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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 12:09

SUITE 1 DU PREMIER RAPPORT DE LA FCDH DU 15 AVRIL 2008 SUR LES EXACTIONS COMMISES PAR LE REGIME BACAR A ANJOUAN

Pour voir la première partie du rapport cliquez ICI

(...)

A

Moya le 7 avril 08 à 10h 05 mn

 

Personnes rencontrées :

- Mohamed Attoumane alias Alala, arrêté le lundi 14 janvier 2008 pour avoir diffusé publiquement la radio nationale. L’équipe l’a rencontrée à l’entrée du village en compagnie d’un groupe de villageois qui nous attendait.

Son témoignage : « on est venu m’arrêter dans la matinée chez moi. Dans la voiture on a commencé à me tabasser déjà à de cross de fusil. Quand on est arrivé à Mutsamudu, on m’a frappé à coup de matraques pendant des dizaines de minutes. Après on me jeta dans une cellule et il s’en est suivi des tortures morales qui ne se sont arrêtées que le lendemain quand on m’a libéré vers 15 heures. Je n’ai pas pu identifier mes bourreaux car ils étaient cagoulés.

Une deuxième fois soit le 22 mars 2008, on est venu me chercher mais j’ai réussi prendre la fuite. Je me suis caché dans la forêt jusqu’au débarquement du 25 mars dernier ».

 

- Attoumane Allaoui, professeur d’Anglais « ils sont venus chez moi vers minuit. Quand je les ai entendus, je me suis levé et j’ai regardé dehors. J’ai vu des militaires encerclant la maison. Ils sont passés dans la chambre de mes sœurs par effraction. Quand j’ai vu cela j’ai compris qu’on va m’arrêter. Je suis sorti par la porte derrière mais il y avait encore des militaires qui m’ont d’ailleurs vu. J’ai  sauté vers un balcon voisin en essayant de prendre la fuite. Ils m’ont suivi et m’ont lancé des briques mais heureusement elles ne m’ont pas atteint. La poursuite a continué et j’ai dû me suspendre deux heures durant dans un ravin et ils étaient au dessus de moi. Quand ils sont partis, j’ai monté et pris la direction de la forêt vers quatre. La nuit suivante je suis revenu et on m’a caché dans le voisinage et on m’apporté les premiers soins. On est venu me dire qu’on me cherche encore et le troisième jour je suis parti pour Mohéli. A Mohéli le colonel Anrifi Moustoifa m’a accueilli et a pris ma déclaration.

Je suis revenu à Anjouan après quelques semaines et quand les partisans de Bacar l’ont su, ils transmis le message et me rechercha encore et je me réfugia dans la forêt jusqu’au débarquement. J’ai pu identifier certaines milices de ceux qui sont venus m’arrêter. Il s’agit de Abdallah Mourchidi, Naouir Soilihina. Enfin, depuis ces problèmes je n’ai pas été payé. Le lundi 24 mars, il y a eu une liste de 35 personnes qui devaient être arrêtées à Moya et j’y fugurais ».

 

- Daroussi Zirari (ami de Gabou) « on est venu m’arrêter le troisième jour du mois de ramadan 2007 parce que  je suis l’ami de Gabou et je suis celui qui saura sûrement là où il se cache. C’est Abdallah Mourchidi qui avait emmené les troupes ce jour là ».

 

- Hadidja Elias mère de deux filles, ex policière « on me recherchait pour avoir critiqué le pouvoir et pour avoir réclamé mon salaire de 24 mois que je n’ai pas reçu. J’ai dû m’exiler pendant 75 jours à Bandrani. Après je suis revenue au village vers début janvier et quand on l’a su on me recherchait encore. Quelques amis sont venus me le dire. Cette fois-là j’ai pris le maquis et je vivais dans la forêt avec un groupe de trente quatre personnes et j’étais la seule femme. Nous sommes rentrés à Moya le mercredi 26 mars après le débarquement ».

Assad Abdou « les militaires ont débarqué chez moi vers minuit. J’ai pu les voir avant de pénétrer dans la maison et j’ai pris la fuite. Ils m’ont poursuivi jusqu’à la sortie sud de la ville. Pour les échapper j’ai dû sauter dans un ravin où je me suis blessé les pieds. Eux ils n’ont pas osé sauter mais ils ont projeté leur dans la direction que j’ai prise. J’ai nagé après jusqu’à l’autre coté de la ville et quand je suis sorti de l’eau, j’ai remarqué me pieds étaient couvert de sang. La nuit suivante je suis revenu à la maison pour pouvoir bénéficier de soins, mais je n’ai pas pu rester car on m’a dit que les militaires ne reviennent de temps en temps. Donc, j’ai eu juste le temps de prendre des calmants et je suis reparti dans la forêt. Pendant tout ce temps on ne mangeait que des fruits ».

