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  • : BLOG DES COMORES GERE DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013 PAR MARIAMA HALIDI
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A SAVOIR

QU'EST CE QUE LA LANGUE COMORIENNE ?

Pour répondre à cette question pertinente, nous vous proposons ci- dessous l'interview du grand linguiste et spécialiste de la langue comorienne, Mohamed-Ahmed Chamanga

 

 
INTERVIEW DE CHAMANGA PAR RFO EN 2004
 
 
 Le comorien est une langue composée de mots africains, de mots arabes voire parfois de mots portugais et anglais. D'où vient la langue comorienne ?

M.A.C : Le fonds lexical de la langue comorienne est essentiellement « africain » comme vous le dites, et plus précisément bantu. Les emprunts au portugais ou à l'anglais sont relativement faibles. Par contre, l'apport arabe est très important. Cela s'explique par la très forte islamisation des Comores, depuis la Grande Comore(Ngazidja) jusqu'à Mayotte (Maore) en passant par Mohéli (Mwali)et Anjouan (Ndzuwani). Malgré ces emprunts, le comorien (shikomor) reste, sur le plan de sa structure grammaticale, une langue bantu.

Qu'appelle t-on une langue bantu ?

M.A.C : Le bantu est une famille de langues, la plus importante d'Afrique. Les langues qui composent cette famille couvrent pratiquement toute la partie australe du continent noir.

Y a t-il encore aujourd'hui en Afrique ou à Madagascar des populations qui parlent une langue similaire au comorien ?

M.A.C : Bien sûr ! On trouve par exemple le swahili en Tanzanie, le lingala au Congo Démocratique, le kikongo au Congo, le zulu en Afrique du Sud, le shona au Zimbabwe-Mozambique, le tswana au Botswana, le kinyarwanda-kirundi au Rwanda-Burundi, etc. Comme ces langues appartiennent à la même famille, elles ont forcément beaucoup de points communs dans la structure des mots, leurs répartitions dans les phrases, les accords grammaticaux, etc. Elles ont aussi un minimum de vocabulaire commun.
Prenons par exemple le mot bantu ! Ce mot est attesté dans certaines langues, comme le lingala, et il signifie « hommes ». C'est le pluriel du mot muntu qui veut dire « homme » au singulier. Dans d'autres langues, ces mots se déclinent au pluriel en watu (swahili), wantru ou watru ou en encore wandru (shikomor) ; au singulier, nous avons respectivement mtu, muntru, mtru, mndru.
Prenons encore l'exemple de la phrase kinyarwanda suivante qui signifie : « Combien d'hommes ? » : Abantu bangahe ? Nous avons en comorien les équivalences suivantes :Wantru wangapvi ?Watru wangapvi ?Wandru wanga(pvi) ? et en swahili :watu wangapi ?

Ne pensez-vous pas qu'il y a beaucoup de ressemblance dans tout ça ?

M.A.C : A Madagascar, jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait quelques poches bantuphones sur la côte nord-ouest. Mais les langues africaines qui y étaient parlées, le swahili à Marodoka ou le makua à Maintirano, ont aujourd'hui disparu. Le malgache appartient à une autre famille de langues : les langues austronésiennes comme par exemple les langues indonésiennes.

Le comorien est souvent comparé au swahili, parfois on a même dit que le comorien en était dérivé ?

M.A.C: Selon les résultats des recherches des trois dernières décennies, il est prouvé que le comorien et le swahili sont génétiquement issus d'une même souche-mère, d'où leur très grande parenté. Mais les deux langues se seraient séparées aux environs du XIIème siècle. On peut donc dire que ce sont deux langues soeurs. Si la confusion a pu se maintenir jusqu'à une période pas très lointaine, c'était à cause de la très grande proximité des deux langues, mais aussi parce que les sultans des Comores parlaient swahili et beaucoup de correspondances et traités avec les pays voisins ou les puissances étrangères étaient rédigés en swahili qui étaient à l'époque la plus importante langue de communication et du commerce de cette région de l'océan indien occidental.
Par combien de personnes est parlée la langue comorienne?
M.A.C:On peut estimer que la langue comorienne est parlée aujourd'hui par un million de personnes environ : les 750 000 habitants de l'archipel des Comores plus la très importante diaspora comorienne, que l'on peut retrouver notamment à Madagascar, à Zanzibar ou encore en France.

Est-elle enseignée à l'école ? Si non pourquoi ?

