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  • : HALIDI-BLOG-COMORES, Blog des COMORES
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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

MERCI DE VOTRE FIDELITE

 

 

CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 11:54

FONDATION COMORIENNE DES DROITS  DE L’HOMME

B.P. 310 MUTSAMUDU, 358 MORONI, TEL : 71 15 43 ; 34 60 49

EMAIL : fcdh@comorestelecom.km, a_allaoui@yahoo.fr

 

 Rapport réalisé sur l’île d’Anjouan sur les exactions commises par le régime de Mohamed Bacar du 3 au 9 avril 2008

 

 (...)  

A la suite de la destitution de Mohamed Bacar, la FCDH a mis en place une commission composée de sept personnes venant des 3 sections de la FCDH, dans le but de recueillir des témoignages sur les exactions et crimes commis par le régime Bacar

Cette commission a travaillé dans les quatre coins de l’Île d’Anjouan durant trois jours du lundi 7 avril au mercredi 9 avril 2008.  Durant cette mission, elle a interviewé des victimes et des familles des victimes  du régime Bacar. Lors de ces interviews, la commission a relevé les cas des exactions suivantes :

1-     Les viols

2-     Les actes de torture

3-     Les assassinants et les portés disparus

4-     Les détenus à mourir de faim

5-     Les actes d’extorsion de fonds

6-     Le vol et les actes de vandalisme

7-     Les exils forcés

8-     La corruption et le détournement des deniers publics

 

C’est à travers les témoignages de ces actes que nous avons élaboré le rapport sur les exactions commises par le régime Bacar.

 

 

I-                   Les viols et agressions sexuelles

 

- Mme Andhuima Ahmed, le témoignage a été fait en présence des députés Mohamed Djaanfari et Attoumane Allaoui (Endoudou) : « c’était vers minuit que j’ai entendu des gens frapper à la porte. J’ai demandé qui s’était ce à quoi ils ont répondu les autorités. J’ai refusé d’ouvrir la porte et ils l’ont enfoncée. On me soupçonna d’avoir organisé une réunion pour le compte de mon beau frère le député Djaanfari. Dès qu’on a franchi la porte de chez moi ils ont commencé à me tabasser et m’ont menacé de me violer quand nous parviendrons au bord de la mer. Dans la voiture on me tira les oreilles en me demandant de dire là où est mon mari. J’ai aussi reçu des gifles. J’étais à moitié nue et au bord de la mer on me demanda d’ôter ma jupe. J’ai dit que j’étais menstrues. Un des militaires a mis sa main dans mes parties intimes pour vérifier si cela est vrai. Après on m’obligé de chanter des chanson de tari et quand j’ai dit que je ne sais pas chanter on me frappa avec des cross de fusil et des godasses. A la place publique (chilindroni), on m’a dit de m’asseoir et d’allonger les pieds et un militaire m’a tenue les mains. On me frappa avec des matraques et ils m’ont di de partir chez moi. J’ai dit que j’ai peur d’être  fusillée à bout portant. Cette phrase les a choquées et m’ont dit de revenir. Ils m’ont menacée et eux m’ont laissée partir ».

 

-Mme Sitti Karama « ils sont venus vers minuit et ont cassé la porte. Ils ont fouillé toute la maison en cherchant mon mari. J’ai dit qu’il n’est pas et que je ne sais pas où il est parti. Ils ont pris les enfants et les ont enfermés dans une chambre sans lumière. Ils m’ont jetée dehors et on commencé à me tabasser. Ils m’ont emmené à la place publique et m’ont menacée de me tuer si je ne leur dis pas où est mon mari. J’ai répondu que quand il a connaissance d’une patrouille dans la région il ne dort pas à la maison. Quand on me tabassait un autre groupe est parti chercher andhuima. Je leur ai supplié de ne pas m’emmener par pitié des petits enfants qui sont restés seuls à la maison. J’ai reçu des gifles quand j’ai dit cela et après on ma laissé partir. Je suis partie clandestinement à Ngazidja où j’ai passé trente huit jours et j’ai été soigné par la docteur Assad Said Omar »[1].