 

- Ayadhui Abdallah, 21 ans « j’ai reçu une convocation de la brigade de Pomoni du 2 janvier 2008. Je me rendu le lendemain et j’y ai trouvé l’adjudant Majani. Il m’a toute de suite fait emprisonner et m’a dit que je dois attendre l’arrivée du commandant parti à Mutsamudu pour être entendu. Celui-ci est revenu vers 15 heures et a dit que je vais rester là jusqu’au lendemain. Et le matin du 3 janvier très tôt le ministre Mohamed Abdallah Amani est venu lui-même en prison dire qu’on ne doit pas nous libérer parce que nous avons menacé d’emmener les militaires AND et faire du porte à porte dans les propriétés des dignitaires du régime Bacar au moment du débarquement. C’est le troisième jour que le commandant me libéra par pitié et m’a fait juré de ne plus répéter cela ».

 

- Omar Bacar, bijoutier Sima, arrêté la nuit du 18 décembre 2007 vers deux heures « les militaires étaient armées jusqu’aux dents. Ils ont appelé trois fois. J’ai refusé d’ouvrir la porte et ils l’ont cassée. Le temps d’ouvrir la porte de ma chambre et ils m’ont tenu la nuque. Je n’ai pas résisté car mes enfants dormaient au salon et j’ai voulu les préserver. Certains sont entrés dans ma chambre et ont fouillé partout pour rechercher mon portable. J’ai dit que je n’en ai pas et ils m’ont emmené. Quand on est arrivé à la place publique on a trouvé Koudé un de leur chef qui leur a dit que j’ai un portable ils sont revenu chez moi, ouillé partout jusqu’à ce qu’ils le trouvent. Il y avait déjà sept personnes dans la voiture. On nous a attachés les pousses par des lacets. Allongés par la poitrine dans la voiture les coups venaient de partout : godasses, matraques, des gens marchaient sur nous ou sautillaient. Quand nous sommes arrivés dans la périphérie de Mutsamudu, on nous a obligés de chanter une chanson dïra insultant la mère du président Sambi. Nous sommes arrivés à la brigade de Ouani à cinq heures au petit matin. Nous avons pu identifier Hassanaly, Kamardine Charsline (lodi) dans qui est venu nous arrêter.

 

A huit heures trente le lieutenant Midiladji est arrivé avec une liste et a demandé les noms d’Ardani, Omar Bacar et Dani Madjidi. Ils nous ont séparés dans des cellules isolées. Dans ma cellule deux militaires sont venus. Ils m’ont demandé où sont les armes que mon frère Houdam Bacar (AND) m’a envoyées et les mercenaires AND. J’ai répondu que je n’en sais rien et militaire s’est mis debout sur mes jambes et l’autre me matraquait les pieds. Ils sont sortis un moment et sont revenus me dire que mes amis ont fait des aveux et ont dit que c’est moi qui détient les armes. Ce à quoi j’ai répondu que cela serait facile s’ils emmenaient ceux qui les ont pour aller les récupérer. Ils ont pris un gros bâton qu’ils ont lancé vers mes pieds mais j’ai pu les retirer et il s’est cassé. L’un a pris l’un des morceaux et l’a lancé vers ma tête et j’ai mis les mains et la main droite s’est cassée, le sang coulait à flot. Ils m’ont dit par la suite de regagner la cellule collective mais je ne pouvais pas. J’ai rampé pour y arriver. Les trois premiers jours on ne mangeait que la nuit et le temps de diner ne dépassait pas cinq minutes. On ne brossait pas et on ne se lavait pas. Le troisième jour quand on a demandé à pouvoir prier, on nous a dit de faire venir aussi nos femmes car nous sommes chez nous. Moi, Midiladji me tabassait presque chaque jour Le sixième jour nous avons été transférés à Koki la pison centrale. Là-bas on nous a toute suit donné de l’eau des brosses à dents et du savon ; nous avons pu nous baigner. J’ai été libéré le 26 décembre 2007 sans procès ».

 

-Assane Oussene, arrêté le 27 décembre 2007 pour avoir critiqué le pouvoir (Mramani-nioumakélé) Nous sommes arrivés à l’heure de la prière de midi. Un groupe de personnes victimes nous attendait dont une fille et un mineur de 16 ans parce son père avait fui l’arrivée des milices. Il a pu identifier hassanaly. Les informations qu’ils ont eu après montrent que c’est le maire du village Oussene Attoumane dit Bachara( actuellement à la prison de Koki) « c’était vers quatre heures, ils m’ont ebchainé et nous ont emmenés avec mes compagnons de captivité au carrefour de Nkohani et on a passé à tabac certains s’étaient évanouis. J’ai été libéré le quatrième jour. Une deuxième fois on me cherchait, mais j’ai pris la fuite et je me suis refugié dans la forêt pendant trois jours puis à Moroni ».