M.A.C: Malheureusement, elle ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que : Premièrement, la colonisation française, avec sa mission « civilisatrice », n'avait jamais reconnu au peuple dominé une quelconque culture ou civilisation et que les langues des dominées n'étaient pas des langues mais, avec un sens très péjoratif, des dialectes qui n'avaient ni vocabulaire développé ni grammaire.
Deuxièmement, le pouvoir très centralisateur de l'Etat français avait imposé le français comme la seule langue de l'administration partout. Cela était vrai dans les colonies, mais aussi en métropole. C'est ainsi qu'on a banni l'enseignement du breton en Bretagne, du basque au Pays Basque (Sud-Ouest de la France).
Troisièmement enfin, nous avons nous-mêmes fini par admettre que notre langue est pauvre et sans grammaire. Elle ne peut donc pas être enseigné. Il faut encore souligner qu'avec l'instabilité chronique des Comores indépendantes, aucune réflexion sérieuse n'a pu être menée sur la question. Pourtant, les pédagogues sont unanimes : pour permettre l'épanouissement des enfants, il est nécessaire que ces derniers puissent s'exprimer pleinement dans leur langue maternelle...

Y a t-il une ou des langues comoriennes ?

M.A.C:Nous avons la chance d'avoir une seule langue comorienne, depuis Ngazidja jusqu'à Maore. Mais comme toute langue, le comorien se décline en plusieurs dialectes qui en sont les variantes régionales : le shingazidja à la Grande Comore, le shimwali à Mohéli, le shindzuani à Anjouan et le shimaore à Mayotte.

Comment expliquer l'apparition de divers dialectes sur un territoire aussi exiguë que les Comores ?

M.A.C : Ce phénomène n'est pas spécifique au comorien. Toute langue est formée de plusieurs dialectes. La dialectalisation s'accentue lorsqu'il y a peu de communications et d'échanges entre les régions. A l'inverse, le déplacement d'une population qui parle un dialecte donné vers une autre région où l'on parle un autre dialecte peut également entraîner des changements dans les deux dialectes. Pour le cas des Comores, le facteur du peuplement par vagues successives au cours de l'histoire explique aussi le phénomène.
Les différences dialectales peuvent aussi s'observer à l'intérieur de chaque île. C'est ainsi, par exemple en Grande Comore, que la manière de parler des gens de Mbéni dans la région du Hamahamet diffère du parler des gens de Fumbuni dans la région du Mbadjini. Il en est de même à Anjouan entre les gens de Mutsamudu, sur la côte nord, et ceux du Nyumakele, dans le sud-est de l'île, ou encore, à Mayotte, entre Mamoudzou et Kani Bé ou Mwana-Trindri dans le sud, etc.

Un mot sur la langue mahoraise.

M.A.C:Le shimaore appartient au même sous-groupe dialectal que le shindzuani. C'est dire qu'il faut souvent écouter attentivement pour percevoir les différences entre ces deux dialectes. Le shimaore fait ainsi partie intégrante de la langue comorienne.

Le comorien s'enrichit-il ou s'appauvrit-il (avec le phénomène de créolisation de la langue) ?

M.A.C : Parler à l'heure actuelle de créolisation de la langue comorienne est quelque peu exagéré. Certes elle ingurgite aujourd'hui beaucoup de mots d'origine française. Mais cela reste « raisonnable ». Le comorien a emprunté énormément de vocabulaire d'origine arabe, environ entre 30 et 40 % du lexique, pourtant on ne parle pas de créole arabe, et cela à juste titre. En effet, ce qui fonde une langue, ce ne sont pas seulement les mots. Ce sont surtout sa structure grammaticale et sa syntaxe. De ce point de vue, le comorien ne ressemble ni à l'arabe ni au français.
On ne peut pas dire que le comorien s'appauvrit. Essentiellement oral, il répond parfaitement à nos besoins de communication. Il est toutefois évident qu'une langue écrite possède un stock lexical beaucoup plus étendu qu'une langue orale. Ne vous inquiétez pas pour le comorien. Si un jour, on décide de l'écrire, de l'enseigner et de l'utiliser dans l'administration, il ne pourra que s'enrichir. Il s'enrichira en se forgeant des mots nouveaux ou en empruntant d'autres ailleurs, comme cela se fait dans les langues dites de « grande civilisation ».

Où en est actuellement la recherche sur la langue comorienne ?

M.A.C: La recherche sur la langue comorienne avance ; trop lentement peut-être, mais elle avance. Nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance sur elle qu'il y a vingt ans. Malheureusement, c'est un domaine qui intéresse peu de monde, aussi bien chez les nationaux que chez les chercheurs étrangers.

Pensez-vous qu'un jour tous les Comoriens parleront la même langue ? Et sur quoi se fonderait cette sédimentation en une seule langue « nationale » ?