 

-Mlle Djasma Assane mineure de 16 ans : on recherchait sa mère une fervente partisane de Sambi qu’ils n’ont pas retrouvée. C’était la nuit du 15 mars 2008. La jeune fille est toujours traumatisée. Elle fait souvent des crises et casse des objets à la maison. Cette histoire a traumatisé la famille aussi. Son frère a confié à un de nos enquêteurs qu’il a toujours de savoir que tout le monde est au courant que sa sœur a été violée. Elle était hospitalisée jusqu’au samedi 22 mars 2008. Elle seulement dit ces quelques mots debout à la porte d’entrée de sa chambre « ils m’ont emmenée et m’ont enfermée trois jours durant où j’ai subi des humiliations. Ils m’ont aussi tabassée ». Quand l’équipe partait elle a lancé avec une voix triste qu’elle a aussi reçu un coup de pied dans le bas-ventre (voir photo).

 

Bimbini le 7 avril 2008 à 17 heures

 

- Quand l’équipe est arrivée au village, il y avait la fête du bouillon au lendemain du Maoulid du village connu sous le nom de Maoulid ya Ntsajou. La personne qu’on recherchait répondant au nom de Mohamed Anfane enseignant d’histoire et géographie arrêté le 18 décembre 2007 à minuit qurante. Mais lui nous l’avons trouvé en train de jouer au domino avec un groupe d’amis. Il est monté dans notre véhicule et il nous a invité d’aller nous entretenir chez lui. Mais l’équipe l’a remercié et a dit qu’ils peuvent s’asseoir à coté dans un petit hangar. Voila son récit : « j’ai été réveillé par mon beau père le maire du village me disant qu’il y a des militaires qui me cherchent. Ils ont demandé le portable, mais j’ai dit que je n’en ai pas. A la sortie du village, on retrouvé Koudé qui a confirmé que j’en ai un et on est revenu à la maison et l’ont trouvé caché dans une poubelle. En plus de Koudé j’ai pu identifié kamardine, Hassanaly et charsline que je connais, malgré qu’ils étaient cagoulés. On a commencé à me tabasser dans la voiture avec toutes les tortures imaginables. On nous disait de chanter une daïra insultant la mère du président Sambi. Nous sommes arrivés à cinq heures à la brigade de Ouani que les milices surnommaient la brigade Tampi. On nous a dit que le groupe kalanourou va sûrement nous tabasser. Midiladji est arrivé à huit heures. On a subi les mêmes sévices que les autres. Il a dit enfin que si l’AND vient, il commencera à vider son chargeur sur nous. Le quatrième jour certains d’entre nous étaient sodomisés »(voir photo).

 

 

II-                Les actes de torture, de vandalisme de vols et d’extorsion de fonds

 

Lors des interviews on a enregistré des centaines de victimes de torture dont les noms et les faits sont les suivants :

 

-         Ayandhu Abdérémane originaire de Moya, a été convoqué la Brigade de Pomoni le 1er janvier 2008 où il a passé 3 jours. Il a été arrêté et détenu car il affirmé qu’il aidera AND à déchoir les autorités d’Anjouan.

-         Issouf Said Ali Professeur d’Education Physique et Sportive originaire de Sima.

C’était le 18 décembre 2007 aux environs de 1 heure du matin, complètement endormi, qu’une équipe d’une dizaine de soldats de la FGA a débarqué chez lui et l’ a violemment réveillé et ligoté sans le permettre de s’habiller correctement. A partir de la maison, il a commencé à recevoir des coups de points, de gifles  et de pieds jusqu’ au véhicule de la FGA. Dans le véhicule, il aperçut certains de ses amis dont Mohamed Affane originaire de Bimbini, Houmadi Aoili, Dani  Madjidi, Artadhu Allaoui et Omar Bacar tous originaires de Sima ont subi le même sort.

Vers la fin du village de Sima dans le région de Chisimani, Mr Issouf Said Ali et ses amis ont vécu un enfer de torture : Coups de matraque sur les pieds, les bras, la hanche et le dos, coups de crosse de fusil, coups de point …etc au bout d’une heure de temps de torture on leur a posé la question suivante : Où se trouvent Assadi de l’AND et les militaires tanzaniens.

Il a répondu qu’il n’est pas au courant que Assadi est arrivé à Anjouan.

Une deuxième question lui a été posée : Comment vous faites pour exfiltrer des soldats de la FGA dissidents au régime Bacar. Il a répondu qu’il n’a jamais participé à des telles opérations.

Tous ses amis ont passé aux mêmes interrogatoires. Après l’interrogatoire, on les a fait monter dans le véhicule en cours de route la torture a continué jusqu’ à la brigade de Ouani.

