette « indépendance de drapeau » continuent à hanter l’Archipel aux Sultans batailleurs. Ahmed Abdallah a présidé donc les Kamar sans réel projet de société, mais avec comme seule ambition celle de régner avec son clan sous l’œil attentif du vieux « gourou » Foccart, le Bob Denard à l’Elysée.

Le triste constat d’un départ raté

Les Kamar héritent donc d’un système colonial mais sans hommes pour accompagner la transition à la comorienne. Un système qui donc dès le départ est voué à l’échec, car il n’a jamais été conçu pour répondre aux spécificités insulaires, religieuses, historiques et culturelles de l’archipel. Jamais le modèle institutionnel, simple copie de celui du colon, n’a été une panacée pour les Kamar. A-t-on besoin d’une constitution ? Le Comorien comprend-il le rôle de l’Assemblée Nationale ? Le Comorien comprend-il le rôle du vote ? La réponse est sans équivoque NON. Mayotte elle-même restée sous administration française, voit aujourd’hui une grande partie de ses élus ne rien comprendre aux lois fondamentales de la République Française.(2)

Les Kamar se sont vantées pendant des années être les premiers producteurs de vanille et d’huiles essentielles d’ylang-ylang sans se demander si ce modèle économique basé sur la culture de rente était à l’avantage du pouvoir d’achat du comorien. Sur les marchés, la vanille synthétique a remplacé nos belles gousses riches en vanilline pendant que les cours mondiaux de l’ylang-ylang et du girofle font de la plongée sous marine. Cette économie colonisatrice a surtout profité aux familles indiennes du coin, et surtout à la balance commerciale française.

Qu’opiner du legs laissé à la jeunesse comorienne ? Que du rêve...sans les moyens de l’atteindre. Les Kamar appliquent « sagement » depuis lors, un système éducatif calqué à la lettre sur le modèle français - du programme aux vacances scolaires -. Ce système là n’est-il pas en contradiction avec nos origines africano-musulmanes ? Etre éduqué aux Kamar est-ce savoir chanter « sur le pont d’Avignon » ou encore connaître l’histoire de l’Hexagone ?

32 ans après, le constat est amer, aussi amer que des endives faites à la parisienne : un modèle politico institutionnel complexe et non adapté ; un modèle économique qui n’exploite pas les richesses naturelles du pays : la Terre et la Mer ; un modèle d’éducation en décalage avec la vie quotidienne et les intérêts du jeune Comorien.

Devant cet échec cuisant d’une certaine « élite » comorienne, le temps est venu pour un Big Bang national, un dernier effort pour bousculer l’Histoire et oser proclamer L’Indépendance. Il est temps de faire naître une Nation comorienne définitivement débarrassé du poids d’une histoire dominée par la servitude et l’aliénation. La réussite de notre société comorienne à la salsa locale passe avant tout par une conscience collective apte à provoquer le sens de la fierté nationale. Contrairement à 1975, il ne s’agit plus de déclarer l’Indépendance et s’asseoir dans une tour en ivoire dans une citadelle de Domoni - Ndzouani (3), Kamar - gardée par la France. L’urgence d’agir s’impose avec une série de mesures pragmatiques mais qui répondent à un seul intérêt : La Nation.

Une Langue, une refonte de l’approche éducative, une Révolution Verte pour Une Nation

La langue est l’un des ciments d’une société, un bien commun qui permet à une Nation de partager un sens d’unité. Sur le papier, nous avons trois langues officielles : le comorien, l’arabe et le français. Qu’en est-il ? La majorité des Comoriens maîtrise peu ou pas la langue de Molière, l’arabe est restée langue des imams menteurs, le comorien existe-t’il vraiment ? Aucune politique linguistique n’a été mise en place pour favoriser l’émergence d’une langue commune maîtrisée par tous et qui respecte nos origines. En observant la composition des langues parlées dans les trois îles de l’archipel, du shindzouani (A Ndzouani), du shimwali (A Mwali), du shingazidja (A Ngazidja) le swahili parlée et écrit par nos voisins du Kenya, de la Tanzanie, de Zanzibar et bien au delà semble être la langue que devrait enfin adopter les Kamar pour rehausser la conscience collective d’appartenir à une Nation.