Mohamed Ahmed-Chamanga : Nous parlons déjà la même langue. Ce qui nous manque, c'est une langue standard, comme en Tanzanie avec le swahili, à Madagascar avec le malgache, ou en encore au Zimbabwe avec le shona, etc. Pour arriver à ce stade, il faut qu'il y ait une réelle volonté politique, une prise de conscience chez les Comoriens de vouloir mieux apprivoiser leur propre culture et que soit mise en place une équipe de chercheurs qui se pencherait sur la question et qui proposerait cette langue standard qui serait utilisée dans tout l'archipel des Comores.

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Halidi Mariama (HALIDI-BLOG-COMORES)

 

 

 

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DEPUIS LE 01 DECEMBRE 2013, ALLAOUI HALIDI A CEDE LA RESPONSABILITE DE VOTRE BLOG A MADAME MARIAMA HALIDI.

 

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CI-DESSOUS LES NEWS  RECENTES  DES COMORES

 

 

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A PROPOS DE OUANI

Ouani et ses grands hommes
 
 
L’être humain est insignifiant puisque le corbeau et beaucoup d’autres espèces d’arbres vivent plus longtemps que lui. De ce court séjour dans ce bas monde à la différence d’autres êtres vivants, l’homme peut marquer de son empreinte l’histoire.
A OUANI, ce genre d’homme malgré sa rareté, a existé et continu à exister jusqu’à nos jours. En ouvrant ce nouveau chapitre, quelques dignitaires en collaboration avec le comité de pilotage de la ville ont tenu à rendre hommage beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du bien à cette ville.
En dehors de tout jugement, ils ont fait de leur mieux pour que Ouani devienne l’une des grandes villes les plus rayonnantes des Comores et Ouani l’est grâce à eux. Elle doit continuer à l’être pour nous et les générations à venir.
A titre posthume, nous tirons la révérence devant Saïd Toiha (Baco Moegné), Saïd Abdou Bacar Nomane, Saïd Abdou Sidi et Saïd Andria Zafi.
 
Le premier pour avoir créé la première école privée de la ville dans l’objectif de ne plus avoir un enfant de six à sept ans non scolarisé, le second qui a été le premier à être ministre et dont les louanges dépassent les frontières de la ville, le troisième a accompagné plusieurs années la jeunesse et le dernier a beaucoup contribué au niveau de l’enseignement primaire par son dévouement et son engagement à instruire ceux qui l’ont fait pour nous. Cette liste vient de s’ouvrir et n’est pas prête de se fermer ; beaucoup d’autres personnes disparues ou vivant tels que les enseignants apparaîtront à la prochaine édition.
Ansaly Soiffa Abdourrahamane
 
Article paru en 2003 dans le n° 0 de Jouwa, bulletin d’information de OUANI
 
 
 
 
LES ENFANTS DE LA VILLE DE OUANI
ET L’HISTOIRE   DES COMORES
 
 Beaucoup d’enfants de la ville de OUANI ont marqué et marqueront toujours l’histoire de leur pays : les îles Comores.
 
 En voici quelques uns dans différents domaines.
 La liste n’est pas exhaustive
 
 I) LITTERATURE
 
LITTERATURE ORALE
 
ABDEREMANE ABDALLAH dit BAHA PALA
 
Grand connaisseur du passé comorien décédé brusquement en 1988.
Actuellement, un projet de publication de sa biographie est en étude.
On trouve beaucoup de ses témoignages sur l’histoire des Comores dans le tome 2 de l’excellente thèse de SIDI Ainouddine sur la crise foncière à Anjouan soutenue à l’INALCO en 1994 
 
LITTERATURE ECRITE
 
Mohamed Ahmed-CHAMANGA
 
Grand linguiste des Comores
 
 Né à Ouani (Anjouan) en 1952, Mohamed Ahmed-Chamanga, diplômé de swahili et d'arabe, a fait des recherches linguistiques sur sa langue maternelle. Il enseigne la langue et la littérature comorienne à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l'auteur d'une thèse, de plusieurs articles, ainsi que d'un recueil de contes de l'île d'Anjouan : Roi, femmes et djinns (CLIF, 1998). Président de l'Association Fraternité Anjouanaise, Mohamed Ahmed-Chamanga a fondé, en 1997, le journal Masiwa.
 Il enseigne actuellement la langue et la littérature comoriennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (INALCO).
 
AINOUDINE SIDI
 
 Historien & grand spécialiste de l’histoire foncière des Comores 
 
 Né à OUANI, en 1956. Il a fait des études d’histoire à l’université de DAKAR (SENEGAL) et a préparé un doctorat d’études africaines à l’INALCO (PARIS)  Il est actuellement chercheur et Directeur du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques) à MORONI.
 