A 9 heures du matin, lieutenant Mdiladji a ordonné la torture. Un morceau de bois a été introduit dans la bouche de Issouf Said Ali et 4 hommes cagoulés l’ont sévèrement tabassé  jusqu’à son évanouissement. Lorsqu’il s’est réveillé, il a constaté que ses urines et ses celles étaient couverts du sang.   Après 8 jours à la brigade de Ouani. Il a été transféré à la maison d’arrêt de Koki où il a passé 4 jours avec ses amis qui ont subi le même sort sans le moindre soin médical. Après le 4ème jour à Koki, ils ont été tous relaxés. Actuellement, ils souffrent des douleurs aiguës et chroniques sur tous les membres de leurs corps. Les uns marchent boiteux ou titubants les autres n’arrivent pas à s’asseoir correctement pendant une durée prolongée.

 

-         Kassim Houmadi, Professeur de Math originaire de Chaouéni.

Il a été arrêté à son domicile aux environs de 3 heures du matin par une équipe de 10 hommes de la FGA. Ligoté et cagoulé, il a été transporté jusqu’à la place de Nkohani (le Grand carrefour de Nyoumakélé)  où il a subi les mille et une exactions et tortures sur les pieds, les jambes, les mains, le dos,  la hanche et la poitrine jusqu’ à 5 heures du matin. Le lendemain matin, il a été transféré à la Brigade de Domoni où il a passé 4 jours.

-         Achihab Abdallah Mahamoud originaire de M’ramani, enfant de moins de 18 ans, élève de 4ème  a été enlevé à 5 heures du matin et torturé  jusqu’à 16heures où il a été relaxé. Ce mineur a été arrêté parce que son père a réussi à  échapper le groupe de commandos de la FGA qui a débarqué chez lui la veille pour l’arrêter.

-         Anridhoine Antoy, instituteur originaire de Maramani, a été enlevé de son domicile le 27 décembre 2007 aux environ de 1 heure du matin. Ligoté. Il a été torturé sur la place de Nkohani jusqu’à l’aube. Le 28 décembre, il a été transféré à la Brigade de Domoni où il a passé 6 jours. Il est victime d’une fracture du pied. Il est devenu boiteux sans aucun suivi médical.

 

-         Laïk Daoud, originaire de M’Ramani, âgé de 16 ans fils de Daoud Ahamada a été ligoté et détenu durant une journée car son père a réussi à échapper les tortures. De Mohamed Bacar

 

-         Soumaïla Hamidane, originaire de M’ramani agent de Douane a été arrêté et torturé violemment puis transféré à la brigade de Domoni où il a passé 6 jours.

 

-         Abdou Rachidi, originaire de Chawéni a été arrêté et torturé dans la maison d’arrêt de Domoni durant 7 jours

 

-         Attoumane Salim et son fils Camardine Attoumane originaires à Ongojou,  ont été arrêtés en mars 2007, torturés violemment et détenus à Koki pendant 70 jours.

 

-         Abdallah Ahmed Ben Ali dit Tchoukouni a été arrêté le 26 juin 2007 à 11 heures par une dizaine d’homme de la FGA. Il a été sévèrement torturé. Il est victime d’une fracture de bras et des douleurs aiguës et chroniques sur le dos. Il passé un séjour de 9 mois à la maison d’arrêt de Koki. Ce n’est que le 26 mars 2008 lors  du débarquement qui est libéré.

 

-         Salim Massoundi, Responsable d’un atelier de soudure, originaire de Bambao M’tsanga, ligoté, a été arrêté et torturé à la Brigade de Bambao Mtsanga  où il a été détenu durant 3 jours.

 

-         Assiandi Djaffar Baco, vendeur de poissons, originaire de Ongoni Marahani a été arrêté le 25 décembre 2007 à 2 heures du matin. Ligoté, il a été torturé au moyen de bois, crosse de fusil. Le 26 décembre il a été transféré à Sangani où il a subi les mille et exactions durant 8 jours.

 

-         Soulaimana Bacar originaire de Bazimini a été arrêté le 17 février à 13 heures et transporté la brigade de Ouani où il a été violemment torturé. Ensuite à 21 heures, la torture a repris jusqu’à 22huers. Le 18 février à 3 heures du matin, Soulaimana Bacar et certains amis du même village sont transportés sur la route qui mène à la centrale termique de Ntrénani où ils sont torturés violemment. Il est victime des fractures du pied et du bras. Ses amis ont subi le même sort.  Le lendemain, ils sont tous transférés à la maison d’arrêt de Koki. Où ils ont passé 7 jours sans le moindre soin médical. (...)

POUR VOIR LA SUITE 1 CLIQUEZ  ICI

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