Naturellement, ce pré requis linguistique ne doit pas faire oublier le chantier urgent de l’encadrement des jeunes pour une meilleure éducation. Une jeunesse délaissée qui préfère aujourd’hui les bancs mortels des Kwassa Kwassa aux bancs de l’école. Loin des Alpes, de Washington, du christianisme nous devons nous assurer que nos jeunes connaissent avant tout le Mont N’Tringui, Koni Djodjo, Thomas Sankara, le monde musulman et les contes de nos grands-mères. Il est temps d’adapter le système éducatif à nos besoins, à notre culture si belle et riche. Ce chantier exige le courage de non seulement remettre en question le système actuel mais aussi valoriser deux approches : formation en Swahili centrée sur des métiers utiles aux Kamar dans les secteurs de l’agriculture, la pêche, l’artisanat, la construction. Dans ce premier volet l’accent serait mis sur la femme rurale et urbaine car instruire une femme c’est fonder une Nation sur des valeurs sûres : le sens de l’effort, le travail, la paix, l’environnement.... la naissance, la Vie. Quant à la deuxième approche, elle consiste à valoriser les écoles coraniques, véritables centres d’éducation religieuse et civique.
Aussi ces deux systèmes seraient fusionnés dans un même Centre ouvert du samedi au mercredi (4) où le jeune apprendrait le socle vital pour être un vrai Comorien et pourra y revenir à tout âge pour accompagner l’évolution de sa société. Une société qui par exemple a longtemps privilégié un système féodal basé sur une notabilité traditionnelle sous Ahmed Abdallah.

Le temps est venu de placer au centre de la société toutes les forces vives du pays en particulier les parias de l’ancien système féodal : les femmes et les jeunes. Mais aussi construire une Nation autour du monde rural - 60 % des Comoriens vivent dans des zones rurales-. Comment peut-on construire les vraies Kamar sans donner avant tout la parole aux paysans, aux pêcheurs, à la vendeuse du marché ?... Cette Elite là, de part son nombre mérite une attention toute particulière, car elle est à même de mieux amorcer la transformation de la société et de provoquer ce Big Bang. Le monde rural détient aussi la clé pour sortir enfin du marasme économique et de l‘illusion parfumée à l’Ylang-ylang et à la vanille entretenue par la France. Comme tous les pays developpés aujourd’hui, le décollage de l’économie comorienne passera par une Révolution Verte véritable réforme agraire plus qu’urgente. Tous les Comoriens doivent rehausser les manches, non plus pour planter de l’Ylang mais pour développer l’agriculture et l’élevage extensifs à même de répondre à leurs besoins nutritionnels.
Cette prise de conscience nous permettra non seulement de vivre à la hauteur de nos moyens et nous évitera aussi de quémander des grains de riz et des aides qui ne font que nous asservir. Début des années 60, le Guinéen Sékou Touré réclamant l’indépendance de son pays rétorque à un De Gaulle orgueilleux " ....nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage ». N’avait-il pas tout résumé ? C’est ce sacrifice qu’il faut aux Comoriens pour demain être riche dans la liberté. Comoriens, osons remembrer notre foncier en vue de sortir de cette agriculture de subsistance familiale que favorise la parcellisation des terres. Reprenons les chemins qui mènent à nos champs, seul remède pour le bien être de la majorité des couches sociales.

L’avenir des Kamar appartient à toutes ces couches sociales qui doivent enfin former une seule grappe pour fonder une Nation à leur image. Dans les années 80 le jeune président Thomas Sankara enflammait l’Afrique et le Monde avec ses discours courageux et visionnaires. Ayant placé le Burkinabé au centre de sa lutte, il renomme la Haute Volta en Burkina Faso « Terre des Hommes Intègres ». Soyons aussi des hommes intègres, renommons Comores en Kamar (Iles de la Lune), rayons de nos dictionnaires ces noms d’emprunt que sont Anjouan, Grande Comore et Mohéli pour les remplacer respectivement par Ndzouani, Ngazidja et Mwali.

Nous pourrons ainsi commencer à écrire notre Histoire loin de la France qui emmènerait avec elle son franc C.F.A (colonies françaises d’Afrique) et ses « accords de coopération militaire ». Débarrassés des ces lourdes chaînes, les trois îles Kamar pourront ouvrir une nouvelle page où elles auront naturellement, le choix de partenariats ouverts avec la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Espagne ou encore les Etats-Unis d’Amérique.

Quel patriote osera relever ces nouveaux défis ?

Anrmy B.
Country Sales Manager à Londres

 

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