 II) MUSIQUES & CHANTS
 
DHOIFFIR ABDEREMANE
 
Un des fondateurs de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Avec ses chansons axées sur la contestation sociale. Il fait partie des premiers artistes qui ont introduit aux années 60 une nouvelle forme de musique aux COMORES.
 
C’est un homme très discret mais plein de talents. On se souviendra toujours de ses productions à la salle AL CAMAR de MORONI.
 
FOUDHOYLA CHAFFI
 
 Une des premières femmes comoriennes à avoir fait partie d’un orchestre musical.
 Il s’agit là d’un engagement incontestable de la part d’une femme comorienne.
 Elle a commencé à jouer un rôle important dans la chanson à partir de 1975 comme chanteuse principale de l’orchestre JOUJOU des Comores.
Sa voix d’or résonne toujours dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans notre pays de 1975 à 1978. On ne passait pas en effet, une seule journée sans entendre une de ses chansons sur l’égalité des sexes, l’unité des Comores, le changement des mentalités… à la radio nationale.
 
 III) POLITIQUE
 
Le sultan ABDALLAH III
 
 De mère ouanienne, il est l’un des grands sultans qui ont régné dans l’archipel des Comores au 18eme siècle et plus précisément sur l’île d’Anjouan.
 
SITTOU RAGHADAT MOHAMED
 
La première femme ministre et élue député des COMORES
 
Né le 06 juillet 1952 à OUANI. Elle a enseigné pendant plusieurs années le français et l’histoire géographie dans différents collèges du pays avant d’être nommée secrétaire d’Etat à la condition féminine et à la population en 1991.
De 1991 à 1996 elle a assumé de hautes responsabilités politiques : Haut commissaire à la condition féminine, Ministres des affaires sociales, conseiller spécial du président de la république, secrétaire général adjoint du gouvernement, élue députée ….
Actuellement, elle est enseignante à l’IFERE et Présidente du FAWECOM.
 
Article publié sur le site de l'AOFFRAC (www.aoffrac.com)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 21:21
UNION DES COMORES
Unité – Solidarité - Développement
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PRESIDENCE DE L’UNION DES COMORES
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Allocution de Son Excellence Docteur IKILILOU DHOININE
Président de l’Union des Comores
Célébration du 38ème Anniversaire de l’Indépendance des Comores

President-IKILILOU.jpgComoriennes et Comoriens,
Mes Chers Compatriotes,
Honorable Assistance,
Comme à l’accoutumée, nous nous retrouvons au Palais Présidentiel de Beït-Salam, ce Haut-lieu de la République, pour célébrer, dans la joie, l’affranchissement de notre pays du joug colonial.
Je voudrais saisir l’occasion que m’offre cette célébration, pour adresser mes meilleurs vœux à tous mes compatriotes et exprimer la solidarité de la Nation à tous ceux qui en ce jour, sont dans l’épreuve, pour que Le Tout-puissant leur accorde un soulagement.A tous nos concitoyens établis à l’étranger, j’adresse aussi mes vœux de bonne fête.
Mes vœux s’adressent enfin à nos partenaires au développement et à tous les amis étrangers qui vivent chez nous. Qu’ils reçoivent ici la reconnaissance et les amitiés sans cesse renouvelées du peuple comorien.
Le 6 juillet est ainsi une occasion annuelle pour la Nation toute entière, de rendre hommage et de prier pour ceux qui, parmi nos compatriotes, ont perdu la vie pour que cesse l’asservissement de notre peuple, pour qu’Allah, dans sa miséricorde, leur accorde ses bienfaits.
Mais aussi, dans la communion, nous renouvelons nos repentances à Allah le Tout-Puissant, pour les péchés que nous aurions commis ici-bas pour qu’il nous accorde son pardon ici et à l’au-delà.
Et puisque dans quelques jours, notre pays à l’instar du monde musulman, entrera dans le mois sacré du ramadan, je voudrais aussi m’associer à vous, pour solliciter la miséricorde d’Allah Le Tout-Puissant, pour que toutes nos prières soient exaucées.