ttoumane Houmadi, enseignant d’éducation physique, interviewé le 8 avril 2008 à Domoni à 17 heures. Nous l’avons trouvé chez lui en compagnie de sa petite fille traumatisée : « ma petite fille que vous voyez là pleure quand elle voit un homme en tenue. J’ai été arrêté le 15 février 2008 à 17h 40 mn chez ma mère. J’ai vu mon père emmené manu militari, obligé de les montrer là où je suis. On m’a ramené et on est parti prendre Abdoulkader Toilha et on nous a emmené chez le ministre Djaé. Un gendarme nommé Taki nous a demandé ce que nous avons fait, ce que nous avons répondu rien. Ils ont commencé à nous tabasser jusqu’au carrefour qui mène à Koni. On nous a obligés de réfléchir bien car nous savons très bien ce qu’on nous reproche et donner les réponses qu’ils veulent. Des gifles, des matraques, des bâtons… Les coups venaient de partout. Moi on me frappait surtout dans le dos et aux pieds. Ils m’ont dit que les autres ont été abandonnés au carrefour et que si je ne réponds pas je serai tué. On nous soupçonnait d’avoir caché des militaires AND. J’ai fait semblant de ne pas respirer et on me bougea avec le bout d’un fusil. On m’avait détenu à Patsy et je n’ai été libéré qu’après que mon père ait payé 200 000 fc le 21 février 2008. J’ai été hospitalisé à l’hôpital El-manrouf du 2 au 18 mars 2008 (voir photo). J’avais fait un interview à RFI ».

 

 

Abdou Houmadi, Bambao Mtsanga à 19 heures. C’est un chauffeur qui a été arrêté le 18 février 2008. il a pu identifier les militaires suivants : Kaïssi, sourette, Houmadi. Il  a été tabassé à la brigade de Bambao. Les pieds sont déformés jusqu’à maintenant. Il a été opéré à Domoni pour hernie. Il a en sa possession une radiographie et son carnet de santé.

 

Bastoine Moussa, mécanicien de Bambao Mtsanga. Il a été arrêté le 18 janvier 2008 vers une heure du soir. Le chef de section était Sengué. A leur arrivée à la brigade Dhoihirou était déjà là. Après le passage à tabac, j’ai remarqué que j’ai des excréments partout et on ne l’a laissé pas laissé aller aux toilettes. Il a été hospitalisé à Domoni et soigné par les docteurs Mohamed Soilihy et Mouslouhidine Haidar.

 

Mouhtar Saindou, électronicien arrêté le 17 janvier 2008 à une heure du matin. Les militaires qui l’avaient arrêté sont Sengué, Djanfar Chamouine, Hazi et un civil ancien ministre des finances de Bacar. Tabassé à la brigade de Bambao et transféré à Domoni avec trois autres personnes. Il a été libéré le 26 janvier 2008 après avoir payé 75 000 fc et un portable acheté à Mayotte 650 euros. Une deuxième fois, le 6 février 2008, il a été recherché parce qu’il disposait d’un téléphone satellite. Il s’est réfugié dans la forêt pendant six jours et il est parti à Mohéli en louant une vedette à 140 000 FC (12 février 2008).

 

Abdillah Ahamadi, Ongoni Marahani, le 9 avril 2008 à 10 h 05 mn. Il a été arrêté le 24 décembre 2007. Il venait d’un enterrement de sa sœur. Il dormait depuis dix huit heures fatigué et attristé. On est venu l’arrêter vers deux heures du matin. « Ils m’ont jeté dehors et tenu par la ceinture et on m’a enchaîné les mains derrière le dos. Les militaires qui étaient là sont Suddik, Madjidi et Ali Combo. Après le passage à tabac, j’avais les testicules gonflés. On m’a transféré au camp de Sangani le lendemain. Deux jours sans nourriture et je suis tombé malade. Le mercredi 26 décembre 2007 je me suis évanoui et on m’a emmené à l’hôpital. Les militaires ont monté la garde devant la chambre d’hôpital ». Sur le carnet médical du 26 décembre 2007, il est inscrit douleur du bassin coté gauche, otalgie D avec écoulement, douleur des testicules, hernie étranglé et demande de chirurgie urgente. Intervention faite par le docteur Dada à Hombo (reçu n° 25115, 25401, 25402,25403 du 27 décembre 2007).

Jusqu’à maintenant il n’arrive pas à ce soir longtemps. Il n’aucun goût des aliments et des problèmes à la gorge (voir photo).

