Au moins huit civils ont été blessés par balles et par éclats d'obus sur l'île comorienne d'Anjouan depuis le début mardi de l'opération militaire contre l'homme fort de l'île, Mohamed , alors que les combats se poursuivaient mercredi.
Trois civils ont été acheminés par ambulance mercredi matin au centre hospitalier régional d'Anjouan, situé à Hombo, dans la banlieue de la capitale anjouanaise Mutsamudu et, selon une source médicale au centre hospitalier d'Anjouan, cinq blessés civils avaient été admis mardi.
Ces blessés sont originaires de la zone de Ouani (située à environ 3 km de Mutsamudu), l'un des épicentres des entre l'armée comorienne soutenues par des troupes mandatées par l'Union africaine (UA) et les forces du président renversé de l'île, Mohamed Bacar.
Une opération de l'armée comorienne était en cours mercredi matin dans cette zone d'où des tirs d'artillerie et de mitrailleuses lourdes étaient entendus mercredi matin.
Un bateau armé d'un canon lourd de l'armée fédérale comorienne et des troupes mandatées par l'Union africaine (UA) se rapprochait de la côte devant Ouali pour participer au bombardement.
Selon des habitants, les tirs se concentrent sur la zone de Barakani, où se trouve la résidence privée du président d'Anjouan, Mohamed Bacar, contre lesquelles les forces comoriennes et les contigents africains ont lancé mardi à l'aube une offensive.
Le gouvernement fédéral comorien a affirmé mardi soir avoir pris le contrôle à Anjouan de la résidence du colonel Bacar, qui ne s'y trouvait pas au moment de l'assaut de l'armée comorienne et des troupes de l'UA.
Mardi soir, l'armée comorienne, soutenue par des troupes mandatées par l'UA, poursuivait son assaut contre des positions des forces de M. Bacar sur la route reliant la capitale Mutsamudu à la localité de Ouani (à environ 3 km), où se situent l'aéroport et le palais présidentiel.
Ces troupes comoriennes et tanzaniennes ont pris le contrôle d'un camp de gendarmerie mobile d'Anjouan situé sur cette route côtière.
Les troupes ont découvert une vingtaine d'armes à l'intérieur du camp, surnommé le Pentagone par les habitants. Ces fusils d'assaut et ces lance-roquettes avaient été visiblement abandonnés par des gendarmes anjouanais qui se sont réfugiés dans les collines avoisinantes.
Des forces du colonel Bacar étaient visibles sur cette route et ont opposé de la résistance lors de combats dans le village de Barakani, près de Ouani, où se trouve la résidence privée de M. Bacar.
Par ailleurs, le porte-parole de l'Armée nationale de développement (AND) comorienne, Ahmed Sidi, a affirmé par téléphone que Bacar avait "été localisé".
Mais M. Sidi n'était pas en mesure de dire si M. Bacar avait ou non été arrêté. M. Bacar est président d'Anjouan depuis mars 2002, mais sa réélection en juin 2007 a été rejetée par et l'UA.
L'AND, soutenue par des troupes mandatées par l'UA, a lancé mardi à l'aube une opération militaire baptisée "Démocratie aux Comores" visant à chasser du pouvoir les autorités d'Anjouan, jugées illégales.
Plus de 1.000 militaires tanzaniens et soudanais mandatées par l'UA pour appuyer l'opération décidée par le gouvernement de l'Union, avaient été rassemblés sur l'île de Mohéli, la plus proche d'Anjouan.
Après leur débarquement à Anjouan à l'aube mardi, l'armée comorienne et les troupes africaines sont entrées sans grande résistance à Mutsamudu, accueillies dans la joie par une majorité d'habitants.
Plusieurs proches de M. Bacar ont en outre été arrêtés au premier jour de cette intervention, a indiqué à l'AFP le porte-parole du gouvernement comorien, Abdourahim Said Bakar.
L'un des responsables de la gendarmerie d'Anjouan, Said Ibn Toyb, a été interpellé, ainsi que le "major Moilo", également membre des Forces de gendarmerie anjouanaises (FGA) et un homme d'affaires proche de M. Bacar, Abdoulkarim Mohamed, a affirmé M. Said Bakar.
Une source militaire ayant requis l'anonymat a rapporté l'arrestation par l'armée du ministre de la Justice d'Anjouan, Abdallah Bacar Combo.
Plus tôt mardi, le ministre de la Défense comorien, Mohamed Bacar Dossar, avait affirmé que son armée et les troupes de l'UA "contrôlent le port (situé à Mutsamudu) et l'aéroport" d'Anjouan.
Les troupes "ont été bien accueillies par la population" dans une ambiance "de liesse générale", avait dit le ministre.
Un ancien ministre de M. Bacar, qui s'est depuis "exilé" à Moroni, Aboubekr Chahassou, a indiqué à l'AFP que M. Bacar "n'a pas utilisé toutes ses capacités de nuissance jusqu'ici. Il a des armes qu'il n'a pas utilisées jusqu'ici".
Le colonel Bacar avait pris le pouvoir à Anjouan lors d'un coup d'Etat en 2001. Il avait ensuite été élu président d'Anjouan le 31 mars 2002.

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