Honorable Assistance,
Mes chers compatriotes,
Il y a exactement 38 ans depuis que notre Vaillant Peuple, débout comme un seul Homme, avec à sa tête, nos Héros Elus, nos Aînés Téméraires, Hommes et Femmes convaincus de l’inaliénable droit et idéal de liberté, de la valeur de cette aspiration, de l’inévitable désir instinctif humain d’être libre, proclamèrent l’indépendance de l’archipel des Comores.
C’est donc conformément à cet instinct humain naturel mais surtout aux principes sacro-saints de la Charte des Nations Unies et des normes internationales dont l’application est garantie d’abord par les cinq Membres Permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, que le 12 novembre 1975, notre pays, l’archipel des Comores, Maoré, Ndzouani, Mwali et Ngazidja, fut admis comme membre à part entière de l’Organisation des Nations Unies.
Au début, comme partout en Afrique francophone, nous avons cru à l’objectivité de la marche de l’histoire.
Notre crédulité n’a pas été gratuite parce que la France, ancienne puissance colonisatrice, ce Grand Pays, avec à sa tête le Général De gaulle, a été à l’avant-garde de la décolonisation de tous les territoires jadis colonies françaises.
Aujourd’hui encore, il nous est très difficile de comprendre l’attitude des autorités françaises du moment de la décolonisation de cet archipel.

Il ne suffit pas d’expliquer ce qui venait de se passer par le seul fait que dans un même territoire que l’on a pourtant administré comme un tout, de l’expression populaire et démocratique, ressortent des différences pour les raisons que nous connaissons et dont l’importance et le fondement ne devraient pas nous échapper ou nous être indifférents.
L’indépendance par voie de consultation populaire en Afrique, ne devrait pas être considérée comme une sanction contre l’ancienne puissance coloniale ou encore comme une forme de rupture.
Au contraire, elle est une autre forme de partenariat et de coopération intelligente qui doit consolider les liens d’amitié entre deux Peuples épris de paix.
Pour rappel, aucun autre pays du continent n’a hérité d’une situation complexe postcoloniale comme la nôtre. Une indépendance inachevée, une liberté tronquée, une humiliation avérée pour un Peuple pourtant respectueux des valeurs universelles qui guident notre monde moderne.
Le peuple comorien n’exprimera jamais assez au monde entier, notamment à ses amis, sa douleur, sa très profonde affliction, son impénétrable désarroi face à ce qu’un ancien Chef de l’Etat français, François Mitterrand, qui disait entre autres, au Feu Président Saïd Mohamed DJOHAR et par la même occasion aux Comoriens que nous sommes, je le cite « … le problème de Mayotte, si mal engagé en 1974, si mal engagé à mes propres yeux, que je me souviens d’avoir refusé le sort qui était refusé à cette île ».

Oui, le Président Mitterrand avait raison et tout autre Homme d’Etat français qui correspondrait à l’idée que nous nous faisons de ce Grand Pays et de ses Illustres Intellectuels, un Pays, une Nation qui a traversé tant d’épreuves mais qui a toujours su mettre en avant les idéaux de liberté et de droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes, conviendrait avec lui.
Et lorsque François Hollande, actuel Chef de l’Etat français reconnaît, à Alger, solennellement les «souffrances que la colonisation française» - un «système profondément injuste et brutal» - a infligées au peuple algérien, cette volonté de rétablir des faits historiques, convenez avec moi qu’il y a lieu d’espérer pour les Comores.
Après ce discours unique en son genre, partout en Afrique, nous avons eu le sentiment qu'une véritable étape historique a été franchie non pas dans la repentance mais dans la reconnaissance.
Et pourtant, 38 ans durant, nonobstant des actions menées par les Autorités comoriennes, il est vrai parfois maladroites, mais toujours conformes à notre volonté de dépasser ce contentieux malheureux d’un autre temps,il est regrettable de constater que nous sommes toujours à la case départ.
Et d’ailleurs, les choses seraient restées en l’état, nous demanderions tout simplement à notre partenaire principal d’entamer un début d’approche nouvelle !
Hélas, pendant toute cette période, l’ancienne puissance coloniale n’a fléchi sur aucune de ses positions, éloignant encore plus la possibilité de retrouvailles pour un même Peuple dont les différences sont moins visibles que celles qui ont pourtant permis à cette Grande Nation française de bâtir son Unité autour des valeurs de Liberté, d’Egalité, et de Fraternité.