 

Salim Said Mchinda, enseignant, Bazimini arrêté le 17 février 2008 par Djanfar Chamouine, Mcolo, Djounaïdine Bourhane, Chaher Ben Omar, Houmadi (Radjesh) et Fédéral. Ils sont venus à 13h 00 mn. Il a été emmené à la briga de Ouani. Il était soupçonné d’avoir caché des éléments de l’AND chez lui. Les mains étaient attachées par des lacets. « Midiladji m’a tabassé à 21 h 00 et à 4 h 00 c’est l’escorte de Mohamed Bacar qui est venu. On nous a bandés les yeux et emmenés au collège de Brakani et nous ont tabassés. Après nous étions transférés à la prison centrale de Koki. Après six jours on m’a transféré à la gendarmerie de Hombo. Le lieutenant Adé m’a fait signer un papier où j’ai donné l’engagement de rien dire de ce qui m’est arrivé sinon je serai encore arrêté». Il a un plâtre au pied jusqu’à maintenant.

 

Chamsidine Mohamed Rabioun, rencontré àMutsamudu le 9 avril 2008 à 17 h 10 mn. Il a été arrêté la nuit du 11 janvier 2008 vers deux heures du matin. Il était soupçonné d’avoir participé à l’incendie de la voiture de l’ex-directrice des douanes anjouanaises. Il nous a affirmé avoir passé la nuit à Ongoni-marahani le jour où ces actes se sont passés. C’est le jour où son fils a été tué dans un accident de voiture. Voila son récit : « ils ont cassé la porte et m’ont emmené. J’ai demandé à aller pisser d’abord, mais ils ont refusé. Quand on est arrivé devant la maison de Roukia[2] son frère m’a dit de dire à Dieu à ma femme et à mes enfants parce que je ne les reverrai plus. Dans la voiture, on a posé un pneu sur mon dos et des militaires sautaient dessus. Ils nous ont emmené au terrain de Patsy (moi, Ibraim Ahmed Salim et Omar galela). La bastonnade a commencé de 2 heures à 4 h 30 mn. Ali Nourdini (Djilimbé) m’a frappé à la tête plusieurs fois jusqu’à ce que je saigne de partout même dans les yeux. Il a dit à Adjudant Moina de poignarder et il le fit à plusieurs fois. Ils ont pris briquet, l’ont posé à plusieurs endroits sur ma peau et la tirait par la suite. Après, on m’a enchaîné les pieds, l’autre bout de la corde était attaché à leur véhicule et ils m’ont traîné en faisant le tour du terrain sept fois. Le sang coulait à flot et je me suis évanoui. Le lendemain, les tortures ont repris et on m’a projeté contre un mur et je me suis évanoui. Quand je me suis réveillé on m’a électrifié. Midiladji, nous a dit que nous les gens de Mutsamudu, nous sommes pris en otage et il faut dire à Sambi de libérer Mohamamed Allaoui[3] sinon on mourra en prison. Un jour, des magistrats sont venus à koki[4] (Abdou Abdallah et Chaharoumane) pour nous entendre, ils ont dit qu’aucune charge ne pèse sur nous mais qu’ils ont peur de donner l’ordre de nous libérer car ils sont contrôlés dans tous leurs actes. Ils avaient promis de revenir dans quelques jours, mais ils ne sont revenus qu’après deux semaines. Mais nous avons refusé de les parler sauf si on nous emmène au parquet à Mutsamudu et qu’il y ait une audience publique. Il est à noter que le jour où j’ai été tabassé à Patsy, j’ai vu un homme décapité et mis dans un sac mais je n’ai pas pu l’identifier car il faisait sombres. Aussi un jeune de dix sept ou dix huit ans soupçonné d’avoir des pieds de piments a été suspendu, tabassé et quand il est descendu, il est mort sur place. La liste des gens qui m’ont torturé sont la suivante : Sengué, charcelin, Anli Nourdine (djilimbé), Midiladji, Salim Hatub, Abdou Kalbadjar, Houmadi Mkouboi, Adjudant moina, Kilo, Commandant Salim, Ahmed Riziki, Chinois, Petit, Mirhane, Braza, Youssouf Ladhati, Astérix, Djanfar Chamouine et Chaher ».

 

Ahmad Boura, rencontré à l’hôpital de Pomoni. Sur son lit d’hôpital il était à peine conscient et il avait du mal à parler ; les paroles entrecoupées par des toux. Ses dents ont été arrachées. On dû appeler l’infirmier répondant au  nom de Mohamed Salim pour compléter ns information. Il a toujours une diarrhée chronique et après dix mois de prison on ne voit qu’un corps squelettique avec des points noirs partout. Il nous a confirmé que se sont les cicatrices des mégots de cigarettes qu’on posait sur lui (voir photo). Voila son récit : « ils sont venu m’arrêter à une heure du matin. Ils étaient tous cagoulés et armés. Dans la voiture on m’a tabassé avec des cross de fusils d’assauts, de coups de godasses. J’ai été détenu à Koki où j’étais mal nourri ». (...)


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Mariama HALIDI HALIDI - dans RAPPORTS
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