L’introduction du visa Balladur par exemple, a davantage compliqué une situation déjà suffisamment complexe.Cette décision étrange prise par un Etat qui a pourtant soutenu sans réserve la réunification d’un autre grand pays, l’Allemagne, a définitivement anéanti les espoirs des Comoriens des quatre îles de sceller un jour leur réconciliation.C’est pourquoi, nous ne cesserons jamais de demander aux Autorités françaises l’annulation de ce visa.
Je voudrais, en passant, rappeler à la Communauté Internationale cette interrogation révélatrice de l’ancien Président François Mitterrand, le 25 octobre 1989, au Parlement européen qui disait en justifiant justement la position française, sur la réunification de l’Allemagne, je cite : « Au nom de quoi », se demandait-t-il, « accuserait-on le peuple allemand de désirer se retrouver, dès lors qu’il s’agit strictement d’un appel qui monte vers nous tous, (…) et qui en appelle aux valeurs qui sont les nôtres ? ».
L’imitant, 23 ans après, je voudrais aussi m’interroger en tant que Garant de l’Unité Nationale des Comores : « Au nom de quoi et pour quels intérêts, la France continue-t-elle d’ignorer le droit international et la volonté d’un Peuple qui ne demande qu’à vivre comme tous les autres Peuples du monde ?».
Je me pose cette question parce qu’au moment où nous nous efforçons à trouver une solution juste à ce différend territorial, l’ancienne puissance coloniale, conformément à son droit interne, modifie constamment et unilatéralement le statut de l’objet dudit différend en l’occurrence Mayotte.
Hier, Mayotte « Collectivité Départementale », aujourd’hui, « Département d’Outre-mer Français », et dans un proche avenir « Région Ultrapériphérique Européenne », l’ancrant davantage en son sein sous prétexte qu’elle organiserait des consultations à Mayotte, d’ailleurs non reconnues par les Nations Unies.Ce statut futur de Mayotte vient donc se rajouter à toute cette complexité !
Nous sommes en droit de nous demander comment l’Union Européenne, composée d’Etats membres des Nations Unies et qui ont eu à s’exprimer encore il y a longtemps sur la question de Mayotte, peut-t-elle cautionner une telle démarche ?
Nous nous posons cette question parce que conformément au droit européen, les Régions Ultrapériphériques (RUP) sont des territoires qui appartiennent à l'Union européenne tout en se trouvant en dehors du continent européen. Je dis bien « territoires qui appartiennent à l’Union Européenne ».
Il est clair que ce changement de statut pratiqué par l’Etat français sur l’île comorienne de Mayotte rajoute à la méfiance des comoriens, un autre problème lié à la sécurité des personnes.
En effet, aujourd’hui, Honorable Assistance, il y a pratiquement dans chaque famille comorienne quotidiennement, un membre qui périt en mer, parce que désirant se rendre à Mayotte pour échapper à la crise économique qui étrangle le reste de l’archipel depuis la déclaration de l’indépendance.
Les statistiques sont éloquentes pour constituer un sujet principal de préoccupations majeures pour nous tous !
Voilà, Mesdames, Messieurs, Mes Chers Compatriotes, le constat. Il est amer. Il est même désobligeant et provocateur ! Nous n’en sommes pas fiers, c’est certain !
Par conséquent, nous sommes contraints de réagir pour stopper l’escalade, pour apporter des réponses ne serait-ce qu’aux drames humains qui se produisent sous nos yeux, sinon nous n’aurons jamais la conscience tranquille ! En tous les cas, c’est mon intime conviction ! Face à cela, la question qui taraude mon esprit est : « QUE FAIRE » ?

La première valeur humaine qui nous oblige à agir, Moi en tant que Premier magistrat du pays et Nous tous en tant que Croyants, est l’humanisme, l’aptitude de dépasser nos egos, la très franche harmonie de notre conscience !
Non, nous ne pouvons plus continuer à assister indifférents face à ces nombreuses familles comoriennes des quatre îles qui, quotidiennement, font et refont le deuil pour la disparition d’un proche, homme, femme et enfant !
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle avant même mon entretien avec les autorités françaises j’ai donné des instructions fermes au département de la défense en collaboration avec les Gouverneurs des îles, pour que des mesures exceptionnelles pour la sécurité maritime et le secours en mer, soient immédiatement mises en place.
Aussi, je demande au département de la justice de travailler promptement sur la base de ce constat, un projet de loi modifiant notre code pénal afin de permettre dans un futur très proche, à ce que les auteurs, les criminels puissent être traduits en justice et sanctionnés sévèrement.
D’ailleurs, mon premier entretien avec le Président François HOLLANDE, fut à Kinshasa en marge du Sommet de la Francophonie. Je dois avouer ici que j’ai trouvé un homme meurtri par cette situation dramatique qui nous prive chaque jour de plusieurs de nos jeunes.
J’ai constaté de moi-même combien les Autorités françaises actuelles ont la volonté de créer les conditions d’un dialogue constructif qui nous permette de dépasser les clivages et les préjugés, tout en respectant la dignité des comoriens.

C’est donc une dynamique constructive qui intègre le passé à la recherche d’une voie comoro-française devant aboutir avec lucidité et objectivité à la résolution définitive de l’épineuse question de notre indépendance inachevée.
En effet, l’histoire ne nous pardonnera pas si chacun de nous, en ce qui le concerne, n’aura pas mis tout son poids pour qu’enfin ce différend territorial qui nous oppose n’eût été résolu dans l’équité.
Certes, le chemin sera long, complexe, mais surtout il ne sera pas aisé. De part et d’autre, il faudra donc écouter. Il faudra faire le tri. Il faudra surtout se mettre d’accord sur la Stratégie Globale qui ne saurait être autre chose que de tracer les grandes lignes pour des retrouvailles sincères et réaliser une réconciliation des cœurs des comoriens que nous sommes.
Je voudrais à cet effet m’adresser spécialement à nos parents, à nos frères et sœurs, aux élus Maorais, pour leur dire toute notre détermination à travailler ensemble afin de mettre fin à cette anomalie.
Je sais que nous devons aussi changer de langage et faire preuve de respect mutuel. Vous aussi, vous devez comprendre que nous avons un destin commun et à nous de l’embellir, de lui donner une forme qui convienne à nos aspirations légitimes qui respectent les principes auxquels toute l’humanité adhère.
Nul doute que le moment est enfin venu pour que nous nous retrouvions entre comoriens et qu’ensemble nous donnions des réponses à nos enfants, pour que nous rétablissions nos liens naturels de sang parce que nous partageons les mêmes valeurs.Cette unité géographique, culturelle et identitaire, fait de nous un même Peuple ! Ceci n’est nullement une aberration puisque le monde entier est ainsi fait!

Mes Chers Compatriotes,
Aussitôt élu et investi, j’ai été approché par la Partie française pour l’examen et la signature probable d’un projet de Traité d’amitié avec la France, 38 ans après qu’est apparu ce différend territorial.
Ce projet de Traité, avec mes collaborateurs, nous l’avons minutieusement examiné et j’ai conclu que l’idée serait géniale et conforme aux traditions des relations internationales.
J’ai beaucoup consulté ! Après plusieurs entretiens entre la partie française et nous, j’ai proposé d’abord, à ce que lors de ma visite en France, ensemble avec le Président HOLLANDE, nous nous engagions politiquement à refonder nos relations bilatérales qui renforceraient la confiance mutuelle.
Mes prédécesseurs à qui je rends hommage, ont déjà travaillé sur un accord relatif à la circulation des personnes et des biens dans tout le territoire de l’archipel des Comores.
Aussi, la montée de la criminalité dans le monde et donc dans notre espace Sud-Ouest de l’Océan Indien ainsi que le manque de procédures efficaces nous permettant ensemble de traquer les présumés criminels qui sévissent dans notre région pour les sanctionner, furent la raison pour laquelle, un projet d’accord d’entre-aide judiciaire, fut préparé.
Ces documents sont actuellement en étude et j’ose espérer que dans un avenir très proche, ils feront l’objet de discussions approfondies pour mettre fin à l’impunité et permettre à ce que des familles se rendent visite, des malades puissent bénéficier des soins, ou encore des étudiants , des cadres, des opérateurs économiques, se complètent dans l’accomplissement de leurs tâches quotidiennes.
Je voudrais d’ores et déjà vous confirmer solennellement que la partie comorienne a remis à la partie française un contre-projet de Traité Global pour la résolution de la question de l’île comorienne de Mayotte et que le débat est déjà engagé.
C’est pourquoi lors de ma visite de travail que je viens d’effectuer en France, sur invitation de mon Homologue François HOLLANDE, nous avons signé et publié la « Déclaration de Paris sur l’amitié et la coopération entre les Comores et la France » dans laquelle nous déclarions la mise en place d’un Haut Conseil Paritaire qui constituera l’organe de suivi des entretiens que nous continuerons à avoir avec les Autorités françaises.
Cette déclaration politique constitue donc un prélude, l’acte numéro 1 d’un processus qui va désormais rythmer le cours du reste de mon mandat en politique étrangère. Une diplomatie intense où le concours de tous les comoriens sera sollicité.
La partie française est en train d’étudier le contre-projet de Traité en question en attendant la mise en place du « Haut Conseil Paritaire » qui prendra le relais.
A écouter les négociateurs de deux côtés, la volonté politique, la détermination à réaliser ce travail historique ainsi que l’optimisme, prédominent ce qui nous réjouit tous.
En tous les cas, pour la partie comorienne, lors des négociations en trois rounds, qui se sont tenus au Quai d’Orsay, l’essentiel dans un premier temps, fut de fixer clairement les raisons du différend territorial qui nous oppose à la France.
Ceci était nécessaire, pas seulement sur la forme, mais sur le fond de la problématique.
Il était nécessaire que nous nous mettions d’accord avant toute négociation que l’indépendance de notre pays ne serait pas cette espèce d’obsession nationaliste.
Elle ne serait non plus une je ne sais quelle volonté d’officialiser une quelconque rupture avec notre premier partenaire avec lequel nous comptons fermement faire notre chemin vers la prospérité.
Elle est une aspiration légitime de tout un Peuple épris de paix et de justice.
Cette volonté est d’ailleurs sanctionnée par la législation internationale relative à la décolonisation qui consacre l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, la résolution 1514 de l'Assemblée Générale des Nations Unies du 14 décembre 1960.
Ce principe posé et reconnu par la partie française, nous encourage à travailler maintenant en confiance pour mettre un terme à ce différend désagréable entre deux pays amis.

Je dois vous avouer que ce travail préalable fut laborieux avec des rounds difficilement négociables. Au départ les positions furent si tranchées que sans la volonté des négociateurs, leur abnégation mais surtout leur esprit de dépassionner le débat, aujourd’hui encore je n’aurais jamais été en mesure de vous en parler.
Je voudrais d’ailleurs saisir cette occasion pour leur adresser toutes mes félicitations et les encourager à persévérer dans cet élan de créer toutes les conditions nécessaires pour la réussite de cette noble mission.
Je sais que certains parmi vous, à un moment, ont douté de notre capacité à préserver l’intérêt national dans ces négociations historiques et je ne leur en veux pas car je comprends et partage parfaitement leurs inquiétudes.
Toutefois, je dois rappeler à tout le monde qu’en prêtant serment sur le Coran, j’ai juré de respecter la constitution de mon pays et de sauvegarder l’intérêt national. En cela, je ne m’éloignerai point et je continuerai à remplir mes fonctions constitutionnelles pour l’intérêt supérieur des Comores.
Et de toutes les façons, la seule voie possible aujourd’hui est le dialogue et je compte sur votre soutien.
Et pour ne pas avoir à m’inquiéter, après avoir consulté les Vice-présidents, j’ai personnellement fait lire le projet de déclaration de Paris, une semaine avant sa signature, par un Envoyé Spécial dépêché en la circonstance à Addis-Abeba et à Dar Es Salam, respectivement à la Présidente de la Commission de l’Union Africaine Docteur Dlamini ZOUMA et à mon Grand Frère, Son Excellence Mrisho Jakaya KIKWETRE, Président de la République-Unie de la Tanzanie.
La Présidente de l’Union Africaine a promis de nous assister dans cette nouvelle démarche dès lors que nous engageons notre pays dans une dynamique constructive qui respecte les principes qui régissent la Charte de l’Union Africaine.
Permettez-moi de profiter de cette opportunité pour remercier les dirigeants de notre Organisation panafricaine et des pays amis, de l’appui constant qu’ils ne cessent d’apporter à notre pays.
Toutes ces précautions ont été prises pour nous rassurer de la disponibilité de tous nos partenaires notamment, les pays amis, à nous accompagner dans cette nouvelle démarche qui en fait, est celle prônée par toutes les organisations auxquelles nous sommes affiliés.

Mes Chers Compatriotes,
Puisqu’il y a quelques semaines, je vous ai présenté le bilan biannuel de mon Gouvernement ainsi que les programmes d’actions des années à venir, je voudrais tout simplement vous rappeler que nous devons redoubler nos efforts pour consolider les acquis mais surtout améliorer notre gouvernance.
Des mesures supplémentaires seront proposées dans les mois à venir pour accompagner cet élan et ce souffle nouveaux dans la gouvernance.
La longue marche entamée par le Père fondateur de notre République, Feu Président Ahmed Abdallah Abdérémane et ses compagnons, vers la construction d’un Etat moderne, a eu ses périodes d’espoir et ses moments de découragement.
Toutefois, la Nation a toujours su rester debout et surmonter le défaitisme. Nous avons aujourd’hui la possibilité et la capacité de tirer les leçons du passé et rassembler nos énergies et toutes nos ressources pour surmonter les difficultés auxquelles nous sommes confrontés afin de franchir une nouvelle étape de cette marche vers la prospérité.
Je donnerai le meilleur de moi-même et je mettrai tout en œuvre pour les préserver car vous m’avez confié la lourde charge de conduire aux destinées de notre pays. Je reste donc plus que jamais déterminé à agir et obliger l’équipe qui m’entoure à s’y conformer pour que je puisse être en mesure de remplir fidèlement mon devoir de gardien de notre Constitution, de garant de la cohésion nationale et du fonctionnement régulier de nos Institutions républicaines.

Vive la République !
Vive les Comores !
Vive la solidarité internationale !
Je vous remercie.

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Mariama HALIDI HALIDI - dans DISCOURS
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